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c constance sont parvenus au terme d'une ne vie. j Telle fut la discipline de TÉglise {u'au dixième siècle. Jusque-là, chaque que avait le droit d'approuver, pour son :èse, les actes d'un martyr ou d'un confesr, et de les mettre, du consentement du tropolitain, au nombre des Saints, mais sans ? leur culte pût dépasser les limites du dioe. Les canonimtiofis générales^ réservées au verain pontife, et étendant le culte des nts à toutes les Églises de l'univers cathoje, commencèrent à être en usage au ième siècle seulement (V. Benedict. xiv. . laud.\
CA\THAIIUS ou PHL4LA. — Au centre Vatrium ou de \ impluvium des anciennes siliques, se trouvait une fontaine ou citerne iir l'usage du peuple, qui s'y lavait les mains le visage, avant d'entrer dans la maison de leu pour participer aux saints mystères. (V. s art. ATRIUM, Ablutions , Cammunion,) Euîbe en fait une mention spéciale à propos de é^ise de Paulin (x. k), S. Paulin {Natal S. Fec.x.poem. 24. edit. Paris. 1685), donne cette légante description de la citerne «ju'il avait îénagée dans son église de Noie :
Uenique cistemas arlstniximus undique tectis Cipturi, fundente Dec, de nubibus amnes , Unde fluant {lariter plenis cava marmora labris.
«Enfin nous avons construit des citernes, pour Koeillir des toits d'alentour les eaux que Dieu verse 1« nuages, d'où elles coulent aussi en abondance ^ les vasques de marbre. ■
D en parle encore à propos des additions îwtespar lui à la basilique de Saint-Félix (Not. Jj; et dans sa trente-deuxième épitre à Sulpice ^vère, nous trouvons cette inscription qu'il ï^^t placée sur le frontispice d'un monument îecegenre qu'il appelle c«fi//iarus, ce qui signifie une longue vasque d'eau, avec une statue ie forme grotesque par laquelle montent les •*w ; et dans lequel les fidèles lavent leurs ^ns avant d'entrer :
^*MU Qiteos famulis interfuit atria lymphis ^thanis, intrantumque manu s lavât amne mi nistro.
En quelques endroits, ces fontaines étaient entourées de lions qui vomissaient l'eau, d'où ^ipression de quelques modernes X£ovt4- ^. C'est ce que nous apprend l'anonyme Byantin cité par Du Gange ( Cpolis Christian, ^. nu;, à propos des embellissements de Sainte- ^hiepar Justinien. Mais ici la fontaine, placée ^ cet empereur sous le propylée de la basi- '•'Pe, prend le nom de phiala : Fecitautemcirca pWom porticus duodecim , in quibus erant N«, leonesque aquam éructantes^ e quibus po- ^ iooaretur. t II fh autour de la phiala
douze portiques où étaient des fontaines , et des lions vomissant l'eau, dans laquelle le peuple se lavait. » Paul Silentiaire se sert du même mot pour désigner le môme objet, çiiXr,. D'autres le nommaient nympheum; Paciaudi De bain. Christ, p. 136. tiib. m; a illustré un objet de ce genre existant non loin de la ville de Pisaure en Istrie.
Rien n'égala jamais la magnificence que les souverains pontifes déployèrent dans cette importante partie des basiliques de Rome. Il suffit de jeter, pour s'en convaincre, un coup d'oeil sur les vies des papes, par Anastase le Bibliothécaire, et en particulier sur celles d'Anastase II, de S. Hilaire, de Symmaque, de S. Sixte, qui avaient fait placer dans Vatrium de plusieurs basiliques des fontaines de porphyre et d'autres matières précieuses. Mais le monument peut-être le plus célèbre de ce genre, est le cantharus dont S. Léon le Grand dota la basilique de Saint-Paul sur la voie d'Ostie, et qui inspira de si beaux vers à Ennodius de Pavie Ennod. Ticin. 0pp. Carm, cxLix.ap. Sirmond. t. i;. On peut voir la reproduction d'une de ces fontaines jaillissantes dans une mosaïque de Saint- Vital de Ravenne, représentant l'impératrice Théodora, femme de Justinien, entourée de toute sa cour, et faisant son entrée dans ce temple illustre ^Giampini. Vet, monim, t. II. tab. xxii\
Quant à l'usage où étaient les fidèles de se laver les mains avant d'entrer dans l'église, il est constaté par tous les Pères, entre autres S. Chrysostome qui y fait souvent allusion dans ses homélies (Homil. lu. In Matth, lu. In Joan, et passim ). Tertullien en parle aussi dans son traité de la prière (c. xi;. Il y avait quelque chose de semblable dans l'antiquité profane, car Sénèque mentionne ^Epist, cxxi) c Teau lustrale placée dans le vestibule des temples. »
Le mot cantharus a été, par extension, appliqué au vase qui contient Teau bénite.
Ce nom est donné quelquefois aussi à un objet d'une nature toute différente, c'est-à-dire à une espèce de candélabre, cantharus ou cantarium, du grec xdlvOapw. Cette dénomination est en usage dans la liturgie ambrosienne pour désigner le flambeau que le sous-diacre porte d'une main à la messe solennelle, tandis qu'il agite de l'autre l'encensoir, rit qui n'existe que dans cette vénérable Église.
Il signifie encore une sorte de hjcnus ou de lampe suspendue, qui se nomme chez les Grecs butto^ PouTiç , et qui affecte diverses formes. On peut voir des objets de ce genre peints sur les murailles de la basilique de Saint-Clément, à gauche en entrant. Les dix vierges qui sont représentées dans la mosaïque du portique extérieur de Sainte-Marie trans Tiberim^ portent
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aussi à la main de petits vases de la même forme à peu près,
CA.\TIQLXS. ^ V. Part. Office divin, Append. 5.
CAPITILA\1UM.— V. l'art. Ablution, n. I.
CAPITOLE. — V. l'art, lapsi. n. I.
CAPITULES. — V. l'art. Office divin. Append. 3.
CARDIXAUX. — V. Part. Titres et Curés.
CATACOMBES. — I. — Qu'est-ce que LES CATACOMBES? Lcs catacombes sont des souterrains creusés par les premiers chrétiens, pour y déposer leurs morts, pour y exercer leur culte, et y chercher un asyle dans les temps de persécution.
Primitivement, le nom de catacombes appartenait en propre à cette crjpte du cimetière de Saint-Calliste, où, selon une vieille tradition, les corps de S. Pierre et de S. Paul, soustraits par les chrétiens de Rome aux Orientaux qui étaient venus, dit-on, les enlever, auraient été momentanément ei^^evelis : ce lieu s'appelait ad catacumbas. Ce n'est qu'au moyen âge que, par extension, ce nom fut appliqué à l'ensemble des cimetières pratiqués sous le sol de la campagne romaine, et qui, formant autour de la ville une immense nécropole, a reçu encore la dénomination de Rome souterraine. Par une extension plus large encore, on a aussi appelé catacombes tous les cimetières souterrains qui ont été trouvés dans d'autres localités. La plus célèbre de ces catacombes est celle de Naples dont Pelliccia a donné une longue description dans le quatrième volume de son ouvTage De politia Ecclesix. Il en existe aussi de fort curieuses à Chiusi, en Toscane, à Milan, et dans une foule de localités dont on trouvera l'énumération dans Boldetti. (V. les art. Cimetière et Sépulture.)
Mais notre travail n'a pour objet que les catacombes romaines.
L'origine du mot catacombes est enveloppée d'obscurité. Les uns le font dériver des vocables grecs xardl, .sous, et rjjxCo;, tumulus^ ou xu{x6oç, excavation. D'autres préfèrent l'étymologie, xaxdt xujxCt), à cause de la ressemblance qui existe entre les tombeaux en forme de sarcophages et le vide d'une barque , cymba, cumba (V. Schneider. Lexicon Grœcum. advoc. KujjlCt)). Le P. Marchi {Monum, p. 209) pense qu'il pourrait être formé du latin cumbo. verbe qui, combiné avec les prépositions ad, cum, de, signifie jocpre, être couché; d'après ce système, catacombe voudrait dire lieu souterrain, ou lieu
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I où l'on est couché. (V. Part. Cimetière. I encore une fois, tout ceci reste incertair
Parmi les cimetières de la Rome soute dont soixante environ sont connus au nu nom, les uns ont pris les noms d'un ou ( sieurs Saints qui y avaient été ensevelis . le plus souvent les avaient fait eux creuser, ou qui avaient permis à TÉg!
les creuser, sous leurs propriétés : tel par exemple, ceux de Sainte-Agnès, de . Priscille, des Saints-Nérée-et-Achillée, de Pancrace, de Saint-Hermès. D'autres oi serve le nom des localités où ils avai< établis, comme ad Xymphas,ad Ursumpil inter duas lauros, ad sextum Philipp D'autres, enfin (Et ce parait être le plus nombre) prirent le nom des propriétai:
terres sous lesquelles ils étaient creu? celui de leurs fondateurs, ou bien encor des personnages qui les avaient agrand alors l'Église proscrite ne possédait ses gées que sous quelque nom partiQulier d'après cette règle que reçurent leurs minations les cimetières de Domitille, ( bine , de Calliste : aucun de ces persoi n'était enseveli dans les souterrains qi taient leurs noms. De là viennent auî antiques dénominations qui rappellent d( sonnes inconnues ou tout à fait obsi comme Prétextât, Apronius, les Jordan vella, Pontius, Maxime dont l'hypogée a < trouvé naguère ,V. De' Rossi. Bullet. le ^2). Après la paix constantinienne, plusie ces cimetières perdirent peu à peu leur primitifs, pour prendre ceux des sanctuai des lieux consacrés au culte de quelque saint. C'est alors que les plus célèbres m et papes fournirent leur nom aux cim( où ils étaient ensevelis. Ainsi, celui de tille devint le cimetière des Saints-Néréelée-et-Pétronille ; celui de Balbine prit 1 de Saint-Marc ; celui de Calliste fut n cimetière de Saint-Sixte et de Sainte-i La distinction de cette double nomencl dit le savant archéologue romain (Ibii fondamentale dans l'histoire de la Rom terraine, et sert à merveille à en dénoi nombreuses difficultés. Elle correspo grand système chronologique qui div deux familles distinctes les monuments tiens, la*famille de l'âge des persécutic celle de Tâge du triomphe.
