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ad desponsationem velantur quia et corpore et fpiritu masculo mixtœ sunt per osculum et dexferas, per quœ primum resignarurU pudorem ipiritus.... quanto magis iUas velabit, sine quo sponsari non possunt. Peu auparavant, il disait de Rébecca que c lorsqu'elle fut conduite à son époux, elle n'attendit point dexierœ colluctatûmem^ nec oscuH œngressionem. » Il est aussi question de cette cérémonie dans un décret de Constantin, de Pan 336 (L. xvi Cod. De donat. an/, nupt,)

Cette discipline a été conservée et l'est encore aujourd'hui par l'Église grecque. Mais l'Église latine, beaucoup plus austère, l'a supprimée dès que la simplicité des mœurs ayant dispani, une telle pratique présenta de graves inconvénients.

BALANCE. — La balance figure quelquefois sur les sépultures chrétiennes. Une pierre sépulcrale du cimetière de Sainte - Cyriaque ^Aringhi. ii. 139) fait voir cet instrument, conjointement avec une couronne ; on le remarque aussi sur un marbre extrait par Bosio des cimetières de la voie Latine (Aringhi. ii. 658), accompagné d'une maison^ d'un poisson^ d'un objet douteux qu'on a pris à tort pour un candeJoôre et d'une momie dressée sous son édicule. (V. les art. Maison^ Poisson^ Candélabre.) In monument de même nature, reproduit dans Fonvrage de M. Perret (Inscript, n. 37), présente la balance avec un poids. M. De' Rossi

(T. I, p. 86) en rapporte un autre exemple tiré de l'église de Sainte-Cécile à Rome : ici la l»hnce est accompagnée d'une colombe avec le rameau d'olivier.

Quelques antiquaires, entre autres Mamaàd [Origin. v. 98), ont vu dans cette représentation un symbole du jugement, c'est-à- <iire de la pesée des âmes ou psychostasie^ et on sait que les artistes du moyen âge ont fréçuemment développé cette idée dans leurs compositions : c'est ce qu'on peut voir en particulier dans le tympan du grand portail de Notre- Dame de Paris et de celui de la cathédrale d'Autun. Et il est permis de regarder ce sujet comme la traduction figurée de ces paroles de T Apocalypse (xxii. 12): Reddere unicuique secwulum opéra 9ua. Mais sur les deux premiers

monuments que nous avons cités, et qui sont à peu près les seuls que nous ait transmis l'antiquité chrétienne proprement dite, il est important de remarquer qu'il est fait mention du contrat passé entre les acquéreurs des tombeaux et les /bssores Montanus etCalevius :

VRSIÇINVS ED OVINTILIANA SE BIBI (vivis) CONPA- RAVERVNT LOCV A MONTANV. || CALEVIVS BEN-

DiDiT (vendidit) avin trisomv. Nous trouvons donc plus naturel de supposer, avec le docte abbé Cavedoni (Ragguaglio critico dei monum. délie arti Crist. p. 41), que la balance exprime, elle aussi, symboliquement, l'acquisition et la vente per ws et libram.

Quelquefois la balance est, sur les tombeaux, simplement un instrument de profession, comme par exemple dans le titulus d'un nummulairc romain, trouvé au cimetière de Sainte-Prisciile (Marini. Papiri diplom. p. 332) : avr. ve-

NERANDO. NVM II QVI. VIXIT. ANN. XXXV || ATILU. VALENTINA. FECIT || MARITO. BENEMERENTI. IN.

PAGE. Des balances en bronze ont été trouvées dans une sépulture franque des temps mérovingiens, par M. l'abbé Cochet {Sépult. gaul. etc. p. 253suiv.), et cet objet marquait, selon toute probabilité, le tombeau d'un officier monétaire, ou peut-être d'un agent du fisc, d'un comptable quelconque. D'anciens cimetières saxons en Angleterre ont fourni assez fréquemment des objets du môme genre (Cochet, op. laud. p. 257).

BAPTEME. — I. — Allégories relatives au baptême. — Les antiquaires reconnaissent dans un certain nombre de sujets représentés soit en peinture, soit en bas- relief sur les monuments chrétiens des catacombes, ainsi que sur les tombeaux en général, des allusions plus ou moins directes au baptême, et par conséquent au christianisme de ceux qui y reposaient ; et leurs conjectures à cet égard s'appuient toujours sur le rapprochement des textes les plus clairs avec ces diverses représentations. Nous citerons les principales de ces allégories.

lo Le déluge : a C'était, dit S. Pierre (1 Petr. m. 21), une figure à laquelle répond maintenant le baptême. » Et quand Philon dit (De vit. Mos. l.ii. vers, fin.), queNoé était* chef d'une génération nouvelle,» il avait probablement, selon Grotius (In c. m Epist. 1 Petr. v. 21), l'intention d'indiquer la môme chose. Les représentations de Noé dans l'arche sont innombrables dans nos monuments primitifs. (V. l'art. Noé.)

2° Le passage de la mer Rouge, représenté sur plusieurs sarcophages (Aringhi. i. 331), et dans les mosaïques, entre lesquelles se place en première ligne celle de Sainte-Marie Majeure (Ciamp. Vet. mon. i tab. lix). Les écrivains I ecclésiastiques qui ont vu dans cet événement

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la figure du baptême (Sedul. 1. 1 De sicœ mari. Greg. Naz. Orat. xxxix.— Prosper. De fyromiss, pars I. c. 38. — Aug. Serm, ccclii. — Beda. Quœst. sup. Exod. xx), ont pris leur point de départ de ce passage de S. Paul (1 Cor. x. 2): « Nos pères ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse dans la nuée et dans la mer. »

3° L'eau jaillissant du rocher sous la verge de Moïse (Bottari xl passim) est aussi, selon S. Jérôme (In Isai. xlviii), S. Augustin (Serm. 352), saint Isidore de Séville {In Gen. xxii), une figure du baptême.

k^ L'histoire de Ja Samaritaine (Bott. lxvi. et alibi). Saint Épiphane (Herœs^ ly) enseigne que Notre -Seigneur avait en vue le baptême dans ces paroles qu'il adressa à cette femme : c L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle. » (Joan. iv. 14.)

50 L'eau du Jourdain, sanctifiée par le baptême du Sauveur (Aringhi. i. 381. 11. 395). On peut citer iciOrigène (Homil. xliv), S. Grégoire de Nysse (De bapt. Christ. 0pp. tom. m, p. 375, éd. Morel.) et d'autres encore.

6° On reconnaît la même intention dans le palmier, qui est le symbole de la victoire remportée par le chrétien baptisé sur les puissances invisibles, et dans le phénix, symbole de la résurrection, et ici de la renaissance spirituelle par le baptême (S. Clément, epist. i Ad Cor. xxv). (V. l'art. Phénix.)

