‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 117 sur 281 · EXARQUES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

EXARQUES ECCLÉSIASTIQUES

^-^Llx^iu, prœtules^ étaient, chez les Grecs, les di- ^ Jiitaires ecclésiastiques que l'Église latine appelle f^ rimatt (V. ce mot). Ils étaient inférieurs aux p^^triarches (V. ce mot), et supérieurs aux métro- V-oUtoÎM (Y. ce mot). 11 y avait trois exarques eu ^nent : c'étaient les évoques d'Éphèse, d'Iléraclée, de Césarée. L'Église avait attribué cet honneur à ces trois villes, comme résidences des P^kis impériaux des trois provinces dont elles ^^kni les capitales. Elles jouissaient de prérogatives spéciales depuis les temps apostoliques. Les exarques exerçaient leur juridiction sur tous les métropolitains du diocèse (civil), et étaient en P<*^session de les ordonner (Epist, Siric, et Damas. ^P- Uolsten. coUect. Rom.). Us recevaient les appels des jugements des métropolitains, et réglaient 1*^ différends qui s'élevaient entre ceux-ci et les évèques de leur province (Conc. Chaîced.). Dans ^^^ conciles, ils siégeaient immédiatement après ies patriarches. Mais ces trois exarques ne jouirent P^ longtemps de ces droits qui, au cinquième siè^Q^ passèrent au patriarche de Constant inople

par une disposition du concile de Chalcédoine. Les évoques d'Éphèse, de Césarée et d'Uéraclée ne conservèrent que le titre purement honorifique d'exarques. L'évèque de Thessalonique fut honoré du titre de la juridiction d'exarque par le pape Damase, et il dépendait en cette qualité du patriarcat de Rome (Innoc. I. Epist. ix). L'évèque métropolitain de Chypre était revêtu du même honneur, et était indépendant du patriarche d'Antioche. En dépit des efforts contraires de celui-ci, le concile d'Éphèse, au cinquième siècle (Act, v. c. 8). confirma ses droits et immunités. C'est pour cela que les Grecs appelaient aùroxc^AXcuc l'exarque de Chypre, et l'archevêque de Bulgarie qui était exempt de la juridiction du patriarche de Constanlinople(Y. pour plus amples défais, Daude. Hierarchia ecclesiastica. c. iv. — Pelliccia. Eccl, polit, t. 1. p. 146. etc.).

EXCEPTORE8. — On a donné ce nom, dans la primitive Église, aux notaires ecclésiastiques, et nous avons traité ailleurs cette question (V. l'art. Notarii). Il s'agit ici d'une classe de fonctionnaires attachés aux tribunaux civils de l'empire, et qui jouent un rôle important dans les persécutions contre les chrétiens, comme nous le voyons par les actes des martyrs. C'étaient des greffiers qui, sous les juges chargés de condamner les confesseurs de la foi, inscrivaient tous les détails de la procédure ainsi que le jugement qui s'ensuivait. Mais ce qu'il nous intéresse de noter ici, c'est que plusieurs fois ces officiers publics furent convertis à la foi chrétienne par l'admirable spectacle de la constance des saints confesseurs r et l'on en vit même qui, comme eux, souffrirent le martyre. Tel fut S. Cassien,que PKglise honore au 5 décembre, et qui est ainsi qualifié dans le martyrologe : qui exceptoris diu gerens officium Ses actes, que nous avons dans Ruinart (p. 207 edit. Yeron.) et qui lui donnent le même titre, militaris exceptor, nous ont con>ervé sur sa conversion d'intéressants détails. • Outré, y est-il dit, de la passion déployée par le préfet Âurelianus dans l'interrogatoire du confesseur Marcellus, il refusa d'écrire jusqu'au bout l'injuste sentence, et jeta à terre son style et ses tablettes, quas cum sententias enciperet, graphium et codicem projecit in terra. Une si énergique démonstration lui valut une sentence de mort, et il partagea le supplice du martyr. »

S. Gênés, martyr d'Arles, était aussi greffier,. exceptor (Ruin. p. 473. u). 11 vivait sous Dioclétien ; il était déjà catéchumène du temps de la persécution de cet empereur, et ses actes nous apprennent que, en cette qualité, il se montrait aussi prompt à recevoir dans son cœur les préceptes divins, qu'il était habile à écrire par des signes rapides les paroles de ses patrons; ce qui n'était pas peu dire, « car la vélocité de sa main égalait celle des sons de la voix. > Or, comme il était un jour appelé à écrire un décret de persécution, il refusa son ministère, et pour cet acte

EXCO

EXCO

généreux il eut la télé tranchée sur les bords du

Rhône.

Nous avons, dans le recueil de Muralori (mdccclxix. 10), l*épitaphe d'un excepter du nom de FAvsTvs, qui s'était, lui aussi, converti au christianisme. Il esl permis de penser que sa conversion fut déterminée par une cause analogue. Cette inscription est du cinquième ou du sixième siècle.

EXCOMllïL':\ICATIO?C. — L'excommunication est une peine canonique par laquelle un chrétien se trouve séparé de la communion spirituelle des fidèles. Telle était du moins sa nature primilive. Plus lard, cette excommunication fut appelée mineure, ipdiTce qu'il y en eut une majeure, qui privait Texcommunié, non-seulement de la société spirituelle, mais même du commerce temporel et civil de ses frères.

Primitivement donc, Texcommunication n'avait pas d'autre effet que de priver un chrétien des sacrements et des prières dont les Gdéles jouissaient (V. Pelliccia. Polit, eccl. n. 210). C'est ce que les Grecs appelaient à90fj<Tu.&v, 'séparation, mot dont ils restreignaient néanmoins la portée à la seule interdiction de la communion eucharistique. A le bien prendre, la pénitence publique n'était qu'une espèce d'excommunication à quatre degrés; car celui-là était excommunié qui, placé d^ns la quatrième classe des pénitents, n'était privé que de la communion eucharistique ; excommunié, celui qui ne participait point aux prières des fidèles : telle était la condition des écoutants. Mais plus grave était l'excommunication de celui qui était rangé parmi les prosternés, car il ne pouvait pas même communiquer avec les fidèles dans l'audition des Ecritures, ni dans celle des instructions des pasteurs.

Tels paraissent avoir été les degrés de l'excommunication canonique chez les anciens. Mais il y en avait une bien plus grave, qui ne peut pas être regardée à proprement parler, vu la condition de ces temps primitifs, comme une peine canonique. Celui qui s'était refusé à la' pénitence publique, était chassé de l'Église, et relégué parmi les païens et les publicains, selon le texte sacré : sit tibi sieut ethnicus et publicanus (Matth. xviii. 17), Ce n'était pas là une peine canonique proprement dite, mais un moyen qu'employait l'Église pour stimuler le pécheur opiniâtre, afin que, comprenant enfin la misère de sa condition, et revenant à des sentiments meilleurs, il se décidât à se présenter à son évêque pour recevoir de lui la pénitence canonique. C'est peut-être ce que Tertullien entendait par censure divine , censura divina {Apol. xxxxi) : divine en effet, puisque c'était d'après le précepte de Jésus-Christ que, averti trois fois en vain, ce pécheur était relégué parmi les païens et les publicains. C'était là assurément un genre de peine bien grave, puisque celui qui en était frappé n'était plus compté parmi les chrétiens.

