V. — Nous arons traité dans ce Dictionnaire de
^^is ceux des symboles de notre Sauveur que
'antiquité a reproduits par les arts d'imitation.
^ous terminerons ce travail par la nomenclature
'^ilribuée à S. Damase (Carm, vi. in Patrolog,
'^'igne. t. xni. col. 378) des noms symboliques ou
^^ires, sous lesquels Notre-Seigneur a été désigné
^ ans les saintes Écritures :
Spes, Via. Vi(a, Salas. Ratio. SapienUa, Lumen.
Judex, Porta. Gigas. Rex, Gemma, Propheta, Sacerdos,
Uessias. Zebaot, Itabbi, Sponsus, Mediator.
Virga, Colurana, Manus, Petra, Filius, Eminanuelque,
Vinea, Pastor. Ovis, Pax. Radix. Vitis. Oliva.
Fons, Paries, Agnus, Vilultis, Léo, Propitiator,
Verbum, flomo, Itete, Laiùs, Domus, omnia Christas-Jesus.
Il y a dans V Anthologie grecque (lib. i) deux petits poèmes qui ont servi de modèle à celui-ci. l^t S. Damase les a peut-être même surpassés ; car en sept vers il a renfermé, sans une syllabe redondante, toutes les appellations par lesquelles les prophètes et les apôtres ont caractérisé le Verbe fait chair.
L'œuvre du pape Dama.«e a été imitée au cinquième siècle par le poète Orientius : De epilhetis Salvaioiis noêln; cet auteur a de plus donné Texplication de tous les noms du Sauveur : Explanalio nominum Donûni (Thetaur. anecdoi. Mari, t. v, p. 43). Il est à remarquer que les plus beaux génies de Tantiquité se sont exercés sur ce sujet, qui offre tant d'attraits à la piété. Il a fourni no* tamment à S. Denys TAréopagite le texte d'un livre spécial.
JEU (tables db), iabulœ lusoriœ. — Les tombeaux antiques ont présenté assez souvent les divers instruments de jeu propres à tous les ^es de la vie. En outre du motif général qui faisait renfermer dans la tombe les objets aimés de la personne défunte pendant sa vie, c'était une pensée familière aux anciens que de comparer la vie humaine au jeu de dés On retrouve cette pensée à travers toute l'antiquité grecque et romaine, dans les écrits des philosophes comme dans les pièces de théâtre (Y. Raoul Rochelte. Mém, de l Académie de$ inecripiione et beHeê-leUtrès, t. xui, p. 634).
Mais parmi les instruments de jeu à l'usage des hommes de tout âge et de toute condition, ceux qui se rencontrent plus fréquemment dans les tombeaux grecs et romains de la Campanie sont les osselets et surtout les dés, tali, tesserœ, presque toujours en ivoire, souvent aussi en os, avec le cornet, pyrgus, fretillus, turicula, orca, pyxidula, servant à les jeter sur la « table à jouer • , irXtvOtov, iabella lusoria. Ce cornet est habituellement d'ivoire, et la table de marbre.
On possède \m certain nombre de ces tables de jeu, avec des inscriptions qui ne laissent aucun doute sur leur attribution; et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'elles ont été trouvées dans divers cimetières chrétiens de Rome, oii elles étaient employées, comme tant d'autres marbres antiques, à clore une niche sépulcrale. L'une de ces tables, tirée du cimetière de Basil la, se voit au musée Kircher et elle a été publiée d'abord par le P. Lupi (Dissert...» in nuper invent. Sev. M. epitaph. p. 57. tab. IX. n. 6). En voici la reproduction.
L'inscription, qui était tournée en dedans du tombeau comme pour tous les marbres opisthographes, se traduit aisément : « Tu as perdu, lève-toi.
— Tu ne sais pas jouer ; — Pais place au (vrai) 1 II en eiiale une seconde, tirée du dmetijre de joueur, > ncTTï LESiTi |{ lvdehi sescu |{ ai ltsori Sainte-Agnès, el qu'a publiée Boldetli (p. 4(9]. LOcv. I Void rinscriplioD : dokirb fbitu ||d^iiiiiifq||
9VICTV5
/ ^"«^Olebate^
L1DEHE TJBTLA, • Sclgneut, mOH frère, jouons toujours gaiement surcetle lable. ■ Boldelli a approché de cet ohjel un pgrguê qui a élé IrouTé ailleurs, mais qui représente celui qui a dû sertir pour ce jeu. Nous en ~ donnons id h coupe
inlérieure, divisée en trois seclions en ressaut, au moyen desquelles on voulait éviter loule fraude dans le jrt des dés; deux dés se voient au fond du cornet.
Une Iroisième lable de même nature, tirée du musée Capponi, se Irouve reproduite dans le grand recueil de Kuratori (i. dcwi. 3), et elle porte une acclamation à peu prés identique i ta précédente : «ekpsii in aille {>ic) Il WBTLi HiURB II LïDtiva Awci, « Toujours sur cette Uble, jouons gaiement, mes
La quatrième, recueillie au cimetière de Calliste, a élé donnée par Marangoni {Ad. S. Yiclorin. in Append. p. 140). Les paroles qu'elle r<iil lire, hien qu'évidemment relatives au jeu. sont difficiles a interpréter.
