JANV
sur les antiquités de Pise (Cf. Gori. Symb. Dec,
t. Ti.p. 182):
TITALISSIHAE. C07IIT61. BKKIMERKIin. APOLUXARIS ■AUTTS. rSClT. QTI. DCCESMT. VII. IDVS. ITRUS. BT 0KPO61TA. OIE. V. lUVS. IVKUS. CESQVCT » PAGI. ma". CO".
On pourrait supposer que ce monument est celui d'une martyre. Cela parait indiqué par la 6^re, unique dans son genre, qui se Yoit à gauche de répitaphe : une femme debout, voilée, priant les bras étendus, et dont le cou est percé d*un glaive. Hais Tinscription vient encore confirmer cette attribution , car les abréviations dont se compose la dernière ligne ne peuvent guère se lire autrement que vàrtyrio coronata.
5ous citons tous ces monuments d'après des
archéologues d'une grande valeur; nous ne de-
>e>ns pas dissimuler néanmoins que nous n'avons
p:ms une pleine confiance soit dans leur authenti-
ci té, soit dans les interprétations qui leur sont
dconnées.
Dans une crypte chrétienne découverte à Milan, eE. ) iH45, où était un corps de martyr avec le vase d -<e sang, on voyait, peintes sur la muraille, des ^^^laines, un croc, uncus, une potence avec sa ^€>rde, ainsi que d*autres instruments de torture {S. Alcuni sepolcri ant, Crist. in Milano. tav. i. Gg. 1), instruments divers qui attestent que le martyr a été enchaîné, mis à la question, dé^ chiré avec Vuncuê^ et enfm décapité : Historiam pidura refert (V. la gravure à Tart, Martyre), Nous n'ignorons pas que quelques archéologues modernes rejettent la doctrine que nous venons d'éDoncer; mais s'il est possible de contester l'attribution de quelques-uns de ces objets, il en resterait encore assez d'incontestables pour établir que l'usage de représenter des instruments de supplice sur les tombeaux des martyrs a réellement existé dans la primitive Église.
i:HTEIiCESSEUIl8 (évÈQues). — On rencontre souvent, dans I histoire et dans les conciles des Églises d'Afrique, le nom d'interceisor ou inter^
vmtor, attribué comme titre d'honneur à des évoques. 11 est utile d en assigner la signification et l'origine pour rinlelligence des textes.
Il était d'usage dans les Églises d'Afrique, et peut-être aussi dans quelques autres, que, quand un siège épiscopal était vacant, le primat désignait un des évêques de la province, tant pour administrer le diocèse pendant la vacance que pour promouvoir et préparer la mûre élection d'un nouvel évêque.
Le but d'une telle institution était évidemment de sauvegarder les intérêts de l'Église et de procurer son plus grand bien; mais elle ne tarda pas à ouvrir la porte à un double abus. En premier lieu, Viniercesseur trouvait dans les fonctions qui lui étaient déléguées l'occasion de se concilier les bonnes grâces et la faveur du peuple, et de substituer ses propres convenances à celles de l'Église, soit en laissant vaquer le siège au delà des termes nécessaires, soit en travaillant à sa propre élection, si ce siège offrait plus d'avantages que le sien. Pour obvier à un tel abus, les Pères du cinquième concile de Carthage, tenu en 401, décrétaient que la gestion de Yinûrceueur ne pourrait se prolonger au delà d'une année, et que si, pendant cet espace de temps, il n'avait pas amené l'élection d'un évèque, on devrait mettre un autre interces' ieur à sa place.
Pour prévenir un autre abus non moins funeste, les mêmes Pères portèrent un canon ainsi conçu (can. vm) : t II a été décidé qu'il ne serait permis à aucun intercesseur de retenir pour lui-même la chaire (le siège) à laquelle il a été attaché provisoirement en cette qualité, et cela nonosbstant toutes les démonstrations ou séditions des peuples ; mais il lui est prescrit de mettre tous ses soins à ce qu'un évêque leur soit donné dans Tespace d'une année. Que s'il néglige de le faire, l'année étant expirée, qu'on assigne à cette Église un autre interventor, »
INVENTION DE LA Stb CROIX. — V.
les art. Fêtes immobiles, IV, 1% et Croix [culte de la\).
