‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 40 sur 266 · III. — Églises depuis le quatrième siècle, ou · texte numérisé non relu

III. — Églises depuis le quatrième siècle, ou

BASILIQUES PROPREMENT DITES. Le mOt de feoSI-

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loyé pour désigner une église chrése trouve dans aucun auteur chrét Constantin. Il parait que le premier ,it été donné au lieu où les fidèles se ient est celui d'église. On semble aut conclure de plusieurs passages du Testament, et en particulier de ces e S. Paul (1 Cor. xi. 22) : « N'avezos maisons pour y boire et y manger ? ez-vous l'église de Dieu? » Il estcer- ^'ertullien {De pudicit. iv. De veland.

Il), S. Chrysostome (Epist. lv. Ad t d'autres encore l'ont employé dans

dùminicum^ en grec xupiaxdv, « maiîigneur » fut aussi adopté de trèsjre. Il date au moins de S. Cyprien ; iresse à une femme riche ce repro- ». et eleem. edit. Oxon. p. Ul) : « Tu tu es opulente.... et tu oses venir sans ans la maison du Seigneur, in domie sacrificio venis, et prendre ta part le pauvre a offert ! » Nous le trouvons très Pères encore, notamment dans 1. 1. c. 3 ; et S. Jérôme nous apprend ic, olym. 176. an. m) que la célèbre imencée à Antioche par Constantin, B par son fils Constance, fut, à raison gnificencH, appelée dominicum aumot correspondant xupiaxf^v se reni-fréquemment dans les conciles d'Anéocésarée, de Laodicée (V. Bingham.

14), etc. L'église de Saint-Clément, st appelée dominicum sur une plaque qui fut attachée au cou d'un esclave partenant à Victor, acolyte de cette silique , a dominicv (sic) clementis k rmmogram. Christi. p. 39).

fondé à croire que les églises furent basiliques, seulement à l'époque où I, converti au christianisme, concéda tes plusieurs basiliques profanes pour le culte, et bâtit des églises sur le 1, et dont les premières furent celle du appelée plus tard Saint-Jean de Laint-Pierre au Vatican, la Sessorienne, Croix en Jérusalem, qui date au moins lisque cette année-là le pape Miltiade i concile pour juger les donatistes . BuUett. 1863. p. 52. —V. Ciampini.

^f. pp. k et 116). Il est sûr du moins lis lors, tous les écrivains ecclésias- »ptent cette dénomination, et notamûnbroise (Epist. xxxiii) , S. Jérôme l Lœtam.) ^ S. Augustin {De divers.

. Cependant, ce n'est que graduelleles chrétiens s'accoutumèrent à s'en nous voyons encore, en 333, le pelèrent Vltinéraire de Bordeaux à Jérusroire obligé d'expliquer par le mot

dominicum le nom de basilique quMl donne à l'église du Saint-Sépulcre : ce qui suppose que le premier était encore à cette époque le plus usité : Ihi modojussu Constantini imperatoris, basilica facta est., id est dominicum mirœ putchritudinis (Cf. De'Rossi. Bullett. april. 1863, p. 26). « Là naguère, par les ordres de l'empereur Constantin, une basilique a été faite, c'est-à-dire un dominicum d'une admirable beauté. >

Voici la définition que S. Isidore de Se ville donne des basiliques {Origin. xv. 4) : c Les basiliques étaient d'abord les habitations des rois (Ou le palais où ils rendaient la justice), et c'est de là que leur vient leur nom. Aujourd'hui les temples divins sont nommés basiliques, parce que c'est là que se rend le culte à Dieu, Roi de tous, et que les sacrifices lui sont offerts. » Cette définition semble supposer que tout temple consacré au culte de Dieu, le vrai Roi, paaiXoSç (V. Henric. Stephanus. Thesaur. ling. Grœc. verbo BaaiXpSç), doive porter le nom de basilique , à raison même de cette destination. Et, en effet, nous ne manquons pas d'exemples d'églises fort modestes, et môme de simples chapelles auxquelles il est attribué par les auteurs anciens. Nous ne citerons que la basilique qui, selon Donati (Roma vet. et recens. rv. 2), avait été bâtie par Constantin dans l'intérieur du palais de Latran, en l'honneur de S. Laurent et de S. Théodore pape. Il est constant, néanmoins, que, en général, ce titre était réservé, soit aux temples d'une magnificence royale, comme ceux du Vatican et du Latran ; ou bien à des églises qui , avant d'être consacrées au culte divin, avaient été des basiliques profanes.

