‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 116 sur 281 · LL'CU · texte numérisé non relu

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car on n*y ▼oit jamais que sept corbeilles (V. Buonarr. tav. Tni), tandis que dans le premier miracle il en était resté douze : ce qui prouve une fois de plus, selon la réflexion d'Origéne (Homil, xii In Gènes.), réflexion basée sur le texte de S. Jean (m. i5), que ce miracle et, par conséquent aussi, les représentations qui en ont été faites renferment une allusion évidente à Teucharistie. En effet, la seconde multiplication fut opérée sur des paiifs de froment, qui sont l^élément du sacrement, tandis que le premier eut pour objet des pains d'orge. Nous avons dit « ordinairement •, car quelques monuments, entre autres les fresques de la catacombe d'Alexandrie, s'opposent à une applicaticn trop absolue de cette règle. Dans cette dernière circonstance, la foule se montait à cinq miHe personnes (Marc. vi. AA) ; dans l'autre, à quatre mille seulement (fd. ?ni. 9), nombre restreint am seuls fidèles lesquels, à l'exemple de la multitude qui, pendant trois jours, avait suivi le Rédempteur sans prendre de nourriture, se disposent, par de longues mort iOcat ions et de rigoureuses abstinences, à recevoir dignement le pain céleste.

On sail que les deux apôlres qui présentèrent à Notre-Seigneur les pains et les poissons sont André et Philippe (Jonn. vi). Cependant, dans la fresque d'Alexandrie, Pierre est substitué au second. 11 y a là évidemment une intention symbolique d'attribuer à S. Pierre la primauté du sacerdoce eucharistique. Ceci est un trait de lumière, à l'aide duquel nous pourrions reconnaître S. Pierre offrant les pains ou les poissons dans la plupart des monuments, des sarcophages notamment, où ce fait miraculeux est retracé (V. Bull. ib. p. 75).

5"* Représentations de repas, 11 s'en trouve de Imx sortes dans les monuments primitif, et particulièrement dans les catacombes de Rome. Les unes, qui ne sont autre chose que des images du festin céleste (V. l'art. RepréserUations de repas), admettent également des hommes et des femmes, et, comme le plus souvent elles servent de décoration à des tombeaux, le nombre des convives varie d'après celui des personnes qui reposent dans le sarcophage ou dans la chambre sépulcrale. Les autres, au contraire, présentent invariablement sept hommes, ni plus ni moins (et pas de femmes), assis à une table où figurent pour tout aliment des pains et des poissons frits. Et nous disons que ces dernières sont des représentations symboliques du festin eucharistique.

Cette scène est retracée en abrégé, sans doute à cause de Texiguïté de l'espace, c'est-à-dire avec quatre convives seulement (iNotre-Seigneur et trois disciples), sur le curieux diptyque de la cathédrale de Milan, monument du cinquième siècle (Bugati. Mem. di S. Cclso. in fine). La table est en sigma, et on y voit un poisson dans un plat au milieu de six pains incisés en croix, decussati; et le Sauveur saisit de la main droite un pain pour le donner à ses convives. En effet, à la vue d'un tel tableau l'esprit se reporte naturellement à ce repas que

Notre-Seigneur, après sa résurrection, prépara sur les bords de la mer de Tibériade à sept de ses disciples, et où il leur servit (Joan. xxi. 9) du pain et du poisson rôti sur la braise. La peintare oslla reproduction exacte en tout point du récit évaii«êlique. Or, d'après le témoignage de tous les Pères et autres éaivains ecclésiastiques qui ont commenté ce passage de l'Évangile, le fait qui y est rapporté est une figure directe de rcucharistie, exclusire de tout autre sens ; c'est de ce fait, et de ce fait seul, que lepoissotiy ix^u;, lire sa signification eucharistique. Toutes les fois que les auteurs anciens désignent l'eucharistie sous le nom arcaue de poisson, et c'est celui qu'ils lui donnent presque toujours, c'est au festin improvisé sur le rivage de la mer de Galilée qu'ils empruntent cette allégorie.

Deux citations suffiront pour édifier le Iccîeur à cet égard. La première est tirée d'un anonyme nfriciiin du cinquième siècle, dont l'ouvrage \[k p'omissionibus et prœdictionibus Dei) est imprimé à la suite de ceux de S. Prosper d'Aquitaine. (Àl auteur appelle le Christ « le grand poisson qui, sur le rivage, nourrit de lui-même ses disciples, et s'offrit poissox, txOuv, au monde entier, t Voici un texte de S. Augustin plus exphcite encore (Trad. xn In Joan.) : « Le Seigneur fil à ses sept disciples un repas composé du poisson qu'ils avaient vu posé sur les charbons ardents, et de pain. Le poisson frit, c'est le Christ; il est aussi le pain qui est descendu du ciel, » pisci* assus, Christm est passus (Beda. /a Joan. xxi). Voilà la doctrine écrite.

Si l'on veut maintenant voir cette même doctrine peinte, qu'on jette un coup d'oeil sur les admirables fresques récemment découvertes au cimetière de Calliste. A défaut des originaux, qu'il n'est pas donné à chacun d'aller contempler dans ces cryptes sacrées, on en trouvera une excellente copie en tète de la savante dissertation de M. De' Rossi, déjà plusieurs fois citée, et dont nous ne faisons guère qu'exprimer ici la substance; et, à cci aspect, on ne pourra manquer de se convaincre que écrivains et artistes ont eu en vue les mêmes allégories ; que les uns et les autres ont voulu, par le double emblème des pains et des poissons, représenter à Tesprit et aux yeux, non pas une uuiou quelconque du fidèle avec Jésui-Christ, mais bien cette union sublime et intime qui s'opère parle moyen de l'aliment eucharistique. Sous la coth duite de notre illustre guide, nous allons donc passer rapidement ces peintures en revue. El pour nous rendre compte de leur immense valeur dogmatique, quant à l'auguste mystère qui fait l'objet de ces recherches, nous devons noter tout d'aboro que, par leur style plein de goût comme par \i perfection relative de leur exécution, elles se placent bien près du beau siècle de l'art romain, c'est-à-dire à une époque où il est pour nous d'cne si haute importance de retrouver l'empreinte oa mieux peut-être l'expression typique de nos croyances, à la première moitié du troisième siècle.

C'est dans deux chambres funéraires, voisines de la crypte de S. Corneille devenue si célèbre par ^

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IHécieiisea décoiiTertes de H. De' Itossi, que se ptùcnlent les peinlures en question. D'autres chmibres ouTrant sur le même corridor ont oiïerl ma (les fresques, dont nous n'avons pas à nous (ccuper, d'abord parce qu'elles sont fort :iI{érÉe$, (I ensuite parce qu'elles reproduisenl les mêmes arjetsque les premières. Sur les parois de l'une de celles-ci se voit, deux fois retracée, l'image d'un piisson nageant dans les flots, et portant sur son dos une corbeille avec des pains au-dessu(, et en liedans un objet rouge el allongé, se distinguant UK-neltement à travers le treillis de la cisie, et qui ne peut être qu'un petit «ase de verre plein lie tin. Cette fiole est marquée dans nuire gravure far une teinte plus prononcée. L'iiiseinble de cet

inappréciable mon urne ni n'est-il pas la traduction parlante de œ passage de S. Jérôme [Ep. ad flu*lic. u. a) retraçant l'iuage oi'i étaient les premiers chrétiens d'emporter chez eui le corps du Seigneur dans une corbeille et son précieui sang dans un lise de Terre! Nikit illo ditiut gui corpui Domini in caiùtlTO rtmineo, el umguinem portai in vitro. Id il y a un double symbole du Christ : le pain et le poissop. Nous avons, pour le prouver, ces paroles de S. Paulin au sujet de notre Sauveur : Pana ipK rem et aqwe vivœ piicii (Epitt. xm. Ad Pammack. § 11). Le poisson, personniQcation du Rédempleur, porte et présente aux hommes le pain ^t le vin, les deux éléments sous lesquels il a voulu leur donner son corps et son sang.

C'est assez d'évidence, pensons-nous, et ce n'est vraiment que ad abundanliam jurii, que nous ferons remarquer, avec le savant antiquaire romain 1^1*';- p. 21), que les pains qui figurent id ne Mnt pas les pains ordinaires appelés decuitati, nuis comme des espèces de galènes cuites sous la cendre, désignées chez les Itomains pai' le nom barbare de mamj^ula ou paini t^naquet, sorte depainj sacrés, que les Orientaux, et en particulier les Juifs, avaient coutume d'offrir i leurs Entres, comme prémices du pain.

Hais les autres peintures du même cimetière, de la même époque et probablement de la même ouin, viennent jeter un jour tout à fait décisif sur ^ fait même que nous voulons établir. L'est d'a- Wd, sur une todte, une table en forme d'élégant 'répied, couverte de trois pains et d'un poisson, H placée au milieu de sept corbeilles pleines de pains (V. 't/fiii. lab. i. n. 1]. On sait que, dans l'antiquité chrétienne, l'eucharistie fut toujours appelée par antonomase la table du Seigneur. Or la présence dans Cftie-ci des pains et des poissons sur le sens desquels nous sommes suffisamment Uiés, prasoQSHious, complète tellement sa sign-

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ncation eucharistique, qu'on ne saurait lui en assigner ime autre.

Cependant les sujets représentés dans la chambre voisine viennent encore corroborer les inductions que nous avons tirées des précédentes peintures. On y voit, en premier lieu, un de ces festins dont le menu se compose de pain el de poissons frits ("tx^u;. lab. i. n. 1). au sujet desquels nous

avons donné plus haut des détails sufll^nls. C'est ensuite (lab. t. n. 3) une table toute pareille à cette table solitaire que nous avons observée dans la ctiainbre précédente, mais avec des circonstances d'un intérêt tout nouveau. Sur la table est uu pain et un plat contenant un poisson, toujours les mêmes emblèmes ; mais d'un cdié de cet autel, un personnage debout, vêtu du seul pallium (ou mieux peut-être du colobium), qui laisse à nu tout le bras et le flanc droits, impose les deux mains sur ces offrandes ; et, de l'autre cAlé, une femme également debout lève les bras vers le ciel(V. le sujet à l'art. Mesie).

Celui qui ne verrait pas là, dit U. De' flossi, la consécration eucharistique, serait complètement aveugle ; car celle tabîe n'est plus sotilaii« comme l'autre, que les indices les plus certains nous aulorisenl néanmoins à interpréter de l'eucliarlstie; mais nous avons ici un ascète, ou, pour mieux dire, un prêtre velu du pallium à la manière des philosophes, et imposant les mains, geste auquel il est impossible, eu é^^nrd burlout à la nature des objets déposés sur la table, d'assigner un autre sens que celui de la consécration. 11 y a, devant la table, une femme qui prie, et qui est l'image, soit de la personne dont les restes reposent dai.s le cubictttum, soit, et plus vr:ii:cmblablement peutêtre, celle de l'Ëglise offrant le sacrilice, conjointement avec le minisire de Jésus-Christ, qui est aussi le sien (V. l'arl. Égliie).

