‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 152 sur 281 · LANG · texte numérisé non relu

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I. — Voilà une preuve générale ; on en donne de spéciales pour chaque langue.

i* Langue égyptienne ou copte. S. Antoine ne savait pas le grec, car il ne put entendre que par le moyeu d*un interprète les philosophes grecs qui vinrent pour conférer avec lui (Athanas. tn ipeius Vit,). Or S. Antoine comprenait la liturgie, il était très-attentif à tout ce qui se lisait à iVglise, et en conservait le fruit dans son cœur ; et on sait que sa vocation fut déterminée par ce mot de l'Évangile dont il entendit la lecture de la bouche du diacre : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et le donne aux pauvres, viens et suis-moi, et tu auras un trésor dans le ciel. » (Matth. XIX. ^\.)LsL liturgie où S. Antoine recueillit cette sentence féconde était donc en langue égyptienne, puisque, selon S. Athanase son biographe, il n'en comprenait pas d'autre.

r^ous savons néanmoins par S. Jérôme (Prœf. in Paralip.) que la version grecque des Septante se répandit beaucoup, dans toute la partie de TAsie qui s'étend de Constantinople à Antioche, ainsi que dans toute la Palestine, et qu'elle y était d'un usage universel. Les copies qui circulaient dans ces contrées étaient celles qui avaient été écrites par les soins d'Origène, et qu'y avaient répandues Eusèbe et le martyr S. Pampliile. Paul Diacre nous apprend aussi que la liturgie grecque de S. Basile devint plus tard très-commune chez ces peuples (Epist. ad Fulgent.). Or il n'e^t pas moins avéré que la plupart des Orientaux, notamment ceux de certaines parties de l'Egypte, les Gappadociens, les Lycaoniens, les Gaiates, les Syriens, usaient de dialectes particuliers (Cf. Renaudot. i. disierl. i. c. 6). Aussi savons-nous qu'il y avait dans les églises des interprètes, pour traduire l'Ëvangile au peuple ignorant qui n'entendait pas très-nettement la langue liturgique (Y. l'art. Hermeneuiœ),

2' Langue arménienne. S. Sabas ayant vu un certain nombre d'Arméniens se ranger sous sa discipline, leur céda une église «où ils lisaient l'Ëvangile et faisaient toute la liturgie en leur langue ». Ces Arméniens étaient catholiques, sans quoi S. Sabas ne les eût pas reçus dans sa communion (V. Bocquillot. Hist. de la lilurg. p. 250). Personne n'ignore que la liturgie arménienne est encore aujourd'hui en vigueur.

5* Langue besse. S. Tliéodose, contemporain et voisin de 8. Sabas, avait trois monastères, un de Grecs, un d'Arméniens et un troisième de Besses. On ne sait d'où venaient ces derniers ni quelle était leur langue ;Bolland (Ad diemjan. x. p. 692) suppose sans assez de fondement que cette langue n'était autre que l'esclavonne. Mais ce qui est certain, c'est que les religieux de ce nom faisaient l'olfice en leur propre langue, aussi bien que les Grecs et les Arméniens : leur séparation en trois maisons distinctes n'avait pas d'autre motif. Et ce qui le prouve, c'est que (Bolland. ibid.) quand ils avaient à participer aux sacrements, ils commençaient par écouter la lecture des divines Écri-

tures, chacun dans leur église, et ne se réunissaient tous dans celle des Grecs qu'au moment où ils devaient recevoir la sainte eucharistie.

4* Les Éthiopiens, convertis par S. Fnimence, que S. Athanase leur avait donné pour évèque, et les Scythes, amenés à la foi du temps de S. Jean Chrysostome, durent aussi avoir leur liturgie en langue vulgaire ; car il n'y a nulle apparence qu'ils entendissent le grec, et moins encore que, contrairement à la discipline jusque-là univerbellement observée, comme nous l'avons vu par ie témoignage d'Origène, on leur eût donné un service divin en langue inconnue.

n. — Venons maintenant aux Églises occidentales. Il n'y a pas de raison de supposer que la liturgie y ait été célébrée dans une autre langue que la latine. La conquête romaine, comme le remarque S. Augustin (De civit. Dei. xn. 5), avait imposé la langue latine, comme une nécessilé, à toutes les nations conquises. Les peuples d'Afrique, dit Juste-Lipse (De recta pronunciat. Ung. latinte), comme ceux d'Espagne, dePannonie, d'Angleterre, adoptèrent avec joie cotte langue, au point d*oublier à peu prés complètement la leur. < Apulée, ajoute ce savant, dans ses Floridety le témoigne par rapport à l'Afrique, et les sermons de S. Cjprien, de S. Augustin et d'autres Pères en font foi. Pour les Gaulois, Strabon, dès le temps d'Auguste, dit qu on ne les devait point appeler Barbares, ayant pris les coutumes des Romains, aussi bien que leur idiome. Il affirme la même dios*? des Espagnols, et Velleius en dit autant de ceux de Pannonie. Et il parait, par Tacite, qu'Agricola inspira aux Anglais le désir d'être éloquents dans la ; langue latine, bien qu'auparavant ils euîsenl dédaigné de s'en servir. » Est-il donc étonnant que dans toutes les nations occidentales on ne rencontre que des liturgies latines ?

Il suffira de cette citation pour l'Angleterre et l'Espagne; nous devons donner sur l'Afrique, les Gaules et l'IIlyrie quelques détails qui intéresseront le lecteur.

VU Afrique. Le latin y était tellement vulgaire, que S. Augustin (Confese. 1. i. c. 14. 5) nous dit de lui-même qu'il l'avait appris sur les genoux de ses nourrices. De quatre cents évoques dont se composait l'Église de cette contrée, on n'en pourrait pas norpmer un seul qui prêchât autrement qu'en celle langue, témoin les œuvres de Tertullien, de S. Cyprien, de S. Optât, de S. Augu>liii. de S. Fulgence, qui s'adressent au commun des fidèles, soit sous forme de sermons, soit sous forme de traités. Tels sont les traités des deui premiers Sur Vorai$on dominicale. De la nufr* taîité. De la virginité, [Exhortation au mriyre, etc. On eût même difficilement trouvé des ecclésiastiques qui connussent la langue punique, devenue comme une espèce de patois qui n^ se parlait que dans quelques villages écarlés. U peuple même l'avait oubliée ; car S. Augustm voulant un jour citer aux habitants d'Hippone un prùverbe africain, dut le meUre en latin sous peiû«

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