Les catacombes sont toujours ouvertes certaine profondeur dans le sol, parc»
pour se soutenir, les galeries devaient dre dos couches de sable suffisamment di consistantes. (V. plus bas. n. IIL) Au escahers très-rapides par lesquels on y de escaliers pratiqués av.ant ou après la pî tion de l'Eglise, traversent-ils toutes k
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s de terre meuble et celles de sable friable, qu'à Tendroit où ce sable acquiert les quas nécessaires pour se prêter à l'excavation . se trouve le premier étage de galeries; is la plupart des catacombes en ont plusieurs nfonçant dans les entrailles de la terre , et mis cbacun de son escalier. Quelques cata- ]ibes ont leur entrée dans une église bâtie puis la paix constantinienne, au-dessus de la fpte principale , comme à Saint-Laurent in ro Verano, à Saint-Sébastien, etc. Pour beauyip d'autres, l'ouverture qui y donne accès se ;he dans les vignes qui couvrent une partie sol des alentours de Rome, comme à Saintlliste, à Saints-Nérée-et-Achillée, etc.
Nous avons dit en commençant que les catambes avaient trois destinations principales : 1» La première était d'y déposer les corps s martyrs et des fidèles. — Les catacombes nt avant tout des cimetières : aussi, dans la ijeure partie de leur étendue, consistentles en un vaste système de galeries ou de rridors qui ne sont point simplement desti- », comme on pourrait le penser, à servir de issage d'un lieu à un autre, mais qui constient le cimetière lui-même : car leurs parois nt pleines de tombeaux; ayant la forme de ilnes oblongues où les corps sont couchés ho- Eontalement , et disposées les unes au-dessus «autres, par rangs plus ou moins multipliés, 'puis trois jusqu'à douze, selon le plus ou le oins d'élévation de la galerie et le plus ou moins de solidité de la roche. (V. Part, lo-
ILUS.)
Les corridors présentent une certaine régu-
rité; ils sont longs et étroits, de sorte que
wvent deux personnes auraient de la peine à
mardier de front. Il en est qui courent en
jne droite sur une longueur assez considé-
tble; mais ils sont coupés à des intervalles
réguliers , par d'autres allées qui le sont à
UT tour par de nouveaux embranchements :
^ il résulte de cet ensemble un véritable labv-
Dthe où il serait téméraire et dangereux de
) risquer sans guide.
Outre ce système de loculi distribués le long
» corridors , il y avait aussi des chambres
^ptticrales, cubicula (V. ce mot), qui n'étaient
tttre chose que des espèces de caveaux de
«niUe, mais au fond desquels régnait habi-
wllement le tombeau de quelque martyr pro-
^geant tous les autres, selon la pieuse pensée
«s premiers chrétiens , qui les portait à se
«re ensevelir le plus près possible des Saints
l«IMeu ad sanc/os, ad martyres. (V. l'art. Sépuliffe.)
^ La seconde destination des catacombes Hait d'y pratiquer les exercices du culte, toutes Itt fois que les circonstances critiques où l'É- Pwe se trouvait si souvent en ces temps agités
empêchaient de le faire au dehors. Aussi y trouve-t-on fréquemment des cryptes et de véritables églises (Si nous admettons la distinction un peu arbitraire du P. Marchi), où les fidèles se réunissaient pour la célébration des saints mystères , pour la réception des sacrements, pour l'exercice de la psalmodie, etc. Ce qui les distingue des simples cubicula (V. ce mot), c'est qu'elles se composent généralement de deux chambres, une pour chaque sexe, et que sépare le couloir de circulation. Quelquesunes de ces cryptes, auxquelles on a plus particulièrement donné le nom d'églises et même de basiliques (V. l'art. Basiliques, n. I), prennent des proportions plus considérables. On pense que ce sont celles qui étaient affectées aux assemblées pour les synaxes proprement dites, et elles avaient, au centre de l'aire du presbytère, un autel isolé, afin de laisser libre, au fond de l'abside, la place de la chaire épiscopale (V. à l'art. Basiliques^ le plan de la principale église du cimetière de Sainte-Agnès); tandis que les cryptes de moindres dimensions, n'ayant d'autre autel que Varcosolium du fond, ne recevaient les réunions des fidèles que pour les stations et la commémoration de l'anniversaire des martyrs qui y étaient vénérés.
Les parois et les voûtes des cryptes , ainsi que celles de beaucoup de cubicula^ sont revêtues de stuc et ornées de peintures, et souvent la lumière et l'air y sont distribués j)ar une ouverture donnant sur la campagne, et qui, plus d'une fois aussi , dans des circonstances pressantes, servit à descendre les cadavres. (V. l'art. LUMiNARE CRYPTiE.) Mais habituellement ces souterrains n'étaient éclairés que par des lampes de bronze suspendues aux voûtes avec des chaînes de même métal. (V. l'art. Lampes.) Pour guider les pas des fidèles le long des galeries, il y avait de distance en distance de petites lampes d'argile placées sur des consoles ou dans des niches cintrées qui aujourd'hui encore portent l'empreinte de la fumée.
Les cryptes et cubicula étaient quelquefois fort multipliées. On n'en compte pas moins de soixante dans le plan annexé à ce travail , et qui ne représente cependant que la huitième partie du cimetière de Sainte-Agnès.
Parmi les objets les plus intéressants qui nous retracent l'image du culte primitif dans les catacombes, nous ne devons pas oublier les puits et les citernes où nos pères furent régénérés dans l'eau et le Saint-Esprit. Le plus reconnaissable de ces baptistères est celui du cimetière de Pontien. (V. l'art. Baptistères.)
3° L'histoire des siècles primitifs nous fournit la preuve souvent répétée que les catacombes , alors que sévissait la persécution , se transformaient momentanément en lieu de re-
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fu^ où se retiraient les papes, les membres du clergé , et sans doute aussi d'autres personnes qui, à raison de l'évidence oîi les plaçaient leur position ou leur fortune, devenaient l'objet de recherches spéciales. Ainsi, au commencement du deuxième siècle, nous savons que S. Alexandre y chercha un asile, et que plusieurs papes du troisième s'y cachèrent pour échapper à leurs persécuteurs. Personne n'ignore que S. Calliste habita quelque temps celle qui a depuis porté son nom. S. Etienne vécut dans les catacombes, y administra les sacrements, y tint des synodes, et enfin y fut égorgé sur sa chaire épiscopale. S. Sixte fut aussi martyrisé dans les catacombes, et S. Calus s'y tint caché pendant les huit années qui ont précédé son martyre.
Après la pacification de l'Église, plusieurs papes cherchèrent aussi un asile dans les catacombes pendant des troubles ou dos périls passagers. Libère, après son exil de Bérée, séjourna uu an dans le cimetière de Sainte-Agnès doQt Constance, fille de Constantin, lui avait ouvert l'hospitalité; et au commencement du cinquième siècle, S. Boniface se cacha dans celui de Sainte- Félicité pendant les jours mauvais que lui fit l'intrusion d'Eulalius sur la chaire de S. Pierre.
