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arn. — Hillin. Midi de la Fr. pi. litu) offrent cette imposante scéneavec plus de détails; elle occupe leur face antérieure dans toute son étendue. On y voit les Hébreux, en pleine sécurité, chaînés de leurs bagages, emportant leurs enfants sur leurs épaules ou les conduisant par la main, tandis que Moise. toujours debout sur te bord de la mer, semble protéger leur marche. Une horrible confusion régne parmi les Égyptiens, qui roulent i terre au dans les fluts, pèle-méle avec leurs chevaux et leurs chars. Derriér'teux.maisdans le lointain, on aperçoit tes murailles d'une ville qui est, ou Ramessés, d'où les Égyptiens étaient partis, ou Phiahirot, dernier lieu de campement du peuple de Dieu (voici l'urne d'Aries). Hillin donne un sarcophage d'Aix {Midi de la
Fr , pi. L. et au musée de cdte Tille) ou sont rrlracées quelques circonstances antérieures et postérieures au fait pnncipal Le petit cAté de gatiche. par rapport au spectateur fciit voir le pliaraonsur son IrAne annonçant a Hoise «a réso lution de laisser partir son peuple et le législateur, tourné vers les Israélites qui «ont à la porte du palais, leur montre un tolume roulé ou san doTite est écrit le décret dL d livrance Cette dirnii're circonstance, qui ne minquepas d intérêt n'a élc jusqu'ici signalée par personne que nous s^achions. Aux pieds de Hoise se voient un enfant lin cliien et quelques aulris animaux domestiques V«tr indiquer la Taculte qui est accordée aux desctiid;ints de Jacob d emmener leurs enfants et l»irs troupeaux (£zod. II. 31).
Sur la façade principale se déroule, à peu près oiiUTie dans les monuments dont on vient de parler, le tableau de la délivrance d'Israél et de la desiruclion des Égyptiens. Parmi les personnages qui fuient avec leurs enfants et leurs bagages, on ^"remarque un qui porte, enroulé autour de son <;JU comme un bourrelet, un manteau où. selon 'ordre de Moïse {Exod. m. 34), était renfermée <'b la farine pétrie et non levée.
A la partie inférieure du bas-relief, on doit ob- **^rïer une femme couchée, le coude appuyé sur "■ïe corbeille pleine de fruits: c'est la représenta- ''*^r) allégorique de t'Ëgypie, telle qu'elle se voit ^^T les médailles (Oisel. Numitm. ant. ami. 10. 9^- Millin. loc. latid.] et les pierres gravées (Cori. '''Smm. mwi. f/or«il.ii.53).l'lusloinest unvieil-
lird également couché et versant de l'eau d'une urne renversée ; c'est la personnification du la mer ttoUge, d'après les idées antiques. A rexlrémilc droite de la principale face du sarcophage, est une femme qui frappe un tambour avec une bagueld' : on ne 5.inrait hésiter à y reconn?ltre la prophélesse Marie, sœ^ir d'Aaron, qui chante le cantique de la délivrance {Exod. ïv. 20).
Le petit cAté de droite nous montre la suite de la -lorlie d'Egypte. C'est d'abord un kraélite portant sur ses épaules le manteau renfermant la pAte non fermenlée ; puis Moïse présentant à une femmiun fruit qu'il vient de cueillir sur un arbre, au pied duquel est un enfant qui tend la main vers celte même femme; et tout à fait à l'eitréinité, un groupe d'Israélites contemplant cette scène. Il est présumable que l'artiste a voulu exprimer ici 1,1 paix et le bonheur qui succèdent aux persécu-
Trois sarcophages d'Arles, deux au musée et un i Saint-Trophime, reproduisent m exUnio et avec
de légères différences d'exécullon le passage de la mer Rouge. On remarque dans leurs bas-reliefs une particularité curieuse : c'est que, en avantdu groupe des Israéhies qui viennent de passer la mer Rouge, est Ilgurée la colonne lumineuse, reconnaissable aux flammes qui couronnent son chapiteau.
