CIME
phare devant Pautel d'argent de Sainte-Marie Majeure (Anast. In Sixt. UT), et S. Hilaire dix tout d'argent devant celui de Saint-Jean de Latran : Cant haros argenUos pendent es ante aitare decem (Id. In Hilar.) Walfride-Strabon fait aussi mention (L. ii Vit. S. Gall.) d'un phare qui était attaché à la muraille de l'église de Saint-Gall en Suisse, et suspendu avec une corde devant l'autel.
On mettait encore des couronnes de cierges ou de lampes autour des autels, c'est-à-dire partout, excepté sur la table elle-même. Nous ne saurions omettre les vers suivants de S. Paulin {Nat, vu S. Fel.) qui en font foi :
Clara coronantur densis altarla lycnis, Lumina ceratis adolentur odora papyris, Nocte dieque micant : sic nox splendore diei Kulget, et ipsa dies cœlesti illustris honore Plus micat, innumeris lucem geminatalucernis.
On voit que le saint évoque de Nola tient à constater que ces lumières brillaient dans l'église le jour comme la nuit, c'est-à-dire à tous les offices : Nocte dieque micant. Plus tard on alluma aussi des cierges sur des poutres qui régnaient à l'entrée du chœur.
Enfin les chandeliers qui servaient aux messes solennelles n'étaient autres que ceux que les acolytes au nombre de sept tenaient entre leurs mains. Ils les déposaient à terre, derrière l'autel, ou au milieu de l'église, ou sur la première marche de l'autel; pour le chant de l'évangile, deux d'entre eux, et quelquefois tous les sept, accompagnaient le diacre à l'ambon et se rangeaient tout autour pendant qu'il chantait l'évangile; tout cela est réglé dans le plus grand détail par les plus anciens ordres romains, et on peut voir toute cette liturgie en action dans un plan de la basilique de Saint- Clément de Rome qui se trouve dans Ciampini {Vet. mon. t. i. tab. xi), et où sont marquées les diverses places qu'occupaient successivement pendant la messe les chandeliers des acolytes, ainsi que l'ordre dans lequel ils étaient rangés.
CUfETlFRE (xoifiTjTiîpiov). — Le mot cimetière, pour désigner la dernière demeure de l'homme, est exclusivement chrétien. Il est dérivé du grec xoifir^ti^piov, qui \eut dire dortoir, et a pour équivalent dormitorium, employé quelquefois dans les auteurs, les actes des martyrs surtout; ceux de S. Maximilien, par exemple, font lire : Pompeiana matrona corpus ejus de judice eruit et imposito in dormitorio suo (Ruinart. p. 264. iii^ ; et aussi dans les inscriptions (Reines. Syntagm. ccclvi):
FECIT IN PAGE DOMINI DORMITOTtUm. Il parait
qu'il désignait quelquefois une simple sépulture de famille. Boldetti (P. 633) signale à
Malte 4jn hypogée de ce genre , où se trouve une inscription grecque attestant que le cim^ tière koimhtpion (Sic) avait été acheté et renouvelé par un chrétien nommé Zozime. Une inscription de Florence semble même supposer que le mot cimetière pouvait s'appliquer à un tombeau isolé. Il y est dit que plusieurs enfants d'une môme famille avaient été déposés chacun dans un cimetière particulier : qvi po-
SITI SVNT II PER SINGVLA CE || METERU. (V. Pog.
gini. De Roman, itin. Pétri, p. 295.)
Le nom de cimetière est rare dans les inscriptions. L'épitaphe de Sabinus (Perret, v. XXIX. 67) est la seule, pense-t-on, où il se lise:
CYMETERIVM BAJ^INAE.
Le dogme consolant de la résurrection de 11 chair faisait envisager au chrétien sa mort comme un sommeil passager : Jn Christiam^ dit S. Jérôme (Epist. xxiz), mors non estmm^ sed dormitio et somnus appellatur ; « Chez les chrétiens, la mort n'est pas une mort, mais une dormition, et s'appelle sommeil ; • etcetti croyance était exprimée, non-seulement pu le mot cœmeterium donné au lieu où reposaient les corps des fidèles , mais encore par les fo^ mules et acclamations qui étaient inscrites soi la tombe de chacun d'eux, et qui toutes exprimaient les mêmes idées d'espérance et d'avenir : DEPOSITVS, — DORMrr ou QVIESCIT m PAGE.
