TITI KAL. APRILIS ANNOXCIATIO AKGELI AD MARIAM
f l'Annonciation de 1 ange à Marie. »
Les BolLindistes attribuent l'institution de cette frte aux apôtres {Mart. xxy. t. xm. n. 24). Mais, pour cela, ils sont réduits à se prévaloir de l'aiiome de S. Augustin : « tout ce que tient rÉgUse universelle, et qui n*a pas été établi par les conciles, mais toujours retenu, doit être regardé comme de tradition npostolique (I. iv De haptism, Hk > Or il resterait à établir avant tout que r£^lise a toujours retenu cette fêle; et cela ne res- $4?rt pas clairement des textes de S. Grégoire Thaumaturge et d^autres anciens Pères qu'ils invoquent "V. >'al. Alex. Bist, eccl. m. § 3. c. 4. — Thomassin. De fest. l. n. i'2). Martène pense que S. Augustin est le premier qui en ait parlé dans son livre De la Trinité (1. iv. c. 5) ; mais le passage cité de ce /'ère se rapporte à la tradition de TÉglise au sujet du jour de la conception du Sauveur, plutôt qu'à la fêle instituée pour la célébrer.
Les données les plus authentiques et les plus anciennes que nous possédions à ce sujet nous viennent du concile de Laodicée (can. li), tenu auquairièvae siècle. Les Pères du concile quinisexte en font aussi mention (can. ui) ; et, pour les Églises dOcddent, le dixième de Tolède, tenu en 656 'cap. I. n. 4), qui fixa cette fête au 18 décembre. U fête de TAnnoncintion était donc en pleine vicueur dès le quatrième siècle chez les Grecs, qui h traitaient en carême comme un dimanche : jusque-là que, si elle tombait le jeudi ou le vendredi ^int, elle emportait avec elle le privilège pour les fidèles d'user de poisson et de vin, comme l'atteste le patriarche Nicéphore (Gf^ Pellic. n. 54). Si Ton Teut savoir l'extension que cette fête prit dans les Lrlises d'Orient et d'Occident, on peut consulter les Bollanrlistes (Ibid. § 11. 12).
IV. — Fêtes d'avrh. et de mai. — Avril n'a pas 'le fêtes immobiles de premier ordre.
1* Le 5 mai tombe la fête de V Invention de la Sle Croix. Elle parait pour la première fois dans ie sacramentaire et dans l'antiphonaire de S.Gréuoire (0pp. t. m). Elle est mentionnée, il est vrai, dans le martyrologe de S. Jérôme; mais Papebroch pense qu'elle y a été ajoutée après coup par une main moderne (Maii ni. c. 3. n. 25). Fronto (Ka^ fend. Roman, not. p. 76) atteste, lui aussi, qu'il Il en existe pas de trace dans les anciens manuicrits de ce martyrologe, et il pense qu'elle ne fut inMituèe qu'après l'an 720 dans l'Ëglise latine, et plus tard encore chez les Grecs.
On sait que le bois de la croix fut trouvé paf ke Hélène, mère de Constantin ; c'est un fait que H saine critique ne permet pas de rejeter en présence des témoignages que fournissent à cet égard
Socrate (HisL eccl. i. 17), Sozomène [Hist. eccl. ir. 1), S. Ambroise [Orat, de obit. Theodos. imp.), Théodoret (Hist. eccl. i. 18). S. Cyrille de Jérusalem, qui vivait au quatrième siècle, atteste même que de son temps c l'univers entier était déjà plein des particules de la croix » (Cakch. iv).