Aucune peinture antique du passage de la mer Rwige n'est parvenue jusqu'à nous. Il est probable cependant qu'il en exista quelqu'une vers le quatrième siècle. Car on conserveila bibliothèque delà
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rue Richelieu des manuscrits grecs dont les miniatures, représentant ce fait miraculeux, offrent une frappante analogie de composition avec les sarcophages d* Arles et de la villa Mattei dont nous avons parlé : ceci donnerait lieu de supposer la préexistence d'un tableau qui aurait servi de type aux uns et aux autres (Y. Millin. op. laud. n. p. 357). Il existe une mosaïque du cinquième siècle qui retrace aussi Thistoire de la délivrance du peuple de Dieu : c'est celle de Tare triomphal de Sainle-Marie-Majeure (Ciampini. (Vetr, mon. ux). Mais la scène est prise au moment même où le passage s*opère, et non pas, comme sur les urnes sépulcrales, lorsque les eaux réunies engloutissent les Égyptiens. On distingue, au milieu des flots, un large espace ouvert où se déroulent les longues colonnes des Israélites, et, à une certaine distance, les Égyptiens sortant d'une ville et se précipitant à la poursuite de leurs anciens esclaves.
B1ES8E. — I. — Le premier nom qui ait été donné au sacriGce eucharistique, c'est celui de fraction du pain (Act. xx. 6. 7.). S. Paul Tappelle tantôt cène du Seigneur (1 Cor. n. 20), tanlôt communion (\ Cor. x. 18). On l'a appelé encore //turgie par excellence, mystère, iacrement, ohlation ou prosphorOf sacrifice^ dominicum, agenda^ etc. (V. Bocquillot. Traité hist. de la liturg. chap. 1) ; tynaxe, collecte^ les solennels^ le service, la sup^ plication (Y. Casalius. De vitib. Christian, p. 79), et encore eulogie divine, ou eulogie mystique; les Grecs l'ont quelquefois nommée hierurgia, et à-^cffi'ît, le bien par excellence.
Quelques-uns de ces noms étaient destinés à faire comprendre aux fidèles ce que renferme ce mystère ; d'autres, au contraire, avaient pour but d'en cacher le nom et la véritable nature aux profanes et aux persécuteurs. Mais le nom que lui a donné le plus communément l'Église latine et qui est resté parmi nous, c'est celui de messe. Les écrivains ecclésiastiques ne sont pas d'accord sur sa signification. On a voulu voir l'origine du mot missa dans celui de missach, qui, au livre du Deutéronome, signifie oblalion volontaire ; mais le nom de messe ne ne trouve dans aucun auteur des trois premiers siècles. S. Âmbroise fournit, pensonsnous, le plus ancien exemple de ce vocable pour désigner le saint sacrifice : Sequenti die (erat au-tem dominica) missam facere cœpi, • le jour suivant (c'était un dimanclie), j'ai commencé à Mre la messe. • L'épi tre d'où est tiré ce passage est de l'an 585, suivant les Bénédictins (Epist. xx. t. u, p. 853). Sans tenir compte de quelques autres explications qui n'ont pas été admises, nous devons dire tout d'abord que la plus plausible de toutes est celle qui fait dériver le mot missa de mitiere, envoyer, congédier, et cette explication a l'avantage de trouver sa raison d'être dans la discipline primitive qui voulait qu'on renvoyât ou congédiât les catéchumènes après le sermon , c'est-à-dire au moment où commençait la messe proprement dite : Post sermonem, dit S. Augustin, fU missa
catechumenis, mànebunt fidèles, < après le sermon a lieu le renvoi des catéchumènes, les fidèles resteront.» Le quatrième concile de Carthage (can. 84) exprime la même doctrine, qui s^appuie encore sur le sentiment de S. Avite de Vienne, de S. Isidore de Séville, de Florus, de Rémy d'Auxerre, etc. On appelait tout le commencement de la liturgie auquel étaient admis les cathécumènes, la messe des catéchumènes; elle comprenait l'introït, les leçons de l'Ancien et du Nouveau Testament, Thomélie de Tévêque, qui ordinairement n'était que l'explicition des leçons qu'on venait de lire (Ambros. epist. xi. Ad Sororem). La partie de la liturgie à laquelle les fidèles seuls assistaient, s'appelait messe des fidèles. S. Césaire d" Arles (Serm. Lxxxi) dit: Tune fiuni missœ... quando corpus et sanguis Christi offeruniur. C'est la messe proprement dite, la messe des fidèles. Dans un sens plus large, on a quelquefois donné le nom de mesu à tous les offices du jour et de la nuit, aux fêtes des Saints, parce que la célébration du saint sacrifice est la principale action par laquelle on les sanctifie; dans les bas temps, on appela de ce nom même les foires, parce que, selon le cardinal Boiu, elles se tenaient à certains jours de fête, où le peuple allait en foule entendre la messe (T. Tart. Liturgie) .
