NARTHEX
2" Du portique on entrait, par trois portes,
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dans l'aire intérieure de l'Église, vodi. L'aire du portique, qui aboutissait à la porta du milieu, s'appelait iuX^, aula. C'était par cette porte qu'entraient les clercs; les portes latérales étaient pour le peuple, la droite pour les hommes, la gauche pour les femmes.
Le va6;, soit l'aire intérieure, se divisait en trois nefs. La oef du milieu qui conduisait droit 9u ^^iw, ou à l'autel, restait libre; son extrémité s'appelait wlea ou Uminare (D. Ménard. Not. ad sacTament. Gregor. et Goar. in eachol. Gtxc). Les hommes se tenaient dans la nef méridionale, les femmes dans la septentrionale (S. Max. De etxl. nupt. c. m. — CyrîU. Hieros. Procatech. i. —cf. Bingham). En Occident, la nef des hommes était plus longue que celle des femmes, comme on le peut voir dans les plus anciennes églises subsistant encore aujourd'hui, telles que Sainle-Sabine de Rome, la cathédrale de Narni, celle de Sainte -Sixte de Pise, etc.
Ces nefs étaient partagées par des cloisons. Le premier compartiment, en partant de la porte, était celui des catéchumènes et des pénitents ; venait ensuite celui qui était consacré aux fidèles; il y en avait un troisième dans chacune des nefs latérales, le plus rapproché de | l'autel, où se tenaient, d'un cdté, les vierges consacrées k Dieu, comme nous l'apprenons d'Origène (Tract, xxvi In Matth.] et de S. Ambroise (Ad. virgin. laps, vi), de l'autre les moines. La nef des femmes était appelée \ur:pailxiov, matnmxum, celle des hommes dvSpdi, par les Grecs.
3° Enfin, après le va£:, venait la partie extrême de l'église, le ?ni^, séparé de la nef par la solea, et entouré d'un péribole ou cancel (V. l'art. Cancel)^ au centre duquel s'ouvrait une porte sur la lolea.
Devant les portes du pîi|jia se trouvait l'ambon ou pidpitum. ÇV. l'art. Ambon.) A Rome, il y avait, en avant du ^^[ut, un lieu spécial, qui reçut le nom de senatorium (Ordo Rom. in Biblioth. PP. t. IX) et qui éUit réservé aux familles sénatoriales et aux grands en général. Et quand il y avait deux ambons, l'un au midi pour la lecture de l'évangile, l'autre au nord pour celle de l'épltre, des livres des prophètes, et pour la psalmodie (Et il en était à peu près toujours ainsi à Home), le senalorium occupait le milieu, en avant do la porte du ^^|ui.
On trouvait ensuite la soleadu clergé, qui est la première partie du ^f,\ia ou du chœur. C'était là que se tenaient les sous-diacres et les clercs mineurs pour la psalmodie. D'un côté ou de l'autre était le secrefari'um, nommé plus tard par les Latins sacristie. (V. l'art, sechetahia.) Chez les Orientaux, il y avait quelquefois un necretariam de chaque cûté de la solea, dont l'un était nommé 8iaxovixiiy, l'autre jmaoçuXi-
xiov. (V. les art. solea, diacokicum, scevopei
LAX).
En dernier lieu, on pénétrait dans le ^[l proprement dit, c'est-à-dire dans le sanctuùn où s'accomplissait le divin sacrifice. U était en touré de cancels, afin que la multitude ne pu s'approcher de l'autel (Euseh. Hitt. eed.iA] Au centre de ce cancel, à l'endroit qui oorres' pondait à la nef centrale, s'ouvrait uùe porte mais, dans les plus grandes églises, il y en avii une pour chacune des trois nefs (Paulin. Ncl IVal. xl.
Le pijiiaj ou sanctuaire, ou presbytère, a terminaiten hémicycle: c'est pourquoilesGrec l'appelaient xi-ry/n "oncha, et les Latins absidt [V. l'art. Absidr.) Tout à l'entour de l'abside régnaient des sièges pour les prêtres (Athanas Epht. adsolitar. —Augustin. Epitt. cxxv];et au fond, la chaire de l'évéque, plus élevée ijai les autres sièges. (V. l'art. Chaire.) Xs^s sur a siège, l'évéque dominait donc l'autel lui-mCnii et pouvait être vu et entendu de tout le peuple Au centre de l'abside était l'autel, recouver du dborium. (V. ces deux mots.)
