‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 82 sur 266 · CRL'C · texte numérisé non relu

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Fiieks fronteiii ilh cummuniant , et encore {Commenf. in pu. xil : Crucem rn fronlem drcumferimus. S. Jérôme (/'M : Àd omnem actum el ail ofiinem incensum inanws pingal fronUm. Quant à la forme aujourd'hui vulgaire , il serait difficile, faute de monuments, d'en assigner au juste l'origine. Mais il ne parait pas qu'elle se soit prodnite avant le huitième siècle; il est probable que les moines l'introduisirent alors dans la liturgie (V. Pelliccia. Polit, ecde». t. IV. p. I9l\ d'où elle se répandit parmi les fidèles. C'est ce qu'on peut recueillir dans l'histoire des institutions et de la liturgie monas-

CROSSE. - V. l'art. Éréques.

CRUCIFIX. — I. — La représentation du Sauveur crucifié offrait, dans les premiers siècles, des difficultés et des inconvénients de plus d'un genre. L'horreur et la répugnance i{u'inspirait aux anciens, même convertis au christianisme, le bois infâme de la croix, furent longtemps à se dissiper; celte répulsion survécut même de beaucoup à l'abolition du supplice de la croix par Constantin (Aurel. Victor. p. 526). D'une autre part, le culte d'un Dieu crucifié, mal compris ou malicieusement travesti par les païens, était la source ou le prétexte de mille calomnies contre les fidèles. (V. l'ai-t. Calomnies, n. 11. 1°. B).

Ce double motif suffit donc il expliquer l'absence presque complète du crucifix dans les monuments tout à fait primitifs. Cette abstention, tout on ménageant la foi faible encore des catéchumènes et des néophytes, ôtait aux impies railleries des idolâtres un de leurs thèmes les plus habituels. Et ne sait-on pas que, biei souvent, en ces temps mauv.iis, de la railicni à la persécution il n'y avait qu'un pas?

Cependant, au milieu de ces obstacI«. i fallait un aliment et une excitation i li wdt des fidèles qui aima toujours à se p de la pensée des souffrances et de la a He pouvant donc, ( dont elle était a

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Sauveur ; et à mesure qu'une somme plus lar^e de liberté était accordée à l'Ë^lise, ces attributs devinrent de plus en plus signifîcatifs, jusqu'à ce qu'enfin ils reproduisirent ouvertement ceux du Crucifié Im-méme, au quatrième siècle, le monogramme, et la croia nue au cinquième. (V. les art. Monogramme du Gvrist. Croix et Agneau.) Mais dès le commencement du sixième, ces attributs prennent un caractère tout à fait prononcé. C'est d'abord un agneau portant sur son épaule une croix bastée ; puis un agneau coucbé sur un autel, au pied d'une croix, tanquam ocnsus; un peu plus tard, l'agneau a le Qanc ouvert, et le sang coule de cette plaie, ainsi que de celles des pieds (V. Ciampini. De sacr. xdif. tab. xiu); enfin un agneau peint au centre de la croix, à la place même oii bientôt va paraître Noire-Seigneur en personne (Borgia. De ctum Vatic).

Toutes ces transformations se développent, comme nous l'avons dit, dans le cours du Mxième siècle. Ce dernier type, qui est celui de la fameuse croix vatîcane, est orné en haut et en bas d'un buste de Notre- Seigneur : le premier bénit de la main droite Si la manière latine, et tient de la gauche un livre, codex; celui d'en bas porte de la droite un volume roulé, tioiumen, et de la gauche une petite croix. C'est un essai timide, comme on voit, où l'opprobre est encore effacé par la gloire, car la tète du Sauveur est décorée du nimbe et ne porte aucune marque de douleur.

Quelques fioles de Monza, qui sont aussi du sixième siècle, puisqu'elles furent ofTertes par S.Grégoire le Grand à la reine Théodelinde (V. l'art. HMlei saintes), nous paraissent marquer un nouveau pas en avant dans cette voie. La tête du Cbrist s'y montre seule dans un nimbe crucifère, et placée au-di tite croix , grecque ou latine , i

che croix

(gemmée (Id i6 p 83]) A droite et à gauche se trouveut les deux larrons, mais en croix, et de plus le soleil et la lune, accessoires habituels des représentations du crucifiement. L'un de

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ces intéressants monuments va plus loio tocore : il fait voir Notre-Seigneur en pied, h tète nimbée, vêtu de long, et les bras étsndos en forme de croix, comme les oranU des catacombes , mais sans la croix ; toujours k m cétés les larrons crucifiés, le soleil et la kw, etc. Toutes ces images offrent un souvenir auss atténué que possible, plutôt qu'une véritaWt représentation du crucifiement du Sauveur.B ce qui fait voir plus évidemment encore hk quelle hésitation on se risquait dans la reproduction figurée de ses humiliations et de le douleurs, c'est que, immédiatement au-dessoB du sujet que nous venons de décrire, et dans l'intention évidente d'en adoucir encore l'iastërité telle quelle, on ne manque jamaisdt mettre en scène le mystère glorieux de la résurrection : le tombeau de Jésus-Chrisl j tS figuré par un élégant édicule dont le fronton est surmonté d'une croix ; et d'un cût^ l'inp. de l'autre les saintes femmes portant des iromates. (V. la fig. ci-dessus.)

Il, — Mais à quelle époque commença-(-M à représenter Jésus en croix ; en d'autres lames, à quelle époque remonte l'usage du cncifix proprement dit? Nous ne pensons pas qu la science archéologique, au point où elle «il arrivée aujourd'hui, soit en mesure de doanff k cette question une solution pleinement siti*faisante. On pourrait ici, comme pour la crtii simple (V. l'art. Croix), distinguer entre It culte public et le culte privé.