Mais ce n'est pas à Rome seulement que se révèlent ces symboles eucharistiques; le langage des autres Églises concorde merieill eu sèment avec les monuments figurés de la ville éternelle. La doctrine derillusire Église de Lyon à œ sujet se trouve exprimée avec une netteté sans égale dans la fameuse inscription grecque d'Aulun. Après avoir fait mention du baptême, voici ce qu'elle dit de l'eucharistie ; et il faut observer que, divisés sur plusieurs autres parties de ce marbre malheureusement fort mutilé, tous les savants sont unanimes sur L'interprétation de ces deux vers, qu'on nous permettra de citer en latin : Sahalori* tanctomm dulceimwne cibum, edeelbibe ...pi$ceminmani~

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but ienens, c prends la douce nourriture du Sauveur des saints, mange et bois, tenant le poisson dans tes mains, i

Voilà donc une des plus anciennes Églises de la chrétienté qui exprime par les paroles les plus claires ce que celle de Rome a lixé par le pinceau de ses artistes sur les parois de chambres sépulcrales de la On du deuxième siècle, à savoir que la douce nourriture du Sauveur^ cette oblation sacrée dont les chrétiens mangent et boivent, n'est autre chose que r'lx^«» i^ poiuon céleste, cûpsvicv txfi^- Dans Tépitaphe qu*il destinait à être gravée sur la stèle de son tombeau, Âbercius, évèque dlliéraple en Phrygie, au temps de Marc-Àurèle, parle aussi de ce poisson divin, qu'a pris une Vierge immaculée, et qu'elle a livré aux amis pour être mangé. Nous citons ces étoimantes paroles d'après la version latine do dom Pitra (Spicileg. Solesm, t. m. p. 554) :\\et apposuit cibum, ex uno fonte piscem. Il Fides namque singulis produxit : prœgrandem, impollutum, quem apprehendit immaculata Yirgo, et tradidit amicisexintegro comedendum.

Le témoignage de r£glise d'Afrique, parlant par l'organe de S. AugUbtin, n*est pas moins formel. Ce Père désigne Teucharistie sous ces mystérieuses paroles (Confets. t. xiii. 25) : (Solemnitas) in qua ille piscis exhtbetur, quem levatum de profundo terra pia comedit, « le sacrement par lequel ce poisson diviij, qui a été péché au milieu de la mer, sert de nourriture à Tâme pieuse. § Ces paroles n'eussent été comprises de personne, s'il n'eût été en Ubage dans TËglise d'Afrique de désigner Taliment eucharistique sous l'arcane du poisson. Bien que les monuments figurés soient rares ailleurs qu'à Rome, M. De'Rossi signale néanmoins dans un marbre de Ravenne (marbre d'un christianisme douteux cependant) un pain entre deux poissons, et dans une mosaïque chrétienne de Pisaure des corbeilles de pains entremêlées de poissons solitaires (\^i* p. 20). On ne saurait donc douter que r?x^uc, soit qu'il porte sur son dos le pain et le vin, soit qu'il repose avec des pains sur une table solitaire, soit qu'il figure sous la main du prêtre consacrant, ou sur une table où sont assis sept convives, ne doive être regardé comme l'image arcane ou symbolique de Jésus-Christ dans l'eucharistie.

m. — Nous ne devons pas négliger quelques monuments plus anciennement connus, et dans lesquels il serait difficile de ne pas saisir des allusions plus ou moins directes à l'auguste mystère qui nous occupe.

1* Bosio avait découvert au cimetière des Saints- Marcel lin-et-Pierre une représentation de festin sortant tout à fait des conditions ordinaires et présentant des circonstances mystérieuses dignes de fixer fattention de fantiquaire. On y voit une femme seule, en simple tunique, coiffée selon le type consacré (Y. l'art. Représentation de repas), assise à une table en forme de carré long, recouverte d'une nappe, et sur laquelle sont placés trois pains et trois tasses avec une seule amphore (V. Bosio.

tav. cxxix). De la main droite, cette femme fait un gracieux geste d'invitation, et de la gauche elle touche le bord de l'amphore, comme pour indiquer le breuvage qui y est contenu et qu'elle désiredi»tribuer. A chacune des extrémités de la table, un serviteur se tient debout. Le premier présente une coupe à un homme qui s'approche de lui, les épaules couvertes d'une courte pemda et ayant un bâton à la main, deux choses qui dénotent un voyageur (V. l'art. Penula), Le second serviteur appelle de la main un autre personnage tout semblable par le vêtement et l'altitude. Obéissant à leur préoccupation habituelle, les anciens arcliéologues (V. Bottari. t. n. p. 1 76) ne voient ici qu'une agape. Hais si l'on examine attentivement cette peinture, on ne peut s'empêcher d'y découvrir une pensée plus sublime. La composition, d'après l'abbé Polidori (Conviti. — Amie, catt, viu. p. ÎH seqq.), serait calquée sur le neuvième chapitre du livre des Proverbes, et évidemment relative à U sainte eucharistie. En effet, on lit en cet endroit que la Sagesse, s'étant bâti un palais somptueux soutenu par sept colonnes, voulut, pouroiïriraux hommes un salutaire rafraîchissement (V. fart. Refrigerium), y dresser une table abondammenl fournie de pain et de vin ; elle envoya des serriteurs pour inviter les petits et les ignorants à prendre leur part de la nourriture qu'elle leur avait préparée, et qui devait leur faire abandonner Tenfanœ, vivre de la vie véritable, et marcher dans les voies de la prudence : Relinquite infantiam, d viviie, et ambulate per vias pruAeniiœ [Pnn. n. 6). Or, d'après l'enseignement des Pères et en particulier de S. Cyprien (Epist, lxui. Ai Cœdl]. la Sagesse, c'est le Verbe incamé; le palais qa'ellecoDstruit, c'est l'ÉgUse *, les colonnes sont, par rapport à l'Ancien Testament, les prophètes, et les apôtres pour le Nouveau (le nombre sept est un nombre indéGni dans le style des Livres saints et employé pour désigner une chose parfaite) ; les serviteurs envoyés pour porter les invitations sont les ministres de la divine parole; le pain et le vin, c'fôt la divine eucharistie sous les deux espèces ; enfin les invités qui, dans la peinture en question, sont représentés en voyageurs, sont l'image des hommes qui voyagent dans les sentiers de la vie présente.

2* Passeri (Gem. astrif. t. m. p. 289) propose une eiplication peut-être plus ingénieuse encore d'un fond de verre que Marangoni avait trouvé, teint de sang en dedans et en dehors, Gxé au tonsbeau d'un chrétien du cimetière de Saint-Saturnin (Cose gent. p. 573). Près de l'un des bords de ce verre est un enfant vêtu d'une simple tunique, assis à une table basse où se voient quelques pains dans un plat; il étend la main droite vers une femme jeune encore, debout au milieu du disque, et qui d'une main lient une coupe et de l'autre un vase au col allonge. Cette femme, couverte d'une ample tunique ornée de quatre étoiles et marqui: de la lettre S, incline légèrement la tète vers l'enfant, comme pour prêter roreille à sa demande et

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j utisriire. Sur le bord opposé à l'enrant, ^ur un mur arqué, esl déposé un grand cratère, derriire lequel dnq lasses sont rangées sur une étagère. On «lime que cette intéressante composition se nfpKte, comme la précédente, au même passage des Proterbtt, On y lit : «Si quelqu'un fi petit, qu'il vienne à moi i {v. 4). et, en efW, un enfnnt paraît ici à table. Il y est dit : lïingei mon pain, et buvez le vin que je vous aï rené (v. 5) : ■ et on voit sur la table des pains, t\ m les rayons de l'élagére des verres au-dessus d'une grande coupe. Or tout ceci est t'ceuvre de I) ucEssE divine, qui est ici personnlilée par 1) jeune Temme à la robe siellée. Car, selon la remjrqne de Passeri {ibid. 28), (outes les fois que des étoiles sont représentées dans des conditions analogues, elles n'ont d'autre signification que In sngesse et la majesté du Créateur. (V.

l'art. Etoitei). Pour suivre notre guide jusqu'au bout, nous ferons observer quele vêtement de celte femme porte la sigleS. qu'il traduit par lapientia (V. l'art. Honogrammeê tur te* vilementi) . De simples vases renfermant des pains passent aussi ï bon droit pour un symbole eucharistique ; et il n'est point rare de trouver des objets de ce genre sculptés sur les tombeaux. En voici un exemple.

i* Le tait et même le vase pastoral nommé mulctra on muiefrate (Du Cange. ad h. v.) sont

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aussi regardés par les antiquaires comme des symboles eucharistiques-, il est certain que plusieurs documents fort respectables de l'antiquité chrétienne autorisent cette interprétation. On cite notamment les actes de Ste Perpétue et deSte Félicité. Noire-Seigneur, apparaissant à la première de ces deux illustres martyres dans sa prison, alin de soutenir soncouragc, se montrée elle sous l'extérieur d'un pasteur qui lui offre du lait coagulé. cateum, qu'elle reçoit sur ses mains croisées (Ap. Ruinait, edit. Veron. p. 33), et avec les cérémonies observées par les premiers chrétiens pour la réception de la sainte communion (V. l'art. Conimn~

On trouvera celte opinion plus plausible encore, si l'on se rappelle que S. Anibroise applique, lui aussi, à l'eucliarislie [De sacr. I. v. c. 3) ces paroles du Canlique(\. i) : • J'ai bu mon vin avec mon lait, t S. Zenon de Véi-one désigne à son tour l'eucliarislie sous le même svmbo'e, dans une exhortation aux néophytes (n. 45] : • L'Agneau.... a infusé avec amour son doux lait dans vos lèvres cntr'ouverles et vagissanles. • Le lait étant la nourriture des enfants, celte manièrede désigner l'alim.^nt eucharistique doit être relative au nom d'enfants ou de jeunes gens que l'Écriture donne aux chrétiens, itifanttt, adoletcentuli, ou encore eiluli lacttntet |V. Clem. K\e\. Pi^ag. 1. 1. c. 5 et pattim). Voici une fresque des cryptes de Lucine qui traduit celte idée d'une manière frappante (De' Itossi. t. i. tav. m). C'est un vase a lait déposé sur une espèce d'autel ou de cippe et accosté de deux brebis.

ioit^s des Rdèles. Partant de cette donnée, Buonarruoli [Yelri. p. 52. 33), ayant observé dans les catacombes, et en particulier dans la neuvième chambre du cimetière des Saints-Marcellin-et- Pieire, des vases, de la forme des muletrm paslotales, placés sur le dos d'un agneau et entourés d'un nimbe, s'est cru autorisé à regarder ces vases (omniedes espèces de ciboires usités dans la prinùtive Ëglise pour renfermer la sainte eucharistie. C'est là une conjecture qui n'est pas sans valeur,

maïs qui ne s'appuie, que nous sachions, sur aucun témoignage positif de l'antiquité clirélienne (V. le sujet à l'art. Mulclra).

i' L'idée, si naturelle du reste, d'employer le blé et la vigne ou les raisins r«mnie symboles eucharistiques, ne parait pas s'être réalisée dans les temps tout â fait primitifs. Le premier t^ moignage écrit à cet égard est du nenvième siècle, et les monuments figurés où l'on peut surprendre la même inlention ne doivent pas remonter plus

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haut. Nous citons cependant, à la fin de notre article Vigne^ un monument récemment découvert qui nous met dans le cas de modifier cette assertion.

Les représentations de la cène, $i fréquentes depuis la Renaissance, et dont la plus illustre est la fresque de Léonard de Vinci dans le réfectoire du couvent de Noire-Dame des Grâces à Milan, ne se rencontrent presquejaraais dans les catacombes. LHinique exemple connu de cet intéressant sujet est une peinture murale du cimetière de Calliste qui a été transportée au Vatican, et depuis au musée du Latran. Notrc-Seigneur y est assis, au milieu de ses douze apôtres, à une table sur laquelle ne parait aucun aliment ; il tient de la main gauche un Tolume roulé, et de la droite touche celle de S. Pierre. On croit que ce monument est du quatrième siècle, mais de maladroites retouches datant d'une époque récente lui ont ôté la meilleure partie de sa valeur, il. Perret (vol. i. pi. xxix) Ta reproduit tel qu'il est aujourd'hui.

EUr.OGIKS, ou PAIN BÉNIT. — L — Dés Toripine de TÉglise, l'usage s'établit de bénir à la fin de la messe ceux des pains offerts par les fidèles, qui n'avaient pas été consacrés, car le diacre ou le sous-diacre ne plaçait sur l'autel que la quantité de pains nécessaire pour le nombre de personnes qui devaient communier. l/C célébrant, après avoir béni ces pains, les distribuait, en signe de communion fraternelle, à ceux qui n'avaient point participé aux divins mystères. On les appelait pour cela eulogies^ ou en grec àvTÎ^wpov, c'est-à-dire compensation (ConciL Aniioch. an. 541. can. n), parce qu'ils les prenaient à la place de l'eucharistie.

