CLEFS DE SAINT PIERRE
pas seulement au moyen âge, comn avancé quelques savants (V. B.'Rocbel bleau des eatac. p. 368), qu'on a como représenter S. Pierre avec cet attribu tiquitê nous, en fournit d'assez nombreux pies. Les plus anciens , pensons-nou:
ceux qui figurent la tradition des clefs, est la traduction matérielle despromessi par Notre-Seigneur au chef de ses (Matth. XXVI. 34.— Marc. iiv. 30, etc.): donnerai les clefs du royaume des c S. Pierre, profondément incliné, regoit cieux dépût sur ses mains recouvertes une coutume respectueuse de l'autiquit pan de son manteau.
Nous connaissons deux raonumeni timés du quatrième siècle, qui repro cette scène. C'est d'abord une remai fresque de la Platonia (Perret, vol. i. ] Notre-Seigneur j est vu à mi-corps d nuage, ayant à sa droite S. Pierre au remet les clefs, et S. Paul à sa gauchi en second lieu un sarcophage du cimei Vatican {Bottari. lav.xii.v), dont les tures sont d'un bon style. Le même s voit sur un sarcophage de la trypte de S min (.tfonum. de Ste Mad. t. i. p. T, Notre-Seigneur ne présente qu'une sei à S. Pierre debout et non incliné sel sage ; et sur un autre tombeau du mus< les, portant le n« 70. M. De'Rossi en a un exemple sur un sarcophage au cimet Priscille.
Le fait est représenté avec les mÔŒ constances sur un vase dont l'âge pn . est pas connu, mais que Bianchliù
comme fort ancien {Not. in Aiuu S. f/rbfln. n. 18) i nous reproduisons ici i BotUri (i. IS5), la partie du bas-reUef
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vase qui est relative au sujet qui nous occupe. La mosaïque de Sainte-Agathe in Subtirra, (Ciampini. Vet. mon. t. xxxvrii)qui est de 472, montre S. Pierre au moment où il vient de recevoir la clef (11 n'y en a qu'une) qu'il tient encore sur son manteau. Et il faut observer ici une circonstance fort importante, c'est qu'il est coiffé d'une espèce de tiare, en signe de prééminence, tandis que tous les autres apôtres qui figurent aussi dans le tableau des deux ôdtés du Sauveur assis sur un globe, ont la tète découverte. S. Pierre est aussi représenté iTec les clefs à la main sur un sarcophage de Vérone (Maffei. Musœum Veron. p. 484), dans U mosaïque du grand arc de la basilique de S. Paul sur la voie d'Ostie, mosaïque de l'an hk\ (Ciamp. i. tab. lxviii); et dans celle de Sainte-Marie in Cosmedin de Ravenne, monument de 553, il semble les présenter au trône deTAgneau (Id. ii. tab. xxiii). Dans un manuscrit grec du Vatican, remontant à l'empereur Justin l*', est une image en pied du prince des apôtres, où il tient, en outre d'un volume rôttlé, un grand anneau dans lequel sont passées les trois clefs (Alemanni. De Laleranens, fmetin. tab. vu. p. 55).
Des monuments qui ne nous semblent pas antérieurs au sixième siècle font voir le prince des apôtres avec une, deux, et quelquefois troisclefs à la main (V.Perret, vol. m. pi. xii), oa sur la poitrine, comme un sceau de plomb publié par Borgia au frontispice de son ouvrage Vaticana confessio B. Pétri,
La signification générale des clefs, en quelque nombre qu'elles soient, c'est la puissance illimitée confiée à S. Pierre par Notre-Seigneur. « S. Pierre a reçu les clefs, dit Bède (Aum. m die BB. Pétri et PatUi apost.), afin que tous les croyants répandus dans l'univers sachent que quiconque, de quelque manière que ce soit, se sépare de l'unité de la foi, c'està-dire de la société de Pierre, celui-là ne peut mètre absous des chaînes de ses péchés, ni se ûûre ouvrir la porte du royaume céleste. * S'il y en a trois, elles expriment sa toute-puissance, au ciel, sur la terre, aux enfers (Ivo Garnotens. ap. Hittorp. De divin, offic. p. 419). Le plus ordinairement, ces clefs sont au nombre de deux, c'est le type des armes du souverain pontife, successeur de S. Pierre. L'une est en or, et représente le pouvoir d'absoudre, l'autre en argent et représente le pouvoir d'excommunier : celle-ci est inférieure à l'autre en ^lignite (Molan. Hist. SS. imag. p. 130. édit. 1/Jvan).
CLERCS. — V. l'art. Ordres ecclésiastiques,
CLEBGE (ses moyens d'existence et ses
*>»OHrrÉS DANS LA PRIMFTIVE ÉGLISE).— !.—
MOYENS d'existence. Lcs principales ressources de l'Église pour l'entretien de ses ministres, étaient:
1® Les oblations volontaires du peuple.
(V. l'art. Oblations.) il y en avait d'hebdomadaires et de mensuelles. Les premières étaient celles que chaque fidèle apportait à l'église quand il devait participer a la sainte eucharistie. Les mensuelles étaient celles que, chaque mois, les riches versaient dans le trésor de l'église, chacun selon sa générosité, conmie on le peut conclure d'un passage de V Apologétique de Tertullien (xxxix). Ce trésor ou gazophylacium était appelé corbona ecclesix (S. Cyprian. ap. Baron. Ann. xliv.-69). De là vint ce mode de distribution mensuelle entre les clercs dont S. Gyprien parle en plusieurs endroits, et en conséquence le nom de sportuianies frtUret^ « frères recevant la sportule, » que ce môme Père donne aux clercs ; et ce qu'on appelle aujourd'hui «suspense du bénéfice, » il l'appelle suspense de la distribution mensuelle, suspensio a divisione menstrua {Epist, xxxiv), ce qui est une nouvelle preuve de l'usage en question.
2" Les revenus des champs et autres possessions de l'église. Dans les premiers siècles, ces revenus étaient peu considérables, parce que, dans les temps de persécution, les biens immobiliers étaient de tous les plus exposés. De là vient que l'usage de l'Église romaine fut alors de posséder le moins d'immeubles possible ; on était forcé de les vendre et on en faisait trois portions, une pour l'Église, une pour l'évéque, une pour le clergé. Mais les autres Églises, même dans le feu de la persécution, possédaient des maisons, des terres et toute espèce d'immeubles. On en a une preuve dans l'édit de Maximin qui, en 313, fit restituer aux Églises tous les biens dont le fisc s'était emparé, ou qui avaient été confisqués au profit des villes, ou vendus aux particuliers. Constantin et Licinius portèrent la môme année une loi toute semblable (Euseb. 1. x. 5). Les empereurs ne laissèrent pas cependant, de l'aveu de Baronius lui-môme, d'ajouter à cette loi quelques dispositions restrictives, afin de prévenir les abus en matière de largesses, abus où les fidèles pouvaient aisément se laisser
tomber en ces temps de ferveur (Baron. An. cccxxi).
3" Les pensions constituées a l'église sur LE TRÉSOR de l'empereur. Goustantin fut si généreux envers le clergé que non-seulement il donnait de l'argent en particulier à ses membres tombés dans l'indigence, mais qu'il leur assignait quelquefois une pension fixe. Les historiens Eusèbe, Théodoretet Sozomène en font foi. On connaît la lettre de ce prince à Cécilianus, évoque de Carthage (Euseb. x. 6), où il l'informe qu'il a donné ordre à Ursus, gouver-
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neur de TAfrique, de lui compter trois mille (Corf. conc, Eccl. Afr.caji. xxxvii) en parlent folUs^ somme qu'il devait distribuer aux clercs ' également; nous pouvons enfin citer le témoid' Afrique, de Numidie et de Mauritanie. On n'a ' gnage de S. Grégoire de Nazianze {fijpUt. ujx)
pas de données positives sur la valeur de cette monnaie ; Bingham {Orig. ii. 272) estime que trois mille foUes^ 9(i)Âeiç, pouvaient égaler au moins vingt mille livres sterling. Le même empereur porta aussi une loi (Theodoret. 1. 11. — Sozom. v. 5) enjoignant aux gouverneurs des provinces de prélever sur les tributs des villes une somme pour les clercs, les vierges et les veuves de l'Eglise. Cette loi fut abolie par Julien, et remise en vigueur, en partie du moins, par Jovien (Sozom. ibid,).
4° Une loi de Constantin attribua à l'Église les biens des martyrs et des confesseurs, décédés sans parents (Euseb. Vit, 1. ii. 36). Quant aux biens des clercs et des moines qui mouraient sans testament et sans héritiers, Théodose le Jeune et Valeiitinien III {Cod. Theod, 1. V.' tit. S.leg. 1.— Justin. 1. 1. tit. 3. leg. 20) décrétèrent qu'ils seraient dévolus à l'église ou au monastère auquel ces clercs et moines avaient appartenu. Quelquefois les temples des païens avec leurs revenus, les statues d'or et d'argent et les autres objets précieux qui s'y trouvaient, étaient cédés aux églises et appliqués aux besoins de la religion chrétienne (Sozom. V. 7) ; il en fut de même des conventicules des hérétiques {Cod, Theod. 1. xvi. tit. 5. leg. 62).