JANYIER (cALCRDBS de). — Le christianisme ne parvint qu^avec beaucoup de peine et de temps à avoir complètement raison des superstitions du paganisme. Celles-là se maintinrent surtout avec obstination, qui trouvaient d'intimes complicités dans les instincts et les penchants les plus impérieux du cœôr humain.
• Telles furent en particulier les pratiques idolâ- ^ues et licencieuses du 1*' janvier. Des païens f^ï convertis en apportaient la semence dans les
rangs des fidèles; ceux-ci ne surent pas toujours se préserver de la contagion, et plus d'une fois l'Église vit ses armes spirituelles s'émousser contre des désordres séculaires.
I. Tertullien, qui écrivait au deuxième siècle, alors que la persécution stimulait la ferveur et épurait la foi, eut déjà néanmoins à combattre bien des tendances de ce genre, il reprociiait aux fidèles (De idololatr. xiv) d'observer les saturnales et les calendes de janvier, et d'être moins soigneux de
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rintégrité de leur culte que les idolâtres de leurs vaines obsenrances : t Nous, dit-il, qui avons nos fêtes aimées de Dieu, on nous voit suivre les saturnales, les rites superstitieux du !•' janvier, les fériés brumales (en l'honneur de Bacchus), et les matronales (aux calendes de mars) ! Oh ! combien plus exacte est la fidélité des gentils pour les cérémonies de leur secte ! Ils se gardent bien, eux, dMmiter aucune des solennités chrétiennes ! Ils ne voudraient point s'associer à notre dimanche, ni à notre Pentecôte, alors même qu'ils en auraient connaissance; ils craindraient trop de paraître chrétiens! Pour nous, nous n'avons aucune honte de passer pour païens.^ »
La paix donnée à TÉglise ne fit que développer ces abus. Les empereurs chrétiens avaient conservé comme fériés civiles les calendes de janvier, mais en abolissant les rites idolâtriques qui y étaient attachés. L'habitude fut plus forte que la loi, et résista longtemps encore aux sévérités des conciles aussi bien qu'au zèle des Pérès. Prudence nous a laissé une éloquente protestation « contre la coutume invétérée où étaient les chrétiens du quatrième siècle d'honorer, par l'observation des auspices et par des festins dissolus, les fêtes des calendes du mois de Janus. » Il déplore a une damnable tradition qui, partant des ancêtres, va atteindre leurs derniers descendants, dont les cœurs irréfléchis ne savent pas rompre la chaîne d'une superstition surannée (Contra Symmach. 1. 1. vers. 136 seqq.). »
.... Jano etiain celebri de mense litatur Auspiciia epulisque sacris, quas inveteralo, Heu raiseri I sub honore agitant, et gaudia ducunt Festa kalendarum. Sic observatio cre?it, Ex atavis quondam maie cœpta : deinde secutîs Tradita temporibus, serisque nepotibus aucta, Traxerunl longam corda inconsalta catenam, Mosque tenebrosus vitiosa in saicuia fluiil !
Le langage de S. Jean Ghrysostome n'est pas moins véhément. 11 flétrit t cette folle impiété qui observe les jours, s'attache aux augures, et se persuade que si la nouvelle lune de janvier se passe dans la joie, l'abondance et la liesse, tout le reste de l'année doit lui ressembler. On allumait des feux sur les places publiques, on ornait de couronnes les portes des maisons. Pompes du diable, puérilités insensées ! » (Ghrysost. Homil. xxui. In eos qui novilunia observant,)
La plupart des Pères de 1 Église, entre autres S. Augustin {Serm. v. De calend.jan.), S. Pierre Chrysologue (Serm. clv. In Biblioth. max, PP. 1. vn. p. 963), Asterius d'Amasie (Homil. iv. De fest. kalend. — Cf. Bingham. ix. 8), S. Ambroise (Serm, xvn), ont exhalé à ce sujet des plaintes amères. Et le concile in Trullo (can. lxii) a condamné ces actes idolâtriques : Kale*:das quœ di^ cuntur^ et vota et brumaîia quœ vscantur..,. ex fidelium universUate omnino tolli volumus.
