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résignation dans la persécution laos te martyre, et de plus l'amour et lissance envers l'A^eau de Dieu imr le saint des hommes. S. Grégoire de pouvait contempler sans pleurt tâbleaa, qui, comme on sait, était «int sur les murailles des basiliques i{Conc.Nte. ii. act. k).
Ile fresque donnée par Bosio et plus t par M. Perret {Vol. m. pi. xx) re- . preoiiëre scène du drame, Abraham du doigt le feu allumé sur un petit de l'autre cfité Isaac portant le bois ice. Voici le type ordinaire de la it principale scène. Isaac est agemtôt sur un autel {BotUri. tav. Jtv et . au pied de l'autel quand le feu y S (Id. tav. XL), tantôt sur un monceau :d. tav. cxi), confonnément au récit èse, super ttruem lignoTum (xxri. 9), : la terre nue (Id. tav. xx), tantôt :ber bmt (Id. tav. xxxvii). La figure est d'une fresque du cimetière des iTcetlin-et-Pierr e (Bott. tav. lxxix).
>e compose quelquefois de deux ibout, et d'une troisième placée en omme quelques autels chrétiens priitt. tav. Cl. n. 5}. Les artistes l'ont plus souvent sous la forme des aunes, avec la patère et le timpulum or les flancs (Id. tav. xxvii}.
st vêtu d'une tunique simple; par , on le voit dans une fresque du cime- «înt-Calliste (Id. tav. lix) avec une légamment ornée de deux bandes de a bout des manches et sur les épaubas, de deux ealticulx (V. ce mot). Il ns liées derrière le dos, absolument nsia peinture mentionnée parS.Gré- 4jsse, et qui .fut citée au concile de e seule fois nous l'avons vu les yeux ist sur un médaillon de bronze illuslonarruoti (Tav. i. n. 1).
a tient une main sur la tête de sou I l'autre élève le glaive prêt k le
i — ABRA
frapper. Son regard se porte en arrière sur
une main sortant d'un nuage, laquelle, dans les monuments chrétiens en généra), est le signe de l'intervention de Dieu le Père, et de sa providence (V. l'art. Dieu), et, dans le sujet qui nous occupe, représente la voix de l'ange arrêtant le bras du père des croyants ; l'ange lui-même se voit sur une pierre gravée qui sera citée plus bas. Abraham n'a quelquefois pour vêtement qu'une tunique , libre ou ceinte, très-courte (Perret, iii-xx. — cf. Bott. xux), ou descendant jusque sur les pieds {Bott. tav. Lix] ; mais on le trouve le plus souvent drapé dans le paltium {Id. tav. clix), et une fois il se montre exactement vêtu comme le grand prêtre de l'ancienne loi {Id. tav. CLXi). Une fresque du cimetière de Priscîlle le fait voir ainsi qu'lsaac avec une très-ample peatila aux bandes de pourpre. Cet exemple nous paraît aussi unique dans son genre. Le type commun du sacrifice d'Abraham, celui que nous venons de décrire est sculpté en bas-relief sur l'une des deux sections d'une noix de myrrhe trouvée dans les catacombes par Boldetti {OsMrt). tav. p. 298. n. 10).
Nous pourrions signaler une troisième scène, qui serait l'action de grâces, précédant l'immolation du bélier. Dans la fresque citée en dernier lieu (Bott. tav. glx[I), Abraham est debout sur l'autel, mais d'un cdté, il a Isaac également debout au pied de ce même autel, et, conune lui, étendant les bras dans l'attitude de la prière ; et de l'autre côté le bé lier. Noua avons une peinture murale, d'une époque nn peu basse (Bott. tav. clxix. 3) , où Abraham est vu tenant par le bras son fib debout, et étendant son glaive au-dessus de la tête du bélier placé devant un autel d'où sortent des flammes. MontTaucon (Antiq. tuppl. t. II. pi. Lv. n. 6] donne un ahraxas où te sacrifice d'Abraham est représenté avec des circonstances tout il fait insolites. Abraham y est absolument nu, et tient par les cheveux isaac agenouillé. Un ange survient, poussant devant lui un bélier, et fait signe au patriarche d'arrêter. A chacun des quatre angles de la pierre, on voit un ange aux ailes déployées, et, dans le champ, des lettres grecques difficiles à dëchiifrer.
