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flotlaient devant les portes du sanctuaire et autour de Tautel ( Epiphan. EpisL ad Joan. Hierosol. epixA. u. 0pp. p. 317).
m. ~ Quiconque a parcouru avec quelque attention, ne fût-ce que comme simple amateur, les monuments de l'antiquité chrétienne, n*a pu manquer d*è(re frappé de la constante uniformité qui existe, quant aux sujets représentés, entre les produits des différentes branches de Tart. La peinture murale retrace les mêmes histoires, les mêmes symboles que la peinture sur verre (fonds de coupe), la mosaïque s'en empare à son tour ; les sculptures des sarcophages et autres ne s'écarteront pas davantage de ce cercle, lequel sera respecté même par la glyptique, autant du moins ^e pourra le permettre Texiguîté de ses produits.
Une telle régularité suppose nécessairement une règle uniforme, hiératique, tracée par Taulorité (ie rÉglise et par la tradition, et destinée à soustraire aux dangers de l'arbitraire une partie si essentielle du culte. Le magistère ecclésiastique avait sans aucun doute fixé la série de ce qu'on pourrait appeler les ajcles historiques ou allégoriques, tant du Nouveau que de l'Ancien Testament, que les artistes devaient suivre religieubtinent, et qui, comme on sait, embrassaient une admirable variété de motifs. Et cette règle devait être d'autant plus inflexible, soit pour le choix d<^ sujets, soit pour celui de leurs accessoires et ia mnniêre de les représenter, que dans les vues de l'Église les images constituaient, comme nous l'avons dit, un vaste système d'enseignement.
[^ là sort un critérium on ne peut plus sûr, pour guider le critique dans l'interprétation des rifprésentations diverses qui décorent nos monuments primitifs. Du moment que la preuve nous «^t acquise que rien, en cette importante matière, ne ^e faisait sans l'autorité des pasteurs, il est clair qu'on ne doit prendre ces images que dans un >ens strictement catholique, conforme à la tradition universelle, et non point au jugement privé 'i'un écrivain quelconque. Ainsi, toutes les fois que l'Kcriture elle-même indique le sens d'une allér.«jrie, comme par exemple dans le fait de Jonas, qiie ie Sauveur s'applique à lui-même (Mattli. xn. •M^'i, ou dans celui de Noé dans l'arche que l'apôtre S. Pierre, dans sa première Épître (m. 20. 21), nous représente comme la figure du baptême, on r%e saurait adopter une autre signification que celle «luiestdonnée par TEsprit-Saint. Lorsque l'Écriture ^ ^inte ne parle pas ouvertement, on doit alors avoir r^ours au sentiment conmiun des Pères : et tels ^ont les principes que nous avons constamment pris pour guides dans l'élaboration de ce Diction- TOiw.
IV. — Tout ce que nous avons dit jusqu'ici de y^ge des images dans la primitive Église prouve îiDplicitement le culte qui leur était rendu. Quel attire motif pourrait-on supposer au zèle que metl^ent les premiers chrétiens à répandre partout ^^ tant de profusion les représentations des ob-
jets les plus chers de leur piété et de leur vénération T Aussi, quand, aujourd'hui encore, nous nous trouvons en présence des peintures des catacombes, du Christ de Saint-Calliste, par exemple, des vé^ nérables madones des cimetières de Domilille, des Saints-Marcellin-et-Pierre, de Sainte-Agnès, des innombrables images du Bon Pasteur, nous sentons-nous pénétrés doublement, et par la douce et miséricordieuse majesté dont elles portent l'empreinte, et par le souvenir des prières et des larmes que la piété de nos pères répandit devant ces saintes images durant les trois siècles de persécution.
Que si les preuves écrites nous manquent pour les premiers âges, nous devons nous souvenir de la loi du secret, dont les rigoureuses prescriptions devaient probablement se porter sur un point du culte qui si aisément eût provoqué la calomnie. Mais nous avons, et nous pourrions produire en abondance les témoignages des héritiers immédiats des traditions primitives. Aussi, en vingt endroits de ses œuvres. Prudence inculque-t-il le culte des images, et en particulier dans sa neuvième hymne, où il dit que, s'étant prosterné sur le tombeau de S. Cassien pour lui exposer avec larmes toutes les misères de sa vie, il se trouva tout à coup en présence de la sainte efllgie du martyr, percée encore des innombrables plaies que lui avaient faites, avec leurs styles à écrire, ses ingrats écoliers (vers. 6 seqq.) :
Dum lacrymans mecum repulo qiea vulncra, et omnes
Vilae labores, ac doloium acumina.
Erexi ad cœlum faciem, stelil obvia contra
Fueis colorum picta imago martyr. s, Plagas miUe gercns. totos lacerata per artus,
Ruptam minutis prxferens punclis culera.
S. Paulin de Noie appelle vénérable, c'est-à-dire digne de culte, l'image de S. Martin (Epist. xxii. 3) :
Hartinum veneranda vîri tcsiatur imago.