Cependant, si sévère qu'elle fût, cette excom-

munication n'interdisait point à l'excommunié le commerce civil avec les fidèles ; c'est ce qui ressort clairement de ce texte admirable des Contiitutions apostoliques (mu 40) : c Avec ceux que vous avez excommuniés à cause de leurs péchés, conservez société et vie commune, les soignant, les consolant, les soutenant, et leur disant : Relevez-vous, mains abattues. » Il n'était donc défendu de communiquer avec eux que dans le$ choses sacrées.

Cette méthode charitable suivie par TÉglibe à l'égard des pécheurs paraissait, il faut l'avouer, opposée à la doctrine de l'Apôtre (1 Cor. t. 11) qui défend même de manger avec des gens de celle sorte. Nais le seul but de S. Paul était de confondu le pécheur, afin qu'il prit honte de son ègaremeul et en rougit devant les hommes. C'est ce qui parait plus clairement encore par ces autres paroles du même apôtre (2 ThessaL ni. 14) : c Que si quelqu'un n'obéit point à ce que nous ordonnons par notre lettre, notez-le, et n'ayez point de commerce avec lui, afin qu'il en ait confusion. Ne le regardez pas néanmoins comme un ennemi, mais reprenez-le comme un frère. »

Et telle est bien la véritable doctrine de S. Puul. d'après S. Augustin (lib. m. Contra Parmen.) Si en effet tout commerce civil eût été interdit avec cette classe de pécheurs, la même interdiction eût dû, à plus juste titre, atteindre les infidèles ; or jamais l'Apôtre ne défendit aux fidèles de mander avec ceux-ci, ni de communiquer avec eux dans U commerce journalier de la vie civile. Il esl clair par ces témoignages que les anciens n'eurent aucune idée d'une excommunication majeure, ayant pour effet l'interdiction du commerce civil. 11 n'en est pas moins vrai que l'Église moderne a l'uisé celte distinction lY excommunication majeure eimineure dans Tantique discipline sagement interprétée ; car il est certain que l'excommunicalion mineure avait son équivalent dans celte tégrégalm canonique des pénitents de la quatrième clause, qui n'emportait d'autre privation que celle de la communion eucharistique ; et on doit reconnailre tous les caractères de l'excommunication majeure, wavTiXT.ç âçopiofiLc;, omnimoda separatio, dans celle expulsion de VÉglise dont nous avons parlé en dernier lieu, bien qu'elle n'eût pas dans le principe les effets terribles qui lui ont été donnés depub. Du reste, les sévérités auxquelles l'Église tut entraînée dans le moyen âge et les temps modernes ne manquent pas d'excellentes raisons pour les justifier.

Les principaux motifs furent : 1* d'inspirer aux pécheurs une salutaire confusion, d'oii doit procéder la résolution d'embrasser une meilleure vie; 2' d'effrayer les autres par ces exemples; 5* d'enter que les bons ne parussent participer aux désordres des mauvais chrétiens en restant avec eui en communion de toutes choses ; 4* d'arrêter dans sa source la contagion des mauvais exemples , car la société chrélieime se corrompt au contact des hommes pervers, et une bonne mère doit p»r toutes

EXOM

EXOM

les sollicitudes possibles préserrer ses enfants des dangers et des pièges où leur vertu et leur âme risquent de périr.

On sait qu'en punition de certains crimes on eflaçait des diptyques sacrés le nom de ceux qui s>n étaient rendus coupables. Cette peine, en usage daus toute rantiquité chrétienne, s'appelait expuUio m rasura nominum e diptychis (Y. Donati. DUtici dtgli antiM. p. 75 et notre art. Diptyques), Elle anit une grande ressemblance avec Texcommunicalion; mais était-ee une même chose? C'est une question douteuse. Pamelius est pour l'affirmative (In not. ad epist. lxti S. Cyprian.), ainsi que le cardinal Bona (Her. liturg. 1. n. c. 14). Mais le P. Christianus Lupus (Wolf) et quelques autres ont ooininttu ce sentiment. Qu'il nous suffise d'avoir rappelé une controverse célèbre, qui est plutôt du domaine du droit canon que de celui de rarchéolagie.

EXOVOLOGÈ9E ('EÇoaoX(rjin<nç). — I. — Ce nom est celui qui est le plus communément attribué, dans rantiquilé chrétieime, à la confession sacramentelle. Il est d'origine grecque et dérivé d'un verbe qui signifie révéler une chose cachée, ^ouï le trouvons surtout dans S. Chrysostome, S. Grégoire de Nazianie, S. Basile, etc. Il avait reçu sa première conbécration dans l'Évangile

(Hattll. Ul. — Marc, i) : 'E(6{&oX6^oû{uv3i rà; ojxxf^ Tia; ac6rwv, confitenteê peccaia sua. Ce nom passa mêine chez les Latins, témoin TerluUien qui, dans uo livre spécial sur la pénitence (De pœnitentia. ix), dit en parlant de la confession : « Cet acte, qui est plus exactement exprimé par un vocable grec, c'est i'exomologèse, i is actus^ qui magis grœco vocabulo exprimUur, et frequentatur, exomologesis est. On le trouve aussi dans S. Cyprien, Pacien et d'autres encore qui, sous ce nom, comprennent quelquefois toutes les parties de la pénitence. Le nom de con-fession, bien qu'assez ancien chez les Latins, ne fut néanmoins d'un usage fréquent qu'après le sixième siècle.

II. — La théologie expose les preuves de Tinslitution divine de la confession ; notre tâche est toute diiïérente : elle consiste seulement à rechercher comnient et quand la confession se pratiquait dans la primitive Église. Nous tenons seulement à constater ici un fait essentiel, souvent obscurci par les passions intéressées dans la question : c'est que la confession publique, quand elle avait lieu, était une partie de la pénitence imposée aux pécheurs dans I'exomologèse secrète, qui précédait toujours, et était la seule vraiment nécessaire. Deux lignes d'Origène (Homil. in psalm. xxxvu. — Homil. n In ps.iiu) vont suffire pour éclairer le lecteur à cet égard : • S'il croit (le médecin spirituel) que votre mal est tel qu'il doive être déclaré dans l'assemblée des fidèles, afin d'édifier les autres et de vous réformer plus aisément vous-même, il faut le faire après une mûre délibération et les sages avis du médecin. » Mais le prêtre se contentait d'imposer une expiation secrète toutes les fois que les cri-

mes dont on versait l'aveu dans son cœur étaient de nature à causer de grands scandales et à troubler la paix des familles, s'ils étaient connus, et surtout quand ils étaient sujets à des peineà légales, nul ne pouvant être obligé de s'offrir lui-même à la vindicte de la loi.

On a dit que les peines canoniques correspondant à chaque espèce de crime étant connues de tous, la pénitence publique équivalait à une confession formelle; mais il n'en est rien : car, dans les siècles de ferveur, beaucoup de fidèles se condamnaient eux-mêmes à la pénitence publique, par motif de piété. 11 était dés lors impossible de distinguer ceux qui subissaient ces peines pour leurs crimes de ceux qui se les imposaient par humilité.

