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Notre- Seigneur charmait les hommes par la beaulé de ses traits, comme il les enlrahiait par le charme de sa parole : Specionu forma prœ filiit hominumy diffusa est graiia in labiis tuis (Ps, XLix. 3). Au contraire, S. Basile, S. Cyrille d'Alexandrie et d'autres encore s'attachèrent a:i sentiment de S. Justin, et soutinrent que, par humilité, Jésus-Christ avait voulu être laid, et même, selon S. Cyrille, le plus laid des enfants des hommes (V. Ém. David, Hist. de la peint., p. 26). L*Ëglse ne se prononça jamais sur cette question. Mais, sans affirmer que le Rédempteur fût doué de cette beauté humaine qui consiste dans une régularité et une harmonie parfaites des traits, il n*est pas permis de douter qu'il ne fût beau par l'expression de la physionomie, ce qui constitue la véritable beauté. El en eflet, si quelque chose dépouille le visage de l'homme de ce genre de beauté, ce ne peut être que le vice, c'est-à-dire la laidt ur morale qui s'y reflète nécessairement, et il est certain que Phomme ne connut cette laideur qu'après la chute originelle. Or Jésus-Christ étant la sainteté par essence, « l'éclat, dit S. Jérôme (In Maith. i. 9), et la majesté de la divinité cachée sous l'enveloppe de sa chair rayonnaient sur sa face humaine et y mettaient un charme qui attirait et subjuguait tous ceux qui avaient le bonheur de le contempler. > C'était à peu près aussi l'opinion d'Origène : < Peut-être, disait-il, manquait-il queltjue chose à la beauté du Sauveur, mais l'expression de son visage était noble et céleste (Contr, Cels. vi. 75). » Tout ceci revient à dire qu'il n'y a pas de laideur possible dans un corps habité par la divinité.
III. — Les images de Jésus- Christ appelées acheiropoièteSf c'est-à-dire qui passaient pour avoir été faites sans la participation de la luain de l'homme, ne peuvent être rangées parmi les œuvres d'art. Il n'y a pas de preuves qu elles aient été connues dans les premiers siècles, et on ne saurait dans aucun cas y rechercher les traces d'un type primitif. Celles de ces images qui ont acquis le plus de célébrité sont la Véronique, soit la face de notre Sauveur imprimée sur un linge qu'une sainte femme y avait appliqué (Molan. p. 40G) ; celle qui apparut miraculeusement, diton, au moment où S. Sylvestre consacrait la basilique de Saint -Jean de Latran, et se voit au sommet de la tribune ou abside de cette église (Cancellieri. Sacr. teste degli apost, Pietro e Paolo. p. vi); et entiii celle qui se conserve dans l'oratoire de Saint-Laurent prés de la même basilique (Marangoni, Orat, di S. Lorenzo, xxii). Ces vénérables monuments sont néanmoins depuis bien des siècles l'objet d'une dévotion très-fondée, et qui souvent fut récompensée pai des faveurs célestes accordées à la foi des fidèles de tout l'univers catholique.
La même incertitude, pour ne rien dire de plus, règne au sujet de la statue qui aurait été érigée par l'hémorroîsse, du portrait envoyé par Jésus-Christ même au roi Abg^re, etc.
Cependant le fait de l'existence d'images de Jésus-Christ, d'origine gnostique, au second siècle, ne saurait être contesté. Nous savons en effet par le témoignage de S. Irénée (Ado, hœret. 1. 1. c. 24) et de S. Augustin (De kœres. vu) qu une femme de la secte de Carpocrate, nommée Marcellina, faisait adorer à Rome, sous le pontificat d'Ânicet, une statue de Notre-Seigneur au milieu de celles de S. Paul, d'ilomàre et de Pythagore. Personne n'ignore que l'empereur Sévère-Alexandre, un siècle plus tard, rendait aussi dans sou laraire un culte au Dieu des chrétiens dont le simulacre s'y trouvait en compagnie de ceux d'Abrabim, d'Orphée, d'Apollonius de Tyane (Lamprid. h Alex, Sev, hxvl). Ces images étaient probablement modelées sur celles qui circulaient parmi les gnostiques aux deuxième et troisième siècles, lue pierre basilidienne, que Raoul -Uochette croit être à peu près de cette époque (Discours surUiijjp. imit.y p. 21), pourrait peut-être nous donner une idée du modèle adopté par ces sectaires. Mais nous devons faire observer que cette figure dilTêre cs!^entiellement du type traditionnel du cimetière de Calliste, forme décidément calliolique, et qui puise, selon nous, une grande autorité àm sa conformité presque complète avec un portrait sur ivoire dont nous donnons ici un dessin d'après une empreinte q ue nous avons prise au musée chrétien du Vatica n ; ce deniier monument est, au jugement du chevalier De* itossi, de toutes les images du Sauveur, tracées d'après le type traditionnel et trouvées dans les catacombes, li plus incontestablement aritique.