Un auteur ancien que nous ne connaissons que par la bibliothèque de Photius, Éraclides de Nysse, avait écrit deux lettres dont l'une avait pour objet l'antiquité de la vénération des images. Nous savons par Theodoret X^ist, eccl. xxvi) qu'a Rome, dans le propylée de toutes les oflicines, se voyaient des images de S. Siméon Stylite. placées là comme une protection et un refuge. On lit dans les Co/lectanea d'Anaslase le Bibliothécaire (p. 172. /nvn syn.) la relation d'une conférence de S. Maxime avec Théodose, évèque de Césarée, où il esl dit que tous les Pères qui y assistaient saluèrent par des génuflexions l'image du Sauveur et celle de la bienheureuse Vierge Marie. Entin S. Grégoire le Grand (lib. vu. epist. v. Ad Januar. Calarii.) avertit Januarius de retirer avec le culte et la vénération convenables, de la synagogue des Juifs, une image de la Vierge et une croix qu'un clerc nommé Pierre avait été contraint à y porter. Les témoignages de celte nature sont innombrables, on les trouvera dans les théologiens : ce que nous en
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ayons cité suffit i notre dessein. Ajoutons seulement que, pour prolester contre l'erreur des iconoclastes, l'Église grecque, au sein de laquelle régnait plus qu'ailleurs l'erreur de ces hérétiques, eut pour coutume spéciale de représenter avec une image a la main les saints qui s'étaient parlicu* liérement distingués danâ ladèrensede tadoctiine de l'Ëglise sur ce |>oint capital (V. Meaol. Baûl. 6. Yet. p. 94).
IMAGINES CLÏPEATjE. — On appelait ainsi chez les Romains certaines images de grands hommes représentés en busie dans un bouclier qu'on suspendait dans les temples (V. Buonarruoli. Ouervat. tupra aie. medagtioni. p. 9-11), L'antiquité chrétienne adopta un usage à peu prés semblable pour les Images de Jésus-Clirist. On le peignait quelquefois en buste dans un espace circulaire en forme de bouclier: c'est ce que nous voyons en particulier au centre d'une vodte de chapelle au cimetière de Saint-Cal liste (Bottari. tav, uti; la figure est reproduite à notre art. iétut-Chntf). et ce portrait du Sauveur est peut-être le plus ancien où l'on reconnnisse le type Iradilioniiel adopté depuis. Des images ctyptalm du bon Pasteur, niais figuré en pied, se rencontrent aussi très-fréquemment aux toutes des cryptes des catocombrê (V, Part. Bon Paiteur]. Notre-Seigneur était encore représenté en busie et comme iii chjpeo dans la mosaïque du grand arc du Siiiit-Paul liors des murs (Ciamp. Vel. mon. i. lab. liviu), d.ms les anciens diptyques d'ivoire, tels que celui de Itambona (Buonarruoti. Yelri. p. 'JG'2), ou le clijpeu* est soutenu par deux anges ailés. Un autre diptyque (ap. Catogern. RaccoUa. l. il. p. 395) fait voir au centre du bouclier Ou, si l'on veut, de l> couronne également portée par deux anges, une croix grecque à la place de l'image du Sauveur. .Nous avons un illustre exemple de cet usage pour one époque un peu antérieure au septième siéile : il noua est fourni par la peinture de l'oratoire de Sainte-Félicité, en haut de laquelle était une imag<> pareille du Christ en buste (Ituoul Roctielle. DUe. tur Ut lypetimil. p. 25); il se propagea jusqued^ns les bas temps (V. Du Cange. C/oii. lat, advoc. Sculam, Scutaria, Thoracida).
Dans les élises, ce genre d'ornement avait pour but de montrer qu'elles étaient érigées principale-
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ment |en l'honneur de Jésns-Clirist. Un grand nombre de sarcophages tirés des dmetièivs de Rome offrent aussi l'image de deux époux sculpiée dans un bouclier ou dans une coquille (Boiiari. Il), ou même celle d'un personnage seul [Id. mn. IL. i-xiiii). Nous donnons ici celle de la planche vingtième.
IMMUnn-E. — Y. tes art. Clergé et Églùa.
IHPnËCATIOXS. — V. l'art. AmOÙM. U.
I?(DICTIO?(. — Ce mot désigne un ijsierae chronologique dont il est indispensable i'm\rh clef pour se guider dans la lecture des inscriptions, du moins depuis le sixième siècle (Nuratori. Tia. 1819. I). et des textes d'histoire depuis Coiulmtin. C'est à la fin de l'année 313 que coramenti l'usage de marquer les époques par les indirlion! L'indiction était une révolution ou untmlfdi' quinze années- La première année de cecerd^'^'ii»pelle la première indiclicn, et les autres ensuiie selon leur ordre jusqu'.i la quiniième, afiis laquelle on recommence à compter la preniièrj indiclion [Tillemont. Emperews.iy. p. Ii3). ((.rari. /flKripiiow.VIll, (.2*.)
D'après Baronius {Ailon. 512, n. 10], le nc:ii fl la chose viendraient de ce que Constantin m-^ réduit le service militaire de seiie iquinEeinsil fallait tous les quinte ans imposer ou, »ion I; terme latjii, indiquer le tribut extraordinain '!<'." tiné à payer les soldats licenciés. Cette interpn'lition, sans être tout à fait certaine, est nùnmijiii^ plus vraisemblable, dit le savant Tiltetnont |li»l 141), que les conjectures de plusieurs autres ['ttsonnes habiles.
