‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 93 sur 266 · DIOC · texte numérisé non relu

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rparoisse, » rzaç^ixia. On peut le voir employé dans ce sens par S. Épiphane (Epist ad Joan. ffi«woi.),parS. Jérôme (Epist. lui. Adliipar,), Mfles conciles d'Antioche (Gan. ix), d'Ancyre C. xviii) et beaucoup d'autres des siècles posérieurs. C'est au commencement du quatrième iècleque le nom de diocèse commence à lui itre substitué {ConciL Arelat. i. epist, synod.) l'une manière à peu près absolue.

Les villes de l'empire avaient aussi dans leur Brritoire suburbain des magistrats, mais suborooDés à ceux de la ville. L'Église de chaae cité eut à son tour dans les oppida et les itt dépendants de sa juridiction des ministres iférieurs, subordonnés à Tévêque de l'Église latrice, tant pour l'exercice de leur pouvoir je pour leur institution môme, et obligés de li rendre compte de leur gestion. C'est Toriine des curés. (V. l'art. Carés,) n. — L'empire romain était divisé en pronces et en diocèses. La province se composait (S villes de toute la région soumise à Tautoté d'un magistrat suprême, résidant dans la topole : ce magistrat était ordinairement un éleur, un proconsul ou un autre fonction ire du même rang et de la même dignité. Le territoire du diocèse était encore plus ste, il embrassait plusieurs provinces ; et sa étropole était la résidence d'un magistrat un ordre supérieur, dont la juridiction s'éndait sur tout le diocèse : il recevait les •pellaUcns et revisait les causes qui lui étaient iunises de toutes les villes de son territoire, î magistrat s'appelait quelquefois éparque, i vicaire de l'empire romain ; celui d'Alexan- •ie portait le titre tout spécial de préfet im- M, prxfectus augustahs. Les savants sont ▼iséssur la question de savoir à quelle épole remonte cette division. Ils pensent néanéoi unanimement que la division par proaces est plus ancienne que celle par diocèses, îlle-ci ne date que de Constantin, la première îlon quelques-uns remonterait jusqu'au temps iVespasien; d'autres Testiment plus ancienne ttore, et la croient contemporaine de la preière constitution de l'Église.

Çttoi qu'il en soit, il est certain du moins w le premier établissement de la juridiction itropolitaine et patriarcale fut calqué sur lie double division civile de l'empire. Chale métropole devint la résidence d'un évoque «tlâ juridiction spirituelle s'étendit sur toute province, et qui reçut le titre de métropoliûï ou de primat, en sa qualité d'évôque rincipal de la province tout entière. Partout ■ âége de cet évêque fut attaché à la métro- <>|e civile, excepté en Afrique où le titre de ïimat était ordinairement attribué au plus J^évèque de la province.

En second liou, dans chaque ville principale,

résidence d'un vicaire de l'empire, ou du moins dans la plupart, TÉglise établit un exarque ou patriarche, auquel était attribuée la juridiction la plus étendue après celle du pape.

Ceci ressort avec la dernière évidence de la comparaison de la constitution ecclésiastique avec la constitution de l'empire. Ce parallèle a été dressé avec la plus grande justesse dans une notice de Pempire, rédigée, selon l'opinion commune, vers le temps d'Arcadius et d'Honorius, et qui a pour titre : Notitia dignitatuni utriusque imperii , Orientts ^cilicet et Occtdentis ultra Arcadii Honoriique tewpora (Genevae. 1623). L'empire y est divisé en treize diocèses sous quatre préfets du prétoire, et en cent vingt provinces à peu près.

Nous ne possédons pas une notice de l'Église remontant à une si haute antiquité ; car celle de Léon le Sage (V. Bingham. m. p. 376) est beaucoup plus récente. Cependant si l'on compare les fragments qui nous restent des actes et des souscriptions des anciens conciles avec cette notice de l'empire, et ces deux classes de documents avec la notice postérieure de l'Église ; on verra clairement que, comme Tempire, l'Église fut divisée en diocèses et en provinces. Elle plaça un exarque ou un patriarche à peu près dans chaque diocèse, et un métropolitain ou un primat dans chaque province. On peut voir dans Bingham (L. ix. c. l. § 6) un tableau comparatif qui présente Tappréciation de la division de l'Église telle qu'elle dut être sur la fin du quatrième siècle. (V. les art. Métropolitain , Patriarche , Primat , Exarque, Évêque, Pape.)