Le sacrifice d'Abraham est quelquefois représenté dans les anciennes mosaïques, et en particulieràSaint-VitaldeRavenne(Ciamp.V«f, mon. I. tav. xx). Il se rencontre aussi dans les monuments de la Gaule, par exemple dans les peintures aujourd'hui détruites d'un hypogée de Reims (Le Blant. Iitscr de la GauU. t. i. p.<i48), et l'ouvrage sur les traditions relatives à Ste l^adeleine (T. i. p. 774] reproduit nn basrelief où ce sujet est exécuté avec, un cachet tout particulier. Abraham, vêtu d'une tunique
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ceinte et très- courte, avec une chaussure pleine et montante, tient parles cheveux Isaac; celui-ci est debout près d'un petit autel enflammé, il est vêtu et chaussé comme son père. Abraham élève son glaive, et le bélier est derrière lui. Nous terminons par le monument le plus curieux peut-être de tous ceux qui représentent le sacrifice d'Abraham. C'est un verre orbiculaire de la collection de Buonarruoti (Tav. II. 1), que nous avons reproduit à l'article Fonds de coupe^ d'après le dessin plus correct du P. Garrucci ( Vetri. omati di fig, in oro. tav. II. 8). Sur le point d'immoler son fils, Abraham se retourne, et dirige ses regards vers l'endroit où d'ordinaire parait la main divine ; mais à la place de cette main , se trouve une ciste renfermant des fruits et un cordeau roulé. On sait que le cordeau, servant à mesurer les terres, se prenait chez les Juifs pour le symbole de l'hérédité. Il est donc ici le signe de la possession de la terre de Chanaan que Dieu avait assurée aux descendants d'Abraham : Tibi dabo ierram Chanaan , funiculum hxredilatis vestrx (1 Paralipom. i. xvi. 18} : « Je te donnerai la terre de Chanaan, la part de ton héritage. » Les fruits sont le symbole de la multiplication à l'infini de la postérité du père des croyants. Il est évident que l'artiste a placé ces objets sous les yeux d'Abraham, afin d'empêcher sa foi de chanceler, au moment, où, en sacrifiant son fils, il semble rendre impossible la réalisation des promesses de Dieu qui reposaient sur cette tête unique. Nous devons mentionner enfin une très-curieuse représentation du sacrifice d'Abraham sur une cuiller antique trouvée en 1792 près d'Aquilée (Mozzoni. Tav. ist, eccl. sec. rv. p. 47). (V. l'art. Adoration des mages,)
ARSIDE. — A l'extrémité du béma(V, l'art. Basiliqws chrétiennes) des basiliques, l'abside est un édifice de forme semi-circulaire que, à raison de sa position et de sa forme, les auteurs anciens appellent tantôt apsis, tantôt exedra^ et conchula bematis. Tous ces mots expriment une structure arquée ou sphérique, imitant la voûte céleste. S. Jérôme (L. ii In Ephes, c. iv) désigne toujours cette partie de l'église sous le nom d'abside. D'autres disent conc^, à raison de sa ressemblance avec une coquille. Dufresne {Comment, in Paul. SU. 565) cite à ce propos Procope, PaulleSilentiaireet S. Paulin. Le même auteur pense que S. Augustin veut désigner cette partie de la basilique , quand il dit qu'une conférence entre les catholiques et Emeritus évêque des donatistes fut tenue dans Vexedra; et en effet c'est au fond du berna ^ précisément audessous de la coquille, que se trouvent, et la chaire de l'évêque et les sièges des prêtres. (V. l'art. Chaire,)
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L'abside des vieilles basiliques, principal ment à Rome, à Ravenne, à Milan, etc., est o dinairement décorée de mosaïques. (V. Tar Mosaïques.) La forme absidale se remarqi dans l'architecture des catacombes, elle i trouve fidèlement reproduite dans les petiU basiliques bâties au quatrième siècle au-dessi des plus insignes chapelles souterraines, ( c'est dans les cimetières sacrés que les prc miers architectes chrétiens en ont puisé le ôix Il est à croire que ce type était observé dan les égHses bâties sub dio au temps des perse cutions. Les actes de S. Théodote d'Ancyre martyrisé sous Dioclétien en font foi (Ruii edit. Veron. p. 295). Il y est dit que c Saint, ayant voulu, un soir, aller prier à l'é glise des patriarches, et n'ayant pu y entre parce que les païens en avaient muré la porte se prosterna en dehors, près de la conque g était l'autel. (V. l'art. Basiliques chrétiennes
ACCLAM4TIOIVS. — Ce sont certaini formules employées par les premiers chH tiens, à l'exemple des peuples de l'antiquit pour exprimer , soit leur douleur ou leur affe» tion à l'occasion de la mort et des funéraill de leurs frères, soit leur joie et leurs souhaî fraternels dans les festins. On comprend d l'abord que les unes s'adressent aux morts, 1 autres aux vivants. Un caractère général toutes les classes de formules acclamatoire et que Buonarruoti (Vetri. p. 164) restreint tort aux seules acclamations funéraires, c'c que les noms y sont toujours au vocatif, comr par exemple : concordi bibas in page d (Buonarr. tav. v. 1). « Concordius, vis dans paix de Dieu. »
I. — Les acclamations funéraires nous so parvenues, écrites sur deux espèces principal de monuments : les marbres des tombeaux, une classe spéciale de ces verres iiistoriés qui rencontrent en si grand nombre dans les cim tières antiques, et surtout dans ceux de Rome souterraine.