Quoi qu'il en soit de l'origine des indictioni, i' est nécessaire de savoir qu'il y en avait deira^ i sortes : celle des Césars, qui commençait le i\ ifc 1 lembre, et dont on s'est longtemps servi en fn\^' et en Allemagne; celle de Constanlinople, qui t* mence avec l'année des Grecs, le premier du indï' mois ; celle vulgairement dite des papes, qui- ')<'' puis quelques siècles, ne la comptent que du l'j>°' ïier315.
Le P. Pelau semble dire que celle de ùikVu''nople était usitée généralement parmi les irr«> dés les temps de l'empereur Anastase, et peuiWr^ depuis Théodose le Jeune. It doute mfine si wi;inairemenl l'indlclion n'a pas commencé an I'' ^^'r tembre. On assure que c'est celle dont se senai'^ii les empereurs de l^nstanlinople. On montrf F divers endroits de l'histoire du cinquième *l' qu'on la comptait ainsi dans la Syrie, aussi liieJi qu'à Rome, et S. Ambroise en parle coramedelusage ordinaire et universel- Quelques-uns ii * commencé les indictions qu'en 31 i, ou en septenibre 313. Mais on voit par divers exemples qu'ils IfS font compter du mois de septembre 313, «" chronique pascale d'Alexandrie constitue mipreuve certaine qu'elles ont été établies dès «Hannée-là (V. De' Rossi. Inicr. Cbritt. fit""- '■ '
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Mq. p. icnn). D'autres *eulent qu'elles l'aient été dés le temps de Jules O^sar au d'Auguste-, mais cet une assertion purement gratuite, car il est inpossible de trourer aucune trace d'indiclion dans bMlenrs qui ont écrit anlërieuremeid à Con-
U premier document où elles soient marquées, (il la date du concile d'Anlioche tenu en 54t, sous Il qmloriièine indiction, comme nous le lisons d)Gs S. Albanasp, si du moins le passage est de lui:le F. Pftau en doute ITiilemont. ibid.). Ce doute se peut plus exister aujourd'liui , car on a re- Inaié une Tersion syriaque de plusieurs lettres de ce Père, qui sont toutes datées par l'indietioii ; or * la série de ces Ipltres commence à l'an 329 (V. De' Hossi. op. laud. I. i. Prolegont. p. ltii). Hais on contient que S. Ambroise parle de l'indiction dans une lettre de l'an 58G, où il marque qu'elle commeoçait au mois de septembre. Depuis cette époque, elle est commune dans le code, où il est parlé de celle de 567, et dans les autres documents de rtiistoire ecclésiastique et profai^e. Hais on assure que les iiidictions ;r sont asseï souvent marquées d'une manière inexacte.
Onupbre cile un écrit sur tes indictions d'un Chjrius Forliinalianus, qu'il croit être l'évèiiue d'Aqujlée, célèbre du temps des fils de Constantin. Hais le P. Pelau dit ignorer complètement cet écrit; il ne sait non plus où l'on a pris que le concile de .Mcèe ordonne aux évèques de marquer l'indiction dans leurs lettres. Il rejelleaiissi comme suspect te concile de Rome sous le pape Jules, qui porte la date de la sixième indiction. On voit que tout cela D'eat pas sans conrusion, mËme sous la plume des Onupluv, des .Noris, des Pelau, desquels le docte TiUemont a tiré cette doctrine.
H. De' fiossi prouve par divers documents nouvellement découverts, et notamment par les lettres de S. Alhanase citées plus haut, que c'est en Egypte que t'usnge des indictions a commencé. On les voit généralement eu vigueur dans celle contrée tous les régnes de Constantin et de Constance, et on n'en trouve pas de vestige ailleurs avant le milieu du cinquième siècle; Rome n'en fournit pas
!.— L\XO
d'exemple avant l'année 517, du moins dans les monuments épigraphiques.
Il est une autre question trè^-impor tante sur laquelle H. De' Rossi (p. c.) jelte beaucoup de lumière : c'rsl Cftie de savair quand et dans quelles paities de l'empire on a commencé à compter les indiclions du 'i" janvier et du I" septembre; on comprend que si ce point reste obscur, il est impossible d'assigner d'une manière positive t'époque des monuments datés par les indiclions. On ne saurait douter, dit ce savant, que les indiclions n'aient eu primiiivement leur poinl de départ des calendes de sepli'mbre de l'an 312, en Ocddent, en Orient tl en Egypte, la seule Arrique exceptée : el il en est ainsi jusque vers le milieu du sixième siècle pour les monuments de toute nature.
Cest à cette dernière époque que commencent à paraiti-e quelques invcriplions dont il n'est guère possible de melire la date en harmonie avec les données chronologiques les pkis sûres, à moins da supposer que cette date est réglée d'après le système d'indiclions commençant aux calendes de janvier.
INDULGENCES. — T. l'art. Ubelltt de* mai-
IN.XOCENTS {eftTK om). —■ V. fart. FéU* im~ mobiUi, X, 4*.
