‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 164 sur 281 · MANI — Â · texte numérisé non relu

MANI — Â

corps que le verset àéjà cM du psaume: Sepulehra eoram domu* iliorum in xetihnih.

La maiton, prise comme symbole, ainsi que le mot Baiivï inscrit sur les tombeaui, peut aussi sa rapporter au corps lui-même que S. Paul appelle la * maison de notre habitation terrestre • , terret. Ml domut no$lra hujut habiloUonis (2 Cor. v. 1). Alors celle formule, llgurée ou écrite, équivaudrail à celle-ci : • Ici repose le corps, ou la maison périssable.... ■ et renfermerait un acte de foi impllciie à la résurrection. Elle ne serait, fixr la dépouille d'un chrélien, que la traduction du verset de l'apûlre, dont nous complétons la cilalion : • Nous savons que si In maison de noire habitation lerreslre se dissout (dans cette lombe), nous avons un édifice qui est de Dieu, une maison non fabriquée de main d'homme, étemelle dans le ciel. •

Ce qui donne à celte conjecture une grande vraisemblance, c'est le monument publié par Hamaclii, d'après toutes les Romei lovterrainti,

La maiton sculptée sur une pierre sépulcrale,

et dont voici la reproduction, est accompagnée,

entre autres sjm-

fillF'lf'iV}';''' ■ 'pi de Laiare. selon le Ll||ji,|,r'il,'i i'i:i.,iiii;iL I lyi* ordinaire, un

' ~' édicule â l'entrée

duquel la momie est debout; et il faut observer qne Notre- Seigneur n'est point h, comme dans presque tous les autres monuments, pour le ressusciter.

Lazare atlerd sa résurrection, de même que le corps decALEvivsreprésentépar la maison allend, lui aussi, le réveil suprême dans le sépulcre.

HAniPULE. — V. i'arl. Vilement» des eeel^ tiattigueê dan* let fonction! lacriei.

MANNE. — La manne, qui est une des figures les plus certaines de l'eucharistie (V. l'art. Eucharitlie, I, 3*) , dut occuper sa place parmi les représentations symboliques multipliées dans les monuments primilira du chrislianisme. Et cependant jusqu'ici les antiquaires n'en ont signalé k peu prés aucun exemple. Pour nous, une élude attentive et persévéranle nous a convaincu que plusieurs des nombreuses représentations où, par habilude et faute d'attention, on est convenu de voir indislinclemeut le miracle de la multiplication des pains, ont pour intention directe la manne, et pour intention fliturative l'eucharistie.

Celle interprétation nous parait certaine, notamment pour deux fresques, l'une du cimetière de Priscille [Bottari. lav. cuiv), l'autre du cimetière de Callisle (IJ. ivii), dans lesquelles deu^i scènes re font pendant à droite et k gauche d'un aicoiolium : d'un cAté, un personnage debout désigne de la main quatre ou sept corbeilles ; de l'autre cûié, ce

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même personnage, absolument semblable pir h figure et le vélemenl, fait jaillir de Teau d'un rocher. C'est évidemment Hoise dans l'un el dans l'autre cas. d'une part frappant le rocher d'Oreb (V. l'art. JfoEie). de l'autre indiqaaiii. Jet i^oniori remplis de manne.

Le cimetière de Callisle oCTre un Inisiéiu exemple plus clair encore, s'il était pos»blr. Id le personnage que nous tenons pour HoUe x Irouve, dans une peinture divisée en Iroiscomp» liments, placé .tu centre. Le miracle du radw d'Oreb manque ; mais, en revanclie, les cisiK id nombre de sept, au milieu desquelles Koîse st lient debout avec une verge à la main, contienDeni non pas des pains, mais quelque chose qui ressemble plutôt ï des fruils. Or nous savons par le letle de l'Exode (i>i. 33) que la manne présentai! l'apparence de la graine de la coriandre, assurément plus semblable à des fruits qu'i des pins. Que si, à toute force, on s'cAstinait i y toir des pains (et la chose n'e&t pas douteuse dans les fresques précédemment citées), on pODrrail penser que l'artiste s'est inspiré du trente et uniènia verset, où il est dit que la manne atail le goût do pain pétri avec du miel, et que, par une de ces interprétations libres ou même arbitraires dont nous verrons plus bas im exemple cerlain, du goût il aura conclu à la forme.

