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Dans leurs libelles y les martjrs désignaient nommément ceux à qui ils c désiraient que la paii fût accordée », comme s'exprime toujours S. Cyprien, à qui celte doctrine est empruntée et qui nous a laissé cette antique formule dans sa dix-septième lettre : c Tous les confesseurs au pape Cyprien, salut (on sait qu'à celte époque on donnait le nom de pape à tous les évêques. V. 1 art. Pape], Sache que nous a?ons donné la paix à tous ceux qui te seront présentés, pour les fautes qu'ils ont commises. Nous avons voulu que cetle formule fût portée ï ta connaissance et à celle des autres évèques. Nous désirons que vous ayez la paix avec les saints martyrs. Lucianus a écrit ceci en présence du clergé, de Texorciste et du lecteur. • Nous avons dit que celle formule était très-antique. On abusa quelquefois étrangement de Tautorité qui s*y attachait. Quelques confesseurs donnaient de ces billets à tous ceux qui les sollicitaient, et sans aucun discernement. Ce Lucien dont nous venons de prononcer le nom, honune d'une foi fervente et d^un courage invincible, mais qui à une indulgence extrême joignait une grande ignorance des maximes de TËvangile, se faisait surtout remarquer par sa facilité à cet égard (Cypr. Epûi, xxiii. 1). Aussi, après la persécution de Dèce, fut-il défendu aux martyrs, d'après les instances de S. Cyprien lui-même, de former des lihellei aussi largement conçus ; désormais ils durent désigner les noms de ceux auxquels ils préféraient que la paix fût donnée ; et ils n'accordaient leur protection t qu^à ceux dont la pénitence touchait à une satisfaction complète. » Les martyrs les plus éclairés sur l'esprit et la discipline de l'Ëgiise ne donnèrent pas dans ces excès. On cite S. Mappalique qui s'était contenté de recommander sa mère et sa sœur, et S. Saturnin qui n'avait jamais donné de libelle à personne (Ibid.). Le motif de cette discipline est la réversibilité des mérites excédants des martyrs et des justes en faveur des pécheurs : Credimtu, dit S. Cyprien (Epiff. xni), quidem poêu apud judicem plurimum marUprum mérita el opéra justoruniy « nous croyons que grande est devant le juge la puissance des mérites des martyrs et des œuvres des justes. » On voit là un exemple bien ancien de la pratique des indulgences dont la doctrine remonle à l'origine de l'Ëgiise.
U faut observer néanmoins que ces libellée n'étaient mis à exécution qu'après que ceux de qui ils émanaient avaient reçu la couronne du martyre *, et encore l'évèque ne leur donnait-il pas leur effet de sa propre autorité, mais de l'avis de ses coprovinciaux : de telle sorte que si ceux-ci, à raison de la persécution, ne pouvaient être réunis, les tombés n'étaient délivrés de leur pénitence, en vertu du libelle obtenu, qu'après la cessation de Vorage (V. l'art. Pénitence canonique).
LIBRARII. — Dans l'antiquité profane et ecclésiastique, les librarii étaient ceux qui écrivaient «( transcrivaient les livres, et qui recopiaient en
toutes lettres l'œuvre abrégée des sténographes. IHctavit nolarius, dit Suidas, que nous demandons la permission de citer en latin (ûpu-eiihs), et LiBEARu ac mulieres, edoctœ eleganter scribere^ descripseimnt. Ou les appela aussi amanuenses^ de manus, serviteurs de la main^ desquels on se servait pour écrire, et antiquarii^ vocable qui parait surtout s'appliquer à la reproduction ou à la réparation des vieux livres des bibliothèques, endommagés par la vétusté (V. Lami. De erudil. aposL p. 497. iv). Les secrétaires qui écrivaient les lettres de leurs maîtres et s'appelaient, pour ce motif, ab epistolis, peuvent être rangés dans la classe des librarii. Les qualités qu'on exigeait d'eux étaient surtout l'exactitude, la netteté et, autant que possible, l'élégance de l'écriture : ce qu'implique le nom de calligraphes, xoXXfYpâcjpci, qui leur est donné dans la langue des Grecs.
Les objets retracés ici et qui sont gravés sur un marbre des catacombes sans inscription (Perret. V. pi. Lxxm. 6), sont probablement les instruments de la profession de librarius : ce sont des tablettes, un style et un faisceau de roseaux à écrire, auquel est attaché un encrier.
