‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 124 sur 281 · SI · texte numérisé non relu

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loict un autre exemple, emprunté au savant iragedu P. Harclii [p. 165} : cowpii

illSim LOCT» TISOIIYM iTRI SOL.D jl OS DVO l> L«|- UIE UiaKE QVE PO || SlTl EST IBiqVB TVIt CVH HARIIO

Fjilln un marbre déjà connu, mab donné exactem'ni pour la première fois par M. De' ilossi {Itucr. \- 310), porte ce contrat singulier qu'un caleiivs, SUIS doute fouor, a vendu à ativits la troisième place d'un trisome oii reposaient déjà deux autres personnes : calolivs et Lvciva.

C'est vers le premier quart du cinquième siècle que le corps des foitore» disparait avec l'usage des sépultures souterraines ; dès lors l'histoire n'en fait plus aucune mention.

Oii loit des fouoret à l'œuvre dans plusieurs fresques des catacombes (Bosio- pp. 305. 355. 339. j'5.- Cf. .\ringlu. II. pp. 23. 65. 67. 101). Ils «m ordinairement la lèle rasée, sont velus d'une iunl^ue courte el ceinte, chaussés d'espèces de '«tles monlaïUes. L'un d'eux (Bosio. p. 335. — ^ti;:lii. u. G7) se distingue par un manteuu Jeté sur l'épaule droite et llotlant par derrière, el aussi p»r celte circonslance parliculiére que les inandie; de la tunique sont serrées prés des poignets, laii'lis que les autres les ont retroussées jusqu'à l'épaule, à la manière des travailleurs. 11 en est ^ui outrent la ti'rre avec une bêche ; d'autres, avec un instrument à peu près de la forme de l'aicia, entament awc elTorl le roc qui s'arrondil en lui'ite sur leur lète : une lampe est ordiiiaireiiieni suspendue près d'eux. On n'en trouve pas qui soient occupés à creuser les toculi, ce qui serait tiien plus Inléressaiil encore.

tne peinture du cimetière des Sainls-Marccllin- M-Pierre iBosio. p. 373. — Aringhi. ii. 101) pré-

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senle un fouor sans pioclie, et portant seulement une lampe avec laquelle il semble éclairer quelqu'un, llestigè, porte la barbe, de larges manches non relevées; si l'on ajoute à cela qu'il indique quelque chose avec l'index étendu et semble donner des ordres, on pourra supposer sans trop d'invraisemblance que ce personnage, comme celui dont nous avons noté ci-dessus le costume exceptionnel, était investi de quelque commandement parmi les travailleurs souterrains. La première section de la gravure représente ce personnage, la seconde un fouor à l'œuvre. On voit au cimetière de Galliste {Bollari. t. lux) une lampe defotior allumée, suspendue à un

clou fixé à la paroi. Nous disons une lampe de fou parce que celles qu'on allumait pour les et sacrées d»ns les cubicula étaient suspendues aux voûtes el avaient une forme difTèrenle. Celle-ci ressemble exactement à celles que nous avons mentiounées ci-dessus. Grâce à l'obligeance de H. le chevalier De' Rossi, il nous a été donné de voir au cimetière de Sainl-Callisle une pioche de fotsor, en fer très-oxydé, niais parfaitement reconnaissable.

FRATERWITÉ CanETIEWSE. — a l'arUcIg .4unidne, nous avoni> tracé le tableau de la fraternité chrèlienne par les œuvres qui la manifestent; nous n'avons à la considérer ici que dans le langage des premiers disciples de Jésus-Chrbt.