La cinquième est de provenance incert.->ine. Le cardinal Passionei {Intcr. ant. Append. p. 176) a Iranscrit austi une inscription de lable de jeu que H. Raoul Rochelle cite comme nouvelle, mais qui n'est autre, pensons-nous, que celle du monument du musée hircher, inejaclemenl copiée.
Tous ces objels ayant été recueillis dans des sépultures chrétiennes, on peut naturellement supposer qu'ils furent à l'usage de personnes appartenant au christianisme. Rien, dans ces t.ibles de jeu, ni dans leurs légendes, ne répugne l> une tel'e attribution. Nous savons d'ailleurs que des chrétiens exercèrent la profession de fabricants de dés à jouer et de divers objets de cette nature
(V. l'art. ProftuioM exereiet par Iti prenant ehrititnt).
JEÛlVe. — La loi du jeune dans l'Église diritienne est aussi ancienne que l'Église elle-m^. Elle découlait nsturellemenl de l'exemple ddrsn!- Clirisl {Matth. iv. <!] et des apUres (Jet. iio. uil. ainsi que du précepte général de la péaileiict. si souvent inculqué par le S.iuveur; elle fut inspira par la nécessité ou est le chrétien. Iiomtnt surnaturalisé et céleste, de réduire son cor]H en seiïitude (1 Cor. ii. 27), de vaincre ses appétits, sources principales de toutes les maunisH posions, afin que, dégagée de ces entrâtes, l'ime puisse librement s'élever à Dieu (I Cor. m ^1-
Les jeûnes de rË^lise se rapportent s trois cbefi principaux : le ciirëme, les vigiles, Its quir»-
I. — 1* Les plus anciens l'éres des deut Ëgléts. entre autres Terlullien {Adv. Ptynkic), S. Hphane (Expoàl. jU.), S. Augustin (Efia.^.H Jan. n. 28}. S. Jér«me (I. it Contr. Jm. Epiiii' Ad MarcelL), S. Léon pape (&rm. luii. SI, f enseigné que les apùlres avaient institué un jeùM solennel de quarante jours pour imiter le jeiineili' Hoise (Exod. xiiiv. 28), celui d'Ëlie [IBeg m.% et celui de Noire-Seigneur Jésus-Christ, t*^' trouvons-nous fréquemment chei les Latins le nvl de qaadragtgima, dont nous avons fait ttiM. comme celui de Ttooipaxtair chei les Grecs, rt notamment dans les actes des conciiss de ■''i"* [i. can. 5) et de Laodicée (can. l). C'est <toM» tort que Baillel, dans son histoire du M*"? [Opp. I. iilit. Lugd.), avance que le jeune qui*"" gésimal n'était pas encore pratiqué dans toute !« Églises au quatrième siècle. S. Basile [Omi- n)^ S. Grégoire de lïjsse {Opp. n. edil. Paris.) afiinoenl que de leur temps il existait partout : fl« i«p^ per univerium lerrarum orbem denuaeialur jfji'* prœconium. Hais nous avons à cet égard an lemoignage plus prédeui encore : c'est «lui * S. Uippolyle, qui dans son cycle pascal, que M' le monde peut lire aujourd'hui encore sur le ^"î*
JEUN
JEUN
diC sa stalue déposée au musée du Latran, constate l'flisage établi de toute antiquité de rompre le j^ûne quadragésima] les dimanches : Solvere oporteHjfjunhan ubi domimca incident. Nous donnons c^^ paroles en latin pour en Taciliter Tintelligence aai commun des lecteurs.
î* Dans la primitive Église, la discipline du
jeûne était d'une grande sévérité ; car elle n'ad-
mellait pas même Tusage de Teau, an dire de
T^riullien (De jejvn. vi). II est vrai que Tertullien
était déjà montanisle quand il composa son Traité
du jeûne; mais son témoignage en ceci est d*accord
avpc d'autres autorités non suspectes. Ainsi, dans
son hymne sur Frucluosus, Prudence nous apprend
que ce martyr refusa un verre d*eau que ses frères
lui avaient apporté pour le rafraîchir; et le motif
de son refus était que c'était un jour de jeûne, et
que rhetire de none n'avait pas sonné :
Jejunamus.... recuso potum, Nondum nona diem resolvil hora.