1° La piété individuelle était affranchie dt la plupart des entraves que le culte de l'ÉgiiM rencontrait de toute part au sein d'une sociW* encore païenne, et nul doute que les chrétien n'aient usé de cette liberté pour pratiquer, « particulier, des rites et porter des emblèmi religieux dont la prudence interdisait la manifestation extérieure. Aussi, de même qw, dans toutes les circonstances de la vie commune, ils traçaient sur eux-mêmes le signe ia Christ (V. l'art. Signe de la croix), et faisaitnt usage d'objets pieux, faciles par leur peu it voluuje il soustraire aux regards des idôutra ;v. les ai-t. Amulettes chrétiens, escolpu. ete-], rien ne s'oppose à admettre la suppositiM qu'ils purent avoir aussi des crucifix portatih- Cette conjecture semble, faute de mieux, pui' ser une certaine probabilité dans un ■nomment biiarre, récemment découvert à Rome. C'est un crucifix à tête d'onagre (V. Garuw-

11 croicifhso graffito in cota dei Cesari) trarf par une main païenne sur une muraille dupalais des Césars au mont Palatin, traducliw évidente d'une calomnie attribuant aux chrétiens le culte d'une tête d'âne. {V. l'art. Calomnie», n. H. 1°. E)Le cruciQi est habillé ^ o^i on sait que, chez les Romains, on crucifiait !« criminels dans un état de nudité complète (AT

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Onâroer. 1. ii. c. 56. ap. Garrucci.

1 a conclu de cette circonstance que . grava cette grossière imag'e n'aurait »pier quelque cnicifiï chrétien, que la pectueuse de nos pÈres représentait plus bas), et qu'il ne fit que changer Q une tête d'âne, pour le rendre dËricette supposition était fondée (Nous itoDs au P. Garrucci), le monucneiit itpour le troisième siècle, au commenluquet on estime qu'il doit être placé. il 7 a de certain , c'est que les plus crucifix connus se rangent dans la >s objets de piété privée : aiusi celu eint dans un évangéliaire syriaque di appartenant à la bibliothèque Lau' i de Florence ( Assemani. BMioth.

Medic. catalog. tab. xxiii. p. 19'i;. ; roix pectorale des prévôts de Monza '. pour être un don du pape S. Grérhéodelinde (Frisi. Mem. délia chiesa p. M. tav. i). Les figures y sont exë 1 émail sur or. Mais il parait constant général, les plus anciens crucifix porlient tracés à la poiale sur des croix -gent ou d'airain; on les peignit un tard sur des croix de bois ^.Borgia.

Vatic. kZ) ; c'est au neuvième siècle, antificat de Léon 111, que la figure du y parut sculptée en bas-relief : c'est ce qui semble ressortir du texte d'Afnieon. ///.n. 390).

lant, si l'on prend à la lettre les exde Ruinart {De regai. abbat. S. Germ.

Append. in Greg..Turon. p. 1380) au D crucifix de bronze trouvé en 1643 tombeau de Chilpënc, à Saint-Ger- Prés, il semblerait que l'image était bosse et appliquée sur la croix ; n fua Christi pendentû imago affixa

s le culte public, le crucifix apparaît (Nous en avons dit la raison), c'estrs la fin du sixième siècle. Le plus lemple connu appartient à notre !ist un crucifix qui, au témoignage de rede Tours(i)e glor. marlyr.i.i. c. 23), it dans une église de Narbonne. Ce it doit remonter au moins vers le 1 sixième siècle, c^r il est probable ait depuis ^ielq-.:e tempa déjà lorsque iD foisait mention, dans un écrit puasoQ propre témoignage [Hist. Franc. n.), la vingt et unième année de son , qui correspond à l'an 593 de notre 1 priorité, si honorable pour la France, ) par son étoignement du principal paganisme, de Rome, ofi les vieilles I d'intolérance furent plus tenaces i se r. Hais quoi qu'il en soit de quelques

faits isolés, ce n'est guère qu'après le concile quinisezte (692), lequel ordonna de préférer la peinture historique aux emblèmes, que les images de Jésus crucifié commencèrent à se multiplier. Il y a tout lieu de croire (Emeric David. Hist. de la peint, p. 60) que les Grecs le peignirent alors pour la première fois. C'est Jean VII, Grec de naissance, élu pape en 706, qui parait avoir le premier consacré le crucifix dans l'église de Saint-Pierre. Deux fois, en 706, il Et représenter ce sujet dans les mosaïques dont il couvrit la chapelle dédiée à la Ste Vierge dans la basilique vaticane, au-dessus de l'arc qui en formait l'entrée, et ensuite sur les murailles intérieures. Un seul crucifix se rencontre dans les catacombes, il est peint dans le cimetière des Saints-Jules-et-Valentin (Bottari. tav. clxxxiii). On l'attribue généralement au temps du pape Hadrien qui florissait vers la fin du huitième siècle (Gori. De mitralo oap. c. viit).

III. — Il n'est pas douteux que notre Sauveur, selon la coutume romaine, n'ait été crucifié nu ^V. Calmet. In Mattb. xxvi. 35). S. Ambroise l'affirme nettement d'après la tradition constante (M Luc. x. 100), et S, Augustin la suppose, quand il dit que la nudité de Noé fut la figure de celle de Jésus-Christ {De dvit. Dei. XVi. 2. — Contr. Faust, xli. 23), Cependant, par un sentiment de respect et de pudeur, les pasteurs de l'Église primitive exigèrent, selon toute probabilité, qu'il fût reprévélu. En effet, toutes les plus anciennes images de Jésus en croix, parvenues jusqu'à nous, presque sans exception, nous le montrent couvert d'un colohium, ou tunique, sans manches, descendant jusque sur les pieds. Tel est le crucifix du cimetière de Saint-Jules, celui de la croix pectorale de Monza, celui du reliquaire de Thâodelinde de la même prove* I, et dont voici la reproduction, celui du manuscrit de la biblio' tbèque Laurentienne , les deux du Vatican, monuments cités plus haut; tels sont enfin les crucifix anciens qui se conservent dans diverses églises de l'Occident, il Lucques, à Louvain, à Ratisbon' ne, et d'autres encore à Reims, à l'abbaye de Saint-Denis, à Se n lis, à Langres ( Cornel.