IV. — On trouvera, dans ce Dictionnaire, «d grand nombre d'articles spéciaux sur chacun des événements, des miracles surtout, qui ont marque l'existence de l'Homme-Dieu sur la terre, et qui ont été représentés par les arts d'imitation dans l'antiquité chrétienne. Le présent article n'admettra donc que des notions générales s'appli* quant à la personne du Sauveur dans toutes les positions et dans toutes les classes de monuments.
!• Notre-Seigneur est habituellement r^résente jeune et imberbe, ce qui est une allusion « ^ "*] ture divine qui n'est point soumise aux vicissitudes du temps : Non est tranmutatio, nec vicissUttdimt obumbrutio (Jac. vxn) i il parait surtout ainsi (pm il opère quelque miracle, parce que c'est alow qu"
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fait acte de divinité, en se montrant maître de la nature. Quand, au contraire, il enseigne ses apôlres, il est figuré dans la maturité de Tàge, atec de la barbe, ce qui convient à qui possède en propre la plénitude du vrai et le communique aux autres. Telle est une fresque (Boltari. cxl) où on le voit assis, ayant à ses pieds deux cassettes pleines de volumes, qui ne sont autres que les livres de TÂncien et du Nouveau Testament. Celle intention est surtout manifeste qunnd il est représHilé disputant dans le temple avec les docteurs de la loi ; car bien que, à Tépoque où ce fait eut lieu, il n'eût que douze ans, la taille que lui donnent les artistes n'est pas inférieure à celle des autres figures qui Fentourent (Boltari. xv. xxviu. in.cxtvi. — Perret, i. pi. l. — Admirable fresque trouvée en 1849), parce que dans un âge tendre selon la chair il était adulte et même mûr pour la sagesse, et maître des maîtres. Sedulius a exprimé cette pensée dans de beaux vers (Op, ptttck. I. n. vers 154), que nous avons cités à Tarlide Enfant Jésus. Notre-Seigneur enseignant a ordinairement sous les pieds un escabeau, suppedaneum (Bottari. cxlvi), mnrque d*honncur etd'autorilé (V. Tart. Suppedaneum. — V. les gravures de lart. £jf/im < Jésus, p. 277-278).
2» Uéme dans les monuments où le type traditionnel n'est pas pleinement respecté, les cheveux sont communément longs, divisés sur le froi.t, boudés aux extrémités (Bottari. cliii. — Bnonar. tav. n. 1. — Aringhi. p. 689). Une ancienne Ira- ^ilion dont Théodore le Lecteur est Torgane au sixième siècle (ap. du Cange. hfer. œvi numitm, D- 28) portait qu'il avait les cheveux un peu rares cl ondulés. La tête est presque toujours nue; sur quelques sarcophages seulement, il porte une espèce de béret , mais plus petit que celui dont ^es Juifs sont coiffés dans ces sculptures de tombaux (V. Tart. Juifs sur les sarcophages), et collant sur le derrière de la tète comme une calotle 'Bottari. xxxii). Une seule fois à noire connaissance (Boliari. XXXI. 1), il est coiffé dun bcret très-plat, couvrant le sommet de la tète. C'est peut-être le inanque d'espace, sous la corniche du sarcophage, qui a obligé le sculpteur à aplatir ainsi celte coiffure. Dès avant Constantin on voit de temps en temps la tète de Notre-Seigneur ornée du nimbe. Cet insigne lui est attribué plus fréquemment au temps de cet empereur, et toujours depuis ; au sixième siècle, pour distinguer le Sauveur d'avec [^ anges et les saints auxquels, à cette même «poquc, les honneurs du nimbe furent aussi dé- <*més, on traça au dedans du sien la croix ou te monogramme (V. l'art, mmhe).
