AUMONE CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS
« La multitude des croyants n'avait qu'un cœur
et qu'une âme : nul ne considérait comme à lui
rien de ce qu'il possédait , mais toutes choses
leur étaient communes. Et nul n'était pauvre
parmi eux {Âct. apost. iv. 32. 3^). » Voilà le
tableau en raccourci de la société chrétienne
primitive, c'était le règne absolu de la charité;
spectacle admirable, nouveau pour le monde ^
et qui arrachait aux ennemis comme aux amiî
ce cri d'admiration : « Voyez comme ils s'aimeni
les uns les autres ! (Tertull. Apol, xxxix.) » Deî
œuvres innombrables correspondant à toute:
les misères sortaient spontanément de ce prin
cipe fécond de l'amour mutuel : « Il y a parm
nous, dit encore TertuUien {Ibid,), un trésor...
il se compose des dépôts de la piété ; car on n'e
tire rien , ni pour les festins , ni pour les bois
sons, ni pour les dégoûtants excès; mais o
n'en use que pour secourir les pauvres, k
inhumer ; pour les garçons et les filles priv<
de leurs parents et de toute ressource; poi
les vieux domestiques, les naufragés, et ceu
qui sont confinés dans les minières , les lies <
les prisons, seulement à cause de la religic
divine, dont ils sont les nourrissons. » Ce pa:
sage, ainsi que beaucoup d'autres de Minucii
Félix, d'Athénagore, de S. Justin, etc., attes
pour les premiers siècles une savante organ
sation de la charité. Les calomnies des p^en
ainsi que les aveux arrachés par la force de
vérité à quelques-uns d'entre eux, tels qi
Pline dans sa lettre à Trajan (L. x. epist. 9
et le satirique Lucien {Peregrin.), concoure
également à nous représenter la primiti
Église sous le même aspect. Aucun genre i
misère n'échappait à sa sollicitude, comme <
l'a déjà vu par le 'passage de TertuUien ci