Il dut y avoir un grand pombre de librarii parmi les chrétiens, dès l'origine de l'Église, car il fallait des exemplaires fort multipliés des livres saints et des Œuvres des Pères, etc., soit afin d'en fournir aux bibliothèques qui étaient attachées à chaque Église (V. l'art. Bibliothèques chrétiennes), soit pour donner satisfaction à l'empressement des fidèles, « dont l'aliment quotidien, dit S. Jérôme (Epist. VI. Ad Florent.)y était de méditer jour et nuit sur la loi de Dieu, » soit par-dessus tout, afin de pourvoir aux besoins de la liturgie. On sait que Constantin, ayant bâti un grand nombre d'églises à Conslantinople, chargea Eusèbe de faire exécuter à Alexandrie, ville féconde en habiles calligraphes, cinquante exemplaires de la Bible grecque pour le service de ces mêmes églises (Euseb. Yita Constantin, iv. 34). On croit que la fameuse Bible du Vatican, éditée naguère par le cardinal Mai, et qui porte le n* 1209 parmi les manuscrits de cette célèbre bibliothèque, n'est autre probablement que Tune des copies commandées par Constantin (V. Vercellonne. DelP antich. cod. Vatic. délia Bibbia Greca. p. 12).
L'usage, très-répandu chez les premiers chrétiens, de porter suspendus à leur cou dans des reliquaires (V. les art. Évangiles eiEncolpia) quelques fragments des saints Evangiles, et même d'en confier à la tombe des morts dans des cassettes
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d'argent, de bronze ou de plomb (T. Ciampini. Vet. mon. c. xn), dut lussi occuper un grand nombre de scribes.
Aucune occupation n'était plus estimée que celle des Ubrarii chrétiens, dont l'œuvre était même MUient comparée à celle des prédicateurs, les uns et les autres ayant pour but commun l'utililé de l'Ëglise par la propagation de la parole divine. Aussi plusieurs grands hommes ne dédaignèrentils ^nt de s'y adonner, par exemple S.. Pamphile, prêtre et martyr de Césarée (Euseb. HUt. ecd. Yii. 33), qui, non conleni d'entretenir de nombreux copistes, copia de sa main beaucoup de livres, entre autres ceux d'Origéne, soit pour augmenter sa riche bibliotbèque, soit aussi pour en faire des libéralités. S. Lucien, prêtre d'Antioche, si nous en croyons Siméon Nétaphraste, exerçait aussi la profession de lihrarnu avant d'être élevé au sacerdoce. S. Jérâme avait beaucoup de copistes à son service {loc. laud.). Ce fut de bonne heure l'occupation des ascètes et des moines ; et les femmes même n'en étaient pas exclues. On sait que le diacre Arabroise de Césarée avait procuré ï Origène, pour transcrire ses Œuvres, outre des scribes ordinaires, plusieurs jeunes filles habiles dans l'art de la calligraphie (Euseb. HM. ecct. ti.35); et nous apprenons de Palladius [HUl. lautiac , iixK ; cité par H. l'abbé Greppo dans sa savante note sur les Ubrarii et les noiarii] qu'il exista de nombrtfux monastères de vierges chrétiennes qui s'adonnèrent à ce genre de tr.nvail. Il y avait a Rome des maîtres pour former les Ubrarii, et une loi de bioclélien (Mai. CoUecl. Vat. v. p. 288) réglant le prix des choses vénales et aussi les lionoraires de diverses, professions, fixe la rétribution mensuelle que chaque élève devait à ces professeurs : Librario tibe (sic) anliqtiario in tingalii ditàpuli* menttruot quittquaginla.
LIÈVRE. — La signification du lièvre sur les monuments de Tantiquilé chrétienne n'a pas été jusqu'ici nettement définie par les antiquaires. Cet emblème se présente, bien qu'assez rarement, sur les pierres sépulcrales, sur les lampes, sur les pierres gravées, avec des caractères qui semblent être la traduction figurée de divers passages de l'Ëcnture relatifs â la courte de la vie, au bout de laquelle est la recompense t Courez de telle sorte que vous remportiez la victoire » (1 Cor.