1. — La fraternité fut connue chez les Juifs ; mais ils en restreignaient les hens dans le cercle de la Iribu (V. Clément. Alexandr. SIrom. 1. n, c. 18). Les chrétiens n'en exceptaient personne : • nous sommes aussi vos frères par le droit de la nalure, notre commune mère, dit Tertullien aux ido'illies {Apc^og. nxxii), quoique vous soyei peu hommes et du mauvais frères. ■ Lac tance esl plus esplicitesurce point(/»iiW. 1. V. c. 6) : .lavraie religion, dit-il, esl la seule qui sache rendre cher un homme à un autre homme, parce qu'elle enseigne que tous les hommes sont unis par les liens de la fraternité, car Dieu est le père commun de Ions. • Le martyr S. Jusiin [Dialog. cum. Tryph. p. 323. edit. Paris. 1015) avait déjà dil au sujet des Juifs et des païens : • nous leur disons à tous : vous êtes nos frères. » Dans le dialogue de Minu-

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dus Félix, le chrétien Octavius donne constamment le nom de frère à son interlocuteur, le païen Caecilius.

Cependant il existait entre les chrétiens une fraternité plus étroite. « Mais combien plus dignement, ajoute Tertullien, on nomme frères, et on regarde comme tels, ceux qui reconnaissent en Dieu le même père, qui s'enivrent du même esprit de sainteté, qui, sortis du sein de la même ignorance, ont été frappés de Téclatde la même vérité? Mais peut-être on nous regarde comme des frères peu légitimes, parce que notre fraternité ne fait jeter aucun cri à la tragédie (allusion aux Frhes Théhaim d'Euripide) ; ou bien parce que les biens que nous possédons nous unissent comme des frères, ce qui, parmi vous, dissout presque toujours la fraternité ! • L'apologie de Minucius Félix a un passage presque identique (xxxi) : « Si nous sommes animés d'un mutuel amour, cessez de vous plaindre, nous ne savons pas haïr ; si nous nous appelons frères, n'en soyez point jaloux . n'avons-nous pas le même Dieu pour père? N'avons -nous pas tous la même foi, et ne sommes-nous pas tous héritiers de la même espérance ? Pour vous, vous ne pouvez vous reconnaître à aucun signe ; vous êtes constamment dévorés de haines mutuelles, et ce n'est que dans le parricide que se manifeste votre fraternité! » El ce qu'il y a de singulièrement remarquable, c'est que la fraternité chrétienne avait pour base l'égalité devant Dieu. « Il n'y a pas d'autre cause, dit Lactance (\mtil. divin, v. 15) à ce nom de frères que nous nous donnons réciproquement, que la conviction que nous sommes égaux, » necalia causa estcurin nobisinvicemfralrutn nomen imperiiamus, nisi quia pares esse nos credimus.

Tel est le caractère principal de la révolution apportée au monde par le christianisme. Depuis le jour où le Sauveur adressa à ses disciples ces paroles : « vous êtes tous frères (Matth. xxm. 8), » la fraternité s'établit parmi eux, et elle n'a plus cessé d'exister, dans le langage comme dans les actes. Les apôtres donnent à leurs disciples le nom de frères, les mots viri fratres sont le début de tous leurs discours; dans leurs épitrcs, ils appellent collectivement fralres les membres des Églises auxquels ces lettres sont adressées ; S. Luc ne désigne jamais autrement les fidèles dans le livre des Actes; tous les Pères adoptèrent ce langage ; S. Cyprien, par exemple, ne commence pas autrement ses lettres. Pax ecce, dileclissimi fratres, Ecclesiœ reddita est. Ainsi s'ouvre son traité De lapsis, composé après la persécution de Dèce (0pp. edil. Oxon. p. 87), lu en plein concile de Garthage ; et qui ne sait que ces louchantes formules se sont conservées jusqu'à nos jours dans les pratiques de la liturgie, comme dans les habitudes de la chaire chrétienne?

