‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 177 sur 281 · MONA · texte numérisé non relu

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déserts; et les cellules étaient constniiles tout autour d*un bâlimi^nt principal qui tenait le milieu. Ce genre de monastère lut appelé caenobium^ et les moines qui Thabitaient, cénobiteê^ noms relatifs à la Tie commune (V. Tart. IfomM).

D*autres religieux, que S. Jérôme nomme Remobothi (Ep, ad Euêtoch. De virg, serv.), et Cassien Sarabaitœ (CoUat. xviii. 7), avaient des habitations beaucoup moins spacieuses, parce que, réunis au nombre de deux ou de trois seulement, et sans abbés (Id. ibUl.), ils avaient fixé leur demeure dans l'intérieur des villes ou des bourgades (Hieron. ibid.). Mais ce genre de vie monastique est condamné par les écrivains du cinquième siècle, et le nom de moine fut réservé aux seuls cénobites. Les monastères proprement dits (uovoo- Tiipicv, lieu où l'on vit seul, de {«.ovcç, seul} étaient donc , dans le principe, situés dans les désprls ; cet état de choses dura peu, car, dés la fin du quatrième siècle, les moines se rapprochèrent des villes; mais leurs maisons étaient placées hors de Tenceinte des murailles (Aug. Retract, 1. i. c. 21) : ce n'est qu'après le cinquième siècle que les cénobites se fixèrent à Tintèrieur des cités.

Les monastères de femmes datent de la même époque que ceux des moines, le quatrième siècle (Y. les art. Vierge$ei Veuves). S. Antoine en bâtit un en %ypte, à la tète duquel il plaça sa sœur (Y. Athanas. In Vit. Ant. c. xix) ; et S. Pacôme donna aussi sa sœur pour supérieure à une communauté de vierges fondée par lui en Palestine (ïpsius Vit, inler Vit. PP. c. xxvni). S. Basile bAlit plusieurs monastères de fîlles dans le Pont et la Cappadoce; et cette institution se développa à un tel point en Orient, qu'au commencement du cinquième siècle on compta jusqu'à deux cent cinquante vierges dans un seul cœnobium (Théodoret. Hiêt. eccl. c. xx).

£n Occident, il y eut aussi de nombreux monastères de vierges dès le quatrième siècle, ainsi que l'attestent les écrivains contemporains, et en particulier S. Jérôme. A Rome, Ste Constance en éleva un près de la basilique de Sainte-Agnès (Cod. S. Pétri, ap. Bosium. p. 418); celui que Marcella établit d'après les conseils de S. Atlianase était probablement situé dans Yager Verantu, près de la basilique de Saint-Laurent et du cimetière de Cyriaque (De' Rossi. Btt//d(. 1865. p. 77) ; S. Eusèbe de Yerceil en fondait un à peu près à la même époque près de son église (Maxim. Taurin. Serm. de S. Euseb.), S. Ambroise en établit à Milan (Ambros. Exhort. ad. virg. laps. c. vn), et S. Augustin en Afrique (Possid. In ejus Vil. c. ult.). il en existait dans notre Gaule au cinquième siècle, au témoignage de Sulpice-Sévère (Dial. iv. De vit. S. Martini). Le monastère de S. Ambroise tut particulièrement célèbre. Parmi les vierges qui l'habitèrent dès le début, brillait surtout la sœur du Saint, Marcellina, et la compagne de celle-(5i, Candida. Ce Père atteste lui-même qu'il en venait de Plaisance, de Bologne, et jusque de la Mauritanie pour recevoir le voile de ses mains : DePlaceniino

sacrandœ virgines veniunt, de Bononien» teniunt, de Mauritania veniunt ut hic velentur (Ambros. De Virgin, lib. i. cap. 10). On trouva dans Téglise de Saint-Nazaire, du temps de S. Charles, Tépitaphe d'une vierge qui, probablement, appartenait à ce monastère : daedalia vivas in christo. La simplicité de la formule atteste l'antiquité du monument. •

MONOGRAIIBIE DU CnRI8T. — I. — Ce

monogramme est formé de la combinaison du \ et du P, qui sont les deux premières lettres da nom grec du Christ, xpictoc, campendio toium Christi nomen includitur^ dit Pnmasius {In Âpocal. VI. 13). Il représente en même temps le nom de Jésus-Christ et la figure de sa croix. Une antique inscription de Sivaux (département de la Vienne), dont nous donnons ici le fac-similé, offre h forme la plus ancienne et la plus correcte du monogramme du Christ. Un peu plus tard, ce signe auguste subit une légère modification, par le raccourcissement des deux lignes croisées dont se compose le X (:^),et enfin un changement plus notable encore par la substitution d'une simple ligne transversale à la lettre X (^). S.