On a dit aussi que le nom de basilique désignait exclusivement les temples dédiés aux martyrs, et que les églises consacrées à Dieu seul, sans autre vocable , ne recevaient que le nom générique de temple ou d'église. On trouve rarement, à la vérité, dans les écrivains ecclésiastiques, templa martyrum^ mais le plus souvent basilicœ martyrum , memoriœ martyrum. Le bréviaire romain, au 9 novembre, distingue ainsi l'église du Sauveur, ecclesia ScdvcUoris^ do la basilique de Saint-Jean-Baptiste (Le baptistère, selon toute apparence), basilica »ub nomine sancti Joannis Baptistœ (V. l'art. Baptistère, n. VI), bâties Tune et l'autre au Latran, par Constantin. Mais cette règle n'était pas inflexible, et on rencontre les deux noms employés indifféremment dans ces deux acceptions, dans le missel, le bréviaire et le martyrologe romains (ix august.), dans les œuvres des Pères, notamment dans celles de S. Augustin {Decivit. Dei. I. 4), de S. Grégoire de Nazianze (Orat. iii Adv. Julian)^ de S. Âthanase {Epist. ad. solit. vit, agent es).

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Le mot bctëilique des martyrs nUndiquait pas seulement les lieux où se conservaient les corps des martyrs, mais encore ceux où ils avaient souffert, ceux qu^ils avaient habité, ou bien encore où ils avaient fait quelque action éclatante. II était permis de bâtir des basiliques en tous ces lieux diversement sanctifiés par eux. Ainsi, par exemple, nous savons par Victor d'Utique (Ap. Baron. Ad an. 261) que deux basiliques (\iTeni érigées en l'honneur de S. Cyprien, l'une au lieu où il avait répandu son sang, Tautre sur celui de sa sépulture. Le premier fut appelé c la Table de Cyprien, > Mensa Cypriani, particularité curieuse que S. Augustin a expliquée dans un de ses sermons {De divers, serm. cxiii). « Dans ce môme lieu où il déposa sa dépouille charnelle, une multitude cruelle s'était rassemblée pour répandre , en haine du Christ, le isang de Cyprien ; aujourd'hui une multitude pleine de vénération y accourt, laquelle, à l'occasion du natale de Cyprien, boit le sang du Christ; et elle boit avec d'autant plus de douceur le sang du Christ, que Cyprien y a répandu avec plus de dévotion son sang pour le nom du Christ. Enfin, conmae vous le savez, vous tous qui connaissez Carthage, en ce même lieu une table, mensa^ a été érigée à Dieu, et cependant ce lieu s'appelle Mensa Cypriani. Non pas que Cyprien y ait jamais mangé, mais parce qu'il y a été immolé, et que par cette immolation il a préparé cette table, non pour qu'il s'y fasse des festins, mais pour qu'il y soit offert un sacrifice au Dieu auquel il s'est lui-même offert. Mais que cette table qui est à Dieu , soit appelée la Table de Cyprien, en voici la cause : c'est que de môme qu'elle est maintenant entourée par les dévots, ainsi Cyprien lui-môme y fut autrefois entouré par ses persécuteurs. Présentement, elle est honorée par ses amis priant, autrefois Cyprien y fut foulé par ses ennemis frémissants; enfin, là où elle a été élevée, lui fut abattu. »

IV. — D'après les données assez abondantes que nous ont conservées quelques auteurs anciens, et en particulier Eusèbe et S. Paulin de Noie, les modernes ont beaucoup disserté sur la forme et les dispositions des basiliques primitives ; mais cette matière est encore aujourd'hui pleine de confusion, et laisse carrière aux opinions les plus contradictoires.

