‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 146 sur 281 · JO.NA · texte numérisé non relu

JO.NA

baleine, de même, bien que la prophétie eût été d'abord envoyée aux gentils, elle ne leur panlni qu'après la résurrection de Jésus-Christ • (Epàl. ad Dro^i-alidi. quxst. vi. De Jona. 34).

La représentation de celte liisloire aiailcncDre le double but d'encourager les chrétiens dans les temps de persécution, et, en offrant un acte de foi à la loule-puissance de Dieu, de répomlreiui sarcasmes des païens contre ce fait qu'ils regardaient comme impossible, au témoignage du a^w Père (Ej)ist. en. In quatt. vi de Jona. d. 30) : Ihc genui quœtiionit muUo cachinTioapcganugratiUr irrùum animadtierti. Jonas est représeiilé, \tn\H introduit par un des hommes ^de l'équipage iiu

la gueule du monstre, lantAt rejeté par ce monstre sur la plage, tantôt couché ou assis sous la eueurbile garnie de feuilles et de fruits, tantôt enfin r^wsant tristement, soit sous l'arbuste dessécliè, soit sans aucun abri. Assez souvent, ces quatre phases de son histoire sont réunies dans le même

tableau, comme dans une fresque du ctroet'*'* ^ Saint-Calliste (Bottari. lvi), où elles se voient ^<^ tribuées dans quatre compartiments dislinds, dont nous reproduisons les trois premiers. La dernière scène est surtout singulièrement toudianl*- Pour en donner une idée, nous ne pourons oiieui

fmin que de mettre en parallèle ud dessin de U.fen'el, que nous dounona ici (t. i, pi. utii).

^TH un passage de S. CyprieD {Epttl. xi), qui ^.^mble en être ta description : Javenii aiuiui, et c-JPH ^uadara indignatione êubliiitii , maxillam r.vuj» naUiUTU, rnailo vullu ledetal, t un jeune t'aamme aniieux, et montrant une tristesse mêlée cS'une certaine dose d'indignation, soutenant sa K^cboire de la nuin, était assis portant la mélant^lie sur son visage, >

Tuus ces tableaui peints, sculptés ou gravés, dMintrenl Jonas dans un état île nudité contplike, eicepté peul-*lre une curieuse fresque du cimetière de Saint-Calliste (Buttaii. uv), oii il est itlu d'une liuiique et élégamment drapé dans un nualeau oupoijium.llesl couché, un peu soulevé sur son coude, et sous les nijons du soleil figuré par une lèie radiée, selon le texte sacré : 'Le Mieil frappa sur la léle de Jonas, et il suail, ■ ptKtutil toi taper aiput Jonœ, et ailuabal (Jonas. 11.8). Ailleurs, on le voit porter sa main sur sa tjle pour se préserver de la chaleur dont il parait niement incommodé. Quelquefois même le soleil est vu, sous la forme d'une télé humaine sortant d'un nuage, dardant ses rayons sur le prophète couché i terre, et accalilé de lassitude (fresque du ciroetiére de Calliste. Botlari. (av. uv, v). >\'ous avons un beau sarcophage tiré du cimetière du Vatican (Id. tav. ilii), où la tempête qui fut la cause de l'infortune du prophète est représentée par une demi-ligure ailée sortant de l'anfractuosité d'une monlagne et soufflant avec fureur sur le navire. C'est évidemment une rérainiscence de l'antiquité, qui donnait des ailes aui *«Dts- Sur un autre bas-relief, elle est figurée par UD triton qui, dominant le vaisseau de Jonas, soufrie avec violence dans une conque (Id. tav. LiiiT et ciHTii). Il ya ordinairement sur le navire, dont la lorme varie beaucoup selon les difTérents monuments, trois ou quatre personnages, dont l'on tient Jonas par les jambes et t'introduit dans H gueule du monstre ouverte pour l'engloutir.

Un bas-relief (Id. tav. un) fait voir, i la pvoiie, à c6té de celte scène, un jeune homme qui S'^mble répandre des larmes, l'eut-étre est-ce ivmu lui-même, vu au moment où sa sentence ^wit d'être prononcée : les bas-reliefs des cata- *»nl>es offrent de nombreui exemples des di- *«ïes scènes de la même histoire ainsi rappro- *^- Sur une pierre sépulcrale donnée par '■^rret (v. pi. lvii) on voit Jonas, sous la ligure <• Un enfant en bas dge, seul, debout en présence

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du monstre à la gueule béante ; it porte la main à ses yeui, il pleure, et a l'attitude d'un petit enlànt effrayé. Ailleurs encore, les artistes l'ont représenté comme un enfant : ce fuit, soutent répélé. doit avoir quelque inlention allégorique; les savants ne s'en sont point occupés.

Le monstre marin a toujours des formes bi~ Mrres et fantastiques; c'est (jUelquefois un capricorne {Botlari, tav. cti). Il n'entre pas dans nos vues de passer en revue les diverses opinions des savants sur U nature de ce monstre, non plus que tes interninables cojitroverses au sujet de t'iirbrisseau qui abrita Jonas, controverses où ton vit deux grands génies et deux grands saints, S. Augustin et S. Jérôme, dépenser, en sens opposé, tant d'érudition et d'éloquence. L'ancienne Vulgate dit cucurbiUi, celle de S. Jérôme bedera. Qu'il nous saflise de constater que les artistes chrétiens ont à peu (irès consUmment adopté lu première. I3n en conclut que les représenlations diverses de rhistoire de Jonas sont antérieures à la version de S. Jérôme, c'ea-à-dire à l'an 3St. Quai qu'il en soil, voici une sculpture de sarcophage antique (De' Bossi. Bull. 1860. p, 46) qui semble avoir été inspirée par la version de saint Jérôme. On peut voir dans les Ha^ioqlgpta de Ua-

carius, édités par le P. Garrucci (p. 211), une curieuse dissertation sur le monttre marin et sur \arbfitU de l'histoire de Jonas.

JOSEPH (lb PiTHuncBB). — L'histoire de losepli présentait dans toutes ses circonstances une ligure saisissante et comme un calque Adèle de celle du Rédempteur; et les premiers chrétiens ne pouvaient trouver un sujet plus propre à leur rappeler les persécutions et les douleurs infligées à l 'Homme-Dieu, douleurs et pei'sècutions dont toute sorte de motifs leur interdisaient, comme on sait, la représentation directe. Les Pérès aimaient i proposer aux fidèles les enseignements qui ressorlenl du rapprochement de la figure avec la réalité, et tes monuments, qui n'offrent d'ordinaire que la traduction matérielle de leurs leçons orales, durent reproduire souvent la figure de loseph.

Cependant ces images ne sont arrivées qu'en petit nombre jusqu'à nous, et celles que nous

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