CURÉ
dire dans le sein de TÉglise par le baptême, i (V. Tart. IN PAGE.) Hors du christianisme, il n'existe pas d'exemple du diminutif cupella^ mais on en connaît plusieurs du mot cvpa désignant une urne cinéraire murée dans une niche de colombaire. (V. Doni. class. xi. 6. — Gruter. 8^5). (V. Part, loculus.)
CURES. — Dans les premiers siècles, le peuple chrétien était gouverné immédiatement par les évoques (Justin M. Apolog. ii. — Can, apost, c. xv). Mais lorsque le nombre des fidèles eut pris un certain développement, on bâtit dans les bourgs des églises rurales {Can. apost. can. xxxvi), auxquelles un prêtre ou un diacre étaient attachés , et Tévêque continuait à administrer seul sa ville épiscopale. Telle fut la discipline au quatrième ou au cinquième siècle en Orient (Athanas. apol. ii. Ad imp. Constantium. — Epiphan. f^ar. lxviii. 4. — Concil. Sardic. c. viii) ; elle est plus ancienne encore en Occident : car S. Cyprien (L. i. epist. viii et alib.) mentionne déjà les clercs de la ville.
Dans les grandes villes, en outre de la cathédrale, il y eut, dès le quatrième siècle, d'autres églises , ayant leur propre prêtre ou leur diacre, et cela en Orient (Athanas. Epist. ad solitar.) conmie à Rome (Anastas. In Siric). Jusqu'au cinquième siècle, les fonctions de ces curés ou cardinaux se réduisaient à distribuer au peuple de leur paroisse l'instruction religieuse, et à informer l'évêque de tout ce qui intéressait le gouvernement de l'Église. Car jusque-là l'administration des sacrements et la liturgie du sacrifice n'avaient lieu que dans l'église cathédrale (Athanas. apol. ii. Ad imp.) Lors donc que le Bibliothécaire Anastase (An Marcellum) dit que Marcellus, au conunencement du quatrième siècle, établit vingt-cinq titres dans Rome, pour le baptême et la pénitence de ceux qui se convertissaient du paganisme : propter haptismum et pœnitentiam; cela doit s'entendre seulement de l'instruction préparatoire à ces sacrements. Dans l'Église grecque elle-même Vinstruction pour la pénitence, 8iôaa)^aX{a , fut confiée aux prêtres-cardinaux ^Chrysost. ap. Thomas. V. et N. Eccles. discip. t. II. p. 3) ; l'évêque leur déléguait le simple pouvoir de signifier la pénitence aux fidèles de leur paroisse , et aussi les exconmiunications émanées de l'autorité épiscopale (Concil. Antioch. c. VI. et Balsam. in hune can.).
Au conunencement du cinquième siècle, le nombre des fidèles s'étant beaucoup augmenté, de telle sorte que la cathédrale ne pouvait plus sufBre à tout, l'usage s'introduisit peu à peu de distribuer la sainte eucharistie dans les ti-
tres de la ville. Après la célébration de la liturgie, l'évêque envoyait par des diacres le saint sacrement aux titulaires ou curés, et ceux-ci l'administraient à leurs ouailles (1dnoc. I. epist. i Ad Décent.) C'est certainement dans ce sens qu'il faut entendre le passage d' Anastase où il parle du a pain, > fermerUum, que, d'après une constitution de S. Sirice (Ànast. In Siric. 5) les prêtres-cardinaux devaient recevoir de l'évêque pour célébrer la messe. Blanchini {Not. in Anast. in Vit. $iric.) prouve par de nombreuses et irréfutables autorités qu'il s'agit ici de la sainte eucharistie que les prêtres des différents titres de la ville devaient recevoir de leur évêque.