Curti. De ctav. Domi' m. p. 65. — Gretrer, II. 3. — Mabillon. Prxf. ad Sic. rv Bénédictin, a. 47), sans parler de plusieurs que notre Mabillon avait vus en quelques églisesde

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Rome (lier. Ital, i. 133. xxx). Le Christ de l'église de Saint-Genès, à Narbonne (V. Greg. Turon. loc. laud.), constitue cependant une exception fort tranchée à cette règle. Car il n'avait qu'une ceinture roulée autour des reins, comme le type moderne : Pictura qux Dominum nostrum quasi prsBcinctum linteo indicat crucifixum. Mais cette exception même confirme la règle : en effet, sans parler même de la vision où le prêtre Basile reçut de Nofre-Seigneur Tordre de lui donner un vêtement, il est certain que dès lors on le couvrit d'un voile, et ce fait prouve que la discipline du temps réprouvait de telles nudités.

Ce pieux usage persévérait encore à Rome vers le commencement du huitième siècle : témoin le crucifix en mosaïque du pape Jean Vil cité plus haut, et qu'on peut voir dans Ciampini (De sacr, xàif. tab. xxiii). Sur la fin de ce siècle, et plus encore dans les suivants, cette pratique commença à se modifier. Le vêtement qui jusque-là couvrait le corps entier, se réduisit à une tunique ou jupon, partant de la ceinture, et tantôt plus, tantôt moins allongée par le bas. C'est à cette époque qu'appartient sans doute un christ tracé sur un fond de coupe doré, publié par le P. Garrucci {Vetri. xl. n. 1). Enfin, l'horreur qu'éprouvaient les fidèles pour la nudité du Sauveur s'étant peu à peu dissipée, il ne resta bientôt plus de son vêtement que cette étroite bande d'étoffe que portent nos crucifix modernes. C'est ce dont on peut se convaincre en examinant ceux des neuvième et dixième siècles, par exemple celui que Charlemagne donna à la basilique de Saint-Pierre (Angplo Rocca. tab. iv. De particul, sacrât, crucis)y et encore ceux qui figurent, soit sur le diptyque de Rambona illustré par Buonarruoti (A la suite de ses Fefn), soit dans un célèbre missel de Bobbio (Cod. Biblioth, Ambros, d. 8^), etc. Ce n'est pas que, même pendant ces deux siècles, il ne se rencontre encore en certains lieux des crucifix habillés : comme par exemple dans le ménologe de Basile, imprimé à Urbin, d'après un manuscrit du dixième siècle ; mais ce ne sont que des exceptions.

IV. — Détails du crucifiement. — 1® Les clous. Les érudits ne sont pas d'accord sur le nombre des clous qui fixèrent notre Sauveur à la croix. Les uns pensent qu'il n'y en avait que trois, les autres en portent le nombre à quatre. Mais ce dernier sentiment est le plus communément admis. On sait par les auteurs anciens (V. De Corrieris. De sessorian.... passion. D. N. J. C. reliq. p. 176), que tel était l'usage chez les Romains, et S. Cyprien, qui avait vu le supplice de la croix encore en vigueur (De passion. Domini. inter opuscula. p. 83. edit. Oxon.), met au pluriel les dous qui perçaient les pieds de Notre-Seigneur : Clavis sacros pedes terebran-

tibus; et S. Grégoire de Tours Taffirme manière formelle , ce qui prouve que l'opinion reçue au sixième siècle : Cla dominicorum.... quod quatuor fuerint , l ratio : Duo sunt affixi in palmis et duc in tis. 1 Que les clous de Notre-Seigneur été au nombre de quatre, en voici la n deux sont fixés dans les mains , et deu? les pieds, i {De glor. MM. 1. i. c. 6.) cent III, dont on connaît l'autorité en c tières, résume ainsi les témoignages d ciens : Fuerunt clavi quatuor quibus confixas sunt et pedes adfixi {Biblioth. PI 22^).

Les plus anciens crucifix sont confoi cette doctrine (V. Baron. Ad ann. 34. J Curti (De clav. dominic.) en énumère plu! On en peut voir d'autres exemples dans 1 niatures anciennes publiées par Lambè( Buonarruoti. Vetri. p. 263). Tels sontenc crucifix du trésor de Monza, celui qui s serve à Pise (Martini. Theatr. Basilic.

tab. xix), et l'opinion émise d'une manié nérale par S. Grégoire de Tours ne peni de douter que la peinture de l'église d( bonne, dont ce Père nous révèle l'exis ne présentât aussi les quatre clous. Les i qui se sont occupés de cette question p que l'usage de faire des crucifix avec lei pieds superposés et fixés par un seul clo troduisit à l'époque de la renaissance d( (Buonarr. ibid.) : Cimabué et Margaritp raissent être les premiers qui se soient cette licence dans leurs grands christs qui subsistent encore à Sainte-Croix d( rence. Un antique médaillon d'argent, !

tenant au cabinet du séminaire de Milan sente un christ dont les pieds sont croi non superposés. C'est une circonstance être unique (V. Amico cattoL vol. m.