DIPTYQUK 8 (Afrrruya). — I. — Ce mot est composé de 8(ç, c deux fois, « et :miaau>, « je plie, » et, dans l'antiquité, il désignait, d'une manière générale, tous les objets qui se pliaient en deux. Homère (O./yss. N. vers. 224) nomme ainsi un vêtement double : S. Augustin (L. xv Contr. Faust, c. k) appelle diptyque de pierre les tables du décalogue ; et S. Ambroise (tiexameron. 1. v. c. 8), en parlant de la coquille bivalve de l'huître, dit que ce mollusque « ouvre son diptyque aux rayons du soleil, » contra salis radios diptyrhum illud suum aperit. On fut donc naturellement amené à donner le même nom à une sorte de livre composé de deux tablettes qui, unies d'un côté par une charnière, se repliaient Tune contre l'autre : et cette dénomination variait suivant le nombre de tablettes ou de plis dont le livre se composait : Sî;rw/a, o dyptiques, » Tp{;ïTu)^a, « triptyques, » ::£VTût:rru)(^a, • pentaptyques, » et après le nombre cinq -oXu;r:u/^a, « polypty ques. » Les diptyques étaient donc des espèces de pugillaires à deux panneaux, bipatens pugillar^ dit Ausone i^Epigr. rxi.vi), disposés intc-

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neurement de façon à recevoir de l'écriture ou de la peinture. On les appela encore tablettes portatives, manuelles, ou éphémérides.

Les diptyques étaient d'ivoire, de bois ou de métal, quelquefois d'ardoise, de membranes ou de papyrus ; il y en eut d'or et d'argent. Les anciens y écrivaient leurs notes courantes, leurs affaires domestiques, et pour ne pas oublier ce qu'ils contenaient, ils portaient ces tablettes suspendues par une bandelette à la main ou à la ceinture. Les riches en avaient fait une affaire de luxe, ils portaient avec ostentation des pugillaires, comme aujourd'hui on porte des montres et autres bijoux. Wiltheim (Dipt. Leod, Ap;end. p. 17) reproduit un diptyque de cette sorte composé de cinq tablettes d'ivoire, trois pour recevoir l'écriture, et les deux extérieures pour servir de couverture. On voit aussi dans son ouvrage des figures tenant à la main des diptyques ou des pugillaires. Ces objets se trouvent quelquefois figurés sur les tombeaux, comme attributs de profession. (V. Boldetti. p. 331 ; et Fabretti. p. 206.)

Les anciens y écrivaient aussi leurs lettres : après avoir uni ensemble deux tablettes d'égale grandeur, on en garnissait l'intérieur avec de la cire sur laquelle on traçait avec le style les caractères. Pélagie envoya à S. Nonnus une lettre de cette sorte, transmisil diptychum tabularum^ et Jacques Diacre la rapporte tout au long dans les Vies des Pères (L. i). Les pugillaires contenant une correspondance étaient ensuite scellés du sceau de la personne qui les envoyait.

Les diptyques étaient au nombre des objets que les anciens avaient coutume d'offrir à leurs amis comme apophorètes ou étrennes au commencement de l'année. (V. l'art. Étrennes.) Les consuls, et aussi, dit-on, les préteurs, les questeurs et les autres magistrats romains se faisaient surtout remarquer par ce genre de libéralités ; ils en offraient à l'empereur, aux membres éminents du sénat, à leurs parents, à leurs amis; ils en distribuaient aussi au peuple pour se concilier sa faveur, surtout à l'occasion des jeux et des spectacles par lesquels ils inauguraient leur entrée en charge. On ne sait pas au juste à quelle époque remonte un tel usage pour les magistrats. Le plus ancien diptyque consulaire qui nous ait été conservé, est attribué à Stilicon, et à l'an 405 (Du Gange. Gloss. Grœc, ad voc. ^ijuru/^ov).