Les dévastations que tes catacombes ont subies àdiverses époques et que nous aurons plus d'une fois l'occasion de mentionner, ies extractions et translations de corps saints qui ont commencé au huitième siècle pour être reprises dans les temps modernes (V. l'art, Tronslations de Tfliqite$), et, il faut le dire aussi, les explorations scientifiques conduites avec un Eële précipité et peu intelligent : toutes ces circonstances ont dû apporter de profondes altérations k l'osuvre admirable des premiers chrétiens de Home. Cependant, en dépit do ces tocuti vides, de ces marbres brisés, de ces poules disparues, do ces peintures oblitérées ; si, en parcourant aujourd'hui les cryptes sacrées, on relisait attentivement le célèbre passage d(i S. Jérôme que tout le monde a cité et qu'on ne peut se dispenser de citer do veau dans un travail tel que celui-ci Jn E: XL), on serait frappé de la conformité qu'elles ofl'i-ent encore avec cette belle description tracée à une époque où lus cimetières de no~ martyrs étaient peuplés de tous leurs hôtes et revêtus de tous leurs ornements. Quel est le visiteur des catacombes qui ne croirait lire ici sa propre histoire?» Lorsque, bien jeune encore, j'étais à Rome pour mes études lilléraires, j'avais coutume, avec mes jeunes condisciples, de visiter, aux jours de dimanche. les tombeaux des apôtres et des martyrs. Je parcourais souvent ces cryptes creusées dans les profondeurs de la terre, dont les parois
montrent de chaque côté des corps ensevelis, 'i règne une telle obscurité qu'on serait tenté de dire, en s'appliquant les paroles du prophète : Je suis de»eend\i vivant dans fmfn Liv. 16). Rarement un peu de jour vient diminuer l'horreur de ces ténèbres, en pénétrant par des ouvertures qu'on ne saurait appeler fenêtres ; et lorsqu'on avance pas à pas dans cette sombre nuit, on ne peut s'empêcher songer à ce que dit Virgile de ces silencts qui épouvantent l'imagination ;
Horror u bique a
Nous devons rapprocher de cette descriptiia le beau passage où le poète Prudence 'Pmi/f(iA.xi.vers. 153) décrit le heudescatacombM )û fut déposé le corps de S. Hippolyte. Celle seconde description insiste surtout, et c'est en cela qu'elle est intéressante, sur les effets de la lumière projetée par les lucemaires à l'intérieur des souterrains : ' Non loin des murailles de la ville , sous lesquelles s'étalent de riants jardins, s'ouvre la crypte s'enfonçant dans de sombres profondeurs, A l'intérieur, une im* oblique aux degrés sinueux guide vos pas dans, ces méandres d'où la lumière est absente. Cv le jour atteint h peine la première ouverture des portes, et n'éclaire que le seuil du vestibule. Do là, par un progrès sans obstacle, li nuit obscure étend ses ombres dans les réduits incertains de ce lieu ; mais bientôt on rencontre des ouvertures descendant des toits percés, qui jettent de clairs rayons dans ces antres. Bien que de toute part se développe le résean de nombreuses allées, étroits atria sous d'ombreux portiques, cependant sous les creuses entrailles de la montagne fouillée, de fréquents jets da lumière pénètrent à travers les trous percés dans la voûte. Aiiisi est-il donné de var dans cessouterrainslesrcfiets du soleil absent, et do jouir de la lumière. ■
Le lecteur voudra bien se rappeler où en était la poésie latine à l'époque où ont été faits ces vers que nous ne rapportons ici qu'à raison de leur intérêt archéologique. Nous devons du reste le texte à ceux qui. familiarisés avec lalangue latine, n'auront pas besoin d'en cher' cher le sens dans l'essai de traduction qui précède ;
Haud procul eitremo culia ad pomœria vallo
Mersa latebrosis crypta palet foveis.
Hujus in uccultuDi Rradiblls via pruna retiens
Ire pcf anfraclus luce latente docet.
Primas namque fores summo tenus intrat blalu ^
lllustratque clîcs limîna vesliliuli , Inde ubi iirogressu làcili nigrescere visa est
Nul obscura, loci per specus ambigu um, Occurrunt uesis immissa roramina teclis,
Que jaciunl claroa antra super radios.
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bet ancipites texant hinc inde recessus sub umbrosis atria porticibus :
D excîsi subter cava viscera montis a terebrato fornice lux pénétrât, ir abscntis |>er subterrauea solis ire fulgorem luminibusque frui.
IiSTORiQUE. L'histoire des catacombes liviser en trois périodes : période de i, — période de visites pieuses ou de [es, — période d'explorations scienti-
iode de formation. L'origine des cimerétiens de Rome remonte bien certaiu premier siècle, il est même probable précédé la mort de S. Pierre : car il ifcun indice de sépultures chrétiennes es à rétablissement des catacombes, i considérons attentivement ces hypois y trouvons des caractères qui nous t à leur assigner une origine tout à itive, et dont nous énumérons les X. C'est d'abord le style des peintures découvertes et qu'on y découvre enlos jours, style qui, dans plusieurs les, est tellement beau, qu'il rappelle poque de l'art, l'âge des premiers Anîtait l'opinion du regrettable M. Ch.Leet il nous a été donné à nous-môme ipler au cimetière de Galliste des fresint lesquelles se sont plus d'une fois is plus illustres savants de TAlleotestante, témoins peu suspects, qui hésité à attribuer ces monuments au iècle. Or, il est bien présumable que ures sont postérieures d'un certain 'années aux cryptes elles-mêmes, et est qu'après un certain laps de temps ; se préoccuper de la décoration de Tains, creusés d'abord pour les seules i de la sépulture. Nous pouvons pentoute sorte de fondement qu'on met- )fit, pour l'exécution de ces travaux tion, des moments de répit que la m laissait de temps en temps à la socroyants. C'est en second lieu l'emgoût de symboles dont la nature se ;ux temps les plus reculés des origiiennes. Ce sont des monnaies et des ui furent fixés aux tombeaux, dans 1 évidente d'en marquer la date, et ques-unes portent l'effigie de Domi- 6me celles d'empereurs plus anciens es objets s'y rencontrent le plus soulature, et s'ils se sont détachés du ib y ont laissé leur empreinte fort sable. Enfin, ce sont des inscriptions de dates consulaires : sur onze mille recueillies par M. De' Hossi, il en de trois cents mentionnant des s'échelonnent depuis l'an 71 , sous
Vespasien , jusqu'au milieu du quatrième siècle.
Bien que l'histoire ne nous fournisse pas toujours des données précises sur la fondation des divers cimetières, la connaissance que nous avons du respect des premiers chrétiens pour les restes de leurs frères et surtout pour ceux de leurs martyrs, et en outre de la répugnance que leur inspirait tout contact avec les païens quant k la sépulture (V. plus bas, n. VI), ne permet guère de douter que l'origine des plus anciens de ces hypogées ne coïncide avec les premières persécutions. Celle de Néron, dont Tacite nous a laissé une si saisissante peinture {Annal, xv. kk) et dont les jardins de ce monstre couronné, situés aux pieds du mont Vatican, furent le principal théâtre, donna probablement naissance au célèbre cimetière qui depuis s'étendit dans les flancs de cette môme colline. C'est là sans doute que, à raison de la proximité, les fidèles cachèrent les corps des martyrs qu'ils avaient enlevés pendant la nuit, afin de les soustraire aux profanations des idolâtres. C'est là, nous le savons positivement, que, peu de temps après, le corps du prince des apôtres fut inhumé : Qui sepultus est in ina Aurélia in templo Apollinis^ juxta locum ubi crucifixus ««(, juxta palatium Neronianum in Vaticano f Anastas. In S. Petrum. i. 10). « Qui fut enseveli sur la voie Aurélia, dans le temple d'Apollon, près du lieu où il fut crucifié, non loin du palais de Néron au Vatican. » Cette glorieuse sépulture, autour de laquelle vinrent tour à tour se grouper les successeurs immédiats de S. Pierre, S. Linus et S. Cletus, juxta corpus beati Pétri in Vaticano (Id. ii. 5. m. 5) et depuis, un grand nombre d'autres pontifes, devint le véritable noyau du cimetière du Vatican.
Non loin de là, sur cette môme voie Aurélienne, et à peu près à la même époque, la sépulture donnée par la matrone Lucine dans un prœdium lui appartenant, aux geôliers de la Mamertine Processus et Martinianus, futaussi le commencement du cimetière connu sous le nom de ces deux martyrs, convertis et baptisés par S. Pierre dans la prison où ils le gardaient, et victimes, eux aussi, de la persécution de Néron (Act. Process. et Martinian, Ap. Surium. t. iv. Ad diem juL xi). Mais si l'on en croit les actes du pape Libère (Cap. m, t. i. Concilior,)^ un autre cimetière aurait précédé tous les autres, c'est le cimetière Ostrien, sur la voie Salaria, où S. Pierre aurait administré le baptême (V. Panvin. De carnet, init. ), Il faut éviter de prendre, en thèse générale, les noms des cimetières comme une indication précise de la date de leur fondation. S'il est vrai que quelques-uns, tels que celui de Sainte-Hélène, furent creusés du temps des Saints dont ils conservent le nom; il n'est pas moins certain que d'autres ont une
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existence antérieure, et ne doivent le nom sous lequel ils sont connus qu*à la plus grande célébrité des personnages qui le leur ont donné. (V. plus haut, n. I.j
Depuis le premier siècle jusqu'au commencement du quatrième, le travail de la Rome souterraine se poursuivit sans relâche, et on comprend quelle énergique activité dut lui être imprimée, eu égard aux innombrables victimes qui* succombaient presque chaque jour, et à la sépulture desquelles il fallait pourvoir d'urgence. C'est dans l'espace de temps compris entre ces deux termes, que s'accomplit à peu près en totahté la formation des catacombes, telles qu'elles existent aujourd'hui. Sauf trois nouveaux cimetières que créa le pape S. Jules (De 336 à 3^7), l'un sur la voie Flamiuia, un second sur la voie Aurélia, le troisième sur la voie de Porto (Anast. 50;; il parait que, jusqu'à la fin du cinquième siècle, on se borna à agrandir les anciens, assez pour recevoir les corps des fidèles qui, par motif de dévotion, tenaient à se faire inhumer aux catacombes, dans le voisinage et sous la protection des martyrs. Et encore, bien souvent k cette époque se contentait-on d'un tombeau creusé, non pas dans les parois, mais sous le sol des galeries. C'est dans cette position qu'ont été trouvées beaucoup de pierres tumulaires, portant pour la plupart des dates consulaires du quatrième siècle. ^V. l'art.