7" Le cerf que l'on voit représenté dans une foule de monuments, mais surtout dans les peintures ou bas- reliefs relatifs au baptême, comme dans le baptistère de Pontien, ainsi que sur certaines vasques baptismales (Paciaud. De bain. p. 137) est le symbole du catéchumène animé d'un grand désir de recevoir le baptême.

8® Alton expliquant un hiéroglyphe baptismal (V. Polidori. Pesce)^ parle de l'image d'un enfant placée sur un poisson. L'enfant est le baptisé, le poisson est le Christ, de qui l'évêque Orientius a dit dans son Commonitoire (Ap. Munster, Symb. i. p. 19): Piscis natus aquis^ auctor baptismatis ipse est (S. Hieron. fn psal. XLi). (V. les art. Passage de la mer Rouge^ Mdise frappant le rocher^ Samaritaine^ Cerf^ et encore Cana).

II. — Les principaux noms donnés au baptême dans l'antiquité , sont : ]<> Indulgentia {Conc. Carthag. ap. Cypr. n. xix. p. 324) , ou peccatorum remissio (Aug. De bapt. v. 21), ou ablutio peccatorum (Greg. Nyss. Orat. in Christ, bapt.) : ces noms expriment le principal effet du baptême, qui est la rémission des péchés. 2® Regeneratio (Cyrill. Hieros. Catech. prœf. n. x), et unctio (Greg. Naz. orat. xi. De bapt.) allusion à la vie nouvelle et à la sanctification que ce sacrement confère. 3° Considéré sous

le rapport de la lumière divine qu'il porte dans l'intelligence, il a été appelé illuminatio, ^ Tiafxa (Clem. Alex. Pxdag. i. 6). 4® Sdtts, parce que son résultat définitif est le salut éternel (Aug. \. i De pecc. remiss. 24). 5® Signaculum Domini^ signaculum Christi, salutare signaculum (Clem. Alex. Quis dives salvetw. ap. Euseb. Hist. eccL m. 23), parce qu'il est le signe de l'alliance de Dieu avec Pâme régénérée, ou bien encore, selon S. Jean Chrysostome (Hom. III. In 2 Cor. vi), la tessère qui distinpe les soldats de Jésus-Christ d'avec ses ennemis. 6° On trouve dans les Pères une foule d'autres vocables relatifs, soit à l'auteur du baptême, soit à sa nature, soit à son effet, soit au caractère qu'il imprime dans l'àme, par exemple: Regius character^ — character dominions^ — donum Christi, — initiatio^ — consecratiOj etc. (V. Bingham. Orig. eccl. 1. x. c. 1. § 10), t caractère royal , — caractère du Seigneur, don du Christ, — initiation, — consécration. • 70 Le jour du baptême est parfois nommé ac- CEPTioNis DiES (Fabretti. p. 566), ce qui doit s'entendre de la réception du Saint-Esprit par le baptême, ou mieux peut-être de V admission du néophyte au sein de l'Église. Cette locution était commandée par la discipline du secret Une épitaphe romaine de l'an 278 (De'Rossi. Inscr. i. p. 16) semblerait supposer qu'il s'agit de la réception de la grâce de Jésus-Christ par le baptême. Car le jour du baptême du défunt est marqué par ces mots : qvi gratiam accepiT D. N. (Domini nostri) die xii kal. octobres. Marini donne une inscription grecque (Arval, xx) qui renferme une formule presque identique à celle-ci : kaacoc.hsiwmenoc.thn.kaiw. TOT . eEor, qui bene consecutus est gratiam Dd.

III. Discipline. — 1" Primitivement, les évoques seuls, successeurs des apôtres et héritiers de leurs pouvoirs (Matth. xxviii. 19) administraient le baptême solennel (Tertull. De baftxvii). Les prêtres, sous l'autorité des évoques, étaient aussi les ministres ordinaires de ce sacrement (Constit. apost. m. 11). Les diacres ne le conféraient qu'en vertu d'une délégation épiscopale (Ibid. vin. 28). Dans le cas de nécessité, les laïques pouvaient baptiser, pourvu qu'ils ne fussent pas bigames et qu'ils eussent reçu le sacrement de confirmation {Condt. /W»6« can. xxxviii).

2° En général, chez les Latins, le baptême ne s'administrait qu'aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte (Tertull. De bapt. xix). La même discipline s'observa dans la plupart des Églises d'Orient jusqu'au quatorzième siècle, époque à laquelle on commença, dans ces Églises, à baptiser le jour de l'Epiphanie ou Théophanie (S. Léo I. Epist. xvi), il en fut de même en Afrique (Vict. Utic. Depersecut. Vandal.l, n). A Jérusalem, l'usage s'était établi de baptiser au jour

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liversaire de la dédicace de l'église bâtie par ostantiD sur le saint sépulcre (Sozom. ii. 26). os rÉglise gallicane, on baptisait le jour la Nativité de Notre - Seigneur, témoin baptême de Clovis qui eut lieu ce jour-là «g. Tur. De glor, canfess, c. lxxvi. xcxvi), néme le jour de la nativité de S. Jean-Bap- B (Id. Hist. Fr. vui. 9). Il ne s'agit ici que du )tème solennel; quant au baptême privé, il iministrait, dès les premiers siècles, toutes fois que la nécessité l'exigeait et sans disction de jours (Vales. Not. ad Euseb. vu. 11). )o Depuis Constantm, l'administration solenle du baptême n'avait lieu que dans les bap- .^res proprement dits , construits près de jlise. (V. Tart. Baptistères,) Les épreuves du échuménat (V. l'art. Catéchuménat) étant )ies, la veille de Pâques ou de la Pentecôte, ê/us se rendaient à Téglise vers midi pour le mier scrutin ; ils y retournaient de nouveau rsie milieu de la nuit, et alors, après la bénétiondu cierge pascal, avait lieu celle de l'eau, on la tradition apostolique (Cyprian. epist. 1. Ad Januar. — Constit. apost. vu. 43). Après oil'évêque demandait aux catéchumènes, sUls lonçaient au démon ^ au monde ^ à ses pompes, ceux-ci répondaient affirmativement. L'évêe leur demandait ensuite s'ils croyaient au re, auFiTs, aiu Saint-Esprit (Cyrill. Catech, fitag, n), et ils prononçaient leur profession foi à la Ste Trinité. Cette discipline était oomune au Grecs et aux Latins. Ceux-ci in- Togeaient le catéchumène sur chacun des iiclesdu symbole, et spécialement sur ceux i étaient controversés par les hérésies en cirlaUondansle moment (V. Pelliccia. Eccl. polit, I. p. 23).