1* Quels péchés accusait-on dans la confession? Il ne pourrait exister de doute que pour les péchés secrets et de pensée. Or de nombreux témoignages des Pères étabUssent que les fautes de cette nature étaient rigoureusement déclarées. S. Irénée, parlant des enchantements par lesquels un magicien nommé Marc séduisait les femmes, rapporte que quand ces malheureuses revenaient à l'Église, touchées par le repentir, elles accusaient non-seulement les coupables actions où elles s'étaient laissées aller avec cet homme pervers, « mais aussi la passion violente qu'elles avaient éprouvée dans le cœur » {Adv, hasres. ii). Le passage suivant de TertuUien (De pœnit,) suppose évidemment que plusieurs s'éloignaient de la confession précisément à cause de la honte que leur inspirait la nécessité de révéler les plaies cachées de leur àme : « Plusieurs fuient les exercices de la pénitence ou les difTèrent, parce qu'ils les regardent comme une diffamation, et qu ils ont plus de soin de leur honneur que de leur salut, semblables à ceux qui, ayant contracté des maladies en des parties secrètes de leur corps, n'osent découvrir leur mal aux médecins, et se lai^sent ainsi mourir avec cette malheureuse honte. B Rien de plus clair que ces paroles d'Origène(/np<a/m. xxxvn) sur le même sujet : c Nous avons souvent parlé de la confession du péché; considérez ce qu'en dit l'Écriture, qu'il ne faut point celer son iniquité ni la cacher intérieurement ; et comme ceux qui sont incommodés d'une viande qu'ils ne peuvent digérer, ou de quelques mauvaises humeurs, sont guéris par le vomissement, ainsi ceux qui ont péché sont oppressés et comme suffoqués de Thumeur vicieuse de leurs fautes, s'ils les cachent au dedans d'euxmêmes; mais s'ils s'en accusent, ils vomissent pour ainsi dire le péché, et suppriment la cause de leur maladie. »

Dans son livre De lapsis, S. Cyprien exhortait les pécheurs à la pénitence en leur citant l'exemph; de ceux qui venaient confesser aux prêtres avec des larmes amères la simple pensée qu'ils avaient eue de sacrifier, ou, ce qui est bien moins encore, la tentation de demander aux magistrats des billets attestant faussement qu'ils l'avaient fait (V. l'art. Lihellotique) : « Si celui, dit S. Grégoire de Nysse (Epist, ad Laito, episc.)^ qui a pris sea'ète^

EXOH

EXOM

ment quelque chose à son père déclare son larcin au prèlre, il en sera absous. » El plus loin : c Dans vos afilictions, ayez recours au prêtre comme à votre père; faites-lui part de vos peines et de voi douleurs, il vous consolera. Dans vos péchés, adressez-vous à lui comme à votre médecin, et si vous lui exposez les replis de votre conscience et les plaies intérieures de votre âme, il vous donnera les remèdes convenables à votre guérison. Pourquoi ne lui découvrez-vous pas votre péclié par la confession? » S. Augustin (Tract, xxu In Jean.) fait un ingénieux parallèle du pécheur justifié par la confession avec Lazare ressuscité : « Celui qui se confesse son du tombeau, parce qu'avant sa confession il était caché. Mais quand il déclare Tétat de î2i conscience, il passe des ténèbres à la lumière; et après sa confession, Jésus-Christ dira par ses ministres ce qu*il dit à ses apôtres en ressuscitant Lazare : Déliez-le et le laissez aller.... »

Si nous voulions pousser plus loin ces citations, nous établirions aisément que les premiers chrétiens accusaient leurs fautes dans tous leurs détails notables, qu'ils confessaient même les péchés légers, qu'en certaines circonstances ils faisaient une confession générale de leur vie entière : en un mot que tout ce qu'il y a d'essentiel dans la pratique actuelle de la confession nous vient de l'antiquité. Nous en trouvons une preuve bien évidente dans la variété infinie des peines édictées par les canons pénitent iaux , dont l'application exigeait la connaissance détaillée des fautes, sans quoi elle eût été purement arbitraire, ce qu'il serait absurde de supposer. On trouvera des choses intéressantes à ce sujet dans l'ouvrage de Grancolas : L'antiquité des cérémonies qui se pra^ tiquent dans V administration des sacrements (p. 452 et suiv.). Nous passons à la seconde partie de la question que nous nous sommes proposée.

2* Quand urgeait le précepte de la confession ^ et dans quelles circonstances se pratiquait-elle ? Pendant les trois premiers siècles, l'Église étant presque continuellement agitée par la persécution, et les âmes pusillanimes ne sachant pas toujours résister à ces terribles épreuves et abandonnant la bonne voie, ce qui leur fit donner le nom de «tombés », lapsif alors la confession se faisait quand l'occasion se présentait, et il n'y avait pas pour cela d'époques fixes. Mais dès que la paix fut accordée à la société chrétienne, bien que les fidèles conservassent la faculté de faire leur confession quand et aussi souvent qu'ils le jugeaient <ionvenable, néanmoins le premier dimanche de carême fut spécialement afTecté à l'accomplissement de ce devoir, comme l'attestent les anciens ordres pénitentiaux, les canons des conciles, et d'autres monuments qu'a réunis Marténe {De ant, Eccles. ritib. 1. i. p. 2). Ce n'est guère qu'au neuvième siècle que le ralentissement de la ferveur, ayant porté un certain nombre de fidèles à s'en tenir à la seule confession de précepte, obligea les évoques de prescrire aux fidèles la confession ,de trois et quatre fois par an.

La confession était la préparation obligée à la réception des autres sacrements, et en particulier de l'eucharistie et de la confirmation. S. Léon, qui n'est ici que l'organe de toute l'antiquité avant lui, fixe ainsi le premier point (Epist. xcvn) : « Jésus-Christ, médiateur des hommes, a donné cette puissance aux ministres de l'Église de prescrire l'ordre et la manière de faire pénitence à ceux qui se confessent à eux, et ensuite de les admettre à la communion, après .qu'ils avaient été purifiés par une satisfaction salutaire et par la réconciliation, i Dans la confession de S. Fulgence rapportée par Nénard dans ses notes au Sacramentaire de S. Grégoire (pag. 225), monument curieux qui n*est à proprement parler qu'une méthode d'examen de conscience, un des péchés représentés comme des plus graves, c'est d'avoir reçu le corps de Jésus-Christ sans s'y être préparé par la confession. S. Cyprien (De lapsis) raconte la punition terrible que Dieu infligea à une jeune fille « dont le crime était d'avoir reçu l'eucharistie sans lui découvrir ce qui lui était arrivé. »

m. — On voit que la plupart des données que nous possédons sur la pratique de la confession sont postérieures à l'époque des persécutions. On peut dire que le silence, ou plutôt le langage peu explicite des premiers Pères sur un objet si important, était commandé par la loi du secret dont une des principales prohibitions portait sur la forme des sacrements, qui devait être soigneusement cachée aux profanes et même n*ètre révélée que graduellement aux initiés (Y. Sclielstrate. De disciplina arcani. c. u. art. 2). Il n'est pas probable néanmoins qu'une telle loi ait été établie a priori et tout à fait au premier âge, alors qu\iucun danger ni aucune trahison n'étaient encore venues mettre en défiance ceux à qui Jésus-Christ avait dit : « Ce qui vous a été confié à l'oreille, prêchezle sur les toits (Hatth. x. 27). • Elle naquit delà nécessité et fut le fruit d'une expérience chèrement achetée. Auparavant les mystères de notre foi étaient librement exposés, et les cérémonies du culte se déployaient sans crainte, même aux yeux des païens.