Il faut observer néanmoins que le nom d'eulogie fut d'abord employé pour désigner les espèces sacramentelles, surtout chez les Grecs et plus spécialement encore dans l'Église d'Alexandrie. S. Paul (1 Cor. X. 16) appelle le calice de l'eucharistie : TÔ iro-nnpiGv rn; lù).^^^*?, calix benedictionis ; et S. Cyrille d'Alexandrie ne se sert pas d'un autre mot pour désigner le pain et le vin consacrés (V. Suicer. Thés, nd voc. EùXc-^îa).

Voici comment se faisait la bénédiction des eulogies : On prenait des pains azymes, et avant de les porter sur l'autel on les plaçait dans le diaconicuniy c'est-à-dire sur la table qui se trouvait à la gauche du sanctuaire, et là on les bénissait par de solennelles oraisons. Après quoi, on les divisait, avec un couleau appelé chez les Grecs sainte lance j en un certain nombre de particules sur lesquelles en en prélevait autant qu'il en fallait pour le nombre des communiants. Dans ses opuscules, Allegranza (en regard de la page 55) donne le dessin d'un de ces couteaux eucharistiques, d'une forme très-élégante, et dont le manche est orné de basreliefs extrêmement curieux (V. cet objet à notre art. Lance).

Dès le quatrième siècle, chez les Latins, on donnait aux catéchumènes, qui comme tels étaient

exclus de la communion, ce pain euloçique (Augustin. De peccal, meril. n. 26), qui fut même quelquefois appelé sacramenium par S. Augustin, parce qu'il était sanctifié par une bénédiction, i Ce qu'ils prennent, dit ce Père (De peccator. remist. c. xiti), bien que ce ne soit pas le corps du Christ, est néanmoins une chose sainte, et plus sainte que les aliments vulgaires », et quod acctpttmt, çiuimvis non sit corpus Christi^ sancium est tamen^ et sanctius quant cibi quibus alimur.

Outre ces pains bénits dans la liturgie et distribués à l'église, les évoques avaient coutume de s'envoyer mutuellement des pains sanctiûéspar une bénédiction spéciale, en signe de communion ecclésiastique (Greg. Nazianz. Orat. xix. înlaud. Pair, — Paulin. Epist, i. Ad Fer,). Ces pains étaient appelés par les Grecs lùXo^oc, par les Latins benedictiones ou eulogias, ou encore panet pro eulogia (Paulin. EpisU n. Ad Alip.). Ceci explique le sens de ces expressions qui se rencontrent souvent dans Jean Moschus (Leimon. c. xui et uxt) : Benedidionem unam^ ^- benedictiones trededm, panem unum — ou panes tredecim, S. Pauline! S. Augustin avaient échangé entre eux des eidogit< {EpisL xxxit). Le premier en avait envoyé aussi à Sulpice-Sévère, à Alipius (EpisL xxxi. xixv) et s d'autres encore.

Nous avons donné à Fart. Pain ettckarisiiquem sceau d'eulogie dont l'inscription n'est peut-^lre que l'adresse du destinataire, Euporius, monA Ernopi«>.

II. — Au sixième siècle, on donna au nom d'eulogie une plus grande extension. Ainsi tout repas bénit par un évéque ou un prêtre, soit chez eux, soit dans une maison où ils étaient invités, ou même une réfection quelconque, s'appelait eulogie Il en fut ainsi surtout dans la Gaule, et S. Grégoire de Tours en rapporte plus d'un exemple. Ainsi (HisL Franc, viu. 2), parlant du roi Contran qui avait invité des évoques à dtner, il dit que dès le malin le roi visita les églises pour prier, et quêtant venu dans le quartier où il était logé, lui Grégoire, près de l'église de Sainl-Avile, celui-ci le pria de venir prendre dans sa maison les eulegies de S. Martin. • Le roi, dit-il, entra chez moi avec bonté, vida une coupe à ma prière, et s'en alla gaiement pour le dîner qu'il nous avait fait préparer. » Il n'est pas sans intérêt d'observer ici que, à celte époque, vider une coupe de vin chez un évêque s'appelait une eulogie du patron de son église. Quant au repas royal, le monarque, en y invitant les prélats, l'avait désigné sous le nom de bénédiction (V. ci-dessus).

Ailleurs (1. vi, c. 5) nous voyons Chilpéric, sur le point de monter à cheval pour retourner à Paris, dire à l'évéque historien qui étiit venu le le saluer : t je ne vous quitterai point que vons ne m'ayez béni. » Alors l'évoque prit le pain, le bénit, en mangea avec le roi, et celui-ci ayant bu un peu de vin, monta à cheval et se dirigea sur Paris. Les gens du peuple entendaient aussi le mot d'eulogie dans ce sens. Un prêtre en voyage (V. id.

De glor. co*fat. an) ayant reçu l'hospitalité chez un paysan, celui-ci avant d'aller à son IraTaill demanda du pain à sa femme; mais il ne voulut pas en manger avant qu'il eût été bénit par le prêlre, c'Kt-à-dire qu'il eât reçu de lui des eulogies : ab eo eulogiai aeeiperet.

m. — Enfin l'usage s'établit peu à peu chei les écriTatos ecclésiastiques d'élendre ce nom d'eulogie i loute espèce de présent, gratuit ou «insacré par un droit quelconque. Ainsi nous liwns au chapitre quatorzième du concile de Heiui '. ■ Il convient que tes prêtres, en temps opportun, visitent leurs èvéques et tes honorent pu des eu1(^ies volontaires; r decel prabyterot CKM Khaitanit eulogiit lempore congruo vitïtare et tmerari èuo$ epitcopo». Dans son éplire aui évèques de Bretagne (cap, ni), Léon IV s'eiprime ainsi sur la même matière : • An sQjel des eulogies qui doivent être portées aux saints conciles, noos ne trouvons rien de déterminé par nos pères : ced est à la disposition de chaque prêtre ; > de evioqiit adiaera concilia deftrendi nihil invtnimtu a majoribiu lerminatum, $ed ticul unicuique pre*hi/tero placueriL C'est dans le même sens que Hincmar défend à ses archidiacres d'eiiger dea eulogies des prêtres. Au reste ce langage est conforme 3 celui de S. Paul qui, dans sa deuxième éplire aux Corinthiens (cap. vui), donne le nom d'eulogies ani aumdoes qui devaienl être envoyées aux frères de Jérusalem.

EtTS£BE (sis CANONS ëvancëliqdes). — V. l'arl.

EVAXGËLIAIRE. — V. l'art. Livret lilur-

ETAnGCLtSTES. -^ Les quatre évangélistes SMt ordinairement représentés sous l'emblème de quatre figures ailées, un homme, un lion, un venu el un aigle. Le premier type de ce symbole se trouve dans Éiéchiel (cap. i) ; il a été renouvelé par S. Jean dans l' Apocalypie (cap. iv. vers. fl. 7] : ' je vis aalour du trône de l'Agneau quatre animaui.... Le premier animal était semblable i un lion, le second a un veau, lé troisième avait un >isage comme celui d'un homme, et le qualrième étajl sHublable à un aigle qui vole, i

Us SS. Pères, S. Jérôme, S. Augustin, S. Aml<roise, n'interprètent pas cet oracle d'une manière uoirofme; mais, au fond, leurs opinions sont plu- Ut diflérentes que contradictoires, pour nous sertir de l'expression de Zactiaria [Deconeord. evartg. Colon. 1Ô55), et elles peuvent aisément se concilier.

Elles se résument en deux points principaux : les ans veulent que chacun des quatre animaux aprime le sljle particulier à chacun des quatre énogilistes; les autres pensent qu'ils se rapportent i Notre-SeigneuT, et rappellent les diverses ptôses de sa vie mortelle. Au point de vue des {vemiers (S. Augustin. De coTueiu. evangel. i. G.

— S Hieron Con-n il m MMh Pnoœot, l'homme doit être attribué a S Hitihieu, parce que cet évangélisle débute par la généalogie ha-

maine du Sauveur : Liber generalionit Jeta Chriali, fiUi David; le lion à S. Marc, qui, dés son second

verset, fait entendre la voix du lion ragissaat dans le désert : Vox clamanlù tn daerto : Parait siam Ihmini; à S. Luc, le veau, parce qu'il ouvre I'Jm»toire évanjélique par Zacharie, prêlre et sioriSM*

leur; enfin, l'aigle à S. Jean, qui, d'aa vol wêIk.cieux, s'élance dans des régions subHmes ]MDr dérouler à nos yenx comme la généalogie dn Rédempteur : hprincipio eral Yerbum...,

Au sens des autres interprétée, ces «nblëmes s'adaptent i Jésus-Christ en ce que : 1' dscendu du ciel, il s'est associé à la nature de l'Aonime; S* comme un lion, il a terrassé seE e

ÉVAN - '

' l'instar du veau, il a été Tictiine de paciQcalion; it' parce que, afanl, par sa propre puissance, r3(>pelé à la vie son corps soumis (in instant à l'empire de la mort, il s'est, comme VaigU, enleré d'un Tol rapide vers le ciel.

I. — La représentation des quaire .iniraaui comme symbole des évangélistes ne parail pas avoir été adoptée diins les monuraeiiJâ cliréliens avant le cinquième siècle. Il n'en exi le pas île trace dans les fondis de coupe publiés en si grand nomlire par Duonarruoti et récemment par le P. Garrucci, non plus que dans les fresques des cimetières roniains, ni dans les sculptures de sarcophages. Un des premiers exemples connus est celui que nous fournit un diptyque d'ivoire du cinquième siècle donné par Bugali {Sfemorie di S- Celio. in fin.); et, depuis cette époque, les monuments du même genre les reproduisent fréquemment.

II. — Les mosaïques des basiliques anciennes de Rome et de Riivenne en oiïrent un grand nombre d'exemples. Nous citerons celle de Sainte- Sabine exécutée par l'ordre de S. Célustin I" eu 424 (Ciamp. Vel. monim. i. lab. iliiji) : Vaigie ï occupe la première place, le lion ta seconde l'homme vient ensuite, et enfin le veau. L'ardre dans lequel se présenleni ces emblèmes varie beaucoup plus dans les dilTérents monuments, selon le caprice des artistes probablement, plutdl que par suite d'une intention systématique. On les voit aussi dans la mosaïque de Calla Placidia de Ravenne, aux quatre coins de la voûte, qui est un ciel étoile, et dans celle de la cli.ipelle de S. Satyre i Milan, lune des plus anciennes qui soient connues. C'est ce dernier monument que nous reproduisons ci-dessus (Ferrari. Monumenli di S. Ambrogio. p. 154).

Les artistes onl souvent rapproché de cos figures syniboliques les images mêmes des évangélisles. C'est ce qui s'observe notamment dans les mosaïques de Saint-Vital de Ravfnne, exécutées vej-s l'an !>b6 (Id. t. ii. lab, w. xïi) : on y voit lésé. angélisles assis, portant des livres ouverts, et surmontés de leurs symboles, et les inscriptions que porte cbaciin de ces livres montrent qu'à S. Wat-

Ihieu est attribué l'homme; le lion, sans ailes,= !

