‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 142 sur 281 · JESU · texte numérisé non relu

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tels qu'Atbcnagore, qui enveloppa les monuments de Part dans l'abjuration de ses anciennes erreurs (Légal, pro Christ, p. 26) ; on comprend, dis-je, qu'une telle répulsion, jusqu'à un certain point fondée, ait détourné longtemps les chrétiens de s'initier aux pratiques de l'art, et ail même déterminé les artistes convertis à la foi à abandonner une profession dont Texercice passé était pour eux une source de remords et un motif de pénitence. Pour peu que cette abstention se soit prolongée, le souvenir exact des traits du divin Rédempteur eut le temps de s'effacer de toutes les mémoires; et quand des idées plus calmes et plus saines succédèrent aux susceptibilités excessives du zèle, on dut invoquer des traditions flottantes et avoir recours à ces données vagues d'où sortent des types toujours plus ou moins arbitraires.

Il est certain néanmoins qu'un type tel quel, de convention, fut admis d'assez bonne heure. Étaitil déjà fixé du temps de Constantin? Tout ce que nous |>ouvons alTimier, sur le témoignage d'Eusèïe (//îjI. eccL vu. 18), c'est qu'il existait dés iors des portraits du Christ. 11 semble résulter du texte de S. Augustin, cité plus haut, que, cent ans environ après l'époque dont nous parlons, il était encore loisible aux arli&tes de donner liLre carrière à leur fantaisie, et d'introduire dans ces images d'innombrables variétés de physionomie : Dominicœ faciès camis innumerabilitim cogitaiionum divertiiale variaiur et (ingitur.

Cependant, au deuxième siècle, si l'on admet le jugement de quelques savants de premier ordre, entre autres du D' Labus (dans les Annal, de phiL ckrét, XII. 557), était peinte dans une diapeile du cimetière de Callisle (Bosio. p. 253) une image qui parait être le point de départ de cette forme biêra tique qui a traversé tous les siècles, et qui a inspiré le génie de Léonard de Vinci, de Raphaël, d'Annibal Carrache. Le Sauveur dés hommes y est représenté en buste à la manière des anciennes imagines clypeatœ des Romains; il s'y montre avec le visage de forme ovale, légèrement allongée, la physionomie grave, douce et mélancolique, la barbe courte et rare terminée en pointe, les cheveux séparés au milieu du front et retombant sur les épaules en deux longues masses bouclées, tel enfin qu'on peut le voir dans le dessin que nous en donnons ici. Si l'antiquité de celle image est

i^ien reconnue (et elle a pour elle le préjugé fa-

vorable qui place la plupart des fresques du ci* metière de Callisle à l'époque la plus rapprochéedu meilleur temps de l'art romain), il faudrait dire* que le goût des premiers chrétiens et de ceux des siècles suivants lui aurait donné la préférence sur les nombreuses variétés dont parle S. Augustin, parce que, mieux que toute autre, elle répondait à l'idéal que la piété primitive s'était créé de la physionomie du Sauveur, d'après le portrait moral qui ressort des pages inspirées de TÉvangile.

Quoi qu'il en soit, le type en question se retrouve dans les monuments de Tari, à travers toute la période byzantine; il est figuré sur cinq des principaux sarcophages du musée du Lalrao (Bottari. tav. xxi-xxv), dont le style et l'exécutioa appartiennent, selon Émeric David (Disc. hist.. p. 64-92), au siècle de Julien. Il est reproduit dans le baptistère du cimetière de Saint-Pontien (Bottari. xunetxuv), monument du temps du pape Hadrien I*% selon toute apparence; et Boldetti avait découvert au cimetière de Calliste une peinture toute semblable, mais qui périt quand on voulut la détacher de la muraille (Cimit. 21 et 64). 11 se reproduit dans les anciennes mosaïques de Rome et de Ravenne des quatrième, cinquième, sixième siècles et des suivants, à Sainte-Constance (Ciamp. De sacr. œdif. xxxn), à l'ancienne Yaticane et à l'ancienne confession de S. Pierre (Ibid. xiu et xiv), à Saint-André in Barbara [VeL Mon. I. Lxxvi), à l'église des Saints-Côme-et- Djmien (n. xvi), à Sainte-Praxède (n. xlvu), à Sainte-Agathe Majeure de Ravenne (i. xi.vi), à< Saint-Michel de la même ville (u. xvn), etc. Ënfia ce type, qui est dù,pens&4-on, aux artistes grecs,, après avoir traversé sans la moindre modification tout le moyen âge, passa aux premiers maitres de la Renaissance, et se révèle tout entier dans les peintures de Giotto (Raoul Rochelle, Disc, sur les typ. imit.j p. 50).

U. ~ Le type des traits du Rédempteur qui a. décidément prévalu étant, de l'aveu de touv purement conventionnel, la question de savoir si Jésus-Cbrist était beau ou laid reste toujours pendante. Comme nous l'ayons dit, les sentimentsdes Pères à cet égard étaient fort partagés. S. Juslin (Dialog. cum Tryph. 85-88, etc.) et S. Clément d'Alexandrie (Pofdag. l. m. c. i. — Stronu 1. m.) sont les premiers, croyons-nous, qui sesoient persuadés que le Christ, voulant être ea^ tout fidèle au rôle d*humiiiation qu'il avait en»— brassé pour la rédemption des hommes, avait dû revêtir des formes abjectes. Terluliien parait avoirpartage cette opinion (Adv. Jud, xiv), et, dans sa> logique souvent un peu paradoxale, il tirait de la* laideur supposée du Sauveur un argument en ùr^ veur de sa divinité (De carn. Chrisl. ix). Les- Pères du quatrième et du cinquième siècle fureai divisés. S. Grégoire de Nysse, S. Jérôme, S. Am-^ broise, 8. Augustin, S. Chrysostome, Théodoret (Y. Molan. Hisi, SS. imag. p. 405 et pauim) enseeî-gnérent la doctrine qui semble ressortir le pk» évidemment des livres saints, c'est-à-dire qae

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