2" Nous avons encore à constater pour ce mois un fait intéressant et peu connu : c'est une fête en l'honneur de l'empereur Constantin, laquelle est marquée comme il suit dans quelques calendriers des Grecs et des Latins : Memoria sanctorum gloriosorum a Deo coronatorum, atque apostolis œqualium, imperatomm Constantini et Helenœ (ap. Bolland. Die maii xxi. c. 1). Et, en effet, en vertu d'une constitution d'Emmanuel Comnène [Nomocanon. t. vu. cl. — Cf. Pellic. loc. laud.), les Grecs célébraient la mémoire du fils en même temps que celle de la mère, qui sont appelés a Deo coronati, t couronnés de Dieu, t d'une locution en usage parmi les Orientaux pour désigner les empereurs, dicoTJitrcu;, locution qui fut adoptée au moyen âge chez les Latins, comme on le voit par les chartes carlovingiennes. Ils sont encore appelés « égaux aux apôtres » , apostolis œquales ; c'est le nom qui est donné à Constantin, notamment dans les menées, laxTroaroXo; (Yal.iVo^ ad ivEuseb. lib.de Vit. Constantini. c. 50), ce qui est rendu exactement par le latin œqualis apostolis. La fête de S. Constantin se célébrait donc autrefois dans les deux Églises, et le calendrier de Naples déjà cité porte : Memoria Constantini imper atoris. Les BoUandistes attestent qu'elle l'esl encore dans quelques Églises de la Bohême, de la Flandre et de la Russie. Ajoutons que, à l'extrémité de la Grande-Grèce, soit la Calabre, il existe un bourg appelé Saint-Constantin où le fils de Ste Hélène est honoré le 2 mai par l'office du commun d'un confesseur non pontife (Bolland. ibid. § 6). Celte fête est aussi célébrée, mais le 21, par une colonie d'Ëpirotes qui occupe certaines localités du royaume de Naples.
V. — Fêtks de juin. — 1* Le 24, 5. Jean-Bapliste. Cette fête doit être de toute antiquité, car on manque de documents pour en assigner l'origine. Dans son cinquante-neuvième sermon De diversis, S. Augustin la regarde comme une des plus anciennes de celles que célèbre TÉglise. D'un autre côté, il n'est pas un seul calendrier ou martyrologe ancien de l'Église orientale comme de TËglise occidentale qui n'en fasse mention. A Rome, au neuvième siècle, il y avait encore ce jour-là trois messes (Ord. Rom. in Bibl. PP. t. xiii); et, d'après Amalaire [De off. eccl. ni. 37), il en était de même dans plusieurs autres Églises. S. Grégoire de Tours {Hist. Franc, vui. 9) nous apprend même que les Églises gallicanes avaient fait de la fête de S. Jean- Baptiste un jour de baptême solennel.
2* La fête de S. Pierre et de S. Paul est une de celles que l'Église a célébrées dès les premiers siècles ; et primitivement elle prenait même deux jours, le 21) pour S. Pierre, le 30 pour S. Paul. Mous voyons dans le Micrologue {De eccl. observ.
FÊTK
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xLii. ap. Pellic), auteur du onzième siècle, que c'est S. Grégoire qui les réunit en une seule solennité au 29. Mais c'est une addition faite à ce livre liturgique vers le dixième siècle, qui est la véritable date delà réunion des deux fêtes (V. Pelliccia. ihid. p. 58), et il parait plus rationnel qu'il en soit ainsi, puisque ces deux apôtres reçurent le même jour la couronne du martyre, c'est-à-dire le 29 juin (Euseb Hist. eccL n. 23), sous Tempire de Néron, et le consulat deTnscus et de Bassus.
Il est certain, et Eusébe le prouve (Ihid.) par le témoignage de Caïus qui succéda au pape Zéphirin, ue la fêle des deux princes des apôtres était solennisée à Rome dès le deuxième siècle. Prudence l'atteste pour son temps (Periêteph, hymn. xm. vers. 57) :
Aspice, per bifldas urbs Romula Tundiiur plateas, Lux in duobus fervet una festis.
et nous sivons par S. Paulin (Epist, xvi. Ad Del-, phin,) que les fidèles s'y rendaient des contrées les plus éloignées de la terre.
Le pape célébrait deux messes, la première à Saint-Pierre, la seconde à Saint-Paul sur la voie d'Ostie : Prudence l'indique clairement (vers. 63) :
Transtiberina prius solvit sacra pcrvigil sacerdos, Mox hac recunit, duplicatijuc vula.
C'est ce qui a porté dom Ménard à lire dansThymne de S. Ambroise (Baron. Not. ad Martyrôl.)^ binis viis, au lieu de irinis, fausse leçon due à la négligence des copistes :
Tant<R per urbis ambilum Si i pat a tend uni agmina :
Trini$ celebraiur viia Festum sanctorum mariyrum.
