MARIAGE CHRETIEN
qui y tant relatif». Parmi ces monuments, les uns représentent la célébration même du niaràgt, tes autres n'en reproduifent que la o
1' La célébration du mariage est figurée sur quelques fonds de tasse qui, sans aucun iiait, servirent dans des festins de noces ou agapes napliales. Nous en citerons deux [Gairucci. Vetri, W-
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n». Il el 12) qui, m complélant l'un l'autre, «rrrest à peu prés l'ensemble des rites, ou tout au moins des circonstances principales qui accompagniienl la cél^ralion du mariage dans i'anliquiltï ctrïienne. Les époux sont debout lu milieu du disque, et, selon un usage qui remonte aux temps jitdalques les plus reculés {Tob. m. 15), et que MUS siTOM aTÙr été adopté par les premiers dirélieDs (Tertull. De oral, m), ils joignent leurs mains, ou plutôt l'époux saisit le bras de l'épouse m-dessus du poignet, absolument comme on voit Hercule tenant celui de Hinerre dans un verre païen donoè par Buonarrnali (KeCrJ. tav.iifii).
L'abbé Andreini (Buonarr. ibid. p. 308) poss^ diil nue pierre gravée représeuiant deux époux se donnant la main avec cette acclamation : were nftiis.
L'un de ces deux verres (et c'est celui que nous reproduisons ici) fait voir, dans le champ, entre Jrs deux époux, le monogramme du Christ, sans doute pour exprimer, d'après l'enseignement de S. Paul (1. Cor. t. 39), que le mariage des direliens se contracte sous la sanction de Jésus- Christ; dans l'aulre monument, c'est une couronne rappelant celle qu'on avait coutume de
rlKer sur la lète des époux (Terlull. De corotu. ^) : Coronant nuptiœ tponioi. Ailleurs (Garrucci. (av. uni. 4), c'est Notre-Seigneur lui-même qui place ta couronne sur leurs têtes. Autour des per- Mtunages estécrile une légende : ni httra efectete, vntTu, ou viiATis m dio, acclamations, souhait» de Hd^té el de vie en Dieu, qui se rencontrent ^ubiloellement dans celte espèce de verres.
Le premier montre, derrière l'épouse, un volume roulé qui est probablement le contrat de la dol (TeHull. Ad uxor. a. 5), tabula nuptiale» (V. aussi 'a'- iiTu. 1) ; dans le second, les mains jointes des époux dominent soit un petit aulel, soit une t*blelte, et plus vraisemblablement une colonne marquée de huit bosselles représentant peut-être ^ scHome de la dot. Dans l'un et l'autre, la femme ^ placée à droite par rapport à l'époux, selon 'rs anciens rites grecs et latins ((ioar. Euchoi. p- ^6. — Hartène. De aat. Ecel, rit. I. i. c. 3) ; 'J'^n'est point voilée, parce que les chrétiens, par "^^^leor pour les su{ierslilions qui se rattachaient ^ Ihmweiini des païens, n'adoptèrent l'usage du ***'■ pour la cérémonie nuptiale qu'asses tard.
probablement du temps de S. Ambroise (Ambros. De virgÎH. xv); elle porte des vêtements fort riches, ornés de pierres précieuses, vraies ou ligurées par la brocberie.
Nous citerons, d'après le P. Hoiioni {Tav. itl. ecfi. sec. lï. p. 47), un coiïret de toilette, orné de figures profanes, et portant l'acclamation suivante, précédée du monogramme avec W et l'u : secvnpe ET MoiiCT* viïiTia is coRiffo. Ce curieux objet appartint, comme on le voit, à une épouse chrétienne; c'était probablement un cadenu de noces. I« même auteur donne (sect. v. p. 55) le dessin d'une médaille d'or très-rare frappée à l'occasion du mariage de Harcien el de Pulchérie, et dont le revers fait voir les deux époux nimbés, se donnant la main ; et, sur le second plan, Noire^eigneur, la tète entoui'ée du nimbe crucifère, imposant sa main droite sur l'épaule de Uarcien et la gauche sur celle de Pulchérie. Cette scène est entourée de la légende acclamatoire : felicitek Nvmi».