S. Marc; le veau, également

enfin Vaigie à S. Jean. CepcDdant ils sont le ^

souvent ailés, soit qu'ils soient représentés i ml-

corps, comme à Sainte- Sa bine, ou en pied, comiM dans les autres ouvrages de celle nature. Communément, leur tète est nimbée, par exempledans la mos.i'ique de l'arc triomphal de S. Paul sur la voied'l)stie(l>/.mon. i. ixvni), datant du ponliGcat de S. Léon le Grand. 4H, et aussi dans celle du grand arc de la basilique Libérienne, due s li munificence de Sixte IH, 4i3. Souvent aussi les animaux symboliques portent les livres des Évangiles; c'est ce qui se voit notamment danslantosaîqne des Saints-Cflme-el-Damien, faite par l«s ordres de Félix IV vers 530 {Vet. mon. u. it), et

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encore dans œlle de Saint-Âpollinaire in Classe t.k Rarenne, 567 (ibid. ii. xuv).

III. — Costadoni mentionne (Diairib, in Grœc. kon. ligni S. crucis, c. a) une représentation de ce sujet sortant lout à fait des types connus. Elle se trouve dans un missel manuscrit, où la lel- Ire initiale de chacun des Évangiles présente Tiroage de son auteur couverte des vêtements ordinaires, dits apostoliques, mais ayant, à la place de sa lète humaine, celle de Tanimal symbolique qui lai est attribué, ornée d*un nimbe doré. Ce type bizarre existe aussi dans une très-ancienne église d'Aquilée (Bartoli. Leanlichità di Aquiteia. p 404).

IV. ~ Quelques croix de la plus haute antiquité soot ornées, à leurs quatre extrémités, des quatre animaux évangélîques. La raison qu'on en donne, c'est que les évangélistes ont été, par le martyre, \£s témoins de la divinité et de l'humanité de Jésus-Christ, ou bien encore que, par leur parole et

par leurs écrits, ils se sont associés, autant qu'il élait en eux, au grand œuvre de la rédemption accompli sur la croix. Nous mentionnerons, par exemple, une croix slationnale donnée par Paciaudi | [De cuit. S. Joan. B. p. 162), et la fameuse croix de yelîelri (lior^ia. De cruce Velit.) ; mais, dans . cette dernière, le nimbe n'est attribué qu'à Vhomme \ elà Vaigle. Est-ce un simple caprice d'artiste? Nous voyons les honneurs du nimbe réservés à I i%mme seul dans la mosaïque de Saint- Vital de , Rarenne déjà citée, ainsi que dans celles de Toratoire de Saint-Yenance, près de Saint-Jean de LatrsD (Yet. mon. ii. xix), et de Sainte-Euphémie [Ihid. ixvi), l'une et l'autre du septième siècle. On a conclu de ces exemples que les artistes de ces (emps déjà un peu éloignés de l'antiquité proprement dite, etoij le goût primitif s'était déjà altéré, répugnaient à donner cette distinction à celles des figures emblématiques qui étaient privées de raison.

II existe des croix anciennes qui, à la place des animaux, font voir les bubles des évangélistes euxmêmes. Telle est une croix pectorale grecque en bronze doré, qui est gravée dans l'ouvrage de Bor- ^ia {De cruce Velit. p. 133) et qui passe pour l'une des plus anciennes croix connues. Le revers présente, au centre, un personnage vêtu d'une tunique ceinle, la tète nimbée et élevant les mains dans l'attitude de la prière, et que Borgia croit èirt delà Ste Vierge. Aux quatre extrémités sont quatre figures en buste, vêtues de la tunique et du pallium, portant de la main gauche un livre fermé qu'elles désignent avec l'index de la droite. Ce ^onl les quatre évangélistes.

Y. — Les diverses classes de monuments jusqu'ici énumérées ne sont pas les seules qui, par ces représentations symboliques, établissent l'antiquité du culte rendu par TÉglise aux évangélistes. On retrouve ces images sur les bases des autels, sur les vases sacrés, sur les vêtements sacerdotaui de la plus ancienne époque, et enfm sur certaines médailles. Paciaudi (De cultu. S. Joan, B, P- 163) publie un bronze qui porte sur l'une de ^ faces ïhomme et l'aigle, avec cette inscription *

BAoEoc (sic) (Malthœuê) — iouannis, et sur Tautre le lion et le veaUj accompagnés de celle-ci : dapc (sic) (Marcus) — lycas.

Chacun de ces deux groupes est séparé par une croix, et la tète de chacun des animaux est surmontée dune étoile. On ignore l'origine et la provenance de ce curieux monument, car on ne connaît aucune ville qui ait adopté soit les noms, soit les symboles des quatre évangélistes pour types de ses monnaies. Les animaux évangélîques sont sculptés, avec des poissons, sur les fragments d'un très-ancien baptistère publié par M. Albert Lenoîr, mais malheureusement sans indication de date ni de provenance (Inslruct. des comités des arts et ?/ionum. in-4'. p. 108-109).

VI. — Dans les bas-reliefs de quelques sarco phages représentant les apôtres groupés des deux cdtés de Notre-Seigneur, on suppose que ceux de ces personnages qui portent un volume à la main sont les évangélistes, bien que deux npôlres s<'ulement aient écrit le récit des actions du divm Maître. Ce qui donnerait déjà une grande valeur à celte opinion, c'est qu'il existe un sarcophage (Boltari. cxxxi) où ces volumes roulés ne sont donnés qu'à trois personnages. On pense que deux d'entre eux seraient les apôtres S. Matthieu et S. Jean, et que S. Marc y figurerait aussi, bien que simple disciple, comme interprète de S. Pierre, selon une tradition portant que le prince des apôtres était le véritable auteur de l'Évangile qui aurait eu S. Marc pour simple copiste ou éditeur, comme nous dirions aujourd'hui (Tertull. Contr, Marcion. iv. 5) : licet et Marcus quod edidit, Pelrt adfimietur, cujus interpres Marcus. Mais le fait est constaté de la manière la plus indubitable sur une urne sépulcrale du musée d'Arles (n" 56). Tous ]e$ apôtres y sont vus, assis des deux côtés de Notre-Seigneur, et avec un volume roulé ou repUé à la main. Quatre d'entre eux les ont ouverts, et ce sont bien certainement les évangélistes, car leurs noms sont écrits sur leurs livres, un codex pour S. Marc et S. Jean : har || gvs, ioan || nis, un volume ou rouleau pour les deux autres : matuevs,

LVCANVS (sic).

11 existe à Apt un sarcophage qui, sur ses retours, a les quatre évangélistes, sans les autres apôtres. Ce curieux monument a été publié pour la première Jois dans le Bulletin archéologique de M. De'Uossi(1866. p. 55).

VU. — M. Perret (Calao, n. pi. lxvi) nous faii connaître une fresque fort endommagée d'un arcosolium du cimetière de Saint-Zoticus ; où l'on croit reconnaître les quatre évangélistes. Ce sont quatre personnages debout, ayant chacun à ses pieds un scrinium plein de volumes. Près de l'un d'eux se lisent les iliiw lettres ma qui peuvent être les initiales du nom de S. Matthieu ou de celui de S. Marc.

M. Stevenson, qui a fait naguère une étude spéciale de ce cimetière, pense, non sans fondement et d'après d'autres exemples analogues, que les personnages sont les saints dont les corps étaient dé-

fiVAN — S

posôs en ce lieu, c'esl-i-dire Zolicus. Hyadntlie, ' Irénée et Amantius : les deui lettres m\ qui resrenl dans l'inscriplion tronquée, pouTaienI appartenir au nom d'imantius (Sterenson. Cimit. Zol, p. 32).

Vfll. — Quatre personnages debout, en costume apostolique, tenant cliacun un livre à ta main, et placés dans des ei^péces de niches formées par d'élégantes arabesques dnns In mosaïque du baptistère de Aarenne ( Vr(. mon. I. tab. mil), datant de 151, nous semblent représenter sans le moindre doule les quatre évangélistes ; et nous avons peine à comprendre l'hésitation de Ciampinii cet

ÉVANGILES. — I. - ■ Lfuri irpriseiilaliont.

i° Aux pieds de Notre- Seigneur, figuré en personne ou sous le symbole de l'agneau, on voit souvent quatre ruisseaux s'échappant d'un monticule. Ces ruisseaux sont l'imnge allégorique des quatre n-vangiles (V. l'art. Ut quatre fleuvn), qui, sortis du sein du Rédempteur, véritable source des em\ vives, se sont répandus sur toute la terre par Kcanal des apûtres (V, S. Cyprian. Epiit. lwhh. Ad Jttb. — Tlieodurel. /n ptalin. 7.l\. — Beda. /n Cène», n).

S* A finstar de ce qui se pratiquait citez les Juifs pour les livres de l'Ancien Testament, les premiers chréltem fermaient Icsiivresdes Évangiles dans des espèces d'ar orott : les rouleaux ; étaient rangés dans des cases, foruti, capKB,àesorleqaeVumbilieta, avec sa bosselle, fût toujours en avant. On peut se rendre compte de celte disposition, en eiaminanl quelques verres juifs donnés par Bucnarruoti (tav. u) et Garrucci (tav. v), celui-ci par exemple où se trouvent figurée!^ de ces armoires en formed'éJicule, et ouvertes; et mieux encore la mosaïque de Galla Placidia de Ravenne (Ci Livii), OÙ se voit un meuble femblable renfermant les Évangiles. Les valûmes ou rouleaux des quatre Évangiles sont aussi souvent figurés soit par bout, comme dans les armoires, soit en long, dans les verres dorés (V. Buonarr. ii». 2k Or, comme ces verres servaient dans les agapes (V. l'art. Fondi de coupes), il n'est pas douteux que les livres des Évangiles qui ; étaient retracés n'eussent pour but de rappeler aux tldèles que, tout en restaurant leurs forces par la nourriture

5 — EVAN

matérielle, ils devaient songer à repaître leur iine de l'aliment de la parole divine. Otte inlMilioii est surtout évidente sur un fragment où est m produit en même temps le miracle de la malli{ibcilion des pains (Id. tav. vin. 1) : • L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute paroleqm sort de la bouche de Dieu, • non in lolo pam rnil homo, ted in omni verho ijuod procedit dt en llti (Matlb. IV. 4). On sait qu'on lisait l'Ëvangile pmdant les repas (Augusl. Serm. lvi. — llieroo. fy )iVNi. Ad Marceil.), et ces ornements de onifti renfermaient assurément aussi uDeallusHin ic^ preux usage.

Dans la représentation, soit symbolique pirli^^ quatre fleures, soit naturelle par les qualrt mleaux, on distingue un témoignage de la foi dr Iï primitiveÉgliseauxçuairf ÉTani?ilesauth«itiqu«. il l'exclnàon des Évangiles apocryphes en circulation dans les premiers siècles. Quelques mosai]'je<. entre autres celle du baplistère de Ravenne (Iri mon. I. p. 231), qui est de Ibl, présenlenl i(> quatre Évangiles déposés sur aulant de lablej.aiK le litre de chacun d'eux au bas : etik. su iiciH.etc. C'est la traduction de l'antique u»u;>ti)v était l'Église de conserver sur l'autel un coda it l'un des Évangiles ouvert, mais seulement, pnsons-nous. pendant la liturgie.

3° On donne ordinairement pour atlribul i S PierreetiS. PiuliH

qu'un seul voluniffi' dguréentreem. d'K le champ; et presque toujours ce volume est sumiimlé d'utv laquelle représente, selon les plus Miiil! interprètes, la couronne du royaume céleste, dwl l'Évangile, tonne nouiif//e, est l'annonce, eran^ lium regni (Hatlh. iv, 23). Quelques sarcophifeantiques [V. Hillin. Midi de la Fr. pi. mêla''*'' figurent tous lesapdtres avec un volume ou on«i- (/exà la main. Noire-Seigneur est au milieu d'an et enseigne, les livres que tiennent les ipi^^^ sont ceui de l'Ancien Testament, oii ils vérifiaifol tes textes, des prophéties principalement, que I' Sauveur citait souvent dans ses discouri.