Les malades seuls obtenaient la permission de rompre le jeûne par un peu d'eau fraîche : c*est S. Jérôme qui nous révèle cette exception {EpisL ad Eiulach'),
Ce n'est donc qu'à l'heure de none, c'est-à-dire à trois heures après midi, que le jeûne était rompu, et on ne faisait pas d'autre repas que celni-là. Mais quels étaient les aliments dont on usait ? Les ConslUuiions apostoliques vont noas l'apprendre (v. 17) : c Vous devez jeûner, en usant seulement de pain et de légumes, et vous abstenant de vin et de viande. » Telle parait avoir été à peu prés pailout la discipline primitive. Au quatrième siècle, l'usage des fruits secs fut admis chez les Grecs ; mais on n'alla pas plus loin, car le concile de Laodicée (can. l) prescrivit la xéro^ phagie^ c est-à-dire les aliments secs pour toute la durée du carême: Oportet totam quadragesimam jejunare, xerophagia utenies. Ce mot est composé de deux vocables grecs : $«po;, sec et (pa^iîv, manger. Hais Fusage de la xérophagie était beaucoup plus ancien dans l'Église latine; Tertullien atteste {Ibid. i) qu'elle y existait déjà au deuxième siècle. Néanmoins celte discipline a duré plus longtemps chez les Grecs, puisque, si Ton en croit fialsamon [In can. xiv concil. Âncyr.)^ dans certains lieux de TÉglise orientale, on en était encore, au douzième siècle, aux légumes et aux fruits secs. Les Latins, au contraire, dès le septième siècle, avaient abandonné la xérophagie; ils commencèrent même dès lors à manger nonseulement des légumes cuits, mais du poisson, et quelquefois même des oiseaux aquatiques, usage qui ne tarda pas à s'établir chez les Orientaux, au témoignage de l'historien Socrate (Hist. eccl. II. 7).
3* Le jeûne quadragésimal ne fut pas, dès l'origine de l'Église, observé constamment dans le même temps. Ainsi, aux deuxième et troisième siècles, il commençait le lundi de la Quinquagé-
sime, et n'allait que jusqu'au jeudi de la semainie sainte, excepté les samedis et les dimanches, principalement chez les Orientaux. Quelques autres pensent qu'au quatrième siècle, à Rome surtout et dans certaines autres Églises des Latins, on ne jeûnait pas le jeudi, et cela pendant tout le carême ; ils se fondent sur un décret du pape Melchiade qui, pour compléter le jeûne des quarante jours, y ajouta la semaine de la Sezagésime. L'origine de la Septuagésime est attribuée aux Grecs, qui, ayant supprimé, à l'exemple des L^ttins, le jeûne du jeudi, auraient été ainsi amenés à ajouter au carême une autre semaine, c'est-à-dire celle de la Septuagésime. Mais ce qui est hors de doute, c'est qu'au quatrième siècle les Pères du concile de Laodicée décrétèrent que le jeûne quadragésimal commencerait le lundi après le dimanche de la Qiiadragésime jusqu'au samedi saint [Décret. Gra* tian. cap. Non liceat. vu. Deconsecr. dist. 3). Estce aux Grecs que les Latins ont emprunté cette discipline? Nous savons pour le sûr que S. Grégoire le Grand passe communément pour être Fauteur de celle que nous suivons aujourd'hui encore, et qui consiste à commencer le jeûne le mercredi de 1.1 Quinquagésime.
D*un autre côté, il résulte clairement des écrits de ce pontife que, de son temps, le carême commençait encore le dimanche, et non le mercredi précèdent. Voici ses paroles : < Il me reste, dit-il [Homil. XVI in Matth.), à vous expliquer encore quelque chose au sujet du temps du carême. A partir de ce jour (c'était le dimanche, comme il parait par l'évangile qu'il commente, et qui est encore celui que nous lisons le premier dimanche de carême) jusqu'aux joies de la solennité pascale nous avons six semaines : ce qui fait quarantedeux jours. Or, comme nous en soustrayons six à Tabstinence, il ne reste plus que trente-six jours de jeûne. » Cette discipline persévéra jusqu'au neuvième siècle, témoin Amalaire (De div. offic. i. 7), qui atteste que de son temps on ne jeûnait que trente-six jours à Rome. Les Pères du huitième concile de Tolède supposent que telle était alors la coutume de toutes les Églises de l'Occident qui, s'associant aux vues mystiques de S. Grégoire et d'autres Pères des premiers siècles, regardaient le carême comme les dîmes ou décimes de toute Tannée. On trouve une ingénieuse explication de celte pensée dans S. Isidore de Séy'iWe (De eccl. off. I. 3(3). C'est du onzième siècle seulement que date la discipline d'après laquelle le jeûne du carême s'ouvre le mercredi avant le premier dimanche ; ces quatre jours parfont la quarantaine. Parmi les Églises occidentales, celle de Nilan est la seule qui, par suite de l'attachement qu'elle professe pour les usages de l'antiquité, ne commence le jeûne que le lundi après le premier dimanche de carême.
