GRAF
GAHMADIJS. — Ce sont des espèces de croix composées de la réunion de quatre gamma, r, h
peu près ainsi, :^|=, et que l'on Ogurait sur les
Tëteooents et autres ornements ecclésiastiques dans l'antiquité chrétienne. Ânastase le Bibliothécaire fait souvent mention de ces Yêtements, qu'on désigne ordinairement sous le nom de gammadiœ teitet. Les chasubles ou planètes en étaient surfont parsemées dans tout le champ, comme on le peut Toir dans un curieux monument donné par Ciampini (De sacr, cedif. t. !▼), et que nous avons reproduit à notre article Chasuble; cet ornement se voit aussi dans les chasubles des Grecs telles qu'elles sont encore aujourd'hui (Y. Macri. Hiero- Lextc. ad TOC. Casuh.),
GAZOPHYLAGIUM. — Dans les anciennes basiliques, c'était le lieu où Ton déposait celles des otTrandes des fidèles que les canons défendaient de placer sur Tautel, et qui étaient portées directement dans la maison de Tévèque (Can. apott. T. VI. — Syn. Carihag. iv. can. 93). Il y en avait un autre nommé corbona, destiné à recevoir \e trésor de TÉglise.
GRADUEL. — V. Tart. Livres îilurgiques, 6'.
GRAFFITI, au singulier graffito, du grec 7fxçai», « dessiner, écrire, • est un mot italien qui tend à se naturaliser dans notre langue. M. Littré Tadmet dans son savant Dictionnaire de la langue française. 11 désigne, d'une manière générale, tout ce que Ton trouve écrit sur les murailles et dans les monuments de toute nature de Tantiquité. Ces inscriptions populaires étaient tracées tantôt nu charbon, tantôt au pinceau ; mais le plus souvent avec le style en fer ou en os dont on se servait communément pour écrire sur les tablettes de cire. — Le mot proscynème, que quelques antiquaires me semblent employer trop indistinclement, s'applique spécialement à celles de ces inscriptions qui ont un caractère religieux, et rigoureusement môme à celles qui expriment une idée d'adoration : irp(Hjxûvy,{i.a, de irpo;, « à, vers, » et 3CX/M, « baiser, » c'est-à-dire « adresser des baisers à ou vers », parce que les anciens adoraient les simulacres de leurs divinités en leur envoyant des baisers avec la main. — GraffUo serait donc le genre et proscynème l'espèce. La plupart des inscriptions cursives trouvées en si grand nombre à Pompéi et qu'a savamment illustrées le P. Gamicci sont de simples graffiti; celles que les voyageurs de l'antiquité ont tracées, en grec
ou en latin, sur les monuments de l'Egypte et de la Nubie, celles du temple de Neptune sur le promontoire de Théra, celles qui se lisent sur les roches du Sinaï, appartiennent, en général, à la classe des proscynèmes proprement dits. Quelquesuns de ces monuments néanmoins ne portent que des noms de visiteurs : tels sont les colosses dlpsamboul et de Hemnon, les Syringes de Thèbes, les Pyramides. On peut voir au musée du Louvre Tun des Sphinx du Sérapéum, apporté par M. Mariette, et sur le dos duquel sont inscrits cinq noms, trois phéniciens et deux carthaginois.
L'étude de cette classe de monuments n'est pas, comme on pourrait se Timaginer, une simple affaire de curiosité : elle est de la plus grande iin* portance pour l'histoire et l'ardiéologie. Car, si Ton y trouve le plus communément des noms propres de visiteurs, avec indication de l'époque de la visite, des souvenirs et salutations lointaines aux personnes absentes, des formules admiratives sur la beauté des monuments, quelquefois même des réflexions futiles ou malséantes, il s'y rencontre aussi des allusions aux événements contemporains, des constatations de faits et de dates, qui, dans leur laconique précision, fournissent à la critique historique des éléments non moins utiles qu'inattendus : témoin ces graffUi déchiffrés naguère, à Home, sur les murailles de la station de la septième cohorte des vigiles (gardiens contre les incendies), et dont plusieurs ont servi à éclaircir certains points restés obscurs jusqu'ici, et même à rectifier quelques passages des fastes consulaires.
A côté des graffiti écrits se trouvent quelquefois des graffiti figurés : dessins ou caricatures où se jouent les instincts malicieux de la nature humaine, toujours la même à toutes les époques et sous toutes les latitudes. Le chevalier Âveilino avait relevé en 1840, sur les murailles d'une maison de Pompéi, quelques dessins de cette espèce représentant diverses scènes de gladiateurs, avec des inscriptions explicatives (V. Osservaz, sopra alcune iscritz. e diseg. graffiti)» Ainsi encore, M. le chevalier Kosa nous montrait en avril 1869, dans une chambre du Palatin, un profil de Néron tracé à la pointe du couteau, et où la ressemblance était rendue plus frappante par son exagération même. Dans une autre partie du palais des Césars, on voyait naguère une image blasphématoire tracée sans doute par une main païenne, représentant un Christ à tète d'âne, traduction figurée d*une des plus grossières calomnies des idolâtres contre les fidèles. En présence de cette singulière image, qui se conserve aujourd'hui au musée Kircher (et que nous avons reproduite, d'après
6Uf