LOCULUS.)
Ce siècle et le suivant virent aussi, et à plus forte raison, s'accomplir de nombreuses réparations et des embellissements successifs dans les cimetières. Les réparations consistaient surtout à y pratiquer des entrées plus commodes et des escahers plus faciles; à soutenir par des murailles et des voûtes les poilions de galeries où avaient eu lieu des éboulenients ou qui menaçaient ruine ; à ouvrir de distance cndistiince des luminaires pour faire pénétrer l'air et la lumière dans l'intérieur des cryptes. i^V. l'art. LUMiNARE CRYPTiE.) Lcs décoratious étaient des peintures, des mosaïques, des revêtements de marbre dans les chapelles, etc. On verra de nombreux exemples des unes et des autres, en parcourant les Vies des papes par Anastase le Bibliothécaire. Nous citerons entre autres, les peintures exécutées au cimetière de Priscille par les ordres de S. Célestin, qui siégeait en ^23, et diverses restaurations au môme cimetière, à ceux des Saints-Nérée-et-Achillée, etc. , par Jean l^^.
Au sixième siècle ^,559), Jean III se distingua par son zèle pour les cimetières des martyrs : Hic amavit et restauravit cœmcteria sanctorum martyrum. Il habita môme quelque temps celui des Saints-Tiburcius-et-Valerianus , et y ordonna plusieurs évoques (Anast. n. 110).
A son tour, S. Paul h*"", qui siégeait en 757,
manifesta pour les saints* cimetières une sollicitude incessante (Anast. n. 259). Mais comme plusieurs de ces hypogées , par suite des déprédations des Barbares et des ravages qu'y avait exercés, notamment Astauf, roi des Lombards (V. Panvin. De rit, sepeL mort. De cœmet. c. xii), étaient tombés dans un état de ruine complète, ce pape s'imposa surtout la tâche d'en retirer les corps saints, de les transférer dans la ville, et de les distribuer entre les divers titres, diaconies et monastères. Nous voyons encore, sur la fin de ce siècle, c'est-àdire en 795 à peu près, Léon III restaurer le cimetière de Saint- Sixte et de Saint-Corneille, qui n'est autre, probablement, que cette partie de la catacombe de Saint- Calliste où ont été retrouvées naguères les cryptes des papes martyrs du troisième siècle, et, en outre, celui de Saint- Zozime sur la voie Labicane 'Anast. n. 361). C'est ici que s'arrête la série des travaux exécutés, depuis l'origine, dans la Rome souterraine, et tel est le terme de la période que nous avons appelée période de formation.
2" Période de visites pieuses , soit d* pèleri' nages. Nous avons parlé ailleurs (V. l'art. Stations) des stations qui se célébraient dès la première ère des martyrs dans les catacombes, près des tombeaux vénérés de ces héros de la foi. Nous n'avons donc pas à y revenir. Notre article Pèlerinages^ auquel nous prions le lecteur de se reporter, nous permettra aussi d'abréger cette partie de notre tâche. 'Ces visites pieuses, individuelles, ou tout au moins en dehors des stations proprement dites furent déjà en usage pendant les trois premiers siècles. Notre S. Grégoire de Tours {De glor. moftyr. I. 38) nous a laissé les plus merveilleux récits des prodiges qui s'opéraient au tombeau des SS. Chrysanthus et Daria, en faveur des nombreux fidèles, qui venaient implorer leur protection. Or ce pèlerinage florissait sous Numérien, sur la fin du troisième siècle.
Mais c'est surtout après les édits de tolérance, publiés par Constantin, que la piété des fidèles, jusques-là comprimée par des obstacles et des dangers de toute sorte, prit un essor extraordinaire. Les cimetières devinrent alors des centres de dévotion, où affluaient les pèlerins de tous les pays, avides de vénérer les restes des martyrs, d'entendre leur éloge prononcé dans les cryptes mômes par la voix du pontife suprême, et d'assister au divin sacrifice qui se célébrait sur la pierre de leur tombeau, au jour anniversaire de leur déposition. Les calendriers et les martyrologes qui étaient lus dans les assemblées avertissaient les fidèles des lieux où ils devaient se rendre, et des jours qui étaient consacrés à la commémoration de chaque martyr; et nous regardons comme très-vraisemblable, ainsi que le fait observer le cardinal
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Wiseniaii (Fabiola. p. 208), que des tablettes contenant des indiciitions précises à cet égard étaient distribuées aux étrangers qui se reniaient à Rome pour visiter les catacombes. Et I T a ici plus qu'une simple conjecture ; on erra au numéro suivant qu'il existe, en effet, es itinéraires et d'autres documents qui ont enri de guide aux pèlerins pendant tout le împs que les cimetières ont été ouverts à la iété et à la curiosité publiques, et dont il est robable qu'on faisait des extraits et des abréés pour les mettre à la portée de tous. L'abandon des cimetières comme lieux de évotion coïncide à peu près avec l'époque ù, à cause des ravages exercés dans les envions de Rome par les Lombards et, après un crtain laps de temps , par les Sarrasins, les >apes en firent extraire les reliques des plus Uustres martyrs, pour les placer dans les bailiques urbaines (V. l'art. Translations de reli- ^\ Depuis là jusqu'au treizième siècle, où ;>anit l'ouvrage Des merveilles de la ville de Romf, on n'entend plus guère parler des catacombes. Pendant cet intervalle, tout au plus, tjuelques-uns des fidèles qui se rendent en pèlerinage aux tombeaux des apôtres, descendentils dans les grottes Vaticanes et dans cette partie du cimetière de Saint- Sébastien, depuis longtemps dépourvue de tout autre intérêt que celui des souvenirs, qui se trouve immédiatement au-dessous de la basilique de ce nom,, ïeuiqui n'ont jamais cessé d'être un but de dévotes pérégrinations.
On peut dire, en un mot, que jusqu'à l'époque de Bosio, les hypogées sacrés des premiers dirétiens et des martyrs furent presque complètement oubliés. Nous avons dit presque, pirce que quelques données extrêmement rares semblent supposer que, môme dans ces temps de silence et d'oubli, il se trouva, par exception, un certain nombre de personnes qui, soit par motif de curiosité, soit par un sentiment de dévotion, se risquèrent dans ces souterrains rt en explorèrent quelques parties. Par exemple,Marangoni(i4c^ S. Victorin. Append. p. 1 H; avait transcrit et rapporte une inscription écrite au charbon dans une chambre du cimetière de l^rétextat et datée de 1490 : hic d. raynvtivs ûSFARXEsio FViT CVM soDALiBVS : c'ost, comme <>iivoit, un Famèse qui avait visité cette crypte avec ses amis. Dans une chambre voisine de *lle-ci, se trouva tracé d'après le môme pro- <^è, sous la date de 1467. le nom d'un abbé de Saint-Hermès de Pise : dns abb. idest dns *3ermetis, et ceux de huit de ses religieux, ^encore une fois, ce ne sont là que des ex- <*ptions,et la règle c'est l'oubli, dans la sphère de la piété, comme dans celle de la science. Cet ^lides saints lieux doit être attribué, pour «luatonième siècle, à l'absence des papes, et
aux troubles civils qui ne cessèrent d'agiter la ville de Rome pendant leur séjour à Avignon; et pour l'époque suivante aux préoccupations exclusives des esprits cultivés pour l'antiquité païenne, dont les monuments et la littérature, renaissant de toute part, absorbaient toutes les pensées et jetaient sur les choses chrétiennes une défaveur qui , non sans quelque raison, a fait taxer cette époque de paganisme.
3« Période d'exploration scientifique. Ici se présente tout d'abord à l'esprit du lecteur un nom dans lequel se personnifient, pour ainsi dire, les études de la Rome souterraine, le nom de l'immortel Bosio, le \Tai Christophe-Colomb des cryptes sacrées des martyrs.
Nous ne devons pas néanmoins méconnaître les services de quelques hommes studieux qui l'ont précédé dans cette voie, et qui, en soulevant un coin du voile séculaire qui recouvrait ces régions mystérieuses, n'ont pas été sans quelque influence d'initiative sur la carrière qu'il a si noblement fournie.
Sans doute, après le cours de quinze, seize et môme dix-sept siècles qui ne peuvent avoir passé sur les catacombes sans y laisser de nombreux désastres; après les dévastations qu'elles subirent à différentes époques de la part des Goths, de Vandales, des Sarrasins ; après les translations de rehques commencées au huitième siècle et continuées jusqu'à nos jours, ce n'était pas une chose facile que de reconnaître exactement tous les lieux de la Rome souterraine, ainsi que leurs dénominations.