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4* Les évèques paraissent aussi dans les anciennes peintures avec rÉvangile à la main gauche (Y.Ciamp. VeL mon. n. tab. xxiv), parce qu'ils sont cfaaiigés de garder ce précieux dépôt (1 Tim. n. 20) dans toute sa pureté et d*en distribuer aux peuples Taliment diyin. Cest pour cela que, de toute antiquité, il est d^usage, dans la cérémonie de I*ordination de l'éTéque, de poser le saint Évangile sur fa tète.

5* Les monuments primitifs placent aussi rÉvangile à b main des diacres, parce que leur office était de le porter et de le lire publiquement. C'est ce qu'on peut voir dans un fond de coupe (Buon. XT. i), dans une fresque du cimetière de Saint- Taifntin (Aringhi. n. ^ Cf. Macar. Hagioglypt. p. 2i>)j dans celle des thermes du pape Formose (Paciaudi. Sacr. bain, frontisp.), dans la mosaïque de Saint-Laurent hors des murs, où S. Etienne est figuré avec le même attribut (Ciamp. Vet. mon, (ar. x\Tm), dans celle de la tribune de Sainte-Marie in Traêtevere (ap. Bolland. PropiL p. 918), dans celle des Saints-Nazaire-et-Celse à Ravenne (Ciamp. ibid, lATi. 2); et ce dernier monument présente cette circonstance curieuse, que prés de S. Laurent est Ggarée une de ces armoires dont nous ayons parlé plus haut et dont ce saint diacre avait probablement la garde. Or, dans cette armoire oQTerte, on lit, sur leurs cases respectives, les titres des trois Évangiles seulement : lvcas, nattevs,

lOAxicBs. La quatrième case est vide, c'est sans doute celle que doit occuper rËvangile de S.

Marc, que S. Laurent tient ouvert à la main (V.

le sujet complet à Tart. 5.

Laurent).

6* Nous avons un fond de coupe (et on sait que cet te classe de monuments ofTre une source inépuisable de richesses archéologiques), représentant Tun des trois Mages, avec son offrande à la main, et derrière lui est placé le livre de TÉvangile (Buo- ^^9iT. IX. 3), pour marquer que ces saints personnages furent les premiers des gentils à recevoir la Confie nouvelle,

7* Le livre des Évangiles parait avoir été pris

Quelquefois comme le symbole de Jésus-Christ lui-

'^éme, dont il est la parole. Ainsi se trouve-t-il

f^ lacé tout ouvert sur une chaire entourée des douze

^^UreSy dans uu antique bronze doré que possède

ne vieille église du La tium (Lupi. Dissevt. i. 262.

— V, à l'art. Chaire la dernière gravure).

U. Culte, — !• Culte public. Le livre des saints ^^angiles fut de tout temps dans TÉglise l'objet <^'qq cuite religieux. Le quatrième concile de Con- ^^^tinople (Act. x. can. 3. ap. Labbe. x. 634) ne

fit

que renouveler la doctrine du deuxième de

Nicée, qui elle-même n*était que l'expression de Tesprit primitif du christianisme, en décrétant qu'on devait rendre au livre de l'Évangile le même culte qu'à Timage même de Jésus-Christ. Les Pères mettaient un zèle infini à en conserver le texte dans toute sa pureté et intégrité, et ils en écrivaient souvent des copies de leur propre main. C'est ce qu'on sait en particulier de S. Pamphile (Uier^ Devir, illuslr. lxxv), d'Eusèbe (/6id. lxxxi), de S. Jérôme {Eput. vi). Les deux premiers, unis, comme on sait, par les liens d'une étroite amitié, s'associèrent plusieurs fois dans un zèle pieux pour celte œuvre importante. Il nous reste encore aujourd'hui plusieurs manuscrits syriaques et grecs où sont fidèlement reproduites les souscriptions qu'avaient mises ces deux grands hommes à la fin des exemplaires corrigés par leurs soins (V. De' Rossi. Bullettino, an. i. p. 67) : Corrigendo accurate ego Eusebius cotrexi, Pamphilo collationcm instituenle; — Pampkilus et Eusebius sedulo correxerunt ; — manu propria sua Pampkilus et Eusebius correxerunt ; — iterum manu nostra nosmet Pampkilus et Eusebius correximus, etc.

Un savant allemand, N. Tischendorf, a retrouvé et publié à Leipsick en 1863 des fragments des livres de l'Ancien Testament grec de la plus haute antiquité, qui furent collationnés, comme porte une annotation marginale, sur un exemplaire revêtu lui-même d'une souscription de S. Pamphile, où cet illustre martyr atteste Tavoir corrigé sur les Hexaples d'Origène (De* Rossi. ibid p. 62). L'abbaye de Fulde conservait uu exemplaire des Évangiles écrit de la main de Victor, évêque de Gapoue en 544 (Borgia. De cruce Yelit. p. 482. n. b.). Perpetuus, évêque de Tours, dans un testament devenu célèbre et qui est un des monuments les plus intéressants en ce genre, lègue à Euphronius d'Autun un évangéliaire écrit de la main de S. Hilaire de Poitiers : Evangeliorum librum quem scripsit Hilarius quondam Pictaviensis sacerdos (Acberii SpiciL t. V. p. 107).

Pour obtenir la correction des copies, on ne reculait devant aucune dépense, ainsi que nous le voyons par les prix marqués à la fin de certains manuscrits plus remarquables (Borgia. ibid, 183). Dans le principe, chaque Évangile était écrit dans un volume à part. S. Jérôme (Ilonor. Augustod. Gemm. anim. 1. u, c, 88) est le premier qui ait formé ce qu'on a appelé depuis un lectionnaire et un évangéliaire, et le pape Damase en prescrivit la lecture pendant la liturgie. Cette lecture se faisait dans toutes les langues parlées par les différentes personnes présentes ; à Scythopolis, Procope, qui était lecteur et exorciste (Ruinart. edit. Veron. p. 3H), lisait l'Évangile en grec et Pexpliquait en langue syro-chaldaïque.

Le plus souvent on tenait ces livres sacrés dans des bibliothèques spécialement destinées à cet usage (V. l'art. Biblioikèquesckrétiennes); plus tard on les plaça dans un des secretaria qui s'ouvraient des deux côtes de l'autel, dans l'abside (Paulin. Ep. ad Sev. xu). S. Ambroise nous apprend (Epist. iv.

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dass. 1), qu*à Milan on le renfermait dans une châsse ornée d*or : ibi arca teslamenti undique auro tecta, id est doctrina ChrUti. Parmi les richesses que le roi Childebert avait apportées d'Espagne, S. Grégoire de Tours {Hiêt, Franc. 1. ni. c. iO) compte vingt châsses d*or pur, ornées de perles et destinées à contenir le livre des Évangiles : viginii Evangeliorum capsas deiuliU tx auro puro ac gemmU omaias. Telle est aussi la description quMl donne d'une cassette du même genre exécutée par les ordres de la fille de Tempereur Léon : capsam ad sancta Evangelia recludenda ex auro puro pretiosisque lapidibus prœcepii fabricari^ • il ordonna de fabriquer une cassette d'or trés-pur et de pierres précieuses, pour y renfermer les saints Évangiles, i (De glor, confess, c. liui.) Le même usage existait à Rome, car il est dit dans l'ordre romain (p. 7) que le sous-diacre, ayant fait baiser rÉvangile au clergé et au peuple, le renfermait dans la cassette précieuse que tenait Taccolyte.

On peut v(;ir dans les monuments liturgiques de tous les rites les cérémonies pleines de respect et de solennité qui présidaient à la lecture de rÉvangile dans la liturgie sacrée. Il nous est impossible d'entrer dans ce détail, si intéressant qu'il soit.

Dans les conciles on plaçait l'Évangile sur un trône élevé, couvert de riches draperies, d'où il semblait présider ces saintes assemblées (V. Marlène. Deantiq, EccL rit. I. n. c. i. § 9). Une mosaïque du baptistère de Ra venue nous a conservé le représentation de ce solennel usage. On y voit i*Évangile ouvert déposé sur un suggeslus soutenu par quatre colonnes, et de chaque côté, dans une niche absidale, est ligurée une chaire épiscopale : c'est l'image abrégée d'un concile (V. Ciamp. Yet, mon. I. tab. xxxvii. — V. l'art. Conciles),

Les empereurs chrétiens faisaient placer de même le livre des Évangiles dans les tribunaux, pour rappeler sans cesse aux juges la loi divine, qui est la source et le type de la loi humaine. Les premiers chrétiens avaient coutume de jurer sur les saints Évangiles ;et on connaît la célèbre formule d'anathème da sca xpi qvatvor evahgelia, qui se lit sur le Utulus de Bonusa et de Menna illustré par Jacutius (Romœ. 1758. — V. aussi notre art. Anathèmes),

Avec la paix de l'Église arriva le luxe des mamiscrits et des couvertures, nouvelle manière de témoigner la vénération qu'on professait pour la parole du Sauveur. On l'écrivit en lettres d'or et sur des membranes teintes en pourpre ; S. Jérôme et S. Éphrem attestent que les moines du quatrième siècle occupaient leurs loisirs à faire de ces riches copies. Le monastère de S. Dimitri, sur le montOssa (ancienne Magnésie), possède un magnifique manuscrit contenant les quatre Évangiles écrits en lettres d'or sur parchemin, et avec une admirable finesse, orné de miniatures rep^é^entanl les quatre évangélistes, et enrichi de notes marginales que la tradition attribue à S. Achillios, évéque de Larisse, et Tune des lumières du concile de iNicée (V. Archives des miss, scient, et litt. t. ni.

p. 250). On montre aussi à la bibliothèque de Munich un évangéliaire latin du neuvième siéde, écrit en lettres d'argent sur vélin pourpre.

On vit des évangéliaires revêtus de couvertures où brillaient l'argent, l'or, les pierres précieuses, et d'autres ornés de saintes images sculptées par les plus habiles artistes sur des tablettrs d'iroire ou de bronze. Constantin (Cedren. In Constantin. ann. 21) avait ofl'ert à la basilique de Latran les volumes des £<vangiles reliés avec une magnificence extraordinaire. La reine Théodelinde ût un don de même nature à la basilique de Monza (Naffei. Storia diplom. p. 519). On voit dans l'ouvrage de Gori (Thés, diptyck, t. ni eipassim) un grand nombre d'ivoires du cinquième et du sixième siècle, couverts de sculptui*es chrétiennes, et qui ont serTÏ de couvertures à des évangéliaires. Ou se servit nrème souvent pour cet objet de diptyques consulaires (V. Ciamp. Yet. mon. i. p. 152 et notre art. Diptyques) y et on employa pour ornement des saints livres des pierres antiques représentant des sujets profanes (Marangoni. Cose gent. p. 70).

^ous donnons ici, comme spécimen, et d'après un dessin de M. Albert (Mém. de la Société nation, des antiquaires de France, t. xxiv, 4* série, t. vi, la couverture d'un évangéliaire manuscrit attribue à Charlemagne. Les ornements d'orfèvrerie dont il est couvert sont cloués sur un ais de bois dur. Au centre de la composition se voit le Christ assis sL.r un trône, la tète entourée du nimbe crucifère bordé d'un rang de perles, bénissant à la manière latine, et tenant de la main gauche le livre des Évangiles. La figure est exécutée au repoussé dans une plaque d'or fin. Le trône est décoré d'arcatures, e\ l'encadrement du tout se compose d'une mouluie à double baguette. Une inscription en émail cloisonné borde les quatie côtés du tableau central. Les caractères qui la composent sont des majuscules latines d'un blanc opaque se détachant sur un fond d'émail bleu translucide, entouré lui-inêii e d'un filet d'émail vert opaque semé de points jaunes régulièrement espacés. La bande d'inscriptiiu est brisée en plusieurs endroits, surtout au-dessus de la tête du Christ ; mais il est facile de reoûnstituer les deux hexamètres dont elle se compose. Les voici d'après M. .\lberl, à qui nous empruntons également la substance de la descripliuii qui précède :

MAIDEVS ET MARCUS, LTCAS, SAMCTVi>QV£ lOA.VfES, VOX UORVH QVATVOR REBOAT TE, CURISTE REDCHTOR.