4* Nous avons dit précédemment que, pendant toute la durée du carême, les Orientaux exceptaient du jeûne les dimanches et les samedis. Ils avaient peut-être l'intention d'imiter ainsi les saints de l'ancienne loi; car nous voyons que
JEDN
JEUN
•« Judith (cap. viii) jeûnait fous les jours.... sauf les sabbats, et les néoménies et les fêles de la maison d*Israêl. » Cest pour cela que toutes les Ëglises, tant orientales qu'occidentales, adoptèrent l'usage de lie pas célébrer de fêles de saints les jours de jeûne. Ainsi, les Pérès de Laodicée décrétèrent (can. iixi) qu'il ne fallait pas a fêler les natales des martyrs en carême, mais faire les commémorations des SS. martyrs les samedis et les dimanches. » C'est en vertu de cette règle que les Litins l'envoyèrent à une autre saison la fête de VAnnori' dation qui, dans l'ordre du temps, tombait en plein carême (Concil. Tolet, x. i); et, pour la même raison, les Grecs, qui ne voulurent pas transférer celle fêle, ne jeûnaient pas le jour où elle se trouvait. Quoi qu'il en soit, l'usage de ne jeûner ni le samedi ni le dimanche parait s'être maintenu cliez les Latins jusqu'au sixième siècle ; car c'est alors que les conciles décrètent partout que le dimanche sera désormais seul excepté (Concil. Agath. c. xn. Âurelian, iv. 2). Les Orientaux ont conservé l'ancienne discipline.
II. — Le jeûne dit des quatre-temps, quatuor iempesiatum, remonte aussi à la plus haute antiquité, car, comme son origine se perd dans la nuit des âges, une règle de critique dont S. Augustin est le premier auteur, autorise à le regârder comme d'institution apostolique. Or il est vraisemblable que les apôtres en empruntèrent la pensée et le type à la loi mosaïque ; car on sait que les Juifs avaient un jeûné dans le quatrième mois, comme dans le cinquième, le septième et le dixième. On l'appelle jeûne des quatre-temps, parce que nous sanctifions chacune des quatre saisons de l'année par un jeûne de trois jours.
Cependant autrefois ces jeûnes n'avaient pas lieu les mêmes jours que de notre temps. La discipline variait beaucoup à cet égard selon les lieux, comme Fatlesle S. Isidore de Séville (Deoffic. div. I. 37). Il ne parait pas que la discipline telle que nous l'observons aujourd'hui ait été fixée avant le onzième siècle ; elle le fut bien certainement après le concile de Clermont, tenu, comme on sait, sous le pontificat d'Urbain H.
III. — Des jeûnes des vigiles et des stations. Le jour qui précède une fêle de l'É-Iise s'appelle la vigile de celte fête. Ce nom vient évidemment de Tanliquc discipline, en vertu de laquelle les fidèles s'assemblaient à l'église le jour qui précédait une fête, et passaient toute la nuit dans l'exercice de la liturgie psalmodique; ce qui avait lieu surtout quand il s'agissait d'une fête de martyr. Vo'xi un précieux passage de S. Basile sur ce sujet (HomiL xni Inpsalm. 1U) : « Déjà depuis le milieu de la nuit, réunis dans le saint temple du martyr, louant par des hymnes le Dieu des martyrs, vous avez persévéré jusqu'au jour, attendant mon arrivée. » On voit par là que les chrétiens consacraient à la psalmodie la nuit tout entière, sans prendre de sommeil. C'est pour cela qu'on donna le nom de vigile à ce jeûne qui, commençant après l'heure de
vêpres, ne se terminait qu'avec la liturgie mystique et la réception de l'eucharistie.
Ce jeûne s'appela quelquefois station, parte que la visit<; ou station qui se faisait au tornbeaa des martyrs emportait avec elle le jeône : c'est pour cela que le mot de station fut quelquefois pris par les Pères comme équivalent de jeûne (Tertull. De anima, xxiv). Mais lorsque les slatloos étaient fixées au dimanche ou à d'autres joui^, dans la matinée, elles n'emportaient plus déjeune avec elles. C'est donc à tort, pensons-nous, que lluguet établit une distinction entre la station aie jeûne (Conférences^ 1. 1, p. 117) ; car il est érident que la station n'emportait le jeûne que quand elle avait lieu la nuit, comme celle qui se faisait aux vigiles des martyrs. Or, comme la vigile supposait toujours le jeûne, auquel on ne pouvait vaquer au jour de dimanche (car jeûner le dimanche était uq scandale, dit S. Augustin. Epist, uxxti), si une vigile se rencontrait le dimanclie, le jeûne se faisait le samedi, selon l'ancienne discipline.
IV. — L'essentiel du jeûne consiste à ne faire qu'un seul repas. Qu'il en fût ainsi dans la primitive Église, principalement dans les Ëglises occidentales, c'est ce que nous apprend Cassiodore (Comm. in psalm. xiv) : Antiquis moterattmà cibum suntere. Or cet usage découlait de la manière de vivre des anciens, qui, bien qu'ils consacrassent la journée aux travaux de l'agriculture, ne prenaient cependant leur nourriture que le soir. Salvien rappelle en ces termes ces antiques mœurs : « Est-ce que les anciens supportaient avec douleur et gémissements celle vie parcimonieuse et agreste lorsqu'ils mangeaient de vils et rustiques aliments devant les mêmes foyers où ils les avaient cuits, et qu'il ne leur était pas permis de prendre cette nourriture avant le soir ?» De ces vieilles coutumes, il resta aux Romains eux-mêmes et aui autres peuples cultivateurs la pratique de ne faire qu'un seul repas proprement dit, qui était un souper, vers le coucher du soleil. Celui qui aurait fait son repas vers le milieu du jour élait noté par les censeurs, et nous voyons Cicéron (m In Yerrem) censurer Verres de ce qu'il donnait le jour aux plaisirs de la fable, et la nuit à des désordres plus répréhensibles encore.