Vï. — Fêtes de juillet. — Le 26, et primitivement le 25, les Grecs aussi bien que les Latins célèbrent la fête de Ste Anne. Mais les Grecs, d'après leur ménologe et plusieurs calendriers donnés par les Bollandistes {Martii die xx. 1) ont en outre, le 9 septembre, c'est-à-dire le lendemain de la Nativité de la Ste Vierge, une fêle de S. Joachim et de Ste Anne, Le culte de S. Joachim ne fut adopté que plus tard dans l'Église latine, et nous ne pensons pas qu'il existe une donnée plus ancienne à cet égard que celle qui est fournie par le fameux calendrier de Naples qui, comme on sait, est du neuvième siècle. Ce qu'on lit dans le ménologe sur l'histoire de Ste Anne paraît complètement fabuleux, et emprunté à Tant eu r du livre De ortu Domini, Les noms des parents de la très-sainte Vierge ne sont guère connus avant le septième siècle ; ils se rencontrent pour la première fois dans la chronique pascale, à laquelle les érudits n'assignent pas une date plus reculée (Biblioth. PP. t. xn). Un calendrier grec, édité par Génébrard, fait lire, en ce même jour, 25 juillet: Dormiiio S. Annœ Deiparce geniiricis : Memoria sanctarum mulierum Olffmpiadis et Euphraxiœ. Le calendrier de Na-
ples joint aussi le nom de SteEuphrasie à celui de Ste Anne (Y. Pelliccia. ihid. 59).
VII. — Fêtes d'aodt. — 1' Le 6 se trouve la fêle de la Transfiguration de NotreSeignewr. Callislell, qui siégeait au quinzième siècle, passe généralement pour être l'instituteur de cette fête (Bar(»Q. Not. ad MartyroL hac die). Mais Marlène (An/. Ud. t. ui) rapporte divers monuments qui autonsenlà la faire remonter plus haut, cependant pas ao delà du dixième siècle. Les livres des Grecs ne fournissent aucune donnée plus ancienne à cet égard.
2* V Assomption de la Ste Vierge se célèbre le 15 de ce mois, de toute antiquité. 8. Grégoire de Tours paraît être le premier qui ait anirmé en propres termes que Marie fut enlevée en corps et en âme dans le ciel (De glor. Martyr. 1. 1. c. 4). Ruinart, dans ses notes sur ce passage, atlesle ne pas connaître de plus ancienne autorité écrite à ce sujet. Il est vrai néanmoins que, peu de temps après, cette opinion prit une telle extension, qu'elle s'introduisit dans la liturgie, ce qui ressort d'un sacramen taire gallican inséré dans le ifu«7Kn Italicum (page 500) et du missel gothique {1. ai Lilurg. gallican.) ^ où, à la messe de rAssouiplion, il est dit à plusieurs reprises que le corps de hm fut transporté dans le ciel.
Autrefois néanmoins la fête de l' Assomption se célébrait le 18 janvier (V. Mabillon. Cur$. Collk, I. n. — Florentini. iVo/. ad Mariyrol Ad diem j>^n. xvni). Elle est marquée à ce jour dans le martyrologe de S. Jérôme, dans le calendrier de Lucques. dans celui de Gorbie et dans d'autres encore que cite Marténe. Ceci n'empêchait pas qu'elle ne lût aussi solennisée le 15 août : c'est ce qu'enseiui> n' Rosweide dans ses notes au martyrologe de S. Jérôme, et Constantin, évéque de Chypre {Âd it Concil. œcum, vn) ; et pour le neuvième sittle. 1*calendrier de Naples. Aussi, dans les plus aniiei]^ livres de Naples, lisons-nous cette rubrique desiinée à distinguer cettA seconde fêle de l'autre : S. Maria de augusto mense, ou, Festibitas i»i^ S. Mariœ de augusto mense. Florentini, dan> son martyrologe, établit d'une manière assez plausible que la fête de l'Assomption fut transférée au mob d'août par l'empereur Maurice, au sixième biècle Quant à sa primitive institution, il n'existe aucun document capable de nous éclairer : nous devons donc la regarder comme remontant aux premiers temps, car elle figure dans les plus anciens ma^ tyrologes. Ceux-là sont donc évidemment dans l'erreur qui voudraient en rabaisser l'origine jusqu'au huitième siècle. Le témoignage de Grégoire ut Tours suffirait à lui seul pour réfuter cette ofnnion.