II. — La superstition ne va guère sans Timmo ralité. Aussi aurait-on peine à se figurer combien de désordres, non moins ridicules que coupables,
traînait après lui ce reste de paganisme qui s'obstinait à vivre au sein d'une société régénérée par le christianisme. ■ Les jeux, dit S. Ghrysostome (Ibid.), qui se passent en ce jour dans les tavernes, mettent véritablement mon cœur à la torture, Uli me maxime excrucianty car ils sont pleins d'impiété et d'intempérance.... On voit, dès le point du jour, des femmes et des hommes occupés honteusement à remplir et à vider des coupes.... »
S. Augustin, ou l'auteur quelconque d'un sermon inséré dans ses œuvres (Serm. cxxix), nous a laissé la peinture indignée des incroyables mascarades qui déshonoraient ce jour : « En ces jours de folie, des hommes païens, renversant l'ordre de toutes choses, se couvrent de hideux travestissements destinés à les rendre aussi conrormes que possible aux objets de leur culte. Des hommes misérables, et, ce qui est déplorable à dire, dont quelques-uns sont baptisés, prennent des formes étranges, des apparences monstrueuses propres à inspirer honte et douleur. Quel esprit sage pourra s'imaginer qu'un homme qui n est pas complètement fou ose se déguiser en cerf ou en quelque autre bête que ce soit t Les uns se revêtent de peaux de mouton, prennent des têtes d'animaux, contents, enchantés s'ils réussissent à se transformer en bêtes, de façon à n'être plus reconnus pour des hommes. En| quoi ils montrent et prouvent qu'ils ont moins encore l'extérieur que l'esprit el le cœur des animaux qu'ils imitent.
« D'une autre part, n'est-il pas énorme et honteux que des hommes se revêtent de tuniques de femme, et, par un déguisement déshonnête, s'efforcent d'efféminer une figure virile sous des traits de fille , ne reculant pas devant la honte d'emprisonner dans des vêtements féminins des bras fails pour porter les armes ; ils portent des menions barbus et veulent paraître des femmes ! »
Il faut dire néanmoins que de tels désordres n'étaient le fait que d'un certain nombre de mauvais chrétiens, tels qu'il s'en trouve dans tous les temps, et surtout de ceux qui s'étaient tardivement rendus à la foi, sans pouvoir complètement dépouiller le vieil homme. La masse des fidèles avait horreur de ces excès, et suivait docilement la voii des pasteurs. « Convient-il à un chrétien, dit S. Augustin (Serm. cxxvin), de célébrer les calendes comme les païens, el de tenir une conduite tout opposée à sa foi et à son espérance?... Les autres prêtent foreille aux chants de la luxure; vous, écoulez les leçons de TÉcriture. Ils couivnl au théâtre ; vous, courez à l'église. Us s'enivrent ; jeûnez. El si vous ne pouvez pas jeûner aujourd'hui, au moins dînez avec sobriété. >
11 paraît qu'au sixième et au septième siècle les ridicules mascarades dont il est parlé ci-dessus se pratiquaient encore dans quelques parties de la France ; car, en 578, un concile d'Auxerre (can. i) défend de se déguiser le !•' janvier en vache ou en cerf, cervolo vel vetula facere. Le troisième concile de Brague, tenu en 572 (cap. lxxx), inflige trois années de pénitence à celui qui aurait pris les ve-
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tements d*iin autre sexe : <t çuû... faciem suam
innsformoverii in habitu muliebriy et mulier in
kahituvirili^emendationepollicitat très annospœni^
\tiA (ap. Labbe. c. ▼. ool. 901). Un ancien péni-
teotièl tiré d*an manuscrit d'Angers marque trois
m de pénitence pour de telles folies : Si qms ca-^
ladis JattuarOs in vitula vel cervolo vadety tribus
annis pœmUat. G*est aussi pour protester contre ces
désordres et les déraciner efficacement que TÉgiise
établit au 1** janvier la fête de la Circoncision (Y.