Telle fut la forme des basiliques, tant qui l'antique discipline fut en vigueur. Mais ladeS' cription qui précède n'en peut donner qu'nai idée générale. Bingliam (Origin. ecei. 1. viii c. 3) a réuni, d'après Bévérige, Léon Allstius Jacques Goar et d'autres encore, plusieurspto qu'on consultera avec fruit pour se randri compte des différences qui existent entre le^ grandes basiliques grecques et latines. Ce si vant donne aussi l'ichnographie de Sainte-So phie de Constant! nople, et de plus un gram plan de basilique avec toutes ses dépendances dressé d'après le texte d'Eusëbe. SameIli(Op laud. Frontiip.) a publié au»
d'après Eusèbe, S. Paulin, etc.
un plan animé et très-détallÉ qui offre de l'intérêt; mii^ n'en faut accepter les dmiaif qu'avec une certaine réserK et surtout faire abstractioD d( singularités do sa perspedifi A l'article athiuh , nous < avons reproduit un d'une grani et très-correcte simplicité. ( ce plan.) Nous n'avons rientro v6 de mieux à offrir ici au le teurque le plan ichnogr^Mq , de la basilique de Saint-CI ment de Rome, que l'on t blaye maintenant et qui est,( on, antérieure à Constantin.
ËxplicatLon du plan :
A. Narthex extérieur, soit premier vestib destiné à isoler l'église du tumulte de la r Station des flevrants.
B. Narthex intérieur, ou pronao*, vestib
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intérieur. Station des écotUarUs, qui, avec les catéchumènes, les énergumènes, les Juifs et les gentils, ne pouvaient entrer dans Téglise que pour entendre le sermon.
C Naos, grande nef. Les pénitents dits prosternés et consistants y pouvaient demeurer, mais sans participer aux saints mystères. (V. Fart. Pénitence canonique,)
D. E. Petites nefs ménagées pour la séparation des deux sexes.
F.F.Âmbons, pour les lectures et les sermons.
G. Place des clercs mineurs et des chantres.
H. Cancels de séparation.
1. 1. Sanctuaire, réservé aux prêtres et aux diacres, ordinairement fermé par des voiles. (V.Tart. Voiles et Portières.)
L Autel.
ï. Chaire épiscopale. (V. Tart. Chaire.)
N. Sièges des prêtres. (V. ibid.)
0. P. Diaconicum , où les diacres conser- Taieot les ustensiles sacrés, et gazophyladum^ pour déposer les offrandes des fidèles. (V. ces ieox mots.)
V. — Cest à Rome qu'il faut chercher surout les basiliques primitives ; nulle part aileors, elles ne se trouvent en si grand nombre. iUtrefois, il y en avait une en tête de chacune es quatorze voies romaines. Le temps, les inasioDs des barbares, principalement Toccupam des Lombards, les ont détruites presque Mîtes. Aujourd'hui, la Flaminia, l'ancienne et i nouvelle Salaria, la Prénestine et l'Ardéatine DDservent à peine quelques vestiges des leurs, es neuf autres, la Nomentane et la Tiburtine, lUvicaoe, la Latine et PAppia, celle d'Ostie, îlkde Porto, PAurelia et la Cornelia, gardent peu près, dans leurs formes primitives, les isiliquesde Sainte-Agnès et de Saint-Laurent, l, dans des formes presque complètement rexnrclées,cellesdesSaints-Marcellin-et-Pierre, î Saint-Sébastien, celle de Saint-Paul hors » murs, et celle de Saint-Pierre au Vatican. Les basihques dites constantiniennes , parce l'cfles passent pour avoir été fondées par Conîntin le Grand , sont à Rome au nombre de pt : Saint-Jean de Latran , Saint-Pierre au itican, Saint-Paul hors des murs, Sainte-Croix [Jérusalem, Sainte-Agnès sur la voie Nomenne, Saint -Laurent in agro Verano, enfin ints-Marcellin-et-Pierre inter duos lauros irietti. Chiesa di S. Silvestro in capite, p. 51. t). Ciampini en attribue à ce prince un grand mlffe d'autres (De sacris œdific, a Constan- » M, constructis), Constantin fonda à Jérusaa la basilique du Saint-Sépulcre, ou de la aurrection du Sauveur, appelée Martyrion, à Bethléem celle de la Nativité, sur le mont «Olives, celle de l'Ascension. Eusèbe(Fito ^ttantin. m. 53) lui attribue la construction ine quatrième église en Palestine, dans la
vallée de Mambré, ad quercum Mambre^ lieu qu'avait habité Abraham. D'après Nicéphore (vu. 49), ce prince construisit à Constantinople trois grandes basiliques : celle de Sainte-Sophie, 'Ayfaç So9(aç, celle de Sainte-Irène, 'Ayiaç E^piîvï);, celle de Sainte -Dynamis ou Sainte- Virtus, 'Ayiaç AuvdffiEwç. On y doit ajouter celle des Apôtres, sous le vestibule de laquelle il voulut être inhumé (Euseb. Vit, Ck>nst,iv. 58 seqq.), et plusieurs autres d'une moindre importance.