Le plus ancien monument figuré représenlaflt l'Assomption de Marie est une fresque du neuviênw siècle, découverte dans la primitive basilique de S. Clément à Rome ; on en peut voir la reproduction dans les tables chronologiques de Moaom (sec. IX. p. 108).
I VIII. — FàXBS DB 81PTMBBE. — 1* La MM ^i
FÊTE
FÊTE
Jfi Sle Vierge Marte^ 8 septembre. Nous n*avons pas de preuves que cette fêle ait été connue avant le septième siècle. Les deux plus anciens docuoenb à cet égard sont dus à Anastasele Bibliothécaire, quiaftirme qu*elle commença à être célébrée sous Sergius 1", et l*ancien ordre romain qui, au jiuement de Guillaume Gave {De script. eccL — De ord. Rom,)^ serait une œuvre du huitième
SJêtif.
f Au 14 est ùnèt, soit dans les calendriers et mari yrologes latins, soit dans les menées des Grecs, la fête de V Exaltation de la sainte croix. L*objet piécis de cette fête constitue une question encore pentlanle. Pelliccia, que nous prenons ici pour ;iiiiie, penche vers le sentiment de ceux qui supposent qu*elle fut instituée en mémoire de la vision de Constantin. Ge qu*il y a de certain du moins, c'edt qu'elle est mentionnée par des écrivains du qualrième siècle, parmi lesquels nous aimons à citer le grand nom de S. Cbrysostome attestant [Uoukil.ix. In act. S- Dominœ. ap. Ruinart)que lit' boiï torops rÉglise fêtait au 14 septembre la laémtfire de la croix. Vient ensuite le témoignage de r auteur delà Vie de S. Euthymius, patriarche le Constantinople au sixième siècle, lequel en parle ouvertement aussi (ap. Bolland. vi april. 7). Pour rÉglise latine, nous avons le martyrologe < ancien) de S. Jérôme, les sacramenlaires gélasien el •^ré^'orien. Autrefois Tadoration de la croix avait lieu eu ce jour à peu près avec les mêmes rites qu'au vendredi saint. On verra sur ces rites une fuiile de détails intéressants dans Martène (De anl, EccL riiib, iv. 54. — V. aussi notre art. Croix culte de la] et la gravure qui raccompagne).
IX. — Fêtes d'octobrb et de novkubrb. — Le mois d'octobre n*a aucune fête immobile de pre- •uier ordre. Nous sonmies obligés de laisser de côté .'es autres dans cette rapide esquisse.
1' La Fête de Tous les Saints, qui se solennise le 1" novembre, n'est pas connue pour Rome avant le septième siècle : elle date du pontificat de Boiiiface IV. Nais son institution a cela d estrémelueiil mémorable, qu'elle eut lieu à l'occasion de U ié'Jicace du Panthéon païen au culte du vrai l'it'U, de la Ste Vierge, de tous les martyrs et conft%>eurs. ^éanmoins cette fête fut spéciale à Home ju^qu au neuvième siècle : alors, à Tinstigation de *irê.,'uire IV, Tempereur Louis le Débonnaire dé- '.•'éta que c la fête de Tous les Saints serait celé- ^réi>, aux calendes de novembre, dans les Gaules ft la Germanie » (Gf. Pellic. vol, laud. p. 65). l 'le fut peu à peu adoptée par toutes les Églises •^rOcciilent, et nous rappelons ici pour mémoire 'ioe Sixte IV, au quinzième siècle, lui donna une KLive.