II. — Dans les premiers siècles, les évèques ne célébraient pas seuls, mais avec d'autres évèques ou des prêtres, qui étaient cosacrificateurs. C'est ce qu'on appelait cuvOaiTcup-j-fanv, et ouWuKwip-jiw, concelebrare, consacrificare [Concil. Chalced. ad. 4. — Athanas. ApoL u). Cela s'observait chez les Grecs comme chez les Latins, et l'Église a conservé ce rit dans la cérémonie de l'ordination des prêtres et des évèques. Les Constitutions apostoliques (vm) décrivent l'évèque entouré à l'autel de ses prêtres, qui célèbrent et communient avec lui. Ceci ressort aussi du treizième chapitre du coocile d'Éphèse, et le quatorzième canon de celui de Clermont prescrit qu'aux principales fêtes les prêtres, au lieu de célébrer séparément en divers lieux, viennent assister l'évèque dans la ville épiscopale. Au concile de Chalcédoine, Bassianus dit de l'intrus Etienne qu'il avait été son prêtre, et qu'en cette qualité, durant quatre années, il célébrait avec lui, communiait avec lui, » quatuor annis mecum celebrabat, mecum communicahat Dans un antique rituel donné par Morin, on lit ce titre de chapitre : De diversis sacerdotibus super unam oblatam celebrantibus, « des divers prêtres qui célèbrent sur une seule oblata. »
Quand les évèques se visitaient les uns les autres, ils avaient aussi coutume de concélébrer, en témoignage de communion (Uran. Vit. S. Pâ«lin, Nol.) : aussi vit-on, à Constanlinople, les apocrisiaires du saint-siége refuser de célébrer avec Photius, qui s'était séparé de la foi romaine (Joan. vin. Epist. ad Cale, synod. un). Dn vestige de Tantique usage des concélébrants s'est conservé dans la vénérable église de Lyon. Aux messes pontificales ou même aux messes solennelles célébrées
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juriiD dignilaire, ou un prèire quelconque, il ; a iDUJours six ou quatre préIres assîstanls, revélus des lubils ucerdotaux. Quand le pontire e&t assis air a cliaire épiscopale au lond du presbytère, lis prêtres sont a sais à ses c4tés (V. l'art. Pritm elJ'art. Chaire); qunnd il moule à l'autel et ; Tiil ses Totictions. ils y moulent avec lui, et j demeurent sous ses jeui aux cAtés de l'épilre et de Vira iig lie.
isi que leurs premiers
- l«s apûti djyiples, cêtébiienl soumit dans les niisoDS princes. S. Paul rmpit ie pain lui fidèles dans le Iroiiième cénacle ifune babilalioD particu- Uére(Ad.»):
«I une Indilion constante rapporte que S. Pierre célébrait les saints mysléres dans la maison du sénateur l'udens, sur l'emplacement de liquelle fut depuis construite l'église de Sainle- Piitlen tienne (Baron. ,Yol. ad tnarlyrol. Rom. xm moii. V. notre art. OraloiTesdonitilîquet). Dans le f«u des persécutions, le saint sacrillce n'avait lieu que dans des lieux cachés et souvent dans les cimetières appelés calacombes ; c'est là surtout que les fidèles trouvaient assez de sécurité pour leurs assemblées. Plus d'une Tois cependant ils y Turent poursuivis par les païens. Qui ne se souvient <Je cetle messe célébrée au troisième siècle devant le loinbeau des martyrs Chrj'santtius et Daria, dans un souterrain de la voie Salare, et où, |)ar ordre de Sumérien, un grand nombre de fidèles furent ensevelis vivants? Quand, après la pacification de t'Ëï^ise, cette tombe célèbre fut découverte, on vit, au imoipage de S. Grégoire de Tours, avec les ossements blauchis de ces martyrs épars sur le sol, tes vases sacrés qui avaient servi au saint sacrilice iCr«g, Turon. Zleiffor. 3fM. i. 38).