Ëphrem, qui vivait au quatrième siècle, atteste que cette dernière forme du monogramme était fort usitée en Orient (Ephrem. 0pp. edit. A5seman. — Cf. Garrucci, Ke/ri,p. 104). Il parak même qu'elle fut la seule connue en Egypte. Letronne (De laxroix ansée égyptienne^ p. 16) assure n'avoir trouvé le ^ sur aucun des monuments chrétiens de cette contrée. L'adoption de ce type fut sans doute motivée par son affinité avec la croix ansée égyptienne. Le »^ est aussi le seul monogramme qui se voie dans les Bibles alexandnnes, celle du Vatican par exemple, celle duSinaï éditée tout récemment par Tischendorif, et celle de Cambridge (Y De' Rossi. Bullett. 1863. p. 62).— (Y. uotre art. Livres liturgiques, 5*.)

Du reste, bien que les plus usitées, les deux formes dont nous venons de parler ne sont pas les seules : les monuments, ceux de l'Ocddeot du moins, en fournissent un grand nombre d'autres ; on les trouvera reproduites dans les ouvrages de Boldetti (p. 554), de Macarius (Hagioglypta. p. 16i), et encore dans les traités spéciaux d'Allegranxa et de Giorgi sur celte matière (Giorgi. De maru>grammate Christi).

Le plus souvent, le monogramme du Christ est accosté des lettres a et «* ((K>ur TexplicatioD de ces signes, Y. l'art. A et m). Quand il aflecte la seconde forme, que nous appelons cruciforroe, ou croix monogrammatique, ces deox lettres sont quelquefois suspendues par des chaînettes aux

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deoi bras de la Iraverse horizonlale (V. Boldetti. p. 545, et mieux BolUri. lav. xlit.). Celle ctrconlUoce se remarque parliculiérement dans les mouiiieiiU d'une certaine élégance. Un la -trouve parfois néanmoins sur de simples T~X pierres sépulcrales : le recueil de ij H. De' Rnssi en offre plus d'un f -l~ I eicmple [liucr. Chritt. Rom. t. r. 111' n. 681, Ben et alibi} : et ceci pa- A I J> niîl propre au cinquième siècle ; J les deux inscriptions citées portent

X l«s dates de 150 et 431. Un anlre

marbre romain, postérieur de quelques années (n. 77e), montre les si)jles a et » liusi suspendus aui eitrémilés supérieures du X dans un monogramme de la forinecunslanlinieune la plus pure.

Cest le seul fait de celle nature que nous ayons rencontré.

Le mon(çramrae, 1res- fréquemment partout el à peu prè$ toujours dans les Gaules, est renfermé dans une couronne, oti liiut environné de palmes (V. l'art. Pai-

ButS ■ ce qui marque la victoire remportée par le

nom du Christ sur tous ses ennemis. Une signi-

ficalion analogue s'allacheau mo-

Mnogramme cruciforme quand il se troi^e lixé au milieu de la lellre N {^), ce qu'on ne saurait interpréter autrement que par xmctoc MKi , Ckrislu* vincil (V. Uosia.

Quelquefois il e^t tracé dans le vide d'un triangle (Fabretti. p. 573 et notre art. Trianjlt). qui est le symbole de la Trinité. D'autres fois, on le voit arboré sur la lèle de Nolre-Seigni^ur en personne (Boldetti. p. CO el noire art. iiiu-Chritt], ou sur celle du Bon Pasieur, ou encore sur celle de l'agneau, qui sont ses plus louchants symboles. (Hanadii. m. 18. ~ bottiri. tav. XII. — V. aussi une des figures de noire art. Église), ou encore dans l'intérieur du nimbe dont la lète du Sauveur est entourée, oomnie on l'observe notamment dans la mosaïque de Saint -.\quiiin de Milan (V. Allegrania. JfMiM. Criit. di MUano. Ut. i. — V. aussi noire >rt. Nimit). Sur des tombeaux de plomb trouvés iSaida en ^bénicie, il se présente avec cette cironslance singulièrement inléressanle, que les biMusea sijjles a«rc {Y. l'art. Poitton] sont ins-

crites circula irement dans les intervalles des jambages du monogramme.