::' Le â novembre, TÉglise célèbre la Comme-
'^ration de tout les défunts, qui, pour nous servir
'^i expressions de S. Gyprien, c sont morts dans
'^ communion du corps et du sang du Seigneur. »
On trouve dans les plus anciens Pères de nom-
^-euses allusions plus ou moins directes à une
^ickvciéiiioration des morts faite à jour fixe. Ainsi
TertuUien, dans son traité De corona (ni. Opp, edit. Rigalt. p. 102. a), met cette pratique au nombre de celles qui de son temps s'observaient en vertu de la tradition des ancêtres : oblationes pro defunctis, pro nataliliis ANhUA dei facimus. Or qu'il s agisse ici du saint sacrifice offert annuellement pour les morts, c'est ce que prouvent d'autres passages du même TertuUien qu'on peut rapprocher de celui-ci (V. De monogamia, x. — Ad Scap. n. — Adv. Jud. xix et xxu. — De orat, i. etc.), et aussi de nombreux textes des antres Pères qui emploient le mot ablation dans le même sens. On peut voir l'énuméralion de ces textes dans les notes de Pamélius au traité De la couronne (p. 240). Si l'on songe que TertuUien vivait au deuxième siècle, on en pourra conclure que la tradition dont il parle doit remonter jusqu'aux temps apostoliques. S. Augustin, dans son livre De cura pro mortuis gerenda (cap. iv), mentionne en termes on ne peut plus clairs cette commémoration universelle et anniversaire en faveur des morts : t L'Église, dit ce Père, a établi que des supplications soient faites dans une commémoration générale, generali cornmemoratione, et sans prononcer aucuns noms en particulier, pour tous ceux qui sont morts dans la société chrétienne et catholique, afin que ceux qui n'ont pas de parents, d'enfants, de proches ou d'amis pour prier en leur faveur, reçoivent ce service de la bonne Mère commune, ab una eis exhibeantur pia Maire communi. » Nous pouvons nous en tenir à- cette citation, qui ne laisse subsister aucun doute.
On pense que chez les Orientaux la commémoration des morts avait lieu le jour même du vendredi saint. On est, ce semble, autorisé à le conclure, du moins pour le quatrième siècle, d'une homélie que S. Cbrysostome prononça, en ce jour, dans un cimetière d'Antioche : c'est la cinquanteseptième dans l'édition de Montfaucon.
Gependanl la seule chose parfaitement certaine a cet égard, c'est que nos pères avaient affecté un jour de l'année à une commémoration spéciale des morts. Mais quel était ce jour ? C'est ce que les anciens calendriers et martyrologes nous laissent ignorer. S. Odilon, abbédeCluny, au dixième siècle, parait être le premier qui ait fixé cette fête, pour ses moines, au 2 novembre.
X. — Fêtes de décembue. — 1* Le 25, la Nativité de Jésus-Christ. — Année de la naissance du Sauveur. Voici ce qui résulte des calculs des chronologistes les plus accrédités sur cette importante question, calculs dont nous donnons le résumé sans discussion. U est certain que Notre-Seigneur naquit sous le règne d'Ilérode dit le Grand, lequel mourut l'an 750 de la fondation de Rome, et l'an 42 de l'ère julienne. Li naissance du Sauveur, qui fut baptisé la quinzième année de Tibère, à l'âge de trente ans, selon le récit de S. Luc (m. 25) : et ipse Jésus erat incipiens quasi anno}'um triginta, doit donc être placée la vingt-septième année après la bataille d'Actium : Tan 749 de Rome, répondant à la dernière année d'Hérode; l'an 41 de l'ère ju-
FÊTE
FÊTE
lienne ; la quatrième année de la cent qualre-Tingttreiziéme olympiade ; Tan du monde 4709, selon la période julienne, et 4000, selon la chronologie d'Dsserius : cVsl Tannée où Auguste fut consul pour la douzième fois, avec Sylla pour collègue. Jour de la naitiance de Jésus^Christ et de la fêle de la Nativité. La tradition de TËglise est que le Sauveur du monde naquit le 25 décembre. Ceci ressort de l'accord des Pères grecs et des Pérès latins, de S. Augustin entre autres (1. iv. De Trinil. c. 5), et de S. Chrysostome (Homil. xxxui). L'antique calendrier publié par le P. Boucher marque en ce jour la fête de Noél. Nous devons dire cependant que quelques anciens Pères ont pensé autrement. Ainsi S. Ëpiphane (Hœres u. c. 9) place ce grand événement au 6 janvier; d'autres, dont S. Clément d'Alexandrie a résumé les témoignages (Strom. i. c. 21. edit. Potter.t. i. p. 407), au 19 ou 20 avril, et encore au 20 mai. De là les variations des Églises d'Asie dans la célébration de cette fête. Cette question est traitée au long dans Tillemont (Hist. eccl. 1. 445. etc.), auquel nous renvoyons le lecteur.
