‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 126 sur 281 · GRAP · texte numérisé non relu

GRAP

le P.Garrucci, dans ce dictionnaire (art. Calomnies), se tient, dans Tattilude de Tadoration (icpooxuvY)p.a), un enfant, dont ]e nom, Àlexamenos, vient d'être trouvé une seconde fois, mais avec la qualifîcation de fidelis, dans une chambre voisine. Ce second graffito, qui jette un jour décisif sur le premier, et que nous avons pu examiner nous-mème sur place, a été publié avec de savants commentaires par M. le chevalier Gharles-lK)uis Yisconti dans le Journal des Arcades (t. Lxn de la nouvelle série). Nous remarquons au même lieu d*autres sujets retracés d*api^s le même système, par exemple de ces représentations de courses de chevaux si fréquentes dansIesmonumentschréliens,et qui, comme on sait, sont allusives à plusieurs passages de FÉcriture et de S. Paul en particulier (1 Cor. ix. 24. — 2 Tim. IV. 7), où la vie chrétienne est comparée aux courses du cirque, au bout desquelles est la victoire : sic cwrite ut comprehendatis.

Mais il est une classe de graffiti qui sont plus particulièrement faits pour intéresser les lecteurs de ce dictionnaire. Ce sont des inscriptions pieuses qui se sont révélées en si grand nombre, depuis quelques années, dans les catacombes romaines, et où des pèlerins venus des régions les plus lointaines pour visiter ces sanctuaires souterrains exhalent les sentiments de leurs cœurs et toute sorte d'intocations pour eux-mêmes ou pour leurs amis et leurs proches, vivants ou défunts. Ceci a lieu surtout dans les cryptes renfermant les tombeaux des martyrs les plus célèbres; et alors les graffiti, en outre de Tintérêt qu'ils offrent au point de vue de la piété , deviennent de véritables documents historiques et topographiques, par Tin vocation nominale des saints ensevelis dans Thypogée où le visiteur a laissé des traces de son passage. Quelquefois même ces quelques mots furtivement écrits par une main inconnue et malhabile peuvent servir à déterminer d^une manière décisive un sépulcre historique vainement cherché par les antiquaires, faute d'indication officielle.

Les personnes auxquelles il n'est pas donné de visiter personnellement les catacombes peuvent se faire une idée aussi juste que possible de l'aspect d'ensemble que présentent ces graffiti, en jetant un coup d'œii sur les belles planches de la Roma sotterranea cristiana de H. De' Rossi (Y. notamment tom. n, tav. v, xxix, xxx, xxxni, xxxiv e se88-)- ^^ns le texte de l'ouvrage, on trouvera la copie de ces inscriptions en caractères ordinaires, et on lira avec non moins de profit que d'intérêt les explications du savant explorateur de nos cimetières sacrés. A défaut de cette immense source de renseignements que rien ne peut remplacer, voyei dans le Dictionnaire les articles Pèlerinages, — Culte des saints, III, — Inscriptions, — Acclamations, etc. Nous tenons tout au moins à offrir ici au lecteur un spécimen de ce genre d'inscriptions cursives, et nous ne saurions rien choisir de plus intéressant que Timage de S. Corneille ornant le tombeau de ce pape au cimetière de Calliste (De' Rossi. R. S, 1. 1. tav. vi). On voit que des

graffiti sont inscrits tout autour de l'image el jusque sur son vêtement.

Beaucoup d'inscriptions sépulcrales se rangent dans la classe des graffiti : ce sont celles qui trèsfréquemment, dans les siècles des persécutiuns, furent tracées à la pointe sur le mortier frais scellant les loculi, ou au minium, au charbon ou même à l'encre sur le marbre ou sur les briques qui leur senent de clôture (Y. l'art, inscriptions. II, 2«). ^lais le plus grand nombre de ces graffiti expriment des souvenirs affectueux adressés aux personnes qui ne sont plus et plus souvent encore des prières pour leur repos éternel. C'est ce dernier caradère qui distingue surtout les graffiti chrétiens d'aïec les inscriptions du même genre que rantiquiié païenne nous a laissées. On sait en effet que, sur les tombeaux des Pharaons, les visiteurs araienl coutume d'inscrire, avec une date, leurs noms ainsi que ceux de leurs amis vers lesquels, du fond de ces contrées lointaines, leur pensée se reportait avec amour ; et l'un des exemples que l'on cite le plus souvent en ce genre, c'est celui de Sérapion, fils de Nicomacus, qui, étant venu a Philae visiter le temple de la grande Isis, déesse de cette île, déposa dans ce sanctuaire un tendre et pieux souvenir à Tadresse de ses parents.

Le christianisme, qui ne désavoue aucun des nobles instincts de l'humanité, mais les sanclilie et les dirige vers leur véritable but, s'empara de ce germe pour le féconder. Ainsi, nous voyons déjà un chrétien des premiers temps qui avait en-

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