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C- 4) donnent cette étymologie : Altare ab

^ttidine nominatur, quasi alla ara. c Autel

Tient de hauteur. » S. Ignace, martyr (E*pift.

eiEphes. o. v.), Origène (Hom. 10 In Num.)^

S. Irénée (Lib. iv. c. 3^) se servent du mot

H«Mwn{piof¥, dérivé de Ouatîw, je sacrifie ; S. Cy-

den (Epist. xl) et Tertullien {Ad uxor. 1. i.

. 7), disent indifférenmient altare et ara Dei,

Uàs depuis le quatrième siècle, on trouve tantôt

altare^ tantôt mensa sacra, — mensa mystica^ — tremeifida mensa : c table sacrée, — table mystique, — table redoutable. > S. Ghrysostome adopte tour à tour mensa spiritualis, — divina, — regia , — immortalis , — cœlestis : t Table spirituelle , divine , royale , immortelle , ce leste. » On trouve encore à cette époque : sedes corporis et sanguinis Christi ^ c le siège du corps et du sang du Christ. > (Optât. Milev. De schism. donastit. lib. vi. — Simeon Thessalon. De templo et mis^a). Mais à aucune époque les écrivains ecclésiastiques n'employèrent le mot table , mensa , sans y ajouter une épithète caractéristique désignant son usage sacré dans l'Église.

Une des imputations le plus communément adressées aux fidèles par les païens consistait à les accuser de n'avoir pas d'autels , et nous ne voyons pas que les apologistes se soient beaucoup inquiétés de la réfuter. Ils admettaient même cette allégation, dans ce sens que les chrétiens ne possédaient pas d'autels destinés au culte des idoles, ou aux sacrifices sanglants usités chez les Juifs. Mais ils n'ont jamais nié qu'ils eussent des autels pour ofi'rir le sacrifice non sanglant de l'eucharistie.

II. — Les premiers autels n'étaient probablement qu'une simple table de bois, comme celle sur laquelle Notre- Seigneur institua la sainte eucharistie. La table où célébrait S. Pierre est aujourd'hui renfermée dans l'autel de la basilique de Saint-Jean de Latran (Raspon. De basilic. Lateran.), et cet autel est le seul dans toute l'ÉgUse catholique qui ne contienne pas de reliques , étant assez sanctifié par une telle origine (Ciampin. Desacr.xdtf. p. 15.i.d). On montre aussi à Sainte - Pudentienne des fragments d'un autre autel en bois qui, d'après une respectable tradition, aurait été à l'usage du prince des apôtres (Gattic. De altar. portatil. c. I. 4).

C'est dans les catacombes de Rome qu'il faut chercher le type des autels en forme de tombeau qui ont été élevés dans la suite. Dans le plus grand nombre des chapelles sépulcrales qui s'y trouvent, la paroi antérieure ou principale n'offre qu'un seul tombeau, creusé dans le tuf et surmonté d'une voûte en forme d'arc, d'où est venu le nom de monumentum arcuatum^ et celui d^arcosolium adopté par les premiers chrétiens (March. p. 85), pour désigner ce'tte classe de sépultures. (V. l'art, arcoso- LiuM.) On peut citer pour exemple le tombeau de S. Hermès (Bottar. tav. clxxxv), qui est un des monuments les plus complets en ce genre. Il consiste en une excavation, sous la forme d'une grande niche, terminée par une voûte cintrée. Cette niche est fermée dans sa partie inférieure, à peu près au tiers de sa hauteur, par une construction en briques en-

ADTE — 5

duite de stuc et omée de peintures (Raoul- Roch, ToMmu des catac. p. 71). Ce monument, selon le type décrit plus haut, est couvert d'une table de marbre scellée horizontalement dans le tuf, et que, d'après les auteurs anciens, entre autres Prudence. {Perifl'ph. hymn. xi. v.ni seqq.), nous avons appelée menta :

Il s'agit'ici de l'autel élevé sur le corps de S. Vincent.

111a sBCrantentl donatrit hehsii , eaileinque

CnitM SA» lui martyrimdposita.

Semt ail teierni spam judicis ossa s«i>iilcro,

Pascil item Moctis Tibricolas dapibus.