Fat. Fétet de V Église^ !•), rappelant le premier
sang répandu pour nous par le Sauveur. Il y eut
aussi en ce jour un jeûne et une messe spéciale
pour demander à Dieu l'extirpation de Tidolâtrie
(Y. l'art. ÉtrenneM). Le second concile de Tours,
tenu en 567, avait déjà prescrit à tous les prêtres
et à tous les moines de faire au 1* janvier des
prières publiques dans leurs églises, afin d'apaiser
le del irrité par tant de désordres indignes des
cbrétiens.
JEAX-BAPTISTE (S.).— Le culte de S. Jean- Baptiste fut très-répandu dès les premiers siècles dans les Églises grecque et latine. Le principal motif de l'importance attribuée à ce culte, c'est que, comme précurseur du Messie, S. Jean est « comme la limite entre les choses anciennes et les choses nouvelles, limite où finit le judaïsme et où commence le christianisme » (Tertullien. Adv. Mmon. I. IX. c. 339). Fabricius (Bibliolh, Grœc, t. Il), Gombéfis (Biblioth. Concionatoria, t. vni) ont rassemblé les principaux discours que nous a légués rantiquité sur la conception, la nativité et la décollation du précurseur ; une foule d'auteurs que cite Paciaudi (De cullu S. Joan. Bapiigt, p. 3) ont recueilli tout ce qui a été écrit dans les premiers siècles sur sa vie, sa pénitence, sa prédication, son zèle, sa prison, etc. Du Gange a composé un savant traité sur sa décollation et sur les diverses inventions de son chef {Du chef de S, Jean- Baptiste. Paris. 1665). Dans la plupart des liturgies orientales, par exemple dans celles dites de S. Jean Chrysostome, de S. Jacques, des douze apôtres, de S. Marc (Y. Paciaudi. Op, laud. Dissert, iv), S. Jean- Baptiste est nommé au canon immédiatement après la Sle Yierge. Nous donnerons un rapide aperçu des principaux monuments que la piété et les arts lui ont consacrés.
I. — Ëglises érigées sous son vocable. La première de toutes, c'est la basilique du Sauveur, bâtie par Constantin, sous le vocable du'précur- $«ur, prés du palais de Latran, sur le mont Cœlius. et qui est l'Église mère deTimivers catholique. On a prétendu qu'elle lirait son nom du baptistère de ConstanUn qui se trouve à une faible distance; mais le contraire est prouvé soit par de très-anciens manuscrits des archives du Latran où sa dédicace sous le nom de Saint-Jean est clairement coQslatée, soit par les litres de quelques homélies ^ S. Grégoire le Grand qui y avaient été pronon- ^s (Ugon. Staria délie stazioni di Roma. staz. iv. p. 38). Noos savons par Anastase le Bibliotliécaire
(!n S, Syhestr. edit. Bianch. Romae. 1718-1725) que le mênie empereur en avait encore fait construire une à Oslie et une autre à Albano; et Du Cange (Constantinop. Christ, lib. iv. § 4. n. 9) en mentionne une à Conslantinople, dont il ne reste pas d'autre trace que cette mention.
On croit communément à Naples que Constantin le Grand, par suite d'un vœu fait dans une tempête dont il aurait été assailli en venant de Sicile à Naples, avait bâti en celte ville, sur l'emplacement d'un temple d'Hadrien, une église sous le vocable de S. Jean-Baptiste. Mais Blazociii a prouvé que les faits ne pouvaient s'adapter qu'à Thisloire de Constantin, fils de Conslans (De cath. Neap. pars n. c. 3). Il paraît plus positif qu'un temple de Mars fut changé en une église de Sainl-Jean- Baptiste à Florence par les premiers apôtres de celte ville, qui s'est placée sous la protection du saint précurseur (Villani. Croniche. 1. i. c. 60). On sait aussi que l'un des deux oratoires qu'éleva S. Benoît sur l'emplacement du temple d'Apollon sur le mont Cassin, fut dédié à S. Jean-Baptiste (S. Greg. Dialog. 1. a. c. 8). Une tradition porte qu'à Milan un temple de Janus fut converti en une église sous le titre de Sancti Joannis ad quatuor /aciM (Caslellion. Mediol. antiq, pars i. fasc. n). Aux sixième et septième siècles, il y avait à Ravenne deux églises consacrées au saint précurseur, dont Tune en mémoire de la décollation et dite In marmorario (Rubeus. Hist. Raven. 1. n et m).
