MER
On peut voir le plan de Tancienne église des Saints- Gôme-et-Damien, ainsi qu'une savante illustration du monument, dans le Bulletin de M. De* Rossi (1867. sept. oct.). Nous reproduisons ici ce plan pour la facilité du lecteur.
HEMOllIA. — Y. Tart. Confeuio.
MENÉES ET MËNOLOGE8. I. — Les
menées sont des livres ecclésiastiques àTusage des Grecs, ainsi appelés deii^vn, mois, parce qu'ils se composent de douze volumes dans lesquels sont distribués, pour chaque mois, et jour par jour, les noms des Saints qui y correspondent et de plus un abrégé de leur vie, ainsi que rollice, la messe qui se célèbre en leur honneur et plusieurs oraisons. La compilation primitive de cet ouvrage, qui n*est guère autre chose que ce que nous appelons « propre des saints » dans nos liturgies occidentales, est attribuée à quatre auteurs principaux : Nicéphore Paschaleus, Théophyiacte Tzanfurnarus, Matheus Galathionus et Théophanes Zenacius (Paciaudi. AMiq. Christ, p. 191).
Jusqu'au seizième siècle, on n'eut que des menées manuscrits, mais enrichis d'un grand nombre de miniatures représentant les faits les plus remarquables de la vie des Saints. Plusieurs de Ces manuscrits se conservent à Rome, à Florence, à Venise et ailleurs. Ils furent alors imprimés pour la première fois à Venise avec des images grossièrement exécutées, et lonl été souvent depuis.
Comme documents historiques, les menées ne doivent pas être lus sans précautions, ni les données qu'ils fournissent employées sans critique. Cependant les savants même les plus sévères, tels que Tillemonf et Baillet, ne font pas difficulté d'admettre leur témoignage, quand il s'agit d'établir le culte des Saints, tel qu'il a été pratiqué dans l'Ëglise grecque, dés les premiers temps où l'on a célébré leur fête.
Nous n'ignorons pas que les écrivains de cette école, qui professent, en théorie, un profond dédain pour ces livres, ne laissent pas néanmoins d'en tirer parti, même quant à l'histoire des Saints et aux événements qui s'y raltachent ; et les nombreux emprunts qu'ils leur font, même pour constater des faits qui n*ont pas d'autre source, semblent constituer une contradiction que le savant P. Honoré de Sainte-Marie relève habilement et non sans un certain ton d'ironie (Réflexions sur les règles delà critique, t. i. p. 180).
IL — Plusieurs auteurs, entre autres le P. Bolland, dans sa préface aux Acta sanctorum (cap. iv. § xi), et ceux qui n'ont fait qu'analyser son travail, tels que Pelliccia (De Ecc, polit, t. ii. p. 16), ont confondu les ménologes ({Arivn mois, et Xo-^c;) avec les menées. Ils en diffèrent néanmoins essentiellement. Le méno1o;;e est, chez les Grecs, ce qui correspond à notre calendrier, ou à notre martyrologe, divisé par chaque mois de l'année. Il ne contient autre chose que l'abrégé des vies
des saints de chaque jour ou la simple commémoration de ceux dont la vie n'a pas été écrite. 11 y a différentes espèces de ménologes, sur lesquels le livre d'Allatius (Dissert. i. De libr. eccles, grœc.) renferme de longs détails qui ne sauraient trouver ici leur place.
Pour les ménologes, comme pour les méi:éos, il faut s'en tenir aux exemplaires primilirs. Caries Grecs, depuis leur schisme, yont ins<4^ les noms de plusieurs hérétiques auxquels ils rendent les honneurs qui ne sont dus qu'aux véritables Saints.
Un des plus célèbres ménologes qui existent est celui qui est connu sous le nom de ménologe de Basile, parce qu'il fut écrit, au dixième siècle, par les ordres de l'empereur Basile dit le Macédoiiien.llestorné de miniatures représentant les Saints dont il contient Thistoire abrégée, avec les circonstances caractéristiques de la vie ou de la mort de chacun d'eux, des martyrs principalement. Ce manuscrit, qui se conserve à la bibliothèque Valicane, est une mine d'intéressantes études pour les archéologues et les artistes, et nous le mettons nous-même souvent à contribution dans ce dictionnaire. Le cardinal Sfondrato, neveu du pape Grégoire XIV, avait chargé Baronius de l'examiner et d'en faire une étude attentive. Nous ne connaissons pas les résultats du travail du célèbre annaliste. Henry Canisius a publié une version latine du ménologe, d'après une copie de la bibliothèque du cardinal Sirleti; mais ce ménologe diffère considérablement de celui de Basile. C'est au cardinal Annibai Albani qu'était réservé l'honneur d'en donner une édition latine exacte, avec le texte grec en regard, et la reproduction par la gravure de toutes les miniatures de l'original. C'est un beau volume in-rulio, divisé en trois parties, imprimé avec grand luie à Lrbin, en 1727.
MER ROUGK (passagb de la). — Ce sujet se trouve représenté en bas-rehef sur quelques sarcophages de l'Italie et de la Gaule. La sortie dlpyple, qui arrachait les Hébreux à la fureur de Pharaon, était, aux yeux des premiers chrétiens, la figure de la rédemption par laquelle les hoinmi^ sont délivrés de la puissance du démon; la foi nous dirige vers le paradis comme Moïse a conduit le peuple de Dieu vers la terre promise (Greg- ^yss. lîom. m In Cant. — Chrysost. Uom, ad neopkyt.]. La poursuite de Pharaon exprime allégoriquemeiit les efforts de l'ennemi de l'homme pour l'arrêter sur la route du salut (Augustin, serm. xc De temp.). Le passage de la mer Rouge était la figure du baptême; c'est l'enseignement de tous les Pères, qui se trouve résumé dans ce seul mot de S. Augustin : Per mare transilus baptismui ett (SeiTn. cccLii), et qui remonte jusqu'à S. Paul (1. Cor, X. 2) : Omnes in Moyse baptixati sunt in nuhe et in mari, • tous ont été baptisés sous la conduite de Moïse, dans la nuée et dans la mer. •
Les diverses représentations du passage de la mer Rouge prennent ordinairement le récit biblique au moment où les Israélites, après avoir ira-
TCiséIts flots à pieds secs, se Irouvenl en sAreté sur le rivage, et où les eaui se rejoignent pourengloulir Im Egyptiens. Quelquerois cette représentation est abrogée, réduite à ses termes les plus simples: c'est surtout quand elle est associée sur le même monumetit i d'autres faits de l'Ancien et du Nouveau Trslaroenl, comme par exemple sur un sarcophage du dmetière du Vatican (V. Botlari. lav. il). Phanon, la lance t la main, debout sur un quadrige à 1j manière des Grecs, déjà h moitié submergé dans Icseaui au-dessus desquelles se montrent quelques iétes d'Ëgfptiens; Moïse, sur ta rive opposée, étendant saTei^esurla mer; derrière lui, un homme et un enfanl qui représentent la multitude des Israélites: voili ii quoi se réduit ce tableau. Vais d'antres urnes sépulcrales (V. Bottari. lar.