■ Celte table donatrice du sacreoiect (Sur laquelle se dispense l'aliment eucharistique) est aussi posép comme gardipnae âdèle du martyr. Elle g&tde dans son sépulcre tes ossements dans l'aitenie du Juge élempt, et, en même temps, elle repaît les Tibricoles (Les habitants des bords du Tibre) d'un aliment divin. >

Cétait sur cette labié, qui recouvrait les restes du saint martyr, qu'avait lieu primitivement la célébration de la messe, et les tombeaux des martyrs devinrent ainsi, selon l'expression de S. Optât (L. vi Advern. Parm*n.), le trfine du Dieu qu'ils avaient confessé dans les tourments et la mort ; Quid est enim altar» nisi stdefi eorporis et sanguinis Chrisli? t L'autel, qu'est-il autre chose que le siège du corps et du sang du Christ? >

Mais si telle était la disposition de l'autel dans les cryptes, où l'on ne se réunissait que pour la commémoration des martyrs et même des simples fidèles, les églises proprement dites [Dans les catacombes), c'est-à-dire celles où avait lieu l'assemblée des fidèles pour les différents exercices du culte et la prédication en particulier, avaient un autel isolé, la chaire du pontife occupant le fond de l'abside, Bosio et Boldetti (PP. U-lS) disent avoir vu, l'un dans le cimetière de Priscille, l'autre dans celui des Saints-Marcellin-et-Pierre, des autels ainsi placés au centre de l'aire de quelques églises,

entre le pontife et le peuple. Et, grâce à l'obligeance de M. De' Rossi, nous avons vu nousmAme dans la crypte des papes au ùmetiëre

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de Calliste, les traces des quatre pil soutenaient un autel de ce genre, leqi doute n'était pas différent de celui q reproduisons ici d'après Boldetti (P. 1.

Dans une chapelle de la catacombe de Catherine de Chiusi (Cavedon. Ci'mit p. 5S), on remarque une disposition dil et on peut dire exceptionnelle. L'autel tant en une petite table de marbre pi une colonnette de travertin est placée de l'abside , et la chaire de l'évéque cornu evangelii, t du cété de l'évangi

III, — Quand enfin , grSce aux sages cieuses dispositions de Constantin, l'É^ respirer, et exercer son culte au grai elle respecta et consacra par des lois | l'usage de ne célébrer les saints mys« sur les ossements d'un martyr. Et si beau de martyr ne se trouvait pas dan même choisi pour bàlir une église, i chercher des reliques dans les cimeli< crës, et on les plaçait sous l'autel (I PeriitejA. hymn. v. v. 515 seq.).

Aliarquietem debitara

■ L'autel doDue aux saints ossements qui leur est dû, car placés sous la table ils reçoivent le souffle du don céleste qui sur eux (La grice du divin sacrifice qui s

Ailleurs le même poète s'exprime a:

risteph. m. 211) au sujet du tom!

Ste Ëulalie :

Ossibas allar et imptiiitum.

■ Ainsi i! nous est donné de vénérer temps, et les ossements, et l'autel qui les rc

Et nous savons que le pape Félix I, t frit le martyre l'an 21k, avait déjà ] décret sur cette matière : Hic amtlitt tepulcra marlyrum mitsas eelebrari { Biblioth. In Felie. /); mais, comme nou dit plus haut, ce pontife n'avait fait en consacrer une coutume remontant à mière ère des catacombes, et inspii même par la vision de S. Jean : Vid aitare animai inlerftetorum profiler vei {Apoc. VI. 9). « Je vis sous l'autel les ceux qui ont été mis à mort pour la p