Ces rites préliminaires accomplis, le diacre tentait à Tévôque les catéchumènes nus frill. Catech. vii), les diaconesses rempliseDlce ministère pour les femmes (Chrysost. ùt,ad Innoc. PP,), et, bien que les deux us fussent séparés , les catéchumènes lient cependant recouverts d'un voile quand entraient aux fonts et quand ils en sortaient ïttt. apo»t, III, 16). Alors l'évêque, assisté s diacres {Ord^) Rom, ap. Mabill. Mus. Ital. i),ct se tenant sur le degré inférieur des fonts, )ngeait trois fois le catéchumène dans l'eau, à chaque immersion invoquait une des per- «es de la Ste Trinité (TertuU. Adv. Prax,] te manière de baptiser par une triple imrsion s'est conservée chez les Grecs jusqu'au tième siècle (Daniasc. Epist, de Trisag, ap. lice.), et, dans l'Église latine, jusqu'au ème seulement, époque depuis laquelle seule immersion fut en usage. On doit re néanmoins que le baptême par infusion lit pas inconnu aux premiers siècles (San- . Hi$t. famU. sacr. c. viii). Il est évident,

en effet, que, en une seule séance, S. Pierre n'avait pu baptiser trois mille personnes par immersion (Act, ii. 41), et une autre fois cinq mille {Act. iv. k), Walfrid-Strabon atteste que le baptême par infusion était reçu de son temps, c'est-à-dire au neuvième siècle (De reb, eccl, c. xxvi). Le P. Marchi nous a montré et expliqué au musée Kircher une patère en bronze ornée de sujets allégoriques relatifs au baptêipe, et que ce savant croit avoir servi dans les premiers siècles à baptiser par infusion. Il est à présumer, cependant, que l'immersion et l'infusion étaient employées simultanément, comme on le voit dans certaines représentations du baptême de Notre-Seigneur et dans celle du baptême de Théodelinde et d'Agilulphe (V. Ciamp. Vet, mon. n. tab. iv. v). Quand la vasque était trop étroite pour que le catéchumène pût y être plongé en entier, on versait de l'eau sur la tête, afin de satisfaire aux exigences de la discipline qui voulait que le corps entier fût atteint par l'eau salutaire (V. plus bas à propos des monuments).

Après l'immersion, qui était la forme essentielle du sacrement, le prêtre qui assistait l'évêque , dans l'Église latine , oignait de l'huile sainte le front du catéchumène encore debout dans les fonts sacrés {Constit, apost, m. 15), et l'évêque lui mettait sur la tête un voile appelé chrismale (Greg. M. 1. vu. ep. 5). On le revêtait ensuite d'une robe blanche qu'il gardait jusqu'au dimanche après Pâque, appelé pour ce motif, dans toute l'Église, Dominica in albis depositis. L'usage de porter des vêtements blancs pendant toute l'octave est indiqué dans le Code Théodosien, à l'occasion des fêtes de Pâques et de la Pentecôte : Quibus, y est-il dit (xv. 515), cœlestis lumen lavacri imitantia novam sancti baptismatis lucem vestimento testantur. Quelquefois on donnait au nouveau baptisé une couronne de fleurs, de feuilles de myrte ou de palmier (Martène. De ant, Eccl. ritib, 1. I. c. V2, n. k). Un passage de Tertullien {Depudicit. ix) semblerait supposer que, en Afrique, du moins, le néophyte recevait aussi un anneau , car il atteste que Ton rendait cet anneau aux chrétiens tombés , lorsque , à l'exemple de l'enfant prodigue, ils revenaient à la communion de TEglise. £n certains lieux, l'évêque, ou un prêtre, ou un diacre lavait les pieds au nouveau baptisé (Pellicc. loc. laud.) qui les gardait nus pendant huit jours. Quand le néophyte avait revêtu sa robe blanche, [on lui mettait un flambeau à la main (Ambros. Ad virg. laps, v ) ; l'évêque allumait un grand cierge avec le feu réservé du vendredi saint, et le faisait porter devant lui par un clerc, tandis que, suivi des nouveaux baptisés, il su rendait processionnellement du baptistère à la basilique, où, avant de célébrer la liturgie, il

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leur administrait le sacrement de confirmation. (V. Tart. Confirmation.) On leur donnait ensuite à manger du miel mêlé de lait, pour marquer leur entrée dans la véritable terre promise (Tertull. De coron, mil. m. — Hieron. AdLucif.) 40 Dès les premiers temps, et en dépit des sévérités de TÉglise, Tabus s'était introduit de ne recevoir le baptême que fort tard, quelquefois même au terme extrême de la vie. (V. Part. Néophyte.) Nous avons un grand nombre d'inscriptions de néophytes baptisés dans un âge avancé et morts quelques jours après leur baptême (V. Fabretti. p. 563. n. 39) : ex die ACCEPTiONEs svE vixiT DiEs Lvii ; d'autrcs avant même d'avoir quitté les aubes du baptême : IN ALBis RECESSiT (Le Blant. I. p. 476) : albas

SVAS OCTABAS PASCHAE AD SEPVLCRVM DEPOSVIT

(Fabretti. p. 577 n. 70). Beaucoup de textes anciens attestent le même fait, et dans les mêmes termes : In albis recessit Ingomeres (Greg. Tur. Hist. Fr. Epitom. c. xx), in albis transiens reqtUescit.... Hupinianus (Id. De glor confess. liv).

50 Les nouveaux baptisés étaient appelés pueri, infantes par les SS. Pères (Zeno Veron. Invitât, viii ad font, et alibi. — Clem. Alex. Pœdag. 1. i. c. 5. 7), et quel que fût leur âge; nous voyons cette qualification appliquée à des hommes de trente-cinq et trente-sept ans dans les inscriptions chrétiennes (Mabill. De re dipl. suppL 15. — Lupi. Epitaph. Set), p. 19). Au dimanche in albis depositis^ l'introït de la messe commence par ces paroles qui expriment la même idée : Quasi modo geniti infantes.