C'est sans doute à cette époque que fut invent^ une calomnie qui est devenue pour nous un trail de lumière dans la question qui nous occupe. Quelques païens ayant vu, dans les asseniblées chrétiennes, des fidèles prosternés devant les poutifes ou les prêtres, ce qui, chez les idolâtres, était un acte d'adoration, s'imaginèrent ou feignirent de croire que les chrétiens t honoraient ainsi, en la personne du prélat ou du prêtre, ce que l'homme a de plus honteux, antiMis ac tacerdotis colère genitalia^ et adoraient en lui ce qu'ils vénéraient dans leurs pères, et quasi parentit rat adorare naturam » (Y. Minuc. Felic. Octav» ix)< Il n'est guère douteux que ces chrétiens, dont latlitude était si étrangement interprétée, avaient été surpris dans l'acte même de la confession sacramentelle, c'est-à-dire au moment où,liumbIefflent

EXOM — 3

;iïpnoiiillés, ils faisaient au mîntslre de Jésusijinst l'aveu de leurs fautes.

El ce qui nous semble donner à celle conjecture

t«is les caractères de la certitude, c'est que la posture qui aTait serti de prétexte à la calomnie était précisément, au témoignage des Pères, celle que prenaient les chrétiens dans la pratique de Yaomôlogèu. Qu'il nous suffise de citer Tertullien (De pastâtent. u] : < L'exomologèse est la ilisciidine par laquelle l'homme se prosterne et stmmilie. Elle règle tout ce qui concerne le vêlement et le vivre : Tirifier la prière par le jeune, jhlearer, se prosterner devant les prêtres, s'ageiioiûller devant les amis de Dieu, • itaqm exomo- Ifigfiu prottemendi et humiiifieandi hominii ditripiiita est. De ip$o quoqae hahitu utque riclu mandai, jejuniiM precet alere, lacrymari, pretbytCTÎt advolvi, et carit Dei adgenieulari. Le P. Mar- [hi (p. 188) a supposé que quelques-unes des àakes des catacombes qui se trouvent placées en dehors des conditions liturgiques ordinaires, ont pu sertir de si^es aui pontifes ou aux prêtres dans l'euTcice du minûlère de la conression. Cette conjecture, qui n'a rien que de raisonnable en elleloéme. n'est cependant pas sufiinammenl appuyée (V. l'an. Chaire], Nous détachons de la pUnche nvill de l'outrage du savant jésuite un des sièges qui ont donné lieu à celle conjecture,

On lit dans la liturgie de S. Clirysostome que les prêtres qui se préparent à célébrer les siinls mystères doivent avnnt tout ^e confesser.

Telle UaH encore la préparation obligée !i la ùlébration des grandes fêtes S Chrysostome noas rapprend en particulier [tlomtl m. In Ctiut.) de la fèle de Pdques

On le confessait avant d entreprendre quelque snni Toyage et surtout avant d aller à la guerre (V. Grancolas tbid p 488) S Boniface dans le Fumier concile qu il tint en Allemagne ordonna que chaque chef de corps au préfet aurait un prêtre pour entendre ta confession de ses soldats

I — EXOM

la veille des bnliilli's. Ces! le plus ancien c\c>nple , pensons-nous, d'aumôniers d'armée, el il n'iippurlieiil pas à l'^intiquité proprement dite; mais depuis cette époque cette pieuse institution prit de grands développements ; au lemps de Cliarlemagne(TurpiLi. DcijctiUCurol. M. c. xxiit), c'était dpjà une coutume reçue de faire confesser el communier toute l'armée av.intde Mirer bataille. Enfin ta confession fut toujours regardée comme une préparation indispensable ï la mort. S. Augustin, après avoir parlé {Homil. m) des larcins, de rivroguerie , de la médisance, et d'autres pécliés semblables, exhorte les fidèles à s'en abstenir, même en état de santé, a de peur d'être surpris par la mort, et de n'avoir pas le temps d'en faire pénitence el de se confesser à Dieu et au prêtre. • La cathédrale d'Aix en Provence possède une épiUphe célèbre, datée, par le consulat d'Anasiase , de la fin du cinquième siècle, laquelle atteste que le défunt aoivtoii mourut saintement, après avoir été admis à la réconciliation par le sacrement de pénitence :

Il est avéré que S. Augustin iEpitl. il) entendît la confession du comte Harcellin, dans sa prison, avant qu'il fût conduit â h mort.

On voit donc que les pasteurs visitaient et réconciliaient ceux qui étaient près de mourir. Nous ne saurions nous dispenser de rapporter encore la navrante description que fait le saint évêque d'Ilippone d'une ville menacée d'être prise d'assaut {EpUl. cciin), et des pieuses préoccupalions des habitants au milieu de ces terribles circonstances. < En de telles occasions, quel concours à l'église de personnes de tout âge et de tout sexe, et dont les uns demandent le baptême, les autres la réconciliation, d'autres la pénitence, et tous reçoivent tes consolations dont ils ont besoin! S'il ne se trouve point là de ministres, quel mallieur pour ceux qui sortent de celte vie sans être régénérés (baptisés) ou déliés (par (a confession)! Quelle douleur pour leurs proclies, s'ils sont fidèles, de ne pouvoir espérer de les avoir avec eux dans le npos de rélei-nité I Quels cris, qudies lamentations, quelles imprécations même de la part de quelques-uns de se voir sans ministres et sans sacrements ! Si au contraire les minisires ont été fidèles à ne point abandonner leurs peuples, ils assistent tout le monde, selon tes forces qu'il plail à Dieu de leur donner. On baptise les uns, on réconcilie les autres, personne n'est privé de la communion du corps du Seigneur, on console, on soutient, on exhorte tout te monde à implorer par de ferventes prières le secours de la miséiicorde de Dieu. >

Nous savons qu'on ne refusait point aux crimi-

EXOR — 3;

nels la grâce de la réconcilia lion. S. Crégoire de Tours {ma. Franc. 1. v. c. 35) raconleque Dacon, (Us de Dagaric, ajanl été arrèlé par ordre de ce prince, demanda, à son insu, un prèlrede qui il recul ta pénilence e( la réconciliation, après quoi il mourut.

EXORCISTES. — C'étaient des clercs qui délivraient les éiiergumènes de la possession du démon en leur imposant les mains el récitant sur eux les prières publiques {Concil. Cart. iv). Cet ordre n'e\isla point pendant les trois premiers siècles, iiarte que la foi el la charité qui animaient tous les clirétiens, clercs el laïques, sullisaient pour conjurer les mauvais esprits (Origen. Confr. CcU. lib. vn. — TertuUien. Apol. mu}. 11 paraît même que les fidèles exerçaient ce pouvoir en faveur des païens, et nous ne saurions résister à la tentation de citer le curieux passage suivant de TertuUien à ce sujet. • Sans les chrétiens, dit-il, qui arracherait vos âmes et vos corps i ces ennemis cachés qui ravagent tout ! Je parle des démons qui vous obsèdent el que nous chassons de vous sans récompense, sans salaire. 11 aurait sulfi pour notre vengeance de laisser seulement de vous aux esprits immondes une possession libre, et vous, oubliant le bienfait d'une telle protection, tous avei mieux aimé traiter en ennemis des gens qui non-seulement ne vous font pas de mal, mais qui vous sont nécessaires ; ennemis, si vous voulez, mais non des hommes, dites plutôt de Terreur. »

Un cas d'exorcisme fort extraordinaire est raconté dans les actes de S. Abercius, èvèque d'Hiêraple, sous Harc-Aurèle (22 octobr. et Baronius, ad an. 175). Lucille, fille de l'empereur, sur le point de partir pour la Syrie pour épouser Lucius Yerus, se trouva possédée du démon. Médecins, aruspices et devins, appelés à Rome, ne irouvérent point dans leur science le moyen de guérir la princesse ; le démon déclara qu'il n'y avait que son ennemi l'évéque dUiéraple qui pùl lui faire lâcher sa proie. L'empereur lit venir ce prélat, qui délivra Lucille.