Panvinio est le premier parmi les modernes qui ait tenté cette entreprise, vers le milieu du seizième siècle. Prenant pour guide les Actes siticères des martyrs^ le martyrologe, les Vies des papes, publiées sous le nom d'Anastase le Bibliothécaire, le livre du cens de l'Église romaine, et peut-être aussi la compilation Mira^ bilia urbis Romœ , qui avait alors trois siècles de date, il fit un relevé des cimetières romains qu'il porta à quarante-trois (De cœmeteriis urbis Ronue, in Plotinx Vitis rom. pontif. Ou bien dans son ouvrage De ritu sepeliend, inort, cap. xii). Le Mirabilia urbis en avait déjà nommé vingt-un. Ce catalogue, qui n^est pas le résultat d'une exploration des lieux, mais seulement une compilation intelligente, est particulièrement précieux en ce qu'il note avec soin les noms des papes et des martyrs qui ont reçu la sépulture dans chacun des cimetières, annotations qui devaient être autant de traits de lumière pour les explorateurs futurs.
Le dominicain Alphonse Ciacconio, plein de zèle pour tout ce qui tient à l'antiquité chrétienne, ayant appris qu'un cimetière auquel on donnait le nom de Priscille, venait de se révéler sur la voie Salaria, par le fait d'un éboulement de terrain (C'était en 1578), se hâta d'y
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descendre et de le visiter dans toutes ses parties accessibles. Le fruit de cette exploration fut un intéressant album où il réunit les copies exécutées sur place, de toutes les peintures qu'il y avait rencontrées ; il joignit à cette collection des dessins de tous les sarcophages et autres sculptures qui étaient venus à sa connaissance.
Vers le même temps, un jeune gentilhomme de Louvain vint à Rome, attiré par un amour ardent de l'antiquité : c'était Philippe Wingh, digne neveu de l'antiquaire Antoine Morisson. Son premier soin fut de se mettre en rapport avec Giacconio, et bientôt une étroite amitié se noua entre eux, fondée sur la conformité des goûts et la communauté des études. Wingh voulut visiter à son tour le cimetière reconnu par son ami, afin de relever ce qui avait échappé à celui-ci, et de reproduire les peintures plus fidèlement et îivec leurs couleurs naturelles. On ne sait ce que sont devenus ces dessins. Rosweid parait les avoir eus entra les mains : car, dans ses notes sur le texte de S. Pauhn (P. 912. n. 157. edit. Murât.), il cite un sarcophage tiré des grottes vaticanes, en 1590, dont il dit posséder le dessin de la main de Wnigh. Celui-ci a laissé une collection d'inscriptions païennes et chrétiennes qui est en manuscrit à Bruxelles. On ne peut dire jusqu'où l'amour de la science eût conduit ce noble jeune homme, si une mort prématurée ne l'eût enlevé dès ses débuts. Cette mort dut être regardée comme une grande perte pour les bonnes études, puisqu'elle mérita, non-seulement d'être pleurée par Ciacconio, mais amèrement regrettée par des hommes tels que Baronius et le cardinal Frédéric Borromée.
Tels sont les vrais précurseurs de Bosio : Panvinio, Ciacconio et Wingh.
Nous savons par Bosio lui-même qu'il se ser^ vit des dessins de ce dernier {Roma sottcrranea. 1. m. c. 53. p. 489. edit. Severan. 1650). Il n'est pas douteux dès lors qu'il fut mis sur la trace des catacombes par la découverte de celle de Sainte-Priscille ; et que dans la recherche des divers cimetières, il prit pour guides, nonseulement les Actes des martyrs et les calendriers, mais aussi Vltinéraire de Panvinio, rédigé lui-même d'après ces documents originaux.
Bosio (Antoine) était Maltais de naissance, avocat de profession et résidait à Rome , vers le miheu du seizième siècle, en qualité d'agent de l'ordre de Malte. Jamais vocation d'antiquaire ne fut si fortement prononcée, ni plus chèrement suivie que la sienne. Cet homme de génie, dont les forces physiques durent égaler l'énergie morale, consacra trente-cinq ans de sa vie et des sommes considérables à fouiller les catacombes dans tous les sens. A l'aide des documents qu'il avait entre les mains, il se met-
tait d'abord à la recherche de l'emplaceme où, selon les probabilités les plus plausible chaque cimetière devait être retrouvé ; il sais sait avec empressement, et exploitait avec plus rare sagacité, tous les indices que le basa venait lui fournir, tels qu'un éboulementde te rain, l'excavation d'un puits ou d'une cave, et Et lorsque enfin un accès quelconque lui ét« ouvert, il n'y avait plus ni danger ni obslac qui pût l'empêcher de descendre dans la cal combe. Il dut plus d'une fois s'ouvrir de s propres mains, et au péril de sa vie, un passai pour pénétrer dans des galeries qui se tro valent bouchées par des alluvions ou des ébo Icments séculaires. Il raconte lui-même qi voulant visiter avec quelque sécurité le cim tière de Saint-Calliste, il se munit d'un pelota de fil dont il attacha un bout à l'entrée, s'arn de pelles et de pioches , et , avec une abondan provision de bougies et de comestibles, s'e: fonça dans ces immenses labyrinthes, pour n'( sortir qu'après plusieurs jours et plusieurs nui d'incessantes explorations. Il ne laissait rii échapper de ce qui offrait quelque intérêt; copiait toutes les inscriptions, relevait tout les peintures, traçait des plans avec une fidéli à laquelle les savants modernes , entre autr d'Agincourt et le P. Marchi, ne se lassent p de rendre hommage.
Un monument incomparable devait être fruit de tant et de si persévérants labeurs, i monument que rien n'égale pour l'abondam et la sûreté des renseignements, pour le non bre des objets reproduits, et Texactitude vra ment remarquable pour l'époque, avec laquel ils sont dessinés.
Ce livre étonnant , qui sera toujours la ba indispensable des études d'antiquité chrétienn ne vit pas le jour du vivant de son auteur. 1 manuscrit, écrit en langue itahenne, ilonw* terranea^ fut imprimé trente ans après lame de Bosio, par les soins de l'oratorien Jean Se^ rano, eu un volume grand in-folio. L'édition pf ceps romaine est de 1 632. L'édition latine d'Ar ghi ne vint que trente ans après, et c'est la pi plus répandue. Le manuscrit, ainsi que U. les biens de Bosio , étant échu aux chevah< de Malte qu'il avait faits ses héritiers, ce Charles Aldobrandini , ambassadeur de l'on à Rome, qui le céda au cardinal François B berini, bibliothécaire de la Vaticane, leque son tour en confia la publication à Severano
Le but que Bosio s'est proposé principa ment, c'est l'histoire et la topographie des • tacombes, plutôt que l'illustration critique ( monuments de l'art qui s'y rencontrent. Il s'apphque pas non plus à donner la raison de diversité des constructions pratiquées dans cimetières, ni des différents usages auxqu elles étaient aflectées, questions importan
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qui sont du ressort d'une science qui n'était pas née à cette époque, l'archéologie.
La bibliothèque de la Vallicella possède un certain nombre des dessins coloriés que Bosio av-ait recueillis pour son ouvrage. Cependant , du vivant même de Bosio, sous ses yeux, comme sous ceux de César Baronius, d'Alphonse Ciacconio, de Frédéric Borromée, un essai d'explication des peintures et des sculptures chrétiennes alors connues fut tenté par un de ses amis, Jean l'Heureux {Macarius), Belge de naissance, et l'un des hommes les plus savants de ce temps. Par suite de nombreuses et singulières péripéties dont nous devons épargner le détail au lecteur (V. HagiogL prœfat, Garnca\ son ouvrage, intitulé : Hagioglypta^ stre ^iurx et sculpturœ sacrœ antiquiores^ prxsertim qux Romx reperiuntur explicatx , devait rester en manuscrit jusqu'à nos jours. Il a été publié en 1856, à Paris, par le R. P. Garrucci, qui l'a enrichi de quelques figures , de notes érudites et de dissertations explicatives. Macarius est le premier qui se soit risqué dans la voie périlleuse de l'interprétation de nos monuments : il serait donc peu équitable de juger ces débuts au point de vue du progrès actuel des études archéologiques. Ce livre n'en renferme pas moins une foule d'explications qui sont restées, et de renseignements utiles, qui justifient pleinement l'estime qu'en ont fait beaucoup d'hommes éminents auxquels le manuscrit a été connu.
Les découvertes de Bosio furent comme la révélation d'un monde inconnu; la primitive Eglise reparaissait au grand jour avec ses dogmes, sa discipline, ses symboles, peints sur les murailles et burinés sur les tombeaux. Or, comme cette image des anciens jours se trouvait reproduire trait pour trait celle de l'Église catholique, les dissidents s'émurent, et cherchèrent à jeter le doute sur l'authenticité des inonuments de la Rome souterraine, ou à leur donner une interprétation conforme à leurs innovations. Cette lutte provoqua de nouvelles études, et bientôt de nouveaux champions de l'Eglise de Jésus-Christ se décidèrent à demander de nouveaux arguments à ces cryptes sacrées que, depuis les travaux de leur premier explorateur, on n'avait plus songé à interniger.