Cependant , des découvertes récentes et comme providentielles viennent jeter un jour inattendu sur la question, en soulevant un coin du voile qui la couvrait d'obscurité. Et les éléments qu'elles nous fournissent nous amènent à diviser en deux classes les basiliques bâties en plein air depuis la pacification de l'ÉgUse.

A. — La première classe comprend certaines églises de petites dimensions qui étaient par-

semées dans la campagne romaine, • au-dessus des escaliers nouveaux que tion du danger avait permis de prat tensiblement à l'entrée des princip; tières, afin de ménager aux fidèles plus facile. L'existence de cette espè< numents, vaguement accusée dans contemporains, est devenue aujourd'l clairement démontré, grâce à la sa M. le chevalier De' Rossi, dont l'œil e il y a peu d'années, discerner, sur la déatine d'abord, une basilique de ce g les altérations et superfétations qu' subir depuis bien des siècles peutelle servait alors de cellier, et au complètement déblayée, elle sert < aux marbres écrits et aux autres ob tiens qui sortent chaque jour du cin Saint- Calliste. Nous en donnons ici le

Éclairé pai dicieuse init fut pour luio révélation, 1 chi se tranj les lieux , et de son jeunt ne tarda pa:

naître une se silique non première e dans les môi tions. Les é profondies fa par le sava lier lui ont révélé le véritable vocî première de ces deux basiliques, qui Sixte-et-Sainte-Cécile, parce qu'elle struite directement au-dessus de la reposent ces deux martyrs. Le mônr logue, guidé par l'aualogie, en a recc ques autres encore dans les environs principalement sur la voieAppienne, de l'entrée du cimetière de Prétexta Et une telle découverte Bst d'ai importante, que nous retrouvons dai tites églises en question, préciséme faisait lacune dans l'histoire de l'an chrétienne des premiers siècles, c't l'anneau qui relie immédiatement I ture en plein air à l'architecture so Ces édifices présentent des copies aus que possible des cubicula^ des crypte tites églises des catacombes. En effet commune de celles-ci est le quadrila s'en trouve par centaines où, en c carré, et sur trois de ses faces, s'ou> arcosolia^ destinés à servir en môme tombeaux aux martyrs et d'autels p( crifice. Or, telle est aussi la dispa deux petites basiliques que nous av<

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ne tjpe : elles sont quadrilatérales et mude trois absides pour recevoir trois sarcoes, lesquels étaient aussi des autels quand nfermaient des corps de martyrs, comme des basiliques de Sainte-Pétronîlle, des »-Nérée-e.t-Achillée, à la droite de qui sort )me , et de celle des Saints-Marc-Marcel- »-et-TranquilIinus à gauche.

— La seconde classe est celle des grandes ques, munies de tous les développements ! tous les accessoires nécessités par les nces du culte solennel, tout à fait libre, Ifulièrement organisé, r eut, dès le commencement, une grande té dans la construction des églises chré- 3S, soit quant aux formes extérieures, soit l aux dispositions intérieures. La plupart Qt plus longues que larges, imitant la 8 d'une nef ou vaisseau, à laquelle s'attadans l'esprit des premiers chrétiens une Scation mystérieuse (V. l'art, navis. nef); tmples de cette forme étaient appelés par îrecs $fO(jLixi, parce qu'ils ressemblaient cours ou lieux destinés à la promenade, il y avait aussi des églises rondes, comme ini-Sépulcre , et Saint-Étienne le Rond de b; d'autres octogones; d'autres présentla figure d'une croix, etc. Leurs dimen- . n'étaient pas moins variées que leurs es. Quelques-unes, bâties par des chré- . q)ulents, étaient spacieuses et complètes toutes leurs parties et divisions ; d'autres int plus restreintes, et manquaient de cer- » parties, et dans celles-ci les cérémonies ^es ne se développaient qu'avec gêne, ais, en général, la forme des églises chréles différait essentiellement de celle des îles du paganisme : ainsi l'exigeaient les du nouveau culte, aussi bien que la sépam des deux sexes commandée par la rée chrétienne, et observée dans les assems dès l'ère des catacombes; la classification i division des différents ordres de l'Église i demandaient pas moins impérieusement, temples païens affectaient presque invariaient la forme ronde, ou ne se composaient l'une seule nef oblongue ; leurs proportions mt exiguës, et la ce//a renfermant la statue iieu avec l'autel, en prenait la majeure le. Ceux des chrétiens au contraire prirent onne heure, sauf les exceptions consignées haut, la forme d'un parallélogramme, et xitre de la nef principale, eurent deux "es nefs latérales. Quelques églises de l'Ocnt se divisèrent en cinq nefs, comme on le encore aujourd'hui dans un grand nombre, exemple, la cathédrale de Pise, Saint-Sé- A et plusieurs autres églises de Paris. OQS essayerons, avec l'aide de Sarnelli {An- BomHeografia, Napoli. 1786), de Bingham