De même, jusqu'à l'époque dont nous parlons, les évêques déléguèrent peu à peu aui curés le pouvoir de réconcilier les pénitents dâK le cas de nécessité, et les hérétiques en danger de mort, mais seulement en l'absence de l'évêque (Conc. Carthag. m. c. 32-36. — Conc Araus. i. c. 1) ; d'exconununier les fidèles dt leur paroisse (Hieron. Epist. ad Heliod. —Augustin. Epist. ccLV) , en vertu d'une sentenw de l'évêque ; de visiter les malades, etdeleui administrer le sacrement de l'extrême-onctioi (Innoc. I. epist. viii. Ad episc. Eugub.)\ài bénir les maisons privées, tant à la ville qu'i la campagne {Conc, Rejense. an 479). De plus comme ils s'étaient mis à célébrer dans leur propres églises la liturgie psalmodique (V. l'art Liturgie) , il leur appartenait de choisir le psalmistes^ soit les clercs chantres {Conal. Car thag. IV. c. 10) ; et dès le septième siècle il augmentaient ou diminuaient à leur gré 1< nombre de leurs clercs, selon les rentes d» leurs églises {Concil. Emerit. an. 666. c. 18' car ils avaient besoin du concours d'un certaii nombre de clercs, attendu que dès le sixièm siècle, ils célébraient dans leurs propres titre la liturgie du sacrifice dans son intégralité Bien plus, ils disaient quelquefois deux messeî l'une dans leur propre église, l'autre dans que que oratoire compris dans la circonscriptio de leur paroisse ; et cela pour satisfaire à 1 multitude des fidèles. Dès lors, les évoques re gardant décidément les curés conune les coc pérateurs de leur œuvre épiscopale {Coud Aguisgr. ii. 5), leur hvrèrent l'instruction de clercs attachés à leur titre, et placèrent sot leurs ordres les prêtres de leur paroisse, pou tout ce qui concernait la liturgie (Capit. C* Magn. 1. v. c. 49. 50) et l'inhumation des moi" (Hincmar. Rem. Capit. t. ii. c. 49). Maisnoi devons clore ici cette étude qui a déjà dépas^ les limites de l'antiquité proprement dite, p les art. Titres et Paroisse.)
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DALMATIQVE. — La dalmatique est un TÎtement sacré (Georgii. Liturg. Roman pontif. 1. 1. c. 23) en usage dans l'Église depuis la plus Imte antiquité. Les Romains l'avaient empninlé aux Dalmates, et adopté comme vêtement de distinction dès le deuxième siècle. L'Eglise l'adopta à son tour, Visconti pense (De npfwriK. miss. 1. ui. c. 25) que l'application de « vilement aux usages ecclésiastiques a précMi S. Sylvestre, et André Ou Saussay est du mène avis {Panopl. episc. 1. vt. c. 3 et 4}. On ttil, ea effet, que S. Cyprien était vêtu de la dilmatique quand ii alla aumartyre. La dalmatique était très- ample, se prolongeait jusqu'aux talons, elle avait de larges manches descendant jwqu'aD coude seulement, elle était toujours blaôche dans le principe. On l'orna depuis de budesde pourpre des deux cAtés sur la puitrine (Isid. Hisp. Orig. 1. xii. o. 21]. On peut Toir des dalmatiques à peu près conformes au tjpe primitif dans plusieurs mosaïques des basilipes romaines [Ciampini. Vet. monim. i[. tab, iin-xLVU et alibi.;, et mieux encore dans m ïerre i. fond d'or donné par Boldetti {Cimit. p. 202', lequel fait voir un diacre agitant un fdiltnm autour de la tête de l'enfant Jésus ans sur les genoux de sa mère. Ici, la dalmatique est richement ornée, et a sur les épaules inailliculx renfermant une petite croix. Nous De pouvons rien citer de plus ancien en ce fenre. Un bas-relief de l'église de SanlaMaria d^vaiU à Cividale, en Frioul, monument du tuiiLième siècle, représente des personnages rttusde dalmatiques qui ne s'éloignent pas de Ktte forme primitive (V. Mozzoni. Tav. cronol, w.Tin. p. 96.)
U dtbnatique fut de toute antiquité l'un des vêtements du souverain pontife quand il ofTitiiitpontificalement. Jean Diacre {Vit.S.Grty. t 64) fait mention de la dalmatique de S. Gré- Soire le Grand. (V. en outre les ordres i. [ii. eiiï.' De bonne heure, les papes furent dans l'usage de la décerner aux évÈques, comme wt distinction et une récompense ; ceux-ci en ^ient quelquefois la demande au saint- •iêge, soit pour eux-mê»es, soit pour leurs ^lûrej dont les fonctions étaient des plus im- P'inutesdaDs la primitive Église. C'est ce qui *œHe du moins ressortir d'une lettre du pape otarie k Austrobert, évèque de Vienne (fl»"-
'^'i.vet. Fhriac. pars in. Lugdun. 1605):
DsInuiKom uribiu veslrif misimus, utquiaEc-
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clesiaveslraabkacseikdoctrinamfidtipercepit, et moreni kabUus sacerdotalis, a6 illa etiam percipiat decorem honoris. Ici l'envoi de la dalmatique est représenté comme un gage de communion d'une Église particulifere avec l'Église romaine. C'est pour un motif analogue que S. Grégoire l'accorda à S. Arey, évéque de Gap et à son archidiacre (Greg. lib. vu. epist. 112. ind. II). On voit par là que dans la Gaule, tant que la liturgie gallicane fut en vigueur c'est-à-dire jusqu'à Hadrien I", les diacres n'usaient pas, sans un privilège du souverainpontife, de la dalmatique, mais seulement de l'aube et de l'étole (V. Martène. Anecdot. t. y. p. 90). A cette époque, elle était l'insigne spécial des diacres de l'Église romaine, qui paraissent l'avoir reçue du pape S. Sylvestre pour remplacer le co/o6ium.
