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F0890RE8. — Ce mol vient de fodere^ • creuser ». 11 désignait dans l'antiquité chrétienne ceui qui étaient chargés du soin de la sépulture dans les catacombes et qui sont quelquefois aussi appelés copiatœ. Au temps de Trajan, le pape É?arisle, ayant divisé la ville de Rome en un certain nombre d'églises ou paroisses, ordonna qu à chacune d'elles serait attaché un collège de huit ou dix fossores, de même que chacune d'elles avait son cimetière particulier. Nous devons cependant dire que ceci n'est qu'une conjecture du P. Marchi (Montim, p. 26), conjecture on ne peut plus plausible assurément, mais qui ne s'appuie sur aucun texte jusqu'ici connu. Il parait avéré du moins que l'institution des /bMorff est aussi ancienne que l'Église, et, selon l'opinion commune, elle aurait été déjà régularisée avant Évariste par S. Clément, son prédécesseur immédiat.
Sur la foi d*un passage faussement attribué à S. Jérôme, on a cru longtemps que les fonorei formaient dans l'Ëglise un ordre à part, comme les portiers, les acolytes, etc. (Hieron. 0pp. t. n. Epist, ad Rtutic). Cette opinion, un moment abandonnée, a pris de nos jours un nouveau crédit par la découverte de nouveaux témoignages qui militent en sa faveur. Il est certain d'abord que S. Jérôme lui-même leur donne le titre de clercs dans un de ses ouvrages authentiques (Epist. ad Innocent.), où il décrit ainsi la sépulture d'une femme chrétienne de Verceil : Clerici quitus id *of/icii erat, cruentum linteis cadaver obvoltunt, et fossam lapidibu» exsiruentes, ex more tumulum parant, « les clercs auxquels appartenait cet ûflice, enveloppent de linges le cadavre sanglant, et, construisant une fosse avec des pierres, lui préparent son tombeau, selon l'usage. » On lit dans la Chronique Palatine éditée par le cardinal Mai [Collée. Vatican, t. IX. p. 153) ces paroles, qui viennent appuyer la cléricature des fossores : Christus in se consecrando Ecclesiam gradus ejus singulos commendavit,.,. qui sunl ostiarius, fossarius, lector, suhdiaconus, diaconus, presbyter^ episcopus. On doit observer que dans cette énumération le fossarius ne tient pas la dernière place et que le portier est encore après lui. Les fossores sont appelés clercs dans plusieurs lois du Code théodosien (1. vu. tit. 20. leg. 12 ei alibi). Plusieurs d'entre eux ont souscrit les conciles avec les clercs inférieurs.
Mais le fait de la cléricature des fossores est encore attesté d'une manière plus indubitable par un document de la plus haute valeur : nous voulons parler des Gesta purgationis Cœciliani. Là, la remise de ré<;lise de Cirla aux mains des persécuteurs est enregistrée sous la rubrique : sedente Paulo episcopo et presbyieris... adstantibus diaconis... subdiaconis,.. et fossoribus, Lupi (Dissert, pars i. p. 54) pense que l'office de ces clercs consistait seulement à ouvrir les loculi dans les parois des cimetières, mais que le soin de creuser les corridors et les cryptes était laissé à d'autres. M. De' Rossi prouve dans le ni* volume de sa Roma sotteiranea (encore sous presse) que cette assertion est erronée. Les
fosêores creusaient non-seulement les loeuU.mMi aussi les galeries. Il parait certain du moins qne les différents travaux des catacombes étaient dévolus à diverses classes de fonctionnaires qui, sous des noms divers, étaient chargés, les uns de creuser les roches, de les pulvériser et de les emporter au dehors, les autres de préparer les cadavres et de les transporter de leurs habitations dans les cimetières suburbains, d'autres de les placer dans les loculi ou niches, de les y enfermer, d'y graver, écrire ou peindre les épitaphes (Y. l'art. Funérailles).
Plusieurs auteurs ont placé au nombre de ces fonctionnaires les lecticarii et les decani;mm ceci ne doit s'entendre que de Constantinople et non de Rome. Quant aux libitinarii^ leur nom n'était point connu parmi les chrétiens ; ils étaieol employés chex les païens au service de la sépulture.
L'empereur Constantin assigna aux fossontûes habitations spéciales, officinas, dans les différents quartiers de Rome ; et nous avons des épitaphes de quelques-uns de ces fonctionnaires de l'Ëglise qui indiquent la région à laquelle ils étaient attachés, par exemple, celle-ci : ivnivs . possor .at»- TiNvs . Fecit sibi (Boldetti. p. 65). Les fonctions si multiples auxquelles les fossores étaient anploTés supposent évidemment qu'ils ne doutent pas avoir une existence isolée, mais qu'ils étaient organisés en corporations, sous les ordres des évègueset des prêtres. On a trouvé dans les cimetières de Rome un certain nombre de marbres qui nous font connaître les noms de quelques fossores : sergius . et ivifivs (Boldetti. p. 65); iioHT\îivs(iringhi.n.l59); CALETivs (Id. ib. 658) ; irmifàsivs et artiocrts (Fabretti. p. 758. n. 492) ; celbrmvs, lUxunsTS, n- TERMvs, FRiGiANYS, BERCVLES (Lami. Dc erudU. opoii. p. 278). Dans les épitaphes découvertes par le P. Marchi au cimetière de Sainte-Agnès, sont nommés les fossores maivs, paoglvs, calicoxts (p. ^).
Quelquefois ces noms de fossores sont accompagnés des instruments de leur profession : on en voit un grand nombre d'exemples dans Bosio (p. 505), Boldetti (p. 62), Perret (t. i. pl.xM«' xxn). Il existe même, dans le cimetière de Doraitille, qui a longtemps passé pour celui de ûlliste, l'image en pied, encore visible aujourd'hui,
d'un de ces ouvriers chrétiens nommé » ocises, tenant d'une main une pioche el de l'autre une lampe allumée, avec divers instruments de la même profession, épars à ses pieds sur le sol (Boldetti.
p. 60), Celle fresque se trouve dans la région la pins récenle du cimetière, laquelle est conlemporaine de S. DaniJse et de la fln du quatrième siècle. C'est un jeune homme h la ligure candide, têtu d'une tunique sans ceinture, marquée sur If! épaules et Ters l'extrémité inférieure d'un sipie ou moni^ramme imitant un peu la figure de la croii(rorniedissiraulée). (V. l'art. Croix.)
ka commencement, et surtout au temps des persécutions, l'Église pourvoyait elle-même au» frais de la sépulture de ses enfants ; mais dès le quatrième siècle les persotmes aisées achetaient, de leur Tirant, aui foitorei, < la place >, locum, pour leur tombeau et celui des leurs : c'est ce qui tft attesté par un grand nombre de marbres (ï. l'art. Sépulture], el en particulier par une iDJcription du cloître de Saint-Paul hors des murs Hontori. Thtt. l. n.p. 1865. n. 9). Marini (Ortoli. D. Gdà] donne une curieuse épitaphe où se trouve cuisitiTiè un véritable contrat de Tenle entre le fottoT Hitanu et l'acheleur ArUnitiut, avec les noms des témoins Severut qui, lui aussi, était fot- ■or, el LoMTcnlmi, et en outre le prix du tombeau
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