5» Les dImes. Il ne paraît pas qu'elles aient existé pendant les trois premiers siècles. S. Cyprien (De unit, eccl...j le suppose évidemment, ainsi qu'Origène {In Num. c. xviii). Mais les homélies et sermons des Pères du quatrième et du cinquième siècle renferment plusieurs passages où ils semblent exhorter le peuple chrétien à payer spontanément la dlme à l'exemple du peuple juif (S. Hieron. In c. m Malach, — Aug. In ps. cxlvi. — Chrysost. hom. v In Ephes.), Mais des témoignages de ces Pères et de celui de S. Chrysostome notamment, il résulte qu'à cette époque il n'existait encore aucune loi ecclésiastique à cet égard, et que ces sortes de dons étaient spontanés chez les lidèles. Ce n'est que vers la fin du 'cinquième siècle, que l'on commença à proposer au peuple le payement de la dlmë comme obUgatoire. La première loi portée à cet égard émane du deuxième concile de Mâcon.
6» Les prémices des fruits. Les Canons dits apostoliques (Can. iv) ne sont pas le premier document oii il soit parlé des prémices, comme faisant partie de l'alimentation du clergé. Des auteurs plus anciens et plus autorisés, tels qu'Origène (jContr. Celsum, 1. viii) et S. Irénée (iv. 32) en font mention conmie d'o-
en faveur de cet antique usage.
II. — iMMUNriÉs. Les innuunités accordées aux clercs par les empereurs chrétiens, en considération de la sainteté de leur état et des se^ vices rendus par eux à la société, se rapportent à trois chefs principaux : la justice, les charges et honneurs publics, les tributs et impôts.
1*» Aussitôt après la pacifitation de l'Église, des juridictions spéciales furent établies pour les clercs, et ils furent, sous certains rapports, affranchis de la juridiction des tribunaux civils. Et ceci n'était que la légalisation de la pratique de l'Église depuis les apôtres. S.Paul écrivait aux Corinthiens qui portaient leurs causes devant les juges civils (1 Cor. vi- k,h) : « Si vous avez des procès sur les afiaires de ce monde, prenez pour juges ceux même qui tiennent le dernier rang dans l'Église. Est-U possible qu'il ne se trouve point parmi vous un homme sage qui puisse juger entre ses frères?» D'après cette doctrine, nous voyons S. Cyprien {Ep. xLiv) écrire pour interdire aux fidèles de prendre dans leurs différends un juge païen.
Il faut en conséquence distinguer trois espèces de causes : les causes purement ecclésiastiques concernant les crimes contre la foi, et les mœurs. Pour celles-ci, les juges sécuhers ne pouvaient pas en connaître ; il existe à cet égard des lois de Constance, de Théodose, de Yalentinien, lesquelles furent confirmées par les Sovtlles de Valentinien III et de Justinien. Ced ressort également des canons des conciles, tant de l'Orient que de l'Occident, dont on peut vwr le détail dans les auteurs spéciaux. Le pouvoir des évoques quant aux causes des clercs avait déjà été reconnu par Constantin le Grand. Car TDomme, au concile de Mcée, un grand nombre d'accusations de ce genre lui eurent été portées, il les fit jeter au feu (Euseb. Vit, ConU, m. 10. — Rufin. i. 2) et il prononça alors ces mémorables paroles qui paraîtront aujourd'hui bien extraordinaires : « Vous êtes des dieux constitués par le vrai Dieu ; allez et discute» vos causes entre vous : car il n'est pas convenable que nous jugions des dieux. » 11 porta une loi en ce sens en 35^ {Cod, Theod, L XVL tit. 2. leg. 12).
Les causes purement civiles et pécuniaires. Si ces causes s'agitaient entre des clercs, c'était à l'évêque d'en connaître ; si au contraiw la difficulté était entre un clerc et un lalque,elle était du ressort du juge séculier, à moins que la partie laïque n'eût consenti à la porter devant la juridiction ecclésiastique. Quant aus causes criminelles, les lois des empereurs ei
blations faites à Dieu. Le concile de Gangres distinguent deux espèces, les plus légères, I* (In Prasfat.), un très-ancien concile d'Afrique viadelicta, et les plus graves, olrociof a cWicfa
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Il parait que les premières étaient du ressort delà juridiction ecclésiastique; on Finfère du moins de ce passage de S. Âmbroise (Epist, iixuj où il rappelle à Valentinien II la conduite de son père à cet égard : t Si un évêque était accusé devant lui, pour une cause intéressant les bonnes mœurs, il voulait que cette cause fût portée devant les évoques. » Ceci est interprété des causes légères par les commentateurs Gothofred. In leg. xxii Cod, Theod. De tfùcelcler, — Petrus de Marca. Dlss«^^ m cap. Ctmeus.) Ces auteurs appuient encore leuropinion d'une loi de Valentinien et Gratien {Ibid. leg. xiiii).
Mais cette même loi ajoute : Excepiis, qux «(îo ahordinariisy extra'trdinariisque judicibus^ td iUustribus poteitatibus audienda constitw't. Ries jurisconsultes en concluent que, quand il s'agissait de crimes graves, les clercs n'étaient plus affranchis de la juridiction des triinnaux séculiers. Beaucoup d'autres lois sont citées par eux qui ne laissent pas de doute à «t égard.
Ces immunités de la justice civile, établies n laveur des clercs par la législation impéiale aussi bien que par les canons des coniles, sont encore conformes aux principes de équité naturelle. Car, môme chez les païens, àex les Romains notanunent, les prêtres inférieurs ne dépendaient sous ce rapport que de curs pontifes; et le quatrième concile d'Oréaiis (Can. m) fait valoir cette raison en faveur les juridictions ecclésiastiques : Qaod lex sx- ^ tliam pagani sacerdotibus^ et ministrts ante wmtiterat; juslum est ut erga Christianos speiioltter conservetur. t Ce que la loi du siècle ^n avait prescrit en faveur de ses prêtres et ie ses ministres, il est juste de le conserver spécialement à l'égard du sacerdoce chrétien.» Koas devons nous en tenir là sur cette question, qui est plus spécialement du domaine du droit onon. (V. pour développements et preuves Hn^harn. Origin. 1. v. cap. 11. §5 et seqq.)
f» L'affranchissement des charges et hon- Murs publics est ce qu'on appelle proprement ^immunité personnelle^ bien que rigoureusement *e privilège de ne plaider que devant les juges d'Église puisse être compris sous cette rubri- ^ générale. Cette immunité est la première q«iait été accordée aux clercs, elle date de Constantin, qui, comme il le dit lui-même dans •Bte lettre adressée àAnulinus, préfet d'Afrique «513 (Ap. Ëuseb. X. 7), voulut par là pourvoir «à ce qu'ils ne fussent point détournés du culte dû à la divinité. »
Il s'agit ici des charges dites municipales ou ffi^^ telles que l'administration des devers publics de la cité, la perception des imwJts, l'exaction de l'annone, le soin des projetés et des greniers de la république, etc.
Six ans après, le même empereur porta une loi ad hoc ; mais il fut bientôt obligé d'en restreindre les dispositions à cause des abus. La législation varia beaucoup à cet égard sous ses successeurs ; mais en définitive, il resta bien établi que si les clercs n'échappaient pas totalement aux charges dites curiales et portant sur leur patrimoine, ils furent exempts des charges purement personnelles : la loi de Valentinien et de Gratien (Leg. xxiv. De eptsc.) consacre nettement ce privilège pour tous les ordres de la cléricature : Presbyterus,diaconos^ exorcistas^ lectores, osfiar los, et ornnes perinde^ qui primi sunt^ personalium munerum expertes essepr<ecipiinus.
Quant aux charges onéreuses, sordida mufiera, des lois de Constance, de Valentinien et de Théodose en affranchissent non-seulement les personnes des clercs, mais encore les propriétés de VÉg\\se{Cod, Theod.l x\i.tii,2. leg. 10). Mais, quant à ce dernier point, la condition du clergé ne fut pas constamment la même sous tous les empereurs. Ces charges onéreuses étaient en grand nombre; les principales étaient de réparer les chemins et les ponts, de fournir des charrois, de la chaux, du charbon, du bois, des bêtes de charge, de la farine, du pain, et autres choses semblables, pour le service public.
Après la conquête de la Gaule par les Francs, on continua à se conformer sous ce rapport à la législation romaine. Nos rois, à l'exemple des empereurs, affranchirent les clercs des charges personnelles. Le cent seizième chapitre du sixième livre des Capiiulaires porte que la consécration doit rendre libres de toutes les charges ser viles publiques, les évêques, les prêtres et les autres ministres des autels, afin qu'ils ne soient occupés que du service qu'ils doivent rendre à l'Eglise. (V. Durand de Maillane, Diction, de droit canon, art. immunités.)
3" L'immunité des tributs et impôts est celle qu'on désigne sous le nom générique d'tmi/mnité réelle. Constantin affranchit de toute espèce de tribut les propriétés ecclésiastiques, qui pourvoyaient à la subsistance des évêques et des clercs (fiod. Theod. l. i. De ann. et tribut,). Mais ce privilège fut, ou entièrement révoqué, ou considérablement diminué sous les règnes suivants, alors que l'Église, sortie de l'état encore précaire où elle se trouvait immédiatement après les persécutions, eut acquis des biens plus considérables.
Les ecclésiastiques n'étaient point exempts de l'impôt atteignant la propriété foncière, appelé, inlatiocanonica, capitatio terrena. (V. l'art. Canon. 4°.) Du moins on semble en droit de l'inférer d'une exception faite à cet égard en faveur des Églises de Thessalonique, d'Alexandrie et de Constantinople {Cod. Theod. lib. xi. tit. 1. leg. 33).
