CIBO
CÏBO
pagnols apportèrent un nouveau baume des Indes, Paul III et Pie IV permirent aux Latins de lui donner la préférence. (V. Pelliccia. i. p. 33). Les Grecs ont coutume, en outre du baume, de mêler à Thuile une quarantaine d'espèces d'autres aromates, dont on peut voir la curieuse nomenclature dans leur eucologe (Cap. De chrismai. conficiendo).
La consécration du chrême fut toujours réservée aux évêques, qui le distribuent aux curés de leurs diocèses (EpUt. Gelas. PP. ap. Mabill. Mus. Ital. t. i. — Renaudot. Perpét. de la foi. i. 5. p. 171). Du premier au cinquième siècle, aucun jour n'était spécialement affecté à cette consécration; c'est depuis le cinquième siècle qu'elle est fixée au jeudi de la semaine sainte {Sacram. Gelas.), Cette règle ne fut cependant pas adoptée partout immédiatement ; car les évoques de la Gaule, à cette époque, consacraient le chrême en un jour quelconque (V. conc. Meld, an. 8^5). Les Grecs, bien que , comme l'Église latine , ils aient adopté le jeudi saint, consacrent néanmoins du chrême en quelque temps que ce soit, s'il vient à leur manquer.
Le rit de consacrer le chrême est attribué par S. Basile aux apôtres {Ibid.), et plusieurs autres Pères ont suivi ce sentiment. Dès le cinquième siècle, la consécration du chrême avait lieu à la seconde des trois messes qui se célébraient le jeudi saint, et cette messe était, pour ce motif, appelée missa chrismatis (Menard. In Sacram. Greg. p. 75). Chez les Grecs, comme cette cérémonie était réservée aux patriarches, elle s'accomplissait avec une grande pompe (Baillet. Fêtes mobiles, jeudi saint). (V. les art. Baptême et Confirmation.)
Il y avait, dans l'antiquité, un vase en forme de patène, destiné à contenir le saint chrême : il s'appelait patena chrismatis: Patenam argenteam chrismalem obtulit, dit Anastase le Bibliothécaire au sujet de S. Sylvestre.
CIBORIUM. — Les anciens appelaient ciborium^ en grec xi6<i>piov, un baldaquin soutenu par deux ou quatre et même six colonnes, et qui recouvrait l'autel des basiliques. Il était de forme demi-sphérique , arqué sur ses quatre faces, et présentait comme la figure d'un petit temple dans le grand. De là vient que, au moyen âge, l'église elle-même fut appelée xt6<(>piov, ainsi que nous l'apprennent Paul Silentiaire, et les autres écrivains Grecs, dont les témoignages ont été recueillis par Du Cange (fipolis Christian, lib. m. c. 62). Quelquefois, au-dessous du grand ciborium^ dont les colonnes portaient sur le sol, il y en avait un autre qui appuyait ses piliers sur l'autel même (Anastas. Lib, pontif. passim. — Goar. — Mazocchi. De cath, eccles. Neap. — Greg.
Turon. De glor. mart. c. xxviii). Nous pensons que, quand les deux baldaquins existaient ensemble, le plus petit , placé au-dessous du ciborium proprement dit, était ce qu'on appelait peristerium^ colombaire, parce qu'il abritait immédiatement la colombe contenant la sainU eucharistie. C'est ce qui explique commenl S. Perpetuus, évêque de Tours, put léguer ai prêtre Amalaire (au cinquième siècle) pemUrium et columbam, (V. l'art. Colombe eùcharùtique.) 11 est évident que l'objet légué devai être un objet portatif.
Le ciboriuni était souvent orné de fleurs d'oti lui vinrent les noms de /i/ûi, malum^ e toujours surmonté d'une croix. On peut voii des ciboria de forme antique dans la plupar des anciennes basiliques de Rome, à Saint Clément, par exemple, à Sainte-Agnès, sur h voie Nomentane, etc. S. Jean Chrysostome at teste qu'il en existait déjà de son temps, e les voiles pendant autour de l'autel dont parli ce Père (Homil. m. In c. i Epist.adEphe$.)V supposent évidemment : ces voiles ne pouvaien être attachés qu'au ciborium. Le ciboritÊin daU donc du quatrième siècle, c'est-à-dire de h même époque que l'usage de suspendre audessous de Tautel le vase eucharistique.
Les voiles autour de l'autel existaient daiu les églises d'Occident aussi bien que daa* celles d'Orient , et on les tenait dépliés ei étendus, pendant la consécration, jusqu'à l'é lévation de la sainte hostie, afin d'environnei les divins mystères de plus de vénération. U passage de S. Chrysostome cité plus haut est fort précieux pour cet objet, e Lorsque, di ce Père, l'hostie céleste est sur l'autel, (ju» Jésus-Christ, la brebis royale, est immolé lorsque vous entendez prononcer ces paroles
PRIONS TOUS ENSEMBLE LE SEIGNEUR*, lorsqUi
vous voyez qu'on tire les voiles et les rideau: de l'autel, imaginez-vous que vous contemple le ciel qui s'ouvre et les anges qui descenden sur la terre. » Ceci, grâce surtout au contexte suppose évidemment qu'on ne tirait les voile de l'autel qu'un peu avant la communion, q« était le moment où les Grecs faisaient l'éléva tion des saints mystères. Mais il est à croir que, chez les Latins, on les développait aupa ravant, parce que, dans l'Église occidentale l'élévation avait lieu, comme aujourd'hui, iff médiatement après la consécration.
Que si l'on voulaitrechercher, pourleséglis» d'Occident, la preuve que les autels y étaie; aussi entourés de voiles attachés aux arcad ou aux colonnes du ciborium, il suffirait d'o vrir le livre d'Anastase le Bibliothécaire, et particulier aux Vies de Sergius I, de Gr goire III, de Zacharie, d'Hadrien I, etc. Ou verrait que ces papes firent don à diven églises de Rome d'un grand nombre de ridea