2° Le suppedaneum. Dans un certaii bre de monuments, les pieds de notn veur reposent sur une tablette fixée croix , et que les archéologues ap] suppedaneum. Juste-Lipse, Gretzer et ques autres savants ont affirmé que était la position du divin Crucifié. Ms passages des Pères sur lesquels ils f( cette opinion , soumis au contrôle d'un( critique, ne nous paraissent nullemen cluants. Le premier écrivain ecclésiasti^ ait parlé du suppedaneum est encore noti goire de Tours (Loc. laud.) ; après av( pliqué comment il était fixé au bas de la il ajoute : Super hancvero tabulam^ ta stantis hominiSt sacrxadfixx suntplcmts cette tablette, les pieds sacrés (Du Sai sont fixés, comme ceux d'un homme dei Souvent les artistes se sont écartés d<

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opinion, la supposant peut-être jusqu'à un certain point en opposition avec les passages du Nouveau Testament, et ceux de S. Paul en particulier .Act. V. 30. — Galat. m. 13), où il est dit que Notre-Seigneur était suspendu sur le bois de la croix, ce qui ne serait pas rigoureusement exact, s'il eût eu un soutien pour ses pieds. Nous croyons cependant que le système i\isupped(meum est le plus ancien dans les pratiques de riconographie. Cette tablette se voit sur la croix pectorale de Monza, déjà plusieurs fois citée, et aussi sur ces petites cassettes d'or qui passent pour être de la même provenance (V. Mozzoni. tav. crmwl. vu. 79. b. c), et du même âge. La célèbre croix de Velletri, et celle que Charlemagne avait offerte à Léon III, à l'occasion de son couronnement, en 815, en présentent de nouveaux exemples; mais le crudfii sculpté sur le diptyque de Rambona, et qui date à peu près de la même époque, n'a pas ksuppedmieum. Dans le graffito du palais des Césars publié par le P. Garrucci (V. la figure Cakmnie), on remarque une barre transversale sous les pieds du patient, très-écartés l'un de l'autre. On en peut conclure, pensons-nous, que le suppedaneum était en usage chez les Bomains.

11 parait bien avéré que la croix était munie d'un autre support, passant entre les jambes du patient pour soutenir le poids de son corps. S. Justin, qui écrivait au deuxième siècle, l'affirrae d'une manière on ne peut plus positivo {ùiaiog. cum Tryphon. c. xci. 0pp. p. 188; : Vkd fttod in mëdio figitur^ ut et insideant qui cndfguniur. Bien que cette donnée soit appuyée par une autorité si respectable, nous ne sachons pas qu'aucun artiste ancien ou mo- <|erne en ait tenu compte dans la représenta lion du crucifiement de Jésus-Christ.

3* Le titre de la croix. 11 n'est pas identiqu<; «lansles quatre Évangiles. S. Matthieu dit (xxvii. 37) : Hic est Jésus rex Judàiorum; S. Marc (xv. '^]:hexJudxorum; S. Luc (xxiii. 38) : Hic mnxJudxorum; S. Jean (xix. 19) : Jésus Nor 3flr«Mtf rex Judœorum. Les deux derniers ^^^ïngélistes rappellent que le titre fut écrit «n trois langues : en hébreu, pour le pays où «ot lieu le crucifiement ; en grec, pour les Grecs qui étaient mêlés aux Juifs ; en latin, parce que c'était la langue officielle de l'émit, et celle du président. Quoi qu'il en soit, ia version de S. Jean est la plus sûre, parce ^ cet apôtre avait assisté à la passion du ^veur : Qui vidit, testimonium perhibuit; et c'est bien son texte qui était écrit sur la ta- Wette trouvée par Ste Hélène, et qui était encore trè*-lisible à cette époque, ^V. De Corrie- ^»- Op. laud. p. 73.) Ce titre était écrit sur ^ Ublette fixée à la partie supérieure de la ^«j et quand celle-ci était en forme de T,

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une baguette y était attachée et élevait le titre au-dessus de la tête du patient. Il parait certain que, dans les représentations du crucifiement, usitées aux premiers siècles, on inscrivait le titre au sommet de la croix ; mais, faute de monuments, on ne saurait dire si on l'écrivait dans les trois langues. Un seul cnicifix existe dans ces conditions, c'est celui qui se voit dans l'église des Carmélites de Florence, mais il est évidemment moderne (Manni. De tit. D. crucis. Archetyp. c. xv).

Pour un motif quelconque, et probablement par le besoin de brièveté, les artistes, tant anciens que modernes, n'ont jamais exprimé ce titre in extenso^ mais seulement par des sigles ; les Latins l'ont même fréquemment omis : ainsi le crucifix de Velletri n'a pas de titre, et Borgia (P. 39 et suiv.) en cite beaucoup d'autres à peu près de la même époque qui ne l'ont pas davantage ; les Grecs, plus fidèles à cette pratique , ont quelquefois réduit le titre à ces abréviations du nom de Jésus-Christ : ic xc (Borgia. De cruce Vatic. p. 45), ou même l'ont remplacé par la première et la dernière lettre de l'alphabet : A et «d, comme on le voit sur un très-ancien crucifix de bois conservé à Lucques (Id. De cruce Velit. p. 33). Un crucifix trouvé dans le tombeau de S. Celse à Milan (Bugati. Memor. di S. Celso. p. 241. fig. 1), fait lire^ à la place du titre ordinaire, ces sigles <i»c, que l'on ne peut guère interpréter autrement que par ♦wc, lumière^ dénomination qui convient admirablement à Jésus-Christ, qui, en vingt endroits de l'Évangile , est appelé lux vera, la lumière par excellence (Joan. i. 9). D'autres crucifix portent cette môme inscription en latin et en toutes lettres : lvx mvndi (Giulini. Memorie di Milano. III. 410). Et nous ne devons pas omettre une circonstance fort significative, c'est que, soit les sigles grecs, soit l'inscription latine, se trouvent placés entre le soleil et la lune, obscurcis à la mort du Sauveur ; ce qui fait sans doute allusion à ce texte de S. Jean (i. 5) : c 11 était la lumière qui brille dans les ténèbres. » Et en effet, l'obscurcissement des deux astres servit à faire briller la divinité du Sauveur aux yeux de tout le peuple, et des bourreaux eux-mêmes, auxquels le prodige arracha cet aveu : « Celui-ci était véritablement le Fils de Dieu ! » (Luc. xxxii. 48.)

