‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 37 sur 266 · BASILIQUES CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

BASILIQUES CHRÉTIENNES

Églises des catacombes. — On a cru longtemps que le type des premières églises chrétiennes avait été emprunté aux basiliques profanes. L'étude attentive des catacombes de Rome a beaucoup modifié l'opinion des archéologues sur ce point. Il est reconnu aujourd'hui à peu près sans contestation que ces chapelles souterraines qu'on y rencontre si fréquemment, et qui sont ordinairement moitié creusées dans le tuf, moitié construites, ont servi de modèle aux édifices primitifs affectés au culte chrétien. Bottari avait entrevu ces analogies , il est le premier qui les ait signalées (Roma sott. t. m. p. 75); et l'opinion de ce savant a été adoptée par Séroux D'Agincourt {Hist, de Vart, par les nwnum, t. i. p. 26 suiv.), par Raoul-Rochette {Tableau des cataœmb, p. 55), et enfin, dans ces derniers temps , par le P. Marchi , sous la plume de qui la démonstration de ce fait si intéressant pour l'art chrétien a revêtu tous les caractères de l'évidence {Monum, délie arti primit, Architettura).

Donc , si nous en croyons ces hommes d'une si incontestable compétence , l'art chrétien aurait pris naissance dans ces cryptes sacrées ; il se serait naturellement épanoui du principe de la foi, dont l'inspiration se reflète dans des créations tout à fait originales, et se trouverait ainsi isolé des traditions antiques.

Les églises qui se révèlent dans les cimetières des chrétiens et des martyrs sont d'une grande simplicité ; quelquefois, elles sont revêtues de stuc , décorées de peintures , de colonnes, de pilastres, et d'autres ornements sculptés dans la roche elle-même. Dans les parois latérales, sont disposés parallèlement des tombeaux sur quatre ou cinq rangs et même plus, suivant l'élévation de la crypte. Varcosolium (V. ce mot ) , qui servait ordinairement d'autel , se présente au fond de l'abside, à moins que cette place ne soit occupée par la chaire du pbntife : auquel cas , ou Varcosolium manque , ou il se trouve trop élevé pour que les saints mystères aient pu y être célébrés. (V. l'art. Autel.)

On peut signaler encore dans ces petits oratoires plusieurs caractères qui n'ont fait que se développer ou se modifier assez légèremen dans les églises bâties plus tard sur terre. Tel sont, par exemple. Parc triomphal, le presb\ tère, la cathedra et Vexedra^ la forme absidale d chevet, etc. (V. Marchi. t. xxxviii); quelque fois aussi, on y voit des cancels en avant < l'autel ou de Varcosolium (V. l'art. CanceU Ces chapelles souterraines ont une élevât i bien supérieure à celle des corridors ou voî sépulcrales, et à celle des simples chambi funéraires appelées cubicula (V. ce mo^ elles embrassent souvent jusqu'à deux ou tr étages.

Le P. Marchi (Op. laud. p. 184) disting dans les cimetières deux classes d'églises, petites, qu'il désigne sous le nom de cryp (V. ce mot) , et les plus grandes qu'il api>€ proprement églises. Celles-ci sont disposées façon à se prêter au déploiement des cérénr nies, tel qu'il pouvait être en de pareils lie et en de pareils temps, et aussi à admettre d réunions plus considérables, lesquelles néaJ moins ne pouvaient guère dépasser le nomljr de soixante -dix ou quatre-vingts fidèles. Rie ne saurait donner une idée aussi complète d ces églises primitives, qu'une grande chapell» découverte en 1842 au cimetière de Sainte Agnès, et dont nous mettons le plan sous le yeux du lecteur, avec une explication succincte le tout d'après le P. Marchi (Tav. xxxv. xxxv xxxvii).

Mais pour se rendre compte de l'impoi tance de ce monument, au point de vue è origines de l'architecture chrétienne, il fau avant tout, en déterminer l'âge ; et les indu tions les plus sûres nous conduisent à u conclusion satisfaisante.

Si l'on veut bien jeter un coup d'œil sur plan partiel du cimetière de Sainte-Agnès ( est annexé à l'article Catacombus, on verra q notre église, qui y figure sous le n» 35-35, entourée, à une faible distance, d'un cert; nombre de chambres , cubicula^ qui sembl

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«lier avec elle par un système d'ensemble préfonçu. Or ces chambres sonl décorées de fm]ites qui, au jugement des savants les plus «lercés dans la comparaison des œuvres d'art ie l'antiquité romaine, doivent remonter i. peu ftti Aui dernières années du deuxième siècle. Il est vrai que l'église elle-même est dépoumie de peintures, et que, par conséquent dl'^ n'oflVe sous ce rapport aucun terme de ninparaison MaiH ce qui e^l plus vrai encore rtsique, par ses formes archt tectoniques, elle prË!«iile avec le style desdites chambres des puis de conformité si nombreux et st frapputs, qu'on ne peut s'empScher d'y recon

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