2' Culte privé. Les premiers chrétiens montraient surtout leur respect pour les saints Évangiles par leur assiduité à les lire et à se pénétrer de la divine doctrine qu'ils renlerment. Les SS. l'ères ne cessaient de leur conseiller cette lecture, et la leur faisaient envisager comme la meilleure préparation à l'accomplissement de tous les devoirs de la ^je (Greg. Magn. Epist. Lxxvmi). S.Jérôme {Epitt, \in\ dans ses conseils à Ëustochium, veut que • le sommeil le surprenne avec ce livre à la main, et que sa tète appesantie par la fatigue ne tombe que sur

ÉVAN — ï

une page sainte. > El le plus bel éloge qu'il croit pmToirriire du prêtre Népolien {Epilaph.Nepotian. dHtUodor. Ep. li. n. ii), c'est de dire que, i Torce k lire et de méditer les saints Ëvai^jes, ce saint prtire liait fait de son coeur la bibiiolhéque du (lirist : peclui itaim feeerat hibliothtcam Ckritli.

L] déiotion des lldéles pour ces lifres sacrés se Dunircstait tious toutes les fornies. Ils les portaient sDspendus i leur cou dans leurs vojages et même dinsla lie ordinaire. Le diacre Euplius, qui souITrit m âU, rut martyrisé avec son Évangile suspendu

I — ÉVÉO

au a>u(Ruinart. edît. Ver. S61). Ils le parlaient en guise d'amulettes, ou de phylactères, pour écarter lesm^adies (Clirysost. Homil. m) -, on voit dans les catacombes (V. Botiari. xciii. 9), aux pieds de certaines orantet, de petits coETrets, terinia taera (Prudent. PtHtt. h. »m. 7|, munis d'une bandelette servant à les suspendre au cou, et qui contenaient quelques parties des saints ËvSngiles. S. Grégoire le Grand avait envoyé à la reine Tiiéodelinde, pour ses enfants, deux reliquaires de bois prècieni ren- Termanl, l'un un fragment de la vraie croix, et l'au-

tre un morceau de l'ÉTangile. On peut voir un fac- Bmile de ces petits monuments dans les Tavolc deliaiUtr. eccl. de Moizoni. t. vu. p. 79, et à notre Sri. Cnidjtc. On plaçait ce livre divin dans les sépollures, témoin cet exemplaire de S. Hallhieu qui fut trouvé sur la poitrine de S. Barnabe au Sein du tombuudecetapAlre, découvert dans i'ile de Chypre (Biron. Âd an. 485). On le conservait dans les maisons pour écarter les démons (Chysost. In ioan. c- uii). pour apaiser les incendias {Grog/^Turon. fit. pp. vi) ; plus tard, l'ÉTangile Tut mis au nom |

bre des insiynes de I empire ; Lolliaire di fils Louis le Itébonnaire pour son successeur, en lui remettant la couronne, le glaive et l'Ëvan^ (Lami. De erudil. apottol. p. 530).

ËVÊQUF.S. — I. ~ Le nom d'évéque, en grec Iniancno;, qui correspond au latin intptctor ou speculator, désignait chez les Athéniens un magistrat qui visitait chaque année les villes de l'kltiaue. Doiir s'informer des abus » réprimer, et pour rendre la juitire (Arislopn. m »u>. ap.

ÉVÉQ

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Suid. ad h. y.) La primitive Église adopta ce nom pour désigner ceux qui président à la république chrétienne, inspectent et réforment les mœurs, il y a dans les GDnstitutions apostoliques un cha" pitre (h. i8) intitulé : Quod oportet episcopum curare ne peccet populus, quia est ipse speculator. Le mot episcopus se trouve plusieurs fois dans les livres du Nouveau Testament, et principalement dans les Actes des Apôtres (Act. xx. 28), et dans lesÉpîtres de S. Paul (4 Thn. nu 2. — TH. i. 7). Les plus anciens Pères l'ont aussi employé, entre autres S. Ignace martyr, dans son épître aux Smyr» niens. Mais ce n'est guère qu'au troisième siècle qu'il reçut une signification exclusivement ecclésiastique ; c'est depuis lors qu'on le trouve inscrit sur les tombes épiscopales. Nous en avons un illustre exemple dans la crypte des papes au cimetière de Calliste, où les noms des pontifes sont suivis de l'abréviation du mot inioMnoi ou episcopus — EP ou Enic. M. De' Rossi (Bullet. 1864, n. 7) signale une autre série d'épilaphes d'évèques au cimetière de Saint-Alexandre, sur la voie Nomentane. Donali avait déjà publié celle d'un évèque de Nola, que nous rapportons d'après cet auteur (cLxxxiii. 2), parce qu'elle porte la date hypatique de l'an 527 (Donati. clxxxui. 2) :

-1- UlC. REOVIEiaCIT. SCE. ME +

PRISCVS. LPISC. IN. PACK

DPS. V. KL. lUar. FL. MAXIMO ?. G. COM.

L'évèque était le premier dans la hiérarchie ecclésiastique; il avait sous sa juridiction, en outre des laïques, les clercs, les diacres, les prêtres; il n'était soumis qu'à Jésus-Christ (Id. ibid.).

Les évoques, à raison de leur âge avancé, furent quelquefois appelés irptaSÛTipoi , presbyteri^ «vieillards » (Theodoret. In c. i. vers. 7. Epist. ad Tit. et alibi) j bien que, par l'ordre et le caractère, ils fussent au-dessus des prêtres, auxquels seuls ce nom est resté. On les nomma aussi sacerdotes , ou summi sacerdotes (Tertull. De baptism. xvn), « prêtres par excellence, » revêtus de la plénitude du sacerdoce; antistiles^ ^puarot. Deux évèques d'Arles, S. llilaire sur son tombeau, qui se voit au musée de cette ville, et Patrocle dans une constitution de Yalentinien 111, sont nommés saa'O'Sanctœ legis antisiites (Cf. Le Blant. ii. p. 252. n. 515); prœpositi, pontifices, papœ : ce dernier titre fut donné surtout à l'évèque de Garthage (Codic. can. Eccl. Afi'ic. ap. Pelliccia. i. 88), à quelques évèques des Gaules (Fortunat. Pictav. I. m. Poem. — Greg. Turon. De vit. S. Martini, ix. 42), aux patriarches orientaux, notamment à celui d'Alexandrie (Epiph. Hœres. lxix), à l'évèque de Jérusalem (Avit. Yien. Epist. xxui), et à d'autres encore. Mais, à partir du cinquième siècle, le titre de pape parait avoir été réservé dans toute la chrétienté au seul évêque de Rome (V. Libell. Liberat. c. xviii. xxt. xxn. — Synod. vi. act. 18. et Epist, synodal, ibid.). Les évèques eurent encore le nom de opostoU^ c apôtres » (Y.Idali. Epist, ad

arch. Tolet. Spicileg. t. i), apostolidj i aposloliques » (Episl. xxxn Bonif. et Epist. Desider. ^idleg. t. i), ou apostolorum successores, c successeurs des apôtres » (Optât. Milev. De sclmm, Donat. 1. I. etc.). Dans certains pays, ils reçurent les titres de DU terreni^ angeli ecclesÙBt * dicui terrestres, anges des Églises » (Aug. Quœst. Tet. d Nov. Testam. c. cxxvii. — Constit. aposi, 1. u. c. 26), judices Ecclesiarwn^ « juges des Églises > (Optât. Milev. loc. laud.) Les actes des concile^ leur donnent quelquefois les qualifications de revet'endissimi^ sandissimi, beatissinU, venerabila. Dans leurs lettres, les évèques de l'Occident, dés le septième siècle, prirent par humilité le titre de servus servorum Dei, « serviteur des serviteurs de Dieu, B que les papes seuls ont conservé. Dès lors les souscriptions aux conciles renferment des formules exprimant des sentiments d'humilité inspirés sans doute du précepte de S. Pierre, non dominantes in cleris (i. 5); humilis episcopiu;- Cratuiia Dei dispositions, . episcopus; — k i^meux Hincmar de Reims souscrivit ainsi au concile de Pitres en 861 : Hincmarus nomine non merito Remorum episcopus ac plebis Dei famulut (Mabillon. De reDiplom. t. i. tab. Lvii.).Ce n'est qu'après le douzième siècle qu'ils adoptèrent la formule encore en vigueur aujourd'hui : Dei et aposiolicœ sedit gratia , etc. Le premier qui l'ait employée e>t, dit-on, un évêque de Chypre, auquel le saintsiège avait donné juridiction sur les Arméniens et les Maronites (Constit, archiepisc. Nicosien. apud Pelliccia. op et loc. laud.).

IL — La prééminence des évèques sur les prêtres, prééminence d'ordre et de pouvoir, est de droit divin.

Bien que cette question soit plutôt du domain'^ des théologiens et des canonistes, nous ne pouvons guère nous dispenser d'en indiquer ici les principaux éléments.

Ce n'est qu'au quatrième siècle qu'il s'est IrouYé un novateur pour contester un dogme jusque-là universellement admis. Ce sectaire n'était autre quAerius, prêtre d'Arménie, qui enseigna qœ l'épiscopat n'était point un ordre différent du >»cerdoce, et qu'il ne donne aux évèques le droit d'exercer aucune fonction qui ne puisse l'être par les simples prêtres. Cette doctrine ne tarda [kis à être réfutée victorieusement par S. Épipbaoe (Hipres. Lxxv. 3) ; elle a été renouvelée dans les temps modernes par les. calvinistes, ce qui * donné lieu aux savantes apologies de Petau (lib.T- De ecclesiast. hierarch.), de Morin (De sacr.ecch, ordinat. part. ni. exercit. 5), de Dartis (Deord.d dignit. Ecclesiœ), de Noël Alexandre (In m- \^dissert. 44), de Cotelier (Not. ad epistolas ignalii^r auxquels se sont joints plusieurs docteurs protestants, entre autres Beverige, Uslier, Bingham, etc.

La préémmence de l'épiscopat est établie de la manière la plus évidente dans les Épitres ai S. Paul. Cet apôtre écrit à Tite, son disciple (Ttt, I. 5) : • Je vous ai laissé en Crète, afin que

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Toas corrigiez tout ce qui est défectueux , que TOUS établissiez des prâtbbs dans chaque \iile, selon l'ordre que je tous ai donné. > On ne saurait douter que Tite ne fût supérieur à ceux qu'il établissait ; il conservait la haute administration des Tilles où il avait constitué des ministres d'un ordre inférieur : c'est bien là la fonction de 1 evéque, et elle ne peut être exercée qu'en vertu d'un caractère et d'un pouvoir suréminents. L'évèque était non-seulement administrateur, il était juge, et juge des prêtres ; c'est ce que prouvent ces règles de prudence adressées par S. Piiul à un autre de ses disciples, Timothée il Tint. T. i9) : « Ne recevez pas d'accusation contre un prêtre, si ce n*est sur la déposition de deux ou trois témoins. » A ceux qui prétendent que la prééminence dont nous parlons n'était aux premiers siècles qu'un simple droit de préséance attribué à l'âge, on peut opposer l'exemple de ce mêoie Timothée, qui devait être fort jeune quand il fut élevé à la dignité épiscopale, puisque son maître crut devoir lui donnei* cet avis (1 îi'm. iv. 1 2) : « Faites en sorte que personne ne vous méprise à cause de votre jeunesse; • et cet autre plus si.mii/jcatif encore (1 Tim. v. 1) : « Ne reprenez |.K>int les anciens avec dureté, mais avertissez-les «^omme des pères. » D'oiî S. Épiphane (loc, laud,) rire cet argument : • Qu était-il nécessaire de ^'re&crire aux évèques la mesure avec laquelle ils «Iftaient reprendre les prêtres (que souvent, à rai^ion de leur âge, ils devaient regarder comme leurs pères), s'ils n'avaient sur eux aucune autorité ? •

Les plus anciens monuments écrits de TÉglise primitive nous montrent l'enseignement et la pratique constamment conformes à ces règles inspirées.

iWs avons une émanation immédiate de la 'ioctrioe des apdtres sur cette matière dans les admirables lettres de S. Ignace, cet illustre martyr, qui avait été disciple de S. Pierre et de 1 Jean. iNous y trouvons : 1*" La distinction nettement accusée des trois degrés de la hiérarchie. ■ Je vous exhorte, dit-il aux Magnésiens [EpUU od Magna, vi), à vous conduire en toutes choses ^îeccet esprit de concorde qui vient de Dieu, regardant rifÂQUE comme tenant au milieu de vos assemblées la place de Dieu même ; les pr.ÊTREs coaune formant ensemble cet auguste sénat des apdtres; et les ducres qui me sont si chers, comme <>^ux à qui est confié le ministère de Jésus- Christ. » 'J reprend ailleurs celle comparaison (ad Smym, ^'^1) : f Soyez tous les imitateurs de l'évêque, ^<^mni€ Jésus-Christ l'est de son Père ; suivez '^'â prêtres comme les apôtres mêmes. Respectez *^^z diacres comme les ministres de Dieu. i.