Le X lout seul fut sans doule aussi un monogramme plus abrégé encore du nom du Christ. Il s'en trouve d'asseï nombreux exemples dans les monuments, el Julien l'Apostat, en parlant de son hoslililé conire le chrislianîsme, disait qu'il faisait la guerre au X (Mitop. p. 99 et lit. edït. Paris. 1583). Au revers de quelques médailles impériales, i prtir de Valentiitien, père de Valens (V. Cohen. 1. vi. p. 401. n. 53. '70), cette lettre lient souvent la placedumono;:r3mme sur la draperie du labarum. Peul-ètre même est-ce lli la plus ancienne forme, celle du premier Age de la discipline de l'arcane, parcoqu'elle rappelait d'une manière moins sensible que le clirisme proprement dit le nom du Christ.

II. — La plupart des auteurs catholiques qui ont écrit sur le monogramme du Cbrist, et dont les témoignages sont résumés dans le Traité de Giorgi {op. laad. c. n), en font remanier l'origine jusqu'aux temps apostoliques, et estiment qu'il dut prendre naissance en Orient, alors que, pour la première fois, tes fidèles adoptèrent le nom de chrétiens : ce qui expliquerait pourquoi il se composa de lellres grecques et non de caractères latins. Ce serait à ce monogramme que, toujours selon les mêmes écrivains, se rappor~ tent, soit le passage de [' Apoealypne {vu. 2) où le signe des élus est appelé signe du Dieu vivant, Vidi angelum..,. habenlem âgnum Dti vivi, soit cet aulre texte (xiv. 1) ou il est dit que les élus faisant corlége à l'Agneau avaient son nom el celui de son Père écrits sur le fronl. Rapprochant l'objet indiqué dans ces textes du signe prédît par Ézéchiel (it. 4-0), ils croient y reconnaître l'exacte description du monogramme du Christ.

Quoi qu'il en soit de la valeur de ces interprétations, il est difflci'e d'admettre, comme l'ont soutenu quelques critiques extrêmes, protestants pour la plupart, que ce signe ail été complètement inconnu dans l'Ë^lise avant Conslanlin. Tous les antiquaires les plus silrs. de Buonairuoli a H. le chevalier De' llossi, onl tenu pour certain que les fidèles des trois premiers siècles en ont fait usage ; et le conteite des chapitres vingt-huit el vingtneuf de la Vie de Contlantin par Eusèbe suppose évideinmenl que ce prince lit retracer sur son labarum un signe, non pas inreulé p.ir lui ou pour lui, mais dès longtemps consacré dans la société chrétienne. Telle fut assurément la conviction des chrétiens des temps postérieurs, car s'ils eussent cru que le type du monogramme avait éié pour la première fois révélé par Jésu»- Chrisl à fionslanlin dans sa célèbre vision, ils en eussent respecté la forme, la tenant pour hiératique. Or qui ne sait par combien de pliases successives il a passé, jusqu'à ce qu'enOn il se soit

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trouvé réduit à la forme de la croix simple? (V.De' Rossi. De UL Carthag, passim.)

D*une autre part, il est avéré par une épttaphe que sa dale consulaire place avant le régne de Constantin, que déjà alors les chrétiens avaient un monogramme composé des deux lettres I et X ("luawi Xpi9TÔ;) ainsi groupées rjc (De* Rossi. Insc. Christ, t. I. 16. n. 10). £sl-il croyable quils niaient pas eu l'idée de s'approprier aussi, et même de préférence, le ^, signe Irés-connu dans Tantîquité, et qui, employé par les païens, aurait eu r avant âge, tout en offrant aux fidèles les initiales du nom du Christ, de donner satisfaction à ce besoin d'arcane qui fut un des caractères les plus saillants de la primitive Église ? Us pouvaient en effet le voir fréquemment sur quelques médailles grecques impériales, et en particulier sur un médaillon de Trajan-Déce, et ces monogrammes présentent une conformité tellement exacte avec celui que nous appelons monogramme du Christ, que de savants numismatistes ont cru pouvoir y signaler la main d'un monétaire chrétien qui, saus s'arrêter à ce que les sujets mythologiques représentés dans le champ avaient d'incompatible avec les dogmes de TÉvangiie, avait voulu y introduire le signe déjà admis parmi les chrétiens (Y. Tart. Numismatique^ I, 1*).