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Ils étaient exempts en vertu d'une loi de Théodose le Jeune, de l'impôt dit : Miiitum tyronum, et equorum caivmœrumprxbitio, c'està-dire fourniture à l'empereur de jeunes soldats et de chevaux pour les armées, impôt qui se payait quelquefois en argent, et s'appelait alors aurum tyronicum et stratioticum {Ibid. vu. tit. 13. leg. 22).
Une loi de Constance les affranchissait du droit à payer pour un petit commerce (xvi. t. 2. 1.8): car alors il était permis aux clercs inférieurs aux besoins desquels l'Église ne pouvait pas toujours suffire, d'exercer, pour vivre, quelque modeste industrie. Mais comme quelquesuns vinrent à abuser de cette indulgence, une loi limita à une certaine somme le capital de leur commerce. Et plus tard, quand les revenus de l'Église furent en état de pourvoir à tout, ces clercs furent mis en demeure, ou de renoncer tout à fait au commerce, ou de subir la loi commune (Valentinian. III. Novell, xii).
Ils étaient exempts des impôts extraordinaires qui se levaient dans certaines nécessités exceptionnelles ; et cette immunité fut étendue aux serviteurs des clercs par des lois de Constance, d'Honorius, de Théodose le Jeune, confirmées plus tard par Justinien (xvi. tit. 2. 8).
Les biens de l'Église étaient affranchis du tribut qu'on appelait denarismus uncix, ou descriptio ItÂcrativorum^ qui frappait d'un droit d'un denier et d'une once par arpent les biens reçus d'un curial à titre lucratif, donation ou testament, etc. 11 ne parait pas que cette immunité accordée à l'Église remonte au delà de Justinien (C'orf. ibid. tit. iv. leg. 22).
On voit par ce qui précède que l'immunité attachée aux biens de l'Église et des clercs ne fut pas constamment la même pendant les six premiers siècles, mais qu'elle varia selon les dispositions plus ou moins favorables des empereurs.
Deux choses cependant paraissent certaines : premièrement, que les terres et autres possessions des Églises, depuis la fin du quatrième siècle jusqu'à Justinien, furent soumises comme les autres aux tributs ordinaires et canoniques; deuxièmement, que les biens patrimoniaux des clercs ne jouirent d'aucune exemption des tributs ordinaires. Ainsi en avait disposé une loi de Constantin (Leg. xv. De episc. et cler.), laquelle reçut l'adhésion des évoques.
L'immunité réelle des églises et des clercs fut plus large encore dans notre Gaule. Voici une constitution attribuée à Glovis et ensuite à Glotaire : elle se trouve dans la Collection des conciles de Labbe J. v;. En vertu de cette loi les propriétés ecclésiastiques, de quelque nature qu'elles soient, sont affranchies des dîmes et de toute autre charge ; et le roi dit suivre en cela le mouvement de son cœur pieux ^ aussi
bien que l'exemple de ses ancêtres : Agram^ pascuaria, vel detimas parcorum ecdewi ^n fidei nostrx devotione concedimus : ita ut octor, aut decimator in rebtut ecdesis nullus accédai; ecdcsix ^ vel clericis nuUam requirant agentet publici functionem, qui avt, aut gerUtoris nofln immunitatem meruerunt. Il n'est pas très-sûr que ce décret soit de Glotaire I*'. Tbomassin observe (Cart. m. 1. 1. c. 2k) qu'il ne put, dans tous les cas, l'adopter que sur la fin de sa vie. Car nous savons par S. Grégoire de Tours (Hist. Franc, l. iv. c. 2) qu'au début de son règne, il voulut abolir l'immunité des églises, et que tous les évêques y consentirent, à Feiception d'Injuriosus, évêque de Tours.
Quoiqu'il en soit, les successeurs de ces princes augmentèrent encore les immunités de l'Église. Ils concédèrent à chaque éghse une manse complètement franche d'impôts. On appelait manse ecclésiastique, du latin manm^ une certaine portion de terre qui était assignée comme dot à une église ou au prêtre qui la desservait (Du Cange. ad h. v.). Cet immunité fut accordée par Louis le Débonnaire et Charles le Chauve {Capitular. Reg. Franc, 1. v. c. 279). Mais elle n'atteignait pas les biens qu'une église aurait possédés au delà de sa manse. Car, dans la constitution citée, Louis le Débonnaire ajoute cette restriction :Et si quid aliquidamplius habuerint^ inde senioribus suis debitum servitium impendant. (V. pour les développements et les citations des lois, Bingham, lib. et cap. cit.)
CLOCHES. — Pendant les premiers siècles, les fidèles étaient convoqués à l'église par des diacres, appelés cursores, quf allaient les avertir isolément dans chaque maison {Epist. xin fgnaf. M. ad Héron diac. ap. Baron, an. 58): Synaxes ne negligas^ omnes nomituUim inqwrti dit S. Ignace martyr. « Ne néglige pas les synaxes, recherche chacun nominativement. » On comprend que tel dut être le mode de convocation durant les persécutions ; mais il est probable que même pendant les quatrième, cinquième et sixième siècles, il n'y eut ni cloches, ni aucun instrument pour annoncer les assemblées. Tout ce qu'on a dit pour faire remonter l'origine des cloches à ces temps reculés ne repose sur aucun fondement solide ; S. Paulin, à qui on a voulu en attribuer l'introduction dans les églises, ne dit pas un mot ni de cloches m de clochers dans la description si minutieuse qu'il nous a laissée de sa basilique de Nola (Benedict. XIV. Instit. xx. p. 118. u. 3).
Le peuple qui assistait assidûment chaque jour à la psalmodie était averti par l'évoque ou par les prêtres, du jour et de l'heure fixés pour la liturgie. Dans l'Eglise occidentale, nous ne trouvons de donnée bien certaine à cet égard
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[ue vers le déclin du sixième siècle. On lit dans la Vie de S. Colomban, mort en 599 (Mabillon. itmal, S. Benedict. Sac. i), « que, vers le milieu de la nuit, il se rendait à l'église au son de la cloche, puisante campana^ et que les autres moines, réveillés par le môme moyen, y allaient aussi. » Il n^est pas présumable que cet usage ait été alors spécial à ce saint abbé et à sou monastère. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'aux huitième et neuvième siècles , il était devenu universel en Occident..
Quant aux églises orientales, il n'existe pas de preuve que les cloches y aient été introduites avant le neuvième siècle, alors que Ursus, doge de Venise, en envoya douze à l'empereur Michel, qui les fit placer dans un magnifique campanile construit par ses soins ï Sainte- Sophie. Ce fait doit se placer entre 86^. époque de Tavénement d' Ursus au dogat, el 867, année de la mort de Michel. Avant l'introduction des cloches, les Grecs se sériaient d'une planche, Si^ia, ÇuXa, sacra ligna^ sur laquelle ils frappaient avec un marteau de bois ou encore d'une plaque de fer et d'un marteau de même métal , 5YioaiÔ7;pov, sacrum ferrum.
11 parait que , en Egypte , ces convocations avaient lieu au son de la trompette, comme diez les Juifs. Nous le savons, du moins pour lesDjoines, par la règle de Saint-Pacôme (G. m. kWioth. PP. t. XV. p. 6*29), où il est proscrit à tous les frères de sortir de leur cellule ïussitôt qu'ils entendent le son de la trompette. Le môme usage est mentionné par S. Jean Cliniaque {Scala paradis, grad. xix. Bihlioth, PP. r. 22<i] chef des cénobites du mont Sinal au sixième siècle, ce qui autorise à supposer qu'il persévéra en Palestine jusqu'à cette époque. Dus quelque monastères, un religieux était chargé de parcourir toutes les cellules et de frapper avec un marteau la porte de chacune d'elles : nous avons do nombreuses preuves deeette coutume dans Gassien {Instit. ii. 17), Pilladius, Moschus, etc., qui appellent l'instrunentdont on se servait dans cette circonstance, et principalement pour l'office de la nuit, sig- Mm noctumum ou malleus excitatorius, t signe Mctume • ou « marteau du réveil.* Dans un mowstère de vierges que Paula avait fondé et Çï'elle gouvernait à Jérusalem, le signal était donné par une religieuse qui chantait Valle- '■w; et S. Jérôme nous apprend {Epist. xxvii. fyUtph, PauUB)j que telle était alors le mode de convocation. (V. l'art, alléluia.)
'L'usage de baptiser ou de bénir les cloches «listait déjà au huitième siècle (Bona. Rer. H- 'wy. 1. II. c. 22. S 7.— Martène. Deantiq.Eccl. ^' 1. II. c. 21). La plupart des liturgistes le 'apportent à cette date, et l'ordre romain con- ^t dès lors des formules pour cette béné-
ANTIQ. CHRÉT
COEUR. — On voit très-fréquemment gravée sur les marbres chrétiens la figure d'un cœur ; elle est quelquefois répétée après chaque mot, ou seulement au commencement et à la fin de chaque ligne.... C'est un usage antique adopté par les chrétiens, parce qu'il n'avait aucun caractère essentiellement religieux. Aussi Boldetti qui avait vu un nombre presque infini de marbres où ce signe était tracé, s'étonne-t-il à bon droit de ce que Papebroch avait pris pour un monument païen l'épitapho de la martyre Argyris, pour la seule raison qu'il y avait remarqué ces figures de cœur. Quelquefois ce signe est coupé par une ligne transversale, ce qui lui donne l'apparence d'un cœur percé.