A Monza, la reine Théodelinde en bâtit une qu'elle enrichit de dons et de dotations de toute sorte; et son mari Agilulfe imita sa piété en fondant une église de Saint-Jean-Baptiste à Turin (V. Paciaudi. Op. laud. p. 15 et 16.). Paciaudi énumére un grand nombre d'autres églises bâties en l'honneur du saint dans les temps postérieurs en diverses localités. On a vu (à l'art. Baptistères) que les baptistères, qui étaient eux-mêmes de véritables églises, et étaient toujours placés sous le vocable du précurseur, renfermaient ordinairement un autel en son honneur, des statues et des peintures reproduisant sa figure, et quelquefois même de ses feh'ques.
II. — Monuments iconographiques. Nous savons par le témoignage des Pères et des conciles que les images du précurseur étaient très-fréquentes dans l'antiquité. On les peignait jusque sur les voiles et les parements des autels, et on montre des monuments de ce genre à Milan (Ambros. Basilic, monum. vol. i. c. 73), à Venise (Georg. De sacr. minister. 1. 1. c. 29) et ailleurs. S. Épiphane (In vn syn. act. vi) dit qu'aux personnes qui recherchaient la délicatesse dans le vêtement, on montrait les images de S. Jean-Baptiste vêtu de peau de chameau ; et c'est en effet sous ce vêtement que les monuments nous le présentent le plus ordinairement, principalement dans le sujet assez souvent reproduit du baptême de Notre-Seigneur, par exemple dans la peinture si connue du cimetière de Pontien, dans plusieurs mosaïques (Giampini. Yet. Mon. n. tab. xxui), sur quelques pierres
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gravées et médaillons de br«nie [Vetlari. Mém. mr. êxplic. p. C8. et frontispice), oùil est vu répaniianl l'eau sur la lète du Sauveur avec une ex^quille ot portant à la main gaudie un pedum.
H y avait des images du précurseur ntonlranL du doigt le Messie, soit en personne {Conàl. in Tfulh. can Liuni), soit sous le symbole de l'agneau («ii tyn, act. ui). Voici- une cornaline antique du musée Vettori {Op- iavd. ib.) où il est représenté porlant sur sa main un livre Ternie où repose l'agneau divin, allusion a ce célèbre veisel de l'Apocalypse (v. 9) : t Vous Ëles digne. Seigneur, de recevoir le livre et'd'en lever les sept sceaux, parce que tous avez élo mis à mort et (jue vous nous ave» rachelés par votre sang. ■ Les artistes l'ont cependant
représenté en costume dit apostolique, avec la tunique et le pallium, comme par exemple sur un fond de coupe donné par Buonarruoli (Yelfi. tav. vi. n. 1) et qui serait certainement l'une des plus anciennes images du précurseur, si l'on doit suivre l'opinion du docle sénateur, plutût que celle qui y yeut'ïoir 5. Paul. Ce lype se retrouve dans une
i — JEAN
Quoi qu'il en soit, il est ainsi téta et de plu; nimbé dans une mosaïque du septième siéde [Ciampini. Yet. mon. ii. tab. un), au centre d'une crtai d'ivoire à peu près de la même époque iPacIgudi. Op. Iavd. p. 182], et encore dans un ancien diplTquE donné par Gori ITheiaur. dipt^. t. m. p. !3^1, ainsi que sur une calcédoiiieattribuée :iQ dnquiènie siècle où il est représenté en buste (Padgudi. Op /flwl. p. 189).
Dans les menées des Grecs, l'image de S. loan- Baplisie est ailée, en mémoire de ce passage d'bie appliqué par Jésus-lihrist lui-même au précur^ur (Marc. I. 2) : Eece ego millo angelnm mmn asb faciem tuam, qui prœparabit oiorn imm anUU. t voici que j'envoie devant la race mon an;;i', qai préparera ta voie devant toi. > 11 élère la Dun droite en signe d'allocution, et de li gauche dli>nt une croix et un pbyUc'ère où sont ècrils eo ^a ces mots : PamUntiam agile, appropitupieàlenin regnumctBhrum, • faites pénilence, car le ropuwe des cieux est proche, t
mosaïque du septième siècle que reproduit Paciaudi {Op. laud. p. 182).