V. — Accessoires du crucifiement. Les principaux sont ceux dont le type est fourni par l'histoire de la passion.

Et 1° Le soleil et la lune, comme on vient de l'indiquer déjà. Ces deux astres sont figurés, dans les peintures, dans les bas-reliefs des diptyques, dans les mosaïques, etc., des deux côtés de la tête du Sauveur; le soleil, sous la forme d'une figure radieuse, la lune, sous

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celle d'un croissant : c'est le type ordinaire. 1 diverses représentations du crucifiement , D'autres fois ce sont deux demi -figures hu- achève à nos yeux la démonstration.

maines, coiffées, l'une d'un diadème royal, l'autre d'un croissant, comme sur l'une des ampoules de Monza (Mozzoni. vu. 84), ou bien portant d'une main un flambeau , tandis qu'elles tiennent l'autre appuyée à leur joue, en signe de douleur : exemple le diptyque de Rambona (Buonarr. Vetri, in fine). Sur les croix poitatives, ces emblèmes figurent ordinairement au sommet de la tige verticale. Souvent ils sont accompagnés de leurs noms : sol-luna; dans le crucifix du cimetière de Saint-Jules, ce dernier nom est écrit perpendiculairement derrière le croissant : L y

On croit vulgairement que les images du soleil et de la lune sont placées sur les crucifix pour rappeler l'obscurité simultanée dont ces deux astres furent atteints au moment de la mort du Rédempteur. Mais nous regardons comme plus probable qu'on a eu l'intention d'exprimer ainsi les deux natures de Jésus- Christ, la divinité par le soleil qui brille de sa propre lumière, l'humanité par la lune, corps opaque qui, ne brillant que d'une lumière réfléchie, est sujet à diverses phases d'éclat el d'obscurcissement, tout comme la nature humaine qui, unie dans la personne du Christ à la nature divine, participait à la splendeur de celle-ci, sans être cependant affranchie des défectuosités qui lui sont propres, en tant que nature finie ou bornée : « Luna, dit S. Grégoire le Grand (Homil. ii In Evang.) in sacro eloquio pro defectu carnis ponitur; quia dum menstruis momentis decrescit , defectum nostrx mortalitatis désignât, j>

L'interprétation ici proposée puise une grande force dans cette circonstance que les deux astres ne paraissent nullement voilés sur les crucifix, et que quelques-uns même, comme par exemple la fresque du cimetière de Saint-Jules, les montrent danstout leur éclat, dirigeant leurs rayons sur la croix. On en peut dire autant de ceux où le soleil et la lune sont représentés sous figure humaine, avec des flambeaux à la main. Mais ce qui nous parait plus décisif encore, c'est que ce n'est pas seulement dans la scène du crucifiement que les monuments chrétiens montrent Notre-Seigneur accosté du soleil et dp la lune, mais dans d'autres circonstances encore, par exemple dans le sujet de la résurrection de Lazare : c'est ce que nous voyons notanunent dans les peintures d'une intéressante catacombe de Milan , découverte en 1845. Enfin, l'adjonction à ces emblèmes des sigles A et co, qui est assez commune dans les

2® La Ste Vierge et S. Jean, débout des deui côtés de la croix, selon le récit évangélique (Joan. XIX. 25), et appuyant leur joue sur leur main, geste de convention dans l'antiquité pour manifester une grande douleur (S. Cyprian. Epist. xi). Dans les croix mobiles, ces deux saints personnages, toujours avec le môme geste d'affliction, figurent, soit en pied, soiten buste, aux deux extrémités de la traverse, T. Borgia. De cruce Vatic. p. 45), avec leurs noms à côté M-p. er, mcUer Dei , et hoama, Joanm. Ailleurs, on lit, en toutes lettres ou en abrégé, les paroles mômes adressées du haut de la croix, par le Sauveur, à Marie et à Jean (Joan. ib. 26. 27), tantôt en latin, conmie sur l'ivoire de Rambona : mvlier en fUius tuus; dissipvle ECCE mater tua^ ou en grec, comme sur la croix pectorale des archiprôtres de Monza : iae ecw, OTC FUius y coT tuus : iaot ecce, MirrHP mater ^ cor tua.

3« Les deux soldats, l'un avec l'éponge imprégnée de vinaigre, l'autre avec sa lance (Joan. ibid. 29. 34). Ce sujet se rencontre rarement sur les monuments les plus anciens; l'un des reliquaires de Monza en offre pourtant un exemple (Mozzoni. vu. 79. b). Plus tard, il devient commun; ainsi, les deux soldats se voient sur un ivoire du huitième siède de Cividale en Frioul (Id. viii. p. 89).

4° L'intéressant monument que nous venons de citer présente une circonstance plus inusi-

tée encore, et dont nous n'avons pas vu d'exemples ailleurs : ce sont deux soldats, l'un assis, l'autre debout, qui tirent au sort la tunique de Notre-Seigneur représentée entre eux (Joan. ibid. 24).