6" Nous trouvons dans les inscriptions antiques plusieurs autres noms qui font allusion au baptême. Le plus commun de tous est fidelis (V. ce mot), qui désigne toujours, et exclusivement , une personne baptisée (Gruter. mlv. — Fabretti. p. 329. n. 485. — Le Blant. i. p. 377 passim). Ainsi il n'y a pas de pléonasme dans ces paroles de S. Augustin {Confess. viii. 6) : Pontianus.... Christianus quippe et fidelis erat. On rencontre aussi fréquemment suscepti, accepti^ illuminati (Vettori. Num. ssr. explic. p. 97). Plusieurs écrivains de l'antiquité ecclésiastique, entre autres Théophile d'Antioche {Opp. Justin. M. in append.) et S. Cyrille de Jérusalem ( Ca/cc/i. m mystag.) ont enseigné que le nom de chrétien était dérivé du saint chrême dont on oignait le front du néophyte : Hujus enim sancti chrismatis , dit ce dernier, dono accepto , appellamini Christiani. Certains noms propres, par exemple renatvs (Bosio. p. 407. — Murât. Nov. thés. 1931) expriment la renaissance spirituelle par le baptême. (V. l'art. Noms des premiers chrétiens. — Noms propres^ deuxième classe, n. L)

IV. — Monuments. Ils sont de deux espèces, ceux qui représentent le baptême de Notre- Seigneur par S. Jean-Baptiste, et ceux qui re-

produisent d'autres scènes relatives à Tadmi nistration de ce sacrement.

1<> Le baptême de Jésus-Christ est peint sui les parois d'un baptistère antique (Aringhi. i 381) dans le cimetière de Pontien (V. l'art Baptistères) ; à en juger par le style , la pein ture est postérieure au baptistère lui-même et date probablement du sixième siècle (Bot tari. I. p. 200. — Buonar. Vetri. p. 66). Ei outre du sujet principal, on y en remarqui d'autres qui ont avec lui de mystérieuses ana logies : c'est Moïse frappant le rocher (V. plu haut cette figure du baptême) et la multipÙca tion des pains , qui pourrait bien ici figurer 1 multipUcation des enfants de Dieu par le bap tême. Le même sujet est sculpté en bas-relic sur un sarcophage qui dénote aussi une époqu un peu basse (Aringhi. 11. p. 355). Ici S. Jeai reçoit dans une espèce de patère l'eau qu tombe d'un rocher , et la verse sur la tête di Sauveur plongé, ainsi qu'au monument précé dent, dans le Jourdain jusqu'à la ceinture. 1 en est de même sur un médaillon de bronz donné par Vettori (Num. œr. explic) y et où es inscrite cette légende : redemtio filiis homi NVM ; et dans une curieuse mosaïque du qua trième siècle servant de décoration à l'absid de Santa Maria in Cosmedin de Ravenn (Ciamp. Vet. mon. 11. tab. xxiii).

Mais cette mosaïque oflre une circonstanc digne d'observation : c'est que , à côté de Ne tre-Seigneur, est un autre personnage assû portant un roseau à la main , et ayant pri de lui un vase penché, ce qui n'est autre chos que la personnification du Jourdain d'après 1 type antique. Un sarcophage de la Gaule (Mi lin. Midi de la Fr. atlas, pi. lxv. U) pr^ sente cette singularité que Notre-Seigneur est vu complètement nu et dans les propoi tions d'un enfant de dix ans. Jean-Baptist tient la main sur la tête du Sauveur, et : dispose à le placer sous une chute d'eau q^ descend d'un rocher élevé. Ici, conmie dai les monuments précédents, la colombe vo au-dessus de la tête de Jésus-Christ.

La simple immersion, selon le type le pi' ancien, se voit sur un diptyque de Milan ( quatrième ou du cinquième siècle. Le pD curseur appuie une main sur la tête de Jésu plongé jusqu'aux genoux dans le Jourdain, e circonstance inusitée, tient de l'autre main i roseau (V. Bugati. Mem. di S. Celso. p. 285 Un très-ancien bas-relief de l'église de Mon fait voir l'immersion comme ci-dessus, m; en même temps une colombe, qui, d'un vî renversé qu'elle tient à son bec, répand de Te sur la tête du Sauveur (V. Frisi. Mem. di chiesa Monzese. p. 78. tab. iv). S. Jean-Bapti est à droite, et à gauche est un ange qui gai dans ses mains la tunique de Notre-Seigne

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j° Plusieurs rites du catéchuiuénat sont sculptés sur un nymphaum de Pisaure (Paciaudi. De Bain. p. 137, tab. m). Deux clercs, unecroUàlamain, eiorcisent un homme agité par l'esprit malin, et complètement nu, selon l'aDcienae diseipliBe. D'un câté de ce groupe •si un clerc qui garde les vêtements du caté' tenène, et de l'autre un second clerc qui, .■cffline l'indique le livre qu'il tient appuyé sur il poitrine, n'est autre que le lecttMT ou calé- ■kitlt, appelé par S. Cyprien {Epist. xïlv) doc- '«r audienf l'utn. Deux fragments de sarcophage publiés par Ciampini {Vet. mon. ii. lab. 17 et î) [ont voir les cérémonies liii baptême luinéme. Le premier représente, croit-oo, la reine Théodelinde et son époux Agilulphe, roi ils Lombards, recevant le baptême par imno^DD et par infusion en même temps, et le xcoad Henri I, < duc de Bénévent (Dixième side): celui-ci est à genoux et reçoit le bapttme par infusion, bien que, à une faible distance de lui, soit figurée une cuve baptismale, derliera laquelle se voit uo autre personnage à pDOui et les mains jointes. Un peu en arrière ea un serviteur ou un clerc qui tient toute prêts la robe blanche que le néophyte doit rerilir après son baptême. Ce qu'il y a de ainplier dans c«s deux monuments, c'est que le ministre du sacrement est vêtu d'habits sêculitri, tandis que parmi les personnes dont se ranpase l'assistance se trouvent des moines. Oimpini s'efforce d'expliquer cette anomalie, nuis il n'y réussit que médiocrement.

lamosalque del'ancienne façade de Saint-Jean fc Latran, dont on peut voir la reproduction dus Ciampini, offrait le tableau du baptême * Constantin par S. Sylvestre, selon une antieiiiie tradition, soutenue aujourd'hui encore pir plusieurs écrivains : la tète de l'empereur «ail nimbée (Ciamp. Sacr. adif. tab. ii. fig. >*), (t il recevait le baptême par immersion et par infusion tout ensemble. Nous avons un exemple de la simple immersion beaucoup plus ancien ^tont ce qui précède dans les peintures rétwmientdécouvertesau cimetière de Saint-CalliS*, et qu'il nous a été donné de contempler

nouî-mêmes. On en a fait des copies qui sont

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présentation toute semblable est figurée sur cuiller d'argent émaillé, trouvée près d'Aquilée en 1792. Ce curieux monument a été donné par le P. Mozzoni {Tav. isl. eccl. sec. p. kl], et il n'est pas sans intérêt de le rapprocher du précédent.

e chrétien du Latran. et n a ici un croquis pris sur les lieux. Une r

BAPTISTERES. — I. — 11 est certain que, dans le principe, il n'y avait d'autres baptistères que les rivières et les fontaines, on baptisait partout oEi l'on trouvait de l'eau. C'est ainsi