Mais jusqu'au cinquième siècle, il semble qu'elle ait été réservée aux évéques et aux prêtres, ailleurs qu'à Rome, ou les diacres la portaient. Le pape Symmaque l'accorda aux diacres de l'Église d'Orléans ( Vil. Cxsar. Àrelat. 1. c. 21. — cf. Pelliccia. i. p. 201) , et ce n'est qu'au sixième siècle que l'usage en fut accordé généralement à tous les diacres.
Les évêques ont conservé la coutume de porter la dalmatique sous la chasuble à la messe pontificale (V. Ciampini. De sacr. siiif. tab. iv), et des prêtres, dit Valfrid Strabon ( De nb. eccl. c. XXIV) se crurent autrefois en droit d'en faire autant, sans quon voie qu'ils aient été pour cela improuvés soit par le pape, soit par les (Boquillot. Ùturg. de la messe, p. U6).
numents antiques, la dalmatique est souvent attribuée à des
personnages quelconques et même à des femmes, comme vêtement coro-
; et il n'est pas rare qu'on la confonde, soit avec la simple tunique , soit aveclecofobi'um.
Eu voici un exemple tiré d'une fresque du cimetière des Saints-Marcellin-et- Pierre tn-
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ter duas lauros (Bosio. Rom, sott, p. 377). Le colobium et la dalmatique sont des tuniques talares; mais la dalmatique a de larges manches, la tunique ordinaire des manches étroites, et le colobium ou n'en a pas du tout , ou n'en a que de très-courtes , descendant jusqu'au coude tout au plus. (V. Rubenius. De re vestiar. passim.)
DANIEL. — L'histoire de Daniel est une de celles que les premiers chrétiens ont le plus souvent reproduites sur leurs monuments de tout genre. •
1'» On sait que ce prophète avait empoisonné le dragon des Babyloniens ( Dan. xiv. 22), le serpent sacré qui était adoré, nonseulement par ce peuple , mais aussi par les Égyptiens, les Tyriens, et d'autres nations encore, au rapport d'Hérodote (L. ii. kk et 45). Et nous devons signaler tout d'abord les monuments , assez rares , qui se rapportent à ce premier sujet. C'est en premier lieu un sarcophage du cimetière du Vatican (Bottari. tav. XIX. — cf. Aringhi. i. 289). On y voit Daniel, vêtu de la tunique et du pallium , et debout devant un autel d'où s'élèvent des flammes, et présentant des deux mains étendues , au dragon qui s'enlace autour d'un arbre placé derrière cet autel , ces espèces de gâteaux qu'il avait composés avec de la poix, de la graisse et de la cire (Dan. xiv. 26), afin de tuer le dieu, ainsi qu'il s'était engagé à le faire , sans épée et sans bâton (Vers. 25).
Cette composition est d'un goût si pur, et si conforme aux meilleures traditions de l'art antique, qu'elle a fait supposer au docteur Labus qu'elle n'a pu être conçue que par un artiste chrétien du troisième siècle, lequel dut en emprunter le type au revers d'une médaille de Commode , représentant un serpent entourant un arbre des replis de son corps , tandis qu'on lui offre des libations sur un autel. Le môme sujet se trouve sur un sarcophage de Vérone (Maffei. Verona illustr. part. m. p. 54), mais avec quelques variantes : ici le serpent n'est pas enroulé autour d'un arbre , il parait sortir d'un temple en avant duquel est un autel. Un sarcophage d'Arles (Musée, n. 17) montre la scène d'une manière un peu différente. Daniel est représenté avant le fait, il élève la main droite vers le ciel en signe d'invocation sans doute, et le serpent est derrière lui au pied d'un autel.