II. 2*. — V. aussi 2 Tim. 11. 7). Ainsi un marbre du cimetière de Saint-Urbain (Boldetli. 570) est orné d'un lièvre courant à gaucbe vers une colombe qui porte au bec un rameau d'olivier chargé de feuilles et de fruits; sur une pierre gravée du recueil de
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N. Perret (iv. pi. in. iÀ) un lièvre court vus le monogramme de Notre-Seigneur, et une pilme est au-dessous ; il en est de même, sauf la ^me, sur le tiluiut d'un chrétien nommé naiiivi (Id. V. xLvii), et ici le monogramme vers lequel se dirige le lièvre est grossièrement tracé dans un cercle. Il nous semble évident que dans le ^naàtr exemple la colombe avec la branche d'olivier représente l'heureuseissuedela vie humaine, comme dans la scène du déluge elle annonce à Noé sa délivrance; dans les deux autres, c'est NotraSagneur figuré par le chrisme qui se trouve ptué au bout de la lice, comme la récompense du nioqueur.
Ce qui rend, pensons-nous, celte eiplieatioa encore plus plausible, c'est une curieuse inscription des catacombes (Perret, v. lvii) qui est tncw entre un lièvre et un cbeval i la course : te signillcation bien connue de ce dernier end)léme [T. l'art. Chaal] détermine tout i fait, à notre iiis, le sens du premier. Et ced nous rappelle que deui tessères, portant l'une un cbeval i la course, l'in- Ire un lièvre surmonté d'une palme, ont été trouvées cimentées a l'extérieur de deux lombeam da catacombes (Boldetti. p. 506), et assurément dans la même intention. A-t-on voulu indiquer tepossession du paradis et la jouissance de ses délices en gravant sur le lombeau d'un enfant un lièm mangeant un rabin (Perret, v. u.i)? U recueil de Pabretti (p. 581. 84) o(tr« un autre eiemple de ce symbole dans les mèroes conditions.
D'autres exemples, eu égard aux circonstanm oii ils se trouvent, peuvent avoir un sens difKrent. Ainsi sur des lampes d'argile dont plusieurs ont été découvertes i Lyon, * dont l'une provieul du cabinet de l'abbè Greppo, eit auiou^ d'hui dans le nètre.
Le même type sesl retrouvé sur une lampe recueillie en i87& par.M. Cavallari dans une cataconibe chrétienne prés d« Girgenti en Sicile (V. BulUtin d'atdiéotogie chrUitnne, 1875, p. 83). U lièvre exprime peut-être l'idée de la ligilance clirélienne jointe à la vitesse de la course. Un lièvre poursuivi par un chien, sur un camw (Perret, iv. xvi. *3), peut exprimer la misérable
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NTsditiOD des prenùers dirétiens, harcelés par la per^tailicia. Un nymphaeiini, ou urne baptismale lie Pbiaure (Paciaudi. De bain. p. 155), déjà sourenl dlé, fait voir, dans un des comparliineiils du hi&-relier dont il e&l décoré, un bélier et un lièvre ■ŒroDlés. Symboles, I'ud de la force, l'autre de la liinidité, ib ont été sans doute placés sur un nKMiament de ce genre pour avertir le nouveau Inplisé que quelquefois il devra lutter et résister née àiergie, et que souvent la fuite lui sera cmeillée, comme plus utile, par la prudence dwWenne. Nous exposons arec une juste hésitatioii nos conjectures sur une matière où nous ncns dû marcher à peu près sans guide.
