CELEBRATUR
2* Le MISSEL, miisale. c Livre ecclésiastique où est contenu l'ofTice des messes, composé d'abord par le pape Gélase, puis disposé dans un meilleur ordre par S. Grégoire le Grand. » On voit par cette définition, que nous empruntons à Du Gange (Gloisar. Latin, advoc. Miêêale)^ que le missel primitif n^élait autre que le sacramentaire dont nous venons de parler ; mais ce missel, ainsi que celui des Gaules et d'autres encore que nous ne pouvons qu'indiquer dans ce rapide aperçu (V. Thomasii. Codices sacramentorum nongentis annisvetustiores : Miuale Gothicum, missale Francorum^ missale Gallicanum vêtus. Romae. 1680)» ne contenait que le saint canon, les oraisons et les préfaces, c'està-dire ce que les évèques ou les prêtres devaient réciter ou ctianter à l'autel. Ce que les diacres, les sous-diacres et les lecteurs étaient chargés de dire, chacun selon l'office de son ordre, était mis à part dans autant de livres spéciaux, dont le détail viendra un peu plus bas.
Il y eut plus tard deux autres espèces de missels : les uns qui, outre les éléments du sacramentaire primitif, contenaient encore ce qui se chante au chœur, VintroU, le graduel, V Alléluia, le trait, V offertoire, le Sanctus, la communion. Les missels de cette sorte étaient destinés à l'usage des églises du second ordre, qui possédaient un diacre et un sous-diacre pour l'ofTice de l'évangile et de l'épitre, mais un nombre de chantres insuffîsant, de telle sorte que le prêtre et ses mmistres devant s'associer au chant du chœur, avaient besoin d'un missel renfermant tout ce qui s'y chantait.
Enfin, vers le neuvième siècle, vinrent les missels qu'on appela pléniers, parce qu'aux éléments que nous venons d'énumérer, ils joignaient les leçons, les épUres, les évangiles, c'est-à-dire qu'ils se composaient de tout ce qui était récité par le prêtre à l'autel, par les lecteurs, diacres et sousdiacres à l'ambon (V. l'art. Ambon) et par les chantres au chœur. Les missels pléniers étaient nécessaires pour les paroisses de la campagne où manquaient les ministres inférieurs. Aussi voyonsnous que, quand ils visitaient ces humbles églises^
les évèques s'informaient toujours, entre autres choses, s'il y avait un missel plénier, si miuale plenarium habeat (Région, inquisit. n. x et ii). Et dans leurs synodes, ils faisaient lire par le diacre, après révangîle, un avertissement enjoignant aux curés et aux autres prêtres d*avoir un missel de cette sorte {In append. Région, p. 602. — Cf.Boc quillot. p. 215).
Ces missels étaient nécessair&s aux simples prêtres, à cause des messes basses qui commeocèrent à être en vogue dès le neuvième siècle ; et plus encore aux curés de la campagne, parce qu'alors il était défendu aux laïques de chanter dans l'église des leçons et même V Alléluia [Captul. lib. V. cap. 112). Les curés étaient même tenas de chanter ie Sanctus avec le peuple avant de commencer le canon. Ce n'est qu'au temps de Charlemagne que certains prêtres, pour abréger leur messe, s'avisèrent de commencer le canon pendant que le peuple chantait le Sanctus. Cet eni« pereur si zélé pour le culte de Dieu porta (ann. 789), afin de réprimer cet abus, une ordonnance, qu'en 858 llérard, archevêque de Tours, renouvela pour sa province ecclésiastique.
Les bibliothèques publiques qui se sont enrichies des dépouilles de nos anciens monastères contiennent encore beaucoup de missels des trois espèces que nous venons de passer en revue, et la plupart étalent encore toutes les richesses de la c.iUigraphie et de la peinture dont la patiente piété et riiabile main des moines se plaisaient à les orner. Nous ne citerons pour exemple que le célèbre missel du huitième siècle qui Ait à l'usage de rÉgiise de Florence, et que possède aujourd'hui la bibliothèque Barberini à Rome (Lami. De erud. apost. p. 124). 11 est revêtu de lames d^ivoire sculpté.