1° Les premiers fidèles avaient pour habitu d'inscrire sur le marbre qui fermait les locu les dernières paroles affectueuses qu'ils avai< adressées aux morts, en forme d'adieu, au n ment où ils leur rendaient les devoirs suprêm Ces paroles étaient tracées isolément, ou bi elles précédaient ou suivaient l'inscription pr cipale. Quelquefois, l'acclamation était d'ab( dessinée grossièrement à la pointe sur la cha qui scellait le loculus, puis gravée sur le m; bre lui-même. Telle est celle de Dracont que Buonarruoti dit avoir copiée de sa main cimetière de Cyriaque. Sur la chaux : draco: in page ; « Dracontius en paix ; i sur le mi bre : miras innocentiae draconti qvi vr
ANN. V. M. X. p. %U PORMFF IN PAGE (Bu<
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AGGL
p. 169). t A la rare innocence de Dracontius, qui Técut V ans, x mois, zi jours. Il dort en paix. »
Dionigi ( Det blandimênti funehri, ossta délie acclamoztont Mpoicro/t cri%liane) définit les acclamations sépulcrales c des expressions de respectet d^affection, ou de regret, ou de deuil, ou de prière, ou de louange envers les morts. > Le cercle tracé par cette définition est trèslarge; mais nous ne saurions avoir Tintention de citer ici toutes les formules, nous choisirons quelques-unes de celles qui se rencontrent plus fréquemment.
Celle de toutes qui présente le caractère le plus exclusivement chrétien et le plus significatif, c'est la célèbre formule in page. Mais son importance exige un article à part, et d'une certaine étendue. (V. Part, m page.)
La formule vrvAS, qui se reproduit très-sou- Teot, en se modifiant selon les contrées, exprime on souhait de vie et de bonheur pour Tétemité : TiVASiN DEC, « Vis OU Dieu ! » (Murât. Thettur.ve/. tn«cr. 1954. 4); vivas in deo dvlcis (Buonarr. 166) , et son équivalent en grec
ZKBC El eECO, — À^eOMA EN OECO ZHCH2 (BUOU. 16); — VIVA SIS CVM FRATRIBVS TVIS (Boldctti,
419), € Sois vivante avec tes frères. » vive in HOMiNE ^, c Vis au nom du Christ! » (Mai. Co/fcc/. Vatic. v. 455. n, 1) ; aeternvm vtvatis mxpo (Le Blant. i. 64), c Vivez éternellement dans le Christ. 1 Dans le premier exemple, le nom du Christ est remplacé par son monogramme. Citons encore, d'après Maffei, celleci, gravée sur le sarcophage d'un prêtre : Bo«ciFAn vrvAS SAGERDVS (sic); et la suivante qui a été trouvée naguère dans l'église de Sivaux (Vienne): aeternalis [| et servilia || vivatis in DEO ( Baïktin de la Société des anti(^ires de tOmt. 3« trim. 1862). -- Souvent on lit BiBAS pour VIVAS, confusiou née de l'habitude, fréquente chez les anciens, et chez les chrétiens en particulier , de substituer le s au v et réciproquement. C'est ainsi que dans un titulus chrétien donné par Reinesius (P. 927. n. 126), nous lisons : Martine et angelvsa bibates , tnValif. c Martinus et Angelusa, vivez! • Il serait aisé d'en multiplier les exemples : ivliane
TIBASIN DEO (BuOU. 167); VIBAS INTER SANCTIS
(De'Rossi. Inscr. Rom, i. p. 16); c Vis parmi les Saints ! » dioscore vibe in eterno ( Fabretti); longine dvlcis bibes; geli tibi patent BiBEs IN page (De' Rossi. ix«rc. p. 8) ; « Les cieux te sont ouverts, vis en paix ! » vibas in DOMKOZESV (Fabretti. 573. 149); t Vis dans le Seigneur Jésus ! » Une signification semblable doit assurément être attribuée à celle-ci, <jpii ne diffère que bien peu des précédentes : 'Tïsvu accepta sis in ghristo (Vignoli. Inscr. ^t. p. 331), « Sois accueillie dans le Christ ! > Quelquefois le mot yivas est supprimé, mais éfidemment sous-entendu ; c'est toujours un