IV. — Bien que le décret attrihué î vestre, prescrivant que la pierre seule matière des autels, ne soit pas admi)

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authentique par les savants , on ne saurait nier néanmoins que dès le temps de Constantin on n'ait commencé à construire des autels de pierre dans les splendides basiliques fondées par ce prince. S. Athanase {Ep. ad folit. vit. agent.)^ et S. Augustin (Ep. i. Ad Bonif.) ont des passages qui autorisent à conclure que les autels de bois étaient en usage au cinquième âècle en Afrique et en Egypte. Mais en Orient, au témoignage de S. Grégoire de Nysse {De 6ap/i5im. QtHsti) on en construisait déjà en pierre dès la fin du quatrième. Ce n'est qu'en 509, qu'un concile, celui d'Épaone, rend un décret (Can. xxiii) excluant toute autre matière : AUaria tiisi lapidea non sacrf^ntur, S. Sîméon de Thessalonique assigne à ce décret une raison mystique que nous ne devons pas passer sous silence : E lapide autem est altare, quia (Mitum reftrt, qui etiam petra nomin'itur, tmjuam fundam^ntum no^trum^ et caput anguU, dlapix angularis : et quia petra qtue olim Tsrae- Im potavit^ hujus men$x imago fuit (Biblioth, mgn. PP, t. xxii. Lugdun. 1677). c L'autel est de pierre, parce qu'il rappelle le Christ qui^ lui aussi, est appelé pierre, en tant qu'il est notre fondement , et le chef de l'angle , et la pierre angulaire : et parce que le rocher qui autrefois désaltéra les Israélites était la figure de cette table. >

Dès le cinquième siècle, nous voyons les métaux précieux employés à la confection des autels. Ainsi, Pulchérie, fille d'Arcadius et sœur de Théodose , ofi'rit un autel d'or à l'église de Constantinople (Sozomen. Hist. eccî. lib. IX. c. 1). U est à présumer cependant que la plupart de ces autels ne se composaient que de ^mes d'or ciselées dont on recouvrait le monument de pierre ou de bois. Celui de Saint-Ambroise de Milan en offre un magnifique exemple (V. Ferrari. Monum. di S. Ambrogio, p. 114). Et nous sommes autorisés à penser qu'il en était ordinairement ainsi par un passage du liber Pontificalin^ relatant des dons de cette nature faits par le pape Hadrien I aux basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul (/n Bodrûm [). Des autels d'argent furent aussi offerts au cinquième siècle à diverses églises de Home par les papes Sixte III et S. Hilaire (Ibid.). On en connaît néanmoins quelques-uns qui panassent avoir été massifs : tel était l'autel de Sainte-Sophie, décrit par Paul le Silentiaire et par Sozomène {Hist. eccL loc. cit.) , tout en or, et enrichi de pierres précieuses ; tels encore ceux que Ste Hélène fit établir dans la basilique qu'elle avait fondée sur le lieu môme de la mort du Sauveur (S. Paulin. Ad Sever.).

V. — Les autels présentaient une surface plane , comme les tables ordinaires , de façon qu'on pût y déposer conunodément, soit les vases sacrés, soit les offrandes des fidèles

(Optât Milev. lib. vi. Contr. Parmen, — Vict. Utic. lib. III. Persecut. Aft. — Cf. Voigt. c. vu. 5 1 ) . Ils étaient ordinairement de forme quadrangulaire , à l'instar de ceux des Juifs , dont les chrétiens imitaient lesT rites en tout ce qui n'était pas abrogé (Eccod. xxvii. 1. xxxvui. 2). Nous savons en effet par Sozomène (Hist, eccl. lib. IX. cap 2), qu'ils avaient la forme d'un lociilus ou d'un sarcophage, et par Bède (Hist. AnpL c. xvii) qu'il y avait dans la basilique de la Résurrection à Jérusalem quatre autels carrés. Ainsi que l'indique le mot altnre dérivé d'altifudo, ils étaient élevés à une certaine hauteur au-dessus du sol.

Quelques-uns reposaient sur une base de maçonnerie creuse pour qu'on pût y renfermer des reliques (Simeon Thessalon. De templ. ap. Beverig. 1. c). Tel était sans doute celui dont S. Sidoine Apollinaire a dit (Lib. viii. ep. 6) que ses flancs étaient recouverts d'herbe, si bien que le bétail pouvait y trouver sa pâture : on sait en effet que l'herbe croit aisément s'ir une vieille maçonnerie. On avait aussi des autels composés de trois tables de marbre, dont l'une était la table de l'autel proprement dite, reposant horizontalement sur les deux autres qui étaient fixées verticalement sur le sol (Mabill. Act. SS. ordin. S. Benedict. saec. rv. p. 1. n. 26) ; ces autels portaient le nom d'arche, arca (Greg. Turon. Hist. Franc 1. ix. c. 15). L'église de Saint -Vital à Ravenne possède un autel de ce genre que l'on attribue au sixième siècle. D'autres n'étaient qu'une simple table de marbre, soutenue par des colonnes, qui, selon les usages particuliers à chaque localité, étaient au nombre de quatre ou de deux. On peut voir dans la mosaïque de Saint-Jean in Fonte de Ravenne (An. 451) la véritable forme des autels au cinquième siècle : il y en a quatre sur lesquels reposent les quatre Évangiles. (Ciampini. Vet, mon, t. i, en regard de la page 234 ). Quelquefois môme il n'y avait qu'une colonne placée au milieu de la table , et que l'on appelait oalamus et quelquefois columella^ comme on le voit encore dans la crypte de Sainte-Cécile à Rome (Bon. Rer, liturg. lib. c.

