FLED
Dé, I. m. c. 4). La gravure que nous insérons ici, tirée (i*un calendrier romain du quatrième siècle qu'a publié le P. Boucher (De dodrina temporum, p. 279), peut donner une idée de cette espèce dëTentail. H figure dans la représentation symboiiq[ue du mois d*août.
Le rite du flabellum avait pris encore son origine dans cet oracle d*lsale (vi. 2), où il est dit que lessénphins se tenaient autour du trône de Dieu, et qu'ils avaient chacun six ailes, et que de deux de ces ailes ils voilaient la face du Seigneur. Voilà bien surtout le ptirt^icv des Grecs, lequel reproduit l'image d'un séraphin à six ailes. Les deux éventails aux deux bouts de Tautel font Toffice des séraphins, et voilent la face du Seigneur. Ils figurent encore les chérubins du propitiatoire antique {Exod, XXV. 18. Num, vu. 89).
Pour ce qui concerne la personne du souverain pontife, on conçoit que, dans des vues profondes, itglise ait voulu que, comme le Dieu qu'il représente sur la terre, il apparaisse aux yeux des populations respectueuses entouré de ces plumes de paon qui sont la vive image des séraphins d'Isaïe. Dans la célébration de la messe papale, les fiabella ont pour but de fixer ses regards en avant, et de les empêcher de se détourner à droite ou à gauche, a6n que toute son attention soit concentrée sur les mystères divins. Il n'y a pas jusqu'aux serviteurs qui portent les fiabella qui n'aient un sens figuré. Ils rappellent au serviteur des serviteurs de Dieu, sur le siège sublime où sa dignité l'élève et où lorgueil pourrait séduire son cœur, les destinées suprêmes qui l'attendent comme le dernier des mortels. Car ils représentent ces esclaves de l'anti- 'jailé qui précédaient, la tète couverte, le convoi funèbre de leurs maitres, ou qui, même debout prés des lits où ceux-ci étaient exposés, agitaient jusqu'au bûcher qui devait les consumer, des éventails sur leurs restes mortels.
les chérubins vus et décrits par S. Jean (Apoc.
n. 6-S) avaient des ailes toutes parsemées d'yeux
devant et derrière. C'est sans doute le motif qui a
fdit choisir les plumes de paon qui, elles aussi,
îont pleines d'yeux, comme pour avertir le pontife
qu'il doit être dans toutes ses œuvres prudent et
circonspect, parce que les innombrables yeux des
populations chrétiennes sont sans cesse fixés sur
lui, et encore qu'il doit lui-même être tout yeux,
afin que rien ne lui échappe dans l'immense ber-
gene du Christ dont la garde est confiée à sa vigi-
l'Dce (V. notre opuscule De Vusage du flabellum
dans les liturgies antiques),
FL ABIMEL'II VIRGEf ALE. — Tel était, d'aprt-s S. Jérùme (EpisL xvin. Ad Demetriad.), le nom qu*0D donnait au voile des vierges chrétiennes. ^ evèque le bénissait à l'église aux jours fixés pour k consécration des vierges (V. l'art. Vierges chrétiennes), D était simple, sans ornement, composé de ^ndelettes de laine teinte en pourpre ; il n'était ()as flottant comme celui de nos religieuses, mais ^ecvr^ulé autour de la tète, d'où lui vint le nom de
mitra ou tnitella (Optât. Milev. De schism. Donat^ 1. n. c. 7). II paraît cependant, d'après S. Jérôme (Ad Eustoch.)^ que quelques vierges portaient un voile flottant sur les épaules, et ce voile était violet : Et super humeros hyacinthina lama maforie volitans. Il est appelé maforte par d'autres auteurs encore, Papias, S. Isidore, etc. (V. Du Cange. t. iv. p. 311). On croit reconnaître cette espèce de voile dans quelques orantes des catacombes (Y. Bottari. t. ui. p. 149). Le contexte de S. Jérôme semble supposer que les vierges qui portaient ces voiles flottants étaient moins régulières et un peu adonnées à la vanité.
' Le voile était un insigne tellement essentiel des vierges chrétiennes, qu'il est quelquefois signalé sur leuvs épitaphes : témoin un marbre de Milan du cinquième siècle (Y. Amico cait, m. 136) où la vierge devteru est caractérisée par ces mots : cvm gàpetb (sic) VELATO. Une inscription du recueil de Reinesius (class. xx. 122) exprime la consécration de plusieurs vierges par l'imposition du voile :
m HOC BBQTlUCfMT TT1ITL0 f BNE BIRBA GORPTSGTLA SACBAB. TIB. KT COXSBCRIT. TEUMIRB,...
Flectwod donne aussi une épitaphe (înscr, ant. sylloge. p. 51) où le voile est mentionné.
Le cimetière de Priscille a fourni une précieuse fresque (Bosio. p. 549) qui reproduit la cérémonie de l'imposition du voile. Un pontife, que l'on croit être le pape Pie I", est assis sur sa chaire et assisté par un personnage debout, qui serait le prêtre S. Pastor. La vierge, qui, selon la même conjecture, serait Ste Praxéde ou Ste Pudentienne, est debout et tient déployé dans ses mains le voile que le pontife va saisir pour le lui mettre sur la tête. Cette intéressante scène daterait donc de la première moitié du deuxième siècle (V. la gravure à l'art. Vierges chrétiennes), La vierge AvrEMA, dont Marangoni (Ad. S. F. p. 88) donne l'épitaphe, est représentée sur la pierre avec le voile virginal sur la tête et dans l'attitude de la prière.
FLEURS. — Les premiers chrétiens avaient adopté l'usage antique d'orner les tombeaux de fleurs et de feuillage. Nous le savons par le témoignage des auteurs anciens, et notamment par celui de Prudence (Cathemerin. hymn, x. vers. 169-170) :
Nos tecta foTebimus ossa Violis et fronde frequenti.
Comme TËglise s'est toujours servie, pour désigner le lieu où régnent les justes, du mot paradis, qui veut dire jardin, les artistes furent naturellement amenés à décorer comme un jardin délicieux les cimetières ou les cryptes où reposaient les restes vénérés des martyrs et même des simples fidèles, afin d'exprimer la gloire céleste dont ils jouissaient. Aussi les fleurs y sont-elles partout prodiguées, en guirlandes, en faisceaux, en couronnes, dans des vases, dans des corbeilles. D'après