CHEV
IV. — Dès les premiers siècles qui suivirent les persécutions, Tesprit de foi se plut à enrichir la chasuble d'or, d'argent, de pierreries, et surtout des images de Notre-Seigneur, de la Ste Vierge et des Saints, quelquefois môme de fleurs et d'animaux symboliques, usage consacré par les Pères du deuxième concile de Nicée (Labbe. t. viii. p. 1206. edit. Venet.).
Un usage bien plus intéressant encore, c'est celui qui consistait à y représenter les évoques de chaque Église, ce qui atteste une fois de plus l'importance qu'on mettait alors à posséder et à avoir sans cesse devant les yeux la série des pontifes qui avaient gouverné une Église depuis les apôtres. Ces chasubles s'appelaient chasubles diptyques, Mauri Sarti en a illustré une appartenant à l'église de Saint- Apollinaire m classe de Ravenne, où sont reproduites les images des évoques de Vérone, au nombre de trente-cinq, du troisième au huitième siècle, non point dispersés dans le corps de la chasuble, mais distribués en autant de médaillons sur une large bande d'étoffe d'or , cousue devant et derrière , se divisant en deux autour du cou , et imitant à peu près la forme du pallium archiépiscopal telle qu'elle était encore au dixième siècle (V. Mauri Sarti. De vet, cas, diptych Faventiae 1763). Cette bande d'étoffe est, selon toute apparence, l'ornement que les anciens appelaient aureum clavum^ chrysoclavum^ aurifrigium (V. Rubenius. De re vestiaria, c. xi), ou encore super humer aie ^ et nous voyons par ce monument que l'usage d'en revêtir les chasu blés remonte à la plus haute antiquité. (V. l'art. CLAVUs). Il parait néanmoins que l'étoffe de cette chasuble avait été d'abord un voile que l'évoque Annon avait fait exécuter pour orner le tombeau des martyrs Firmin et Rusticus. (V. Pouillard. Del bacio de^ piedi del sommo pontifice. p. 79 en note.)
CHAUX (son emploi dans les sépultures
CHRÉTIENNES DES CATACOWBEs). — NoUS pla-
çons ici une observation qtii n'a pu entrer dans l'article Ensevelissement^ et qui est destinée à le compléter. Le P. Marchi a observé dans beaucoup de sépultures des catacombes (P. 19) que souvent les corps sont enveloppés dans deux linceuls, entre lesquels est étendue, de la tête aux pieds, une couche de chaux d'un pouce à peu près d'épaisseur. Le savant jésuite fut amené à cette découverte, en observant sur ces enduits l'empreinte d'un double tissu, l'un qui, ordinairement très-fin, était en contact immédiat avec le cadavre , l'autre extérieur et plus grossier. La supposition que cette pratique funéraire avait pour but de détruire plus promptement les chairs , n'est pas admissible, car elle ne saurait se concilier
avec la connaissance que nous avons du soi respectueux que prenaient les premiers chr< tiens de conserver intacts des corps sanctiSf ici-bas, et devenus plus vénérables encore leurs yeux par les perspectives de la résu rection future, objet de leurs vœux et de leu plus inébranlables espérances. Mais on de dire que cet enduit de chaux était destiné faire au cadavre une sorte de cercueil artil ciel, pour empêcher l'odeur résultant de putréfaction de s'en échapper ; et rien n'ét< plus propre à atteindre ce but que la cbau dont la propriété est d'absorber l'humidité l'acide carbonique de l'air.
CHEVAL. — Le cheval, au repos ou à course, avec ou sans la palme sur la tôte, e une représentation symbolique qui se rencoi tre assez fréquemment sur les monuments fi néraires du christianisme primitif. Les aot quaires pensent généralement que ce symbo renferme une allusion à plusieurs passages ( l'Écriture et de S. Paul en particuher (1 Co IX. 2^. 2 Tim, iv. 7), qui considèrent lav chrétienne comme une course du cirque , '< bout de laquelle est la victoire pour celui ç a fourni généreusement sa carrière.
Cette interprétation devient tout à fait plat sible en présence de certains monuments, te que le titulus du jeune martyr Florens (Luf Dissert, e lett. i. p. 258), où la meta marquai le but de la course est figurée devant le chi val, et d'autres où les chevaux expriment d noms de chrétiens rappelant eux-mêmes è idées de victoire. Tel est le nom de voîCENTr écrit sur un vase de verre de la forme des 1» samaires, où sont peints trois chevaux vaii queurs (Fabretti. p. 277), au-dessous desque leurs noms sont écrits en boustrophédon : w noms sont : AEra , « Tempête , » oikotmew f Monde, » et zep, « Zéphir. »
Ce symbole n'était pas étranger à Tant quité païenne : Un cheval avec la pahne si la tête, et deux éperons suspendus à la queu» sans doute pour activer sa course (Boldetl p. 21) sert d'ornement à la pierre tumulaii d'un jeune enfant nommé felicula victoi Fabretti (P. 549. xv) assigne le môme sens un cheval dirigeant sa course vers une palm qui se voit sur la tombe d'en enfant mort apr quelques mois d'existence , et qui par coi séquent avait terminé rapidement sa cours Ce symbole figure encore sur le titulus d'ui femme nommée vettia simplicia donné p le P. Lupi (Epitaph. Sev. p. 57); et ici cheval a sur la tôte, au lieu de pahne un croi sant; sur un marbre trouvé au cimetière Priscille en 1844 (Perret, v. pi. lxiii. 22); s un fragment d'inscription donné par M. 1 Rossi (i. 575) ; sur un fragment de terre eu