p. 297). Nous donnons ici, d'après M. l'abbé Barges (Notice sur un autel chrétien antique, orné de bas-reliefs et d'inscriptions latines.

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Paris, Benjamin Duprat, 1861), un autel de ce genre , du cinquième siècle probablement , trouvé dans les environs d'Auriol, au département des Bouches-du-Rhône.

11 s'en rencontre qui sont appuyées sur cinq colonnes, dont quatre supportent les quatre angles de la table , et la cinquième, placée au milieu , recevait dans une petite cavité pratiquée à ce dessein, les reliques dont un autel est toujours muni. Tel est Tautel trouvé il y a quelques années à Avignon, et que Ton croit avoir été élevé par S. Agricol (Cahier, dans le t. XTX des Annaiex de philon. chrét. p. 436). Il existe aussi dans la crypte de Sainte-Marthe à Tarascon un autel de ce genre et qui nous parait remonter à la plus haute antiquité. La table, creusée au milieu pour les reliques, n'a guère que dix-huit pouces carrés, et avec ses cinq colonnes, et sa base, l'autel est formé d'un seul bloc de travertin très- grossier. On conserve au musée de Marseille un autel à cinq colonnes en marbre blanc provenant de l'abbaye de Saint- Victor, et qui peut être attribué au moins au cinquième siècle , si l'on en juge par ses ornements.

Le peu de surface que présente ordinairement la table des autels de cette dernière espèce leur donne une certaine ressemblance avec les autels des anciens. Et c'est ce qui explique comment le saint Sacrifice put quelquefois être célébré sur des autels ayant servi au culte des idoles, fait dont on pourrait citer plus d'un exemple dans l'antiquité chrétienne (V. Marangoni, DeUe cose gênt. p. 170). Baronius (Ad an. Zk) rapporte une lettre adressée par S. Martial, disciple des apôtres, aux habitants de Bordeaux au moment où l'on renversait dans cette ville les autels des fausses divinités, pour leur ordonner d'en conserver un qui était dédié au Dieu inconnu^ ignoto deo, et qui fut consacré au culte du vrai Dieu, en l'honneur de S. Etienne. n existe à Naples une église appelée San Pietrn ad Aram. Si l'on en croit une tradition immémoriale , ce nom lui viendrait de ce que le prince des apôtres, revenant d'Antioche avec S. Marc, aurait célébré en ce lieu la première messe qui ait été dite à Naples , et qu'il se serait servi pour cela d'un autel dédié à Apollon.

A Rome, beaucoup d'autels profanes furent employés comme matériaux, surtout comme bases, dans la construction d'autels chrétiens. Ainsi, Smet (Cf. Marang. loc. cit.) atteste avoir vu , sous un autel de l'église de Saint-Michel , près du Vatican, un autel de Cybèle. Un autre autel de la mère des dieux, partagé en trois parties, servait aussi de soutien à deux autels de l'église de Saint-Nicolas de' Cesarini, et ces fragments laissaient voir encore les inscriptions et les sculptures attestant leur origine. Ceci dé-

note une fois de plus la largeur d'idées qui caractérisa toujours l'Église romaine.

