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jeun, excepte cependant de cette règle le jour ou annuellement se célèbre la cène du Seigneur. Cette ordonnance était devenue nécessaire, parce que quelques prêtres, et peut-être même des évêques, se fondant sur Tusage du jeudi saint, prenaient la liberté d'en user de même quand ils célébraient les obsèques d'un mort sur le soir.

Il parait que le même abus s'était aussi glissé dans les Gaules, puisque nous le voyons condamné par quelques-uns de nos conciles ; mais, ce qui est très- remarquable, c'est que l'exception du jeudi saint s'y touve toujours notée et confirmée. Ainsi le second concile de Mâcon (Can. VI. an. 585) défend aux prêtres, sous peine de déposition, de traiter les divins mystères après avoir bu ou mangé; mais, s'autorisant du concile de Carthage dont il cite le canon que nous avons rapporté plus haut, il autorise à célébrer le jeudi saint après avoir soupe. Celui d'Auxerre (An. 578. can. xix) avait déjà fait la même défense, et déclaré en outre qu'il n'est pas permis aux prêtres, ni aux diacres, ni aux sousdiacres, d'assister à la messe, ni de demeurer dans l'église où on la célébrait, après avoir mangé ou bu. La seconde partie de la défense était motivée sur l'obligation où étaient en ce temps-là les prêtres et les autres ministres de communier à la messe qu'ils étaient tenus d'entendre.

Dans la suite, mais à une époque qu'il serait difficile de déterminer, la coutume abusive de communier le jeudi saint sans être à jeun cessa complètement et spontanément : la piété des ecclésiastiques et du peuple les portant à renoncer d'eux-mêmes à une exception peu respectueuse pour la sainte eucharistie.

COMPLIES. —V. l'art. Office divin, n. III.

CONCILES. — I. — Il s'agit seulement ici des formes et des rites qui précédaient et accompagnaient la tenue des conciles dans l'antiquité chrétienne : le reste est du domaine de la théologie et du droit canon.

L'ancienne discipline de l'Église voulait que les conciles ou synodes fussent toujours inaugurés par la prière, le jeûne et d'autres œuvres religieuses, mais surtout par l'invocation du Saint-Esprit (V. Catalano. Prolcgom, in ConciL), Cette discipline du jeûne se trouve fréquemment mentionnée dans les conciles de Tolède.

Ordinairement, les assemblées ecclésiastiques, et notamment les conciles, ne se célébraient pas ailleurs que dans l'église : c'est ce qu'établissent les actes d'un grand nombre d'entre eux. Ainsi, le second concile général fut tenu à Constantinople, dans l'oratoire des Saints-Pantaléon-et-Marinus, martyrs, lequel

reçut depuis le nom de Concordia^ parce que, au témoignage de S. Jean de Damas (Tract. III De sacr. imagin,) , cent cinquante évoques y furent unanimes à condamner les erreurs dt Macedonius. Éphèse vit le troisième concile œcuménique rassemblé dans l'église de cetti ville consacrée à Marie mère de Dieu, et qui pour ce motif , fut surnonmaée Mariam, j Chalcédoine, le quatrième concile universc se tint dans la magnifique basilique de Sainte Euphémie, dont Évagre (Hist, eccL 1. ii. c. 2 nous a laissé la description, ainsi que le réd des miracles de la sainte, et surtout des goutte de sang qui coulaient de ses reliques. Noi voyons clairement, par les actes de cette saint assemblée, que les Pères étaient assis en avai des cancels de l'autel, lieu que Libérât {InBn viar, c. xiii) appelle secretarium^ prenant de 1 occasion de désigner aussi sous le nom de « cretaria chacune des sessions qui s'y tinrent Que l'usage ait existé d'installer les concile dans les secretaria des basiliques (V. l'art, si cretarium) , c'est ce que démontre clairemen le cardinal Baronius , sous l'année 451, pa plusieurs exemples, soit de l'Église d'Afrique où tous les conciles de Carthage furent tenu dans ces conditions ; soit pour l'Église ro maine, sous le pape S. Martin, et pour d'au très Églises encore.

II. — Nous apprenons de Théodore Studite célèbre écrivain du huitième siècle, que l coutume était, dans les anciens synodes, d'ei poser à tous les yeux l'image auguste du Sau veur.

Nous devons signaler ici une autre praliqu non moins touchante que vénérable, qiii • beaucoup de rapport avec la précédente, e qui s'observait dans tous les conciles généraui Avant l'ouverture des séances, on plaçait l livre des Évangiles, qui est le type de Jésus Christ parlant aux honunes, sur un trône cou vert de riches draperies, d'où il semblait pré sider la sainte assemblée, ante positis in fntiH sacrosanctis et venerabilibus Evangeliis^ et lu rappeler que ses jugements devaient êtr dictés par la justice : Eectum judiàum judicai^ S. Cyrille d'Alexandrie, qui présida le concil d'Éphèsé au nom du pape S. Célestin, écrit ce belles paroles dans sa lettre apologétique l'empereur Théodose : t Le saint synode a! semblé dans l'église qui s'appelle maria, n» TFFUA LE christ COMME SON CHEF : en effet, vénérable Évangile était placé sur un trôî sacré, insinuant ceci aux oreilles des prètr saints (Les pères du concile) : Jugez un jus jugement, justum judicidm jwUcate! » Il fut de même aux conciles de Chalcédoine de Constantinople, et au deuxième de Nie comme nous l'apprenons de Tarasius, patri che de Constantinople, écrivant au pape '.

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