On voit dans la mosaïque du grand art il'' SsinK- Harie Majeure {an 445) l'aiironciatton de n w sancedeS. Jeaii-Daptisle Ln ange aile panilidn^ ser la parole à Zacharie qui est debout, u»;!jw à ta main, devant un èdicule représenlanl l'iold | des parfums [Ciarapini. Kei.mon.lum. i. tab.iui. n. 1. a. 5). Sa mort est retracée dans raMtfiw mosaïque du portique de Saint-Jean de Latnn. Lt précurseur, dont la lèle déjà abattue esl enipofW dans un plat par un licteur, se tient eaoïrei genoux devant le bourreau dont le glaive eslfW (Ciamp. i)< aoer. œdif. 1. h. n, &).
JEA?i-BAPTISTE (féib db ».). - V. l'jii. FiUt immobile*, V, I*.
JEAH (S.) L'ÉVASGÉLISTE. - L'a^l«»l Cïlle des quaire figures emblénuliques des f <»; gélisies que Us artistes de l'antiquité, conuM» comtnentaleurs de lÉcrilure, allribuenl i S. lot (V. l'art. ÉvangétiMle*), et nous pensons que'*' la plus ancienne manière de rejwésenler le <lii|'" pie bieiMimé. Ce que nous connaissons ifc pi^ ancien, en fait de représentation pe""!'"'"^" cet apôtre, ce sont deux verres dorés, où '\^ en buBie s'entretenant avec Pierre, désigne sw son nom primitif ; sinon, loiiasw i^- ''"''''v; Velri omati di fig. in on. laï. xiiv. 4 « "
Kei monumenU d'une époque plus récente, quelques mosaiqnos du sixième siècle, par exem-
ple, le montrent jeune, comme toujours.les cheveai à la naiaréeone, la lêle nimbéi?, avec le cos> lume apostolique, tunique loi^ue et pallium, tenant soa ÊTan^ile serré contte sa poitrine. Dans celle de Saioi-Vital de Ravenne, qui est de 547, il ut 3&sis et tient en ses mains le codex de son ttangtie ouvert, et devant lui est une petite table «ù ïùa remarque un style et un encrier ; l'aigle ^jmbolique est placé au-dessus de sa lëte (V. la gnmre à l'art. ÈvangilitU»). Lambèce Ifii- Uiatk. Catar. \indfbon. t. ii. pars. 1. p. 57t) |>ublie une miniature d'un manuscrit grec d'une haute antiquité où l'on voit S. Jean assis, diclant son Ëfangile à un diacre. Au neuvième siècle, il "il représenté debout, avec un volume à la main, dans la mosaïque de Saiale-Uarie-NouTeil<j, avec Irais autres apâtres occupant cliacun une nicite des deux cAlés d'une niche principale où la Ste Vierge est issise, l'Enfant Jt>sus sur ses genoux (Ciampini. Yei. mon. t. ii- tab. un). 11 parait à peu près avec les mêmes conditions, velu d'une tuniqne verte et d'un manteau jaune, dans une grussirre, quoique Irés-curieuse peinture de la même époque dèconmt la crypte de S. Crbain in Gaffarella à Rome. Il se lient à droite de Uarie, et S. Urbain à gsudie (Perret, vol. i. pi. lxixiii). L'ancienne mosaïque du portique de Saint-Jean de Latran [Cump. De ucr. œâif. tab. ii. 8) Tait voir le supplice de S. Jean devant la porte Latine. La scène n'est pas complète, parce que la mosaïque est endoaimagèe; on dislingue seulement la flagellation de l'apOtre, et l'injurieuse scène de la coupe de »scheveni.
1« plus anciennes représentations du crucifle- ■nenl da Notre-Seigneur ne manquent jamais de «conformer au récit évangélique où S. Jean rapporte de lui-même (Joan. m. 25 et 36) qu'il se tenait an pied de la croix. avec la mère du Sauveur. l'on et l'autre appuient leur visage sur leur main Cg signe de douleur {V. l'art. Maint [tignificationt i* leun divenet atliludu]). Ainsi le voit-on dans *ariq. cHarr.