Le dessous des autels, soutenus par des colonnes; était souvent un lieu d'asile ; il est parlé plus d'une fois dans l'histoire ecclésiastique de personnages qui embrassent les colonnes sacrées pour se soustraire à la poursuite de leurs ennemis : le pape Vigile nous en offre dans sa personne un mémorable exemple (Epist.encurl, ap. Labb. t. y Concil. p. 1310); quelquefois on se pla'^ait sous l'autel pour offrir à Dieu sa prière. (Ruf. Hif(t. eccl. l. ii. c. 16). Voigt donne le dessin (Thysiast. p. 410) de deux autels à quatre colonnes , faits probablement d'imagination et oti se voient deux personnages, l'un prosterné dans l'attitude de la prière, l'autre embrassant l'une des colonnes.

Dans le principe, l'autel, souvent élevé audessus du sol même du sanctuaire, par la cojifemon qu'il surmontait, ne parait pas avoir eu de degrés. Ceux des catacombes de Rome et de Naples reposaient in piano (Pellicc. PoUt. eccles. t. I. p. 180). Au quatrième siècle, on commença à les élever d'une seule marche audessus du sol. Il en était encore ainsi au sixième siècle dans les plus splendides basiliques. Ce degré régnait tout autour de l'autel placé au centre du presbytère. Alors le prêtre officiant avait toujours la face tournée du côté du peuple, comme cela se pratique encore aujourd'hui à Saint- Jean de Latran , à Saint- Pierre au Vatican , à Sainte-Marie Majeure, à Sainte-Marie m Trastevere.^ et dans la plupart des anciennes basiliques romaines (PeUic. op. laud. 1. 1. p. 181). Et pour citer hors de Rome un exemple de cette disposition, nous dirons qu'elle s'observe aussi dans l'antique église de Saint- Pierre à Cirate, près de Milan. Dans la liturgie ambrosienne, le prêtre, en mémoire de cet ancien usage, ne se retourne point pour bénir, ni pour dire le Ddminvs vo6MCtifn, parce qu'il est censé avoir le peuple en face de lui (Amico cnttol. t. yii. p. 185).

A la base de l'autel, se trouvait une piscine {Minale Gottico - Gallic. ap. Mabill. Liturg' Gall. l. III. tit. 12), où le prêtre se lavait les mains avant de commencer la liturgie (Ordin, Roman, tit. Ordo benedic. eccles.). On y jetait aussi l'eau qui avait servi à laver les vases sacrés, ainsi que d'autres débris qui ne devaient point être traités comme des choses profanes.

Les autels étaient surmontés d'un baldaquin, appelé le plus ordinairement ciboHum. et soutenu par quatre colonnes. Chacun sait qu'il en est ainsi aujourd'hui encore dan; toutes les basiliques romaines. (V. l'art, ci-

BORIUM.)

Quelques-uns portaient des inscriptions, e s'appelaient altaria iMcripta ou Utteraia. Ce

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criptions rappelaient ordinairement le nom fondateur et les circonstances de la dédire ou de la consécration. C'est ainsi que Pul- ^rie avait fait graver son nom, ut cunctis et cofis/ftcuum , sur le devant de la table fée qu'elle avait offerte à l'église de Conntinople (Sozomen. Hist. eccl. lib. ix.cap. 1). isieurs autels antiques, entre autres celui i'égUse de Minerve (Hérault) sont couverts graffiti ou inscriptions cursives, tracées par s pèlerins, et surtout de signatures de préis qui, selon toute apparence, y avaient cé- )ré la messe. (V. la description de ce moment par M. Ed. Le Blant. Paris, 1860.) uitel d'Auriol fait lire aussi des graffiti trèsdens.

VI. — 11 ne peut guère être question d'omeents pour les autels au temps des persécu- )DS, on se contentait alors du strict néceslire : ce n'est que depuis Constadlin qu'on it songer à décorer la table sacrée du sacriyi. Aujourd'hui le principal ornement de lutel est le crucifix;, mais primitivement il y avait sur l'autel ni crucifix, ni croix : la "oii dominait le ciborium [ConciL Turon. an. )7.— Paul. Silent. op. laud. p. 2. v. 313), ou ait suspendue au-dessous (Sozomen. Hist.

ci». 1. II. c. 2). Il y avait aussi des candébres, mais les passages des auteurs anciens li y sont relatifs laissent douter s'il s'agit de unbeaux portés à la main ou de chandeliers Mes sur le sol.