INNOCENT:; (Nissicu des). — La frise d'un sarcophage, antérieur probablement au cinquième siècle, et qui se trouve dans la crypte de Saiolc- Hadcleine à Saint-Maximio (Monum. de SU Madeleine, t. I. col. 735. 736), nous oiïre l'un des rares exemples que nous connaissions de ce sujet dans l'antiquilè cbrélienne. On j voit llèrode assis sur un pliant de forme antique, faisant de la main un geste impératif, et devant lui deux soldats qui. . exécutant ses ordres, enlèvent chacun un enfant. L'un des deux, qui est armé d'une épée, tient sa victime élevée au-dessus de sa tète, et semble se disposer à la piécipiler à terre avec violence. Plus loin, se présente une femme aux cheveux épars.
qni est sans duule la mère réclamant son enfant. 1 le tilulut du défunt; et il est digne de remarque
Ce labtcan remplit l'un des c«és du couverrJe, que l'autre partie est occupée par VAdomtion de»
parUgé en deux par la tableUe destinée à recevoir | magu, sujet offrant avec le premier un contrasta
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qui n*échappe à personne, et devait sans doute, dans l'intention de Tarlisle, encourager les diretiens persécutés en leur montrant que Dieu sait déjouer les projets des méchants et soustraire qui il veut à leur fureur.
Un diptyque d*ivoire de la cathédrale de Milan, à peu près de la même époque que le tombeau, offre le même sujet représenté presque exactement de la même manière. Voyez ci-dessus, p. 155, la reproduction de cette partie du bas-relief. 11 se trouve encore dans la mosaïque de Tare triomphal de Sainte - Marie Majeure, œuvre datant aussi du cinquième siècle (Ciamp. Yel. mon, i. tab. u). Mais ici ce n*esl que la première scène de cette sanglante tragédie. Les soldats envoyés par llérode semblent notifier les ordres qu'ils ont reçus à un grand nombre de femmes qui tiennent leurs enfants dans leurs bras. Le premier de ces soldats, qui est sans doute le chef, se retourne vers ses compagnons, et de la main leur indique leurs victimes. M. Rigollot (Xrlx de sculpt. au moyen âge) a publié un diptyque d'ivoire, attribué au temps de Théodose le Jeune, où cet événement est sculpté. On voit que la plupart des monuments que nous avons à citer pour l'objet qui nous occupe se rapportent à la même date, c*est-à-dire au cinquième siècle.
I\ PACC (en BiPHNo). — De toutes les acclamations funéraires en usage chez les premiers chrétiens, celle-ci est la plus commune et eu même temps la plus intéressante; elle constitue un caractère indubitable de christianisme pour les marbres où elle se lit : aucune sépulture païenne n'en a fourni d'exemple (Lupi. Sev. epitaph. p. 7C). — Gavedoni. Ragg, dei mon. délie art. Crist, p, 53). Cependant les Juifs l'ont employée avant les chrétiens, et plusitMirs de leurs tombeaux à Rome, distingués d'ailleurs par des attributs spéciaux tels que le candélabre à sept branches, portent la formule EN EiPBNH (V. une dissertation de M. l'abbé Greppo sur cette inscription. Lyon. 1855). Nous citerons à notre tour celle-ci, qui, par un double caractère, rappelle le style des épitaphes chrétiennes : en Eipii.NH H KoiMHciG AYTHC (Oderico. Sylloge....^, 255), c'est-à-dire : in pace dormitio eivs. Kt il devait en être amsi, car cette formule est d'origine hébraïque. Le salut ordinaire chez les Hébreux était pax vobiscvM (Gènes, xlui. 25) ou pai tecvh (Judic. vi. 25), et il ne s'est jamais perdu dans les langues sémitiques (Secchi. S. Sabiniano. p. 57). Personne n'ignore que notre Sauveur saluait ainsi : pax voBis (Joan. xx. 19. 26); et il prit soin d'expliquer à ses disciples que, dans sa bouche, cette salutation avait une sincérité et une efficacité que le monde ne pouvait lui donner (Joan. xiv. 27). Des textes évangéliques, cette formule de salutation passa dans Tusage de la liturgie chrétienne, et bientôt dans les inscriptions funéraires : c'est là que nous avons à l'étudier. Sa signification varie suivant certaines circonstances que nous devons signaler, et qui en font tantôt une prière pour les morts» tantôt une affirmation ou acclamation de
leur félicité, tantôt enfin un témoignage de Tortliodoxie de leur foi.