Cependant ceci ne doit s'entendre que du repas proprement dit, car les anciens avaient coutume de prendre quelque nourriture, pour soutenir leurs forces, dans le courant de la journée, à midi ou à d'autres heures ; mais on se contentait alors de ce qui tombait sous la main ; c'était ce qu'on appelait prendere, manger, comme nous disons vulgairement, t sur le pouce. » C'est ce que fait entendre Festus (In epist, Senecœ lxxxiu) : Praadicula antiqui dicebant, quod scilicet medio dit caperetur. Aussi ce repas supplémentaire était-»' pris debout, comme Suétone nous l'apprend d'Auguste (In ^Iff^ust. Lixvm). On prenait aussi, dans le courant de la jouniée, un jeniaculum, «spe« de potage qui se buvait plutôt qu'il ne se mang^^'*» comme Dorléans le remarque pour les anciens
Ciulois. dans son commentaire sur Tacile {Annal. I. li), car alors t«s cuillers n'étaient pas encore connues.
Toole nourriture qui se prenait sait avant soit après midi, surtout par ceni qui traTaillaient des ouins, était désignée sous le nom ^nérique de Mertnda, repis de midi, mtridiei (Du Cange, Ctûf. UU. ad. fa. V. — flaut. A.nnar.). C'est donc i tort, on le Toil, que plusieurs écrivains ont avancé que les anciens ne mangeaient qu'une Tois par jixir : s'ils ne faisaient qu'un seul repas régulièrement servi ters le soir, ils prenaient de petites réfections durant la journée. Par ce qui précède, il est làcile de comprendre ce qu'était le jeiine des anciens cliréliens. Il n'admellait aucun de ces petits repas supplémentaires, mais seuleomit le repas du soir, emui. Hais quand lesmœui^ des Romains eurent commencé à s'amollir, ils adoptèrent communément le dîner de midi, et faisaient dans la journée deux repas réguliers. Et, en cela, les Romains avaient imité les Grecs, qui mangeaient I toute heure du jour. C'est pourquoi Plaiite appelle {Ibid.) pergnrcare lliabitude de manger souvent ; Jentando, meridiando, cornettando, pfrgraeando eilam ducere.
Depuis celle époque, peu 3 peu l'ancien usage de ne manger que vers le soir les jours de jeûne fut abandonné par les chrétiens eux-mêmes, et remplacé par le repas de midi : on se persuada qu'on pourrait ainsi satisfaire à la loi du jeune, pourvu qu'on s'absllnl de souper et do prendre de petites réfections dans la journée.
L'antique usage resta en vigueur pendant les trois premiers siècles-, mais il commença à céder graduellement vers le quatrième. Néanmoins, pendint les quatre premiers siècle», ce repas unique tsl loDJours désigné dans le langage des Pérès sous le nom de cana. souper (V. Aug. term, liii. De lemp. — Paulin, epitt. ixtï. Àd Àmand. — Amhr. l'a Beiatn.). Hais après ce terme, comme on faisait le repas à midi et qu'on ne pouvait guère aller linsi Jusqu'au lendemain à la même heure, peu à pM l'Ëglise toléra que tes Tidèles prissent après ^pres quelque nourriture ; mais on ne donna point à celte réfection le nom de souper, nom que son eiiguîlé ne pouvait admettre. On l'appela coliatkm. d'un terme emprunté aux moines : comme <eux-ci, aux jouD de jefïne, s'étaient mis vers le nième lem|>s à prendre un peu de vin et de pain, 01 T ajoutant quelquefois des fruits secs, pendant I) réunion, eollalio, qui avait lieu vers le soir pour tnlendre la lecture de l'Écriture et des Pèns. on transféra à cette légère réfection le nom *e la réunion elle-même, et laïques et prêtres, comme les moines eux-mêmes, ra)ipp|èrenl colta- H<»t{ExRegul.S. Bâtit, c. uu,et Reg. S.Bened. c. lui).
Il faut remarquer néanmoins que si, dès le cinquième siècle, ces refeetiuncuiœ furent accordées à la faiblesse humaine , les chrétiens ne se permirent jamais, jusqu'à l'époque des scolasliques, autre chose que la lén^liagie et une légère portion
de paifl et de vin. C'est alors seulement que le relâchement s'introduisit en cette matière et que bientAt il ne resta plus de la collation que le nom. 11 fallut que les conciles remissent en vigueur l'an^ tienne discipline.
JOB. — I. Dans les monumenls primitif, les peintures représentent ordinairemeul Job sur tin monceau de fumier, selon la Vulgale et les Septante : udent in ilerquilinio.