L^opinion commune est que la fête de Noël est plus ancienne dans les Églises d'Occident que dans celles d'Orient, et que celles-ci ne l'empruntèrent aux Latins que vers le quatrième siècle. On en croit voir la preuve dans l'homélie de S. Chrysostome pour le jour de la Nativité (Homil. xxxi). En effet, ce Père, s'adressant au peuple d'Anlioche, lui rappelle que dix ans auparavant cette fête lui était inconnue ; et, après une assez longue discussion sur le jour de la naissance du Sauveur, il affirme que l'Église de Rome possède à cet égard les renseignements les plus sûrs, et que c'est de celte Église que l'usage de la fête de la Nativité a passé en Orient.
Mais peut-être S. Chrysostome ne veut-il parler que de la pratique consistant à célébrer celte fête isolément le 25 décembre. Car il n'est pas douteux que les Églises orientales ne Taient célébrée dès les premiers siècles, mais le 6 janvier et conjointement avec rÉpiphanie. Le plus souvent, en effet, les Pères grecs désignent la fête de TËpiphanie sous le nom de Théophanie (Isid. Pelus. L m. ep. 110), nom qui, au témoignage de S. Grégoire de Nazianze (Homil. Lvui. Lix), était également donné à la Nativité, car il signifie au propre apparition de Dieu. On s'expliquerait ainsi pourquoi il n*y eut pas autrefois de fête spéciale de la Nativité chez les Orientaux. Cassien (Collât. X. 10) l'affirme formellement pour les Églises d'Egypte, et note même d'une manière précise la différence qui existait entre les Occidentaux, qui célèbrent, dit-il, les deux fêtes séparément, et les Orientaux, qui les solennisent simultanément le G janvier. Des témoignages analogues se trouvent pour l'Église de Chypre dans S. Épiphane (Exposit. fid. xxii), pour celle d'Antioche et les autres Églises, orientales dans S. Chrysostome (Hom. XX!. De naiiv. Christ.), et enfin pour celles de Jérusalem et de la Palestine parmi de nombreux documents que Cotelier a réunis dans ses notes aux Comtiiutions apostoliques (l. v. cap. 12).
Au contraire, les Églises latines, celles d'Afrique, et même celles des Grecs autres que cdlt-s que nous venons de nommer, tinrent tou oll^ pour le 25 décembre, comme on en trouve la preme dans S. Jérôme (ïn Ezech. i), S. Augustin [deTTh nit. IV. 5), et même dans S. Chrysostome. S. Grê> goire de Nazianze et S. Basile.
(cependant Tuniformité parait s'être établie 1^; î(* quatrième siècle entre les différentes Ë^lis» de l'Orient et de l'Occident, qui toutes finirent p.n adopter définitivement le 25 décembre. On trou\e dans les actes du concile d'Éphèse une homi^lv de Paul, évêque d'Émèse, qui fut prononcée l>>':v du mois chojac (25 décembre) dans la grande é^liy d'Alexandrie, en présence de S. Cyrille, h(\nA\>a pour litre : De Nalivitate Domini ei Salrahm nostri Jesu Christi,
De tout temps, l'Église solennisa avec un ^rami appareil la fêle de la Nativité de Jésus-Christ Quelques monuments épigrapbiques semblent ddc^ autoriser à penser que, de toute antiquité, Ml^ tète porta le nom que l'Église lui donne aujoijrd'iiui : ce sont ceux qui offrent le mol îiatali i>olément. Telle est l'épitaphe d'une enfant marie à l'âge de cinq ans, prtdie natale, la veille de laAin^ sance par excellence (Fabretti. 585. xciii). >ou: voyons que, dès le temps de S. Augustin, la Jiitirgie de cette fête commençait par la nuit qui pré<' i^ le 25 décembre. Tous les fidèles étaient tenus de se rendre à l'église pendant celte nuit sainte (Con'l Epaon, xxxv). Il était interdit de célébrer les sniiU mystères dans les oratoires privés ou dans i^^ églises rurales ; mais tous devaient assister, dan^ l'église cathédrale et communier, à la liturgie (ilébréepar l'évêque [ConciL Aurel i. 2o.el îoiel->xm. 8), et cela sous peine d'une excommunicat oc de trois années (ConciL Agath. c. Lxxsin).