!• Nous croyons que le plus ordinairement elle est employée dans le premier sens. C'est un salai ou souhait de bonheur des vivants à l'égard des morts, tel qu'il s'est conservé dans Tofûce de Itglise : REQviEscANT IN PACE. Geci est surtout évideol quand il se trouve dans l'épilaphe un nom de défunt au vocatif: vrse in pacs (Lupi. Seo. epil.j^M],
VlCTOIll IN PACE, — AÇUILLSV IN PACE, — DOMTl
IN PACB (Buonarr. Vetri. p. 1G4], — spes paitjb. (Mai. CollecL Vatic. v. 449j, — ErcTAiiffasHcoi (Ad. S. V. 575) ; ou au datif, cas qui suppose uu verbe sous-entendu : beremebenti in pace, — itua* NO anime (sic) innocentissimae in pack (Lupi. M. 19. 59); ou bien encore quand la phrase e^lcoih çue de façon à exprimer un souhait : pai tec^i (Lupi. 175. — Marang. Ad. S. V. 125. — l'errel. V. xLii . 5), PAX TECVM PERHANe^?! (à Paris. Biblioth),
— TECYM PAX CBRISTI (Ad. S. V, 94), VU PACEH (ijci
ESTOTE (Passionei. 119), — te cvm page (Lupi. 71. 72); ou en caractères grecs (Boldelli. 475], xo5 PAKE, bizarrerie qui n'est pas sans exemple ailleurs: une inscription du musée Borgia (Maiini. Arval. 595) présente celte singulière orlliographe des mômes mois : te. qvn. pacae. paxtecvmsit [lu Blant. Inscr. chréi, de la Gaule, i. 455). Cette dernière formule est quelquefois abrégée ^linsi : tec\pc. comme on le voit sous le portique de Sainle-llarie in Trasievere (Marini. Arv. 05 4). Voici une épitaphe qui offre une intéressante variété de la mèinc^ acclamation : spinravM capuioles. in p (AcL S. l. 102).
La discipline du secret ne permettait pas toujours d'énoncer ces souhaits de bonheur d'uw manière intelligible à tous; ils doivent élfecuLplétés par ces mots : svscipiat christ vs (Lupi. itd. 175), « que le Christ te reçoive dans sapnii;» pensée que nous trouvons exprimée équivale rainirâ dans l'inscription suivante : gavdestu svscEPEinB (sic) IX PAGE (Fabrelti. î>71). D'autres preunentla forme d'un touchant adieu : vale ix pace, — ule HiBiKARAiN PACE (il d. S. F. 105. 124); d'autres expriment la pensée exclusivement chrétienne d'un repos et d'un sommeil passager dans la touitA.- : IN pace D03IINI DORMiAs (Boldetti. 418); et celle ci ci. langage barbare : dvrmat in paeai (Ad. S. V- l^V Ces paroles du psaume (iv. 9) sont inscrites sur un titulus de Bainson (Marne) : in pack dorsiav it REoviESCAM (Le Blant. i. 450). Nous avons daiis Fabrelti : cvivs A.NiMA iK PACE BEQViEsckT (567), forinuk' évidemment inspirée de la prière hturgique. Citons encore celte touchante prière adressée par des parents en faveur d'une enfant plus douce qta le miel : uvrinia melle dvlcior Qviiscas l> nzi (Ad. S. Y, 85).
Ailleurs, l'acclamation est construite avec un verbe à l'impératif : dorme in pace (Gazzera. lier- Pien^. Suppl. p. 9) ; — sehper vive w nrs (Marang. Gos. gent. p. 451). D'autres énoncent l'iiée non moins clu^étienne que, popr le fidèle, la mort est la véritable vie : vivas iii face (Boldelli. 4S0j;
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TDE m piCB {Ad. S. V. 90) ; d^autres, plus explicites encore, font entrer dans les souhaits de félicité quelles adressent aux morts la douce croyance que c'est au sein de Dieu même qu'ils doivent trouver la paix et le bonheur : cyh deo in page (Boldetti. 419) ; ix dso pacbm (Mai. CoUed. YaL t. 446) ; — EiniKH COI EH eEtt (Fabretti. 591); — ipnni. coi. n.oTPANtt, pax tibi in cœlo (Oliyîeri. Marm, Piuar.) ; — ni pacb donuii dorhias, « dors dans la paix du Seigneur » (Boldetti. p. 418) ; — dans la paix et la bénédiction : in page et benbdictionb (Boldetti. 4Î0) ; la paix avec le rafraîchissement, qui n'est autre chose que la délivrance de Tâme des expiations temporaires du purgatoire : in page nnnnnEThiGEKir [refrigerel) (Boldetti. 418); — a face et in BBPRiGERiTH (Ad. S.V. 122) ; la paix, DOD-seulement en Dieu, mais dans la société des justes : IN page anima ipsivs.... gvh ivstis anima ipsits (Boldetti. 420) ; ou encore : cvm santis (sic), — pAi CVM angeus, « la paix avec les anges • (Gavedoni. Cimit. Chius. p. 10). Une épitaphe donnée parle P. Lupi (Sev. epH. p. 176) représente la paix étemelle comme la récompense, non-seulement de la foi, mais aussi de la virginité : te in PAGE CVM nscmiTATE TVA. Nous u^avous pas trouvé une formule aussi ouvertement optative que celleci, rapportée par Morcelli : leo. te. in. page, faciAT, « Léon, que le Clirist te reçoive en paix » (larini. An. p. 422); de toutes les inscriptions de ce genre, celle-d est celle qui explique le plus clairement la formule te in page.
2* Quand la formule in page est construite avec un verbe au présent ou au passé, elle n'est plus un souliait ou une prière, mais une affirmation de la félicité du défunt, une salutation à une personne que Ton croit fermement être déjà dans le sein de Dieu, comme le Dominus tecum adressé par l'ange à la Ste Vierge; c'est une acclamation proprement dite, une sorte de formule d'apothéose. Et nous ne doutons pas que, dans ces conditions, Tin page ne désigne souvent la sépulture d'un martyr. Tel est le tiiulus de la martyre Filumena, vulgairement appelée Ste Philoméne, filvhena pax tb- CTw, qui ici doit se compléter par le présent est, car l'antiquité tint toujours que c prier pour un martyr, c^était lui faire injure (Augustin. Serm. 1^9). f Tels sont surtout ceux où l'acclamation ^st accompagnée du vase, comme cela arrive si souvent (V. Boldetti. p. 427. 433. 435 et pauhn).