Un fond de coupe , publié pour la première fois par le P. Garrucci {Vetri. m. 13) représente cette histoire avec cette intéressante circonstance que le Rédempteur est figuré derrière Daniel, qui, sur le point de présenter la pâtée mortelle au dragon sortant d'une caverne, se retourne vers le Sauveur dont il est la fi-
gure et de qui il attend sa force en cette circonstance critique , comme le dragon est la figure du serpent infernal.
2o La mort du dieu des Babyloniens valut au prophète d'être pour la seconde fois précipité dans la fosse aux lions (Ibid. v. 30), où il demeura six jours sain et sauf : et c'est là le sujet que reproduisent sans cesse les peintures et les sculptures des catacombes et en général les monuments de tout genre de l'antiquité chrétienne. Les premiers chrétiens s' étant interdit, comme nous aurons souvent l'occasion de le remarquer, toute représentation directe des souffrances et de la passion du Rédempteur, s'en dédommageaient par des allégories et des images symboliques destinées à leur rappeler ces douloureux mystères, et celle-ci est une des plus saisissantes. (V. Hieron. In p$alm, XVI.) Elle avait aussi pour but de retracer à leurs yeux le symbole de la résurrection, dont l'espérance les soutenait au milieu des épreuves (Hieron. In Zach. ix). La figure d'Habacuc apportant des aliments au prophète par Tordre de Dieu (Dan. xiv. 32-33), manque rarement de compléter le tableau tracé par le texte sacré, et dans un beau sarcophage du musée du Latran , on le voit même suspendu par les cheveux à la main de l'auge, selon le récit du texte sacré :
« L'ange du Seigneur le prit par le haut de la tête, et le tenant par les cheveux, il le porta avec la vitesse et l'activité d'un esprit jusqu'à Babylone, où il le mit au-dessus de la fosse aux lions. • {Ibid, vers. 35.)
Tous les bas- reliefs et les peintures, si nous en exceptons deux ou trois, font voir Daniel dans un état de nudité complète. Pour trouver une dérogation à cet usage, Émeric David descend jusqu'au dixième siècle, où le ménologe de Basile présente le prophète vêtu. Nous pouvons, si je ne m'abuse, en rencontrer des exemples à des époques beaucoup plus reculées. Dans deux fresques du cimetière de Priscil le, qui ne doivent pas dépasser le sixième siècle, Daniel paraît déjà avec une espèce d'écharpe , laquelle , tombant de l'épaule sur le flanc gauche et se rabattant sous le bras droit, vient remplir l'office de la feuille de figuier qui se voit dans les représentartions d'Adam et d'Eve placés près de l'arbre de la science (Bottari. t. CLXVii-CLXx). On le voit aussi, dans un fragment de sarcophage d'un style bien meilleur que celui de ces fresques et sans doute plus ancien qu'elles (Id. cxcv), muni d'une ceinture disposée absolument comme celle qu'on donne communément à Notre-Seigneuren croix. Nous l'observons vêtu de la tunique ceinte et de la penula relevée sur les bras et retombant avec grâce par derrière, et de plus avec une chaussure montante, sur un très-ancien
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jwphage (le Ravenne décrit par Ciampini a. oiM. 11. p. 7. tab. m). Le même prophÈte irait encore vfitu d'une tunique à manches ms un médaillon de bronze de la collection 1 Taticati, où il n'est ni assis, selon le récit 1 lirre saint : Sedens in mtdio leonum (Dan. T. 39), ni debout, selon le type ordinaire, lis i genonï ;Bottari. u. p. 26}. Un bas-re- \t d'un assez bon style, et probablement anriear aux monuments des catacombes, trouvé pjémiia en Algérie, et publié par le comanlant De La Mare {Hêv. archéot. vi* an. lïfij, fait voir Daniel coiffé du bonnet plirjlen, couvert d'un vêtement collant qui se .nloDge jusque sous les pieds et forme chausiK, et sur lequel il porte un lar^e manteau, e «ijel est ici fragmenté : la partie où denil se trouver l'un des lions manque; mais iiVe est traitée avec une certaine perfection, haiel dans la fosse aux lions est toujours ide face, en attitude d'oraison, c'est-à-dire slins étendus et quelquefois élevés vers le irl, aJDsi que les yeux (Ciampini. Vet. mon. K. Uud.). Deux lions seulement sont à ses ^,bieii que le texte sacré en mentionne sept. ^ poète Dracontius (De Deo. I. i[i. vers. 1S3) IMl cette scène, sans doute d'après les peiniRs qu'il avait lues et qui sont celles que ions avons encore, ainsi que le fait observer nédileur Arevalo (Adnot. in b. 1.):
ScnDanielem rabies atque ira leonum
Xon tetigiue pium, cui destinai insuper escam
ll);uD«i pieias jquno utroque leone.