Les simples fidèles et les religieux exorcisaieni, comme on l'a vu plus haut. iVuus en avons uu curieux exemple dans la vie de Ste Ëuphrasie (Vil. PP. c. xxri. p. 559. ap. Itosweid.). U est raconté que cette sainte, exorcisant un éncrgumène, menaça te démon en ces termes ; Nam û tumo baculuin abbaiittm, flagetlabo le. Cœttrum retitlenle dtemoae, el exiie noienle, sumeru Euphraxia abbntiuce baculum, dixil ei : Exi ; a si je siiisis le bâton de l'abbesse, je te nageller:iî. Or, comme le démon résistait et ne voulait point sortir, Ëuphrasie prenant le bâton de l'abbesse, lui dit: Sors. > Le bâton de l'abbesse était le signe de l'autoriiè, et c'est avec cet instrument qu'elle chassait les démons. Celte Ëuphrasie vivait au temps de Théodoric en Thébaide. Elle n'était pas abbissc elle-même, mais dans ses mains la crossede l'abbesse avaîl le même pouvoir.

— EXOR

Quand la foi se fui affaiblie, l'ordre des eiorcistes s'établit peu a peu, mais non en même lemp^, dans toutes les Ëf;lises. S. Pierre, compagaoD dt martyre du prêtre S. Marcellin sous Dioclétifo et Uaximien en 302, est peul-étre le plus ancien exorciste dont l'histoire ecclésiastique fasse mention (V. Laderchi. Baiilic.SS. Marcellin. et Petr. p.àj, S. Félix de N'oie, après avoir exercé l'ordre du lectoral, fut élevé à celui d'exorciste (Paulin, Halal lï. S. Fel.). S. Martin fut ordonné exorciste par S. Hilaire, au lémolgnage de Sulpice-Sévère (î'jl. S. Harlini. v). La question de savoir si l«s eiorcisles prononçaient leseiorcismessurlescalédiuméues avani le baptême esl controversée parmi le;

Il existe dans les recueils un grand nomlirt' d'inscriptions appartenante des exorcisleseldont plusieprs offrent des particularités curieuses (V. Oderico. !ntcr. lyllog. p. 253 el Cardinali. Itcri:. Velit. p. 213). ...TATA, PALLADIO. ExoscIlabbéCavedoni donne l'épitaphe d'un exorciste DomoMsii Tivs REsrECTvs, Irouvée dans un cimetière de Chiuâi. en Toscane {Cimit. critl. di Chiiui. p. 3i).ll;eu a une dans le recueil de H. Perret {v. lw. b),UL:i' dans Boldelti (p. 415] : rETBOMvs eioicuti; uur parmi les Irttcr. Chriit. de Harini (p. 5S3. 5),u[ii' dansMommsen {Intcr. Nap. n. 1293), sans parier de celles qui figurent dans les grands recueils dr GruteretdeMuralori.nAS.'iLiiNvs.AESsoficUTi|ju>[<i^>' BEKEMEEEiiii. iM. PiCB (nDcccLi). Celle qui nous a transmis le nom de l'exorciste nACEiwRnsful trouvée avec le vase de sang au cimetière des Sainls- Thrason-et-Saturnin (Marang. Ad. S. Y. p. 81 1. A l'article Ordre» eccléiiattiquet. nous avons don n^ une épitaphe qui prouve que le grade d'exoniile était tenu en haule estime dans la primitive églist, car, parmi les étals de service de l'évéque blinus. on ne dédaigne point de noter les douze anutf> qu'il avait passées dans l'eiiTcice de cet ordre. L'inscription de Chiusi, cilée plus haut, e>t une nouvelle preuve du respect que l'anliquilé professait pour ce même ordre, puisque Sentius Bespectus ^mourut exorciste à l'âge de soixante M!

On voit sur un nympkirum de Pisaure (Paciaudi. De Chriit. Bal», lab. m) un clerc, une croix à la main , exorcisant un homnoe nu el témoieDant par ses conlorsions qu'il est agité par l'esprit malin. Au cimetière de Sainl-Pontien (Perret, m. Lviii), une fresque d'une époque basse représente-

avec S. Harcellin et S. PoUion, l'exorcisle S. Pierre, tous Irois martyrs sous Dioclélien.

ÉZEG 51

£Z£CDIEL. — On voit dans les ba^-reliefs de | quelques sarcophages cliréliens ( Bottari. tav. luiiii. cuinr) une scène à peu pi-és toujours ainsi n<n;u« (Bollari 93) : un personnage fétu d'une tu- 1 nique courte et du pal'

étend la main

Jroile t*rs deui hom-

[ues DUS et debout, et

veri un autre étendu à

(erre comme mort, prés

Jiji|iiel sont deux tètes,

l'une complètement dé-

ffcaraée et l'aulre re-

l'^iiierle à nMÎlié de sa

|v ''*". On penseque c'est

I I repnsentation de la

I "iim d'Ëiéctiiel (c.

V a<ii|, alors que, sur

X'orJre de Dieu, il or-

ilmi aui ossements

ilr.-échés entassés dans

iincliamp d'entendre la

.orole du Seigneur et

t' rr'viTre. < Un Lruît se

If^ ii« s'approdienl des t

l< nerfs et les cliairs recouvraient ces os, et la

i-iii ï'élendait sur ces os. > (Vers. 1. 8 )

Celle interpréta lion est Tort vraisemblable, car

fit entendre, et voilà que

' — FAMI

nous lisons dans S. iérôine [/b Eiech. c. \i\m) que la prophétie d'Éiécbiel, qui r.ippelait évidemment le dogme de la résurrection de la chair, était sans cesse dans la bouche des premiers chrétiens. Famota ett vUio, et ottif ttium EccUtiantm leetione celehrala. La présence de cette hi-loire sur une urne Tunéraire donne A la conjecture tout le caractère de la certitude Nous savons, en eflel, que les fidèles accumulaient sur ces «oiles de monuments les images rehtiies à la résurrection, plutôt que des sujet!, lugubres Dans le marbre dont vuici le dessm le prophète lient a li main -^ J . : 'I ^auche un volume qui

di note probjbleineni le liire des rrophi les et dernére luj est un autre lumime, i^lu comme lui, qui représente son disciple: car nous savons que les prophètes avaient un disciple fidèle qui ne les quittait jnmais : Élie, Elisée, Jérémie avaient le leur.

FAMILLE (u saiktb). — liosio a donné (Roma loi. p. 379) le groupe que nous reproduisons ici ei qui eïl p«int dans le vide d'uu arcotolium du ciiiKiiére de Calliste. Il se compose, comme on >i>!t. d'uoe femme voilée, d'un homme velu de la tunique el du palUuai, et enfin d'un enfant de six ' buit ans étendant les mains à la façon des

UTBldtt.

