‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 170 sur 281 · H\TR · texte numérisé non relu

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rÉglise, et étaient entretenus par elle (Y. Fart. Chanoines \Clerici canonial). C'est dans ce sens qu*il est employé par les conciles, en particulier par ceux d*Agde (c. ii), d'Orléans (iv. 13), d*Auxerre (c. m), et encore par les Capitulaires de Charlemagne (1. vu. c. 167) (V. notre art. Ckrgi [Moyens éT existence]). Ce catalogue étaittau par le premier diacre ou archidiacre.

^ Le mot matricule s'emploie aussi pour exprimer le rôle où Ton écrÎTait les noms des pauvres nourris par l'Église. On lit dans le testament de S. Reroi (Cf. Macri. ad h. v.) cette disposition : Matncula Sanctœ Mariœ, quœ dicitur Xenodochion, lûnduodecim fMiuperes stipem expectant^ solidus dabittar, « Matricule de Sainte-Marie, qui est appelée Xenodochion, où douze pauvres attendent leur subsistance, un sou sera donné. » Les pauvres eux-mêmes inscrits dans ce catalogue furent appelés nuUricuIœ. Nous n'en rapporterons pour exemple que ce passage de la Vie de Ste Radegonde par Fortunat (c. xvii) : Prœler quotidianam men- Sttm, qua refovebat matriculam.... Le plus souvent ils étaient nommés matricularii (Du Cange. il^tif.).

Les actes de l'éleclion du pape Corneille contiennent une statistique du clergé et des pauvres qui recevaient des subsides mensuels de l'Église romaine en 251, et ils étaient au nombre de plus de 1500 (V. De'Rossi. Bullett. 1866. p. 9).

On donnait encore le nom de matricularii ou de matriculœ à cette classe de pauvre» qui étaient employés aux offices les plus humbles de rÉglise, comme de la balayer, de sonner les cloches, etc. (Y. Àlcuin. Epist. vu. ex his a Mabilhn. edit.)t et celui de matriculariœ aux diaconesses, aux presbyterœ et aux veuves qui étaient nourries aux frais de l'Église. Ces presbyterœ étaient des veuves vivant dans la continence, ou des femmes qui avaient été unies à des prélres avant leur ordination, et en vivaient séparées depuis (Baron. Ad an, xxxiv. n. 289). C'étaient quelquefois des matrones qui prenaient soin des objets de l'Église. C'est dans ce sens qu'il faut le prendre toutes les fois qu'on le rencontre dans les auteurs anciens et dans les monuments épigraphiques. Noos voyons dans les actes de Ste Praxède qu'elle avait été déclarée presbytera par le pape Pie I*'.

Dans les Églises d'Alrique, on nommait aussi matricula^ ou ardiivus, un registre qui se tenait soit chez le primat, soit chez le métropolitain, et où était soigneusement inscrite la date de Tordioation des évêques de la province, aûn de régler par ce moyen toutes les questions de préséance dans les conciles et ailleurs. Ceci se pratiquait partout, mais plus spécialement en Afrique. Nous Voyons en effet S. Augustin (fpû/.ccxvii) réprimander sévèrement le primat Tictorinus de ce que, dans Sa lettre de convocation au concile provincial, il il'avait pas observé Tordre convenable pour l'inscription des évèques de Numidie, le mettant, lui Augustin, avant d'autres prélats plus anciens que lui.

MATRONEUM ({iiarpoSixov). — C'était le lieu réservé aux matrones dans les basiliques anciennes. 11 en est fait souvent mention dans Anastase le Bibliothécaire, notamment à propos de la vie du pape Symmaque (n. 25) et de celle de Grégoire IV (n. 47-4).

Le matroneum, autrement appelé locus mu/terum^ occupait, dans les antiques basiliques, une des sections de la nef septentrionale (V. l'art. Basiliques, IV, B, 2*). Cette règle ne parait pas néanmoins avoir été sans exception.

L'église des Saints- Cème-et-Damien, au forum romain, préseote à cet égard une singularité intéressante à noter ; c'est que le maironeum était situé derrière l'abside, dans une salle d'où l'on avait vue sur l'autel et même sur la chaire de l'évéque, par (rois ouvertures cintrées, pratiquées l'une à droite, l'autre à gauche et la troisième au fond de la coquille.

Cette disposition étant sans exemple dans le& monuments existants et ayant été au surplus nécessitée par la conformntion toute spéciale de l'église, qui se compose de la réunion de trois temples antiques, ne prouverait rien par elle-même.

Mais les données de l'histoire viennent attester que l'exemple ne fut pas unique dans Fantiquité. La même disposition architectoni(]ue existait anciennement sous la basilique libérienne ou Sainte-

Marie ad PrœsepCf reconstruite au cinquième siècle par Sixte 111. C'est le pape Pascal I*' qui la chan-^ gea (ix* siècle) à cause des inconvénients qu'offrait la présence des femmes en un lieu si rapproché du sanctuaire (Lib, Pontif. In Pascal, n. 447).

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