50 D'autres accessoires sont quelquefoû joints aux crucifix, lesquels, sans être tirés directement du texte sacré, en sont néanmoia évidemment inspirés. Ainsi, au bas d'un trèsancien crucifix donné par Vestrini {Àccadm di Cortona. t. vii. p. 148), se voitunhonuni nu, à demi couché, ou plutôt se relevant d» terre. C'est l'image de l'humanité tombée pa le péché originel, et qui se relève par la grâc de la rédemption, figurée par une main isolée Le même sujet était représenté d'une manier plus complète , dans une mosaïque de l'aï cienne Vaticane (Ciampini. De sacr. gdif. tal XXIII. p. 75). Ici, il y a deux personnages, Tu tout à fait couché, l'autre, qui parait être ui femme, un genou seulement en terre, sais la main que lui tend Notre-Seigneur apparai sant dans une auréole. Ces deux personnag» sont sans doute Adam et Eve, que nous voyoi ailleurs (Mozzoni. ibid. p. 84. c. e. g. l), ag nouilles aux pieds de la croix. La vénérab croix stationale de Saint-Jean de Latran (Ciai

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piai. Vft. mon. ![. tab. x) présenta quelque cbcse d'analogue. D'un cdté de Jésus en croix, estime porte, qui n'est autre que celle du pandjs terrestre, de l'autre un arbre, l'arbre du birn et du mal : rapprochement qui rappelle qoF l'buinanité, penlue par le fruit défendu, a él* réhabilitée par la croix de Jésus-Christ.

6" Lf% figurei emblématîiities des quatre évanfffofn se voient au revers de la croix de VtUetri, et sur beaucoup d'autres monuments du mime genre; d'autres cruciAx ont deu uges se tenant en adoration. Tel était celi d( l'intérieur de l'oratoire de la Sainte-Vierge i Saint-Pierre au Vatican. (V. ci-dessus.)

1" L'usage de placer aux pieds du crucifix un crioe, soit seul, soit accompagné de deux Mcrmsés, est relativement moderne. On suppose que c'est un crâne d'agneau, destiné à remplacer l'agneau lui-même, qu'on repréi liitdans cette position pendant la première fimie du crucial proprement dit.

)■ Le crucifix du diptyque de Rambona (Ap. Boanamioti^ présente cette circonstance particulière que, au bas de la croix, se voit la )mi>« allaitant Romulus et Hémus. On pense qne cet emblème signifie que le Christ, par sa crai, a conquis tout l'univers, dont Rome est h tète. Cette idée est complétée par le sujet pCiil pendant â celui-ci sur l'autre tablette. Hqai, contrairement à l'opinion de Buonar- Wd . nous parait être une Victoire ou un ■ige portant d'une main une palme, symbole Ji la victoire du Christ, et de l'autre un ilam- Iwi allumé, symbole de la lumière évangébqiie qui allait illuminer toute la terre; peutttn «Dcore a-t-on voulu indiquer ainsi que «We ville fut établie par le Rédempteur, en tut que siège du prince de ses apdtres, la biK et le fondement de son Église.

n. — Représentait-on le Christ en croix viniHou mort? Vivant jusqu'au onzième siècle, inort depuis cette époque. (V. Borgia. De cruce ffUt. p. 191.) C'est ce qui résulte de l'en- WoiUe des monuments écrits ou figurés, réuus par les savants spéciaux. Le premier exemple de Qirist représenté mort est fourni pv nn manuscrit iQ-4 de la bibliothèque Lau- ^ntienne de Florence, datant à peu près de l'u 1059 (Boi^a. ibid. p. 191). Auparavant, l'Bonune-Keu, sur la croix, ne paraissait ï(>Dt wuITrir : sa tète était droite; ses yeux Rnrts offraient en quelque sorte un emblème de ton immortalité.

Ln monuments relatifs au crucifiement de Nôtre-Seigneur, commençant à peu près où linitle domaine de l'antiquité proprement dite, ■uni avMis dû , pour traiter cet important sqet, qui a sa place obligée dans un dictionnaire d'arcbéologie, anticiper sur le moyen ige. Le lecteur nous le pardonnera : cette no-

CRTPTE8. — Les antiquaires qui ont écrit sur les catacombes, et en particulier le P. Marchi (P. 168), distinguent les cryptes des cwbicula. Les cryptes sont relativement aux cubicala ce que le tout est à la partie. Cette distinction est fondée sur un passage on ne peut plus clair d'Anastasc le Biiliolhécaire (/n S. JUarcetlin.} où il est dit que Marcellus ensevelit le corps de S. Marcellin pape et de ses compagnons : t Sur la voie Salaria , au cimetière de Priscillo, dans la chambre claire, m cufctculo claro. qui s'ouvre jusqu'à ce jour dans la crypte près du corps de S. Crescention, m CRYPTA juxta corpu» S. Crescentùmis, Selon toute apparence , la crgpte en question se composait de deux cubicula, l'un dans lequel Marcellus ensevelit Marcellin et ses compagnons de martyre , l'autre où reposait précédemment le corps de S. Crescention. Le mot de crypte employé dans ce sens se rencontre aussi dans les monuments épigraphiques (Marchi. p. 102) : iN.cRYPTA.NOBA.RETHo. san||ctvs; M.Perret(v. xxix. 67) en donne une, d'après Settèle^ où il est dit aussi qu'une crypte nouvelle CRYPTA NOVA avait été pratiquée au cimetière de Balbine pour la sépulture d'un nommé sAniNvs, et de sa femme probablement; car le tombeau est bisorae.