La fraternité chrétienne était contractée par le baptême ; c'est ce sacrement qui conférait le nom de frère. Ce passage de S. Justin le dit assez clairement (Apol. I. c. 65) : nos aulem postquam eum, qui fidem suam et assensum doctrinœ nostrœ testatus est y sic abluimuSf ad eos qui dicuktur fratres

adducimuif im to?c XrppkcvGi; à^eX^oî;, « lorsque nous avons lavé (par le baptême) celui qui auparavant a prononcé son adhésion à notre foi et à notre doctrine, nous le conduisons à ceux qui sont appelés FRÈRES. »

Et cette fraternité était consommée par l'eucharistie, qui (1 Cor. x. 17) ne fait qu'un pain et un corps de tous ceux qui participent au même pain et au même calice : unm panis et unum eorptu multi sumus, omnes qui de uno pane et de uno calice participamus.

II. — Hais ce titre de frères adressé par les pasteurs aux membres de la société chrétienne, ceuxci se le donnaient aussi réciproquement, à^o.çd, fratres , et l'ensemble des frères s'appelait c la fraternité •, àM<poTT; (Baron. Ad. an. 43. n. xtTJ. Fratemitatem diligite, écrit le prince des apôtres (1 Epist. n. 17), « aimez la société des frères. > Dans une inscription de Cherchell (L. Renier. Inscript, de V Algérie, ii. 4025), les chrétiens romposant une Église particulière sont désignés sous le nom collectif de ecclesu fratrux. Les actes des martyrs sont pleins de ces douces appelations, et ici la fraternité était encore scellée par la communauté des souffrances et de la gloire. Ainsi le martyr Alexandre appelle frère son compagnon £pipode (Act, SS. Epipod. et A lex. ap. Ruin. 66. edil. Veron.), bien qu'ils ne fussent nullement unis par les liens du sang. C'est dans le même sens que Ste Blandine est appelée ;oror dans la lettre aux Églises d'Asie. Cette fraternité connue des païens, chez lesquels le mot ne réveillait que des idées licencieuses, parce qu'ils y avaient attaché un sens erotique (Just. Lips. Yar. lect. 1. n. c. i), dennl le prétexte d'une de leurs plus infâmes calomnies contre les fidèles (V. Fart. Calomnies, 2* B. — V. aussi la dissertation d'Àrnoldi : Fratrum el sororm appellatio inter christianos maxime usiiala.

Un certain nombre d'inscriptious des premiers siècles font lire aussi les mots frater et fratm dans des conditions qui ne permettent guère d'y voir l'expression d'un lien de parenté. « i'ai tu à Pesaro, dit Marini (Arval. Prefaz. p. xx), au musée Olivieri, une épitaphe grecque provenant des catacombes romaines, où U défunt eysicts, c ayant mérité d'obtenir la grâce de Dieu, » c'fôtà-dire le baptême, xaaûc uzeiqheivoc thn xapix t r esoY, adresse à tous les fidèles cette salutation : EipHNHN EXETE AAEA«w)i, c'cst-à-dirc, inpocô, ftaira. Nous pensons, ajoute le savant épigraphiste, qu'on doit donner à ce mol le même sens dans l'inscription latine de bachylvs publiée par BuonarnioU (Yetri. p. 170) : bene. qvb || sqvekti || fratri. b.\c||

GHYLO. IM PACE || FRATRBS.

Nous en trouvons deux autres dans les notei de feu M. l'abbé Greppo. L'une, tirée de Muratori (Thesaur. t. iv. p. mdcccxxiv. 9), offre une grande analogie avec la précédente, mais en y ajoutant des circonstances du plus haut intérêt : alexardro

HERENTI. FRATRES. »£!>• AîfllIS. XXXin. DECESSn

iDvs. ivHus. La seconde (Brunali. p. 108), fort m-

FRATRI. BENEMERENTI. VOTVM DIDERVRT. VIXIT. IN. CHRISTO |

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cûirecle, est aussi d*un chrétien nommé Alexandre, qui prie, par le dieu un, ses chers frèreê dans le christianisme, fratres boni, de veiller à Tinviohbilité de sa tombe (V. Tart. Anathème^ 11). C'est du moins ce qu'il est aisé de comprendre, bien que la phrase ne soit pas achevée : peto. a.