Les savants ont été longtemps en désaccord sur l'interprétation d'un tel signe ; mais l'opinion commune y voit une simple marque de ponctuation (Reines. Syntagm. inscr. Praefat. p. 7. Fabretti. Inscr. domest. c. m. n. 5), ou bien un ornement sans signification imaginé par les quadratarii. Des inscriptions non funéraires, par exemple des tables de jeu (Lupi. Epitaph. Sev. p. 66), où on remarque ces espèces de cœur, qui pourraient tout aussi bien être des feuilles d'arbre, s'opposent absolument à ce qu'on y attache une idée de douleur ou de chagrin, ou de regret des vivants à l'égard des morts, comme quelques interprètes l'ont voulu faire. Par l'inscription de la mosaïque de la tribune de Sainte-Cécile à Rome, que Boldetti donne après Giampini {Vet. monim. t. ii. tab. Li), on voit que ce genre de ponctuation fut en usage jusqu'au neuvième siècle : car cette mosaïque date du pontificat de Pascal I»', qui florissait en 817. Or comme les vers de cette inscription métrique sont tracés à la suite les uns des autres dans le grand arc, les artistes ont mis la figure d'un cœur à la fin de chacun pour éviter la confusion.
Une inscription d'Afrique , donnée par M. Léon Reinier {Inscr. de r Algérie, n. 1891) vient trancher , ce semble, la question : ces signes y sont appelés hederx distingtAentes.
Nous devons cependant noter ici un monument fort singulier : c'est un marbre du cimetière de Sainte-Agnès (V. Boldetti. p. 373) où trois cœurs exactement formés entourent une petite ouverture grillée, destinée, selon toute apparence, k laisser l'œil pénétrer dans l'intérieur du tombeau.
COLLECTES. — V. l'art. Stations, n. IIL
COLOBIUM. — Le colobium parait avoir été le premier vêtement des diacres dans l'Église romaine. 11 leur était tellement propre que plus tard il fut appelé levitofmrium , c'est-à-dire propre aux lévites. (V. Suid. Glossar. vet.) Le
COLO
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colobium était chez les Romains un vêtement affecté aux hommes libres (Servius. In TVjEneid,) il fut plus tard réservé aux sénateurs {Cod. Theodos. 1. xix. tit. 10). C'était une espèce de tunique étroite, se prolongeant jusqu'aux talons, et sans manches, ou dont les manches ne descendaient pas plus bas que le coude, xo- X66oç, qui veut dire œupé^ et du genre de ceux que les Grecs appelaient exomides. Cette suppression des manches signifiait, selon Cassien (Instit. 1. I. c. 4), le retranchement, chez les moines , des œuvres et des superfluités du monde : Amputatos eos habere actus^ et opéra mundi hujus , suggérât abscisio manicarum. Il parait que les apôtres se servaient de ce genre de tunique dans la vie commune : on conserve dans la basilique des apôtres le colobium de S. Thomas. (V. Macri. Hierolex, ad h. V.)
Le colobium était de lin, et s'appelait encore lebiton et lebitonarium ; quelquefois il était orné sur le devant de ces bandes de poupre appelées clavi (V. l'art, clavus), et en bas, d'ornements en forme de petits disques que les anciens nommaient calliculs. (V. l'art, calligule.) C'est ainsi qu'Abdias de Babylone (Codex apocryph. ap. Fabric. t. ii. p. 671) dépeint la coutume de l'apôtre S. Barthélemi : Vestitus colobio albo clavato purpura^ induitur pallio habente per singulos angulos singulas gemmas, a II est vêtu d'un colobium blanc orné de bandes de pourpre, il porte un pallium ayant des gênâmes à chacun de ses angles. > Les plus anciens christs, que nous connaissions, ceux de Monza (V. l'art. Crucifix) sont vêtus de colobia avec c/aui, et sans manches. On peut voir à l'article Vierge {La Ste) un fond de verre où est représenté un diacre vêtu d'un colobium qui, au lieu des clavij a, sur le devant l'ornement appelé paragauda. (V. l'art, clavus.)
COLOMBE. — Aucun symbole n'a été aussi souvent reproduit que celui de la colombe par les premiers chrétiens : ils l'ont prodigué dans leurs monuments de tout genre, peintures, mosaïques, tombeaux, lampes, anneaux (Boldetti. p. 504), verres dorés ou peints, etc. Le principal motif de cette préférence, c'est que la colombe a été choisie de Dieu, plutôt que tout autre animal, pour intervenir dans tous les grands mystères de sa miséricorde : elle parait au déluge, comme messagère de paix, a primordio divinas pacis prxco, dit Tertullien (Adv, Valent, ii) ; elle vient annoncer aux trois jeunes Hébreux dans la fournaise de Babylone leur prochaine délivrance de la fureur des flammes et de la vengeance d'un roi impie (V. Bottari. tav.CLXxxi); elle apparaît conune symbole de l'Esprit-Saint sur la tête de Jésus-Christ à son baptême : Christum columba demotistrare
solita, ajoute le même docteur, et sur la tète des apôtres au cénacle.
Les plus anciennes images de S. Grégoire le Grand h font voir avec une colombe sur la tête ou sur l'épaule, c'est ce qu'on appelle la colombe inspiratrice (Molan. Hist, sanct. imag. p. 265. edit. Paquot). C'est aussi conune symbole de l'Esprit-Saint, et conformément à un antique usage conunun à tous les baptistères (V. l'art. Baptistères), qu'une colombe d'or fut suspendue dans la basilique de Reims au baptême de Clovis.
Le Sauveur lui-même a proposé la colombe comme le symbole de la simplicité chrétienne (Matth. X. 16), et toute la primitive Église l'a regardée comme l'hiéroglyphe de la pudeur, de l'innocence, de l'humilité, de la mansuétude, de la charité, de la contemplation, de la prudence contre les embûches de l'ennemi. (V. Aringhi. t. ii. 1. 6. c. 35.)
Dans les monuments figurés, on croit qu'elle est quelquefois aussi le symbole de Jésus- Christ (V. Tertullien. Adv, Valent, c. m), et cette opinion se fonde sur ce que l'anagramme numérique de TCEp^orspa, c colombe, » présente la même somme que a et oi, sigles dont on connaît l'application à Notre-Seigneur. Le pas^e suivant de Prudence (Cathemer. hymn, m. vers. 166) ne laisse du moins aucun doute sur l'attribution à la personne du Sauveur.
Tu mihi, Christe, columba potens.
Sanguine pasta oui cedit avis.
« Tu es pour moi, 6 Christ, cette colombe puissante, à laquelle cède l'oiseau repu de sang, » c'està-dire Taigle symbolisant le démon.
Sur le disque d'une lampe trouvée naguère au cimetière chrétien de Sainte-Catherine de Chiusi (Cavedoni. Cimit, CMus. p. 99), se voit une colombe dont la tête est surmontée d'une croix ; elle porte en outre un rameau d'olivieï au bec, ce qui rappelle le mot de Tertullien (Loc. laud.) au sujet de la colombe : divins par cis prasco, « messagère de la paix divine. » fl n'est pas douteux que, se présentant avec ce double attribut de la croix et de l'olivier, cette colombe ne soit ici le symbole de Jésus-Christ, de qui S. Paul a dit (Coloss. i. 20) : c qu'il p«cifie par le sang de sa croix la terre et les cieux , » Pacificans per sanguinem cruds ij««t sive quœ in terris, sive qux in coeUs sunt. Ce précieux monument est, croyons-nous, unique dans son genre, et, comme la catacombe oil il fut recueilli, il remonte à la plus haute antiquité.
Elle est employée pour désigner les apôtres comme symbole de leurs vertus. S. Paulin(Bî xn.AdSever.) atteste que, de son temps, onli peignait sous cet emblème, et que, dansla mèn intention, on représentait des croix surmontée
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d'uDe couronne de douze colombes. Nous avons UQ exemple à peu près semblable, mais un peu plas moderne, dans la mosaïque de Saint-Clément de Rome, qui offre douze colombes parsemées sur toute retendue d^une croix où est attaché Jésus-Christ (Bottari. i. p. 118). Il parait néanmoins que quelquefois, au rapport de S. Paulin (Epîst. xii. Ad Sever.), les colombes sur la croix signifiaient que le royaume de Dieu est ouvert aux simples :
Ouaque super signum résident cœleste columbœ, Simplicibus produnt régna patere Dei.
Elle désigne encore parfois les fidèles, en rappelant, soit les vertus qu'ils doivent reproduire en eux (Paulin. iftiVi.), soit le baptême où ils ont été régénérés, par exemple dans une mosaïque du cinquième siècle de Ravenne où on voit des colombes se désaltérant dans une fontaine (Ciamp. Vet. mon. i. tab. lxv), soit le breuvage divin de l'eucharistie auquel ils participent, figuré sur le fameux sarcophage de Siint-Ambroise à Milan par un calice où deux colombes s'abreuvent (AUegranza. Mon. Grist. à'Mtav. VI. 2).
Elle est prise pour symbole du martyre, par exemple dans une image de Ste-Agnès sur an verre doré (Buonarr. tav. xviii. 2), parce . qu'elle figure mystiquement l'Esprit-Saint qui donne au chrétien la force de devenir martyr ; -de l'Église, et, s'il y a deux colombes, de l'Église ex drcumdsione et de l'Église ex genti- 6M(Macarius. Hagioglypt, p. 222) ; — de la résurrection : on voit sur un titulus de Trêves (Le Hant. /iwcr. chrét. de la Gaule, i. 3S0) deux colombes au bas de cette inscription dont elles wmblent être la traduction figurée : hic amanmEHOspiTA caroiacet; — delà fidélité conjugale, quand, à la frise de certains sarcophages bisomes au centre desquels sont deux époux «npied ou en buste, sont figurées des colombes beôjuetant des fruits (Bottari. tav. cxxxvii et pasdm); — delà paix, notamment quand la colombe porte au bec un rameau d'olivier. Ainsi, ^ colombes posées sur les bras d'une croix jemmée et surmontée du labarum (Bott. i. P- 118), seraient, au sens de quelques interprète, l'expression figurée de la paix donnée à %lise par Constantin.