Antoine Boldetti , chanoine de Sainte-Marie »« Trastevere^ et gardien des saints cimetières, fttt le premier à redescendre dans les catacom- K en compagnie du docte Marangoni. Ces ^^ hommes infatigables consacrèrent près •^ trente ans à l'étude des cimetières, et leur avenir y est toujours vivant. Ce n'est pas **ns une vive émotion que celui qui écrit ces %Des, visitant, en 1854, au cimetière de Saint- ^^, la célèbre chambre connue aujour-
ANTIQ. CHRÉT
d'hui sous le nom de chambre des sacrements ^ découvrit dans un coin reculé, ces noms vénérables tracés sur le stuc : bvldetvs cvstos. B
MARANGONIVS SECRET. | CAROLVS SALVATI. 1 14 jU-
nii, 1736.
Le livre de Boldetti ne parut qu'un siècle après la Roma solterranea^ c'est-à-dire en 1720 ; il est écrit en italien et a pour titre : c Observations sur les cimetières des saints martyrs et des anciens chrétiens de Rome. » C'est un riche supplément à l'œuvre de Bosio ; malheureusement, il règne dans cet ouvrage, si admirable sous beaucoup de rapports et si indispensable à l'antiquaire chrétien, un peu de la confusion qui alors présidait aux fouilles. Ce savant ecclésiastique raconte avec une incroyable naïveté que' les ouvriers allaient, à leur gré, de çà, de là, faisant un trou dans la terre aux endroits où ils pensaient qu'on trouverait des sépultures : car la principale préoccupation du moment était de se procurer des reliques de martyrs. Et Boldetti lui-môme, en dépit de sa haute piété et de la vivacité de ses goûts, ne se croyait nullement obligé d'imprimer aux travaux une direction plus intelligente.
Marangoni, fidèle compagnon de Boldetti, avait réuni une riche moisson d'illustrations archéologiques ; mais nous sommes réduits à déplorer la perte de la plus grande partie de ses manuscrits, qui périrent dans un incendie où fut détruite son habitation elle-même. Le savant auteur ne put arracher aux flammes que deux opuscules, bien faits pour augmenter les regrets des hommes studieux d'antiquités chrétiennes. L'un est intitulé ; De cœmeterio sanctorum Thrasotiis et Saturnini; l'autre : Acta Sancti Victorini, Ils furent imprimés en un seul volume en 1740 et forment un digne appendice à l'œuvre de Bosio.
Le grand ouvrage du prélat Bottari mis au jour en 1737, 1746, 1754, en trois volumes infolio, est un savant commentaire de la Rome souterraine, aussi remarquable sous le rapport de l'érudition ecclésiastique que sous celui de l'antiquité profane. C'est un vrai chef-d'œuvre de savoir et de critique qu'on ne saurait trop consulter. Les planches ont été exécutées, comme celles d'Aringhi, d'après les cuivres de Bosio, qui existent encore aujourd'hui au Vatican.
Notre d'Agincourt connut aussi les catacombes et leur consacra une bonne partie des cinquante années qu'il passa à Rome, où il s'était rendu avec l'intention d'y passer quelques mois; il assigne aux antiquités chrétiennes de Rome une assez large place dans son Histoire de Part par les monuments, ouvrage posthume de ce laborieux antiquaire. 11 revit ce qu'avait vu Bosio et eut cent occasions de reconnaître son exactitude ; il dessina de nouveau et quelque-
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fois plus fidèlement quelques-uns des mêmes monuments ; mais il ajouta peu de chose au trésor incomparable amassé par ce grand homme. Nous voici arrivés à une nouvelle phase d'obscurité. A mesure que le dix-huitième siècle s'écoule, malgré l'éclat que jetait l'érudition ecclésiastique représentée par des honmies tels que les Mabillon et les Fabretti, malgré le zèle qui continuait à s'exercer sur les monuments copiés précédemment dans les catacombes, le silence, un silence d'un siècle s'empare de nouveau de la Rome souterraine, les souvenirs topographiques s'en oblitèrent, l'exploration des lieux est totalement abandonnée.
La renaissance de ces études devait être provoquée par une précieuse série de documents anciens que ni Bosio, ni Boldetti, ni Marangoni n'avaient mis à profit, soit parce qu'une partie d'entre eux ne fut publiée qu'après l'achèvement des œuvres de ces savants antiquaires, soit parce qu'ils ne connurent pas à temps ceux qui avaient déjà paru, mais qui ont attiré l'attention et fixé l'intérêt des savants de nos jours. Parmi ces documents se placent en première ligne trois opuscules publiés par le P. Boucher (^gid. Bucherii. S. J. De doctrina temporum^ etc. Antuerp. f® 1634, p. 266. seqq.), qui sont : 1** Un catalogue des pontifes romains , de S. Pierre à S. Jules ; 2*» Une iiîdication des sépultures des pontifes romains, de S. Lucien jusçu'à S. Jules ; 3® Une énumération des sépultures des martyrs. C'est sous le pontificat de Libère et l'empire de Constance que ces mémoires furent rédigés d'après des documents très-sûrs, tels qu'il était encore possible de s'en procurer vers le milieu du quatrième siècle.
A la première moitié du septième siècle , et au pontificat d'Honorius, appartiennent deux autres opuscules bien plus riches encore que ceux du P. Boucher. Le premier est une Notice des églises de la ville de Rorne^ et c'est un véritable itinéraire, ou guide du pèlerin aux environs de la ville, partant de Saint- Valentin, se dirigeant à l'orient et au midi jusqu'au Tibre, jusqu'à Saint-Paul, et, sur la rive opposée, commençant par les Saints- Abdon-et-Sennen, aboutit en tournant à Saint- Pierre. Le second est intitulé : Des lieux saints des martyrs, qui sont hors, de la ville de Rome : c'est un autre itinéraire qui parcourt les environs de Rome en sens inverse. En effet, de la voie Cornelia où le premier termine sa course, celui-ci monte vers l'Auréha et de là aux cimetières de la voie de Porto ; de là, traversante Tibre, il reprend par la voie d'Ostie, et ne s'arrête plus avant d'avoir rejoint la Flaminia. Pour se faire une idée juste de l'importance de ce dernier document, il faut se rappeler qu'il fut rédigé avant l'époque des translations, c'est-à-dire alors que les corps des martyrs occupaient encore leurs tombes primi-
tives. Ces deux itinéraires sont restés inconnus jusqu'à la fin du siècle dernier. Ils furent retrouvés dans un manuscrit de Salisbiiry des œuvres d'Alcuin, à la suite desquelles ils furent imprimés (V. le P. Marchi. p. 69.)
De son côté , Mabillon avait découvert dans un manuscrit d'Einsidlen, et publié un recueil d'inscriptions romaines, et une description des régions de Rome, où se trouvent beaucoup d'indications de lieux divers de la Rome souterraine (Mabill. Vet. analect, t. iv. — Marchi. ib.).
Le cardinal Tomasi (App. edit. Rom. 1747. t. II. p. 491. ife.), se servant surtout des missels des onzième et douzième siècles , publia les oraisoùs que l'Église récite aux anniversaires des Saints, en y joignant l'indication du lieu des catacombes , où , antérieurement à leur translation, on célébrait les fêtes et stations de ces mêmes martyrs. Il est Vrai que ces indications et oraisons portent dans les missels d'où les a tirées le savant cardinal, l'empreinte extrinsèque des onzième et douzième siècles; mais comme elles se trouvent déjà dans les liturgies de S. Gélase et de S. Grégoire le Grand , on ne saurait les regarder comme postérieures au cinquième ou au sixième.
Le même onzième siècle a fourni l'histoire d'un anonyme de Malmesbury , et dans cette histoire, une énumération et description topographique des cimetières des Saints aux akfitours de Rome^ qui a été réimprimée par Blanchini (In Anast. t. ii. 1. 2. p. 141). On dirait cette description empruntée aux deux manuscrits de Saîisbury, si ces deux documents ne suivaient une direction si différente l'une de l'autre. En effet , après avoir suivi quelque temps la voie Cornelia , cet auteur passe le fleuve près du pont Molle et se dirige vers la voie Flaminia et Saint- Valentin , d'où il s'avance jusqu'à la voie d'Ostie et à Saint-Paul. Là il traverse une seconde fois le Tibre', monte la voie de Porto au Mont- Vert, et de ces cimetières passe à ceux de la voie Aurélia, et aboutit de nouveau à la Cornelia d'où il était parti. Bosio connut cet auteur, mais n'en fit pas le cas qu'il méritait.
Nous avons dû donner ces détails, afin que le lecteur puisse se rendre compte des bases sur lesquelles reposent les nouvelles investigations. Le P. Marchi, à qui nous en avons etor prunté la substance, fait observer que les do" cuments divers dont il s'agit présentent uï* ensemble de témoignages tel, qu'il serait difficile d'en trouver d'aussi unanimes sur un autre poio^ quelconque de l'histoire ecclésiastique. V\x^ dit plus, l'autre moins, mais on ne saurait sar^ prendre entre eux la moindre contradiction*
Et c'est le savant jésuite qui le premier & mis en œuvre ces précieus*es ressources.