BOBIS II FRATRES. BONI. PER || TNVM. D£V||. NE. QYIS....

Ajoutons à ces monuments épigraphiques une intéressante épitaphe trouvée au cimetière de Priscilleau commencement de 186 & (De' Rossi. BulleU. 1864. p. 13) : leonti p || ai a fra || tribys || TALE, « Leontius, les frères te souhaitent la paix, adieu, t Et cette salutation plus touchante encore done inscription d'Afrique (Id. Bullett 1864-28) :

ULTETTE FRATRES PYRO CORDE ET SIMPUCI || EYELPIYS

Tos [saluiat) satos sancto spirity, c salut, frères au c(Ëur pur et simple, Evelpius tous salue, vous qui êtes pleins du Saint-Esprit, b

Quelques noms propres paraissent avoir été inspirés par ces idées de fraternité chrétienne, comme d*autres Font été par les vertus théolofîales (V. l'art. Nonii des premiers chrétiens, 11, 2* classe, 5*). Tel est sans doute celui d'ADELnvs qui se lit sur un marbre du musée de Lyon (D. Boissieu. p. 597. lu) : hic requies||cit bone {sic) MEMO II RUEADELFius. Tel encore celui de Tun des premiers évèques de Metz, S. Adelphe, Adelphus 00 AdelphiuSj qui, d*après André Du Saussay [Martyrol. Gallic. die april. iivui), aurait vécu à une époque voisine de celle des apôtres, et que d'autres ne placent qu^au quatrième siècle. La même Église de Metz honore au 29 septembre un autre S. Adelphe abbé. Le musée de Bordeaux possède le marbre funéraire d'un enfant de trois ans nommé adelfuys.

FUNÉRAILLES. — Pendant les trois premiers siècles, il ne fut pas possible aux chrétiens dVntourer de la pompe convenable les funérailles de leurs frères ; on transportait furtivement les caJavres dans les cimetières, on les y inhumait avec crainte et précipitation ; seulement, dans les rares intermittences des persécutions, on donnait à la sépulture des chrétiens, et surtout à celle des martyrs, toute la soletmité que comportait la position de rÉglise en ces temps malheureux, témoin les honneurs rendus aux restes de S. Cyprien au milieu du feu le plus ardent de la persécution Çf' l'art. Ensevelissemenl). Ce n'est que depuis Con>tantin qu*on put songer à établir des rites particuliers pour les funérailles, et l'Église en prescrivit dés lors et par l'ordre même de ce prince. U y avait chez les Romains des scandapilarii ou 9espiUones (Suet. In Domit, xvii) qui étaient chargés de transporteries cadavres; mais les chrétiens ^ se servirent jamais de ces mercenaires ; à ^^xemple de Tobie, ils se faisaient un devoir et un ^nneur de porter les restes des leurs, et cet ofQce appartenait aux parents les plus proches.

Mais, même avant le temps de Constantin, ^tglise avait établi des fossores, qu'on croit avoir appartenu à la cléricature (V. l'art. Fotsores), et

dont l'ofïice était de transporter et d'inhumer les corps. En donnant à l'Eglise des droits politiques, Constantin rendit de sages lois pour régler les funérailles. 11 établit 5 Constantinople cinq cent cinquante compagnies de fonctionnaires qui, sous les noms divers de leciicarii^ copiatœ et decani^ étaient chargés de tout ce qui concerne les derniers devoirs à rendre aux morts ; il les aflranchit de tout impôt, et leur accorda beaunoup d'autres privilèges et immunités. Les leciicarii étaient chargés ou de confectionner des litières pour placer les cadavres, ou de porter eux-mêmes les corps placés sur les îedicœ. D'autres, dont les fonctions réponiaient à celles des libitinarii des païens, préparaient tout ce qui était nécessaire pour la pompe funèbre. Aux copiatœ incombait la charge de porter les corps et d'exécuter les travaux les plus pénibles relatifs à la sépulture. Les decani avaient la haute main et la surveillance sur toutes les parties de ce triste ministère, et ils étaient divisés en plusieurs classes. L'existence, ainsi que les fonctions et les privilèges de ces diverses corporations , fut confirmée par Arcadius et Théodose (1. Non pliures. c. Desacr. trin.), Anastase augmenta le nombre des lecticarii et des decani. Nous n'avons pas à suivre leurs diverses vicissitudes dans le Bas-Empire.