Us catacombes de Rome oflrenl une foule de DKiauments qui sont des témoins vivants de cette pratique (V. les art. Autel, Arcoiotiam, Con{e$tion, etc.). qui du reste ne fut point restreinte à Rome seule. 5. Dcnys d'Alexandrie (Euseb. Hiil. eccl. <"■ Ij, et dans noire Gaule S. Catien, apûtre de Wrs(Greg. Turon. Hiti. Fr. x. 31), tenaient aussi 'curs synaxes dans des cimetières et des cryptes ; ^ par suite du respect qu'inspiraient ces lieux m- ^H, l'us.ige d'y célébrer la messe se prolongea 'ongtemps encore après les persécutions. Les évélUes et les prêtres captifs pour la loi célébraient* doutent dans leur prison, et y distribuaient le pain "«s forts aux autres confesseurs.
IV. — Nous avons, dans une mosaïque de S. Vital ^ Ravenne datant du sixième siécle(V. Giampini.
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Yei. mon. ii. tab. xin), la représentation des deux plus évidentes figures du sacriOce eucharistique que nous offre l'histoire biblique.
Don cûlé Abel offrant à Dieu représenté en haut du tableau par l'emblème de la main (V. fart. fi«u) un agneau qui, comme on sait, est la plus ancienne figure de l'agneau véritable qui devait un jour s'immoler pour le salul des hommes. De IViutre part, c'est le sacriDce de Helchisédec, composé de paiit et de vin, comme le sacrifice eucliarislique. Et, pour rendre
uu vase de vin (calice anté), tandis que de s deux bras élevés vers la main divine il offre un pain plus grand. Il est véludelapenu/a ou planète recouvrant une tunique ceinte : de telle sorte que, par l'attitude comme parle vêtement, il ressemble eiactemenl â un prêtre chrélien du rit grec célébrant le saint sacrilice.
Ainsi se trouvent ingénieusement rapprochées dans un même tableau deux figures du même mystère qui se sont produites i plus de deux mille ans de distance, rapprochement qu'expriment aussi ces parolesque l'Ëglisc a însèrécsau canon de la messe : < Daignez regarder, Seigneur, d'un vi^ge propice el serein ces offrandes, et les agréer, comme vous daignâtes agréer les dons du juste Abel el le sacrifice de notre patriarche Abraham, et celui que vous offrit noire grand-prélre Uelcliisèdec. — Mimera jiuti Àbel... el quod libi oblulil tummut tacerdo* Ittut JUelchitedec, lanctum laerifieium, immaculalain hotliam.
La consécration eucliarislique est représentée l'une matière mystérieuse et symbolique dans
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une fresque du cimetière de Callîsfe, dont nous avons donné Texplicalion à ]*article Eucharistie (II, 5"]; nous ofTrons ici la copie de ce précieux monument, comme plus appropriée au présent arlicle.