Dans la magnifique mosaïque de l'église de Nativité à Bethléem (Ciampin. De sacr, «dxf. ib. xxxiii), on voit plusieurs autels de forme itique sans aucun ornement sur la table, lais, à terre, il y a tantôt un chandelier vecun cierge allumé, d'un côté, et un eneDsoir de l'autre, tantôt deux encensoirs, tan- ^tdeux chandeliers. Quoi qu'il en soit, tous «auteurs qui, en Occident, ont parlé de l'orlementation des autels jusqu'au neuvième iècle, gardent un silence complet au sujet de andélabres placés sur l'autel môme, ce qui suppose qu'il n'y en avait pas (PelUcia. Polit wiet. t. I. p. 18(i). L'usage des lampes sus- )^ues aux voûtes des catacombes et des baâliqoes est plus généralement constaté (Pauin. NaUU, vu. — Prudent. Cathemer, hymn. 0. (V. l'art. Cierges et Lampes).

Les principaux ornements des autels consistent surtout en riches tapis, et en pierres récieuses. On peut citer pour exemple ce qui rtdit dans Théodoret (Hist. eccles, lib. i. cap. I) de l'autel de la basilique fondée à Jérusam par Constantin : Ipsa ara reyiis tapelibus nii^ue aureis ac gemmcUis couspicttbatur wkL c L'autel lui-même était orné de ta- J royaux et brillait de décorations d'or et de ^rreries. i II s'agit surtout ici de l'état de

l'autel dans la cérémonie de sa consécration. On peut consulter encore à cet égard S. Jérôme (Ad Demetr, 0pp. t. i. p. 69), et S. Jean- Chrysostome (Homil. li In Matth.) : Qaod hinc emolummtum consequitur, tapetes auro intextos parare fnensx. C'est là sans doute l'origine de ces parements en étoffes plus ou moins riches dont on orne le devant des autels ; anciennement, pour arrêter la poussière qui aurait pu souiller les saintes reliques placées sous l'autel, on l'entourait de voiles ou de tapis précieux, d'où est venu sans doute le nom de circitoriuni employé quelquefois par les écrivains ecclésiastiques (C/tron. Cassin. lib. m. c. 58). On recouvrait les autels de linges de lin : Quis fidelium nescit, dit S. Optât (Lib. v Adv Parmen.) , in peragendis mysttrits ipsa ligna linteamine cooperiri? c Qui ignore parmi les fidèles que pour célébrer les mystères on recouvre de linge le bois de l'autel? > Victor d'Utique (Persecut. Afr. lib. i. c. 1) rapporte que les ariens dérobaient les linges des autels pour s'en faire des chemises. (V. l'art. Napes de rauteL)

Dès les temps les plus reculés, les fleurs naturelles furent placées par les chrétiens, comme ornement sur les autels (S. Aug. De civit. Dei. 1. xxii. c. 8); on en faisait des guirlandes et des couronnes qu'on suspendait tout alentour, au rapport de Fortunat (Carm, 1. viii. carm. 9). S. Jérôme (T. i 0pp. f. 2^ seqq.) donne à Nepotianus, et S. Grégoire de Tours (De glor. cunfess, c. xxx) à S. Sévère les plus grands éloges pour leur zèle à embellir les autels de fleurs. Enfin S. Paulin exhorte aussi les chrétiens à entretenir, par ce pieux artifice, un printemps perpétuel dans le temple de Dieu (^atal. m S, Felic) et sur ses autels :

Ferte Dec , pileri , laudem , pia solvite vota ; Spargite flore solum, proiexite limiua seriis. Purpureum ver spiret hiems, sii flureus annus Anle diem, sancto cedat uaiura diei.

c Apportez à Dieu, enfants, vos louanges, offrezlui les vœux de votre piété ; — Jonchez le sol de fleurs, oruez les portes de guirlandes. — yue l'hiver ressemble au printemps pourpré, que Tannée fleurisse — Avant le jour des lleurs, que la nature cède à la sainteté du jour. •

Nous ne plaçons pas les vases eucharistiques parmi les ornements de l'autel, comme le font, à tort, selon nous, quelques écrivains. Nous nous réservons de traiter à part cet important sujet.

VII. — L'opinion commune est que , dans les premiers siècles, chaque église n'avait qu'un seul autel. Mais, trop généralisée, cette opinion est démentie . par les faits , desquels il ressort qu'une telle discipline n'avait rien

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