, prés de la ville de Philippes, S. Paul hap-

tisalydie, marchande de pourpre (Ad. xvi. 15),

que le diacre Philippe régénéra, dans la

première fontaine qui se trouva à sa portée,

luque de la reine Candace lAct. vlii. 38). S. Justin fApolog. ii. Ad Anton, imp.) dit qu'on

baptisait pas autrement de son temps. A Rome, on conduisait les nouveaux convertis au Tibre, etTertul]ien(i)e6np(. et) rappelle quele baptême qu'ils recevaient dans ce Ceuve de la main de S. Pierre était le même que celui qui s'administrait dans le Jourdain. On montre encore de nos jours dans fa prison Mamertine le puits miraculeux où, selon une ancienne tradition, S. Pierre etS. Paul baptisèrent leurs gardiens Processus et Martinianus {Aringbi. t. i. p. 200. — MartyTot. Rom. Ad diem ju(. il). S. Augustin, et S. Paulin envoyé avec lui en Angleterre par le pape S. Grégoire, baptisaient ceux qu'ils avaient conquis à ta foi dans des rivières que Bède appelle Trenta, Gleni et Sualica (Hist. Angl. ii. c. 16). Nous savons aussi par certains actes de S. Apollinaire et de S. Victor, cités par Marténe (De antiq. Eccl. ritib. t. I. p. 3) que ces deux apêtres conduisaient à la mer leurs catéchumènes pour les initier à la vie chrétienne. On ne doit chercher à cet usage primitif d'autre raison que la nécessité d'abord et ensuite l'exemple de Jésus- Christ qui s'était fait baptiser par S. Jean dans le Jourdain. S. Jérôme atteste que c'était une dévotion fort répandue de son temps de recevoir le baptême dans ce fleuve consacré par le Sauveur lui-même, à l'endroit où, suivant la tradition, S. Jean administrait le baptême de pénitence (Hieron. De &it. et nom. toc. Hwbr. p. 422. éd. Martian. 1690).

II. — Le premier et le plus vénérable baptistère de l'univers est celui qui fut établi au lieu même où Notre -Seigneur avait été baptisé Là, dit S. Antonio martyr (Martène. loc.laud.),

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est une croix de boiâ plantée dans l'eau, et, tout à l'entour, le rocher est revStii de marbre. C'est là que la foule empressée vient recevoir le baptême la veille de l'Epiphanie; c'est Ik irue, conduite par l'esprit de Dieu, Ste Marie Kgyptienne vint solliciter cette grâce, selon le récit de S. Sophrone de Jérusalem (De Maria .Egypt. in Vt(. sonct. ab Heribert. Rosw. vulgat, 1. 1. Lugd. 161"?).

Boldetli [Cimit. kO) signale la présence de plusieurs baptislères primitifs dans les catacombes. Le plus remarquable est ce lui du ci metièrede Saint-Pontien (Aringhi. i. 381. — Boit, tav. XLiv) ; il est décoré de peintures dont la principale représente Notre-Seigneur baptisé parS. Jean dansie Jourdain. (V. l'art. Baplime.) On y voit aussi une croix gemmée et fleurie, dont la traverse porte, au-dessus deux candélabres allumés, au-dessous l'A et l'iu suspendus par des chaînettes. Le pied de cette croiï peinte baigne donc dans la vasque, pour indiquer que c'est la croix du Sauveur qui communique à l'eau la vertu d'effacer le péché (V. la pi. XLii du P. Marchi),

C'est en ce lieu que le prêtre Eusëbe baptisa un jeune paralytique nommé lui-même Pontien, nom que peut-être il avait pris à son baptême, et le nËophyte trouva la guérison du corps dans les eaux saintes (Ap. Baron. Ad an. 259). Adria et Paulina, converties par ce miracle, y reçurent aussi le baptême des mains du pape S. Etienne. Il y a, dans la crypte de la basiliquede Sainte-Prisque (Perret, m pi. xllx) une vasque où une ancienne tradition, jointe à cette inscription : 2>ce pet bactismv, laissent supposer que S. Pierre administrait le baptême; une tradition analogue, mais fondée sur les actes du pape Libère (Panvin, Concil. t. I. c. 11) existe pour le cimetière Ostrien; Libère baptisa, lui aussi, dans ce dernier baptistère, successivement sans doute et à diverses reprises, quatre mille douze personnes des deux sexes; et il est avéré que, pendant les persécutions, tous les papes administraient ce sacrement dans les cimetières qui leur servaient d'asile.

Quelques-unes de ces cryptes, entre autres celles de Pontien, du Vatican, et celle de Saint- Alexandre récemment découverte , avaient des sources naturelles ; d'autres, celles de Priscille et de Calliste, par exemple, recevaient leur eau, par des conduits, dans des espèces de citernes qui se voient encore aujourd'hui; enGn , quelques-unes possédaient des puits , comme les cimetières de Prétextât et de Sainte- Hélène (V. Boldetti, p. W).

III. — Après les persécutions, et dès le temps de Constantin, on commença à construire des baptistères sub dio, édifices spacieux, et ne différant des églises proprement ditesqiie par leur

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destination. On les appela chez les Grecs ftiri- ^pm ou loca itluminalioniK. • lieux d'illumina- C'étaient des édifices à part , rito n'est plus clairement constaté, si bien qu'il «si presque superflu de citer. Les noms divers lesquels on les désignait supposent tous des constructions isolées et de véritables temples : ecdesiœ haptîsmaJes , — baptislerii boalica{Ambr. epist. xx. Ad Marcell.) — (iM baptismaltt (Flodoar. Hùt. Rem. J. i. c. 19). S. Grégoire de Tours appelle templum ftapliiterii celui où Clovis reçut le baptême (Hisi. Ft. 1, 11. c. 31). On trouve des témoignage! analogues dans une foule d'écrivains ecclésiastiques, et notamment dans Eusèbe [Hist. tcd. i k'i, dans S. Cyrille de Jérusalem {Calech. mf slag. 1. n. 3), dans S. Justin, S. Paulin de Mole S. Sidoine Apollinaire. S. Augustin et d'autre encore dont Bbgham rapporte les textes (On'g eccl. III. 252). Tertullien, quand il parle d baptistère , suppose toujours aussi un édifie distinct de l'église (De coron, mit. m).

On peut en assigner une preuve palpabli pour les premiers siècles, dans un sarcopbaf du Vatican (Bottari. tav. xxxiv) qui présent sculptées en relief à ses deux extrémités, ± basiliques chrétiennes, près desquelles les bat tistères se détachent très -visiblement, ce q est surtout remarquable pour l'un d'eux q~< en outre, porte au-dessus de son toit le moc graphe du Christ. Nous donnons ici le dess de ce monument.