> — ' JÉRU
une fresque du cimetière de Saint-Jules (Bottari. tav. cxcii), dans le célèbre diptyque de Ramboia illustré par Buonarruoti (à la suile des Velri, p, 285). Sur sa tête sont tracés grossièrement ces mois : DistipvLi (tk) Bccs {mater tita). 11 en est à peu prés de même sur une tablette d'ivoire fort antique, en forme d'instrument de paix que menlionn» le sénateur Florentin, et provenant de la collégiale de Civilale au diocèse d'Aquilée. A côlé du Christ est S. Jeun avec cette inscriplioD : At. scce. n. tva. Àpotlole, icce mater tua {V. l'art. Crucifix). Dès les premiers siècles, des basiliques furent placées sous le vocable de S. Jean l'I^vangéliste, enlre autres, selon quelques-uns, celle de Saint-Jean de Lalran ; et l'ancienne Yaticane avait un autel en son honneur élevé p-ir le pape Symmaque (Ciamp. De iacr. œdif. p. CO. 1. d).
JEAN L'EVAnG£LI8TE (pète de s.). — V. Tari. Fêtes immobile», X, 3*.
iÉBUSALEU ET BËTHLCEH (UTÉs nn- QUE*). — V. l'an. Église [U).
JCRUSALEU (E.iTti£E triomfqàlb de jim i). — Ce fait injportant de la vie mortelle du Sauveur se trouve représenté presque exclusivemeni sur les sarcopliages antiques (V. Aringbi. t. i. p. 317. (. it. p. 159 elpattim). ^o Ire-Seigneur y est imberbe, il est monté sur une ânesse (MalUi. xu}, qui tantôt est accompagnée de son ânon (Id. t. n. p. 161), taiilAt seule (Id, I. i. p. 377}; sa main droite est élevée comme pour la bénédiction latine {V. l'art. Bénir [Manièret de]), soit en signe d'allocution. Un personnage représenté petit , comme tous ceux qui jouent un rûle secondaire, étend un manteau sous les pieds de la monture du Sauveur, et on en voit un autre monté sur un arbre pour en couper les brandies et les jeter sur son passage (Uattb. xii. 8). Dans d'autres {Aringhi. t. t. p. 329), on observe encore plusieurs Israélites, dont la ligure respire la joie, se tenant i l'entrée de la porle de la ville sainte et portant des palmes et des guirlandes. Quelquefois (Bottari. tav. ui) la foule est figurée par un seul individu qui, en avant de Noire-Seigneur, élève les bras et semble entonner VHotanna jUio David (Matth. xxi. 9).
Dans ce triomphe passager du Rédempteur, les premiers chrétiens voyaient une ligure de sa résurrection et de sa rentrée déflnitive dans le ciel (V. Aringhi. t. vi. c. 13). Ils aimaient aussi à y distinguer la prédiction ligurée de la conquête que Jésus-Christ devait faire à sa loi sainte des nations idolâtres dont l'dne était la figure (Euseb. In /(. c. ixui. 20. ~ Greg. Naz. Oral, ixivm. p. 622). Parmi les auteurs qui se sont occupés de celte question, les uns veulent que Noire-Seigneur se soit servi dans celte conjoncture de l'dnesse, qui llgurait la Synagt^ue sur laquelle il avait également empire, et cette opinion, outre qu'elle coocorde avec le texte de S Matthieu (xxi. 7), est \\
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seule que l'inspeclion des sciilplures des sarcopliages autorise i admellre. D'autres pensent qu'il monta l'dne, duquel seul les autres évaiigélislcs font mention, ei que cel animal n'avait jamais servi à personne : Suptr quem nemo hominam udil {Harc. II. 3), parce qu'au Sauveur seul avait éié réservé un souverain domaine sur les nations qui lui avaient été données par son Père, comme ïun héritage propre el exclusif (Pi. ii. 9).