Les faces extérieures des diptyques étaient ornées de figures diverses, et le plus souvent de l'image même du personnage qui les distribuait. S'il était consul, il y paraissait avec la robe consulaire, le sceptre, la mappa^ etc., et présidant les jeux du cirque représentés audessous de lui, comme on peut le voir dans le diptyque de Basile (Buonarruoti. l'efri. in fin).

Il est vraisemblable que les préteurs et les questeurs avaient aussi leurs diptyques, mais aucun ne nous a été conservé.

IL — Après ces préliminaires obligés, nous abordons notre tâche qui est d'étudier l'origine ou plutôt l'introduction des diptyques dans le culte de l'Église primitive.

Or, il y a ici deux questions, une question liturgique, et une question archéologique, qui demandent à être traitées séparément. La première a pour objet une pratique de la hturgie chrétienne, sans analogue dans l'antiquité païenne ; la seconde, l'application à cette même pratique de l'instrument parement profane dont nous avons essayé de définir la nature et les principaux usages chez les anciens.

1 " Question liturgique. — A.— On peut, avec Salig (De diptych. p. 3), définir les diptyques ecclésiastiques : c Des tables publiques qui, dans la primitive Église, se lisaient du haut de l'ambon pendant le saint sacrifice, et qui cûdtenaient les noms des offrants ; ceux des magistrats supérieurs ; ceux des clercs du premier ordre, de la môme communion; ceux des Saints, martyrs ou confesseurs ; et enfin ceux des fidèles morts dans la foi de l'Église : afin de marquer, par cette réunion de personnes, le lien étroit de communion et d'amour qui unit r^nsemble tous les membres de l'Église, triomphante, souffrante et militante, t

On a donné aux diptyques sacrés différents noms, exprimant sous toutes ses faces leur destination : hpa\ ^éXxoi , « tablettes sacrées » (Ex act. concil. sub Numa); iyton ôiXioi (Do Cange); {xuaiixa^ BiXxoi, [xuarixâi 5fjnux«, « tablettes ou diptyques (Suicer. Thés, tô/.) ; » ailleurs, lxxX7)aia(mxo\ xataXofoi, t catalogues ecclésiastiques. » (Coteler. Atonum. eccl. Gr». t. II. p. 205. edit. Paris. 1677.) On les nomna quelquefois libri annirersarit^ »ccte>t» natrt' ca/a, liber viventium ou vita, (V. Donati. Df dittici degli antichi, p. 35.)

Dans le principe, alors que le nombre des fidèles était encore restreint, les diptyques ecclésiastiques ne se composaient que de deux feuilles, et c'étaient des diptyques proprement dits. D'un côté étaient inscrits les noms des vivants, de l'autre ceux des morts. Plus tard, le nombre de ceux qui y devaient prendw place «'étant beaucoup accru, on dut multiplier les feuilles, de parchemin probablement; et on continua néanmoins h les appeler diptyques, parce que toutes ces feuilles étaient renfermées dans deux tablettes d'ivoire seulement, lesquelles à l'intérieur présentaient une surface plane, afin qu'on pût facilement, soit les enduire de cire, soit y adapter des membranes.

L'origine des diptyques ecclésiastiques pcu^ être fixée au deuxième siècle, si toutelois» comme l'ont soutenu plusieurs auteurs grav^

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V. Goar. Not. ad mias. S. Joan. Chrysost, p. 123, elle ne remonte pas aux temps aportoliques. Car S. Cyprien atteste que Pusage en Itait universel dans l'Église au troisième siècle. ^ fait est établi du moins d'une manière indulitable pour le quatrième : car, on sait qu'alors I. Jean Chrysostome fut exclu par plusieurs les diptyques de l'Église. Cet usage s'est conenré, chez les Latins, jusqu'au douzième iècle, et chez les Grecs jusqu'au quinzième Donati. p. 79).

B. — Quelques écrivains, entre autres Du langeât AUaci {De consens, ecci. 1. m. c. 15), lasses, les diptyques ecclésiastiques en trois ivisent d'autres en deux seulement. Nous dopterons la division qui est indiquée dans la éfinition de Salig (Supra).

