‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 29 sur 266 · AUMONE CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

AUMONE CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS

« La multitude des croyants n'avait qu'un cœur

et qu'une âme : nul ne considérait comme à lui

rien de ce qu'il possédait , mais toutes choses

leur étaient communes. Et nul n'était pauvre

parmi eux {Âct. apost. iv. 32. 3^). » Voilà le

tableau en raccourci de la société chrétienne

primitive, c'était le règne absolu de la charité;

spectacle admirable, nouveau pour le monde ^

et qui arrachait aux ennemis comme aux amiî

ce cri d'admiration : « Voyez comme ils s'aimeni

les uns les autres ! (Tertull. Apol, xxxix.) » Deî

œuvres innombrables correspondant à toute:

les misères sortaient spontanément de ce prin

cipe fécond de l'amour mutuel : « Il y a parm

nous, dit encore TertuUien {Ibid,), un trésor...

il se compose des dépôts de la piété ; car on n'e

tire rien , ni pour les festins , ni pour les bois

sons, ni pour les dégoûtants excès; mais o

n'en use que pour secourir les pauvres, k

inhumer ; pour les garçons et les filles priv<

de leurs parents et de toute ressource; poi

les vieux domestiques, les naufragés, et ceu

qui sont confinés dans les minières , les lies <

les prisons, seulement à cause de la religic

divine, dont ils sont les nourrissons. » Ce pa:

sage, ainsi que beaucoup d'autres de Minucii

Félix, d'Athénagore, de S. Justin, etc., attes

pour les premiers siècles une savante organ

sation de la charité. Les calomnies des p^en

ainsi que les aveux arrachés par la force de

vérité à quelques-uns d'entre eux, tels qi

Pline dans sa lettre à Trajan (L. x. epist. 9

et le satirique Lucien {Peregrin.), concoure

également à nous représenter la primiti

Église sous le même aspect. Aucun genre i

misère n'échappait à sa sollicitude, comme <

l'a déjà vu par le 'passage de TertuUien ci

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