Il y a vingt- trois ans que, après deux siè-
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les écoulés depuis la mort du grand exploraeur maltais, étant encore dans toute la vigueur e l'âge, le P. Marchi, surmontant, non sans uelque peine, les craintes qui dominaient lors les natures même les plus énergiques, *■ décida à entreprendre un véritable voyage Ms les catacombes ; et pendant près de dix is, on le vit, véritable Bosio, se livrer avec ne ardeur quelquefois imprudente à de périliises recherches que vint seule interrompre ae maladie, où il pensa trouver la mort. Le •incipal théâtre de ses travaux fut le cimeère de Sainte- Agnès, auquel il s'était attaché rec amour, et plusieurs milliers d'étrangers insenent encore le souvenir des démonstra- )ns pleines d'un charme presque poétique, aistrop souvent conjecturales, il faut l'avouer, l'il ne se lassait jamais d*exposer au sein de i catacombe chérie. Une de ses principales HHïuêtes, c*est la découverte des reliques des lustres martyrs Protus et Hyacinthe au cimeère de Saint-Hermès, découverte opérée avec n soin et une sagacité à imposer silence aux ^vérités de critique des Mabillons présents et itors. Le système que nous exposons plus loin ir l'origine exclusivement chrétienne des caicombes, et sur la propriété également excluive quel les fidèles ont toujours eue de leurs imetières, système aujourd'hui consacré par î suffrage de tous les savants, lui appartient 0 propre. L'ouvrage que le P. Marchi nous a lissé est incomplet ; il devait se composer de t)is volumes : l'un sur l'architecture des cata- )mbes, l'autre sur les peintures, le dernier ir les sculptures. Le premier a seul paru, il poar titre : Monumenti délie arti cristicme imitive,,., Architettura.
Mais la plus grande gloire du P. Marchi, s* d avoir initié un élève tel que le chevaher B. De' Rossi.
M. De' Rossi n'a jusqu'à présent presque rien blié de ses travaux sur les cataconabes; ce e Qous en connaissons nous a été révélé par que nous pourrions appeler son enseigneîDtoral, c'est-à-dire par les explications que, se une amabilité et une obligeance sans bor- \ il ne cesse de donner, sur les heux mêmes, K savants, aux amateurs et même aux gens monde de l'Europe entière. Or, cet avantftt des publications qu'il prépare et qui ne lieront pas beaucoup, espérons-le, à être rtes à l'impatience du public (On annonce ■nme devant paraître très-prochainement le fiûûer volume de sa Roine souterraine) ^ suffît Df nous faire pressentir toute une ère de réy>tion et de progrès dans l'étude des antiités chrétiennes de la ville étemelle.
^ travaux qui ont précédé cet antiquaire |ï«nt quelque chose d'incomplet, et de peu ^sant pour les esprits sérieux, parce que
les données positives de l'histoire ne leur servaient pas toujours de base. C'est à M. De' Rossi que revient l'honneur d'avoir, le premier, apporté cet élément dans l'étude des catacombes, parce que, dès sa première jeunesse, il s'est accoutumé à faire constamment marcher de front la pratique des livres avec celle des monuments. Il comprit surtout toute l'importance des itinéraires dont il a été parlé plus haut, et ces documents, qui ont manqué, aux anciens explorateurs, le mirent tout d'abord en garde contre les attributions populaires, qui avaient profondément altéré la notion exacte des divisions et des dénominations originaires des cimetières. Et bientôt il arriva à faire justice d'une erreur capitale, qui supposait qu'ils constituaient autour de Rome, dans un système d'unité préconçue, un vaste réseau, avec des communications de l'un à l'autre. 11 se convainquit, au contraire, que chaque cimetière avait son existence à part , parce que chacun était dû à une cause déterminée, et partaitd'un centre propre. L'histoire de l'architecture chrétienne doit subir aussi, par le fait des découvertes de M. De' Rossi les modifications les plus considérables. C'est ce savant qui, le premier, a su distinguer des basiliques du troisième ou du commencement du quatrième siècle, dans de petits édifices à trois absides qui se trouvent construits au-dessus de quelques catacombes, entre autres celui qui domine la crypte de S. Sixte et de Ste Cécile, au cimetière de Saint-Cal- Uste (V. l'art. Basiliques). C'est lui encore qui a restitué à l'architecture chrétienne un oratoire que jusqu'ici tous les savants avaient pris pour •un temple païen : c'est, à l'entrée du cimetière de Prétextât, une rotonde surmontée d'une coupole, et munie de six absides, dont la première s'ouvrait pour donner accès à l'édifice.
Mais la plus remarquable conquête qui ait jusqu'ici marqué la carrière déjà si féconde de l'éminent antiquaire, c'est la découverte au cimetière de Calliste, qui est surtout son domaine, comme celui de Sainte-Agnès était l'apanage préféré du P. Marchi, du tombeau de Ste Cécile et de ceux des papes martyrs du troisième et du quatrième siècle, découverte capitale qui eut dans le temps un si grand et si légitime retentissement. Le 1" mai 1854, ayant été admis, par une faveur tout amicale, à visiter, seul avec M. Do' Rossi, ce célèbre cimetière, il nous fut donné d'être témoin d'une de ces joies d'antiquaire qui n'ont d'égale que celle d'une mère contemplant pour la première fois son enfant nouveau-né. La pierre sépulcrale de S. Anthère venait d'être retrouvée, et, à notre entrée dans la crypte, le nom de ce pape, enfoui depuis tant de siècles, vint frapper nos regards. Ce n'est pas tout : le vieillard qui dirigeait les fouilles nous conduisit dans une chambre où
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notre savant guide eut encore la satisfaction de voir, étendus sur le sol et rangés dans leur ordre, la plupart des fragments de la fameuse inscription damasienne qui attestait la sépulture des pontifes dans ce lieu, et par conséquent venait mettre le sceau aux découvertes de M. De^ Rossi et donner raison à toutes ses assertions. Cette excellente journée archéologique ne s'effacera jamais de notre mémoire.
Pour faire marcher plus rapidement et plus sûrement Pœuvre de M. De' Rossi, la Providence a voulu lui donner un frère digne de le comprendre et de le seconder. Le dévouement et la sollicitude fraternelle ont engagé M. Michel De' Rossi à descendre dans les catacombes avec son illustre frère , et là sa vocation s'est révélée et le feu sacré s'est pris à son âme. Mais laissant à son aine la partie purement archéologique, oh celui-ci n'a pas besoin d'auxiliaire, M. Michel a pris pour sa part la géographie et la topographie des catacombes. Déjà, il a dressé des plans qui surpassent eh valeur tout ce qui a paru jusqu'ici ; ses études persévérantes l'amènent chaque jour à des résultats de plus en plus positifs, et la nécessité d'apporter en de tels travaux toute la précision désirable vient de lui suggérer l'invention d'une machine ichnographique et orthographique pour relever les plans et niveaux des cimetières. Un mémoire dont nous donnons plus plus loin la substance, et qui est comme le préhminaire obligé de l'explication de son ingénieux appareil, montrera par quelle série de raisonnements il est arrivé à apprécier, autant que possible, l'étendue des catacombes.
Parmi les hommes qui, dans ces derniers* temps, ont bien mérité de l'archéologie des catacombes romaines, nous ne saunons, sans injustice, oublier M. Louis Perret. La valeur de son grand et bel ouvrage est surtout artistique ; l'auteur se défend lui-môme de toute prétention à la science proprement dite, et le texte de l'ouvrage qui occupe, avec les tables, tout le sixième volume, n'est qu'une courte et souvent très-insuffisante explication des planches. Tout en assignant aux beaux dessins de M. Savinien Petit une large part du mérite et du succès de ce livre, nous devons savoir gré à M. Perret d'avoir, ne fût-ce que par sa laborieuse initiative, doté la France d'un livre où pour la première fois a été tentée la reproduction fidèle de ces ébauches négligées, mais pleines de style et de vie, qui constituent les premiers essais de la peinture chrétienne. Mais les magnifiques dessins , dont un certain nombre font connaître des monuments inédits et fort intéressants au double point de vue de l'art et de l'archéologie, ne forment pas le seul mérite du livre : le cinquième volume renferme une collection de quatre cent trente inscriptions
chrétiennes romaines , reproduites d'apr calques fidèles , et qui ne perdra son : tance que par l'apparition de lincomf recueil du chevalier De' Rossi, dont nouî déjà le premier volume. Pour juger de 1' que mérite la collection donnée par notr patriote, il suffit de savoir que cette pai l'œuvre a été confiée à M. Léon Renier d stitut. L'explication des pierres gravée aussi les meilleures garanties, puisqu'e due à M. Edmond Le Blant, dont la col! tion, en se prolongeant, eût pu donner I prix à l'ouvrage.
IIL — Les catacombes sont-elles l'»
EXCLUSIVE DES CHRÉTIENS? Cette qucstioD au siècle dernier, l'objet d'une longue c verse. Des savants fort recommandabli nombre desquels il faut placer les pn explorateurs de la Rome souterraine, ( firme, sur la foi de quelques textes équivi que les catacombes avaient été d'abord d cavations pratiquées par les païens dans d'en extraire le sable et les autres mat nécessaires aux constructions de la ville près cette opinion, qui fut depuis accep confiance et s'est propagée jusqu'à nos les chrétiens n'auraient fait que s'appropri sablonnières et ces latomies pour y en; leurs morts, et y tenir leurs assemblée: dant les persécutions. Cette théorie est a d'hui abandonnée, elle s'est évanouie ( un examen plus attentif et plus scienti dont l'initiative et le principal honneur î tiennent au célèbre P. Marchi.