souhait de vie dans le Christ : in signo domini ^ ; t Dans le signe du Seigneur Christ ! » in siGNO ^ ; siGNV ^ (Boldetti. pp. 85. 345. 399). L'attribution se justifie par cette inscription où la formule est complète : zosime vive in nomine ^ (Mai. Collect. Vatic. 455. 1). D'autres fois on invoque sur les épitaphes, non-seulement Dieu y mais son Saint-Esprit , ou quelque Saint, S. Pierre par exemple : in nomen dei (Perret, v. 21) ; en Ann nNETMATi eEor; « Dans le Saint-Esprit de Dieu (Marchi. p. 198) ; » in nomine PETRI (Boldetti. p. 388). Les tituli de notre Gaule portent des formules analogues; nous en trouvons à Lyon : in nomine gristi ; à Amiens : in xpo nomine ; à Aoste : in xpi NOMENE (Le Blant. 1. 1. p. 66).
Il est des acclamations qui contiennent, sous une forme concise, tout un éloge funèbre, comme celle - ci écrite entre deux palmes :
FRVGTVOSA BENE VIXISTI VENE CONSVMMASTI.
c Fructuosa, tu as bien vécu, tu as bien rempli ta carrière. » (Fabretti. p. 122. n. 590.) Souvent elles consistaient à prodiguer au défunt les titres les plus doux , les noms les plus affectueux : c Douce âme, âme innocente. » (Ap. Buon. p. 166.) anima dvlcis; — calei-
VIGE DVLCES IN PAGE; — ANIMA DVLGIS. — IN- GOMPARABILI FILIO Q VlXrr ANNIS XVII. NON ME- RITVS VITA REDDIT IN PAGE DOMINI ; « A UU fils
incomparable.... qui a rendu son âme dans la paix du Seigneur! » anima melleia (Fabretti. p. 576. n. 163); palvmba sine fêle (Marangoni. act. i. 5. p. 120); « Colombe sans fiel. » Mais en général ces formules, qui ne sont pas même des acclamations proprement dites, doivent être prises pour un éloge de la vertu du défunt, plutôt que comme un témoignage d'affection tout humaine. Elles équivalent sans doute à celles-ci qui se rencontrent plus fréquemment encore : anima innox (Fabretti.
p. 576. n. 65) ; animée innogenti ou innocen- TissiMiE.... {ibid, n. 163); t Ame innocente.... très-innocente! »
Il est une classe très-nombreuse d' acclamatiens qui se rapportent au repos, à la lumière, au rafraîchissement, etc. ; nous en avons traité aux articles Paradis . Purgatoire , lvx , refri- GERiVM. Comme motif de consolation, on inscrivait quelquefois sur les tombeaux cette formule : Nemo immortalis , t nul n'est immortel ; » ou en grec : or\Ei2 aoanatoc (Ap. Buon. p. 160). 2<» Il n'est pas rare de rencontrer dans les catacombes des verres sur lesquels sont tracées, avec ou sans figures, des formules absolument identiques à celles qui se lisent sur les tombeaux; et ces vases sont ordinairement murés à l'extérieur de loculi qui ne portent pas d'acclamation, ni môme d'inscription quelconque, ainsi : irene vivas (Buon. 166); con-
GORDI BIBAS IN PAGE DEI (Id. tav. V) ; t Con-
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cordius, vis dans la paix de Dieu! » Pour assigner à des acclamations placées dans de telles conditions une signification funéraire, BOUS avons besoin de nous appuyer sur l'importante autorité de Buonarruoti ; car nous ne saurions nous dissimuler que nous sommes ici en contradiction avec plusieurs archéologues modernes. L'illustre sénateur florentin pense que , ayant été préparés pour servir aux agapes funèbres des personnes dont ils portent les noms, ces vases étaient fixés au tombeau, après le festin d'adieu, et cela pour plusieurs raisons : la première était de faire de cet objet une marque de reconnaissance pour un loculus qui n'en avait pas d'autre ; la deuxième , de perpétuer le souvenir de l'agape et des douloureux adieux adressés au défunt; enfin, de suppléer par la formule acclamatoire tracée dans le verre celle que , pour ce motif, ils se dispensaient de graver sur la pierre. Qui pourrait méconnaître le caractère que nous signalons ici aux paroles suivantes : htlaris vivas
CVM TVIS FELICITER SEMPER REFRIGERIS IN PAGE
DEi (Buon. XX, 2) : t Hilaris, vis avec les tiens (ce qui s'entend ordinairement avec les Saints) heureusement, sois admis au rafraîchissement dans la paix de Dieu. » Ceci est une véritable épitaphe nettement caractérisée surtout par les mots REFRIGERIS et IN PAGE DEI. (V. les art.