5* Toutes les fois que Notre-Seigneur opère une cUérison, celle du paralytique par exemple, celle ^ l'aveugle ou de l'hèmorroïsse, etc., il est représenté plus grand que ces divers personna.ires, pour 'ïîarquer sa supériorité. Il en est de même sur ^^rtains sarcophages bisomes où deux époux sont debout à ses côtés ou prosternés à ses pieds (Bot- '^ri. xxnn et passim). C'était l'usage dans Tanli-
quité, comme on le peut voir dans un bas-relief qui existe à Capoue (Nabillon. Ilerltal. 1. 103), et où Tarchitecte est figuré dans des proportions très-inférieures à celles de la divinité qui est près de lui ; ceci s'observe aussi dans beaucoup d'autres monuments. Sur les parles de la basilique de Saint-Paul, Notre-Seigneur ressuscité paraît beaucoup plus grand que nature, sans doute pour marquer que son corps est transformé et glorieux (Ciampini. Vet. mon. i. xvin. 21).
4* Notre-Seigneur a quelquefois un globe sous les pieds, pour montrer son empire sur l'univers ou son exaltation dans le ciel (Buonarruoti. xvn. 1). Ailleurs il est assis sur ce même globe, comme par exemple dans plusieurs des sujets du bas-relief du fameux diptyque de la cathédrale de Milan (Bugati. Mem, di S. Celso. in fin.), et dans un grand nombre de mosaïques antiques (V. Ciampini. VeL mon, i. 270. lab. vn. — ii. 68. lab. xix, et p. 193. lab. xxviii. — V. à l'art. Pierre (S.) une gravure où le Sauveur est assis sur un globe au milieu de ses apôtres). D'autres fois, il est accompagné de deux anges, pour attester, contre les ariens, la consuhstantialité du Verbe, auquel sont dus les honneurs divins (Y. Dittico di Rambona. ap. Buonarr. p. 260. V. aussi Ciampini. Yet, mon, I. lab. n, et notre art. Anges). Ailleurs, le buste de Notre-Seigneur dans un disque, comme les imagines clypeaiœ (Y. ce mol), est soutenu par deux anges (Buonarr. 202), comme sur un ancien diptyque et dans la mosaïque du grand arc de Snint-Paul à Rome (Ciampini. Vet. mon, i. tab. Lxvni).
5* Nos monuments antiques donnent encore à Notre-Sauveur d'autres attributs d'autorité et de puissance : et d'abord la verge qu'il porte souvent à la main, et qui est, selon Eusèbe [Serm, c. 2), c l'insigne de sa royauté et de son pouvoir de discipline, » regni tignificatio, tel correptio disci" plinœ: eWe eA aussi Tinsigne de la puissance sacerdotale (Durant. Ration, div, off, ni. 15) et celui de la doctrine, stlon Cassiodore (Gloss, in Exod, vil) : Per virgam doclrina significatur. Hais comme c'est surtout quand il opère des miracles qu'il a la verge à la main (résurrection de Lazare, changement de l'eau en vin, multiplication des pains, etc.), elle est le plus ordinairement la marque du pouvoir absolu que son Père lui a donné sur toutes les créatures.
Nous devons mentionner en second lieu le volume qu'il présente déroulé à S. Pierre, pour montrer d'abord que c'est à l'Agneau qu'il a été donné d'ouvrir le livre des prophéties de la loi ancienne accomplies en sa personne [Apoc. v. 9), et ensuite qu'il était appelé à expliquer à ses apôtres le sens de cette même loi resté clos jusqu'à sa venue : Aperuit sensum, ut intelligerent Scripturas (Luc. xxiv). La tradition de ce volume déroulé au prince des apôtres était aussi l'emblème des pouvoirs souverains qu'il lui déléguait pour gouverner son Église. Le fait se trouve figuré dans les monuments de tout genre et en particulier dans quel-
ques fonds de lasses comme celai que nous mpltons ici sous les yeux du lecleur (Garrucci. Velri. X. S. — Y. aussi l'art. Pierre [S.\ H S. Paul, H, S-).
