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possédons sont d*une antiquité fort contestable. Ce que nous connaissons de plus ancien et de phis curieux en même temps à cet égard, c*est une peinture d*un manuscrit grec de la Bibliothèque impériale de Vienne, que d*Agincourt croft pouvoir Taire remonter au quatrième ou au cinquième siècle (V. Atlas, pi. xix. Peinture). En tète du tableau, et dans des proportions plus étendues que le reste, on voit Joseph essayant de détourner la main droite de Jacob de la tète d'Éphraïm pour Taltirer sur celle de Manassé, afm d'obtenir pour celui-ci la première bénédiction que le vieillard destinait à scn frère {Geneê. xLvni. 17). Au-dessous de ce sujet principal, dans une série de petits compartiments, sont reproduits les faits les plus saillants de la vie du patriarche. On le voit tour à tour racontant son songe à ses frères, arrivant auprès d'eux dans la campagne où ils gardent leurs troupeaux, expliquant le songe de Pharaon, enfm célébrant les funérailles de son père. La Sainte-Chapelle de Paris possédait une magnifique sardonyx, aujourd'hui au cabinet na> tional, que Ton a cru longtemps représenter Joseph expliquant le songe de Pharaon. Peiresc a fait justice de cette attribution fantastique et prouvé que c'est Germanicus rendant compte à Tibère de ses expéditions guerrières (Cf. Millin. Midi de la Fr. t. I. p. 95). Aringhi et Bottari croient voir dans une fresque du cimetière de Callisle (tav.Lvn) Josepli accompagnant les restes de son père de rÉgypte à la sépulture de ses ancêtres, dans la vallée de Mambré. Si celte attribution était fondée, et nous aurions beaucoup de peine à Tadmellre, il serait étonnant que ces antiquaires eussent pris pour des chrétiens condamnés ad arenas huit personnages qui, dans l'autre partie de la même frise, montent et descendent plusieurs escaliers en portant avec efl'ort des sacs sur leurs épaules. Cette peinture devrait plutôt être relative aux provisions que fît Joseph pour nourrir l'Egypte pendant les sept années de disette, et ces huit hommes représenteraient les manœuvres qui portaient les sacs de blé dans les greniers publics. Mais tout ceci est plus que problématique. L'histoire du patriarcle se trouve retracée à peu près dans tous ses détaiiS sur un curieux vase hexagone en ivoire conserv) dans le trésor de la cathédrale de Sens, mais d'unt basse époque et d'un mauvais style (Y. Millin Voyage dam le midi de la France, Atlas, pi. ix. xa-xb).
JOSEPH (S.). — Il n'existe pas, à notre connaissance, de monuments antiques où S. Joseph soit représenté isolément. 11 parait comme personnage accessoire là où la vérité historique exige sa présence, par exemple dans les sujets de la nativité de Notre -Seigneur, de Tadoration dei bergers, de l'adoration des mages, du recouvre ment de Jésus au temple (V. les articles répondant à ces mots). En général, il est jeune dant les monuments des quatre premiers siècles, e ap rès cette époque, c'est-à-dire lorsque les bon"»
nés traditions commencent à s'altérer, il est d'an âge mûr, tantôt chauve (Bottari. tav. lxxxvi], tantôt la tète couverte d une épaisse chevelure (Id. Lxxxv. — Allegranza. Monwn, $acr. di Mil. tav. iv); il est ordinairement vôtu de la tunique et du pallium ; mais s'il est figuré avec quelqu'un des aUributs de sa profession, qui, selon l'opinion commune, était celle de charpentier (Y. Holanus. De hist. SS. imag. p. 269), par exemple avec la scie, comme dans un diptyque de la cathédrale de Milan (Bugati. Memor, di S. Celso. p. 282), oa avec Vascia, comme sur le sarcophage de S. Celse de la même vUle (Bugati. op. latul. p. i42), alors il porte le costume des travailleurs, cheveux courts, tunique à une seule manche.
Dans tous les sujets, S. Joseph garde la position modeste que lui assignent les récits érangéliques, toujours sur le second plan, dans une attitude méditative. On le voit évidemment pénétré de son devoir de protecteur de la Sie Famille; il veille sur elle avec amour, se tenant ordinairement debout derrière le siège de la Sie Vierge quand l'enfant Jésus repose sur ses geno'Ji. et quelquefois même étendant sa main, en bi^'ne de protection, sur leur tète (Perret, vol. t. pi. xin: si le divin enfant est dans son berceau. S. Jos-'ph est assis auprès de ce précieux trésor. Bandini a publié un ivoire antique (In iabulam eburn. in fine) où se montre une double scène : en haut, le songe de S.
Joseph ; un ange ailé se tient près de son lit, et étend la main vers lui en signe d'allocution :
Noli timere accipere Mariamcon" jugent iuam (Halth. I. 209).
A la partie inférieure, c'est le voyage à Bethléem; l'ange conduit la monture sur laquelle la Sie Vierge est assbe, le bras droit passé autour du cou de Joseph, dont la figure respire un respect affectueux. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici cet intéressant monument.
