AVEU
Dmini. C'est depuis le septième siècle seulement qu'on ]'a employé pour désigner le temps •]ue l'on consacre à se disposer à la célébration de cette fête. Les homélies de S. Césaire et de S. Maxime de Turin qui semblent avoir pour objet ce que nous appelons aujourd'hui le temps de Pavent, n'ont été prononcées que pour préparer les peuples à célébrer dignement la naissance du Sauveur. On peut voir ces dernières dans le Muswum Italicum de Mabillon [Homil, S. Maxim, episc. Taurin, vu. viii. part. u. p. 21 seqq.). Aussi le missel mosarabique et Lanfranc, dans ses statuts, appellentils les dimanches qui précèdent Noël c les dimanches avant l'a vent > Dominiez ante odventum. Les hymnes que S. Ambroise a composées pour la fôte de Noél portent un titre analogue : De adventu [hmini. Il est essentiel de se pénétrer de cette donnée historique, sous peine de se méprendre souvent en lisant les Pères et les autres écrivains ecclésiastiques des premiers siècles.
On croit, dit Grancolas (Traité de Voffice limn. v. 399) que le temps de Tavent a commencé à Rome, et qu'il n'a été admis en France que lorsqu'on y a reçu le rit romain, c'est-à-dire au huitième ou au neuvième siècle. Car les jeûnes qui sont notés dans le concile de Tours de l'an 567 et qui devaient précéder Noél , ne marquent autre chose qu'un règlement général des jeûnes que les moines devaient observer dans le cours de l'année. Cependant il est constant que le concile de Mâcon de 581 ordonna à tous les fidèles de jeûner depuis la Saint-Martin jusqu'à Noél, trois fois chaque semaine. S. Grégoire de Tours, parlant des jeûnes de l'année réglés par S. Perpetuus, l'un de ses prédécesseurs, en marque ^ trois fois la semaine pendant le même espace de temps.
On ne saurait se dissimuler que ces règlements n'eussent pour but de sanctifier les semaines qui précèdent la fôte de Noél; et il s'ensuit que, au sixième siècle déjà, la pra- ^e à cet égard était toute semblable à celle de nos jours, avec la sévérité des jeûnes en plus. Mais le docte liturgiste {Ibid. p. ^00) dit lue c'était une dévotion particulière aux Franlais, et que cela ne se pratiquait pas ailleurs, •'ouverture du jeûne au jour de la Saint-Martin, ui 86 retrouve dans tous les documents de cette [Mque, donne un certain fondement à cette sertion.
Quoiqu'il en soit, on trouve l'office de l'avent AS le sacramentaire de S. Grégoire, et il y t marqué que Pavent comprenait cinq diman- !S ou cinq semaines, kebdomada quinta ante ioif DajfMfu. Et Amalaire affirme que ces cinq aines étaient marquées dans tous les lectnaires et antiphonaires qu'il avait lus (Ama-
lar. 1. Il De offic. c. 40). Dans le missel ambrosien, il y a six dimanches ; le premier est celui qui suit la fête de Saint-Martin.
On peut voir dans l'ouvrage de Grancolas beaucoup de détails intéressants sur la liturgie des temps de l'avent, détails qui ne sauraient trouver ici leur place parce qu'ils appartiennent en général à des époques basses. Nous nous bornons à citer un usage fort touchant et fort ancien de l'Église de Marseille : c'est que, pendant l'avent, après matines, avant de commencer laudes, on interrompait quelque temps l'office pour soupirer après l'attente du salut. Tout le chœur se mettait à genoux, et on chantait solennellement l'antienne Emitte agnum dominaturem terrss^ ce qui se continuait jusqu'à la veille de Noél.
AVEUGLES (guérison des). — Ce miracle de Notre-Seigneur se trouve fréquemment représenté sur nos monuments antiques, principalement sur les sarcophages (Y. Bottar. tav. XIX. xxxii. xxxix. et alibi. — Millin. Midi de la Fr. Lxv. 5). D'après S. Isidore de Séville {Allegor, ex Nov. Testam,) cette représentation était destinée à rappeler aux premiers chrétiens le genre humain aveuglé dès sa naissance par le péché d'Adam , et éclairé par l'incarnation du Verbe divin (1 Petr. u. 9) « qui des ténèbres nous a appelés à son admirable lumière, > qui de tenebris nos vocavU in admirabile lumen suum, illumination qu'opèrent surtout en nous les sacrements de baptême et de pénitence. On y voyait aussi une allusion à la résurrection de la chair , selon S. Irénée (Hxres. v. 15), S. Augustin (Tract, xliv in Joan.), Sedulius (Op. pascal. 1. m).
Dans ce petit tableau, il n'y a ordinairement qu'un seul aveugle, et on pense que c'est l'aveugle-né qu'on a eu l'intention de représenter. Il est bas de stature, pour marquer son infériorité devant Notre-Seigneur, il est le plus souvent vêtu d'une simple tunique, à laquelle rarement s'ajoute la penula (Bottari. xlix), il est chaussé de sandales et s'appuie sur un long bâton. Le Sauveur, jeune et imberbe, lui touche les yeux avec l'index de la main droite. Cette intéressante scène est peinte avec une rare élégance sur un vase antique (Mamachi. Anttq. Christ, t. v. p. 520), sculptée sur une boite d'ivoire du quatrième ou du cinquième siècle ( D'Agincourt. Sculpt. pi. xxii. 4), et figure dans le bas-relief du tombeau de la famille Sextia, monument de la même époque, qui a été converti en fontaine publique à Aix en Provence (Univ. pilt. France, pi. Gxxxvii), et depuis transféré au musée de la ville.
La figure ci-contre, tirée d'une fresque du cimetière de Saint-Calliste , le représente avec
une ùmple ^tunique, a^nouillé, et les mains élevées dans la posture d'un suppliant (Bottari. tav. liviii. n, i).
D'autres monuments, par exemple un sarcophage du cimetière de Sainte- Agnès (Id. tav. cxxnvi), et celui du musée lapidaire de Lyon (V. notre eiplication de ce sarcophage, p, 43, Màcen. 1864), reproduisent, selon toute vraisemblance, la guérison que Notre - Seigneur opéra près de Jéricho (Marc, x, 46. — Luc. xviii. 35), sur la personne de Bartimée, c'està-dire fils de Timée, ou, selon S. Jérflme, fils aoeagle (De nomin. Hebr.). Un parent le présente au Sauveur en le tenant par les épaules. Il n'a pas de manteau , parce que , selon le texte sacré (Marc. t6. 50), il s'était hâté de s'en dépouiller à la voix du Maître : Projecto vestimento suo emlieiw venit ad eum. C'était l'usage chef les Juifs de déposer son manteau en signe de tristesse (V. Dom Calmet. Disierl. «ur Jérémie).
La guérisoD des deux aveugles opérée par Notre-Seigneur à sa sortie de la maison de Jaire dont il venait de ressusciter la GUe (Matth. ix. 30) se voit sur un sarcophage du Vatican (Bottari. tav. xxxix). Sur la tunique, ils portent la