1. Diptyques des baptisés. C'étaient, à prorement parler, les fastes de l'Église, puisqu'on inscrivait jour par jour les noms de ceux qui îvenaient ses enfants par le baptême. Salig use que c'était une imitation des fastes civils

les noms des nouveaux citoyens étaient rtés. Parmi les nombreux titres honorifiques \ furent donnés aux premiers chrétiens, ;ure celui d'Israélites mystiques, c'est-à-dire loyens de la Jérusalem céleste comme les paélites l'étaient de la Jérusalem terrestre, en effet, S. Paul avait dit (fialat. iv. 26) : Cette Jérusalem qui est en haut, est une cité )re, et elle est notre mère, t Illa autem^ \M»xTswn est Jérusalem^ libéra est; qux est ûter nostra,

î. Diptyques des vivants. Les principales asses de personnes qui y étaient mention- Èes sont : le souverain pontife régnant, les ilriarches, les évoques, les prêtres, les ofaots, les bienfaiteurs de l'Église, les clercs 8 tous ordres, les empereurs, les rois, les opératrices et les reines, et les autres per- Minages considérables. On y ajoutait les noms e quelques-uns des assistants, pour représenit le peuple dont il était impossible de nomwrtous les individus. Tous les fidèles étaient osoite compris dans une mention générale, «Bme le fait observer Alcuin, à propos de ces *rolcs du canon : Mémento^ Domine, famu- >nrm.... (Ap. Baluz. Capital, reg. Franc, t. ii. • 733). Les noms n'étaient point insérés pêle- *Éle, il y avait une colonne ou un feuillet Mticalier pour chaque classe de personnes î'oris. Diss. hist. loc. laud.). A ces diverses Ériesdenoms, venaient se joindre les titres Itt conciles, des quatre grands conciles œcu- Dtniques surtout, afin de témoigner du respect IwVon professait pour ces saintes assemblées, w»»ibien mie pour les constitutions dont elU s wi doté l'Eglise. On croit que cet usage prit ''•Jaance au temps de Justin l^ (Donati. p. 57).

^ plus anciennes liturgies, ainsi que les

diptyques primitifs qui sont arrivés jusqu'à nous (Fiorentini. Vet. occid. martyrol. admon. n), prouvent qu'on y insérait aussi le nom de la Ste Vierge, ceux des martyrs et des autres Saints. On a cru voir dans ce fait l'origine des calendriers, des martyrologes, des canonisations. (V. ces trois mots.) Donati pense (P. 6k) que ceux des diptyques où étaient inscrits les noms des martyrs ont donné naissance aux calendriers, et ceux-ci aux martyrologes, beaucoup plus modernes dans l'Église, et que les diptyques des Saints ont produit les hagiologes ou légendes : car le diptyque est plus ancien que tous les calendriers, et les calendriers plus que tous les martyrologes.

3. Diptyques des morts. On y inscrivait en première ligne les noms de tous les évêques qui avaient gouverné l'Église où le diptyque devait être lu, et qui avaient laissé un nom intact sous le rapport de la doctrine et des mœurs. On connaît une célèbre chasuble de Ravenne dont le clavus ou pallium était orné de médaillons représentant en peinture la série des évêques de Vérone (Mauri Sarti. De vet. casula diptych. Faventix. 1753); et cette chasuble fut appelée chasuble diptyque, sans doute à raison de ce catalogue. (Les noms sont inscrits au bas des portraits.) Du Gange estime cependant [Gloss. Lat. ad h. v.) que le nom de diptyque fut quelquefois donné aux chasubles en général, parce qu'elles s'ouvrent et se plient en deux parties. (V. plus bas. n. IV.)

On y ajoutait quelquefois les évoques étrangers, qui avaient laissé une grande réputation de sainteté. C'est à ce titre que le nom de S. Martin est inscrit dans la plupart des liturgies de l'Occident. Après les évoques étaient mentionnés les prêtres, puis les diacres, lesclercs de tout ordre, et enfin les laïques et les femmes.