l'rts de Daniel, se trouve presque toujoun wnine nous l'avons dit plus haut, Habacuc 'i présentant des pains croisés ou decuKoit, ''diniirement placés dans un vase (Bottari. 'V. iLii et passim) ; quelquefois on ne voit Ui mains de ce personnage qu'un paniet' nié .Id. Liixii et alib.). Dans le médail- ">du Vatican, cité plus haut, Habacuc, de la Uii gauche étendue par -dessus les bords. 'mt barrière de mi -circulaire entourant la >SK, offre à Daniel un petit vase en forme de Velle renfermant des aliments dont on i e ■evt distinguer la nature ; et de la droite il nne, appuyé contre son épaule , le ptdum ou >KoD pastoral. Les aliments apportés par Ha- >Knc i Daniel sont la figure du soulagement !M les prières des vivants apportent aux âmes 4» purgatoire (V. Aringhi. ii. 504) : c'est l'o- VMi d'un grand nombre de Pères. Mais du **opposé, se présente un autre personnage tlégimment drapé dans le pailium, duquel «tune main étendue vers Daniel dans l'atti- '»ii' lie la bénédiction latine (V. l'art. Bénir). *' peut-être simplement de l'allocution. Les '^Iwprèteî laissent cette figure sans eiplicalw. Ne pourrait-on pas dire que l'intentioti
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lie l'artiste a été de rappeler l'assistance de Dieu apaisant en faveur de son prophète la
Le sarcophage de Junius Bassus (Bottari. tav.
:(V) montre Daniel entre deux personnages por-
.antà la main un volume roulé, au sujet des-
. queb le texte
condamnant
;iui lions quiconque, dans l'espace de trente jours, adresserait une demande à une divinité ju à un homme autre que le roi de Perse,
On pourrait multiplier beaucoup les citations de singularités accompagnant ce sujet : ainsi, ane peinture murale du cimatiÈre des Saintsyarcellin-et-Pierre, où la fosse affecte la forme (l'une sorte de nacelle ou de coffre oblong, Jont le devant est évidé et la partie postérieure ressemble à un dossier (Bottari. tav. cxxii) ; et enfin un fond de tasse (Buonarr. ii. 3) qui des deux côtés du prophète nu et les bras étendus, selon le type ordinaire, montre, ï la place des lions, deux plantes en fleur. Le P. Garrucci publie un verre è peu près semblable (Vefri. m. 13). Le sujet de Daniel n'est pas fréquent dans les mosaïques ; il se voit cependant dans crypte des SS. Protus et Hyacinthe au cimetière de Saint-Hermès, mosaïque récemment découverte , mais malheureusement brisée : il ne reste qu'une partie du corps du prophète et la tête du lion (Marchi. Art. CriH. primit. tav. ilvii. a. b. e). 11 s'obser\e quelquefois même sur de simples pierres sépulcrales (Perret, v. xii. 3), sur des pierres annulaires (Id. iv. xvi. 8), sur des lampes d'argile (Le Blant), et, ce qui est bien plus extraordinaire et difficile k expliquer, nous l'avons sur des agrafes de ceinturons mérovingiennes trouvées surtout dans le Jura, dans la Suisse et la Savoie (Id. pi. xlli. nn. 21.8. 251. 252). Mme Fèvre, de Mâcon, en possède plusieurs qu'a publiées M. De Surigny, antiquaire de cette ville.
DAVPHIK. — (Le lecteur, pour avoir une intelligence un peu nette de la matière de cet article, fera bien de lire auparavant l'article Poitson.} Parmi les différentes espèces de pois-
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sons que l'antiquité chrétienne employa pour symboliser le chrétien , on rencontre assez souvent le dauphin, tantôt enlacé à une ancre, tantôt isolé. Le premier se fait surtout remarquer sur les anneaux, le second sur les marbres.
I. — Le dauphin fut pris par les anciens conmie l'emblème de la vélocité, parce qu'il est tellement agile, qu'il s'élance parfois jusque par-dessus les antennes des navires. C'est sans doute dans ce sens qu'on a donné la forme d'un dauphin au manche d'un style à écrire qui fut trouvé par Boldelti à l'intérieur d'un loculus chrétiei\ (Boldetli. p. 332). On peut conjecturer avec toute vraisemblance que le défunt appartenait à la classe des notaires régionnaires qui écrivaient les actes des martyrs par signes abréviatifs, et avec une rapidité qui rappelle ce passage du quarante - quatrième psaume (Vers. 2), lequel suppose évidemment que cette sorte de sténographie existait déjà chez les Juifs du temps de David : Calamus scribx velociter scribeniis. (V. l'art, notarii.)