II. — Monument» commémoralif*. On pourrait citer ici une foule de verres dorés représentant les portraits réunis de deux époux, quelquefois avec ceux de leurs enfants (Buonarruoti. tav. ixii
segg. — Garrucci. xu), d'autres fois couronnés par Jésus-Christ, comme on le peut voir dans la figure ici gravée [Garrucci. Vdr/. lav. xiii. n. 1), verres dont la plupart ont serti dans les agapes funèbres, et aussi des pierres gravées, par exemple celle qui, d'après le P. Lupi [Sev. epilaph. p. ai. i), figure deux époux sous l'emblème de deux poissons accostant une ancre ; ou encore des bagues nuptiales avec inscriptions (Spon. Miiceli. sect. IX. p. 397} ; soit enfin une foule d'épllaphes oii sont exprimés de touchants regrets, des souvenirs de bonheur domestique, des éloges de vertus, et jusqu'au nombre des années d'une union fortunée. Nais la nécessité d'être bref nous foit passer immédiatement à la classe la plus importante de ces monuments, les sarcophages.
Tonte l'antiquité s'est plu à flgurer sur les tombeaux des scènes de mariage, et les premiers chrétiens se sont conformés à cette coulump, qui n'avait en soi rien de blâmable ; car son but principal était de conserver sur le marbre les portraits d'époux chrétiens el de transmettre ainsi k leurs enfants le souvenir de leurs vertus. Le plus
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souveni, en coupUa son! représonlés eut busie dans un médaillon, (winine dd en voit deux exemples sur un même sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès (Botlari. laï. cuitu), quelquefois dans utie coquille (Id. lar. iciv. — MalTei. Yerona iUuttr. pari. in. p. bi. — V. aussi la figure de l'art. Jmagînei elypealœ). L'épouse lient l'ëpoui embrassé avec une tendresse pleine de pudeur, et celui-ci, dont la poilrine esl presque toujours traversée par le latîclaviu, comme marque de noblesse, porte à la main un volume qui, selon quelques arcliéoltçues. figure le contrai matrimonial, mais qui, plus probablement, n'est qu'un attribut commun à tous les personnages constitués en dignité (V. l'art. Volamet, I, 9°).
Sur quelques-unes des urnes sépulcrales, le sujet est représenté à peu prés comme dans les Terres dorés cilcs plus haut : les époux j sont en pied dans le compartiment central, l'épouse à droite invariablement ; ils se donnent la maiu, el sur leur visage r^ne une expression de profonde douleur. C'est comme le dernier adieu, le congé que les époux prennent l'un de l'autre, à l'eiemple de presque tous les cippes des tombeaux grecs (Visconli. Mut. Pio-Clement. v. p. 117. vn. p. 73). Tels sont, en particulier, les tombeaux de Probus, préfet dupréloire au qualriéme siècle, et de Proba Paltonia. sa femme (Boltari. lav. ivu. et xTui,), el celui de Valeria Lalobia, bueku utohu {Id. II). Dans l'un et l'autre, la femme porte un vêtement trés-ample, couvrant la tète el descendant jusqu'aux pieds, et qui était propre aux femmes mariées, d'où nubeie, dans le sens ordinaire de couvrir ou voiUr (Ambros. I. i. De Abraham. c. 3. n 93); et l'époux tient à la main droite une petite pièce d'étoffe, qui sans doute n'est autre que lama^tpn, insigne des consuls el autres magistrats qui la Jetaient dans l'arène comme signal des jeux (V. l'art. Mappa el la ligure de l'article Vêkmtnlt dtiprennert chiUitn»),
L'un de ces deux tombeaux, dans les angles formés par tes arcalures des nicbes qui le divisent, fait voir des tourterelles becquetant des fruils, el qui, selon S. Ambroise (Ibid. u. c. 8. 53), sont le sjmbole de la fidélité conjugale; l'autre, de chaque côté de l'épilaphe, des dauphins auxquels l'anliquité attribuait le même sens emblématique.