Les plus anciens sacramentaires de TÉglise rc^ m aine, celui de S. Gélase, par exemple, et celai i. S. Grégoire, ont trois messes pour ce jour-la ; e! S. Grégoire constate encore ce fait dans sa li'^itième homélie sur S. Matthieu. Les anciennes iturgies gallicanes et mozarabes n*en ont qu'aik' il en était de même pour l'ambrosienne, comme t^i le voit dans le missel de Milan, édité parPamclius Dans les Gaules, il y avait déjà deux messes r-\ temps de Grégoire de Tours (1 u. ^^ ""^' SS. Martyr. 25. — De VU. PP. nu). L'usage J.> trois messes ne s'introduisit en Espagne qu3u quatorzième siècle, et après le quinzième à MiliR
Le jour de Noël, d*après les ConstituiioM ai<^ ioliques (nu. 23), les serviteurs étaient déchar:t' de leurs travaux ordinaires, le jeûne sévéremeii interdit, comme nous l'apprennent le pape S. Léon (Epist. xcni) et le concile de Brague. Une loi d< Théodose le Jeune (lib. xv. lit. 5. De speciac. l ^■ — Cf. Bingham) interdisait en ce saint jour k jeûne et les spectacles.
2' La fête de S. Etienne, prerai»* martyr, se c^ lèbre le lendemain de Noël, 26 décembre, et il en est ainsi depuis le quatrième siècle ; il est pernuî de le conclure d'une homélie de S. Grégoire Je
FIDE
FIDE
Aysse, prononcée à Toccasion de cette solennité.
3* La fête S. Jean VÉvangélUte est marquée au 27, dans presque tous les plus anciens calendriers et martyrologes. Dans certaines Églises» elle iTsit deux messes (V. Durand. Ration, tu. 15). 4* Trois jours après la Nativité du Sauveur, vient la fêle des SS. Innocents, Le ménologe des Grecs, aiosique la liturgie des Éthiopiens, portent, on ne sait sur quel fondement, leur nombre à quatorze mille. Us furent toujours en grande vénération dans rÉglise. Mais on ne sait pas au juste à quelle époque une fête spéciale leur fut consacrée. Nous savons par Origéne (Homil, lu. De divertis) et par S. Augustin (De lib, arbitr. nu 23) que leur mémoire fut toujours célébrée dans les Églises. Il n'est pas certain que, au commencement, leur fête fût distincte de celle de l'Epiphanie. Car c'est à propos de cette dernière solennité que Prudence (Hymn, m. Cathemer. De Epiphan,), S. Léon (Serm. vi. In Epipltan,) et S. Fulgence (Homil, iv. In Epiphan,) rappellent leur mémoire. Quoi qu'il en soit, leur fête élaûl célébrée autrefois avec de grandes manifestations de deuil et de tristesse ; elle n'admettait ni Je Te Deum, ni VAlleluia, ni les doxologies. Le moyen âge vit de ridicules superstitions s'introduire en ce jour.
FIBELIS (fidèle). — Dans l'antiquité chrélicone, le nom de < fidèle » n'était donné qu'au chrétien baptisé, qui se trouvait ainsi distingué du ûéopbyte et du catéchumène. Ceci ressort également des textes et des monuments épigrapliiques. btns sa Démonstration évangélique (1. vu. p. 200), Eusébe marque clairement la distinction entre l'ordre des c fidèles » et ceux qui « n'ont pas encore été jagés dignes de la régénération par le baptême. » Ceux'-ci, s'ils avaient reçu l'imposition des mains et l'impression du signe de la croix, deux choses qui faisaient le catéchumène, pouvaient être appelés < chrétiens >, mais pas encore • fidèles i (S. Ambros. 1. i. De sacram, c. 1). Mais celte différence ne se trouve nulle part aussi nettement marquée que dans ces paroles de S. Augustin (Tract, xiiv. In Joan. c, ix) : « Demandez à un homme: ètes-vous chrétien? Si c'est un païen ou unluif, il vous répondra : je ne suis pas chrétien. Mais s'il vous dit : je suis chrétien, vous jui demandez eûcore : ^es-vous catéchumène ou fidèle ? • 11 n'y a donc pas de pléonasme dans l'épitaphe d'isGEsvA où cette chrétienne est dite chaistuha rutoAs (Le Blant. i. 383), et cette formule se trouve plus d'une fois sur les marbres chrétiens. Le langage des conciles suppose aussi partout la distinction entre les fidèles et les catéchumènes : ne qua fidelis, vel eatechumena, dit celui d'Elvire i^can. Lxvn).