Si l'on ouvre au hasard un livre d'inscriptions, on trouvera à chaque ligne l'expression de cette foi : DORMmo silvestri (Perret. lu. x),
— EN EIPHNH MHCEIC MO^ETTOT, /fl pOCe dOTmitiQ
Modésti (Marangoni. Act. S. V. p. 74).
Le mot cimetière était le plus généralement usité pour désigner la sépulture commune dei chrétiens et des martyrs , mais on rencontre de temps en temps d'autres dénominations qui, pour la plupart, expriment la même idée, et quelquefois certaines circonstances spéciales de lieu. Ainsi, on trouve pour l'Afrique or» (^Act. S. Cypr. ap. Ruin.), arenarium, eiarmr riœ pour les sépultures de Rome creusées dans le sable ou la pouzzolane (Anast. Bibl. In Vit. Sylv. et Theod. PP.). Atrium exprime la sépulture dans le vestibule des églises {PœnitinA' Rom. tit. VII. c. 25). Catacumbs désignait proprement le lieu où furent ensevelis les corp» de S. Pierre et de S. Paul, près de l'église de Saint-Sébastien, sur la voie Appia. Mais on étendit ensuite cette dénomination à tous 1« cimetières souterrains de Rome. Concilia rsfftyrum se dit surtout des cimetières où lesma^ tyrs étaient en grand nombre (Baron. Add»- 259. - Hieron. Epist. ad Heliodor. — Mart^' roi. rom. xxiii jun. not. Baron.) Cryptx: cette appellation qui convient en général à tous les lieux souterrains, fut appliquée spécialement à la sépulture des chrétiens et des martyrs, qui communément avait lieu dans des souter-
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■ains. Bypogxum , mot grec qui signifie aussi jD lieu souterrain. Nous avons une curieuse JpiUphe où il est employé (Wiseman» Fabiola.
1. 2) : M. ANTONI |] VS. RESTVTV || S. FECIT VPO- II CIT. SIBI. ET II SVIS. PIDENTIBVS. IN. DOMINO.
r M. Antonius Restitutus a fait cet hypogée )our lui et les siens qui ont foi au Seigneur. • [4/e6r« fait allusion au refuge que les cimeières offraient aux fidèles en temps de perséîiition. Po^yandria , mot collectif qui exprime a réunioij d'un certain nombre de tombeaux Tlieof. Aurelian. Capitular. c. ix). Bequietoia^requietionis îoca^ sedes requietionif^ lieu de «pos. Sacrarium et sanctuarium : les cimelires furent ainsi appelés, soit parce qu'ils re- «vaient les corps des Saints, soit parce qu'on f célébrait les saints mystères (bu Gange. 5fflicf!iar.), sedes ossium. Prudence désigne linâ le cimetière de Gyriaque et le tombeau ie S. Laurent (Peri$teph. ïn S. Laurent.), Spwicrefiim, liei destiné à recevoir beaucoup de ié[yQlcres. Twnnbx fut appliqué aux cimetières romains (Bosio. 1. i. c. ^). On trouve encore on grand nombre de désignations pour lesquelles nous renvoyons à Boldetti (P. 586). (V. les art. Catacombe*, Sépultures^ loculi, cu-
BIOJU, ARCOSOLIUM, CtC.)
CEVERARn. — V. l'art. Vêtements des premm chrétiens, n. I.
CmCONCISIOlV. — V. l'art. Fêtes immo-
W». n. I. lo.
GLAVUS. — Les fresques des catacombes, es mosaïques, ainsi que les peintures chréieimes, en général , offrent à chaque pas des éléments ornés, d'après un usage antique, de andes de pourpre, clavi^ vêtements qui sont ppelés, pour ce motif, vestes chvatx. (V. Ru- «mus. De re vestiar. et prsecijfme de latocfavo. irtuerp. 1665.)