JOUETS D*ENFANT TROOvfa dass les toi- BEADx cHRéTiMs.— Une habitude funéraire que nous révèlent invariablement les sépultures de tous les peuples de l'antiquité consistait à renfermer m les tombeaux les objets que le défunt avait Je plus affectionnés pendant sa vie (V. l'art. 0*;w trouvée dan$ les tombeaux). Mais, fliex les chrétiens, cet usage éuil vivifié par la foi, et un pie©
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symbolisme élaît caelié pour eux bous une pratique puremenl profane et su persti lieuse cliei les indens. Ainsi les jouets d'enfant recueillis en si grand nombre dans les calacombes romaines et (uiucrrés d.ma le musée chrétien du Vatican liaient surtout pour but de rappeler celte senlencede l'Évangile si importante pour le règlement lie la ïie chrélienne (Maitli. itul. 2. - Cf. i Cor. lui. (I) : • Si TOUS ne tous convertisstii pas et ne derenei semblables à des enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. ■ Nous trouions, ce semble, une preuve nouvelle à l'appui de celte obserralion que nous empruntons à l'abbé Cavedoni {Ragguaglio critico dei mon. délit art. Critl. p. 4S), dans ce fait que des objets de cette nnlure se révèlent quelquefois dans les tombeauï de personnes adultes : témoin les poupées d'ivoire que fournit, entre mille autres choses, le cercueil de Varie, femme d'Honorius et fille de Stilicon (Caucetlieri. De teerel. batilic. Valic. ii. 995 wqq.).
fioldelti (p. 496 segg. tav. i) énumère les principaux ;oM«l« d'enfant recueillis dans les divers cimetières. Ce sont : 1* des espèces de marionnetles ou poupiet (thoirt ou dos, que les Latins ' K appelaient crepundîa. Buonarruoti {Prefai. p. ii) avait observé dans le musée Carpegna plusieurs de ces marionnettes ayant les jambes et les bras détachés, de nunière i s'ajuster ensemble et à se mouvoir au moyen d'un fil métallique, et provenant des cimetières de Saint-Cal liste et de Sainle-Priscille. Le P. Lupi, l'un des antiquaires qui ont le plus parcouru les catacombes, atteste que ces marionnettes sont au nombre des olijets qui se rencontrent le plus souvent dans les lombeaui d'eafinis {Diuert.elett.... t. n. p. 17.
31). Kous possédons un objet de ce P'nre, provenant du cabinet de H. l'abbé Greppo. En voici le dessin.
** De petits vases de terre cuite, destinés à recueillir les étrennes. Le musée Carpegna en possédait un qui avait la forme d'une tête humaine (Buonarr.
ibid.). La planche de Boldetti citée plus haut présente un de ces vases tout semblable aux talvadanaj ou tirelire», encore aujourd'hui en us^e ctiei tes enfants.
3* De petits masques d'ivoire ou de terre cuite (Boldetli. — Buonarr. hc. laud.) composés de plusieurs morceaui. 4* Des clodiettes, Unlinnabula, usitées diei les anciens pour l'amusement de l'enfance; c'est un des objets le plus fréquemment trouvés dans les (^nietières cbrétienset dans beaucoup d'anciennes ^ises de Rome.
ABnQ. CBKfr.
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5* Les bulles, qui se portaient au cou en guise d'amulettes. Pour rendre compte de la présence des objets de celle nature dans les cimetières chrétiens, il n'est pas nécessaire de se reporter, comme le fait Raoul-Rochelle {Mém. de CAcad. dei imer., t. un., p. 735), aux pratiques du paganisme ; il est bien plus naturel d'en faire remonter l'usage aux pbylactérei des Juifs, ainsi que nous j autorise S. Jean Clirysostome {Homélie lihi). C'étaient ordinairement des espèces de reliquaires ou eneolpia, comme ceux qui avaient été déposés dans de très-inciens sépulcres du Vatican (Botlari. 1, 155. —V. les fig. de notre ail. Eneolpia), quelquefois de s'wiples boîtes à parfums comme celles qu'afoumitsle sarcophage de l'impératrice Marie (Cancellieri. Op. et loe. laud.]. Fabretti (p. 574. m] publie trois petites tessères, portant chacune le nombre heureux de sii, et extraites du tombeau d'un enfant au cimetière de Callisle.
6* Voici, d'après U. Perret (vol. iv. pi. vnt. n. 3), un fragment d'un petit ctieval en terre cuite, que Irouv.i H. Paris au cimetière de Suint-Sébaslien.
Nous ne devons pas dissimuler que les objets de celle nature, quand ils sont fixés à l'extérieur des loculi, n'y figurent souvent que comme simples ornements ou comme moyen de recon-
JOURDAIN (PLBttTE). — Le fleuve du Jourdain est représenté dans les monuments antiques, et
en particulier dans les sculptures des sarcophages (Boltari. lav. xin),à peu près comme les personnilli^lions des fleuves dans l'antiquité païenne. C'est un vieillard, un roseau à la main, une couronne de roseaux sur la tète, et appuyé sur une urne d'où s'échappe la source. Il Hgurede la même manière dans la mosaïque de Sainl-lean in fonte de Ratonne, arec son nom écrit au-dessus de sa tète.
lORojinii (Ciamp. Vet. mon. i. tab. lx«) et dans une miniature du Liere det Juge» de la Vaticane. La Mosaïque de Sainte-Harie in Coimedin de la même fille (Id. ibid. a. tab. ixiii) reproduit aussi ce type mythologique, mais avec cette différence que deux lattes d'écrevisse remplacent sur la tête du vieillard la couronne de roseaux.