Nous avons maintenant à citer un moDumenl qui, à lui seul, réunit tous les genres d'intérêt que Dous trouvons dispersés dans les autres. C'est un sarcophage de marbre blanc, du deuxième ou du troisième siècle, découvert a Arles en 1844 (V. le Builetin de Clnilit. de corretp. archiol. . ann. 18**, p. 12 et suiv.). La façade du tombeau est divisée, par cinq colonnetles, en quatre compartiments. Dans le premier, un guerrier jeune et imberbe, nu (costume héroïque), lient un cheval par la bride; dans le second, le jeune homme a l'air d'adresser la parole à une femme jeune aussi : c'est la demande en mariage ; le troisième offre la cérémonie du mariage lui-même : ici le guerrier esl plus avancé en Ige, et porte la barbe; sa maJn
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droite et celle de la jeune femme se joignent audessus de l'autel de l'hTménée, et de l'autre main le guerrier tient le rouleau, symtale du contrai de mariage. Dans le dernier compartiment enfin, le même guerrier, déjà sur le retour de l'âge, cequi est indiqué par une barbe épaisse el touffue, tient encore un cheval, pour exprimer sans doute que jusqu'à sa mort il n'a pas changé de profession. La composition de ce bas-^^lief, absolunneut coi^w dans le goùl de l'antiquilé, ferait douter ducbrùlianisme du tombeau, si elle n'admetlait divers symboles usités dans les sarcophages chrétiens. par exemple les colombes becquetant des fruils, ul, cequi est surlout d'une signification on ne peut plus claire, le miracle de la mulliphcalion des pains, sculpté sur les petits cètés. Les parties brisées laissent découvrir, bien qu'avec un peu de peine, des apAlres avec des volumes à la main, comme sur les tombeauï romains. Peut-être le sarcophage est-il antique, et n'a-l-il refn que les modifications exigées par sa destination chrétienne. Fabrelti [x. 305) trace la description du tombeau des deux époux, cirnavivs et utEKLii, qui se conserve à Tolentino. Ils sont représentés debout au centre du sarcophage et se donnant 1) main. Nous citons l'inscj-iption de l'une des hcei, où la foi à la résurrection future est exprimée ;
■ Ceui que, iiec de<
t mariigF, le tambeiu le finit nation d» (ii>cls. Calerviui, Scicrnu icore unie i toi (dini ii tomlw). fvngrlce du Chrisl, retsusciler ^faleuKol
Un grand nombre de verres antiques à fond d'ur représentent, avec les époux, ou seulement sur les genoux de la mère, un ou plusieurs enfants (Boldelti. Ctmil. p. StIS).
En voici un qui met en scène une mère tenant sur ses genoux sa jeune Tille, sur la tète de laquelle
sa sœur ou une servante agite un ftobtUfi* pour la préserver de la chaleur et des mouches- Ce gracieux monument a été donné par Boldetli ^fianit. p. 303) ; il n'a été compris que par Passeri. qui 'a reproduit dans sou appendice au Tkaavu* t**-
nm dipfjrdhomm de Gori (lab. i], et en a donné l'«iplicalioa à la page 23. Le P. Garrucci l'a reproduit i son lour ( Vetri. tav. SI ), mais dans l'état dedétmontionoùil se trouve anjourd'hui au musée de Ubibliotbéque Valicane.
Quelques-uns des sujets figurés sur ces Terres K m bien L être relatifs à l'éducation d« la famille |T. Gamicxi. taT. iiR. setjq.)-
Ciions d'abord le premier numéro de la planche mu, qui oITre un tableau d'un charme inelpri' mable et d'un style excellent. Une mère, ou peul- Urt une nourrice, assise sur un large banc, penche arr«tueu$etaent la tète fem son enfant debout àe\aiA elle, lui met la main droite sur l'épaule, et semble lui présenter sa mamelle gauche dê- (uuTerte, Ters laquelle l'enfant dirige ses deui petites maias étendues ; le tout avec cette toucliante légende: coci «tai mhkbtibi» tti»,« Coca, ïis pour tes parents. •
>i}ns reproduisons ici de prérérence.ii rause de l'élégance de son slvle, de la perfection rehitive de sou eiêculion, et surtout de la certitude de son dirislianisinc, déteiminé par le monogramme, le n° 4 de la planche un. On j Toit deux époui et leurs deui enfants, un gargon revêtu de la dalmalique arec cttUinia sur les épaules et sur les pans inlêrieurs; et une fille portant la pénule ornée de deui c/nti élégamment brodés. Ces enfants tiennent chacun un TOlume, dont l'un est à moitié déroulé. .» serail-on point en droit de reconnailre ici une leçon de lecture! Le père él.'ie la main en r'V'ne d'allocution et leienfdnts semblent l'couler altenlîTenieni>3 parole. Celle thanuaiile scène est coniplrlt'e par l'iuscnption roarau^a icoDoiiriTATis. C'est un souhait d'Iieureuse ïie adressé à ces enfants l'ompeiaiiusel Theodora par leurs parents.
Ailleurs(uiii.3),
un si«$e élégant, donne une leçon de musique à son jeune Ëls oioBona, debout
devant lui et lenant ouvert un livre ou cahier oii Voa distingue des signes qui ne sont pas des let- 1res alphabétiques, tandis que beiieiios*, la mère •u la sŒur de l'enfant, bat la mesure arec le pied. Beaucoup d'inscriptions sont aussi destinées à nppekr de doux sou>enin de famille. Ainsi une épouse est louée de ce que, contrairement i la coutume des femmes païennes, elle avait été la Bére et en même temps la douce nourrice de son
AHnQ. CHBiT.