Il est bond observer cependant que si l'I glise a placé le baptistère hors du templ elle a voulu qu I n en fût éloigné que par ui faible distance afin de faire voir que le ba tème est la porte qui introduit 1 homme da

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J'Église de Dieu (Durant. De rit, ecd. i. 19). Cet usage a persévéré jusqu^au sixième siècle : à partir de cette époque, on a commencé à transporter le baptistère, d'abord dans le nartkex, puis enfin dans l'intérieur de l'église [Greg. Turon. Hist, Franc, ii. 21). On ne cite guère en France que deux ou trois baptistères qui aient conservé, sous ce rapport, leurs conditions antiques : celui de Fréjus séparé de la cathédrale par un porche ; celui d'Aix est aujourd'hui renfermé dans l'intérieur de la cathédrale, mais il était autrefois isolé, et sa forme ainsi que ses dispositions intérieures rappeUent tout à fait le baptistère de Latran ; Téglise de Saint-Front de Poitiers , regardée comme l'ancien baptistère, est aussi isolée.

Qui ne connaît les deux magnifiques monuments de ce genre qui subsistent encore de nos I jours à Rome et qui sont dus à Constantin, ce- \ lui de Saint- Jean de Latran, où cet empereur, selon la tradition romaine, aurait été baptisé aTec son fils Crispus, par S. Sylvestre, et celui de Sainte -Constance, près de la basilique de Sainte-Agnès hors des murs (Ciampini. De sacr. œàif. a Constantino Magn. const, p. 130, et tab. XXIX. XXX. XXXI. xxxii). Si nous osions nous citer nous- môme, nous renverrions pour la description de c« dernier à notre Notice historique, liturgique et archéologique sur le culte de Ste Agnès (P. 60. in-8, Lyon, 1847). Quant à celui qui est annexé à la basilique de Saint-Jean de Latran, son état actuel est dû aux restauralions modernes des papes Grégoire XIII , Clément VllI, Urbain VIII et Innocent X, et nous n'avons pas à nous en occuper. Le bas-relief gravé ci -dessus est probablement la reproduction exacte de la forme primitive du baptistère Constantin ien ; la haute antiquité du sarcophage où il se trouve sculpté nous autorise à le supposer.

La cuve baptismale, la même, croit-on, qui servit au baptême de Constantin ( dans l'hypothèse du baptême de cet empereur par S. Sylvestre;, est une urne antique de porphyre. On peose aussi que les chapelles élevées aux deux côtés du baptistère par le pape S. Hilaire ou peut-être par Sixte III (Li6. Pontif. In Xis- ^«w /// ) , occupent l'emplacement de deux pièces du palais de cet empereur (Ciamp. Sacr, ^if. 23). Anastase le Bibliothécaire nous a transmis une énumération des dons faits à ce ^tistère par le grand Constantin : c La cuve était toute recouverte à l'intérieur et à l'extérieur de lames d'argent très-pur, du poids de trois mille huit livres. Au milieu, in medio fon- 'Wi des colonnes de porphyre qui supportaient une pkiala d'or (V. l'art, cantharus), où brù- 'aient, au jour de Pâques, deux cents livres <*6 parfums.... Il y avait un agneau d'or trèspwdu poids de trente livres, lequel répandait

l'eau dans le bassin. A la droite de l'agneau, était une statue du Sauveur en argent trèspur, de cinq pieds de haut, pesant cent soixante-dix livres. A la gauche, celle de S. Jean- Baptiste de cinq pieds de haut , tenant à la main une tablette où étaient écrits ces mots : Ecce agnus Dei^ ecce qui tollit peccatum mundi. Item, sept cerfs d'argent, répandant l'eau, et du poids de quatre-vingts livres chacun ; enfin un encensoir d'or orné de quarante-deux pierres précieuses, et pesant dix livres. »

IV. — Les baptistères étaient autrefois fort spacieux, soit à cause de la multitude qui s'y rendait pour recevoir le baptême, soit parce que ce sacrement s'administrait ordinairement par immersion (V. l'art. Baptême^ n. III). De là cette appellation [léya. çpwTKrnJpiov, magnum illuminatorium^ qui leur fut quelquefois appliquée. Ils étaient môme assez vastes pour que des conciles aient pu s'y tenir : ce fait est constaté par Du Can^e et Suicer, d'après les actes des conciles de Chalcédoine et de Carthage Concil. Chalced. act. i. — Suicer. ad voc. «IhutiiTijpiov), et mieux encore peut-être par une mosaïque de Saint-Jean in fonte de Ravenne où l'idée d'un concile est représentée hiéroglyphiquement par deux chaires épiscopales et le livre des Évangiles ouvert sur une table (V. Ciamp. Vet. mon, i. tab. xxxviii. et notre art. Conciles), Ils étaient ordinairement divisés en deux parties, afin que les deux sexes s'y trouvassent séparés (Aug. De civ. Dei. l. xxii. c. 13) ; d'autres fois, il y avait deux baptistères distincts. Nous voyons, cependant, dans le bas -relief d'un sarcophage illustré par Ciampini ^Vet. mon, ii. tab. iv) qu'Agilulphe, roi des Lombards et sa femme, Théodelinde, furent baptisés dans la même vasque.

Au centre de l'édifice, se trouvait une cuve en pierre (Joan. Diac. De eccL Lateran, c. xii), ronde, ou en forme de croix (Greg. Tur. De glor, mart. i. 24). La cuve ou piscine était à fleur du pavé ; on y descendait, du côté droit, par trois degrés; il y avait trois autres marches à gauche, pour sortir (Isid. De divin offic, i, 24), et une septième au milieu, où sans doute se tenait le pontife qui administrait le baptême : c'était l'image du tombeau de Notre-Seigneur dont le baptême est le symbole : Consepulti enim sumus cum illo per baptismum {Rom, vi). « Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême. » C'est pour cela que les vasques baptismales eurent quelquefois la forme d'un tombeau. En certains lieux , outre la principale piscine, il y en avait d'autres plus petites dans le pourtour du même édifice. Le baptistère de la cathédrale de Verceil, d'une origine fort ancienne, offre cette particularité qu'il renferme deux sièges, l'un pour le prêtre, l'autre pour le parrain (Millin. Voyage dans le Piémont^ ii. 345).