C'est ce que représente celte fresque du cimetière deCnllisle publiée par Busio et plus correctement par Perret (vol. I. pi. XXV). Les bas- reliefs, et en particulier celui du sarcophage de Junius Bassus (Bosio.
p. «. — Cf. Bot-
tari. tav. xv) qui reproduit la scène de la manière la plus complète, suivent le texte hébreu et placent Job sur la cendre.
Job est ordinairement revêtu d'une simple lunique, d'où sorlen' entièrement l'épaule et le bras droit; rarement il porte le paHium. En réduisant son vêtement à une si simple expression, les arlisles ont eu probablement en vue d'exprimer le profond avilissement où il était tombé du faite de la richesse, car cette manière de porter la tunique était propre aux esclaves et aux gens adonnés aux travaux pénibles : txpapillato brachio, dit Piaule {Mil. glor. iv. 4); quelquefois même on donnait aux esclaves une tunique qui n'avait que In manche gauche, afin qu'ils fussent toujours disposés au travail. Partout il est dans une attitude qui respire la tristesse et l'abattement : cela parait surtout dans la belle fresque du cimetière de Calliste reproduite ci-dessus; sa télé est inclinée, ses bras pendants, son œil plein de mélancolie. Le bas.retief du sarcophage de Junius Bassus que nous avons pris pour type et qui, avec un antre lomlwau encore inédit découvert récemment à Rome, est le seul monument de sculpture romaine ou même italienne reproduisant le type de Job, fait voir, devant lui, sa femme et un de ses amis qui étaient allés le visiter. La femme est vêtue de long comme les personnes de condition quand elles sont affligées. Klle tient à la main et dirige vers son mari un objet que Bottari suppose être un flabeltumoa éventail ou encore un miroir, ce qui nous paraît au moins fort douteux. Nous ne saurions non plus admettre avec le P. Garrucci {Hagioglypla. p. 69. note) que ce soil nn colum vitiarium avec lequel cette femme se dispose à frapper son mari. Il nous semble bien plus naturel de dire avec Severano (1. 11. c. 8. — Cf. Aringhi. lib. II. c. 10) que c'est un pain qu'elle lui présente au
boul d'un bdlon. De la main gauche, elle soulâre soiu son nei un pan de son Tètement, ifin de se préserver de la puanteur qui s'échappait des plaies de son malheureux époux, ou de ci-lle de son haleine qui, comme il s'en plaint lui-mCrne, él.iit devenue pour elle un objet de répugnance : Halitummeum uAorruif uxor mea (iii. 17). Un troisième personnage, qui n'csl aulre qu'un des amis de Job, se tient debout devant elle. Nous avons une
Tresquc des catacombes (Dottari. luv. xa] où iob, assis sur le fumier, tient à la main un ol'jet avec lequel il semble toucher sa jambe. C'est sans doute le fragment de poterie à l'aide duquel, selon le texte sacré (ii. S), il neltoie ses plaies : leita tantem radebat.
H. Edmond Le BlanI a publié, d'après un manuscrit de P^iresc [brochure in-K, l'ans, 1 860), la copie d'un bas-relief d'Arles représentant Job dans les mêmes conditions que le tombeau de Bassus, avec quelques différences néanmoins : la femme de iob ; est seule deviinC son mari; celui-ci, au lieu d'être as-sis sur le fumier traditionnel, occupe un pliant de forme antique, udei diautata, et enlin il repose son pied droit sur trois objets de forme g'obuleuse dont il nous parait difficile 'le déterminer la nature.
Nous avons lieu de croire que ce Ivpe, conforme â celui de lllalie, n'était pas celui auquel les artistes de la Gaule donnèrent la préférence. Ils en avaient adopté un autre, dont l'exemple le plus complet se trouve sur un sarcopbage du musée lapidaire de Lyon (n. 764) provenant de l'Ardéche. Job y est assis sur un monceau de pierres ou de fumier, velu d'une tunique et d'un court manle.iu ; il tient devant lui quelque chose comme un lolume déroulé. Devant lui, aune certaine distance, deux de ses amis, en costume de voyage, coiffés du béret pointillé, se le montrent du doigt et le regardent avec une expression de cruelle ironie (V. noire Explication d'un larcopkage chrétitn du Muiie lapidaire de Lyon, Hicon, lt'64, où le monument est gravé et illustré]. Plusieurs urnes du musée d'Arles, et notamment celle qui porte le n* 39, présentent une scène absolument semblable. Ce dernier ne diffère de celui de Lyon qu'en ce que les deux amis qui, comme ici, paraissent provoiguer Job par leurs reproches amers, sont placés, l'un devant lui et l'autre der-
ï — JOB
riére; un aulre lombeau (V. Hillin. Jffili de k Ft. xLvir. 1) ne fait voir qu'un seul ami, debout devant Job, dans l'attitude de l'alloculion.