Après la proclamation des noms par le diacre, le célébrant récitait l'oraison appelée pour ce motif, oratio post nomina, ou super diptycha. Mais il faut observer que la formule n'était pas la même pour les évêques que pour le commun des fidèles. Pour tous, le célébrant, selon la liturgie dite de S. Marc (Renaudot. Lit. orient. 1. c. p. 150), priait en ces termes: Horum omnium animabus dona requiem^ DominaU/r Domine D^us loster, in sanctis tuis tabemaculis. « Aux âmes de tous ceux-ci donnez le repos, notre Maître et Seigneur, dans vos saints tabernacles, »

Mais quand il s'agissait des évêques, ou d'autres personnages illustres par leur sainteté, le peuple répondait: 86Çdi ooi, xuptE, gloria tibi, domine. C'est ce qui ariiva au cinquième concile œcuménique, où, après la proclamation des noms de Macedonius, de Léon le Grand et d'Euphémius, les fidèles s'écrièrent tout d'une voix : Gloria tibi, domine. C'était un hommage pu-

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blic à leurs vertus, selon renseignement de S. Denys PAréopagite (De eccL hierarch, c. ni).

C. — Mais, en quel lieu, à quel moment, et par qui se faisait la proclamation des noms incrits aux diptyques? Martène assure {Deantiq, EccL rit, c. iv. art. 8. n. 13) que, quand le prêtre était arrivé à cette partie du canon où devait avoir lied la commémoration des vivants, le diacre ayant pris en sa main les tablettes sacrées, lisait à haute voix les noms qui y étaient inscrits. Il en était de même dans l'Église grecque, pour les vivants comme pour les morts (Ghrysostora. Apud Goar. In div. Chrysost, miss. p. 62). Dans quelques Églises de la Gaule et de l'Espagne, cette proclamation suivait immédiatement l'offrande (Martène. loc. cit. n. 12). Aussi les livres liturgiques de ces deux contrées ont-ils toujours, après l'oblation du peuple, une collecte appelée coUectio post nomina. Kn certains lieux, le diacre lisait les noms du haut de l'ambon, ailleurs c'était du pied de l'autel. Dom Martène prétend que, dans l'Église latine, cette proclamation n'était faite ni par le diacre, ni du haut de l'ambon, ni à haute voix ; mais que c'était le sous-diacre qui suggérait, à voix basse, les noms à l'oreille du prêtre, recitante silenter subdiacono.

Dans d'autres Églises, la lecture se faisait par le sous-diacre, derrière l'autel (Menard. Not. ad sacrament. Greg. p. 26^), et, aux messes privées, par le célébrant lui-même.

On fut aussi quelquefois dans l'usage de placer les diptyques sur l'autel avec les noms des offrants et des bienfaiteurs (Pamel. Litury. Gallic. t. II. p. 180), et un fragment d'un ancien ordre romain (Mabillon. Ord. Rom. iv. fol. 61) fait lire deux oraisons destinées à être récitées, la première super diptycios^ c'est-à-dire sur ceux qui étaient inscrits aux diptyques déposés sur l'autel, et l'autre post lectionem norninum.

Les diptyques des morts ont donné naissance aux nécrologes ou obituaires (V. l'art. Nécrologes)^ appelés aussi livres anniversaires, « notes des morts, » schedœ emortuales (Du Gange, ad /oc. Libr. anniv.)^ et quelquefois livres de vie, où Ton conservait les noms des défunts, évêques, prêtres, clercs, bienfaiteurs, etc.

D. — Si l'inscription aux saints diptyques était un honneur insigne et fort recherché ; par contre, rien n'était plus ignominieux ni plus pénible que de s'en voir exclu. Gette peine, qui s'appelait expulsio ou rasura nominum e diptychis^ tirait, si nous en croyons Dodwel {Disser, Cyprian. v. § 18. p. 22), son origine de la Synagogue. Quoi qu'il en soit, les historiens de l'Église rapportent de fréquents exemples de ces sortes d'expulsions: elles étaient prononcées principalement contre les hérétiques, les schismatiques et tous les coupables

de grands crimes. Et la règle était, en ceci. observée avec tant de rigueur, que pei-sonuç ne pouvait s'en affranchir en s'abritant du prestige d'une dignité quelconque, d'évêque, d'empereur, etc. Bien plus, il arriva plus d'une fois que des prélats ou des princes, qui avaient été rétablis dans les diptyques après leur mort, soit par l'erreur, soit par la faiblesse de leurs successeurs, en étaient impitoyablement chassés de nouveau, dès que leur indignité était reconnue; et cette nouvelle radiation appartenait de droit au pape. Agathou exerça ce droit contre Pyrrhus, Sergius et d'autres encore (Aoastas. Biblioth. In Agathon.), Évagre raconte {Hist. te t. l. III. p. 34) que quelques Églises rayèrent le nom de l'empereur Anastase de: saintes tablettes, parce qu'elles le soupçonnaient d'avoir été opposé au concile de Chalcédoine.