Quoi qu*il en soit, nous citons ici quelques-unes des principales variétés de la formule employée <laiis ce second sens : dormit in pacb (Fabretti. 554); "- m. PAGE. BBNE. DORMIT (Cardinal!. 189. cxxv) ; — iiOftMiT IN soMNO PAGis (Giopgi. De monogr, Chrisii. ^3); — iH PACE80MNI (Fabretti. 554. 46); — pavsat '^ PAGE (Boldetti. 599); — in pacb rbqvievit (Id. ^1); — reqviesgit m page (Ibid.) ; — qviescit in Hce aeterna {Ad. S. V. 107) ; — vivis in oloria
^«1 ET m PAGE DOMINI HOSTRI ^ (OdeHcO.
^yllog. 264), < tu vis dans la gloire de Dieu ^t dans la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ. •
— « Dans la paix d't'xOuc» » dit Tinscription d'Autun, tx6ûo; ttpiQvvi; — c dans la maison éternelle de Dieu, • in page.... et in domo ETERNA DEI (Bottari. tav. VII. n. 8), porte un tituîut des catacombes. Une inscription romaine (Harangoni. Ad. S, V. p. 127) fait lire une formule à peu près semblable : raptvs bternb (sic) domvs, mais avec cette circonstance extraordinairement remarquable que l'acclamation ih page qui règne en haut du marbre est gravée au milieu d'une couronne : la paix dans la gloire. Cela équivaut à peu près à eterna. page, ovans, t triomphant dans la paix étemelle, » formule unique d'une épitaphe de Cagliari (Muratori. mgmxlv. 7).
Rien de plus affirmatif que ces formules. Nous avons aussi redit in page (Id. 118), qui semble exprimer le retour de l'âme dans sa véritable patrie, et pregessit nos a page, inscription trouvée dans la basilique de Reparatus en Afrique (Rev. archéol. iv. 662) et qui énonce l'espoir de retrouver la personne aimée dans le séjoiu* des délices où elle a précédé les siens.
Quelques inscriptions constatent la réception de l'âme dans la paix du Seigneur : svsgbptvs in page (Boldetti. 400), ou petitvs in page, ce qui, selon H. De' Rossi (i. 288. n. 666), équivaut à ces autres formules : aggercitvs in pacem, ou ab argelis (Id. 31. 31); — et mieux encore : natvs in page (Marang. t^. p. 88), né en paix ou à la paix, c'est-àdire par la mort à la véritable vie; — mater dvl-
GISSIMA in page XPI REGBPTA; — mRICB.... QVEM
domwvs svscepit in page; les deux dernières appartiennent au Piémont (Gazzera. hcr. Crist. del Piem. 35), où cette variété paraît avoir été plus commune qu'ailleurs.
Enfin, d'autres inscriptions célèbrent la joie de l'élu dans le séjour de la paix : letaris in page (Boldetti. 419) ; — in page dbugivm (Fabretti. 555. 42) (V. l'art. Paradis). D'autres ne se contentent pas d'affirmer sa félicité, exvpbrantia in page, mais elles se hâtent démettre à profil le crédit que cette félicité lui donne, en se recommandant à son intercession auprès de Dieu : pbte pro nobis felu (Aringhi. i. 521), « tu es dans la paix, prie pour nous, toi qui jouis déjà du bonheur ! »
Quelques inscriptions sont évidemment Inspirées de ces mois du canon de la messe : Qui nos prœcesserunt in somno pacis. — in page pregessit, —
QVAB NOS PRAEGESSERVNT IN SOMNO PAGIS (V. Le Blaut.
Inscr. chrét, de la Gaule, i. 384). pragessit ad. PAGEM, inscription de l'an 385 (De' Rossi. i. p. 155. n. 354).
3* La formule qui nous occupe est regardée par un grand nombre d'antiquaires, entre autres par Boldetti (Osservaz. p. 394), par Zaccaria (De usu inscr. Christian, p. 26), comme un témoignage de l'orthodoxie du défunt ; elle atteste, selon eux, qu'il a vécu ou au moins qu'il est mort dans la paix, soit dans la communion de l'Ëglise. Voici d'abord une inscription qui semble ne laisser aucun doute à cet égard : me. reqviesget. in page.
FEDE. CV6TITVTV8 (consiUtUtts). ILARV8. QVI. VLXIT.
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ARNT8. PL. H8. xxT (Maffei. Mw. Veron. p. 359). Ce qui signifie que cet Hilarus, d*abord étranger à la vraie foi, ainsi qu*à la paix qui en est le résultat dés cette vie, acquit Tune et Tautre en embrassant la communion catholique. Peut-être peut-on rapprocher de cette formule celle-ci : ir page preposiTTs (boldetti. 417), et, mieux encore, la suivante, qui présente explicitement Tacquisition de la paix comme le résultat de la foi en un seul Dieu : ....qvi ui vnv dev crbdkdit ik page ($ic) (Id. p. 456). Une pierre d'Afrique (Y. Bullet. 1874, p. 127) porte aussi : fax dei patrïs.