U colombe peut être quelquefois un signe de
Couleur, gementes ut colutnbWy dit le prophète
Nahum(ii. 7). Tel est peut-être le sens desco-
looibes que fait voir un sarcophage antique
(Bottari. tav. xxxvui), posées sur deux arbres,
entre lesquels une mère, dans l'attitude de la
jBière et de la douleur, semble pleurer son en-
iantbien-aimé, enseveli dans ce tombeau: Sa-
TVKHUPfS ET BfVSA FILIO DVLCISSIMO PECERVNT.
On se fonde sur un passage de S. Grégoire ^'Uomil. XXIX. In Evang.) pour regarder les co-
lombes au vol comme le symbole de l'ascension de Jésus-Christ, ou des âmes des martyrs et des fidèles délivrées des entraves du corps (Psalm. cxxiii. 7) : Anima nostra sicut passer èrepia est de laqueo venantium : laqueus contritus est et nos liberati sumus : « Notre âme, comme le passereau, a été délivrée du filet de l'oiseleur; le fileta été rompu, et nous avons été sauvés, > telle était sans doute la signification d'une colombe d'or qui était suspendue sur le tombeau de S. Denys à Paris (Greg. Turon. De glor. mart. 1. i. c. 72). Et ceci serait la contre-partie des oiseaux qu'on rencontre parfois, notamment sur les mosaïques (V. Boldetti. Cimit. p. 23) renfermés dans des cages, de même que, durant cette vie mortelle, l'âme est retenue captive dans la prison de la chair. L'appel de l'âme par le divin époux parait être exprimé , à peu près comme au Cantique des cantiques : Surge , columba mea et veni (ii. 10), € Lève-toi, ma colombe, et viens, » sur un sceau chrétien portant, à l'entour d'une colombe , cette touchante légende : VENI SI AMAS, « Viens , si tu aimes (Macarius. Hagioglypta. p. 239 ) ; » de même que deux colombes, tenant à leur bec un grain de blé (De Boissieu.
InscT. de Lyon. p. 581) seraient le symbole de l'âme bienheureuse se nourrissant du froment céleste.
Enfin, quand la colombe parait sur les tombeaux, surtout si elle a le rameau d'olivier, nous croyons avec Bottari (T. ii. p. ^2), Muratori {Thesaur. p. 1890. n. 7), et M. De' Rossi (ixerc. p. 17), qu'elle signifie la paix donnée à l'âme fidèle, et équivaut à la formule in page.
Cette opinion se trouve pleinement confirmée par une remarquable inscription du Musée du Vatican (Marini. Arvali. p. 266) où la colombe avec la branche d'olivier est accompagnée du mot pax, et d'une manière plus claire encore par le témoignage de S. Augustin (Lib.ii De doctrin. Christ, c. 17). Dans ces conditions, la colombe rappellerait donc la formule si fréquente sur les marbres chrétiens : spinrrvs in page, — spiRiTvs Tvvs IN PAGE. Mais il ne restera plus à cet égard Tombre d'un doute, si à cet emblème vient se joindre Tixerc, représentation symbolique du Christ, ce qui compléterait ainsi la formule : spiritvs tvvs in page et in GURisTO, solennelle acclamation qui caractô-
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rise les marbres chrétiens de la plus ancienne époque. (V. Part, in page.)
On doit sans doute reconnaître une intention analogue dans des lampes en forme de colombe qu'on allumait à certains jours près des tombeaux des fidèles et des martyrs (Buonarr. Vetri, p. 125). On peut voir une lampe de cette forme dans Fortunio Liceti {De arUiq, lucern. 1. VI. c. 50); le recueil de Bellori {Antiche lucerne, parte m. tav. xxvi) renferme une autre lampe, où, au sommet d'un chrisme rectiligne placé verticalement sur le disque , est posée ime colombe. Enfin, une colombe au vol appuie son bec sur le sommet du chrisme dans un sarcophage de Saint-Aquilin de Milan, et Allegranza (Monum, di Milano. tav. i) y voit l'image de Pâme du défunt.
COLOMBE EUCHARISTIQUE. — C'était un vase en forme de colombe où, dans les premiers siècles, on réservait la sainte eucharistie pour les malades, sans doute parce que la colombe était regardée comme l'un des symboles de Jésus-Christ. (V. l'art. Colombe») Ce vase était suspendu par une chaîne au ciborium ou baldaquin, et descendait jusqu'à une certaine distance de l'autel, soit dans les églises proprement dites, soit dans les baptistères où l'on conservait la sainte eucharistie pour la communion des nouveaux baptisés (Martène. De antiq, Eccles. ritib, 1. i. — Mabillon. Comment, in ord. Rom, in liin Ital, p. 186.)
Primitivement, ces colombes étaient d'or, mais un peu plus tard on en fit en argent, comme le prouve le testament de -S. Perpetuus, évoque de Tours, qui sera cité plus bas. Il y en eut aussi en cuivre doré : telle était celle que Mabillon dit avoir vue au monastère de Bobbio (It, Ital, p. 217). On en montre une aujourd'hui encore à Saint-Nazaire de Milan, qui est dorée en dedans et émaillée au dehors; Allegranza l'a publiée (Monum, sacr, di Milano, tav. i), et nous la reproduisons ici.
On croit que la ^ colombe est le plus ancien des vases eucharistiques employés dans le culte public.Tertullien appelle l'Église Colombie domus, (Contra Valentinian, c. m). Si l'application de ce texte à l'objet qui nous occupe était indubitable , ce serait le premier témoignage de l'antiquité en sa faveur ; mais il est plus probable qu'il s'applique à Jésus-Christ lui-môme. (V. Part. Colombe.) Si l'on en croit la Vie de S. Basile attribuée à S. Amphiloque (Ap. Bolland. t. ii jun, c. 2. n. 3), |
et que nous citons dans la traduction de Coi béfis, ce Père se serait servi de cette espè de vase : Cum panem divisisset in très ^ tes,,,, tertiam partem in colomba aurea dq sitam^ desuper sacrum altare suspendit, « Loi qu'il eut divisé le pain en trois parties, déposa la troisième partie dans la colom d'or, qu'il suspendit au-dessus de l'autel. 1 1 trouve dans S. Chrysostome et dans Seduli des allusions qui ne laissent guère de dout ces auteurs représentent le corps de Jési Christ sur l'autel comme revêtu du Saint-I prit, c'est-à-dire de la colombe qui en et l'emblème : Spiritu sancto conve^titum (Chi sost. hom. XIII. Ad pop, Antiochen). Seduli (Epist, xii) exprime la môme pensée dans(
vers :
....Sanctusque columbs Spiritus in specie Christum vestivit honore.
Nous ne mancuons pas d'autorités qui él blissent pour l'Eglise grecque, et mômepo la plupart des Églises d'Occident , l'usage suspendre la colombe au ciborium, (V. Pellicc De eucharist, infirmor, 0pp. t. in. p. kk.) Bi Mabillon soutient que, dans les églises dltal elle reposait sur l'autel môme. Comment était-elle fixée? C'est ce qu'il ne dit pas. I textes anciens, suppléant à son silence, no semblent établir que la colombe y était K fermée dans une tour d'argent. En effet, da Pinventaire si exact qu'Anastase le Bibliotb caire nous a transmis des dons faits aux ég ses de Rome par divers personnages, la ( tombe n'est jamais offerte sans la tour qui • est comme le complément nécessaire. Ainsi pape S. Hilaire donne à l'oratoire ou bapli tère du Latran , turrem argenteam,.,, et t lumbam auream. Il est évident que l'objet plus précieux par la matière devait être principal et probablement être renfermé di l'autre. Constantin donne à la basilique du V tican, patenam,.,, cum turre et columha, \ pape S. Innocent à une autre église, turre argenteam cum columba, toujours la touravi sa colombe. Mais que ces tours ne fussent p suspendues, c'est ce qui ne nous est nullemei démontré. D. Martène atteste que de son tem] encore une tour d'argent était suspendue dai l'église d'un monastère de Tours, et dans pi» sieurs anciennes basiliques de Rome, notan ment à Saint-Clément, à Sainte-Agnès sur voie Nomentane, à Saint-Laurent hors desmur Nous avons remarqué, en effet, nous-méni sous la coupole du ciborium de ces églises ui boucle de fera laquelle était attachée lachaii
La plupart des antiquaires, entre autre P liccia (De polit, eccles, m. 57) et Bottari (i. i nous semblent confondre deux choses que textes distinguent nettement, la œUmbe e^ peristerium, L'étymologie elle-même indii
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-ez que Tun était le récipient de l'autre, isieurs liturgistes (V. l'art, ciborium) attesit que sous le ciborium était quelquefois un tre petit baldaquin ou pavillon. Or nous lésitons pas à y reconnaître ce qu'on appelle j«*is/«"ium,7:£piaiiptov, f colombaire,» qui det abriter et comme envelopper la c colombe, » lOTtpa. Ces deux objets allaient ensemble, flous voyons en 475, S. Perpetuus, évéque de jrs disposer dans son testament en faveur prêtre Amalaire d'un peristerium et d'une ïmbe : peristerium et columbam argenteam repoaitorium, La définition de Du Gange ossar. latin, ad voc. Columba) suppose, en re, que la colombe contenait une autre ide, et un texte ancien qu'il cite atteste que sainte eucharistie était enveloppée dans un ce, in linteo mundo, et que le tout était renmé dans la colombe. Tout ceci n'est pas sans îlque obscurité.