REFRIGERIVM et IN PAGE.)
11 y a plus encore : des acclamations du même genre sont gravées sur des anneaux. Le vivas IN DEO se lit sur plusieurs pierres du recueil de Ficoroni (Gemma ant. litt. tab. xi) , sur un sceau de fer donné par le P. Lupi (Sev. epitaph, tab. IX. p. 57), et sur un monument absolument semblable que Spon a publié (Miscellan. p. 297). Il existe un cineau sur le chaton duquel la même légende entoure le buste d'un homme , comme dans les médailles (Perret, iv-xvi. 14). Quelquefois elle est jointe au nom d'un personnage, absolument comme sur les pierres tumulaires : devsdedit vivas in deo (Ficoroni. op. laud. VII. 20). La suivante offre une intéressante variété : max senti vrvAS tvis f., cum luis féliciter (Perret. t6. 58). ianvari vivas est l'acclamation d'une pierre extrêmement curieuse que le P. Garrucci a publiée pour la première fois [Hagioglyp. p. 222), et que nous reproduisons à l'article Église. Enfin un bel anneau d'or, trouvé dans la Saône il y a peu d'années et appartenant au cabinet de S. Em. le cardinal de Bonald, porte : vivas in deo asboli.
Que penser de ces formules inscrites sur des monuments de ce genre ? En présence des mômes contradictions que je signalais tout à l'heure, je copie le passage suivant de Buonarruoti : € Les premiers chrétiens écrivaient de dévotes acclamations envers les morts, nonseulement sur leurs verres, non-seulement sur
les marbres et sur la chaux des sépultures , mais quelquefois encore sur les pierres des anneaux que, selon l'usage où ils étaient d'orner de bijoux les cadavres des leurs , ils faisaient exécuter tout exprès, apposta^ pour les laisser au doigt des morts, quand ils les ensevelissaient. » Que l'on soit en droit de contester cette attribution pour quelques-uns des anneaux que l'on cite ordinairement à l'appui de cette opinion, c'est ce que nous n'examinerons pas, n'ayant aucun parti pris à cet égard. Pour ce qui est de l'anneau d'ASBOLivs en particulier, il pourrait bien être une bague nuptiale. Mais il nous parait difficile de nier, en thèse générale, le fait de l'existence dans l'antiquité d'anneaux exécutés dans une intention purement funéraire. Ce fait nous paraîtrait suffisamment démontré par la seule inscription suivante tracée sur une cornaline antique : ROXANE D. B. QVESQVAS , Roxùne dulcis betiê quiescas (Buon. p. 170); « Douce Roxane, repose paisiblement! » Adressée à un vivant, quel sens pourrait avoir une pareille formule, qui est presque identique à une foule d'épitaphes chrétiennes , dont il suffira de citer une seule : bene qvesqventi fratri bachilo in PAGE fratres (Ihid.)'^ c Au frère Bachilus qui repose en paix, ses frères! »
II. — Parmi les acclamations adressées aux vivants, nous plaçons en première ligne celleci, très-fréquemment employée sur les verres : pie zeses, pour zhgaic, « Bois, vis, » et qui rappelle tout naturellement les agapes où ces coupes avaient servi. Elle est en grec, mais écrite en caractères latins et souvent à la suite d'une légende toute latine. C'était une coutume élégante chez les Romains (et cette coutume fut conservée par les chrétiens) d'entremêler des mots grecs au discours latin. Nous en avons un exemple jusque dans les monuments les plus graves; ainsi, dans la vision de Ste Perpétue, le pasteur dit à cette martyre : Bene venisti dxvov, pour Filia {Act. ap. Ruin. p. 82 ) ; « Sois la bien-venue, ma fille ! » Les variations que subit cette formule sont peu saillantes : pie zesks gvm donata (Buon. xxi. 2,; pie zesis (Id. tav. xxiii. k]\ — au pluriel : piete ZESETE (Id. tav. xxviii. 3); spes hilaris zeses CVM tvis (Id. tav. ii. 1) ; — en caractères grecs: ZH2ATW (Id. tav. xxviiT. 1). Ce sont là évidemment des souhaits de bonheur, de plaisir et de vie. A les prendre dans leur sens naturel, de telles formules ne sont que d'ardentes invitations à boire et à vivre , et diffèrent à peine de celles qui se lisent sur les monuments païens du même genre; et cependant, il est nécessaire qu'elles diffèrent quant au sens.
