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cution, il exista simultanément des oratoires et des églises où ils se réunissaient dans les intervalles de paix, quelquefois assez considérables, dont ils jouirent même pendant les trois premiers siècles.
Nous disons d'abord des oratoires ; et nous entendons par là ces sanctuaires domestiques (V. Part. Oratoires domestiques)^ placés à la partie supérieure des maisons , et où , dès le temps des apôtres, les fidèles se rassemblaient pour la fraction du pain , pour nous servir de Texpression des Actes (i. 13. xx. 8. etc.). Ces lieux n'étaient autres que les cénacles des habitations privées, et que les chrétiens, en mémoire de la cène du Sauveur, convertissaient en églises. Cet état de choses se maintint longtemps. Nous le savons , pour Rome , par les actes des martyrs (Act. S. Pontii. ap. Baluz. MiscelL t. II. — Act, S. Pudentianœ. etc.), et, pour rOrient, nous avons le témoignage de Lucien {In dial. «friXÔTçat.). Il raconte que le hasard Pavait conduit dans une maison inconnue, et qu'ayant gravi un long escalier, il arriva dans une pièce supérieure « aux lambris dorés, telle que lamaison de Ménélas décrite par Homère.... qu'il y avait trouvé, non pas une Hélène, mais des gens prosternés et pâlissants. » On reconnaît aisément une assemblée chrétienne dans cette description tracée par la verve satirique du Voltaire de l'antiquité.
Mais ce n'était pas encore là des églises proprement dites, et le culte qui s'y exerçait peut être regardé jusqu'à un certain point comme un culte domestique. C'est du règne de l'empereur Sévère Alexandre (De 222 à 235) que date la plus ancienne donnée certaine d'un temple chrétien, dans la rigoureuse acception du mot. Dans une contestation élevée entre des chrétiens et des cabaretiers, popinarii^ au sujet d'un emplacement où les premiers voulaient bâtir une .église, ce prince prononça cette admirable sentence : a 11 vaut mieux que la divinité soit adorée en ce lieu d'une manière quelconque, que le livrer à des marchands de vin (Lamprid. In Alex, Sever: 49). » Ceci prouve pour la première moitié du troisième siècle, et les témoignages des écrivains ecclésiastiques que l'on cite ordinairement pour cet objet, ne remontent pas à une époque plus réculée. 11 existe à Sion, en Valais, une inscription de l'an 377 qui mentionne dès lors une réparation faite à un édifice religieux (Mommsen. ap. Le Blant. Inscr. chrét, delà Gaule, t. i. p. 649.) L'édifice devait sans doute appartenir à l'un des trois premiers siècles.
Quoiqu'il en soit, moins de trente ans après le jugement de Sévère Alexandre, nous voyons Gallien rendre aux évêques l'usage, non-seulement des anciens cimetières , mais encore des temples ({ui avaient été envaliis par les païens
(Euseb. Hist, eccl, vu. 13) : ces égUses, dans la seule ville de Rome, étaient au nombre de quarante (Optât. Milev. De scfUsm, Donol.l.ii). Et plus tard, Dioclétien, révenant sur cet acte d'équité, ordonne de détruire ces mêmes édifices (Euseb. ib. viii. 2). Les chrétiens en avaient donc joui paisiblement pendant quarante-trois ans, de 260, date du décret de Gallien, jusqu'en 303, où fut rendu celui de Dioclétien. Les actes de S. Théodote d'Ancyre, martyrisé sous cet empereur, mentionnent plusieurs fois des églises (V. Ruinart. edit. Veron. p. 296), et signalent môme la forme absidale dans celle des Patriarches. (V. l'art. Abside.)
Ce premier fait constaté, il resterait à connaître quelles étaient les formes architectoniques, quelles étaient les distributions intérieures, liturgiques de ces églises priniitives. Nous ne croyons pas que la science soit en mesure de se prononcer sur cette double question. Eusèbe qui rapporte le fait de leur existence et de leur destruction, ne nous fournit aucun renseignement sur leurs diverses formes. Cependant, si nous osons risquer ici une conjecture personnelle, comme ces églises furent bâties pendant les siècles de persécution, c'està-dire, à peu près dans le môme temps que celles des catacombes, ne peut-on pas présumer avec beaucoup de fondement que, bien que dans des proportions plus vastes, elles durent ôtre modelées sur ces dernières , dont les dispositions avaient été basées sur les convenances essentielles du culte chrétien? Il dut au reste y avoir un type prescrit par le magistère de l'église, qui ne laissait rien à l'arbitraire des simples fidèles.
Le rapprochement de deux monuments de genres très-différents nous fournira peut-être quelque lumière à cet égard.
Sur un sarcophage du cimetière du Vatican, deux églises chrétiennes sont sculptées en basrelief (V. Aringhi. Roma. subt, t. i. p. 319). On distingue nettement, surtout dans l'une des deux, la porte avec ses portières relevées de chaque côté, l'étendue longitudinale extérieure de la nef, et enfin l'abside semi-circulaire. Or, ces représentations d'églises, dont le type appartient sans aucun doute à la plus haute antiquité (Le sarcophage est du quatrième siècle', offrent une ressemblance frappante avec certaines églises des catacombes. Le lecteur pourra en juger lui-môme en jetant un coup d'œil sur la planche xxxviii de l'ouvrage du P. Marchi, où se trouve tracée l'ichnographie, soit le plan géométral d'une chapelle souterraine du cimetière situé sous la colline appelée Salita del cocomero.