Juoi qu'il en soit, il est certain qu'il y avait, is l'antiquité, des tours où le corps de Notreigneur était déposé immédiatement. C'est que supposent tous les liturgistes anciens, ncien sacramentaire gallican , donné par ibillon {Mus, Ital. t. i. p. 389\ renferme e formule de bénédiction pour les vases sa- ^, où la tour est mentionnée comme parlement distincte des autres, du calice et de patène, par exemple. Dans l'ancienne liturï gallicane publiée par dom Martène (Nov. ». anecdot. t. v. p. 95) se trouve minucieuooent décrit le rit de porter à l'autel la tour oferraant le saint sacrement. La môme cémonie est indiquée incidemment par S. Gréire de Tours : Acceptaque turre t/ioconus, in a mysterium dominici corporis habebatur tglor, martyr, c. lxxxvi). « Le diacre ayant {« la tour, dans laquelle le mystère du corps 1 Seigneur était conservé. » Mais alors nous wns pour très-vraisemblablo que ces tours lient surmontées d'une colombe. Et les vases cette forme seraient extrêmement anciens, r ils auraient leur type dans les vases euaristiques que les premiers chrétiens conservent dans leurs maisons. Nous en avons un «mple sur un sarcophage antique (Bottari. V. xu) où, aux pieds d'une femme en prière, tdéposé un vase affectant à peu près la forme d'une tour, et dont le couvercle arrondi est surmonté d'une colombe.
Voici cet intéressant monument. Des vases d'une forme conique et ayant aussi une colombe sur leur couvercle se remarquent dans une mosaïque du sixième siècle de Saint-Apolûre de Ravenne (Giampini. Vet. monim.
'. cap. 12).
OLONlfE (stmbole). — Dans les monu-
ments chrétiens, la colonne isolée est ordinairement employée comme symbole de l'Église, qui est appelée par S. Paul (1 Timoth. m. 15) columna et firmamentum veritatis. On voit dans Buonarruoti {Vetri. tav. xiv. n. 2) un fond de verre où est représentée, entre deux personnages qui, selon toute probabilité, ne sont autres que S. Pierre et S. Paul, une colonne surmontée du monogramme du Christ; sur une pierre gravée publiée par le P. Garrucci {Hagioglypta. p. 222. — V. la figure à l'art. Église), la colonne dont le fût est orné de douze genunes symbole des douze apôtres, porte un agneau, et sur une lampe d'argile trouvée à Lyon (Le Blant. Inscript, chrét. de la Gaule, i. 167) une colombe. On sait qu'ici, c'est Notre-Seigneur qui est symbolisé par le chrisme, l'agneau, la colombe (V. ces trois mots dans ce Dictionnaire), et l'ensemble des trois compositions signifie, dans l'intention des artistes, la fermeté et la stabilité que Jésus-Christ communique à son Église.
On a cru distinguer le symbole de Jésus- Christ lui-même dans des colonnes qui se voient aux quatre angles d'une peinture de voûte du cimetière des Saints-MarceUin-et- Pierre (Aringhi. II. p. 95), et au pied desquelles sont deux colombes qui tournent les yeux pour les regarder. Nous croyons que c'est encore l'Église vers laquelle les colombes, symbole des fidèles, dirigent leurs regards comme vers le port du salut; on voit dans la même attitude deux colombes et deux agneaux sur la gemme du P. Garrucci, et sur un verre représentant deux époux (Buonarr. Vetri. xxiii. 3), entre lesquels s'élève une colonne supportant une couronne. La couronne, composée de différentes fleurs, signifierait, d'après le savant florentin, les enfants nés ou à naître du mariage, et qui sont la couronne des parents, et, selon S. Clément d'Alexandrie, les fleurs du mariage; mais la colonne à laquelle est toujours attachée une idée de solidité, représenterait les enfants mâles qui sont les colonnes de la maison (Artemid. 1. ii. c. 10. ap. Buonarr. loc. laud.).
M. Le Blant (Op. et loc. cit.) signale, et il est, croyons-nous, le premier à le faire, sur des sarcophages d'Arles où est retracé le passage de la mer Rouge, la colonne lumineuse, reconnaissablc aux flammes qui couronnent son chapiteau, précédant les Israélites après leur délivrance. Nous avons remarqué le même fait sur un sarcophage d'Aix, et l'inspection du monument lui-même est absolument nécessaire, car la planche de Millin, assez défectueuse, ne reproduit pas les flammes (Millin. Midi de la Fr. pi. l. 3).
COLUM \ INARIUM. — 1. — L'usage de passer le vin, particulièrement quand il sortait
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du pressoir, était très- fréquent dans Panti- p. 230). Enfin Benoît III (855) fait don au me
quité, et primitivement on se servait pour cela nastère des saints martyrs Sergius et Bacchi
de sacs et de corbeilles de jonc. Cette opéra- des objets suivants : calices de argento purita
tion s'appelait vinum castrare (Pline, xix. k. mo duos^etpatenamunamyColatoriumumm.
XIV. 22. XX. 17), et le vin qui Pavait subie, vt- Nous reproduisons ici un instrument dec
num saccatum. Pour Pusage de la table, on genre que Blanchini donne dans ses notes
avait des passoires proprement dites, en métal, Anastase (In S. Ihbanum),
et Athénée (L. ii) en attestera présence chez ^__
les Egyptiens et les Grecs. ^Rrljllfc-tr— ' • ' ~"'^
Voici comment cet instrument était mis en ^QBBC^ œuvre : on plaçait d'abord la coupe sur son
pied ou sa base (Gruter. xvi. 12), et, sur la COMMEMORATION DES MORTS (fête
coupe elle-même le colum dont le fond était —V- ^'a^. Fêtes immobiles, n. IX. 2«. percé de trous extrêmement fins et rapprochés.
On voit au musée Bourbon de Naples beaucoup COMMUIVIOIV. — I. — Dans les premiei
d'objets de cette sorte provenant de Pompéi siècles, les rites qui accompagnaient la con
(Mus. Borbon. t. ii. tab. 60). Philippe Venuti munion différaient d'une manière assez not
donne aussi le dessin d'un colum vinarium en ^^^ ^^ <^ux qui sont aujourd'hui en usage,
tête de sa dissertation sur cette matière à la- f^V^^^ la bénédiction de Pévêque, laquel
quelle nous faisons plus d'un emprunt (Saggi suivait immédiatement Poraison dominicale,
di dissert. deWacadern. di Cortona. 1. 1. p. 80). ^^cre appelait le peuple à la communion p
Il n'est pas sans intérêt de remarquer ici en ces paroles : Attendamus ! < Soyons attentife!
passant que Notre-Seigneur fait allusion à la A^^" ^^ prêtre ou le célébrant : Sancta m
coutume ancienne de passer le vin, quand il dit ^*'«^ « Les choses saintes aux saints ! • A qu
des pharisiens : excolantes culicem, camelum ^^ peuple répondait par les acclamations si
autem glutientes (Matth. xxiii. 24); comme si, vantes : Unus sanctus , unus Dominus Jm
complices de leur hypocrisie, leurs cola lais- Christus in gloriam Dei Patris; benedictus
saient passer les chameaux et retenaient les ^^^cu^ - o»»^ I « Un saint, un Seigneur Jési
moucherons. Christ, dans la gloire de Dieu le Père : bé
On disait aussi colum nimrium, ou saccus ni- dans les siècles : amen ! i Gloria in aUissin
varias (Martial, xiv. 104), parce qu'on mettait ^^^> ^^ «^ ^^^^ P^i «>» homimbus bonat
dans ces passoires de la neige, au travers de la- l^^tf^- Hosanna filio David I Benedictvs q
quelle le vin, en passant, se rafraîchissait, ce qui ^^^^ «^ nomine Domini, Deus Dominus, et Q
était plus nécessafre chez les anciens que dans po^^it nobis : hosanna in altissimis! t Gloi
les temps" modernes, parce qu'ils conservaient ^^^s les hauteurs à Dieu ! et sur la terre, pal
ordinairement le vin, non point dans des caves, ^^^^ ^^s hommes, bonne volonté ! hosanna
mais dans la partie supérieure de leurs maisons, ^^s de David ! Béni qui vient au nom du S<
II. - L'Église adopta dès le principe cet in- g"eur, Dieu-Seigneur lui-même , et qui ne
strument dans sa liturgie: c'est ce que prouve ®st apparu : hosanna dans les hauteurs!
un très-ancien glossaire cité par Du Gange (Cap. S. Cyrille de Jérusalem (Catech, mystag.y. 1
De vasis argenteis). Venuti (Op. laud.) rappelle mentionne clairement cette formule, et exp
à ce sujet un document de 470. L'ordre romain qi^e qu'elle suivait l'oraison dominicale;
ipoTte : Archidiaconus... sumit amulam pontifi- S. Chrysostome (Hom. xvii In Hebr.) co:
ds cum vino de subdiacono, et refundit super pare ici le diacre au héraut des jeux olym;
colum in calicem, t L'archidiacre prend de la ques, avec cette différence cependant que <
main du sous-diacre Vamula du pontife pleine lui-ci interpellait chacun en particuher pc
de vin, qu'il verse dans le calice à travers le savoir si quelqu'un l'accusait d'être esclave
colum. B Et un peu après : Ardiidiaconus,., voleur; tandis que le diacre exhortait tous
accipiens calicem ab acolyto, archidiacono ap- assistants en général à s'éprouver eux-môm
portet vinum, per colum (Ap. Macri. ad voc. les choses saintes ne devant être donnés qu'a
Colatorium). Il est très-souvent fait mention de saints!
cet instrument dans les Ktcs des papes par Anas- Alors venait la fraction du pain eucharis
tase le Bibliothécaire ou ses continuateurs, que, instituée par Jésus-Christ lui-même,
Léon m pape en 795 (Anastas. In Léon. III. toujours retenue par l'Église. Tous les Pèi
p. 197. edit. Mediol.) donna à l'Église de Sainte- en font mention comme précédant la distril
Suzanne où il avait été ordonné prêtre, vasa tion ; mais elle ne se faisait pas au môme n
colaioria argentea deaurata pens. lib. iv. une. ment de la messe dans toutes les Églises.