Nous terminons cet article par le dessin de la façade de la basilique constantinienne du Vatican, telle qu'elle était encore au seizième siècle, avant la construction du Saint-Pierre actuel.
BATON (son usage dans la liturgie). — Les plus anciens rituels et sacramentaires font mention d'un curieux usage de la primitive Église dont le sens ne saurait être saisi sans une courte explication. Ils disent qu'au moment de la messe où va commencer la lecture de l'évangile, tous les fidèles quittent les bâtons qu'ils ont à la main : Dum evangelium legitur, baculi de manibus deponuntur (Honor. Augustod. Gem, anim. i. 24. — Amalar. De offic, écoles. III. 18. — Martène. De antiq, Eccl, rit, libr. I. cap. 4. art. 5). Ceci suppose que les fidèles assistaient à l'office divin avec un bâton à la main, et en effet nous savons que telle était l'ancienne coutume dans l'Église.
On en donne plusieurs raisons qui toutes sont fondées , croyons-nous. La première est puisée dans la nécessité physique. On sait en effet que les premiers chrétiens se tenaient debout pour prier, dans le lieu saint particulièrement. On peut citer ici le vingtième canon du concile de Nicée ; Baron i us a mis dans tout son jour ce point de discipline primitive (Ad an, Lviii. 109. et cccxxv. 115), et nous devons nous-môme renvoyer le lecteur à notre article Prière, où la question est traitée avec les développements qu'elle comporte. Or les fonctions sacrées se prolongeaient souvent durant de longues heures : car en outre de la célébration de la liturgie, il y avait les homélies et autres instructions distribuées par les évoques. (V. l'art. Prédication,) On conçoit que la longueur de ces offices devait être fatigante pour les fidèles , principalement pour les vieillards, et qu'ils devaient se procurer quelque soulagement en s'appuyant sur un bâton , et l'indul-
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gence de TÉglise toléra cet usage. En second laires (Id. iv-xvi.), où ils aimaient à
lieu, le bâton, à raison de la poignée trans- des images propres à les soutenir danse
versale qui le surmonte , ayant toujours été re- malheureux. S. Ambroise conclut qt
gardé dans les premiers temps, et présenté par aussi , nous devons nous faire bélier
les Pères comme le symbole de la croix (Au- xliii] et repousser, abattre notre enn(
gustin. serm. cvii. De temp,)^ il était tout na- mun par la foi et la vertu de Jésus-Cl
turel que les chrétiens s'en servissent pendant est figuré par cette corne dont il est
la célébration des saints mystères en mémoire psaume xlui (Vers. 7) : In te immicc
de la passion et de la rédemption du Sauveur. verUilabimus cornu, « C'est en vous
La troisième raison qu'on assigne audit usage trouverons la force de terrasser nos en
nous parait plus plausible encore. C'est une littéralement : « que nous jetterons
raison toute mystique empruntée aux analogies avec les cornes nos ennemis. •
de la loi ancienne avec la loi nouvelle. Gomme, D'autres Pères ont considéré le béli
pour la manducation de l'agneau pascal de dans le buisson conune l'image de J^
l'ancien testament, il fut prescrit aux Hébreux ronné d'épines (S. Prosp. Depromiss. D
d'avoir un bâton à la main {Exod, xii. 11), les c. 17), ou de Jésus crucifié (Aug. Jnps.