Uon. — L'antiquité a toujours r^ardé le lion coatme le symbole de ta force et de la vigilance, farce qu'il passe pour dormir les yeui ouverts, jjflsi qu'Akiat l'exprime dans un élégant distique (i-m«..|,
• Cal un lion, mais un gardien, pires qu'il dort lei jerui auicrli; l'ctl ponr ceU qu'il cit placé dsirant lei porta de* iHDplH. •
En plifint des lions de marbre ou de bronze à \)l porte et en diverses parties de ses temples, le cbristianisnie imita, non point une pratique paieoiK, mais l'exemple de l'Église Judaïque {Paralîp. iitiu. 17). Salomon, d'après les inslruc- BoDs de David son père, avait fait exécuter des lions d'or et d'argent pour le temple de Dieu. (Mqnes fonds de coupe représentent l'arche d'illiaoce, avec deux lions, tantôt 11 droite et à gaoche du chandelier à sept branches, tantôt des dcoi côtés de la porte avec un volume entre les p^les (V. pour exemple la 1" gravure de noire vt. Évangile). S. Charles Borromée, dans le quatrième c«ndle provincial présidé par lui, donnant des instructions pour la construction des églises, prescrit d'en orner les portes de figures de lions, pour indiquer la vigilance des ponlifes, et inspirifr du respect et de la crainte aux fldèks qui y entraimi. Plusieurs églises antiques de Rome ont conservé les leurs, entre autres celles de Saint- Laurent hors des murs, des Itouie- Apôtres, de Saiat-Lanrent in Imeina, des Saints- Jean-et-Paul sir le mont Cœlîus, de Saint-Saba sur le mont Aventin, etc. (V. Ciampini. Vet. mon. i. c. 5). Deux gnndes tètes de lion sont placées sur l'arclrilrave ■tn portique de Saint-Georges in Vetabro, comme Sir celle de Saint-Jean- Porte-Latine [V. Heranpmi. DelUco*e genl. p. 387).
Plusieurs de ces lions tiennent dans leurs serres ■ui porc-épic on un autre animal, un homme ou 'u enfant ; Harangoni pense qu'ils sont d'origine %Tpliettne, et il est incontestable qu'il y en a beau- QXip i Rome de celte provenance ; quelques-uns Wrtent même des inscriptions hiéroglyphiques, ^meon le voit sur U base de la figure ici annexée Hampini. i. tab. xvu. n. 5 et 4). L'un de ceux qui
ornent la porte de S.iinl-Laurent in agro Yerano, joue avec un enfant, ce qui, selon Ciampini, mai^
que la mansuétude dont l'Église doit user envers les néophytes. Celui qui semble déchirer un animal de ses ongles et de ses dents, serait l'image de la juste sévérité dont les pasteurs doivent s'armer quelquefois contre ceux qui s'obstinent à méconnaître leur autorité. Quoi qu'il en soit de ces interprétations dont nous laissons au lecteur le soin d'aprécier la valeur, il parait certain que ce ' sont là des symboles d'origine asiatique très-ancienne.
C'est pour les mêmes raisons qu'on avait coutume de sculpter sur la dossier des chaires épiscopales deux tètes de lion, ou d'en façonner les bras en forme de lions ailés k l'imitation du trône de Salomon dont les deux bras étaient formés par deux lions, et sur les »x degrés duquel six autres lions étaient debout (3 Reg. x. 18). On peut voir des exemples de l'un et l'autre à Sainte-Marie in Traittpere, à Sainte-Harie in Cotmedin, à Saint- Pierre-és-Liens, à Sa! nie-Bal bine, etc. (Dottari. n. p. 69. — Marangoni. loe. /atuf.). Des lions servent encore de base aux chandeliers, surtout h ceux qui portent le cierge pascal, ainsi qu'aux colonnes des ambons (V. Ciamp. i. tab. xvn). On en voit aussi quelquefois sur des pierres sépulcrales (V. Boldelti. p. 369. — Perret, t. pl.Lxii. 3).
LITANIES. ^ I. — Dans le langage des plus anciens écrivains ecclésiastiques, ce mot désignait en général toute sorte de prière publique. C'est là le sens du grec LiTsvtiai et ix-a.i, auquel équivaut le latin luppUcaUona, rogationtt. Eusébe (/n mt. Corulantinî. u. 14) nous apprend que quand Constantin avait à livrer balaille. il s'efforçait de se rendre Dieu favorable par des prières qu'il appelle ).it«, 1 suppli(*.alions, • et ailleurs (iv, 61) ililftniesa, liraiiîsi. Les Pères grecs, entre autres S.CIirysoslome(0omit. uiln CofoM.), emploient la même expression ; et nous la retrouvons dans une loi d'Arcadius, où ce prince interdit aux hérétiques f de s'assembler le jour ou la nuit dans les rues pour y faire la litanie, ad lilaniam faeiendam ■ [Cad. Theod. I. ivi. til. 5. De hœrei. I. 30).
Le mol lHanie ne tarda pas néanmoins à être pris, dans une acception plus restreinte, pour désigner certaines supplications solennelles qui se faisaient à l'efTel de conjurer quelque calamité imminente. L'opinion vulgaire attribue l'institution de ces prières publiques connues sous le nom de
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