III. Sergius. II (844) offre à la basiUque de paialt que chez les Grecs, elle avait lieu ai
Saint- Pierre : colatorium de argento^ quod in sitôt après la consécration , tandis qu'aillei
socro utitur officio deawratum unum (Anastas. on ne rompait les pains qu'au moment de
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distribuer. Les Latins divisaient chaque pain
eo trois particules, les Grecs en quatre. Les Orientaux pratiquaient deux fractions, la première avant la consécration , en trois parties, au moment ou le prêtre prononce le mot fregit; la seconde plus proprement appelée fraction et où chacune des trois particules se subdivisait en plusieurs, avait lieu avant l'oraison dominicale, après la lecture des diptyques. (V. Selvaggio. iv. 84.) Les Mozarabes avisaient Thostie en neuf parts, avec l'intention de signifier par chacune d'elles un des mystères de la vie de Jésus-Christ, ainsi énumérés par Mabillon ( Liturg. Gallic. 1. i. c. 2. S 12) :t La conception, corporatio; la Nativité; la circoncision ; l'apparition (Sans doute la transfiguration) ; la passion ; la mort ; la résurrection ; la gloire ; le règne. »
Après la fraction, la mixtion, marquée dans toutes les plus antiques liturgies, et mentionnée parles conciles (Toie^ rv. can. 17. — Arausic, i. an. 441. can. 17).
Après l'appel sancta sanctis, chacun venait recevoir l'eucharistie dans l'ordre de son grade, ordre qui était à peu près celui que prescrivent les Constitutions apostoliques (vin. 13). L'évêque la prenait le premier, et après lui les prêtres, et le reste du clergé, et les ascètes. Pois venaient les femmes, les diaconesses d'abord, les vierges, les veuves, et les enfants; et enfin tout le peuple assistant au saint sacrifice. Le texte des Constitutions apostoliques semble supposer que l'évoque seul distribuait Teuebaristie au peuple et au clergé. Mais la pratique de la plupart des Églises n'est pas conforme à cette institution. S. Justin {ApoL ii) atteste que, de son temps, la consécration était Éiile par l'évéque , mais que l'office de distribuer les pains consacrés appartenait aux diacres. En général, cependant, dans les âges suivants, l'usage commun était que l'évéque ou le prêtre, après avoir consacré, administraient l'espèce du pain, l'administration du calice étant laissée aux diacres (V. Cyprian. De V». p. 132). Cela n'empêchait pas que, soit avec la permission des évoques, soit par nécessité, les diacres ne distribuassent quelquefois l'un et l'autre. Observons cependant que deux restrictions étaient sévèrement apportées par les Pères à ce droit; la première, que les diacres redonnassent jamais la communion aux prêtres (Cofid7. Nicsm, can. xvni); la seconde, qu'ils De la distribuassent pas même au peuple, un prêtre étant présent, si ce n'est dans le cas d'une wgente nécessité, et par l'ordre du prêtre.
Quant au lieu où se recevait la sainte com- ""^on, la discipline des différentes Églises n'était pas uniforme. L'Église d'Espagne n'ad- Dïettait à l'autel que les prêtres et les diacres, 1«8 derts inférieurs dans l'intérieur du chœur,
et le peuple aux cancels (Concil, Tolet, iv). De même chez les Grecs, il n'était permis qu'aux prêtres et aux diacres d'entrer dans le sanctuaire pour communier. Les uns et les autres avaient excepté de cette règle l'empereur, auquel le concile in Trullo confirma ce privilège d'après une ancienne tradition {CondL Trull, can. Lxix). En Italie, nous voyons S. Ambroise lui refuser cet honneur : d'où Ton peut conclure que les Églises de cette contrée tinrent fortement à l'ancienne discipline su r ce point. La coutume opposée s'établit dans les Gaules : le second concile de Tours, qui défend d'admettre le peuple dans le chœur des chantres, ouvre aux laïques et même aux femmes, selon l'ancien usage, y est-il dit, le sancta sanctorum pour prier et pour communier (V. Mabillon. Liturg, gallic, ir. 5. 24. — Greg. Turon. ix. 3.) Enfin les Orientaux, particulièrement les Égyptiens, comme les Gaulois, paraissent avoir laissé aux laïques l'entrée libre dans le sanctuaire ; Valois le conclut des lettres de S. Denys l'Aréopagite (Not, ad Euseb, VII. 9).
On se demande dans quelle attitude et avec quels signes extérieurs d'adoration les premiers chrétiens recevaient la sainte eucharistie. Ils conmiuniaient tantôt debout, tantôt à genoux. Pour la première manière, nous avons le témoignage de S. Chrysostome (Homil. xxxi. In natal, Christt) qui exhorte les conununiants à se prosterner devant l'autel; et encore la pratique générale de prier à genoux aux jours de stations ; car si cette posture humiliée était exigée pour la prière en général, elle devait l'être plus encore pour la communion. Quant à la seconde , elle ressort de textes anciens fort nombreux (Dionys. Alex. ap. Euseb. loc.laud.— Chrysost. Homil. xx In Cor,), Ainsi s'explique ce mot fréquent dans les liturgies, particulièrement dans les Constitutions apostoliques (viii. 12): Erecti ad Dominum stemus ! Il est probable que la même discipline existait chez les Occidentaux ; mais on manque de preuves positives à cet égard. Ce qui est certain, c'est que, parmi nous, les prêtres seuls ont conservé l'usage de communier debout. Il faut observer néanmoins que, alors même qu'ils conununient debout, ils témoignent leur respect pour la sainte eucharistie en inclinant profondément le corps et la tête. Accedit, dit S. Cyrille de Jérusalem {Catech, y) et ad sanguinis poculum non extendens manum^ sed pronus, atque adorationis, venerationisque ritu dicens: Amen,
En présentant au fidèle la sainte eucharistie, le prêtre prononçait une formule qui a subi dans le cours des temps de nombreuses modifications. Au commencement, cette formule n'était autre probablement que celle que nous ont transmise les Constitutions apostoliques (vui. 13), car nous n'avons pas pour cet objet de
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document antérieur. Le prêtre disait : Corpus Christi; le fidèle, Amen. Le diacre en présentant le calice : Sanguis Christi^ ailleurs : Calix Christi^ calix salutis; le communiant : Amefi. Nous retrouvons les mômes formules dans le livre sacramentaire (rv. 5) attribué à S. Ambroise. Ce Père la répète dans un ouvrage qui est sûrement de lui {De initiand. c. ix). Que le peuple fût dans Tusage de répondre amen après avoir reçu les deux espèces, c'est ce qu'attestent S. Augustin (Contr. Faïust. xii. 10), S. Jérôme (xlii. Ad Theophil.)^ S. Léon le Grand (vu De jejun, septimi mensis), un grand nombre d'autres. Nous en avons encore une preuve mémorable dans ce fait, que le pape Corneille reproche (Ap. Euseb. vi. 43) à Novatien d'en être venu à ce degré d'audace que de persuader à ses partisans de dire au moment de la réception de l'hostie, au lieu de Vamen consacré par la tradition, ces paroles impies : « Je ne retournerai pas à Corneille. » Au temps de S. Grégoire le Grand, la formule en question était déjà devenue plus explicite ; elle avait pris la forme déprécatoire : Corpus Domini nostri Jesu Christi consercet animam tuam (Joan. Diac. In vit, Greg. M. 1. ii). « Que le corps de notre Seigneur Jésus-Christ conserve ton âme. » Au siècle de Gharlemagne et d'Alcuin (Alcuin. De ofpc.)^ elle se rapprocha encore de celle qui est en usage aujourd'hui : Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat te (Aujourd'hui animam tuam) in vitam xternam.
Autrefois le peuple ne recevait pas le corps de Notre-Seigneur dans la bouche ; mais les hommes le recevaient dans la main droite nue, croisée sur la gauche (Augustin. Contr. Parmen. 1. ii. c. 7. — Concil. quinisext, can. 101. — Cyrill. Hierosol. Catech, mystag, v), les femmes sur un linge blanc appelé dominicale (V. ce mot), après quoi chacun le portait respectueusement à sa bouche. Nous aimons à mettre sous les yeux du lecteur les paroles de S. Cyrille de Jérusalem : « En approchant de la communion, approche non point avec les mains étendues.... mais avec la gauche comme une sorte de siège sous la droite, qui doit recevoir un si grand roi (Num. 18). » Ste Perpétue, dans le récit de sa célèbre vision, fait allusion au môme usage : Accepi junctis manibus (Ruinart. p. 32).