disciples de Jésus-Christ devaient imiter ce rit sans doute pour ce motif qu'on trouva
quand ils se disposaient à manger la chair du deux béliers affrontés, avec une croix i
nouvel et véritable Agneau dans l'eucharistie, d'eux , particulièrement sur des cha]
colonnes, par exemple à Saint-Ambr
BÉLIER. — Quelques antiquaires ont re- Saint-Celse de Milan (Allegranza. Sa gardé le bélier comme un symbole distinct de Mil. tav. vu. etc. ). On voit que le l'agneau (V. l'art. Agneau) , et lui ont assigné départ de toute cette doctrine est le une signification particulière , quand il parait sacrifice d'Abraham , et Notre-Seign sur les monuments chrétiens. S. Ambroise dit dit lui-môme (Joan. viii. 56) qu'il f qu'il est pris pour symbole du Verbe , môme au saint patriarche d'entrevoir toutes par ceux qui nient la venue du Messie {Epist, logies, et qu'il s'en réjouit grandemei Lxiii), et fait ensuite de curieux rapprochements par lesquels s'expliquerait la pratique BENEDICTIONNAIRE. — V. l'a reçue dans la primitive Église de mettre quel- liturgiques, n. V. quefois le bélier à la place de l'agneau. (V. l'art.
Bon-Pasteur.) « Le bélier, dit ce Père, nourrit BENIR (manière de). — Les mi
sa toison et la lave dans l'eau pour en augmen- antiques de toute sorte , bas-reliefs (
ter la blancheur et pour nous plaire. Ainsi phages, fresques des catacombes, n
Jésus-Christ a porté nos péchés et les a lavés des basiliques, fonds de coupe, diptyq
dans son sang , afin que nous puissions plaire représentent fréquenunent Notre-Sei§
à Dieu son Père. Le bélier, par sa voix, guide apitres et d'autres personnages du
le troupeau dont il est comme le chef et revôt et môme de l'ancien testament, é!
le berger de sa laine : ainsi Jésus-Christ, en main conmie pour bénir. Mais les
tant que Dieu, nous revêt par sa création et sa sont pas toujours disposés de la m
providence, il nous conduit vers le port du salut nière, et cette diversité a donné li
par sa doctrine, par sa rédemption, par sa grâce classifications plus ou moins fondées.
{De Abraham, ii. c. 8). Le bélier combat et lo On a remarqué que, en général,
terrasse le loup ; Jésus-Christ dompte le démon monuments de l'art grec, ou produ
{Enarrat. inps. xliii). Le bélier fut arrêté par personnages ayant appartenu à l'Égl
les ronces pour ôtre sacrifié à la place d'Isaac; que, la main qui bénit, tient le pou
Jésus-Christ , qui devait élever avec lui notre l'annulaire, et élève l'index, le medii
chair de cette terre , s'est fait victime pour ^^ riculaire ; et c'est ce q
nous ; et de môme que le bélier se tait devant S^V^ pelé la manière gr
celui qui le tond (Is. lui. 7), ainsi Jésus-Christ Vjtl j existe parmi les sav
n'a pas ouvert la bouche devant ceux qui lui ^9l \ interprétations diflféi
donnaient la mort (De Abraham, i. 6). • « ^®^^® manière de béni
C'est comme symbole de la force et comme |A / (Macri. Hiero-Lex.)
encouragement à combattre vaillamment l'en- J )V- Pintention de figurer
nemi du salut, que le bélier est figuré sur cer- J^Ê'^^^^ A et w ; d'autres (C
tains monuments relatifs au baptême , notam- sacr. dedif. c. iv. s<
ment sur une vasque baptismale de Pisaure , forme des lettres initiales du nom di
dans les cimetières où les chrétiens cherchaient IH-XC; les derniers (Bolland. T. vu.
un asile pendant les persécutions (V. Perret, lv. p. 135) une exhortation à élever i
vol. III. pi. VIII.), et enfin sur les pierres annu- vers la Ste Trinité, exprimée par