Mais répitaphe d'Uérilas (Fabretli. 757) est conçue en termes plus clairs encore; il y est dit, en effet, ce qu'il mourut dans la paix de V Église catholique^ » DECESsiT IN page fidei catholicae. Cet Héritas appartenait à la nation des Gotbs, infectée en grande partie, comme un sait, de Thérésie arienne: c'est ce qui explique la précaution qu'on a prise de constater sur son tombeau qu'il était mort catholique, précaution inconnue jusqu a ces temps malheureux ; car, à Rome, l'éloge contenu dans ces paroles: vixit in page, est extrêmement rare, si rare que, sur plus de onze mille inscriptions chrétiennes recueillies sur le territoire romain, M. le chevalier De' Rossi ne Ta rencontré que onze fois, une fois sur mille {De Ut. Carthag. p. 15) ; encore ce savant regarde-t-il comme fort vraisemblable que ces onze tiluli n'appartiennent pas à des fidèles de l'Église romaine, mais bien à quelques-uns de ces innombrables chrétiens qui affluaient aux tombeaux des apôtres de toutes les contrées de l'univers, et qui y étaient quelquefois surpris par la mort, comme cela arriva au parent d'un Leucadius de Pavie, aont le corps fut, par les soins de ce dernier, déposé au cimetière de Priscille : deprensvs in loco peregre (Y. Cavedoni. CimiL Chius, p. 36). Une autre épitaphe atteste qu'un chrétien nommé galusivs a élevé un tombeau à son fils ivLivs, qui était c mort dans la pair », où probablement il n'avait pas vécu : in page moriehti (Id. 432). L'inscription suivante nous semble cependant s'opposer à ce que cette judicieuse observation s'applique absolument à tous les cas : in page defvnctvs verecvndvs natvs in vrre ROMA (Boldetti. 404), « mort en paix Yerecundus né dans la ville de Rome. » Dans une inscription grecque, publiée par Marangoni(Ad. S. V. append. p. 72)t, la formule doumit in page est précédée de ces mots : GREDIDIT FiDE, C il crut d'uuc ferme foi, » éloge qui semble représenter le « sommeil dans la paix » comme la récompense de la pureté de la foi. Nous donnons l'épitaphe en latin : atreuakvs
Il PAPBLAGONVS |t DEI SER^V8 GREDIDIT FIDE || DORMIT IN PAGE II REGORDETUR IPSIV8 || DEYS IN 5AECULA.
Mais enfin à Rome l'hérésie étant une bien rare exception, il est évident qu'on ne devait guère s'y préoccuper du soin de constater l'orthodoxie sur les tombeaux. Il en était tout autrement dans les pays envahis par l'hérésie. Plus la vraie foi y était rare, plus racclamalion vixit in page devait y être vulgaire, parce que les catholiques devaient tenir
essentiellement à ce que leur tombeau ne pût être confondu avec ceux des hétérodoxes, ainsi en est-il pour l'Afrique, qui, dès le début du quatrième siècle, fut déchirée par le schisme des donatisles, et bientôt après par l'hérésie arienne que les Vandales y avaient apportée. Et en effet, sur seize épitaphes de Garthage, données par D. Pitra dans son Spicilége (t. n) et expliquées par M. De' Rossi (Ibid, in fin,), douze font lire la formule vixit la page; et dans le très-petit nombre de marbres africains connus auparavant, il s'en trouve déjà quatre qui la portent en toutes lettres, en latin ou en grec, et huit où la même acclamation se présente avec de légères modifications, in page vixit, par exemple (Léon Renier. Rev, arch. xi. Ul).
D'autres monuments d'Afrique affirment d une manière non équivoque que, aux yeux de la chrétienté de cette contrée, la paix était le résultat de l'union des fidèles avec l'Église. Ainsi il existe dans la basilique d'Orléans ville, fondée en 319, un pavé en mosaïque où sont répétés à satiété les mots : sakcta ecglesu, et, au centre de ce même pavé, règne, comme complément de la pensée, l'inscription sem?er pax. Ajoutons que, sur la porte d'une antique église, en Syrie, on lit.
EIPBNH KAecOAiKH EKADGIA AHA XTRtCU, — ^dX ORtni-
bu$, catholica ecclesia sancla donùni, 11 existe donc, conclut M. De' Rossi avec toute sorte de raison (Bullel. 1874, p. 128), dans les usages épigraphiques, comme dans le salut liturgique, une mutuelle corrélation entre les mots pax ei eccitsia.