Le savant jésuite expose son système la préface de son ouvrage , et ce systè formule ainsi : les chrétiens tout seu creusé les catacombes, dans le but préi d'y ensevelir leurs morts et d'y pratique culte dans certaines parties plus spac disposées à cet effet.
Cette vérité s'établit par deux argume fait, dont l'un est tiré de la nature du te l'autre des formes architectoniques de l'a
lo Le sol originaire de Rome et de ses rons est couvert, à une assez grande p deur, de roches, soit volcaniques, provena irruptions qui désolèrent ces contrées dai temps très-reculés ; soit marines, déposé les flots de la mer ; soit fluviales, produit le courant des fleuves. Quelques cime chrétiens se rencontrent encore dans des ments de ces deux dernières natures : ce Saint-Pontien,au Mont-Vert, et ceux qui p les noms de Saint-Jules et de Saint- Valenti la colline que longe la voie Flaminienne, ei Tibre et l'antique voie Salaria. Or, il n'y a probabilité que les païens aient exploité c pèces de roches, attendu que la matière elles se composent est peu propre ^ux con
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tjoos, et par là même n'offrait aucun appât à i'amour du gain.
Pour ce qui est des roches volcaniques, elles se di>isent en trois classes, selon les trois conditions où s^y trouve la pouzzolane, matière terreuse vomie par les volcans, et qui, bien que sous différents modes de composition, est la base commune des trois espèces de roches en question, lesquelles, pour ce motif, se distinguent entre elles par trois noms différents. On appelle pouzzolane pure les roches où elle est à Tétat sablonneux et dégagée de toute substance étrangère propre à en tenir les molécules réunies. Que si, au contraire, elle se trouve légèrement mêlée d^une espèce de ciment naturel qui lui donne une solidité médiocre et comme l'apparence d'une pierre, cette composition prend le nom de tuf granulaire. Enfin, on nomme ces i oches tuf lithdide, quand la poutzolane y est pénétrée d'un ciment tenace, au point de fournir des masses solides pour la construction des murailles.
Les païens n'exploitaient que les premières et les troisièmes ; les premières pour y trouver de la matière à ciment, les autres pour en tirer des moellons. Les chrétiens, au contraire, négligèrent constamment les unes et les autres : les roches de pouzzolane pure^ vu le défaut d'adhérence de leurs parties qui les rendait impropres à l'usage auquel ils destinaient leurs souterrains ; et celles de tuflithoïde^ parce que, à raison de leur excessive dureté, elles exigeaient un travail trop long et trop pénible. Aussi, leur préférence exclusive se fixa-t-elle SOT les roches de tuf granulaire. Car, en outre delafaciUté qu'elles offraient pour y ouvrir des Ipfottes, l'action de l'air qui pénétrait par les OQTertures leur donnait, en peu de temps, une ioBdité telle, qu'elles ont été en état de soutenir, non-seulement les voûtes des corridors et iesiûcuii, séparés les uns des autres et super- |)osés, souvent jusqu'au nombre de treize, mais iooore ces espèces de corniches sur lesquelles )u appuyait, tantôt des briques, tantôt des tablettes de marbre , pour y enfermer les cadanres, de sorte que l'odeur résultant de leur putréfaction ne pût s'en échapper, inconvénient uiquel on obviait encore en enveloppant le ^ dans une couche de chaux. (V. l'art. Chaux ^Sm emploi d^ms les sépultures chrétiennes],)
Nous devons dire cependant que ce dernier Dode de sépulture n'était employé que dans b cas de nécessité. Toutes les fois que le toops et les moyens pécuniaires des fidèles le P^ttaient, on embaumait les corps avec des utMDates, qui ont à un degré éminent, comme clttcun sait, la propriété d'empêcher la putré- ^on. Entre mille autres témoignages , nous tiooDs à citer celui de Tertullien ( Apolo- ^- ua) : « Nous n'achetons pas d'encens ; si
l'Arabie s'en plaint, que les Sabéens sachent que les chrétiens consument leurs parfums avec plus de profusion et de dépense pour ensevelir leurs morts, que pour enfumer vos dieux. 1 L'emploi de la myrrhe, pour cet usage, était surtout fréquent au déclin de l'empire, comme l'atteste le poète Prudence :
Praetendere lintea mes est, Adspersaque myrrha Sabso Corpus medicamine servat.
{Cathemer. h\fmn, x. vers. 50-52.)
(V. l'art. Sépultures,)
2o La forme architectonique des catacombes prouve encore jusqu'à l'évidence qu'elles n'ont pu être creusées que par les chrétiens et pour l'usage tout spécial auquel ils les destinaient. Cette forme étant la même partout, atteste qu'une seule pensée dirigea la main des fidèles, à savoir, de ménager d'étroits corridors, dans les parois desquels ils pussent creuser plusieurs rangs de tombeaux, et d'ouvrir d'espace en espace des chambres plus ou moins spacieuses, tantôt rondes, tantôt octogones, ou en forme de carré long, pour servir d'asile aux croyants qui venaient entendre la parole du salut, et assister aux divins mystères. Ce caractère architectonique est tellement propre aux catacombes, qu'il ne laisse pas la possibilité de les confondre, soit avec les arenarix^ soit avec les latomies, les deux seuls genres de fouilles auxquelles se soient livrés les païens, afin de tirer des premières de la pou;zolane pure^ et des secondes du tuf lithdide^ c'est-à-dire de la pierre à bâtir.
Nous ne devons pas omettre une autre observation importante à ce sujet : c'est que, soit dans les anciennes arenariœ^ soit dans les latomies^ on n'observe jamais de formes rectilignes ou verticales, parce qu'on ne creusait que dans des lieux pouvant fournir des matériaux propres à être utilisés et à procurer du gain aux travailleurs. Notons, en outre, que les espaces sont Isurgement ouverts, et tels qu'il les fallait pour donner une entière liberté d'action aux nombreuses personnes employées à ces travaux, et livrer un passage facile aux bêtes de sonmie et aux chariots qui transportaient les matériaux.
Les catacombes, au contraire, ne présentent que des passages rectilignes, des parois verticales : ainsi l'exigeait l'établissement des loculi où les corps sont placés complètement étendus et non repliés sur eux-mêmes; des corridors étroits qui, en moyenne, ne dépassent pas huit décimètres et demi de largeur; enfin des souterrains profonds, quelquefois à quatre et cinq étages de galeries : toutes circonstances qui révèlent avec évidence dans quelles vues et pour quel usage on creusa ces souterrains. Que si l'on veut se faire une idée juste de la différence des caractères distinguant les catacombes chré-
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iienoesd'avec les souterrains creusés pour l'eitraction des matériaux, il suffira de visiter le cimetière de Sainte- Agnès et d'en confronterles travaux avec la latoniie qui le domine. Le lecteur pourra faire celte comparaison plus facilement encore, en examinant la planche cijointe qui représente la latomie, et le plan que nous reproduisons à la fin de cet article, et qui est celui d'une partie du cimetière.
Cette œuvre éminemment chrétienne n'était point livrée à des mercenaires, mais exécutée avec foi et avec zÈle par de pieui chrétiens appelés/^ores, et qui, selon toute probabilité, appartenaient à la cléricature. On trouvera dans un article spécial, fossores, des détails intéressants sur ces humbles fonctionnaires de l'Église primitive.
IV. — Comment les CHneriENS purknt-ils CREUSER LEUBs catacombes sous des terrains
OUI , A cette époque , DEVAIENT APPARTENIR A
DES paIens? Bien que les fonds suburbains où les cimetières chrétiens ont été creusés aient été dans le principe la propriété des gentils, ils devinrent par la suite celle des ûdèles, soit que ceux-ci les aient acquis à prix d'argent, soit que leurs possesseurs aient embrassé la foi, soit enfin que ces terrains aient peu à peu passé, par le droit de succession, à des personnes déjà converties, lesquelles, mues par un sentiment de charité et par le désir de tenir même après leur mort les croyants séparés des infidèles, léguèrent leurs propriétés à l'Église, de sorte qu'elle pût aisément j pratiquer les souterrains, les sépulcres et les oratoires dont elle avait hesoin.
De pieuses matrones donnèrent surtout l'exemple de cette générosité, ainsi que l'at-
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testent leurs noms attachés de louti à quelques-uns de ces cimetières. ' Ste Priscille, qui fut mère du sén dens, et première fondatrice du vast« qui, ouvert sur la voie Salaria, reni seulement le corps de cette noble fei ceux d'un grand nombre de chréti martyrs; Ste Lucine, Ste Juste, et d'autres dont on peut voir l'énuméi Boldetti : car il est bien constaté <j aux plus mauvais jours , l'inviol; domicile fut respectée, surtout qua et le rang du possesseur pouvait in tyrans. Ainsi, une des plus ancieni tures chrétiennes resta constamœen teinte, parce qu'elle était la prop membre de la famille des Flavius, Donàtills.