Au moment de la liturgie où les catéchumènes devaient être exclus, le diacre disait à haute voix : Quicumquecaiedmmeni recedite ; quicumque fidelbs, iterum et iterum pro pace Dominum oremus. Alors seulement commençait la messe des fidèles, où
ârtiq. chrét.
ceux-ci communiaient. Les fidèles seuls avaient le droit de réciter l'oraison dominicale, qui, pour ce motif, était appelée la prière des fidèles, tùyyi t&v marûv. On trouve à chaque instant dans les conciles, cum fidelibus consisterez cum fidelihus orare (Y. Suicer. Thesaur. eccl, ad voc. nioroc). Un autre privilège des fidèles, c'était d'assister aux instructions ayant pour objet les plus profonds mystères de la religion : il n'y avait pas de secrets pour eux. Le titre de < fidèle t était donc pour le chrétien un titre de gloire, et on aimait à le mentionner sur les tombeaux, surtout lorsque l'âge peu avancé du défunt pouvait inspirer quelque doute à cet égard : hic reqviescit in pacb puippvs i.xFAs [sic) FiDBLis (Maraug. Act, S, V. i03).
Tel est encore le tiiulus de vrcia florbmtina, morte fidelis à l'âge de un an, neuf mois, neuf jours (Id. p. 109), et celui de heraclu, morte à cinq ans, cinq mois, vingt-six jours jld. p. 96). Cette pratique était universelle dans l'Eglise. Nous la retrouvons dans un antique cimetière de Chiusi en Toscane (Cavedoni. Ant, cim, Chius. p. 33) :
AVRELIVS MELITVS || IRFAHS. CRISTAEARVS (sic) || nOE-
Lis. On croit que cet enfant, mort à quatre ans, deux jours, vivait au troisième siècle, où le nom d'Aurélius était très-répandu. Sur un marbre de Florence (Gori. Inscr, ant, Elrur, t. ui. p. 314), une petite fille de trois ans, trois mois et dix jours est dite être morte < fidèle », nicrn steaetthcen. Nous avons beaucoup d'inscriptions menlionnant d'une manière générale la qualité de « fidèles • : Hic JACBT ERBDAM QVE || VIXIT IN PACE nOELIS....
(Passionei. p. 117). hic reqviescit fidelis in page|j ABMiLUNA.... (Muratori. 1821. b. 4). celbrine fili FiDEUs QviEscis IN PACE (Dc' Rossi. Inscr. Christ, i. p. 140. n. 315). Dans toutes ces épitaphes, la paix, c'est-à-dire la félicité éternelle, est représentée comme le résultat de la < fidélité » acquise par le baptême. Bartoli a publié (Antichità d'Aquileja. p. 396. n. 579) un curieux marbre représentant le baptême d'un néophyte qui, dans 1 epitaphe entourant cette auguste scène, reçoit le glorieux titre de fidèle auquel lui donnait droit sa régénération par le sacrement : innocenti spirito qvem blegit do-
NIHVS PAVSAT IN PACE FIDELIS X KALENDA8 SEPTEMBRES.
Nous plaçons le monument sous les yeux du lecteur. Une epitaphe du cimetière de Priscille, donnée par Boldetti (p. 462), et rendue à sa véritable leçon par Marini (Arv. p. 171), constate la pieuse sollicitude d'une aïeule qui, voyant son enfant en danger de mort, s'empressa de demander pour lui le baptême, lui donnant ainsi une marque d'amour vraiment « solide ■, c'est-à-dire chrétien :^ cvN soLDv (solide) amatis fvisset a hatore |j^' et