^ L'institution divine des évêques. « Comme

*^suS'Chrbt, qui est notre vie inséparable (ad

^P^. m), a été élabh par l'ordre du Père sur

^Qte rÉglise, ainsi les évêques Font été par l'ordre

^^ Jésus-Christ dans les dilTérentes parties de la

3* La manière dont on parvenait à l'épiscopat. Il se trouve dans les lettres de S. Ignace deux évêques dont il mentionne Tordinalion. Le premier est Damas, évêque des Magnésiens, qui, étant encore jeune et n'étant entré qu'après plusieurs autres dans le clergé, avait été néanmoins élevé au souverain degré du sacerdoce, de préférence aux plus anciens prêtres, qui ne laissaient pas de lui être soumis, t Vous ne devez point user, leur ditil {ad Magnes, m), d'une trop grande familiarité envers votre évêque, ni mépriser sa jeunesse; mais, au contraire, vous devez lui rendre toute sorte d'honneur et de respect, selon la puissance qu'il a reçue de Dieu le Père, ainsi que j'apprends que font les saints prêtres de son Église, qui, sans prendre avantage de la grande jeunesse dans laquelle il a été élevé à l'épiscopat , lui sont soumis comme prudents selon Dieu ; ou plutôt, ce n*est point à lui qu'ils sont soumis, mais à ré\êque de tous, au Père de Jésus-€hrist. » Voilà bien la doctrine de S. Paul, et la réfutation des novateurs. Le second exemple rapporté par S. Ignace est celui de l'ordination de l'évêque de Philadelphie, dont il fait l'éloge, en célébrant surtout la pureté de sa vocation, c J'ai reconnu (ad Philadelph, i) que votre évêque n'a point recherché par une vaine gloire le ministère auguste qu'il exerce pour le bien commun de votre Église, et qu'il ne l'a reçu ni de lui-même ni des hommes, mais de son amour pour Dieu et pour Notre-Seigncur Jésus- Christ. •

4* La défense à tout le clergé et aux prêtres mêmes de rien entreprendre dans le gouvernement de l'Église sans l'ordre ou la permission de l'évêque. f II ne vous suffit pas, écrit-il aux Magnésiens (iv), d'être chrétiens seulement de nom, si vous ne l'êtes en effet : semblables à ceux qui ne parlent que de soumission à l'évêque, et qui néanmoins se conduisent en tout sans sa dépendance. > A ceux deSmyrne(vui), il affirme « qu'on regarde comme eucharistie légitime celle qui est célébrée par l'évêque, ou par celui qu'il a commis à sa place ». Enlln il déclare nettement « qu'il n'est permis ni de baptiser, ni de célébrer les agapes sans la permission de l'évêque, et que ce qu'il approuve Cbt agréable aux yeux de Dieu i . S. Ignace était donc persuadé, et enseignait, que l'autorité des prêtres n'étant autre que celle qu'ils avaient reçue de leur évêque, cette autorité devenait stérile dès qu'elle n'était plus unie à son principe, comme un ruisseau coupé ou séparé de sa source ; et que, comme les apôtres faisaient tout au nom de Jésus-Christ qui les avait envoyés, les prêtres devaient aussi faire toutes choses en vertu de la mission de celui qui leur tenait heu de Jésus-Christ.

Tout cet admirable enseignement est couronné dans les différentes épitres de S. Ignace par les plus pressantes exhortations qu'il adresse aux peuples de se tenir étroitement unis et serrés autour de leurs évêques : « Là oit est le pasteur, là doivent aller les brebis » (ad PhUadelpfi. n.). Et un peu plus loin (m) : c Tous ceux qui sont à Dieu

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et à Jésus-Clirist, ceux-là sont avec leur évêque. » Rien n'est admirable comme le motif sur lequel il appuie cette doctrine, qui est le fondement indispensable de la paix et de l'ordre dans TÉglise (Ibid. IV) : « Il u*y a qu'une seule cbair de Notre- Seigneur Jésus-Christ et un seul calice, qui nous unit tous en son sang; un seul autel, comme un seul évêque avec les prêtres et les diacres, qui par- (ngent avec nous le ministère des autels. » Comme Tunité du corps du Sauveur et de Teucliaristie est la cause, l'origine, le modèle de l'unité del'Ëglise, et comme l'unité du sacrifice et l'unité de l'autel qui est dans le ciel , et qui est signifié par celui qui est dans nos temples, sont les liens de la société et de l'union des fidèles, ainsi l'unité de l'Église est-elle fondée sur celle de l'épiscopat, dont tous les membres sont groupés autour du pontife suprême.

« Pour juger donc, écrit-il aux Smyrniens (vm), si une société est scliismalique ou catholique, vous n'avez qu'à considérer où est Tévêque, parce qu'il est aussi constant qu'une troupe de gens sans évêque et sans succession des pasteurs n'est pas le troupeau de Jésus-Christ, qu'il est certain que l'Église catholique ne peut être sans le Sauveur, et qu'au contraire une Église ne peut être unie à son évêque, et par conséquent à Jésus-Christ, sans ôtrecaîliolique. »

De cet ensoi^niemeut si clair et si complet d'un disciple du prince des apôtres, rapprochons celui de S. Clément d'Alexandrie. Nous avons ce qui suit au sixième livre de ses Stromates : c Dans l'Église, il y a les progressions des évêques, des prêtres, des diacres : imitation de la gloire angélique.n Le mot TTpoxoirïi ici employé, et que nous rendons par progression^ désigne les degrés d'une hiérarchie. Que si les évêques n'étaient pas supérieurs aux prêtres et les prêtres aux diacres, ce serait à tort que ces progressions seraient assimilées à la gloire des anges, puisque nous savons d'après les saintes Écritures que divers degrés de dignité et d'offices sont établis parmi ces intelligences célestes. On lit des choses toutes semblables au troisième livre du Pédagogue du même Père (cap. xn). Voici ce que Tertullien écrit sur le même sujet dans son livre Du baptême : « Le droit d'administrer le baptême appartient au grand prêtre qui est l'évêque ; ensuite aux prêtres et aux diacres, mais non sans Fautorité de l'évêque. • On ne saurait distinguer plus nettement les trois principaux ordres de la hiérarchie; et telle est aussi la doctrine que S. Cyprien enseigne en vingt endroits de ses épîtres. Au concile de Carthage, que présida ce même saint, un évêque adressa ces belles paroles à ses collègues : « Nous avons succéd é aux apôtres, gouvernant l'Église en vertu de la même puissance. »

Si d'autres preuves que celles qui nous viennent de l'Écriture et de la tradition étaient nécessaires pour établir la distinction entre les évêques et les prêtres, ainsi que la prééminence des premiers, il uffirait de hre les anciens catalogues que nous

ont laissés S. Irénée, Tertullien, Eusèbe, S.Jérôme, S. Optât de Milève, ainsi que d'autres Pères et historiens, et où ils s'appliquent à tracer arec un soin minutieux la succession des évêques qui ont gouverné les différentes Églises depuis les apôtres jusqu'à l'époque de chacun de ces écrivains. Pourquoi cette précaution, s'il n'y a?ail dans chaque Église que des prêtres égaux en dignité, et si aucun ne présidait aux autres?

Nous pourrions encore signaler ici, en faveur de la prééminence des évêques dans la primitiTe Église, certaines prérogatives et marques d'honneur qui leur étaient exclusivement réservées. Ainsi, par exemple, nous savons que des fidèles de toutes les classes, depuis les plus élevées jusqu'aux plus infimes, étaient dans l'usage de s'incliner devant l'évêque pour demander sa bénédiction; et cet hommage n'était rendu qu'à lui seul, fioas avons la preuve de cet usage dans un grand nombre de Pères, entre autres S. Hilaire de Poitiers {Âdv. Constant, p. 1240. edit. Maurin.), S.Chrjsostome (Homil. m. Ad pop. Antioch.), Tbéodorel (iv. 6), et beaucoup d'écrivains que nous ne pouvons nommer ici et qui prouvent que c'était là une coutume commune à toutes les Églises.

Pour ce qui concerne en particulier la bénédiction que les prédicateurs demandaient au commencement de leurs discours, on peut voir notre article Prédication (I, 3*). Ajoutons à cela lei acclamations qui, dans les premiers siècles, avaient lieu non-seulement à l'occasion des synodes et des élections des évêques, mais aussi lorsqu'ils adressaient leurs instructions aux peuples (V. encore l'art. Prédication f III, 5»). On peut voir celles-ci dans les actes du concile d'Épbése (Act. ii. 1. 1. p. 1471. Concilior, edit. Ilarduin) : Cœleàino custodi fidei, — Cœlestino cum synodo concorài, — Cœlestino univei'sa synodus grattas agit. Cependant cet honneur n'était communément décerné qu'aux papes ou aux principaux évêques. Dans les actes de l'ordination d'Éraclius, que S. Augustin, dans sa vieillesse, avait demandé pour successeur à son clergé et à son peuple, lorsque S. Augustio eut dit (Augustin. Epist. ccvin) : f Je veux poor mon successeur le prêtre Éraclius, • le peuple s'écria : t Grâces à Dieu, louanges en Jésus- Christ.... Exaucez-nous, ô Christ !... Longue vie à Augustin.... vous père, vous évêque. » Enfin, de même que la multitude accueillit par VHmnM Notre-Seigneur faisant son entrée à Jérusalem, nous apprenons par S. Jérôme (In J/at^A.uijqueles peuples accueillaient quelquefois ainsi leurs ér^ ques. Qn sait aussi qu'à l'église l'évêque occupait un siège élevé au-dessus de ceux des prêtres, et ce siège était quelquefois appelé thronus ato> " excelsuSf — sublimis, tandis que ceux des simples prêtres placés à ses côtés étaient dits throni ttcundi (V. l'art. Chaire).

III. — Le costume des évêques, dans la haute antiquité, n'était autre que celui des apôtres euxmêmes, c'est-à-dire un vêtement commun compose de la tunique et du palîium. Dès l'époque où les

i|g^^*^5jèfi:i

ÉVÉQ S( rfUraoïls ecclésiastiques furent établis, on voit (D général les ëvèques latins vêtus de la planète ouMnla. el les grecs de la dalmatique. Voici, ., d'après une antique mosaïque de l'oraloire de S.

.^alyre, annexé h la basilique de SaiiU-Ambroise de Milan, une image de S. Ambroise qui, mieux que tout autre monument de l'antiquité, peut nous donner une idée du costume épiscopal au cinquième siècle. Le saint évêque est rcvélu de la tunique et de la pénulé ou planète.