Si, dans les premiers temps, aucune règle ne pouvait être ni prescrite ni observée quant aux convois, il est certain que dès le quatrième siècle ils étaient suivis par une grande multitude de peuple et par un nombreux clergé. Dans les Constitutions apostoliques (V. vi. 19), il est prescrit aux prêtres t d'accompagner le mort en chantant des psaumes •• Nous savons par S. Grégoire de Nysse (Epist.adOlymp.) que le peuple assistait en foule aux funérailles. 11 décrit la pompe funèbre de sa sœur Macrine, où assistaient, outre les prêtres et les clercs, les moines, les religieuses et le peuple tout entier. Ce qui est certain, c'est que jamais les funérailles ne se faisaient sans la présence des prêtres, comme cela eut lieu en particulier à celles de Ste Paule, où l'on vit de nombreux évèques portant des flambeaux et chantant alternativement des psaumes en hébreu, en grec, en latin et en syriaque (Uieron. Episl. de epitaph. Paulœ). Les chants usités dans les funérailles étaient des chants joyeux ; par exemple rAW^/iiia (S. Hieron. ibid. — V. l'art. A//e/i<ia). Les moines et le peuple se joignaient au chant des psaumes (Novel. Justin, ui). Les témoignages des Pères sur l'usage des cierges et le chant des psaumes aux funérailles sont innombrables ; S. Chrysoslome va jusqu'à prescrire nommément ceux des psaumes que les prêtres doivent chanter (Ilom. iv. In c, n ad Hebr.) : Cogita quid psallas in illo tempore : « Revertere, anima mea, in requiem iuam, quia Dominas benefecit tibi ; » et iterum : c Non timebo mala^ quoniam tu mecum es; it et iterum : nTues refugium meum a tribulatione, » etc. En parlant des funérailles de sa mère, S. Augustin mentionne ce psaume : Misericordiam etjudicium cantabo tibi. Domine, par lequel s'ou vrait la psalmodie funèbre.

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Que la croix fût portée en tète des convois funèbres, c'est ce que nous savons par les Vies des Pères, dues à un auteur anonyme, insérées dans le recueil de Surius, et que Bellori a de nouveau publiées et expurgées ; il y est dit, à propos du convoi de S. Lupicin : Disposais in itinere psallentium turmis cum crucibus, cereis, c des troupes de chantres étaient disposées en procession , avec des croix et des cierges. » D ressort d'un passage de S. Chrysostome (loc, îaud.) que, du temps de ce Père, les Grecs portaient des lampes aux funérailles, tandis que les Latins se sont toujours servis de flambeaux de cire. Il est intéressant d'observer que dès le temps de S. Augustin il exista une distinction entre les funérailles vulgaires et les funérailles plus pompeuses. Constantin, en effet, avait porté des lois pour empêcher que le peuple ne pût être surchargé par des frais de funérailles excessifs. Il prescrivit que chacun pût avoir un cercueil gratis, et qu'il fût toujours accompagné au moins par un asceterium, c'est-à-dire par huit religieux et trois acolytes. Il était ainsi pourvu aux funérailles des pauvres.

Quant à celles des riches, elles étaient aussi réglées par des lois et des tarifs fixes.