Bien que, uvant que Salomon eût fait venir dis chevaux d'Egypte, l'àne filt regardé comme une moulure Itonorable cl distinguée (Jwi- xu. 14), il est certain néanmoins qu'il n'en élait plus de mdmeau temps de Jésus^hrist, et que, s'iladop:;i celte moulure, ce fut parce que, à raison de sa douceur el de sa pauvreté, elle dénotait le régne pacil'ique el humUe <lu Messie, qui n'avait pour but que la conquête des cœurs. Kous avons dit que ce sujet se rencoiilre rarement ailleurs que sur les sarcophages. Biancliini donne cependant (Demomtr. hitl. tccl. sxc. i. tab. u. ii. t7j une amienne mosaïque du cimetière du Vatican où il est représenté. Nous reproduisons comme illustration de cel ai'ticle, d'après un dessm du savaut ouvrage deH.lecomteUelcInorde Vt^uè [Leséglitet de la terre tainte, pl. v), un fragment de mosaïque de la basilique de Bethléem, qui, bien qu elle d île du douiiéme siècle seulement, est assurément calqué.' sur un tïpe antique. Nous n;ivons plus d'autre monument à citer qu'un diptyque de l.i métropole d<:
Milan (Bug^>li.
Mem.diS.CeUo.
in fin.), remon- ■ ta m au cinquième siècle. L<' sujet, sur ce:
ivoire, est exiculé à peu prè.comme dans les sculptures de;> sarcophages.
On représente quelquefois l'âne cela se voit dans un fond de coupe du recueil de Buonarruoti (lav. ii. fig. i). Uais quand il se trouve ainsi isolé, il peut signifler, d'une manière abrégée, soit l'entrée de Jésus-Christ i Jérusalem, soit la Nativité, mystère dans la représentât ion duquel (Igure souvent cet animal (V. l'art. Bœuf [Le] el tâne, et l'art. Nativité). Peut-être ces images, si multipliées dans les premiers siècles, furent-elles le principal préleite de la calomnie des gentils contre les lidéles, consistant fi dire qu'ils adoraient un Dieu sous la forme d'un àue (Tertull. Apol. xvi. — Nin. Fel. Qct.). Quoi qu'il
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en soit, le verre cité présente deux parliculantés dignes de remarque : c'est d'abord le mol aïiws écril dans le diamp, et ensuite une sonnelle suspendue au cou de l'ine, circonstance qui s'obsene également dansquelques sarcophages (Aringhi.t i. p. 395-551 , etc.), et qui élait conforme A un us^ge antique (.4pul.Lx). C'est ce que prouvent quelques monuments profanes, entre autres un bas-relIrF en bronze, et une grande inlaille en cristal de roche publiée par Buonarruoti daiis son ouvratje sur les médaillons [Medaglxoni. p. 95-545).
A l'exemple de Jésus-ChrisI, les évéques its temps primitifs avaient coutume de se ser^iril'uD âne dans leurs courses apostoliques, ainsi i\w l'attestent S. Grégoire de Tours de Saint-Uariici {De gior. eonf.), Tbéodorel d'Eusèbe de Samosiie {Hiil.eccl. 1. lï.c. 14), etc.
JCSUS-CHRIST. — 1. — Les chrétiens «lu
premif r ùge possédérent-ils des portraits autlieoliques, des images contempor.iines du Rédcini»teur t Ualgré l'immense intérêt et la lëjjîliine curiosité qui s'altachi ni à une pareille question, h science n'est pas en mesure de lui donner une solution satisfaisante.
La fameuse controverse qui s'éleva, dés le »■ cond siLcle au sujet de la beauté ou de la laideur de notre Siu-
< cher objet delà piété de nos pères danslifoi,dul aussi faire éclore les premiers essais d'un art chrétien. Halheureusemenl l'antiquité ne fournît aucune donnée qui autorise cette supposition. El l'abslenlion siregrellable des premiers cliréliensicelé^anl s'explique par l'horreur que leur inspirait l'idoli- Irie; par cette baine vive, implacable, cffinme toutes les réactions, qui proscrivit indisUnctenieflt toutes les productions d'un art qui n'avait eu ju^ que-là d'autre emploi que de fournirdes alimeoli aux superstitions païennes. On conçoit que bpui»sance d'un tel prqugé, auquel ne surent pas se soustraire même les hommes les plus éœiiienls.