‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 28 sur 266 · ATRI · texte numérisé non relu

ATRI

AUMO

Voici comment Eusèbe décrit ce dernier (Hist, eccl. c. iv) : « Quand vous avez franchi la porte, Paulin ne veut pas que vous passiez immédiatement dans le sanctuaire ; mais, entre le temple et le vestibule , il a laissé un grand intervalle carré entouré de quatre portiques. » Nous devons observer néanmoins que Pa^rtum n'avait pas partout ces quatre portiques : car, dans certaines églises, celui qui devait être contigu à la façade servait probablement de narthex intérieur : il parait qu'il en était ainsi dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem , laquelle est décrite par Eusèbe dans le troisième livre de la vie de Constantin.

Dans le plan ci- annexé, l'aire ou la cour de V atrium est marquée par les lettres rrrr, et les portiques par qq. Les entre-colonnements des portiques étaient clos par des cancelsqui étaient assez bas pour que chacun pût facilement s'y appuyer et contempler de là les eaux qui jaillissaient de la fontaine pratiquée au milieu du cloître. Voici ce qu'en dit Eusèbe au dixième livre de son Histoire ecclésiastique (C. iv) : « L'évoque Paulin ferma les portiques (De l'église de Tyr) avec des cancels de bois croisés comme un filet, et qui sont d'une juste hauteur. » S. Paulin de Noie est plus explicite encore {Natal, X S. Felic.) : « Il est permis à tous de se promener sous les portiques, et, quand ils sont fatigués, de s'appuyer sur les cancels qui régnent entre les colonnes, et voir le jeu des eaux. » (V. l'art. Cancels,)

Puisque nous avons mentionné la fontaine, nous devons examiner comment elle était faite, et à quel usage elle servait.

Vatrium était complètement à découvert, et éclairé, comme dit Eusèbe, par les rayons du soleil (Lâib. x. c. 4), afin qu'il fût loisible à tous ceux qui s'y arrêtaient d'élever les yeux au ciel , pour en contempler la beauté. Au centre de Vatrium, étaient les symboles de la sainte expiation, c'est-à-dire la fontaine où les chrétiens se lavaient les mains et la face, avant d'entrer dans le temple ; et , dans quelquesuns de ces atria, la fontaine était, elle aussi, entourée de cancels de bois , ou de métal , et surmontée d'un toit (S. Paulin, ibid,). L'ensemble de l'édifice qui environnait et couvrait la fontaine s'appelait, dans la primitive Église, phiala (V. ce mot). Tout autour des vasques contenant l'eau, était quelquefois écrit un vers grec dont le sens est : « Lave tes péchés, et pas seulement ton visage. >

On bénissait la fontaine au jour de la vigile et quelquefois môme de la fête de l'Epiphanie, et nous lisons la formule de cette bénédiction dans l'eucologe des Grecs. Dans la suite des temps, la fontaine fut supprimée, et remplacée par les vases à eau bénite qui se trouvent à l'entrée de nos églises. Dans le plan, les can-

cels entourant la fontaine sont indiqués par

TTT.

C'était sous les portiques de l'otrtumque se tenaient les pénitents de la première classe. Mais s'ils étaient coupables de quelqu'un de ces grands crimes qu'on appelait capitaux, ils étaient exclus même des portiques, et obligés de se tenir à découvert , dans l'atrium (Greg. Thaumat. can. xl). TertuUien confirme cette donnée historique , lorsque , dans son hvre de Pudicitia (Cap. iv), il atteste que tous ceux qui étaient toinbés dans ces grandes fautes, étaient non-seulement empêchés d'entrer dans l'église, mais contraints à ne se tenir dans aucun lieu, quel qu'il fût, appartenant à l'église ou à ses dépendances. Ce texte est important en ce qu'il prouve , contre quelques novateurs, que par le mot église, TertulÛen n'entendait pas toujours les communautés chrétiennes, mais souvent aussi l'édifice où avaient heu leurs assemblées.

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