En outre des innombrables témoignages qui nous font connaître cette pratique liturgique, nous sommes heureux de pouvoir citer un intéressant monument trouvé à Autun en 1839. C'est une inscription grecque métrique du ileuxième ou du troisième siècle : "EaOïs , jifve Xa6b>v, îyôuv ïy^uy* -aXajxaîç, a Prends, mange et bois, tenant ^/^Ouç dans tes mains. » (V. l'art. Poisson.)
Pour ce qui est du précieux sang, nous sa-
vons que l'usage s'établit de le prendre ou de l'aspirer du calice à l'aide d'une espèce de chalumeau, calamus^ syphon^ d'or ou d'argent. Mais il serait difficile d'assigner l'origine de ce rit, si respectueux pour la sainte eucharistie. Dans le principe, il parait que les communiants approchaient directement leurs lèvres du bord du calice dit ministériel , que leur présentait le diacre en le tenant par les deux anses dont il était muni. Le P. Secchi a risqué, dans sa dissertation sur le corps du martyr Sabinien, l'opinion que beaucoup des verres historiés des catacombes auraient été des calices à l'usage des fidèles, et dans lesquels le diacre aurait versé j à chacun quelques gouttes du vin consacré. Ce système qui, il faut l'avouer, aurait besoin d'ôtre plus solidement appuyé , répondrait à bien des objections relatives aux nombreuses profanations auxquelles le précieux sang devait être exposé au temps de la communion sous les deux espèces.
II. — Dans les temps de persécution, les fidèles qui assistaient à la célébration des saints mystères, au sein des catacombes et en d'autres lieux secrets, après avoir communié, recevaient encore d'autres particules consacrées qu'ilsemportaient dans leurs maisons, et avec lesquelles ils se communiaient eux-mêmes, toutes les fois qu'ils éprouvaient le besoin de retremper leur foi , et surtout quand ils avaient à se préparer au martyre. Nous avons ici le témoignage de S. Justin (Apol. Il), de Tertullien {Ad uxor. II. 5), de S. Cyprien {De lapsis...)^ de S. Basile (jEpist. ccLxxxix. Ad Cxsariam patridam). Le texte de ce dernier Père, qui prouve que cet usage était encore en vigueur au quatrième siècle, du moins chez les Grecs, est bon à citer: « A Alexandrie et en Egypte en général, chacun, môme parmi les laïque's, a ordinairement dans sa maison la < communion, i xoivov{a:v, et, quand il le veut, il se communie de lui-même. •
Voici, d'après la Vie de S. Luc le Solitaire, les cérémonies que, consulté par lui, l'archevêque de Corinthe lui avait prescrites comme devant accompagner la communion domestique. Nous empruntons cette citation au cardinal Bona {Rer. liturg. n. 17) ; c S'il y a un oratoire dans la maison, on place le vase qui contient l'eucharistie sur l'autel ; s'il n'y a pas d'oratoire, sur une table très- propre; déployant ensuite un petit voile (Semblable au dominicale sans doute), vous placerez sur ce voile les saintes particules ; vous brûlerez de l'encens, vous chanterez le trisagion (V. ce mot), et le symbole ; puis, après avoir fait trois génuflexions pour l'adorer, vous prendrez re* ligieusement le corps de Jésus-Christ. » C'était là, on le comprend, le rit normal, et il s'observait toutes les fois que la chose était possible. Tel n'était point le cas des fidèles liabi-
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Uni des maisons où vivaient des païens, d'unec/iipîîtie en des vases proportionnés à la for-
femme, par exemple, unie à un mari idolâtre : la communion se faisait alors avec le plus grand secret et sans aucun appareil, comnne le recommande Tertullien (Loc. laud.) : « Que ton mari ne sache pas ce que tu goûtes secrètemeut avant toute nourriture. »
Quant à ceux qui, pour cause de maladie ou (l'obstacle quelconque, n'avaient pu assister à [a liturgie, la sainte communion leur était portée par les diacres, ou même par un clerc nférieur, témoin Pac^olyte Tarsicius, qui fut nartyrisé par les païens, pour n'avoir pas »oulu leur livrer le corps du Sauveur qu'il wrtait (Martyroh Rom, die aug, xviii). On la confiait aussi aux laïques en cas de nécessité : linsi un prêtre malade, comme nous le savons )ar Eusèbe (Hist, eccl. vi. 27) chargea un enant de la porter au pénitent Sérapion qui se rouvait in extremis. Cet exemple prouve deux :hoses, c'est qu'il n'était pas permis aux péni- «nts d'avoir la sainte eucharistie chez eux, et tn second lieu que les prêtres l'avaient toujours dans leur maison, afin de pouvoir à toute heure l'administrer aux malades. On pourrait en conclure encore , ce qui du reste est parfaitement avéré d'ailleurs, que, pendant les trois premiers siècles, l'eucharistie n'était point réservée dans les lieux, églises ou oratoires quelcsooques, où s'accomplissait la liturgie. Il était aœsi permis aux fidèles, conmie nous l'apprenons de S. Grégoire le Grand (DiaL m. 36), de laporteravec eux en voyage.
Les clercs, comme les fidèles, portaient la
sainte eucharistie, ordinairement suspendue à
leur cou, tantôt dans des linges que S. Am-
kroise appelle oraria, ou dans des vases d'or,
d'argent, de bois, d'argile. Il n'est pas sans
«[uelque probabilité que la petite custode dont
nous donnons le dessin à l'article encolpia
aitsem à cet usage. C'est l'avis de Bottari et
dePelliccia (De polit, Eccl. t. m. p. 20). Le
passage suivant de S. Jérôme (Epist, ad Eus-
fe. c. xx) ne permet guère de douter qu'on
M se servit môme quelquefois pour porter
le corps de Notre-Seigneur de petits paniers
d'osier, et de fioles de verre pour porter le
précieux sang : Nihil illo divitius qui corpus
ûwwm portât vimifiea canistro, et sanguinem
w Vitro, t Rien de plus riche que celui qui
porte le corps du Seigneur dans une corbeille
d'osier, et son sang dans un vase de verre. »
On voit dans les catacombes des peintures qui
«mblent être la traduction de ce texte : ce
sont des cistes allongées au-dessus desquelles
« montrent des pains incisés en croix, tandis
^'au travers du treillis on distingue une fiole
pleine de vin rouge. (V. le dessin de cet objet
iTart. fiicAansfic.)
I^s les maisons, on consentait la sainte eu-
tune de chacun, et que S. Cyprien, dans son livre De lapsis^ désigne sous le nom générique d^arca. Il raconte l'histoire « d'une femme qui, ayant voulu ouvrir avec des mains indignes son arche, arcam suam^ où était renfermé le corps du Seigneur, sanctum Domini, en fut empochée par une flamme qui s'échappa du vase. D Nous pouvons nous faire une idée juste de ces vases eucharistiques par une boite en forme de petite tour, surmontée d'une colombe, laquelle est sculptée à côté d'une orante sur un sarcophage du cimetière du Vatican ( Bottari. tav. xix). Et cette interprétation est rendue plus probable encore par la présence, de l'autre côté de la femme en prière, de volumes liés ensemble et debout, double sujet qui rappelle absolument l'usage où l'on était d'avoir dans le sanctuaire des basiliques deux espèces de tabernacles dont l'un renfermait l'eucharistie et l'autre les livres saints. (V. la figure de cet objet k l'art. Colombe eucharistique.)
III. — Bien que Notre-Seigneur eût institué l'eucharistie le soir, et distribué son corps et son sang à ses apôtres après souper, toutes les Églises ont cru néanmoins devoir, par respect pour ce divin aliment, le prendre avant toute autre nourriture. S. Augustin (Epist ad Januar.) voyait une inspiration du Saint-Esprit dans cet accord unanime des Églises fondées chez des nations si différentes de mœurs et de caractères, sur un point de disciphne qui n'avait été ni prescrit dans l'Écriture, ni réglé dans un concile : c II a plu au Saint-Esprit, dit ce Père, pour honorer un si grand sacrement, que le corps du Seigneur entrât dans la bouche du chrétien avant toute autre nourriture. » Tertullien (Loc. laud.), S. Cyprien {Epist. lxiii), Basile (Homil. I De jejun.), S. Grégoire de Nazianze (Orat. xl), S. Chrysostome et les autres Pères ont présenté cette pratique comme le résultat d'une tradition reçue et observée partout, à quelques exceptions près. Ainsi, par exemple, nous apprenons de l'historien Socrate (Hist. eccL v. 22) que les Égyptiens, voisins d'Alexandrie, et ceux de la Thébalde, s'assemblaient le samedi, et qu'au lieu de participer aux saints mystères à jeun , comme les autres chrétiens, ils n'offraient et ne conununiaient que sur le soir, après avoir mangé. Mais ceci était tout à fait spécial à ces peuples.
Nous devons dire cependant que, dans les Églises de quelques nations, on crut que, pour imiter plus exactement l'exemple de Notre-Seigneur à la dernière cène, on devait, au moins le jeudi saint, souper avant de participer aux saints mystères. Cet usage parait avoir été assez commun en Afrique : car un concile de Garthage tenu en 397 (Gan. 43), qui interdit, en thèse générale, de célébrer autrement qu'à