il y a encore cette ditTérence entre l'un et l'autre que les cu6icufa étaient en général des sépultures de familles établies à leurs f^ais et de dimensions étroites, tandis que les crypte* qui au fond n'étaient autre chose que de petites églises munies d'orcoMiia, servaient aux réunions des fidèles et à la célébration des saints mystères, et pour cela étaient plus spacieuses, plus élevées et

e ; la figure ci-contre peut en donner une idée. Souvent encore on distingue les gonds des portesqui séparaient la crypte proprement dite ■' I vestibule qui était destiné aux catéchumè-

Boldetti atteste avoir encore vu en placeune

CUBI

CUBI

do ces portes qui était en fer (V. les art. cubicuLA , Basiliques chrétiennes , confessio. ) On trouvera beaucoup de plans de cryptes des catacombes dans l'ouvrage de P. Marchi, et dans celui de M. Perret (T. m. pi. xxix. xxx. xxxi.) Il y a des cryptes qui reçoivent du jour par une ouverture donnant sur la campagne romaine. (V. Tart. LUMiNARE CRYPTiE.) Il y a des cryptes à trois chambres (Marchi. tav. xxxiii): la plus ornée, qui est en vue des deux autres, était probablement réservée au clergé.

Beaucoup d'anciennes églises de la Gaule possèdent des cryptes remontant à Tépoque de la première prédication de l'Évangile dans nos contrées. On y voit un modeste autel de pierre, autour duquel sont des sièges grossièrement taillés dans le roc. Quelquefois des restes de peintures paraissent encore sur les muraillet. Les plus belles cryptes de France sont celles de Chartres, de Bourges, de Saint-Denis. Celle de Saint- Mellon de Rouen présente tous les caractères d'une construction du quatrième siècle. Les corps de S. Mellon et de S. Victrice y reposent dans des tombeaux surmontés d'ouvertures cintrées qui rappellent tout à fait les arcosolia des catacombes. Nous ne devons pas oublier la crypte de Saintes où le tombeau de S. Eutrope fut retrouvé le 19 mai 1843 (V. Recueil de pièces relatives à la reconnaissance des reliques de S. Eutrope de Saintes. — Saint- Jean-d'Angely. in-4*>.)

CUBIGULA. — Ce sont des chambres sépulcrales dans les catacombes, et, dans cette acception, le mot cubiculum est exclusivement chrétien ; les païens ne l'ont jamais appliqué qu'aux chambres où dormaient les vivants (Marchi. pag. 100.) Les monuments lapidaires établissent le fait de la manière la plus incontestable : Bosio avait trouvé dans V atrium de l'antique monastère de Sainte- Agnès une pierre écornée que sa vieille expérience n'hésita pas à reconnaître pour avoir servi d'architrave à la porte d'une chambre funéraire ; on y lisait : cvBicvLVM DOMiTiANi ; et le P. Marchi a véririfié la justesse de cette attribution dans un certain nombre d'autres marbres découverts par lui. Ainsi, au cimetière de Calliste : cvbicvlvs FAL GAVDENTi ARGENTARi. etc. Une iuscriptiou de l'an 336 (De' Rossi. n. kb) indique le cvBi-

CVLVM. AVRELIAE MARTINAE.

La forme do ces chambres est très -variée, il y en a de circulaires et de demi-circulaires, d'autres sont carrées, triangulaires, pentagones, hexagones, octogones. Quelques-unes recevaient le jour par une ouverture donnant sur la campagne, mais la plupart sont obscures, et n'étaient éclairées que par des lampes, suspendues à la voûte et dont plusieurs ont été retrouvées en place (Bottari. 1. 17), ou insérées

dans de petites niches, ou bien enco sur des consoles de marbre ou de tei Les cubicula dont nous nous occupo étaient en si grand nombre, qu'il s'en e plus de soixante d^ms la huitième ] cimetière de Sainte-Agnès (Marchi.

n'étaient à proprement parler que d tures de fafmille. (V. le plan à la fin Catacombes.) Au fond de la chambre rement terminée en abside, comme pelle, est un tombeau de martyr dan:

solium (V. l'art, arcosolium) ; et c'est ambition de reposer près de ces reliq rées qui déterminait les fidèles à s'im dépenses quelquefois très-considéral se préparer ce tombeau, k eux, à leui et à leurs amis. Et tel était cet empn que quand le cubiculum n'était pas a cieux pour recevoir tous les memb famille, on creusait, en dehors de son un certain nombre de loculi, en a; d'indiquer par une inscription qu'ils

naient à la sépulture collective du voisin : par exemple (Marchi. pag. 1(

ADPERTINENTES AD CVBICVLVM GERMVLi

très fois, quand tout l'espace était oc( ces chambres funéraires, s'il survenai morts dans la même famille, on ou\ eux de nouveaux loculi, sans avoir i peintures dont ces hypogées étaient C'est ainsi qu'ont péri les décoration; remarquables de quelques chambre tamment dans le cimetière de Prête vellement découvert.

11 y a des cubicula qui comprennei soixante-dix loculi d'inégales grande gés en dix étages, et plus de cent a d'enfants que d'adultes pouvaieAt y la sépulture. Celui que le P. Marchi d< sa planche xviii est, ainsi que quelqu* d'une architecture tellement correci gante , qu'on croit pouvoir l'attr deuxième siècle. Il est de forme cire a une voûte sphérique, appuyée sur chitrave circulaire que soutiennent très très-saillants.

Plus tard, selon S. Paulin de Noie Ad Sever.)^ on donna le nom de cubia taines pièces ménagées dans l'intérieu tique des basiliques, et où se retira qui voulaient, en particulier, vaquer ture, à la méditation et à la prière.

CUMCULARII. — Clercs prép< l'antiquité à la garde des toml)eaux tyrs. Anastase le Bibliothécaire sem huer leur première institution à S.

