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VIGN

et abaissés. Notre-Seigneur tourné vers les vierges sages leur indique de la main le festin céleste auquel il les convie. M. De* Rossi pense avec toute sorte de fondement que cette peinture,«unique dansson genre jusqu'à présent, décore le tombeau d'une.vierge consacrée à Dieu; et cette conjecture puise une grande force dans un ensemble de circonstances qui prouvent l'existence d'un monastère primitif en cet endroit. Le sarcophage que surmonte l'arc décoré de cette peinture, fait voir sur le devant une orante qui n'est autre que la défunte, et deux personnages qui tirent chacun un rideau, allégorie évidemment relative à l'introduction de l'àme en paradis par deux Saints, S. Pierre et S. Paul probablement. La doctrine est connue, mais cette manière de la figurer est nouvelle, c'est le premier exemple qu'on en puisse citer. D'après Bède (fn Matth xxv), les vierges prudentes sont l'image des élus, et les vierges folles celle des réprouvés, qui, les uns et les autres, ressusciteront au dernier jour, pour être jugés chacun selon leurs œuvres. S. Hilaire (/« Matth.xxvii) en donne une explication qui, avec plus de détails, se réduit aux mômes termes.

VIGIVE. — Rien n'est plus commun dans les saintes Écritures que les allégories tirées de la vigne. « Je suis la vraie vigne, dit Notre- Seigneur (Joan. XV. 1), et mon Père est le vigneron.... Je suis la vigne et vous les branches. » (Ibid,) Il est évident qu'ici le Sauveur se désigne lui-môme sous l'emblème de la tige et les fidèles sous celui des rameaux ; et tout le monde connaît les nombreux passages de l'Ancien Testament, des Psaumes en particulier iPsalm. Lxxix)jBt d'Isaïe (Cap. v), qui figurent l'Église de Dieu sous l'image d'une vigne que le Seigneur a plantée, qu'il cultive avec amour, et de laquelle il attend des fruits abondants.

Les plus anciens documents de la tradition ecclésiastique reproduisent fréquenmient les mômes idées. Ainsi lisons-nous dans les Constitutions apostoliques (Lib. i. Proœm.) : « L'Église catholique est la plantation de Dieu, et sa vigne choisie; » et dans le traité Deduplici martyrio attribué par erreur à S. Cyprien et imprimé dans ses Œuvres (N. vi. p. 259. edit. Baluz.) : « Cette bienheureuse vigne surgissant de la tige du Christ, et occupant Tunivers entier, » ce qui exprime l'Église, ainsi que sa diffusion rapide, universelle.

Partant de ces données et de bien d'autres que nous pourrions citer, les antiquaires ont cru y trouver l'interprétation naturelle de ces pampres chargés de raisins, de ces scènes de vendanges, si fréquemment employées comme motifs d'ornementation symbolique, dans les monuments primitifs du christianisme. Peutêtre l'examen attentif de ces monuments, ainsi

que la connaissance de l'ordre d'idées qui préside à la décoration des catacombes, et des tombeaux chrétiens dans tous les pays, doiventrils amener l'interprète de l'antiquité à un résultat un peu différent. En effet, la principale préoccupation des premiers chrétiens était de charmer et de sanctifier le séjour de la mort par des images relatives à la résurrection et aux joies de la vie future. Nous pensons donc que telle était leur intention dans l'objet spécial qui nous occupe, et que ces pampres, ces raisins, ces scènes de vendanges constituaient l'un des nombreux et ingénieux moyens qu'ils aimaient à mettre en œuvre pour donner à la tombe l'aspect du paradis et des délices qu'y goûtent les élus.

Ceci parait surtout dans certaines fresquesdes catacombes (V. Bottari. tav. lxxiv), où, en outre des petits Génies ou anges qui cueillent le raisin, d'élégants rinceaux de vigne sont parsemés de colombes, lesquelles, comme on sait, sont le symbole de l'âme juste, et qui quelquefois becquettent les raisins, ainsi qu'on le voit notanunent sur le sarcophage de Galla Placidia (Allegranza. Monum, di A/ilano. tav. II). Ailleurs, par exemple sur quelques lampes antiques, les raisins font couronne autour de l'image du Bon-Pasteur (Aringhi. ii. 646), ou du monogranmie du Christ (Bellori. Ant. lucerne. parte m. n. 23); une belle fresque des catacombes (Bottari. tay.xciii) fait voir de môme le Bon -Pasteur dans un riche encadrement de pampres.

On trouve de simples grappes de raisin sculptées sur des pierres sépulcrales (V. Lupi. Sev. epitaph. p. 182. — Fabretti. 581), et plusieurs marbres de Lyon en offrent des exemples (V. De Boissieu. pp. 571. xxx. 595. liv. 602. Lxx), absolument semblables aux types de quelques monnaies juives (V. D. Calmet. Diction, de la Bible, t. ii. pi. m. n. 17-19). Or on sait que chez les Juifs, c'était là un symbole de la terre promise, parce que ce raisin rappelait celui que deux des explorateurs envoyés par Moïse dans le pays de Chanaan rapportèrent suspendu à un bâton (Num, xiii. 24). Est-il nécessaire de dire que ce môme symbole fut adopté par les chrétiens pour figurer la véritable terre promise qui est le paradis ? On ne saurait en douter en présence de certains monuments où le fait môme rapporté au livre des Nombres se trouve représenté avec une complète exactitude , comme , par exemple , sur un curieux fond de coupe dont le dessin est reproduit dens l'ouvrage du P. Garrucci {Vetri. tav. II. n. 9).

Le môme sujet est sculpté sur quelques sarcophages de la Gaule (V. Millin. Midi delaFr. pi. Lix. 3. xxxviii. 8.)

Les cimetières romains ont fourni des urnes

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