H.iis ce monument offre une double cin»nslance du plus haut intérêt, et qui nous sembledt nature à corroborer notre interprétation ; c'est que, i gauche de la première scène, est unetigure virile debout, exactement conforme au ttpelnditionnel du Sauveur, élevant la main drwlt n signe d'allocution, et portant sur un pan rele<é de son manteau six pains Incisés en croii, deaauà, ce qui rappelle le texte de S. Jean (v. 41) ^ iJe suis le pain vivant descendu du ciel, • pain figurt par la manne, rapprochée de son type dans i! même tableau. A droile est ta Samaritaine, linnl de l'eau du puits (V. l'art, SamarUam), eau ijni, avec l'eau divine jaillissant dans la vie étemHIe que Jésus-Chriït promet k cette femme, i lei mêmes rapports signalés plus haut entre la manne et l'aliment eurJiaristique. El il faut okenerqne les comparaisons que [g divin Martre établit dans les deux cas sont conçues dans de.s termes presque identiques : « Vos pères ont mangé de la msnM et ils sont morts • (Joan. iv. M). • Celui qui boit de cette eau aura soif de nouveau [Joan. it.<3). (1*) • Mais celui qui mangera de ce pain vina éternellement. • (2*) ■ Mais celui qui boin Je l'eau que je lui donnerai n'aura plus soif éiemel^ ment. • Donc la manne, figure certaine de l'eucliarislie, placée entre deux autres sjmbolfs eucharistiques, tel est le résumé de ce lableiu si évidemmenl conçu dans des intentions dogoial>ques.

beux tombeaux de Marseille (V. Hillin. feri^ dans le midi de ta France, pi. sxivin. 8. et ut- J] présentrnt la même figure symbolique, mais arec un d^ré d'évidence exceptionnel. In personnage

KANN ~i

debcml, qui n'es! autre que Hoïse, touche ou désigoede la main IroU vases rétrécis par le haut et dans lesquels on ne saurait méconnaître trois go- >wri pleins de manne, car ici il n'y a aucune ipparence ni de corbeilles ni de pains. Bien plus, 1 tdié de cette scène se trouvent les deux Israéliles portant une grappe de raisin dont il est parlé tu livre des Nombre* (iiii- 34). M'est-on pas aulorisé \ regarder ces deux objets sysiémaliquement rapprochés comme les symboles du pain et du vin eucharistiques I D'autant plus que le reste de l'espace est occupé par deux cerfs se désaltërjDl aui ruisseaux qui Jaillissent sous les pieds de l'Agneau de Dieu, image frappante des fidèles ëlanchaiil la soif de leurs âmes aux sources vivifiantes du Sauveur (V. la scène des deux cerfs représenlce à l'article Cer(\.

Hais si, malgré leur évidence, les données qui précèdent peuvent paraître encore conlcslables, loiciunerresquedela ii» du quatrième siècle déeouverte en 18t)5 au cimetière de Cyriaque, près de Saint- Laure ut in agro Verano, qui représente le miracle de la manne sans aucun mystère (T. De' Rossi. BuUdtaio. oltob. 1 Î63. p. 1G). (Je cliarmant