Grand (Anast. In Léon fj, à moins qu gisse ici spécialement des gardiens c fession des apôtres S. Pierre et S. P

CUIL

CUPE

mstituit, et addidit supra sepulcra apostoloiim ex clero Romam custoiles, qui dicurUur ibiculatii. Nous ne sachons pas qu'il existe ucune différence entre ces fonctionnaires eclésiastiques et ceux qui étaient appelés marfrarii. (V. ce mot.^ Muratori (P. 411) donne inscription suivante d'un cubicularius^ mort MIS le consulat de Probianus, c'est-à-dire en 71:

HIC REQVIESCIT IN PAGE ANTBEMIVS CVBICVL. QVI VIXIT ANWOS LX DEPO

smrs mi. non. octobr cons probiani.

Dans le pavé de Saint- Paul hors des murs, it trouvée l'épitaphe d'un decivs qui probalement avait été cMcukUrede cette basilique : sa. cuBicuLARi. HVius BosiUcx (Restitution B M. De' Rossi. Inscr. Christ, i. pag. 497). Il 7 avait les cubicularii des empereurs, et DOS savons que des chrétiens remplirent ces iDctioDs domestiques (Lami. De erâdit. apost, . 252] ; mais quand il s'agit de ceux-ci, le mot VGtfsft' est toujours le complément de cubicuvm et en détermine le sens. Quand Tépiiphe porte cubicularius sine addito^ il n'y a is d'invraisemblance à l'attribuer à un cubiliarius ecclésiastique. Le martyr Hyacinthe, ni mourut à Césarée en Cappadoce du suplice de la faim, avait été cubicularius de Train (Jf art j/ro/. Rom. III jul.). Nous avons dans I recueil de M. De' Rossi (T. i. p. 9) l'épitaphe 'un chrétien nommé prosenes, qui fut affranli des empereurs Marc-Aurèle et Lucius Vejs, et cubicularius de Commode, a cvbicvlo ro. Des femmes remplissaient des fonctions oalog^es auprès des princesses ou des perîonesde condition élevée (Id. p. 262. n. 612). ioiB avons une épitaphe de la fin du quarième siècle qui mentionne une cubicularia hrélienne: cvbicvlariae reginae.... (V. l'art. Vo/«www eccercées par les premiers chrétiens.)

CUCURBITE. — V. l'art. Jonas, CUILLER LITURGIQUE (aabic, cochlear).

- De temps immémorial , les Grecs se servent rnne petite cuiller d'or ou d'argent pour dis- ^it la sainte communion. On peut voir à II forme de cet instrument ; nous le reprot^MODs d'après Goar ( ErxoAonoN. p. 152 ). ^^ec cette cuiller, on donne aux ecclésiasti- ^es du second ordre quelques gouttes du 'rtôeux sang, et aux laïques une particule i^pée dans le calice. L'usage du calice est

réservé aux seuls prêtres. Le mot Xa6{; qui est son nom grec, répond au latin forceps; et ceci fait allusion à la vision d'Isale, ot un séraph tire de l'autel avec un forceps un charbon ardent, dont il touche les lèvres du prophète pour lespurifier. Or, selon la mystique interprétation du patriarche S. Germain, laquelle est familière à tous les Orientaux, le Christ est un charbon divin et spirituel qui brûle ceux qui s'approchent de lui indignes ou téméraires.

L'usage de la cuiller pour la communion existe aussi chez les Coptes, les Éthiopiens, les Syriens, les Jacobites ot les Nestoriens, comme il est aisé de le voir dans les Liturgies orientales données par R(Miaudot.

Les Grecs attribuent l'origine de cet usage à S. Chrysostome. Il n'est pas douteux qu'elle remonte à une époque très-reculée ; car comme il n'est pas une Église en Orient qui n'ait conservé cette pratique, il s'ensuit qu'elle existait avant la division de ces Églises. Et la chose ressort évidemment des Canons apostoliques^ qui se placent à une époque antérieure à l'origine (les schismes ; on y trouve une constitution qui ordonne que le diacre distribue en présence de l'évêque la communion au peuple, non pas comme font le prêtre et l'évoque, mais selon la forme adoptée pour les ministres, c'est-à-dire avec la cuiller, Xa6{8i, cochleari.

On est, ce semble, autorisé à conclure de la pratique en question que l'usage de donner la sainte communion dans la main avait cessé de bonne heure, du moins pour les laïques, chez les Orientaux, à raison sans doute des abus qui pouvaient s'ensuivre.

Les Liturgies orientales contiennent toutes des formules de bénédiction pour le Xa6(c, qui était regardé comme un vase sacré. (V. Renaudot. Ldturg. orient, i. p. 329.)

L'usage de la cuiller pour la communion fut toujours étranger aux Églises d'Occident. 11 est fait mention dans le cérémonial romain (Lib. II. 34) d'une cuiller d'or, mais elle ne servait au pape que pour mettre l'eau dans le calice.

CUPELLA. — Un marbre des catacombes offre un exemple, qui sans doute ne dut pas être unique, du mot cupella employé pour désigner un tombeau ou loculus où reposaient deux cadavres d'enfants. Voici l'épitaphe, fort curieuse, bien que fourmillant de solécismes et d'incorrections de toute sorte : ego secvnda FECI cvpella bone || mimohie filiem meem se-

CVN II DINEM QVE RECESSIF IN PIDEM || CVM FHA- TREM SVM LAVREN || TIVM IN PAGE .RECESSERVND

(Marchi. p. 11^). « Secunda a fait cette cupella à ses deux enfants de bonne mémoire, Secundina, qui mourut néophyte, et Laurent qui, avec sa sœur, trépassa dans la paix, c'est-à-

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