II. — Le personnage de Job est représenté sur les monuments funéraires de l'aniiquilé chi»lienne comme figure de la résurrection de la chiir. C'est une chose dont (oui le monde convient, paru que les premiers chrétiens étaient convaincus qw Job avait annoncé ce rè>eil suprême plui clairement qu'aucun autre prophète. Voici le pasugc sur lequel cette conriction est fondée (lob. m. S5 seqq.) ; Sci'o qvod Redemptor nteia mil, et i» iton'uimo die de terra tvrrectunu tum; it rvtm cireumdabor pelle mea, et m came mta nitk Deum meum. Quem viiuntt tum ego et nm atiu; repotita ett kme ipei mea in «nu meo, « je siis que mon Rédempteur est vivant et que je ressusciterai au dernier Jour. Je serai de nouveau ret^lu de ma peau, et je verrat mon Dieu dans nu etuir. Je le verrai moi-même, et non un autre, et je le contemplerai de mes propres yeui : cette espérance repose dans mon si'in. • Ce leile n'est aulre qne la ver-ion faite par S. Jérôme sur I hébreu, en 403; et comme il exprime le ilo||n>eu- Iholique arec plus de clarté et de précision que les versions précédentes, il fut bientâl adopte par toutes les Églises latines. Il ne tarda même pua être introduit dans la prière liturgique. H Gpre, ï l'oflice des moris, dans les plus anciens manuscrits de VÀnliphonaire el du fleaponwrtûidt S. Grégoire le Grand, comme nous l'apprenomparune bienveillante communication des bénédiclics <le Solesmes : le premier mol est seul chansé: credo, pour icio, quod Retlemplor....
C'est aussi à dater de celte époque qiie tt même texle fait son apparition sur les lombeaui, où il tient la place des symboles figurés que l'inliquité employait pour rappeler la résurrecl>oa. Ainsi, a Verceil (V. Gaizera. lier. hem. f \H nous lisons, sur le sépulcre de l'évéqueS. Fli- .tien mort vers le milieu du sixième siècle, telle profession de foi, qui est mol h mot le leite de la Vulgale : scio qïh ae ||LKiiroR «ki«|| viirtn i>«»
PELLR Mlk ET || H CIRSE «• ; ^
>E0. Des inscriptions de FJaples et de Riniini 1^ reproduisent aussi, en substituant néannKiins CREDO à scro, el svscrrABiT ou sïscitavit as a s't- HECiviiï! sv(i(Muratori.l84l. v. ISflS- i-etc)-*" trouve a Rome des formules qui, sans transcnre exactement les paroles de Job, en soni éviiienimfnl inspirées. Ainsi, en l'an 493: aie. w. hm«-
0U1ESCET, LIVRMUA. OVIB. CREDinlT RlSmatOWn
(V. De' Rossi. i. n. SOI) el encore 1087).
Hais de ce que la version de S. Jérime, à f"»" de sa clarté, rendit tout à fait populaire l'içim» relative ii la valeur du lexte de Job comme pruphélie de la résurrection de la chair, il ne suit nullement que celle opinion n'existait pas ■vp>~ ravant dans l'Église. Observons d'abord que j» versions précédentes, el nolanmienl celle a»
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Septante et Tancienne italique qui en est la traduction littérale, exprimaient déjà ce dogme d'une manière très-nelle: Novi enim quia œiemui ei potens est qtd solutunu est me, in terra resuscitare pellem meam quœ portant hœc, < je sais, porte celte version, que celui qui doit me détruire est éternel, et qu*il doit ressusciter sur la terre ma peau (mon corps) qui a soufi'ert toutes ces clioses (tous ces maux) » Mais, sans nous engager d^ns une discussion de textes qui n*est point dans notre but, nous pouvons prouver, soit par les témoignages des Pères, soit p.ir celui des mcmuments figurés, que le célèbre passage fut toujours pris dans le sens que TÉglise catholique lui a constamment attribué depuis.
Parmi les docteurs de l'Église qui se sont prévalus du texte de Job pour Tobjet qui nous occupe, le plus rapproché de S. Jérôme dans Tordre des temps Cdt S. Ambroise. Voici ce que le grand €\éqae de Milan dit dans son traité sur la mort de £on frère Satyre (lib. n De fide resurr.) : « Que si le sa nt Job, ayant à essuyer toutes les injures et adversités de cette vie, sut les surmonter par la patience, ce^t qu'il se promettait, dans ta résurlection future, une compensation aux maux présents, espérance qu'il exprimait ainsi : Suscitabit -corpus meam hoc quod muîta mala passum est^ « Dieu ressuscitera ce mien corps qui a souffert c tous ces maux. » S. Ambroise cite encore dans le même sens le même texte, qui n'est autre, comme on voit, que celui des Septante, dans deux autres ouvrages, composés en 383 et 387 (De interpelL Job et David, et Comment, in psalm.
CUIII).
Dans sa dix-huitième catéchèse, consacrée au déreloppement de l'article du symbole Garnis resurredionem, S.Cyrille de Jérusalem fait, lui aussi, usage du texte en question comme preuve évidente de la résurrection : « Je sais.... celui qui doit rappeler sur la terre ma peau qui supporle les travaux présents, quœ istos labores exanilat. » Or il y a ici plus que rautorité du génie et de la science, il y a un texte d'enseignement ollûciel, renseignement de l'Église distribué en son nom à ceux qui se préparaient au baptême ; ce qui, pour le dire en passant, devait rendre vulgaire la preuve tirée de Job.