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La structure des baptistères était souvent fort élégante. Leur forme était ordinairement octogonale : exemple, celui de Latran qui est peut-être le plus ancien de tous ceux qui subsistent aujourd'hui ; et encore celui de Sainte- Thècle de Milan, comme nous l'apprenons par une antique inscription qui se lit dans Gruter et Montfaucon {Antiq. expL suppl. t. ii. 1. 8. c. 2), ceux de Florence, de Saint-Zénon de Vérone, d'Aix en Provence, de Fréjus (V. Lupi. Dissert, ii. p. 109). Il y en avait de forme hexagonale^ tels que ceux de Sienne, de Parme et d'Aquiiée ; d'autres de forme ronde^ comme ceux de Pise et de Pistoie (Lupi. f6.). Celui que décrit S. Paulin (Epist. xii Ad Sever.) avait la forme d'une tour. Celui de Bari, dans la Pouille, qui date du quatrième siècle, est rond à l'extérieur, et intérieurement il a douze pans, dont jadis chacun portait l'image de l'un des douze apôtres (V. Selvaggio. Antiq. Crist, imtii, m. 39).

V. — Autrefois, il n'y avait qu'un baptistère par diocèse ou ville épiscopale, et il^ en fut ainsi à Rome durant plusieurs siècles, au témoignage de Visconti (De rit. baptism, i. 8). Cet usage s'est maintenu dans plusieurs villes de l'Italie, notamment à Florence, à Pise et à Bologne, du moins pour la ville épiscopale. La principale raison, c'est que, dans les premiers siècles, l'administration du baptême était réservée aux évêques. On lit en effet dans l'histoire ecclésiastique que souvent des Églises veuves de leur pasteur sollicitèrent instamment leur retour, parce que une multitude de peuple mourait sans baptême ; Macri en cite plusieurs exemples (Hiero-Leocic. ad voc. Baptisterium). C'est au sixième siècle seulement que des baptistères commencèrent à être concédés aux paroisses rurales, ainsi qu'il ressort des dispositions des conciles d'Auxerre (An. 577. can. xviii) et de Meaux (Can. xliii). Le rit ambrosien n'admet pas la bénédiction des fonts dans les églises paroissiales aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte. Cette bénédiction ne se fait qu'à l'église métropolitaine : les curés viennent y chercher l'eau baptismale et la portent processionnellement dans leurs églises respectives (Macri. ibid.).

Eu égard aux convenances de la discipline ancienne, les baptistères des premiers siècles avaient une telle abondance d'eau qu'ils ressemblaient à des lacs ou à des rivières, si bien qu'on les appelait natatorium ou pisdna (Socrate. Hist. eccL vu. 17). Aussi les évêques avaient-ils soin de choisir pour bâtir leurs baptistères des lieux où se trouvaient des sources ou des cours d'eau. Le pape Damase, pour établir celui du Vatican, fit descendre du Janicule de grands cours d'eau, et voulut perpétuer lui-môme la mémoire de ce fait par une

inscription métrique qui fut fixée dans la muraille de cet édifice et que Baronius rapporte d'après un très-ancien manuscrit, sous l'an 384 (V. aussi Prudence. Peristeph. xii). Un fait analogue est attribué à S. Lin, second évèque de Besançon, par Dunade (Hist. de régi ville et dioc. de Besançon. 1750. p. 27-37). Le tribun militaire Onnasius céda sa maison, afin de livrer passage au cours d'eau qui devait alimenter le baptistère que voulait construire l'évoque, et sur l'emplacement duquel fut bâtie plus tard l'église de Saint-Jean- Baptiste. A Aquilée, un baptistère fut établi sur la rivière Alsa (Bertoli. Antichità di Aquileia. Venez. 1739).

Ceux de nos lecteurs qui désireraient des notions plus détaillées sur la structure des baptistères, sur leurs proportions et leurs diverses parties, sur la question de savoir quand ils fu rent transportés dans le narthex, quand investi du droit d'asile, etc., etc., pourront consulte Durant (De ritib. Eccl. cathol. c. xix), Viscoa {Observât, ecclesiast. t. i. l. 1. De ritib. 6af tism.), Du Cange (Glossar. edit. Paris. 1673 Martène (De antiq. Ecoles, ritib. 1. i). Suie* (Thesaur. ecclesiast. voc. ^^arcioi^piov), Bingha- {Origin. et antiq. ecclesiast. t. m. 1. 8. c. - Lupi (Dissert, e lett. t. i. dissert. 1), etc.

VI. — Dès les premiers siècles, les bapti tères furent invariablement dédiés à S. Jea. Baptiste, si bien qu'ils en reçurent le nom sp cial de Ecclesix Sancti Joannis in fonte^ ou fontes. On peut en citer de nombreux exe» pies : celui de Milan où l'on croit que S. Aug^ tin fut baptisé par S. Ambroise ; à Naples, ce^ qui est annexé à l'église de Sainte-Restitu^ à Vérone, celui qui est contigu à la cathedra, à Ravenne, celui qui se voit au nord de la bai lique de Sainte-Anastasie (V. Paciaud. De ctm S. Joan. Bapt. p. 51). Il en fut de môme cft les Grecs (Id. loc. laud.), et dans les Gaul A Lyon, le baptistère, sous le vocable S. Jean- Baptiste, était annexé à la cathedra do Saint- Etienne, et il occupait une partie l'emplacement de la primatiale actueUe déd/ au précurseur. C'est ce que témoigne le ma tyrologe de Saint-Étienne au 15 septembre : di dicatio ecclesiœ Sancti Stephani et baptister (V. Colonia. Hist. litt. de Lyon. p. 57). .

VII. — Les autels qui se trouvaient dans le baptistères étaient aussi consacrés sous le v( cable du précurseur, et les reliques qu'on plaçait étaient les siennes. C'est ce qu'on pou rait prouver par un grand nombre de faits qi la nécessité d'être court nous oblige de pass sous silence (V. Hist. episcop. Antiss. ap. Lab Nov. Biblioth. mss. 1. 1. Martyr ol. Antiss. ecd On y voyait aussi communément son image sa statue, et une inscription était gravée, su sur les degrés des fonts, soit sur le pourtour

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la vasque, soit enfin sur les murailles du baptistère, indiquant que Tédifice était placé sous le patronage de S. Jean-Baptiste. Nous citerons pour exemple une urne baptismale conservée à Venise dans le couvent des capucins (Lettera del sign. ahate conte fed. AUano continente la spiegaz, cT un geroglifico battesimale). Muratori en rapporte un autre non moins remarquable [Thes.inscr. t. rv. class. 25. — Cf. Paciaud. op. laud. p. 54). Enfin, S. Grégoire de Tours, voulant que rien ne manquât à l'église qu'une inspiration divine lui avait ordonné de bâtir, y adjoignit un baptistère dans toutes les conditions que nous venons de dire : Baptisterium ad \p$am basilicam fabricari prœcepi , in quo S.Joannis reliqui(të..,. posuilHist. Franc. 1. x. c.31.19). € J'ai fait construire près de la basilique elle-même un baptistère, où j'ai déposé des reliques de S. Jean-Baptiste. > S. Hilaire, qui siégeait sur la chaire de S. Pierre en 461, fit graver cette inscription sur les portes de Iffooze incrustées d'argent dont il enrichit le baptistère de Latran (Raspon. De basilic, et patrianh. Lateran. m. 6) :

IN HONOREM. S. lOANNIS BAPTISTiE HILARVS EPISCOPVS DEI FAMVLVS OFFERT.