V. — Dans le principe on ne célébrait la messe qu*une fois la semaine : c'était le dimanche, d'après la discipline de S. PjuI, qui avait prescrit de faire de$ collectes le lendemain du sabbat, una sabbali (i Cor. xvi). S. Justin le Martyr atteste dans sa deuxième apologie que cette discipline s'observait de son temps. Cependant, dés le deuxième siècle, les chrétiens occidentaux commencèrent à célébrer la liturgie eucharistique deux fois la semaine, en outre du dimanche, c/est-à-dire aux jours des stations, du mercredi et du vendredi (Y. Pelliccia. i. 247). Au quatrième siècle, TÉglise orientale spécialement à ces trois jours en ajouta un quatrième, le samedi (Basil, epist. ccuxxix Ad Cœs. patrie ). £n Occident, la discipline, à la même époque, n'était pas uniforme à ce sujet dans toutes les Eglises : « dans quelquesunes, au témoignage de S. Augustin (Ep, uv. Ad Januar.), il n'y avait pas de jour où Ton n offrit; aflleurs il n'y avait de messe que le samedi et le dimanche, ailleurs le dimanche seulement. » En efl'et, le sacrifice quotidien était étabU soit dans les £:4lises d'Afrique (Id. Epist. xcvui), soit dans celles d'Espagne (llieron. Epist. xxvui. — Concil, Tolet. I. ibid.)\ il en était de même au quatrième siècle dans rÉglise de Constantinople (Chrysost. hom. ii InEp. ad Ephes,], Enfin, le sixième siècle vit la messe quotidienne s'établir en tous lieux, comme le prouvent les ordres gélasien et grégori^^n.
11 y a plus : après le cinquième biècle, en Occident du moins, on célébrait non-seulement la messe solennelle tous les jours, mais à certaines fêtes il était permis au même prêtre ou au même évéque d'en célébrer deux. Les jours où l'on célébrait plusieurs messes éta'ent appelés polyHlurgiques. Cette coutume parait s'être généralisée au sixième siècle, où l'usage des messes privées n'était pas encore très-répandu. Car, comme aux fêtes solennelles • la multitude des fidèles était si grande, que la basihque ne pouvait les recevoir tous en même temps, il était nécessaire de renouveler l'oblation du sacrifice ; » et ces paroles qu'ajoute le pape S. Léon, auteur de cette ordonnance, ex forma patemœ traditionis, supposent que c'était déjà un usage ancien (S. Léo. epist. n Ad Dioscor.). En effet, dés le quatrième siècle. Prudence fait mention de deux messes célébrées par le même prêtre, le 29 juin, jour de la fête de S. Pierre et de S. Paul (Peristeph. xn. v. 63).
Transtiberina prius sol vit sacra pervigîl sacerdos Non Lac recurrit, duplicatqiie vota.
C'est le plus ancien témoignage que nous possédions à ce sujet. Or ce qui s'était fait d'abord pour donner satisfaction à tous les fidèles, se fit plus tard sans nécessité aux fêtes solennelles. Ainsi, au huitième si'icle, il y avait des Églises où on célébrait
quatre messes le jour de la Nativité du Sauveur (Sacrameni. ikllon. ap. Martène); et partout il y en avait deux aux calendes de janvier (Y. Kalend, Front, ei Durant. Rat. 1, vi. c. 5), et trois en quelques lieux (Sacrameni. Gellon. ibid,). Lt* jeudi saint, il y en eut généralement trois dans toutes les Églises latines {Sacrament. Gelas et al. ap. Martène). Dans les Gaules, il était permis à tou3 les prêtres de célébrer deux messes tous lés jours de U semaine de Pâques (Hissai. Gallic. ap. Thomasium). A Rome, dès le quatrième siècle, le jour de Saint- Pierre et de Saint-Paul on célébrait trois messes. Cette discipline varia souvent encore pendant le moyen âge ; nous renvoyons, pour cette période qui est en dehors du cercle tracé à no( re travail, à l'ouvrage de Durant, auteur du quatorzième siècle, où l'on trouvera tous les détails désirables à ce sujet.
Nous devons cependant ajouter ici deux observations qui s'appliquent à tous les temps : c'est d'abord que les prêtres qui célébraient plusieurs fois, puritiaient leurs doigts dans le même calice, duquel on versait ce qui avait servi à les purifier dans un vase décent, pour être consommé à U dernière messe, soit par les prêtres eux-mêmes, soit par le diacre ou un autre clerc, ou par quelque laïque en état de grâce, innocenli; deuxièmement, que nulle part un prêtre ne pouvait dire deux messes au même autel (Concil. Antisûoi. ex. — Greg. Turon. Hist. Franc, v. 49), discipline qui persévéra, au moins dans quelques Églises, jusqu'au dixième siècle.