Le VIXIT IN PAGE se rencontre aussi fréquemment à Lyon (De Boissieu. Imcr, anU de Lyor.. p. 599), à Viviers (Le Blant. Annal, de phil. chr&. i. XVIII. p. 240. 4* série), et en général dans presque toutes les villes ou provinces de notre Gaule qui au cinquième ou au sixième siècle furent infectées de l'hérésie arienne. Et cette espèce de cachet d'orthodoxie était encore plus important quand il s'agissait d'un prêtre dont la foi doit surtout être à l'abri de tout soupçon. Ainsi trouvonsnous sur la tombe du prêtre Romanus de Lyon (De Boissieu. p. 580), avec l'acclamation boxae MEMORiAE, attestant que sa mémoire est sans tache, la formule plus explicite encore : vixit d PAGE, qui témoigne à la postérité qu'il vécut dans la paix de l'Église (Y. l'art. Prêtre), On trouTe à Viviers cette formule un peu différente : vnii DvxiT IN PAGE (Le Blaut. ibid, et p. 8 du tirages part), et à Briord : obied (tic) w page (Id. Réponu aune lettre de ]ù%Q, p. 19).
La formule requiesgit ui sohno pacis est caractéristique de l'épigraphie chrétienne du Kéroonl. Il n'est presque pas d'inscription dans le recueil de l'abbé Gazzera qui ne conmience par ces mots, ou par ceux-ci, quoique plus rarement : reqvie»- GIT IN PAGE (p. 29. seqq.). Nous devons dire cependant qu'un certain nombre des inscriptions de ce recueil, données avec confiance par le savant auteur, ont été reconnues fausses.
C'est aussi comme une formule d'apolb^
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diKlienne que doit s*mterpréter la légende ay- GF.<TA m PAGE qui se lit sur une médaille de Timpératrice Salonine, et de laquelle H. de Witte, dans un savant mémoire, a conclu an christianisme de cette princesse {Mémoire 9W Vimpéralrice Salo^ itine. Bruxelles. 1852).
Cette légende constitue un fait unique dans la numismatique romaine impériale (V. la pièce à notre article Numismatique).
Plusieurs textes de S. Cyprien semblent autoriser à entendre quelquerois la formule in pacb comme dénotant spécialement une mort précédée de la réception des derniers sacrements de l'Église. En elTet, s^élevant contre une excessive confiance qui portait quelques chrétiens à marcher au martyre sans se préoccuper de celte suprême réconci- ILition avec Dieu par les sacrements, ce Père aftirme qu*on doit leur donner la paix avant le combat : Pax danda est omnibus militaturis. Il emploie souvent le mot pax dans le même sens (Epist. Lnr).
Ceci pourrait peut-être s'appliquer à la plupart des inscriptions avec la formule decessit in page ou autres semblables que nons avons citées précédemment. Le même sens doit probablement, et à plus forte raison, être attribué à une très-curieuse inscription que donne Passionei (p. 118. n. 43) et où il est dit que la défunte Ermogenia a été déposée « in agape •, c'est-Mire in charitaie, dans la rharité obtenue ou recouvrée par les sacrements de la réconciliation : xm. cal. apiul || dp. || brmo- (E5IA II n AGAPE. Nous uc connaissons pas d'autre exemple de celte intéressante formule.
i* D'après plusieurs interprètes, Bottari, Muratori, et en dernier lieu H. De' Rossi (De monum. iitfTj exhibent, p. 17), il existerait, quant au sens, one parfaite identité entre l'acclamation i3i page et la figure de la colombe portant à son bec un nmeau d'olivier. L'une est la traduction figurée de l'autre, et souvent la formule et le symbole se trouvent réunis sur le même marbre (V. Boldetti. 571— id. S. F. 85. 98. 108.126. etc.). Une mosaïque du Vatican fait lire une inscription qui vient à 1 appui de cette opinion : c'est le mot pax accompagnant la colombe avec la branche d'olivier (Marini. Ârv. p. 266). Il en est exactement de même sur un marbre portant cette épitaphe : geksane Fil upuuTo Tvo (sic) (Boldctti. 418). Mgr de Falloux possède dans sa chapelle domestique à Rome une inscription dont il a bien voulu nous permettre de prendre une empreinte, et où le nom du défunt et la formule in page sont inscrits dans une colombe représentée à mi-corps : haxem || ti in page ; la colombe n'exprime pas la paix par elle-même, mais l'âme du défunt; c'est à l'olivier qu*est attachée Tidéedepaix (Augustin. Dedodrin. Christ, ii. 17); un marbre du musée du Latran (De' Rossi. BuUet, 186i, p. 11) fait lire la formule in page dans une couronne d'olivier ; et par leur ensemble, la colombe et la branche d'olivier équivalent à cette formule connue : spiritvs in page (Marini. Papiri ^plom. 244); — bessvla spiritvs tvvs in page
(Boldetti. 420). Que si le poisson vient encore s^y joindre, il faudra interpréter le tout par cette acclamation plus complète : spiritvs in page et in GHRiSTO (Boldetti. 318). On voit quelquefois un olivier sculpté sur une des faces latérales du tombeau de Lazare (Bottari. xlix). C'est sans doute un symbole de paix, une traduction figurée de notre formule.
La formule in page se trouve quelquefois figurée par un monogramme composé des lettres ri, ou en grec ire, irene.
5* Bien que l'acclamation qui fait Tobjet de cet article soit presque toujours relative à la paix de l'âme, il n'est pas douteux qu'elle n'ait été quelquefois employée pour exprimer le repos du corps par le respect de sa sépulture. 11 n'est pas trop possible de donner un autre sens à Tacciamalion qui termine l'épitaphe de Karitus (ap. Aringhi. t.