3* L'ÉvANC^LTAiRE, evaugeUanum ou evangelistarium, nt%f(tkio^.
Dans un article à part {Évangiles) qui nous permet d'abréger celui-ci, nous avons fait ressortir le respect que l'Église catholique a de tout temps professé et manifesté pour le livre sacré des Évangiles. Nous ne parlerons ioi que da livre du diacre, contenant les évangiles qui doivent être lus ou chantés à toutes les messes de l'année.
Dans les premiers siècles de l'Ëglise, chaque Évangile était écrit dans un volume à part. C'est S. Jérôme qui, d'après les ordres du pape Damase, les réunit en nn seul volume, et les disposa dans un ordre approprié à la liturgie (Honor. Aogustodun. Gemm. anim, 1. n. c. 88). Car avant ce Père, c'est-à-dire pendant les trois premiers siècles, les passages qui devaient être. lus à la messe n'étaient point fixés d'avance ; Tévèque les indiquait au diacre, à son choix et sur le moment même. Les différents volumes qui contenaient ces textes sacrés étaient confiés à la garde des lecteurs: ceux-ci étaient chargés de les soustraire aux regards des païens, qui plus d'une fois les livrèrent aux flammes (Ëuseb. Hist. eccL vni. 2 et 5), et de les préserver aussi des mains profanes des
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hérétiques (Optât. Milev. De ichitm. Donat, 1. ii. — A.ugustia. Contr. Cresceni. gram. m. 7). Ce n*est donc que depuis qu'il fut distribué par S. Jérôme selon les conyenances de la liturgie que ce livre b est «ppelé évangéliaire.
Les itangéliaires destinés au service de Tautel sont de deux sortes: les uns comprennent le texte complet et suivi des Ëvangiies ; et les passages qui doivent être lus à la messe y sont indiqués, soit par des notules marginales, soit par des tables ad hoc disposées au commencement ou à la fin du volume. Ils sont sans doute conformes au système de S. Jérôme; et tel est un magnifique manuscrit l^rec de la bibliothèque de Saint-Marc de Florence (Lami. p. 768), au commencement duquel cette cirooDstance est énoncée : Declaratio comprehendeM temporis evangeliorwn lectionem, et evangelisiarum êuccetsianem, undeque incipiuntf et ubi desinwU, Les autres, au contraire, et ce sont les plus modernes, présentent un reeueil de passages détachés du texte et appropriés à la série des dimanches et des fêtes.
On cite un nombre considérable d*évangéliaires manuscrits, exécutés avec un grand luxe calligraphique, et dont plusieurs sont extrêmement respectables par leur origine. Un des plus intéressants et des plus anciens textes connus de l'Évangile (on croit qu'il a été copié d'un manuscrit du deuxième ou du troisième siècle), c'est le célèbre évangéliaire grécO'latin désigné dans la science sous le nom de c manuscrit de Cambridge • et qui appartenait à réglise de Saint «Irénée ou de Saint- Just de Lyon, d'où il fut enlevé par les protestants vers Tan 1560 et envoyé par Théodore de Bèze à l'université de Cambridge. 11 porte en marge l'indication des leçons du texte sacré, suivant la convenance des principales fêtes de Tannée. Voici le fac-simiie d'un passage de ce manuscrit, tiré de l'Évangile de S. Jean (xii. 23) : « Le bruit se répandit que ce disciple (S. Jenn) ne mourrait pas. Et Jésus ne dit pas : il ne mourra pas, mais si je veux qu*il demeure ainsi jusqu'à ce que je vienne, que vous imporvaT » Il existe à Yerceil un évangéliaire qui passe pour avoir été écrit de la main
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de S. Eusébe, évêqae de cette ville au quatrième siècle; il a été publié à Milan en 1748 par Jean- André Irico et à Rome par Blanchini en 1749
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(Lami. De erudit, apoit. p. 498). S. Hilaire de Poitiers avait aussi transcrit un évangéliaire qui appartint plus tard à Perpétuus, évêque de Tours au
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