Sur la fin du premier siècle, vivait S. Clément Romain, disciple de S. Pierre, compagnon de £• Paul dans son apostolat, et pape à son tour, ^près avoir, dans sa première épitre aux Corinthiens, développé toutes les comparaisons que loamit la renaissance des choses de la nature, et donné même une poétique description de celle ^'u phénix (V. cette description à l'art. Phénix), ^ grand docteur, qui, selon S. Irénée (ni. 3), entendait encore retentir à ses oreilles la pré- ^ icatioQ des apôtres, en vient enfin aux preuves ^e la résurrection tirées de l'Écriture, et les con- ^^me toutes par le texte de Job, d'après les Sep- Vaiii^ : Et resuscitabis camem meam hanc, quœ '^^^ hœe perpeua est, • et vous ressuscitera
cette mienne chair, qui a enduré toutes ces misères » (Clem. Rom. Epist, ad Cor, i. c. 26. edit. Migne. col. 26G). Chacun sait l'autorité qui s'attache à un tel document, qui est tout ce que l'Église possède de plus imposant et de plus beau, après l'Écriture sainte. Cette lettre est citée avec une déférence sans restriction et un respect illimité par tous les grands hommes de l'antiquité chrétienne, par S. Denys de Corinthe qui vivait quatre-vingts ans après S. Clément (ap. Euseb. Hisl, cccL IV. c. ^3), par S. Irénée (loc, laud,), par S. Clément d'Alexandrie (Strom. 1. iv. p. 517), par Origène (lib. n De princip. c. 3). et par plusieurs écrivains postérieurs dont la série comble, et au delà, du moins par voie d'adhésion, la lacune qui existe, quant à la présente question, entre S. Cié«ment Romain et S. Cyrille de Jérusalem.
Les monuments figurés viennent à leur tour attester la valeur qui fut toujours attribuée pendant les quatre premiers siècles au type de Job. Personne ne nie qu'il n'ait été représenté sur les tombeaux comme figure de la résurrection. Or tous les monuments romains qui le reproduisent sont antérieurs à S. Jérôme. Le plus moderne de tous, le sarcophage de Bassus, porte une date hypathique qui correspond à 395, près d'un demisiècle avant la promulgation de la version du solitaire de Bethléem. Les peintures remontent encore plus haut : elles appart ennent aux cimetières de Domitille, de Saint-Calliste, des Saints- Marcellin-et-Pierre inter dtias lauros; et selon les juges les plus compétents, elles doivent s'échelonner au moins dans le cours du troisième siéèle. (Pour plus amples détails sur la question de Job, voyez notre Explication d*un sarcophage chrétien du musée lapidaire de Lyon, p. 45 et suiv.)
JONA.S. — Il n'est pas une classe de monuments dans l'antiquité chrétienne où l'histoire de Jonas ne soit reproduite. On la trouve dans les bas-reliefs des sarcophages (Y. Aringhi. i. p. 3i5. il. p. 143. — Miliin. Midi de la Fr, pi. lxvii. 1), sur les pierres sépulcrales (Perret, v. i. pi. lwu. n. pi. xxvin et passim), dans les fresques des cataa)mbes (Aringhi. i. 533. — n. b9. passim), sur des nédaillons de métal (Buonarr. Yetri. tav. i), sur des iampes (Santé Bartoli. Ant. Luceme. ni. S9 et 50), sur des pierres gravées (Perret, v. iv. pi. xvi. n. 5. 8], sur des fonds de coupe de verre (Mamachi. i. p. 255), sur des diptyques (d'Agincourt, Sculpt. pi. xu. 5).
Jonas a toujours été regardé comme Tune des
Jigures les plus frappantes de Jésus-Christ (Petr.
•uhrys. Serm, de Jonœ proph. signo). Son histoire
^st fréquemment citée par les SS. Pères comme
figurant la résurrection du Sauveur, et avec toute
iorte de raison, puisque le Sauveur s'en était fait
i lui-même l'application (Matth. xii. 39), et aussi
ia résurrection universelle, vérités essentielles
lur lesquelles il importait d'insister, parce qu'elles
étaient violemment attaquées par les ennemis de
.a foi chrétienne, comme nous l'apprenons de
s. Augustin [Inptatm. luxtmi). Nous ne saurions nous dispenser de citer ici l'éloquent parallèle qu'ëlablil le même Père enlre Jouas et Kotre-Seigneur : < Comme ionas passa du navire (lans le veiilre de la baleine, le Chi-isi passa du bois (de la croii) dans le lombeau, c'est-à-dire dans les profondeurs de la mort ; et de même que le premier subit cette épreuve pour le salut de ceui que la furKur de la tempête mettait en pénl, ainsi le Christ pour le salut de ceux qui sont battus par les Dois de ce monde. • Et encore : • De même qu'il fut d'abord enjoint a Jonas de prêcher aux Mnivîtes, et que néanmoins sa prédication ne fut entendue par eux qu'après sa sortie du ventre de la