L'dée la plus naturelle, a l'aspect d'une telle Y'uiure, était de supposer qu'elle représentait " ^iute Famille. Cependanl, ni Bosio qui l'avait

découverte, ni .^ringhi et DoUari qui la reproduisirent plus tard, n'admirent celte interprélaliou ; ils aimèrent mieux y voir un père, une mère el un eiirant,quiaïaientétéréunisdansceloml>eau. Lteuï raisons probablement molivèrenl une opinion que nous oserions presque aujourd'hui appeler une erreur. C'esl en premier lieu la doctrine déjà reçue alors que les figures ainsi représentées sur les loml>eaui dans l'attitude de la prière étaient In personiiitlcation de l'iHine, peut-être même le porlrait |iliysjque des personnes qui y reposaient, ce qui, on thèse générale, est rigoureusement vrai, liais il n'est pas moins positif que l'orante, quand elle est seule, est quelquefois la Ste Vierge ou la personnilicalion de l'Église. La sevonde raison, c'est que célail la première fois qu'un tableau ainsi conçu s'était présenté dans le» ciineiières de Borne souterraine; et, en saine critique, un seul monument ne saurait fournir une base sullisantc pour asseoir une doctrine.

Les savants de nos jours ont admis les apprécialions que suggèrent le simple bon sens, ainsi que le léiiioignage.des jeux : ils se sont prononcés pour la Sainte Famille. Le P. Garrucci a exprimé ce sentiment dans ses notes à l'ouvriige de L'Heureux (*fiicarii Hagioglypia. p. 342). U. De' Rossi a fait mieux

FENB

FENE

«ncore : il a publié un monument analogue, récemment découvert au cimelière de Priscille (Ima^ gines selectœ Deiparœ Yirginis,... lab. i?). Mais ici, les trois figures, à peu près costumées comme celles du cimetière de Calliste, élèvent les mains dans Tattitude de la prière, de la contemplation ou de l'action de grâces ; il n'est cependant possible de Taffirmer que de Marie et de Joseph, parce que la chute du stuc ne laisse voir que les jambes de Tenfant Jésus. On suppose avec toute espèce de fondement que les trois augustes personnages sont représentés après que le divin enfant eut été retrouvé dans le temple, enseignant les docteurs.

On ne saurait néanmoins se dissimuler que les représentations de la Sainte Famille, surtout dans ces conditions, sont extrêmement rares dans les monu-* ments du plus ancien âge. Elles se rencontrent plus fréquemment peut-être sur les sarcophages historiés : nous croyons reconnaître ce sujet dans quelques tombeaux d'Arles. Mais nous en avons un remarquable exemple dans les bas-reliefs d'un sarcopha$;e de Perugia, que nous avons donné à l'article Enfant Jésus, auquel nous renvoyons le lecteur.

La Sainte Famille se trouve réunie d*une manière jndubilable dans la scène historique de la nativité (Y. les art. Nativité, S. Joseph, Adoration des mages. Adoration des bergers. Bœuf [le] et Vûne).

FENESTELLA C01VFE9SI0IVIS. — Cesi une ouverture ou petite fenêtre pratiquée au-dessus de la confession, c'est-à-dire de la cellule souterraine où reposent les corps des martyrs et des saints en général (Y. les art. Confessio, Martyrium, Memoria),

On ne saurait rien citer en ce genre de plus ancien ni de plus vénérable que la fenestella de la confession de S. Pierre au Yatican (Y. Steph. Borgia. Vaticana confessio Beati Pe^ri). C'était une^baie quadrangulaire que les documents anciens appellent tour à tour jugulum, billicum, umbilicum, ménagée pour satisfaire la dévotion des fidèles désireux de vénérer le tombeau du prince des apôtres, tombeau dont personne, pas même les papes, n'avait été admis à approcher depuis la construction de la basilique et la fermeture de la crypte par S. Sylvestre, au quatrième siècle. Cette ouverture était assez spacieuse pour que Ton pût y passer la tète et, au moyen d'un flambeau, contempler l'intérieur de la confession. C'est là que se plaçaient les fidèles pour solliciter, par l'intervention des apôtres, les faveurs qu'ils avaient à cœur d'obtenir.

Une pratique analogue avait été adoptée presque instinctivement dans tous les sanctuaires des saints illustres du monde catholique, et notamment dans les Gaules, ce qui est pour nous d'un intérêt tout spécial. S. Grégoire de Tours {De glor, confess. c. xxxvu) en constate l'existence dans la basilique des Saints Yénérand-et-A'épolien à Clermont, et la

décrit dans des termes presque identiques à cr x dont se sert le livre pontifical quand il s'agil de S. Pierre de Rome : Caput per fenestellam quicumque vult immittit, precans quœ necessiiaicoijH, ohlinetque mox effecium, sijusla petierit; « chacun a la faculté d'introduire sa tète par la fentitelk, afin de demander ce qui lui est nécessaire, el il ne tarde pas de l'obtenir, si sa demande est juste. »

Et un détail touchant que nous ne devons pas omettre, c'est que les fidèles faisaient descendre â l'intérieur de ces cryptes sacrées el, autant que possible, jusque sur le tombeau même qui t étaii renfermé, des linges, brandea, oraria, pallitfkt qui auparavant avaient été pesés dans une balmce. Puis ils jeûnaient et priaient jusqu'à ce qu'ils eussent acquis la conviction que leur prière avail éli: exaucée ; et, dans leur pieuse confiance, ils pensaient s'en rendre compte par le poids que le palliolum avait acquis pendant son séjour sur h sainte relique. Nous savons par S. Grégoire de Tours que ceci se pratiquait au tombeau de S. Martin (Greg. Turon. De tnirac. S, Martini, cap. il), el cet historien rapporte à ce sujet plusieurs faits miracuieui.

Cet acte de foi peut aujourd'hui paraître empreint d'une naïveté excessive : il prenait wminoins sa source dans les souvenirs les pluî> authentiques des prodiges die guèrison qui, du vivai.t de l'apôtre, s'opéraient partout sur son passage. « On apportait, lisons -nous dans les Ada du apôtres (v. 15), les malades dans les rues (de Jérusalem) et on les plaçait sur des lits, afin que, Pierre venant, son ombre au moins pa&ut sur odelqiesuns et qu'ils fussent guéris de leurs infirmités. - CVsl d'après le même principe que l'usage s'établit de déposer sur l'autel de la confession les palliums qui, après avoir été bénits par le pape la veille de la fête de S. Pierre, sont retirés touliniprégnés de la vertu de l'apostolat — dbcorjh'M BEATI PETRI — pour être distribués aux patriarclies et aux archevêques (Y. l'art. Pallium). — A certains jours, on suspendait à l'intérieur de la crypte une urne où brûlait de l'encens : Borgia aflirme que, de son temps, on voyait encore sur le bord de la ft' nestella le clou de bronze auquel était attachée Ij chaîne qui soutenait ce vase. Yers la fin du huitième siècle, le pape Léon Ilï avait lait exécutera cet effet un magnifique encensoir d'or très-pur do poids de deux Hvres (Lib. Pontif. t. ni. p. 28^) = fecit thuribula apostolica ex auro purisiimo : ^ quibus unum misit intus super corpus ejus [P^^^r

La fenestella de la confession de S. Pierre fui de tout temps l'objet d'une si grande vénération, qii« les papes se plurent toujours à l'enrichir d'ornements précieux. Ainsi il est rapporté dansleL»>« pontifical (t. ni. p. 181), que Benoît ffl, qui siégeait en 855, • fit recouvrir Vumbilicum de la confession du prince des apôtres, son nourricier (»• l'art. OblaU), nutriioris sut (ce qui suppose quece pontife avait été élevé dans le palais apostolique' peut-être comme oblat), d'un cercle d'or très-pur pesant trois livres, — cooperculum ex auropvn*'

FÊTE

FÊT.-:

iimo, pentan, lib. très. Il fit aussi garnir d'une lame d'or le pourtour dujugulus^ circuitum biltici aurea lamina omabat (Ub, Pontif. t. m. p. 162).