Après ces préliminaires, le corps était conduit p<ir le clergé au cimetière, où l'évèque résidait (ceci s'entend des quatre premiers siècles), afin que celui-ci accomplit les derniers rites funèbres, qui consistaient principalement dans la prière que les Constitutions apostoliques appellent sacratissimam precem, et qui n'était autre que la liturgie eucharistique. Car nous savons par les mêmes Constitutions apostoliques et par une foule d'autres documents anciens que, dès la plus haute antiquité, la messe se célébrait en présence du corps avant qu'il fût confié à la terre (Origen. Comm, in m Job. — Tertull. De coron, milil.). S. Augustin dit, à propos des funérailles de sa mère : « que des prières étaient adressées à Dieu, alors qu'on offrit le sacrificb de notre RéDEMpTiON, le cadavre étant déposé prés du tombeau, avant qu'il y fût renfermé • (Confess. ix. 12); nam neque in iis precibusy quas tibi fudimus, cum offeiretur sacrificioM PRETH NosTRi, jamjuxta sepulcrum posito cadavere,priusquamdeponeretur. Posidonius constate le même fait pour les funérailles du fils de Monique (Inejus Vit. init. 0pp.), et Eusèbe pour celles de Constantin (De Vit. Constant, iv. 71); on pourrait citer d'innombrables exemples de cette discipline jusqu'au moyen âge, et les plus anciens livres liturgiques ont tous une messe particulière pour les morts Cette messe n'avait lieu que le

troisième jour après la mort, et les trois jours qui précédaient les funérailles étaient consacrés à des prières continuelles qu'offraient près du corps, dans le cimetière, le clergé, les parents el la masse du peuple chrétien.

Ces délais étaient prescrits par un décret spécial des Constitutions apostoliques (viii. 48), el S. Augustin nous parle des obsèques d'un enfant nommé Evodius, où ce décret fut observé (Epist. ccLvn. Ad Evod.). Bien plus, les mêmes Constitutions ordonnent que ce service soit renouvelé le neuvième et le quarantième jour. Dès la naissance de l'Église, nous savons aussi que lejour anniversaire de la mort était sanctifié, chez les Grecs comme chez les Latins, par des prièrej, et par l'offrande du saint sacrifice (Tertull. De coron, milit. c. ni), et Origène nous apprend (Comm. in Job.) que cet anniversaire était célébré avec un grand appareil et un nombreux concours de peuple. Voici les raisons que Nicéphore Calliste assigne à cette succession de services funèbres (Cf. Gretzer. in cap. xxii. Codin. Curopalal.) : < C'est le troisième jour que la face de rhomme devient méconnaissable ; c'est le neuvième que le corp< se dissout, sauf le cœur qui reste encore intact; enfin le quarantième jour amène la corruption du cœur avec le reste des chairs. • D'autre^ proposent une interprétation différente, et qiu parait être admise chez les Grecs surtout. D'après cette opinion, le service du troisième jour rappellerait la résurrection de Jésus-Chri^t après une sépulture de trois jours ; celui du neuvième jour désignerait les neuf chœurs des anges , auxqueb on prie Dieu d'associer le défunt ; enfin celui du quarantième jour aurait lieu en mémoire do^ rites funèbres que le peuple d'Israël obsena pendant quarante jours après la mort de Moïse. Us services se faisaient dans le lieu même de la sépulture. S. Grégoire de Nazianze parle aussi de la solennité donnée à l'anniversaire de la mort de son frère Césaire.

Après la liturgie, célébrée en présence du corps. Tévêque et les prêtres donnaient au défunt le bitser d'adieu, et enfin le cadavre était confié à li terre. Quant aux prières qui, dans l'antiquité. suivaient l'inhumation, nous les ignorons cmnplétement, car il est douteux qu'elles fussent les mêmes qui figurent dans les livres rituels du moyen âge. La cérémonie funèbre était close f>sr l'agape, repas de charité que la famille du déluni servait surtout aux pauvres, et qui fut plus lard supprimé par l'Église, à cause des abus qui s) étaient glissés (V. l'art. Agapes).

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