En effet, quand il était employé sous forme acclamatoire dans les festins et les orgies des idolâtres, on sait quelle signification s'atta-
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chait au mot vivere. Vivre , c'était, pour eux, mener joyeuse vie , se livrer au plaisir et à la débauche. Martial, Catulle, Pétrone et tous les poètes licencieux de ce temps n'entendent pas autre chose, lorsque, évoquant le spectre de la mort aux yeux de joyeux convives, ils les exhortent à se hâter de vivre : Mors aurem vdlens^vivite^ ait, venio;— Ergo vivamus, km licet esse bene ; — Sera nimis vita est crash'na, vive hodie (Ap. Buon. p. 20k), « La mort nous tirant Toreille : Vivez , dit-elle , car j'arrive; — Vivons donc , pendant qu'il nous est donné d'être bien; — Vivre demain, c'est trop tard, vivons dès aujourd'hui. » Leurs inscriptions funéraires elles-mêmes présentent des formules analogues : vixi dvm vixi bene (Gruter.p. 742. n. 7). « Je n'ai vraiment vécu que qoand j'ai joui de la vie. > amici dvm vivimys TiVAMVS (Id. p. 609. 3) : t Mes amis, vivons pendant que nous sommes en vie ! » Les Grecs prenaient dans le même sens leur acclamation zwi, ■ Vis. » {Anthol, 1. i. c. 91. épigr. 1.) On peut comprendre dès lors dans quel ordre d'idées se plaçaient lep païens quand , dans leurs festins dissolus, ils s'adressaient les uns aoi autres des acclamations telles que cellesci : PIE ZESES , « Bois, vis ! > anima dvlcis
FRVAMUR NOS SINE BILE ZESES. t Ma doUCC âme,
jouissons sans bile, vis. > (Buon. p. 201.) Ce n'était point simplement un souhait de vie heureuse, mais une excitation à la vie sensuelle.
Or quand nous rencontrons sur les fonds de coupe des chrétiens des formules qui sonnent de même, est-il admissible que, dans les agapes, repas de charité et d'amour fraternel des disciples du Christ , repas auxquels présidaient les pontifes, aussi bien que les reliques des martyrs , elles aient été prises au même sens que dans les festins désordonnés des adorateurs de Véouset de Bacchus? Et puis les images des Saints qu'entourent ces acclamations, les images de S. Pierre , de S. Paul , celle de Ste i^ès. et même celle de l'auguste mère de Dieo, les faits de l'Ancien et du Nouveau Testament, et notamment le touchant symbole du Bon-Pasteur, qui y sont représentés pour exciter les fidèles à la piété ; tout cela n'exclut-il pas toute idée profane qui ne serait pas en harmonie avec les principes de l'austérité chrétienne ?
Le PIE ZESES avait donc chez les fidèles le sens d'une joie modérée par les inspirations de la foi, joie toute spirituelle à laquelle S. Paul oe cessait de les exhorter : c Réjouissez- vous toujours dans le Seigneur, i Gaudete in Do- «wsfmper {Philip, iv. 4). Le souhait qu'exprime cette formule pouvait bien avoir quelquefois pour objet une vie heureuse , mais de ce bonheur que donne la vertu, une vie sainte.