La cooression de la basilique de Saint-Paul, sur la voie d'Ostie, avait aussi sa fenestella où, au jour de la fêle de l'apôtre, se pratiquaient des rites analogues à ceux dont nous avons parlé plus haut, — [oramen in fundo arcœ super corpus apostoli. La cérémonie de la thurifi cation y était entourée d'une soloinité toute particulière, dont on trouve une curieuse description dans un très-ancien ordre romain publié par notre Mabillon (Musceum Halicwn, t. u. p. 150).

Les historiens rapportent aussi de nombreux exemples de Tusage de la fenestella confessionis [<our les églises d'Orient. Elle existait sur le tombeau des 40 soldats martyrs de Sébaste (Sozomen. II. i): m tumma parte ubi martyres jacebant, aigvum foramen apparuit. D*un passage de Tauteur ioconnu d une description de Sainte--Sophie, pu- Uiée par Combefis (p. 255. — Cf Borg. op. laud, p. 162), on peut conclure qu*il y avait dans cette célèbre église quelque chose de semblable.

FÊTES IMMOBILES db L'ANNis ecclésus- T1QCB. — Nous consacrons le présent article au lapide examen de Tantiquité des principales fêtes immobiles, selon Tordre où elles viennent dans chacun des mois de Tannée. Les trois grandes fêtes inobiles, Pâques, T Ascension, la Pentecôte, seront l'objet d'autant d'articles à part.

1. — Fètbs de janvier. — 1* Circoncision, Cette iî^e était certainement établie du temps de S Léon le Grand; nous le voyons par une des lettres de ce {Mpe (Epist, iv. c. 4), où, après avoir dit qu'un temps est assigné à la célébration de chacun des mysiéres de noire foi, il ajoute : aliud quo infans dratmcidiiur. Mais de sa célébration au 1*' janvier ooas n*avons pas de preuve antérieure au concile de Tours, célébré en 36 7 (can. xvni). Cette fête est auquée dans les plus anciens calendriers, celui <^ 'tapies, par exemple, et celui que donne Selàmt (De synedr. Hebr. t. n. 1. 3. c. 13) ; elle l'est aussi dans le martyrologe dit de S. Jérôme. 1^ sacramentaire de S. Grégoire Ténonce par ces oots, m octans Domini; mais c'est bien de la Circoncision qu*il s'agit, la messe le prouve. Les niartyro/oges de Bédé et d'Usuard portent : Cir- ^Tomsio Domini nostii Jesu Chriiti secundum car^

En ûxant au l*' janvier la fête de la Circonci-

^od, TÊglise eut pour but d^effacer les restes de su-

P'^rN>tiiion païenne qui persévérèrent longtemps en

^ jour, au sein du christianisme même. Aussi les

oociens missels ont-ils deux messes. Tune de la

Circoncision, Tautre sous cette rubrique : Missa ad

prokibendum de idolisiy. Martène. De ant. Eccles.

''i^<ip, c. xni. n. 15). Là ne se bornait pas la pro-

^ talion deTÉglise contre les rites impurs du culte

â« lanos qui souillaient le jour des calendes de

^%; elle voulut encore le sanctifier par un

jeâoe solennel, qui parait avoir été en vigueur

jusqu'au neuvième siècle (Yulgat. Alcuin. De divin, offic, v) ; S. Ambroise avait établi ce jeûne à Milan • en Thonneur des prémices du sang que Tenfant Jésus avait répandu pour nous dans la circoncision i (Serm. xix). (Y. les diti. Janvier et Couleurs [Symbolisme des]y 11.)

2* Epiphanie. Au 6 janvier se célèbre cette autre fête de Notre-Seigneur, dont le nom veut dire manifestation^ parce que, au baptême de Jésus- Christ, le Père le proclama son fils (Luc. n). D'après le cardinal Noris (Dissert, h De epoch. Syra-Macedon. c. 4), les anciens auraient voulu désigner par le mot Epiphanie^ moins h manifestation du Christ, que la présence du Père éternel, qui parla en cette circonstance; il prouve par plusieurs exemples que ce mot signifie présence; et Spanheim (De usu et prœstant. numism, diss. v) est de son avis. Hais quoi qu'il en soit de la signification native du mot , il est certain que les Pères, dans les homélies qu'ils ont prononcées à l'occasion de la fête de TËpiphanie, Tentendent dans le sens de mant/esto/f on, illustration.

Que le Christ ait été baptisé en ce jour, c'est ce qu'atteste la tradition à peu près unanime des anciens; et nous trouvons dans S. Clément d'Alexandrie (Strom. I. i) des témoignages du deuxième siècle à cet égard. Parmi les Pères primitifs, il en est à peine un ou deux qui paraissent en douter (V.Tillemont. ViedeJ.-C. art. v. 5.). AussiTÉglise, tant orientale qu'occidentale, assigna toujours le 6 janvier à cette fête, et la célébra en tout temps avec une grande solennité. C'est cequi ressort des témoignages des Pères (V. Const. apost. v. 13. — Act. sincera. Passio S. Philipp. Ruinart. p. 694), des constitutions des empereurs Valens, Théodose et Arcadius (Cod. Jib. m. t. 12. De feriis. 1. 7). Il est remarquable que TÉpiphanie soit mentionnée par un auteur païen, Ammien MarceUin, à l'occasion du séjour à Vienne de Julien TApostat, qui, simulant encore le christianisme auquel il avait secrètement renoncé, la célébra dans l'église de cette ville (xxi. 2) : Feriarum die quem célébrantes mense januario Christiani Epiphania diciitant (Oreppo. Not. ined.). On fêta aussi en ce jour l'arrivée des Mages qui offrirent des présents au Christ (V. TertuU. ap. Tillem. ibid. — S. Léo. Serm. de Epiph., etc.), et encore le souvenir des noces de Cana. Celle dernière circonstance nous est révélée parS. Pierre Chrysologue (Serm. ctvn. De Epiphan.) et par S. Euchcr de Lyon (Homil. in vigil. S. Andr.). Nous savons, en effet, par S. Paulin (Carm. IX De S. Felice), que, dès le quatrième aiècle, l'Église célébrait en ce jour trois fêtes. D'après S. Augustin (Serm. xnt. De temp.), les Églises d'Afrique ajoutaient un quatrième motif à cette solennité, le miracle de la multiplication des pains avec lesquels Notre-Seigneur rassasia cinq mille personnes.