Les jours où l'on ne célébrait pas de messe proprement dite, c'est-à-dire seulement la messe des présanctifiés (V. plus bas), s'appelèrent aliturgiqueSf ceux où il y en avait une, liturgiques, etceoi où le prêtre en célébrait plusieurs prirent Je nom de jours polyliturgiques, comme il a été dit cidessus.
VI. — Quelles étaient les heures auxquelles les chrétiens célébraient les saints mystères ? — On sait par le témoignage des écri\'ains contemporains que, dans le temps des persécutions, on ne pouvait se réunir que la nuit (Ap. Baron. Ad an. XXXIV. Allât. De consens, orient, et occident. Ecci ui. 15). Aussi Pline écrivait >il à Trajan que les chrétiens s'assemblaient avant le jour, anie lucm convenire (l. x. epist. 97), et Terlullien appelle leurs assemblées antelucanas, nocturnas convocationes (Tertull. Apolog. n, et 1. u Ad uxor. 4). Alais, dès que l'Église eut conquis la paix avec la la liberté, elle offrit le sacrifice de jour, et aux jours de fête à l'heure de tierce, aux jours privés à rheure de sexte, en carême et aux jours de jeune en général à l'heure de none, qui répond à trois heures après midi (Amalar. De ofpc. Eccl. ni. 42). C'est au moyen âge que l'usage s'établit •de célébrer de nuit, quatre jours de l'année : la Nativité du Sauveur; le samedi saint, dont la messe est ainsi désignée dans les anciens rituels, in nocte sancta ; la iéte de S. Jean-Baptiste, principalement dans les Gaules ; et dès le sixième sié-
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de, le samedi des qualre-lemps, jour où Ton conférait les saints ordres (V. S. Léon. EpUt. x). Pour compléter cet article, le lecteur est prié de se reporter aux articles Communion, Statiofu et Uturgie,
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l' Mute solennelle. C'est celle que nous appelons aujourd'hui grand'messe, meue principale, eajntulaire, canonique, conventuelle, et qui se célèbre avec chant et cérémonies solennelles, avec assistance de ministres plus ou moins nombreux, T exerçant chacun la fonction de son ordre. C'est ainsi que la messe se célébrait dans Tantiquité, et la pompe en était encore augmentée par l'affluence du peuple qui y offrait et communiait.
2* Messes privées. Bien que la messe chantée et solennelle fût de règle dans la primitive Église, cependant, par exception, on peut citer des exemples trés-anciens de messes célébrées en particulier et sans appareil. En effet, que les messes privées s'appellent ainsi à raison du lieu, parce qu>llessont dites dans un oratoire particulier; à raison du temps, parce qu'elles se célèbrent non en un jour de fête, mais en un jour ordinaire; à raison des assistants, parce qu'il n'y en a qu'un seul ou un petit nombre; soit enfin de ce que le prêtre y communie seul, ou de toute autre cause, il est vrai de dire dans tous les cas qu'elles ont toujours été permises et très-anciennement usitées, et cela se peut prouver par des témoignages ou par des exemples. S. Grégoire de Nazianze (Orat, xix) assure que son père célébrait quelquefois dans sa chambre, et que sa sœur Gorgonia possédait un autel domestique. Nous devons ajouter que Ton montre à Santa Maria in porlicu di Campitelli de Rome un petit autel portatif qui, d'après une tradition immémoriale, aurait appartenu à S. Grégoire de Nazianze lui-même (V. fart. Autel portatif). Le prêtre Paulinus raconte dans sa Vie de 5. Ambroise que le grand évêque de Milan avait immolé la sainte victime dans la maison d*une dame de qualité qui l'en avait prié (V. l'art. Oratoires domestiques). Constantin, aussitôt après son baptême, si l'on en croit Eusébe (In ejus Vit. IV. 17), aurait construit un oratoire dans son palais, et de plus une chapelle ambulante destinée à le suivre dans les camps. S. Paulin de Noie, au rapport de son historien (Jranius, se voyant près de mourir, fil dresser un autel devant son lit, y célébra le saint sacrifice, et bientôt après s'endormit dans le Seigneur.