Dans d autres monuments les terres dorés sur tout il est figuré dans de petites proportions «ouronmntS Pierre -et S. Paul (Buonarr.
X..) ou d'autres saints (xx-iiui, etc.), ou deux époux (Garrucci. ixvn.4. iiii.
d. 3. Ô'.ct notre art.
Hariage.Uy.et alors il a ordinairement sous les pieds un volume dérouté (Hin. 7). La puissance de la doctrine est admirablement exprimée par le Iragment de bas-relief du cimetière de Sainte-Agnès que nous mettons ici sous les jeux du lecleur (Bottari. cxxxti). Le divin Mallre fdii de la main droite le geste oratoire bien connu, il tient de la gauche un livre, codex, ouvert, et une ciste ou la-inium à anse, pleine de volumes, est
-déposée à ses pieds. Le Tolume seul ou en nomiire est de temps en temps employé comme per-
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sonniflcation de Notre-^igneur sous l'emblèiM de son Evangile (Garnicrï. Vetri. un. %i). Jésus- Christ est remplacé quelquefois aussi par son m*nogramme (IloUari. xxx. — Gamicci.ii. S-i.elc.) ou même par une fleur dans une couronne [Id. m. 3 4 etc).
Voici une belle fresque du draeliére de Sainl» Agnès (Bosio. Roma toi. p. 453. — l'errcl. vol. n 61 m), représentant Solre-Selgneur imbertic (arconstance exceptionnelle) ioslruisint ises <liiciples six personnages seulement Ggurenl le collège apostolique.
6* L intervention anticipée du Fils de Difu a trouve quelqueibis exprimée dans la représtnlition de certains failsderAncieaTeslamenl. Ainsi. par exemple, on voit d,ins un verre doré (Camicd, m lo) le Sauveur derrière Daniel quldoiintk pAlee au dragon ; Daniel sereloume vers lui, para q e du Fils de Dieu dont il est Li ligure il aliead toute sa force en celle circonstance contre ledngon babjlonienqui est la ligure du serpent inlenil vamcu par Jésus-Uirist ; sur quelques sarcsplij^» oùsonimisïnscéiie les jeunes li«lwDi .
dans la lourniisr (Bottari. un. m'.
sujet très-conuBon dansnosmoDuriHils antiques, on personnage se tint debMl prèsdebrnimai», bénissant dont
veut! faisant «g geste de commandement, et de l'autre teoiDl un volume roulé. C'est encore le Fils de Dieu qui. selon lianiel (m. 93), vient rompre les liens àa trois martyrs et neutraliser l'ardeur du Teupirio vent frais et une douce rosée (ï. les gratiireJ' larl. Hébreux [let jetmet] dont la faurmiiu]- ton* un diptyque du cinquième siècle donné p;irliwi [Tbeiaur. diptgch. I. m. tab. vm), le Fils ikKN. au lien de la main nue. étend sa croit sor Ia flammes, circonstance qui ne hisse aucun Mi au sujet de l'altribulion du personnage.
!• Lesarlisles ont eu souvent Fingéiiiense iw de substituer la personne même du Sauwo''*'' personnages de l'Ancien Testament qui êlw»"* ligures, afin de faciliter l'inlelligence del'anpp"*- ' Aitisi Moïse frappant le roclier, qui est (if<lii[": remnil mis pour S. Pierre (V. l'art. P'"« .' et S. Paul. IV, *•), est de lemps en temp*. 1* i exception, figuré sous les traits de Nolre-Seigi"* I (Garrucci. lav, ii. 10), et quelquessarroptBilKf*présentent avec une parfaite ressemblance M™« fraisant le rocher i l'une des eitrèmilés de Ni . fiiçad.; principale, et i l'auire bout Jèsus-Oitiil | ressuscitant Laiare. Notre-Seigncurse IrouwJi^ parfois substitué i Abraham sacrifiant son BB , (Id. u. 8).Car Abraliamesi aussi la figure de Je- j sus-Chrisi, dans ce sens qu'à l'un comme a I aulw | il a été dit : « Je te donnerai les nations pour h-'"-
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