‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 32 sur 266 · AVEN · texte numérisé non relu

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d'absolu ni d'exclusif. Car, en premier lieu, il est avéré que dans une même crypte des catacombes de Rome^ se trouvent fréquemment deux, trois ou même plusieurs arcosolia de martyrs, disposés pour y dire la messe (Marchi. p. U2. et tav. xxii) : il y en a onze dans la principale ckapelle du cimetière de Sainte- Agnès (Id. p. \kk) ; ce qui prouve évidemment que la multiplicité des autels n'a rien de contraire aux usages de l'Église primitive. (V. l'art. ARCOsoLiuM.) D'une autre part, si nous remontons aux plus anciennes églises construites sub dto, églises qui se nouent immédiatement aux traditions disciplinaires du culte secret, des catacombes en particulier, nous trouvons trois autels dans celle du Saint-Sépulcre à Jérusalem, et quatre dans celle de* Sainte -Marie dans la vallée de Josaphat (Martène. De antiq. Eccles, rit. 1. 1. p. 112). Dans l'Occident, des exemples en nombre presque infini établissent jusqu'à l'évidence le fait de Ja multiplicité. Dès le quatrième siècle , selon Anastase , on éleva sept autels dans la basilique de Latran. Au cinquième, S. Ambroise parle de soldats qui, en se retirant de la basilique de Milan, embrassaient ks autels, pour annoncer la paix accordée à l'Église par Valentinien. A la même époque, le pape S. Hilaire dédia trois oratoires et par conséquent trois autels dans le seul baptistère de Saint-Jean de Latran. S. Grégoire de Tours (Epist. l. 1. v) cite une église qui en avait treize ; et en signale deux dans l'église de Saint-Pierre de Bordeaux (De glor. martyr, c. xxxiii). Les Grecs ont toujours tenu à l'unité, et ils la pratiquent encore aujourd'hui. Mais s'ils ne veulent qu'un autel à l'intérieur de l'église, ils établissent tout à l'entour, hors de l'enceinte, un nombre illimité d'oratoires, où l'on peut célébrer la messe (Bona. Rer. litwg 1. i. c. Ik. n. 4). D'après Renaudot, il en est de même dans les autres Églises orientales (Comment, ad Liturg. Coptic. S. Basil, p. 182).

AUTELS PORTATIFS. — Outre les autels ordinaires et qu'on appelle fixes, l'antiquité eut aussi des autels portatifs, et la plupart des liturgistes enseignent que, à aucune époque, et en aucune circonstance , il ne fut permis de célébrer sans un autel de l'une de ces deux espèces (V. surtout Gattico. De altari portatii p. 350) , et les seules exceptions à cette règle qu'ils admettent dans l'histoire, sont celles de S. Lucien qui , dans sa prison , célébra sur sa propre poitrine (Philostorg. Hist. ecd. 1: ii. c. 13), et deThéodoret, évêque de Cyr, qui, dans une occasion à peu près analogue, dit la messe sur les mains de ses diacres (Mabill. Prsf. in 8XC. m. n. 79).

Dans les siècles de persécution, les évêques et les prêtres avaient des autels portatifs sur

lesquels ils célébraient oii ils pouvaient, dans les prisons, dans les grottes, dans les déserts, dans les maisons particulières; et ces autels s'appelaient altaria gestatoria, tna/tca, ttineraria, portatilia. Gattico, dans son ouvrage spécial sur cette matière (De altar. portattl. cap. iv), suit pas à pas l'usage des autels mobiles dans les quatre premiers siècles. Selon toute apparence , ces autels avaient des dimensions fort restreintes , c'est évidemment ce que suppose S. Cyprien, quand il recommande aux prêtres qui étaient appelés à offrir le saint sacrifice dans les prisons , de s'entourer de tant de précautions qu'ils ne pussent être aperçus par les païens (S. Cypr. Epist. iv). Bien petit encore devait être l'autel de ces prêtres qui, au rapport de Bède {Uisi. Anylur. 1. v. c. 11) , disaient tous les jours la messe, portant avec eux t les vases, et en guise d'autel une table' consacrée, » vascula et altaris vice tabulam dedicatam,

La matière des autels portatifs était la même que celle des autels fixes : le bois, la pierre, les métaux, selon les circonstances Le bois d'abord, témoin l'autel que portèrent avec eux les moines de Saint-Denys à l'armée de Charlemagne dans la guerre contre les Saxons (Anonym. De mirac. S, Dionys. c. xx) : c Ils avaient une table de bois, laquelle, recouverte d'un linge, tenait lieu d'autel. * Quibfis lignes tabula erat, qux linteo adoperta moduvf aUafii effcrebat. On montre dans le trésor de Sant^ Maria in portico di CampiteUt un petit aut6 on bois, enrichi de reliques et d'inscriptions et qui serait d'une antiquité bien supérieure ; celui dont nous venons de parler, car on croi qu'il a appartenu à S. Grégoire de Nazians ^Erra, ht. di S. Maria in portico di Campitei p. 115 seqq ) 11 serait difficile d'établir qu': y ait eu des autels portatifs en métal pur : 1 mot metallum qui se trouve fréquemment dan les divers ordres liturgiques est vague et dé signe ordinairement la pierre lapideum metai lum, comme on lit dans la formule de consé cration de l'autel portatif du pontifical romaii Ces tables sacrées étaient peut-être seulemei ornées ou revêtues d'or ou d'argent (Gattic( op. laud. p. 358 seqq.). Il y avait encore de autels portatifs en terre cuite (Aringhi. t. p. 519). Nous en avons un exemple dans Rom souterraifie et ce n'est pas une simple tabk mais un autel en forme de cippe ou d'ara an tique. Le milieu présente une cavité destiné sans doute à recevoir les rehques, et des deu côtés est une cousole soutenant une lamp d'argile.

A VENT (adventus). — Primitivement, 1 mot avent se prenait pour le jour même d Noël, qui est Tavénement du Seigneur, adventt

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