3* Messes en Vhonneur des Saints. Qui ne sait
les stations et hs sacrifices qui, au berceau même
de l'Église, se célébraient en l'honneur et sur le
tombeau même des martyrs, au jour anniversaire
de leur passion? Tertullien le dit dans son livre
De torona militis (c. ni) : « Tous les ans, aux
jours naîalices (Y. Tart. Natale), nous faisons des
oblaiions. » S. Cyprien s'exprime d'une manière
plus claire encore (Epist. xixiv) : « Nous offrons
toujours des sacrifices pour eux, c'est-à-dire en
leur honneur, pro eis,pro illorum scilicet honore,
toutes les fois que nous célébrons les passions des
AKTiQ. cunér.
martyrs et leur conmiémoration anniversaire. » Dans son épitre trente-septième, il prescrit à son clergé de noter avec soin les jours oii les martyrs sortent de cette vie et de lui en donner avis : « afin, dit ce grand évêque, que nous puissions célébrer ici des oblations et des sacrifices en leurs commémorations. • Les fidèles de l'Église de Smyrne viennent confirmer l'antiquité de cette discipline lorsque, dans l'admirable lettre où ils racontent le martyre de S. Polycarpe (Eusébe. Hist. eccl. 1. IV. c. 15), ils attestent avoir recueilli ses ossements vulnérables, afin de les honorer chaque année par des sacrifices. On pourrait citer à l'infini : le lecteur peut rechercher lui-même les témoignages de S. Augustin (L. xx. Conlr. Faust. Manich.), de S. Cyrille de Jérusalem {Catech. mystoj/. V. 6) et d'autres encore. Nous devons faire observer que les Pères que nous avons nommés ne parlent que des martyrs, parce que les fêtes des confesseurs n'ont été instituées qu'après l'époque où ces Pères ont vécu (V. les art. Confesseurs, Martyrs, etc.).
4* Messes votives. Le nom est nouveau, relativement du moins, mais la chose est antique. C'étaient des sacrifices soit pour une nécessité quelconque, soit pour rendre gréces de quelque bienfait. 11 n'est pas difficile d*en trouver des vestiges pendant les quatrième et cinquième siècles de rÉglise. Nous savons en effet qu'à Constantinople, aussi bien qu'à Alexandrie, des fêtes publiques furent instituées en mémoire de la délivrance de ces villes d'un horrible tremblement de terre (Sozomen. Hist. eccl. vin. — V. notre art. Processions). Dans sa Cité de Dieu (lib. xxu), S. Augustin fait mention d'un prêtre d'Hippone qui offrit le saint sacrifice dans l'intérieur de sa maison pour en chasser les démons. Plusieurs messes de cette espèce se trouvent marquées dans le sacramentaire gélasien édité par Muratori, comme par exemple « pour le salut des fidèles vivants, — pour demander la pluie, — pour la stérilité, etc. » Les titres de plusieurs autres messes votives se lisent dans le sacramentaire de la bibliothèque de la reine de Suéde, vieux de plus de neuf cents ans quand il fut édité : « Pour le salut des fidèles vivants, — pour les voyageurs, — pour le natale d'un prêtre, — pour la mortalité des animaux, — pour la consécration des vierges, — pour les rois, — pour les infirmes, etc., etc. • Cornélius Schulting (fiiblioth. ecclesiat.ui.\i. 1) a recueilli dans les missels de diverses Églises cent vingt messes votives pour diverses nécessités et pour divers états des hommes. Du reste, étant obligé de nous borner, nous devons renvoyer pour de plus amples détails sur cette matière aux ouvrages de Visconti (De misses ritibus. ni. 13 et seqq.), de Martène (De anliq. monach. rilib. n. 6. n. 44) et de Guyer (Ueorto^ logia. I. IV. c. 31).
5* Messes pour les morts. Il est de tradition apostolique d'offrir le saint sacrifice pour les morts. Tertullien mentionne souvent ces messes, et particulièrement dans le passage du livre De
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