Tel est sans aucun doute le sens de ces sortes d'acclamations sur des coupes que les su-
jets qui les décorent attestent avoir servi aux agapes nuptiales. (V. la figure de l'art. Mariage), C'est la cérémonie même du mariage, deux époux se donnant la main au-dessus d'un autel, avec la légende : vivatis in deo, ou mlar- TVRA EPECTETE VIVATIS, « Martura, Epectete (ce sont les deux époux), vivez ! » souhaits d'une union heureuse en Dieu (Garrucci. xxvi. 11.12). Ce sont ailleurs, toujours dans la même intention , deux époux figurés en buste dans un médaillon : maxima vivas cvm deo (Id. tav.
XXVlll. 5). — CARITOSA VENANTI VIVATIS IN DEO
(Id. tav. XXX, 2). Ces souhaits de vie fortunée étaient aussi quelquefois adressés aux époux dans le cours de leur union, peut-être à l'occasion de l'anniversaire de leur mariage ; et alors le couple est représenté avec lesenfants. Exemple: POMPEIANE TEODURA VIVATIS , le mouogramme du Christ complète la formule iN christo (Id. tav. xxix. 4). Il y a ici deux enfants avec le père et la mère. Au cinquième siècle, nous lisons sur une médaille d'or frappée à l'occasion du mariage de Marcien et de Pulchérie, cette légende: FELICITER nvptiis. (V. l'art. Numismatique,)
Mais nous croyons fermement que le plus souvent il s'agissait de la vie de l'éternité : car il ne faut pas oublier que ces agapes étaient dominées par les anxieuses préoccupations du martyre ; que les personnes qui y assistaient se retrouvaient bien rarement le lendemain en nombre égal ; et que par conséquent le toast fraternel qu'elles s'adressaient réciproquement était dans leur pensée un adieu, mais un adieu plein de cette douce et mélancolique joie que donnent les espérances du ciel, quelque chose conune ces paroles d'encouragement que S. Pierre adressait aux souffrants : « Réjouissez-vous de ce que vous avez part aux souffrances de Jésus- Christ, afin que vous vous réjouissiez avec transport au jour de la manifestation de sa gloire. » (1 Petr. iv, 13.) Communicantes Christi passionibus gaudete^ ut in revelatione gîoria ejus gaudeatis eoculfantes.
Dans sa dissertation sur le corps de S. Sabinien, le P. Secchi (P. 39) a émis la pensée que beaucoup de ces verres, pour ne pas dire tous, n'étaient autre chose que des calices dans lesquels les fidèles recevaient la sainte eucharistie sous l'espèce du vin , et que les acclamations qui y sont inscrites , voilant sous des formules usitées chez les païens une signification arcane, avaient pour but d'exciter dans le cœur des fidèles un ardent désir de prendre ce divin breuvage. Il serait difficile en effet d'assigner une autre intention à la légende d'une belle tasse recueillie dans le cimetière des SS. Thrason et Saturnin (Lupi. Dissert, in Sev, epit, in fin.), et ainsi conçue : pie zhcaic kn ArAeoic. Dans le style des Pères grecs to ArAeon signi- I fiait l'eucharistie, le bien par excellence, et
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TA AFAOA ce sacremeot sous ses deux espèces. On devrait donc lire ainsi Tacclamation : c Bois et puisses- tu trouver la vie dans ces biens ! > Il est évident que cette vie n'est autre que la vie de Tâme, prélude de la vie étemelle.
La multitude des verres portant des acclamations analogues semblerait supposer, indépendamment d'autres preuves contribuant à établir le fait, que chaque fidèle avait son calice, dans lequel il recevait le précieux sang de la main des diacres, qui le lui versaient d'un grand calice à anses appelé ministériel. Quoiqu'il en soit, que ces verres appartinssent aux fidèles, ou à l'église, il est certain qu'ils étaient confectionnés sous le magistère des pasteurs , sans l'autorité desquels rien ne se faisait en matière de culte.
Aux articles Anneaux et Amulètes, on trouvera toute une classe d'acclamations spéciales qui affectent surtout la forme de prières ou d'invocations. Le poisson représenté sur les tombeaux, soit par sa figure, soit par son nom, est aussi une invocation au Christ Sauveur des hommes (V. l'art. Poisson) ; et quand le mot ixerc est suivi de la lettre N-i'xa , ce qui veut dire Christus vincit^ c'est une acclamation au Christ vainqueur de la mort (Fabretti. p. 329). 11 en est de môme du N avec le ^ iV. l'art: Monogramme du Christ), Cette acclamation est fréquente sur les médailles byzantines, où elle se trouve quelquefois remplacée par son équivalent, IN HOC viNCES du lûbarum constantinien.