lableau, qui occupe tout un c6ié d'une crypte, est dominé par un nuage d'où la manne tombe en petits flocons azurés qua quatre Israélites, Ae\a hommes et deux femmes, reçoivent sur leurs pénules relevées, marque de respect très-usitée dans l'antiquité (V. des exemples de ce geste aux art, Moiu et Cleft de S. Pierre, plus i l'art. Maim). Ceci n'est pas conforme au récit de l'Ëcriture {Exod. i«i. — Nuat. Il), où il est dit que la manne tombait en forme de rosée, et que les Israélites la cueillaient lorsque la terre eu élail couverte. Hais, pour rendre son tableau plus saisissant, l'artiste a imaginé de la faire recevoir par ces Israélites au mo- Dtenl même où elle tombait du ciel. Cette représcnlaiion est entourée de circonstances qui en déterminent clairement la significalion eucharistique. EUe sert de décoration h une chambre où sont ensevelies des vierges chrétiennes ; et elle vient toame complément du sujet peint dans la lunelie fe l'arcotoJium, lequel n'est autre qne tes vierges

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sages qui, grâce i la manne eucharistique dont elles eurent soin de se nourrir, maintinrent leur lampe allumée jusqu'à la lin, et les vierges folles qui laissèrent éteindre la leur, pour avoir négligé de pr«idre cet aliment divin (V. l'art. Vierge* pmdtnle* et vierge* folle*).

UA.ySE. — V. l'art. Clergé, U, 5*.

MA^nSIUNARII. — C'étaient, dans l'antiquité ecclésiastique, des fonctionnaires attachés au service des basiliques, comme gardiens probaljlement, leur nomsuppusanlr^ii'[fonce,nuiniio, dans l'église ou dans ses dépendances. S. Grégoire le Grand parle dans son troisième dialogue (c. xxt) d'un mansionnaire appelé Abundius ; Yade ad Alundium maniionarium et roga ilium..,. Hais nous avons, au sujet de ces fonclionnairtis, un témoignage antérieur de deux siècles, et qui d'après Marini {Papiri diplom. p. 30 1) est le plus ancien que l'on connaisse. C'est une inscription en caractères damasiens où il est fait mention d'un mansionnaire nommé Juiius. duquel un chrétien du nom de Fausiinus avait aclieté le lieu de sa sépulture :

LOCTS FITSTIKE QVSM CONFÀRAVIT i IVLIO HlNSIO.IiniO.

On est, ce semble, en droit de conclure de ce précieux monument que tes mansionnai resavaient, outre la garde des églises, une part à leur admlnislrtition temporelle, et que c'était à eux qu'on devait s'adresser pour obtenir des concessions de sépultures, soit sous le portique, soit dans l'inlérieur des basiliques, ctnnme oti traitait avec les fouoret pour les foculi des catacombes (V. l'art. Fo$*ore*].

Quoi qu'il en soit, leur qualité de gardien ou de *acri$le ne parait pas douteuse. Voici comment Panviniiis {De inUrpretat. toc. obtcur, eccl. ad h. T.) déllnit leurs altributioas : t On appelait muntionarîui le gardien et le conservateur des édifices ecclésiastiques, des temples, des autels. C'est comme famUier et dometliqtit, du mot maniio. s

On a quelquefois confondu les mansionarti avec les paramonarii (V. ce mot); mais il ne parait pas que cette confusion soit motivée.

MAPPA. — Nous dfiïons donner une courte explication de ce mot, qui se rencontre quelquefois dans ce Dictionnaire, notamment à propos des diptyques consulaires.

Au propre, ma/jpû n'est autre chose qu'une serviette, qui servait dans les repas, cbei les anciens comme chez nous.

rius tard cette serviette ou morceau d'étoffe quelconque, tout en conservant son nom, devint un insigne de la dignité de consul, et en général de tous les magistrats qui étaient appelés à présider les jeux publics. Us jetaient la mappa dans l'arène pour donner le signal des courses.

L'origine de cet usage, malgré tout ce qu'on en a dit, ne nous parait pas constatée. Dans une lettre de Théodoric à Faustus, préfet du prétoire, Cassiodore (Variw. lib. ni. episl. 51) l'attribue i

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