AKtlQ. CBRÉT.

(Origin. eccl, 1. viii), dePelliccia(Dcccc/.j>o/t/. t. I. 1. 2), etc., de donner une idée sommaire d'une basilique chrétienne des premiers siècles de paix ; nous ferons en sorte de réunir, autant que possible, les caractères communs aux églises grecques et aux latines , et nous renverrons aux auteurs cités pour les développements que ne comporte pas un recueil comme celui-ci.

Les basiliques étaient divisées en trois parties principales : le vestibule, ou jup6vaov; l'aire appelée par les latins ecclesix navis et par les Grecs va6<, nef : le ^^pc ou lipaxiiw, en latin suggestum^ ou ecdesix absis^ abside.

1® En entrant dans l'église, on trouvait d'abord le npdvaov, ou portique, que nous avons appelé vestibule. Ordinairement, il était soutenu à l'extérieur par deux, cinq ou sept colonnes, et de l'autre côté s'appuyait sur le mur de la façade. Entre les colonnes, régnait une tringle de fer, munie d'un certain nombre d'anneaux, au moyen desquels, aux jours de solennités, on suspendait les voiles extérieurs. L'espace compris entre les colonnes donnaitaccès à V impluvium^ c'est-à-dire, introduisait sous la voûte du portique, qui était communément décorée de peintures sacrées. C'est là que se tenaient les pénitents de la première classe appelés strati ou prosternés, et que les Grecs appelaient d^xpo(i>{i&vou(, parce que de là ils entendaient la psalmodie et l'instruction. Dans les grandes églises, il y avait quelquefois trois portiques, l'un à l'occident, c'était celui du milieu ; et deux portiques latéraux qui regardaient le nord et le midi (Paul Silentiar. De tempL Theod, parsii. 9). Le portique du milieu tourné vers Toccident, s'appelait narthex^ vdp- 0?)Ç, en latin ferula^ parce qu'il était plus long que les autres, et c'était celui qui introduisait dans l'église (Procop. De œdif. v. 6. — Pellic. i. p. 169). Nous devons faire observer en passant que les basiliques avaient ordinairement leur porte tournée vers l'occident (V. l'art. Orientation des églises), et c'est ce qui explique pourquoi les Pères disent que les chrétiens regardaient l'orient quand ils priaient (Basil. De Spirit, sanct, xxvii. — Athanas. Deplur, qiuest. XIV. — Augustin. De divers, serm. xlix). Au centre du portique, et quelquefois sur le côté méridional, il y avait une vasque pleine d'eau, malluvium, où les fidèles se lavaient les mains et le visage avant d'entrer dans le temple. (V. l'art. Ablutions, m). Cette vasque était appelée par les Grecs 9idtXy) ou x^ÊpviCoÇeoirfv, et par les Latins cantharus, (Y. ce mot.)

11 y avait, quant à cette première partie des basiliques, des variétés assez notables, comme on le verra à l'article atrium. (V. aossi l'art.

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