Ce serait ici le lieu de parler des acclamations qui avaient lieu dans les conciles ; mais elles ne remontent pas à une haute antiquité. La principale était le Kyrie eleison ; tous les Pères se levaient, et s'écriaient : « Qu'il en soit ainsi, nous le désirons, » et répétaient : « Christ, exaucez-nous ! » (Ap. Macri. Hierolexic. ad h. V.) Il y avait aussj le Pdifchronion^ TToXuxfxSvtov, ad multos annos ! On peut voir à l'article Évéques (N. II) la mention des acclamations qui étaient en usage à l'occasion de l'élection et de l'ordination des évéques ; et à l'article Prédication celles qu'on adressait aux prédicateurs comme marque d'adhésion ou d'admiration.
ACOLlfTE8. — Le mot acolythus en latin veut dire compagnon (Daude. Hierarch. eccles. c. xii) , et on croit qu'on a donné ce nom aux clercs revêtus de cet ordre mineur, parce qu'un de leur principaux offices était d'accompagner partout les évoques et les prêtres (Duaren. De benefic. 1. i. c. \k, — Altaserra. De eccUsiast. jurisdict, 1. II. c. 5).
Le pape Corneille est le premier écrivain qui fasse mention des acolytes et il en compte quarante-deux à Rome. S. Cyprien , son contemporain , parle d'un Nicéphore , acolyte {Epist. XLiii).
En Afrique , les fonctions des acolytes con sistaient seulement à allumer les cierges, et i présenter le vin pour l'eucharistie. Dans l'É glise Romaine, ils furent, presque dès leur ori gine, chargés de porter non-seulément les eu logies, mais encore l'eucharistie aux absents L'acolyte Tharsitius fut lapidé par les païen pour avoir été surpris portant le corps du Sau veur (Martyrol. Rom. 15 aug.).
Voici comment les acolytes exerçaient leui office à la messe (Ord. Rnm. i et n. pp. 13 14. 44. 50), du moins à Rome : quand le moment de la communion était venu, les acolytes chacun avec un saç à la main , montaient i l'autel , les uns à droite , les autres à gauche avec des sous-diacres qui tenaient l'embou chure des sacs ouverte , pendant que Tarchi diacre y mettait les pains consacrés pour h peuple. Cela fait , les acolytes se séparaient les uns portaient leurs sacs aux évoques placé: à la droite du pape, s'il y en avait, et les autre: présentaient les leurs aux prêtres qui étaien à gauche et qui étaient chargés de rompre lei pains sur deux patènes que deux sous- diacre tenaient devant les acolytes (Bocquillot, Trait de la liturgie sacrée , p. 188). Cette fonctioi était tellement essentielle à l'ordre des aco lytes , qu'on leur remettait un sac en les or donnant. Mais cette cérémonie de leur ordi nation avait déjà cessé au temps du pap Gélase , parce qu'alors on avait supprim l'ancienne fonction de porter l'eucharisti dans des sacs, soit dans la célébration de 1 messe, soit ailleurs (Id. p. 151). Désormai on les voit chargés de tenir la patène et 1 chalumeau d'or ; ils 'assistaient au scrutin de catéchumènes et récitaient avec eux le sym bole [Ord, Rom. vu. ap. Martène. 1. 1 De antiq eccU rit,)
Il y eut à Rome trois ordres d'acolytes , le palatins qui assistaient le pape dans le palai et la basilique de Latran ; les stationnaires qu le servaient dans les églises où les station avaient lieu ; les régionnaires qui secondaien les diacres chacun dans sa région Bosio. {Rom soft. p. 419/ donne l'épitaphe d'ABVNDANTivs acolyte de la quatrième région, du titre d< Vestine. Nous avons le nom d'un acolyte (vie tor), sur une de ces lames de métal que, depui le règne de Constantin, on avait coutume d( suspendre au cou des esclaves fugitifs. Au paravant, la loi romaine ordonnait de leu imprimer sur le front avec un fer chaud cer taines lettres accusant leur fuite (Giorgi. D monogramm, Christi. p. 39). Le monogramme du Christ dont cette plaque de bronze est omé< indiquait que c'était à la Rédemption qu< ces malheureux étaient redevables de ce pre mier adoucissement à leur sort, prélude d'un< émancipation ultérieure et complète.
ACRO