‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 9 sur 266 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

n y eut plus tard à Rome un archiacolyte au rapport du cardinal Benno (Vit. S. Greg, vu] et Luitprand (L. vi Hi$t, c. 6).

ACROSTICHE. — C'est une espèce de jeu ou de combinaison poétique consistant à former un nom ou à exprimer une pensée par les initiales d'un certain nombre de vers , lues de haut eo bas.

Le premier et le plus important des acrostiches chrétiens est celui que donne le mot tierc, jH>t5.f on, mot que la primitive Église arait adopté comme l'expression arcane du Dom de Jésus-Christ, de ses deux natures, de sa filiation divine et de sa qualité de Sau- Teur:

'Ii)3wç — JesM — Jésus.

îpiffT^ç — Christus — Christ.

Beou — De» — De Dieu.

rî6ç — Filius — Fils. .

Surfjp — SalvcUor — Sauveur.

Cet acrostiche fut reproduit par l'auteur înoonira des nouveaux livres sibyllins, qui datent, selon toute apparence, de l'an 170 ou 180 après Jésos-Christ. Il fut retrouvé le 25 juin 1839 sur m marbre grec chrétien, dans un polyandre de SainV-'Pierre TEstrier, près d'Autun, cimetière que S. Grégoire de Tours avait connu et dont il fait mention dans son livre De gloria confessorum (G. lxxiii). Ce monument, infiniment précieai sous plus d'un rapport, eut pour premier éditeur M. l'abbé Pitra , devenu depuis bénédictin de Solesmes et enfin cardinal , qui en publia une première leçon dans les Annales it fkHoftûphie chrétienne (T. xix. p. 195).

Les sigles ixerc sont aussi inscrites verticalement en tête d'une épitaphe latine plus ancienneroent connue et qu'a donnée Fabretti (P. 329); mais ici elles restent isolées, sans entrer dans la composition des premiers mots de chaque ligne de l'inscription; le titulus d'Aschandeus d'Autun est le seul de tous ceux qu'oD a jusqu'ici découverts qui présente l'acrostiche ixerc proprement dit.

Il parait que , dans les premiers siècles , on aimait, par un motif de piété sans doute, à écrire en acrostiche le nom de Notre-Seigneur, dans des pièces de vers en son honneur, et ceux des martyrs et des autres Saints dans les épitaphes gravées sur leurs tombeaux. Le pape S. Damase s'exerça souvent à ce genre de composition. Nous avons de lui deux acrostiches sur le samt nom de Jésus {Carm, nr et v), nous citons le premier pour exemple :

I n rébus tantis Trina conjunctio mundi E rigit humanum seosum laudare venuste : Scia salus nobis, et mundi summa potestas Venit peccati nodum dissolvere fructu S Qmnu salus cunctis nituit per saecula terris.

On sait que ce môme pape avait aussi composé une inscription en acrostiche en l'honneur de Ste Constance , fille de Constantin , inscription qui fut primitivement placée dans l'abside de la basilique de Sainte-Agnès, sur la voie Nomentane, bâtie par le premier empereur chrétien, à la prière de sa fille. On peut lire ces vers dans l'ouvrage de Bosio (P. 118).

Quelquefois , dans l'inscription môme , on avait la précaution d'indiquer le procédé à suivre pour trouver les noms écrits en acrostiche. Ainsi, à la suite de l'épi taphe de quatre saintes, lictnia — leontia — ampelia — plavia, publiée par Muratori (Nov, Thés, p. 1903. n. 5), lit-on immédiatement ces deux vers qui en donnent la clef :

NOMINA 8ANCTAR0M LECTOR SI FORTE REQUIRIS EX OMNI VERSU TE UTERA PRIMA DOGE BIT.

c Si tu recherches, lecteur, le nom des Saintes, La première lettre de chaque vers te le révélera. «

Le titulus d'une chrétienne du nom d'AOATHE donné par Marini (Arvali. p. 828) se termine par ces mots qui renferment une^explication analogue : eivs avtem nomen capita VERSuum.

En voici un autre exemple [Ibid.) : is cvivs

PRR CAPITA VERSORVM NOMEN DECLARATVR. MaiS

ceci parait plus clairement encore par une inscription du recueil de Fabretti (iv. 150) :

REVERTERE PER CAPFTA VERSORVM ET INVENIES

piVM NOMEN. « Retournez à la tôte des vers, et vous trouverez le pieux (ou le saint) nom; t ce nom est anatholia. Nous avons dans l'ouvrage de l'abbé Gazzera sur les inscriptions du Piémont (Pag. 91) l'épi taphe de S. Eusèbe, évoque de Verceil, où les premières lettres des vers donnent : evsebivs episcopvs et martyr ; et encore celle de l'évoque Celsus (76. lU) dont le nom est aussi écrit en acrostiche : celsvs

EPISCOPVS.

On doit rapporter au môme genre de poômes celui ot les vingt-quatre lettres de l'alphabet sont distribuées dans leur ordre au commencement de chaque strophe. Sedulius en fournit un exemple dans son hymne A solis ortus cardine, et Fortunat dans celle de ses pièces qui commence par ces mots : Agnoscat omne sxeulum (Carm, xvi).

Les Constitutions apostoliques (ii. 27) appellent acrostichia les premiers mots des versets des psaumes que le peuple chantait dans les assemblées chrétiennes; le reste était chanté par une seule voix : Alius quidem psalmos David canat , populus vero initia versuutn succinat.

ACTES DE8 BIARTYRS. — I. — L'Église mit toujours le plus grand zèle à recueillir le récit des soufl'rances et de la mort de ses

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