Cet ornement qui, sauf de rares exceptions Bottari. tav. cxxiii), se prolonge jusqu'au bas luYétement, est ordinairement uni, et parfois !nnchi d'arabesques ou de broderies (Id. tav. un. axxx. etc ); il est plus ou moins large, lelon le rang ou la dignité de la personne. W Notre-Seigneur, soit seul (Id. tav. cliii), ttt enseignant , se distingue souvent par une bande de pourpre beaucoup plus large que celle des apôtres, par exemple dans une belle ''wque du cimetière de Sainte- Agnès, où il ttt?u assis au milieu d'eux (Perret. Catac. ii.
PI^XXIY).
Us gens du peuple portaient eux-mêmes de 'M daw\ mais fort étroits, et le plus souvent « n'étaient que des bandes d'étoffe commune wntesen pourpre. Il y en a presque toujours 001, tombant perpendiculairement des deux
côtés de la poitrine, circonstance exprimée formellement dans les actes des Stes Perpétue et Félicité, oti il est dit du Bon-Pasteur qui apparut à la première : Distinctam habens tunicam inter duos chvos per médium pectfAS (Ap. Ruinart. edit. Veron. p. 32) ; et dans son traité De pallio, TertuUien parle du soin extrême que l'on mettait à assortir les nuances de la pourpre de chacun d'eux.
Primitivement, d'après Rubenius, il n'y en avait qu'un seul régnant au milieu de la poitrine ; et nous savons d'ailleurs qu'il s'appelait patagium, et qu'il ratait propre aux femm«s. Les monuments chrétiens ne nous offrent, à notre connaissance, que deux ou trois exemples de cette dernière particularité, et toujours dans le même sujet , c'est-à-dire sur la tunique des trois jeunes Hébreux , dans la fournaise (Bott. tav. cxlix.clxxxi); c'est probablement un caractère propre aux personnages de l'ancien testament, car dans l'un de ces deux tableaux se trouve une femme en prière qui a deux clavi à sa robe; et nous avons môme remarqué quelques orantes qui en ont deux de chaque côté de la poitrine (Id. tav. cxLvi. cliii). On voit par là que cet ornement était commun aux deux sexes : il est en effet attribué à des femmes dans beaucoup de circonstances, par exemple dans des représentations de repas (Id. tav. cix. cxli), aux vierges sages dans une fresque des catacombes (Tav. CLViiï), à Sainte- Agnès, dans des verres dorés (Buonarruoti. tav. xiv. 1 ), etc. S. Jérôme atteste (Epist XXII. Ad Eustoch.) que de son temps il n'était point interdit aux vierges chrétiennes, non plus qu'aux femmes d'une vie exemplaire. Il est attribué aux personnages de l'ancien testament aussi bien qu'à ceux du nouveau; et, pour en citer un exemple entre mille, on peut voir^ dans l'ouvrage de M. Perret (Vol. I. pi. xxïv) une magnifique peinture de Moïse détachant sa chaussure, vêtu d'une tunique blanche rehaussée de deux larges bandes de pourpre. Les peintures de la Genèse, publiées par Lambecius, donnent des tuniques davatas aux patriarches, et nous savons par S. Épiphane (Hœres. xv) qu'elles étaient en usage chez les Juifs. Les apôtres en ont dans toutes les fresques à peu près, dans beaucoup de verres peints (Buonarr. tav. xiv. xvi.etc.), et dans la plupart des mosaïques, entre autres celles de Sainte-Gonstance, de Sainte- Marie Majeure, de Saint-Paul, des Saints-Gosme-et- Damien, de Saint- André in Barbara^ etc.
Un livre apocryphe, mais incontestablement très^ancien (Ap. Fabric. t. ii. p. 671), décrit ainsi le colobium de S. Barthélemi : Vestitns colobio albo clavato purpura. Enfin les mosaïques l'attribuent aussi aux anges. (V. Giamp. Vet. mon. i. tab. xlvi. et ii. tab. xv.) Le mé-