Dès le quatrième ou le cinquième siècle, ce jour fut un de ceux que les deux Églises avaient consacrés à l'administration solennelle du baptême (Greg. Nyss. Orat. in S. lum. — Léo. Epist. xvi. 1. etc.). C'est pour cela sans doute que les Grecs

FÊTE

FÊTE

rappelaient encore diem lurmnumy sancia /«mtnum, et illuminationem, à cause du nom d'illumination qui était donné au baptême. Il y a plus encore : les chrétiens d'Orient avaient coutume d'aller, au milieu de la nuit de l'Epiphanie, puiser dans les fonts de l'eau qui se conservait sans se corrompre toute une année, et même jusqu'à deux et trois ans. S. Chrysostome (Hom., m Ad pop. Antioch.) Tatleste spécialement des Grecs, et pour les autres S. Épiphane (Hœr, u. 50), lequel ajoute que celte pratique avait lieu en mémoire des noces de

Cana.

L'Epiphanie était le jour où les patriarches ou les métropolitains expédiaient aux évéques de leurs provinces respectives des lettres communicatoires pour les informer des jours où les solennités de Pâques, de la Pentecôte et les autres fêtes mobiles devraient être célébrées pendant Tannée courante (Gassian. ColL x. c. il). Ces lettres étaient appelées pa«ca/^5; il en est arrivé un certain nombre jusqu'à nous, et en particulier plusieurs de S. Denys, de S. Athanase, de S. Cyrille, des papes S. Innocent et S. Léon; nous en avons trois de S. Théophile d'Alexandrie que S. Jérôme a traduites en latin.

5** Le 18, l'Église célèbre la fête de la Chaire de S. Pierre à Rome, fête intitulée au missel et au bréviaire romains : Cathedra sancti Pétri qua Romœ primum iedit. Cette rubrique désigne, comme l'on voit, une première chaire, qua primum $edit, ce qui en suppose une seconde. Et en effet, nous savons aujourd'hui, grâce à la sagncitédeM. lecom* mandeur De' [\ossi(Bullett, 1867. n. 3), que dés l'origine deux chaires de S. Pierre étaient conservées et vénérées à Rome : la première, qui est celle que l'apôtre occupa à son premier séjour à Rome sous Pempire de Claude, se trouvait au cimetière Ostrien, situé entre la voie Nomenlane et la Salaria nouvelle, dans le heu même où S. Pierre baptisait, ad Kymphas Peiri, ou bien Fontis S. Pétri; la seconde, relative au second voyage de l'apôtre dans la ville éternelle du temps de Néron, et qui symbolise, au Vatican, les pouvoirs conférés à Pierre par Notre-Seigneur, en récompense de la confession publique que fit l'apôtre de sa divinité : Sella apostolicœ confessionis, dit ^Ënnodius de Pavie (Apologet. pro synod. ap. Sitnnond. 0pp. 1. 1. p. 1647).

Dans la suite des temps, le souvenir de la première s'étant à peu prés perdu, et les correcteurs des martyrologes au huitième siècle ne se rendant pas compte des rai^^ons pour lesquelles la fêle de la Chaire de S. Pierre était célébrée deux fois, le 1 8 janvier et le 22 lévrier, eurent l'idte d'assigner la seconde fête à la chaire de S Pierre à Antioche ; leurs manuscrits portent : cathedra Pétri in Antiochia, ou apud Antiochiam, ou encore qua sedit apud Antio^ chiam (V. Georgii. Martyrol. Adon, die 22 febr., in act. il. t. m. febr. p. 283). Induit en erreur par ces confusions, le pape Paul IV, au seizième siècle, assigna au 18 janvier la solennité de la chaire du Vatican, la seule connue alors, et au 22 février

celle de la chaire d'Anlioche. Miis primitiTemenl le 18 janvier était consacré à la fêle de la chaire du cimetière Ostrien, qua primum Roma tfdii, et la solennité de la chaire du second voyage, qui h vénérée aujourd'hui à Saint-Pierre au Vatican, était célébrée le 22 février. U n'était point question de la chaire d'Antioche.

II. — Fêtes de février. — 1® Purificatm. Le 2 février se célèbre une fête qui dans tous les martyrologes des Latins est intitulée Pun'/icatio S. JVâriœ Yirginis (ap. Rolland, die u febr. § 4); quelques-uns ajoutent : Hipapanti Domini; l'ancien romain porte : Purificatio B. Mariœ Yirginù, ri Hipapanti Domini nostri. Par ce dernier nom, les Grecs désignaient la mémoire de la rencontre de Siméon dans le temple avec Notre-Seigneur, carie moihipapante équivaut au latin occunui.

Linstitution de cette fête dans Tune et Taotre Église remonte à la plus haute antiquité. Elle est clairement mentionnée par S. Grégoire de Nysse (Homil. de occursu Domini. 0pp. t. m], au quatrième siècle, et par plusieurs autres l'éres dont oo trouvera les témoignages réunis dans Bolland (loc. laud). Quant à l'auteur de la supplication ou litanie qui a lieu en ce jour, leséruditsnesont pas d'accord. Baronius en fait honneur au pa[)e Gélase {ad an. 49G. n. 50) ; et il est suivi par Martène (De ant, Eccl. discip. iv. 2), qui pense que, par ces supplications, ce pontife voulut abolir les fêles des Lupercales qui étaient encore en rigueur parmi Ioj Romains. D'autres enallribuenl l'institution à une époque plus reculée, et croient les reconnaître dans ce passage de S. Cyrille de Jérusalem {Hom* de occurs. Domini. Bibl. PP. t. iv) : PoptUi gentium una cum Sion numihtaprifferentes faces obviam procedamus. Mais l'homélie d'où ces paroles sont tirées n'est pas authentiqua'; et une seule chose est constante, c'est que la procession était usitée au septième siècle. On t^o^^e dans les anciens sacramentaires publiés par Martène [loc. laud.) diverses formules très-anciennes pour la bénédiction des cierges.

2^ La Chaire de S. Pierre à Antioche. Celte iêie est iixée au 13 dans quelques calendriera du mu} en âge. Le sacramentaire de S. Grégoire la met au 13 des calendes de mars, ce qui correspond au 1 7 février, ainsi que le second concile de 'ïw^ tenu au sixième siècle. Mais il faut observer fie ces documents désignent cette fête de la chaire <le S. Pierre d'une manière générale. Cathedra tancU Pétri. Ce ne sont que les commentateurs du n»,«D âge qui, comme nous l'avons vu plus haut (1. ^< ont entendu cette rubrique de la chaire d'.4ntioclje, tandis qu'il s'agissait de la seconde chaire de S. Pierre à Rome, celle que l'on croit provenir delà maison du sénateur Pudens, et qui est exposée dans l'abside de la basilique Vaticane (V. les explications ci-dessus). Elle est marquée au 12 fémer dans le fameux calendrier de marbre de Naples, et se célèbre à Rome le 22, depuis Paul IV.

III. — FèTEs DE MARS. - Lo 25 de ce mois (vm kaU april.) se célèbre la fôle de YAwmcio^ion di

FÊTE

FÊTE

la Sle Vierge Marie, fille est désignée sous difTé* reiits noms chez les anciens ; on trouve tantôt la ConctpHon du Christ, tan(6t V Annonciation du Ckrisl, le Commencement de la Rédemption, m- Tirif REnEVFTiOMs, V Annonciation du Christ dans la ïierge Marie , et la Passion du Christ (Marléne. ihid. c. xxxi). Le sacramentaire grégorien porte :

Page 1