Les hérétiques usèrent souventde représailleî contre les vrais croyants, et de préférence en core contre les évêques orthodoxes, en les ex puisant de leurs diptyques. C'est ce qui arriv; à Protérius, évèque d'Alexandrie, de la part d Pierre Foulon, patriarche d'Antioche, qui étai infecté des erreurs d'Eutychès. S. Ghrysostom fut aussi, comme on sait, victime d'une pareill mesure.

Cependant l'expulsion des diptyques n'étai point irrévocable ; et si l'innocence de la pei sonne exclue venait à être reconnue, on ré ta blissait son nom à la place qu'elle occupa précédemment. Il en fut ainsi pour S. Jea Ghrysostome, et Théodoret {Hist, eccL 1. '^ c. 34) attribue la réconciliation des Église d'Orient avec celles de l'Occident au rétablie sèment de ce grand évoque dans les dipt; ques de l'Église de Gonstantinople, trente-cii ans après sa mort. L'histoire ecclésiaslicp fournit plus d'un exemple de pareilles réî tégrations. (V. l'art. Excommunication^ ï fin.)

2° Question archéologique. Le cardiD Noris {Disfiert. hist. de Syn, y. c. 5), et, apï lui Salig, un des plus savants archéologie qui aient écrit sur cette matière (Deorigin, d^ tych, in eccl. c. ii) ont affirmé que les dip* ques ecclésiastiques tirent leur origine à profanes. Gela veut dire sans doute que, po écrire ou renfermer ses catalogues sacrés, V glise primitive adopta des couvertures d'ivoîi de bois ou de métal semblables à celles c étaient en usage chez les anciens, dans la " commune ; et on ne saurait guère se refuse admettre une telle supposition. Mais TÉgl out-elle tout d'abord des diptyques chrétie' confectionnés pour son usage, ou bien co mença-t-elle par se servir des diptyques C4 sulaires qu'elle avait sous la main? Il est o tain qu'elle employa les uns et les autres, m

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la question de priorité nous parait difScile à résoudre : car il existe des diptyques purement ecclésiastiques aussi anciens que les premiers diptyques consulaires connus.

Quoi qu'il en soit, il ressort de là une division toute naturelle : Diptyques ecclésiastiques, et diptyques mixtes.

A. — Diptyques purement ecclésiastiques. Ce sontceui qui ne furent jamais employés à d'autre usage qu'au service de l'Église, et furent faits originairement pour elle. Ils sont faciles à reconnaître aux figures qui décorent leurs faces extérieures, et qui sont exclusivement chrétiennes, sujets tirés de l'ancien et du nouveau testament, images de Notre-Seigneur, de la Ste Vierge et des Saints, etc.

Prudence a composé un poème intitulé Afzr;/ov, où sont décrits en autant de tétrastiques les faits les plus mémorables des deux testaments. Rien assurément ne serait aussi précieux pour l'objet qui nous occupe, si, comme l'affirme Buonarruoti {Vetri^ p. lOj, ce poôme était la description d'un véritable diptyque existant au quatrième siècle. Et la chose n'est certainement pas impossible : car la cathédrale de Milan possède un magnifique monument de ce genre (V. Bugati. Memorie di S. Celso. in fin.), que, eu égard au style et au caractère de ses sculptures, les savants ne font pas difficulté d'attribuer à la môme époque; tandis que le plus ancien diptyque consulaire qui soit arrivé jusqu'à nous, celui de Stilicon, oe remonte pas au delà de l'an 405.

Parmi les plus remarquables diptyques originairenr.ent ecclésiastiques, on cite encore :

1. Celui de Fulde qu'on regarde tomme beaucoup plus ancien que le nécrologe de la même abbaye publié en partie par Leibnitz. Dans l'intérieur de l'un de ses panneaux, .est la liste de vingt-trois rois, l'autre porte les noms de vingt évoques, et au-dessous, ceux de huit comtes. (V. ces listes dans Donati. p. 102.)

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