Cette idée de célérité que réveille naturellement l'image du dauphin a pu engager les premiers chrétiens à l'adopter comme emblème de la diligence avec laquelle ils doivent, selon la recommandation si souvent répétée dans les saintes Écritures, accomplir les œuvres du salut, et se hâter vers le prix proposé. C'est ainsi que, sur le titulus de Calimera, donné par Lupi (Epitaph, Seo. p. 53), on a figuré un dauphin, nageoires déployées et bouche béante, en signe d'un ardent désir, se dirigeant vers le monogramme représentant, comme on sait, le Christ lui-môme. Ainsi encore, le tombeau d'une chrétienne nommée Redempta (Id. ibid. 185) fait-il voir un dauphin, dans les mêmes conditions de vitesse, s'avançant avec une colombe vers un vase
anse, symbole très-usité dans les monument chrétiens pour dénoter Jésus-Christ, qui a di de lui-môme (Joan. vu. 38) : i Si quelqu'un soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive... età« fleuves d'eau vive couleront de son sein. » Si les marbres funéraires sont souvent deux dai phins se hâtant aussi vers le chrisme accos] de l'A et de l'oi (V. Millin. Midi de la F pi. xxxviii. 8). Munter publie à son toun monument de ce genre (Tab. i. n. 24) ; i néanmoins les nageoires des dauphins ne so pas déployées, mais le dos arqué, ce quie aussi chez cette espèce de poisson un sigi de mouvement. Spanheim atteste {Deprxstm num. dissert. iv. 12 ) que telle est leur atl tude quand ils sautent dans la mer et nage vectoris instar.
Par suite des choses extraordinaires etd traits si pleins de tendresse que Pline et Éli( racontent du dauphin, on en est venu à prei dre son image comme un symbole d'amoui Montfaucon donne (Antiq. suppl. t. m. p. 17 une pierre annulaire où est gravé un dauph avec celte épigraphe : pignvs amoris habe Ne serait-ce point pour cette raison que, si la pierre sépulcrale d'un certain amianoc C Aringhi. ii. 327), le quadratarius a eu l'ingi nieuse idée de graver un cœur au-dessus d'u dauphin ? Ce qui rend cette supposition tout fait plausible, c'est que le môme marbre aussi une colombe avec la branche d'olivie
Selon la remarque de Bottari (i. 77), on do voir un emblème de la fidélité conjugale dai quatre dauphins qui figurent deux à deuxc chaque côté de l'inscription du tombeau c BALERiA ou VALERIA LATOBiA : OU est, ce sembh autorisé à le conclure par la scène représenta dans le corps du sarcophage, les deux épou se donnant la main (Bottari. tav. xx).
Nous plaçons le monument sous vos yeux
IL — Le dauphin enlacé à une ancre se trouve particulièrement sur les anneaux des premiers chrétiens. Cette pratique fut sans doute inspirée par la prescription de S. Clément d'Alexandrie (Pœdag. th. 106\ qui au nombre des symboles destinés à orner les anneaux , place l'ancre qu'il appelle nautiqtie^ et qu'il veut semblable à celle dont Seleucus avait coutume de porter l'image sur le chaton de sa bague. Or, le soin que prend ce Père de caractériser l'ancre de Seleucus par l'épithète de nautique, i^xupa vauTixi{, semble supposer qu'il ne s'agit pas d'une ancre simple et commune, mais d'une ancre jointe à une autre image, c'est-à-dire à
celle du dauphin. Et, en effet, c'est dans itelles conditions que nous la voyons sur la pi» part des pierres annulaires parvenues jusqu nous (V. Maniachi. Antiq. C/imf.iii.23. — Co tadoni. tav. 33, etc.)
A propos d'une pâte de verre du musée Ki cher, où est retracée une ancre avec un da phin enlacé, le P. Lupi (Dissert. vi. 1. 1. p. 23 dit que l'ancre étant le symbole de la croiï, poisson qui y est attaché doit représenter Christ en croix, et il le conclut du mot ntei gravé sur ce bijou. Polidori ne partage p cet avis : il croit voir au contraire le Chr dans l'ancre et le chrétien dans le dauphin.
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