Enfin ces édifices sacrés étaient décorés avec une grande magnificence, de peintures, de mosaïques, de sculptures, représentant surtout le baptême de Notre-Seigneur dans le Jourdain, et les autres gestes du saint précurseur. Il est dit de S. Avit, évéque de Vienne, dans les Bollandistes (v. febr.) : hujus labore et industria Baptisierii ecclesia musivo et marmore mirabiliter est omata, c Par Ses soins et son zèle, l'église du baptistère fut admirablement décorée de mosaïques et de marbre. » Et Ënnodius {Epigr. Lvi) décrit en quelques mots les richesses artistiques des baptistères de Milan : Jfarmora, picturas, tabulas, sublime lacunar.

Vin. — Diverses figures symboliques, relatives au baptême, sont représentées dans les baptistères, soit en peinture, soit en sculpture.

l»Le cerf. On le voit au baptistère du cimetière de Saint-Pontien {V. l'art. Baptême), et ia description qu'Anastase le Bibliothécaire nous a laissée de celui de la basilique du Sauveur {In Sylvest.) mentionne comme ornement de la cuve sept cerfs d'argent. Ce motif d'ornementation dut être employé bien souvent dans la suite, conmfie emblème du catéchumène prêt à recevoir le baptême, et désirant ardemment de se désaltérer dans les sources d'eau vive de la vie étemelle (Psalm. xxxviii. 9). En <ïflet, S.Jérôme, ayant comparé le catéchumène ^ «n cerf, ajoute {In ps. xli) : Desiderat ventre oàCkiristum in quo est fons luminis, ut ablutus ^^V^ûnio, acdpicU donum remissionis. « Il désire de venir au Christ en qui réside la source

de la lumière, afin que, lavé par le baptême, il reçoive le don de la rémission. »

2" Le poisson. On sait que le poisson était regardé comme le symbole, non-seulement de Jésus-Christ, mais du chrétien lui-môme, et dans les premiers siècles, sous la loi du secret notamment, les Pères désignaient souvent les fidèles sous l'appellation allégorique de pisciculi, « petits poissons. » Or, ce nom faisait allusion à la régénération qu'ils avaient reçue dans Isipiscine du baptême : Nos pisciculi, dit en particulier Tertullien, secundum f/Ouv nostrum Jesum Christum in aqua nascimur. « Nous, petits poissons, selon le poisson par excellence qui est Jésus-Christ, nous prenons naissance dans l'eau, » et ce Père ajoute que la vie du chrétien est tellement attachée à cet élément, que, comme le poisson , il ne saurait vivre hors de lui : Nec aliter quam in aqua permanendo salvi sumus. « Et ce n'est qu'à la condition de rester dans cette eau, que nous sommes sauvés. » (De bapt. i. vers, fin.)

11 était donc naturel que ce touchant symbole vint décorer les baptistères et les piscines auxquelles le divin "IxOwç a communiqué la vertu de donner à l'homme la vie de l'âme. Aussi l'antiquité nous en a-t-elle transmis plus d'un exemple, et nous en aurions un bien plus grand nombre, si le temps n'eût pas détruit beaucoup de monuments de cette nature. Le P. Costadoni {Del pesce simbolo.... c. xi) parle de deux fragments de mosaïque tirés des ruines d'une antique église baptismale de Rome, fragments qui existent encore au musée Kircher, et où deux poissons sont représentés. A Parenzo, en Istrie, se conserve un bassin de marbre du sixième siècle (De' Rossi. ixerc. p. 3), qui était placé jadis dans le baptistère de cette ville, et qui offre une croix sculptée entre deux colombes et deux poissons. Dans un baptistère d'Aquilée, du neuvième siècle, on remarque un crucifix entouré d'un cep de vigne à l'extrémité duquel un poisson est pris, comme à un hameçon (Bertoli. Antiquité d'Aquileia. p. ^06, ap. Costad.). Des poissons sont aussi sculptés, avec les images symboliques des quatre évangélistes, dans un très-ancien baptistère publié par M. Albert Lenoir, mais dont malheureusement ce savant n'indique pas la provenance {Instructions du comité des arts et monum. m-k. p. 108. 109). (V. l'art. Poisson.)

3" La colombe. Au baptême de Notre-Seigneur, le Saint-Esprit descendit sur sa tête sous la forme d'une colombe (Luc. m. 2^) : c'est pour ce motif que cet oiseau symbolique ne manque jamais d'être représenté de différentes manières dans les baptistères. Témoin celui du cimetière de Pontien tant de fois cité, et la vasque de Parenzo. On voit aussi des colombes, avec le vase, sur une cuve baptismale des premiers

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siècles appartenant à Téglise de Gondrecourt (/Icipue, archéoL 1. 1. p. 129). Dans son savant livre sur le culte de S. Jean-Baptiste, Paciaudi publie plusieurs monuments fort curieux, entre autres une miniature d'un manuscrit de la bibliothèque royale de Turin, et une mosaïque de la basilique de Saint- Marc de Venise (P. 58. 59), représentant Tim et l'autre le baptême de Jésus- Christ avec des circonstances singulières, mais toujours avec la colombe. Et nous savons par un poète du quatrième siècle, Juvencus, qu'il en fut de même dès le commencement {Hisp, hist. evang, 1. i Biblioth. PP. t. iv) :

Corporeamque gerens speciem descendit ab alto Spiritus, aeream similans ex nube coluiubam. « Portant une apparence coi-porelle, l'Esprit descendit d'en haut, semblable à une colombe aérienne sortant d'un nuage. •

Ces vers semblent faire allusion à l'usage ancien de suspendre des colombes d'or ou d'argent au-dessus de la piscine, pratique constatée par de nombreux témoignages (Durant.

De rit, EccL xix. 7. — Mabill. Iter German, in AncUect, t. iv). Ces colombes servirent quelquefois à renfermer le saint chrême ainsi que l'huile des catéchumènes. Plusieurs Pères, entre autres S. Optât (0pp. lib. ii), mentionnent des vases de cette nature, sans cependant en décrire la forme (V. l'art. Chrême),

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