Il est représenté, selon l'observation du docti^ur Labus, dans l'altitude de la prédication (V. Spieg. àellelat. delF iit. di ililano di Carlo de Rotmini. roi. tY. p. 404), altitude oratoire eiaclemenl conforme i celle que présentent les monuments les plus classiques de l'antiquité (Perrari. Monum. di S. Ambrogio. p. 16).

Cependant, dans le diptyque de Rambona, qui «st du neuvième siècle (Buonarruoti. p. :-t7Î), S.Crégoire, S. Sjltestre et Florien portent la dalmalique surmontée ânpallium. Nous savons, en effet, que l'usage de la dalmatique Tut quelquefois ac- «irdé, comme privilège, par le pape auxévèques, ce qui autorise i penser que la dalmatique était un vêtement pins estimé que la chasuble, dont on ne voit pas qu'aucune concession spéciale ait été faite (V. les art. Chatuble et Dalmalique) ■ Dans la cbasublediptyque de Ravenne, illustrée par Hauri Sarti {De vtl.

casuladiplych. Faventiœ. 1753), el que ce savant attribue au huitième siècle , tous les portraits des évéques, qui sont au nombre de treize, portent la chasuble.

Les érèques sont représentés soit bénissant, soit (HÎaul, les bras tendus, parce que leurs deu-

AniQ. CHKÉT.

i — EVËC

principales occupations font de prier assidûment pour eux-mêmes el pour le peuple {Hebr. v. 3), el de faire descendre sur les fidèles les faveurs célestes par leurs bénédictions (V. l'art. fi^njr).lls paraissent aussi dans les anciennes peintures et dans les mosaïques (Giampini. Vel. monim. t. n. lab. tiiv) avec le livre de l'Ëvangile à la main gauche, parce que les èvéques sont chaînés de garder ce précieux dépûl (I Tiraoth. iv. 30) dans toute sa pureté, el d'en distribuer au peuple l'aliment sacré. Le dessin est emprunté à la Rome touleiraine de M. De' Rossi. t. i. lav. vi. Cest pour ce motif que, de toute antiquité, d'après les ConstilulionB apoiloliquet et le traité Sur ta hiérarchie ecdéiiaidque, ce livre divin est placé sur la létede révoque pendant son ordination.

IV. — Inêigne» de» ênéquet. — l'Lamilre. Chei les Romains, le mol tniira désignait la coiffure des femmes (Servius. In nol. ad iv et vr /Eneid.), el. milelta celle des vierges (Apul. Deati». aur. I. vu), et ces noms furent adoptés même par les chrétiens dans la même acception (Optât. Hilcv. I. vi Ad Parmen.). La coillure des rois indiens s'appelaii aussi mitre (Philost. De Vil. Apollon. 1. u. c. H) , c'était peut-être celle qui poitiit le même nom cbei les Juifs, et dont se servaient leurs prêtres dans les fonctions sacrées {Exod. ixix. — Levit. viii). Dans les premiers siècles, la mitre des évêques n'était guère qu'une sorte de bandelette ou une lame étroite de métal liée autour de la tèle (Wiîf. Method. pars iv), à peu près semblable à cette lame d'or que portail à sa coiffure le grand prêtre de l'ancienne loi, el sur laquelle étaient inscrits ces mots : Sanctitat Domino. Ce dessin, que nous reproduisons d'après Dom Calmet {Diction. de la Bible, art. Prêtre), en donne une idée exacte.

S. Jean l'Évangéliste, au rapport de Polycrale (Ap. llieron. Devir. illutlr. ilv), ornait ainsi son front d'une feuille d'or. Eusèbe raconte le même fait de S. Jacques le Mineur, évêque de Jérusalem (Hist. ecd. M, t), et de S. Marc {Ibid. 16). 11 parait évident que telle dut être l'origine de la milre épiscopale ; elle fut appelée pour ce motif tt-iftw:, eoi rona (Eusëb. i. 4), ou xî^ipi^, diadeina (Greg. Naz. Orat. xiii). Voici, d'après Dom de Va>

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(E^ftc. da cérém. de la mate. 1. ii. p. 500. pi. un], quelle sen'.t l'origine de la milre proprement di

bord un simple bonnet Ûié autour de la léte parla bande qui est toujours la basede la milre; puis le même bonnet, dont le fond un peu plus y'. : élevé, venant à s'abais-

A4r' ■ -^"1. " ser el 3 rentrer en de- ^*^ , >w. ' , dans, se laisse surmonter devant et derrière, el commence à dessiner les deux cornes de la milre. Jusqu'au sixième siècle, elle s'écarta peu de celle primjlive simplicilé, ainsi que l'alléslent les monuments. Ce fut à cette époque que Jean Cappadoi, évéi]ue deConslantinople, commenta â ajouter à la milre des ornemenls composés de broderies el de saintes images peinles ou brodées (V. Canlacuien. I. ui. c. Sti. ap. Pellic). Les laliiis imitèrent bienlèl cet exemple, el II esl aisé de suivre les transformations de la milre soit dans les mosaïques, soit d ms les mitres anciennes que conservent les tré.'Ors des églises. On peut voir par uneplanclie de Macri {Iliero-Lexic. ad voc. Mitra] qu'elle èlnil encore Torl basse au douzième siècle:

ce n'élail guèi

espèce de couronne èuliancrèeà la partie supérieure en forme de croissant, et rappelant

fait

que

Tliéopliile Raynaud dil de la coiffure des pré- Ires du paganisiiie {0pp.

un. p. 525) ; Slilra i episcopalii bicornit, et

peine hians, reipondetpîleo cornulo pritcorum sacerdotum ethiiicorum. Les deux fanons qui pendcnl derrière la mitre ne sont autre chose que les eonlcns qui servaient a tenir autour de la lèle celte coiffure dans son état primitif. La coiffure des trois jeunes Hébreux dans la fournaise, qui esl elle-même une espèce de mitre, est presque toujours munie de ces b.uideletles. Ceci se remarque parliculièi-ement sur les verres i fond d'or (V. un monument de ce jjenre pidilié par le P. Garrucci dans la Civillà caltolka. série v. Tol. I. p. 692).

La mitre éiait un attribut tellement propre aux étèques qu'ils juraient par elle (.4ug. EphI cxLvn. — tlieron. Epist. iivi. Ad. Aug.), que le mot corono, par lequel elle élait désignée, sîgnifiail souvent l'épiscopat lui-même, el que le collègue de l'évèqnc s'appelait tocim coronœ (.41ipius. Epitt. uiv. Ad Paulin, inler. epitt. Auij.).

Cen'estqu'àlalin du oniième siècle que l'usage de la milre fut concédé aux abbés. Le premier exemple que l'on elle à cet ^rd est celui <le S. Pierre, abbé de la Gava el élève de Ctuay, qni reçut ce privilège du pape Urbain II, ainsi qu'il esl constaté par les actes d'un concile tenu à [lénévent en 1091 (V. Vicecom. De mitta apparat». lib. III. cap. 55).

2" Let tandalts. Ce n'est guère qu'au neuvièoif siècle que les écrivains ecclésiastiques les placent parmi les insignes des évéques. On a pensé que S. Grégoire le Grand faisait allusion aux sandab des èvèqiies quand il interdisait celle chaussurp aux diacres (I. th. ep. 2S) ; mais celte inlerpréL^ lion esl très-douteuse. Une mosaïque de &i\a[- Vrtal deRavenne (Ciampini. ¥et. mon. ii. lab. uji: représentant la procession qui eut lieu lors de b consècralion de celle basilique, en ôl7, par 1'^ Téque S. Haximien, peut fournir la maliëre d'uue élude inlèressanle sur les cliaussnres tant tir, laïques que des clercs h cette époque. L'étècjue ) porte des touliert noirs. Le P. l*ouillard, eiaminanl la question de l'anlèriorilé du baber du pied du souverain Pontife à l'inlrcduclion de la crai sur sa cliaussure, donne les plus curieux détails. éclaircis par de nombreuses plauclies, sur le; cliaussures des papes depuis S. Sïlveslre(£ltJ Inâ) dei piedi dei toinmi pontefiei.... Itoma 1807 — el noire art. Piedt du touverain pontife [boiuaesl det\).

3° Les ganlt. cbirolecœ, sont menlionnés pour la première fois au douzième siècle par Innocent 111 (I. m. De mytter. mittœ. c. 4t).

4° L'anneau épiicopal remonte au moins au quatrième siècle pour l'Occident. On pense que ie; éïèques d'Orient n'en adoplèrent jamais lu!)!;t (V. l'art. Anneau épitcopat).

5° Le bâton pativral est d'une origine fort ancienne. S.nns nous arrêter à l'opinion qui voudrail le faire remonter aux apètres, nous citerons celle de Baronms qui, d'après les plus solides auloril» {Adann. 5Ut. n. 38), dil que les évèques s'en »rvaient certainemenl au quatrième siècle. Le lénoignage de S. Grégoire de Tours a élé invoqué pour le sixième {De mirac. S. Jfarttnt. lib. i. c. 41. mais c>sl à tort, selon nous : le passage cité fan mention, non pas d'un évèqne portant une crosse, mais d'un archidiacre s'appuyant sur un UlO" ordinaire (V. larl. Bd(o«).

Prim il i veinent, le bàlon pasioral était de boL-. de cyprès le plus communément -. ii y en eut d'or et d ivoire. Plus lard, et dès le cominen cément du sixième siècle, on eul des crosses ornées d'or, ei enlin des crosses d'or ou d'arfienl massif. Kous en avons la preuve d:ins le testament de S. Berni. rapporté dans l'Uisloire de Flodoard (I. i. c. |4), où il est fait mention d'une crosse d'argent façonnée : ar^enleam cambulam figuralam.

On a donné au bâton pastoral plusieurs noms : celui de pedum, parce qu'il ressemble k la boulelt« du berger qui est recourbée pour saisir el ramener les brebis; celui de ferula, du verbe ferit.

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EXGE

■ je frappe, » parce que le pas(eur doit quelquefois user de sévérité envers ses ouailles. Le pape, non plus que les cardinaux-évèques à Rome, ne se sert pas de la crosse. Mais c*est h tort que quelques auteurs, entre autres Grancolas {Ulurçie, p. 169), avancent qu'il en fut toujours ainsi. Outre que nous trouvons des témoignages contraires à cette assertion dans les écrivains lilurgistes (Y. Luitprand. Ticin. diac. ap. Giampini. i. 1^5), nous avons des images anciennes de S. Grégoire le Grand et de Gélase II (Macri. ad voc. Baculut) où ces papes sont représentés avec un bâton surmonté d'une croix ou d'un globe. Innocent III esl le premier qui ait affirmé que les papes ne perlent pas le bâton pastoral. Or, comme il siégeait en 1199, et que Gélase, qui figure encore avec la crosse, siégeait en iil£, on peut conclure de là que Tusage de cet insigne ne cessa, pour les papes, que vers le milieu du douzième siècle. En Orient, le bâton pastoral n'est pas recourbé, mais droit et surmonté d'un globe, quelquefois d'une croix ou de la lettre T, qui elle-même est une des formes antiques de ta croix ; quelques-uns de ces bâtons se terminent par deux serpents entrelacés dont les (êtes sont affrontées (V. l'art. Serpent),

0" La croix pectorale. Les évéques portent une croii suspendue sur la poilrine; les Grecs l'appellent 70 i7Kfta(ift (Pelliccia. op, laud. i. p. 99). Cet asaçe a pu dériver de la coutume qu'avaient primitivement les évoques d'avoir sur eux un reliquaire renfermant des ossements de Saints, et plus lard du bois de la vraie croix (Anaslas. Not. ad $yn. Cp. iv. sess. 6). Le reliquaire prit peu à peu la forme d'une croix, et il reçut le nom d>ncalpiwn (V. ce mot).

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