Tout ceci étabht, en faveur de la préexistence du monogramme du Christ au règne de Constantin, une de ces probabilités qu'on ne saurait repousser sans témérité. Malheureusement les monuments jusqu'ici connus sont insutlisants pour élever le fait à la hauteur d'une vérité démontrée. La question se trouverait néanmoins tranchée, si Ton admet, diaprés la grave autorité de M, De' Rossi: 1* que le petit loculus que nous reproduisons ici

et qui a été récemment trouvé au cimetière de Calliste (BuUet. 1868. p. 42, n. 2), représente le monogramme du Christ formé par l'ingénieuse combinaison des lettres dont se compose le mot grec AOPATA ; 2* que ce monument doit être avec certitude attribué au troisième siècle.

^ous ne pouvons nous arrêter à la discuss i 0 n d'u n certain nombre d'inscriptions de martyrs, enrichies du monogramme, qui ont été bien souvent citées avec

^^•. MEROAClARlSSlMAfEMIMA ••••• '^

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1 une pleine confiance. La critique moderne a reconnu que les unes sont fausses (Y. Bosio. 1. m. c. 22), les autres de date secondaire, c'està-dire • tracées après la pacification de l'ÉgUse. Nous n'hésitons pas à ranger parmi ces dernières l'épitaphe de 8iiipucit& et de favstixts (Marchi. p. 27), précieuse néanmoins à d'autres points de vue. Et N. De' Rossi, celui de tons les antiquaires chrétiens de nos jours qui a le plus de droits à être cru sur parole, aflirme qu'aucun monogramme du Christ proprement dit, gravé ou peint sur uii monument daté, antérieur à l'an 312 (Y. Kqvml sotL 2. II. p. 31 7), n'est parvenu jusqu'à noustTî/. Carlhag, p. 33). Il existe, il est vrai, un fragment d'inscription qui parait appartenir à Tan 298; mais la date est mutilée et reste par conséquent douteuse.

C'est à l'époque de Constantin que le^ parait pour la première fois d'une manière certaine sur les tituli romains datés. Jusqu'à ces derniers temps, le plus ancien marbre connu orné de ce signe était de l'an 331 (Id. ibid. p. 38. n. 50). Mais tout récemment un monument d'une époque antérieure a été trouvé sous le pavé de la basilique constantinienne de Saint Laurent m agro Yerano : il est de 323. 11 n'échappem à personne que celle année est prérisément celle de la mort de Licinius, et c'est à cette époque seulement que I« dirisine commence à être gravé sur les monnaies constantiniennes (Y. De* Rossi BulleU. 1863. p. 22). C'est eo 355 que pour la première fois il se trouve placé entre les signes a et u. En 347, on voit apparaître d'autres formes, celles notamment où la croix se montre d'une manière plus visible. C'est d'abord le monogramme où le type ci-dessus admet au milieu du X une ligne transversale ^. Bientôt après le X lui-même est supprimé, et ne laisse plus que les éléments composant la croix monogrammatique, forme qui, jusqu'à la tin du quatrième siècle, marche de pair avec l'ancienne. Dès le début du cinquième siècle, le P disparait à son tour, et la croix latine f, ou grecque -\-, se substitue aux monogrammes. De telle sorte qu'après 4Ô5 le ^ s'éclipse presque complètement, du inoins à Rome, et particulièrement sur les èpilaphes; que la croix monogrammatique devient de plus en plus^rare, et que l'une et l'autre s'ef!<iceDt à ppu près sans exception devant la croix nue, qui prend enfin possession du monde. En faveur de l'identité de la croix avec les divers monogrammes

qui l'ont précédée , on peut tirer une nouvelle preuve d'un 3i^^/5 V i^^i monument

;.U. **""^ — ** „ ^ J -^/'f ■ récemment ■.■■•Li!j^kâaiaffi,T'M.. ..IlLi*»^ ^^^iafli publie el qui

n'est autre que la Bible grecque du mont Sinaï. La le •f- se trotire retracé en quatre endroits : à la lin de la prophétie

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de Jérémie, deux fois à la un de celle d*Isaîe, et, ce qui est bien plus concluant, au milieu du mot ECTAiRMeH, crucifunu est, du huitième verset du deuxième chapitre de YApocalypu (De* Rossi. Mkii. 1863. p. 62).

La disparition du monogramme s*opére moins rapidement dans le reste de TOccident; et, en Italie même, les inscriptions des Alpes Gottiennes ])résentent encore d'assez fréquents exemples du monogramme ordinaire vers la fln du cinquième siècle. Un Tragn'entde sarcophage de Lyon (de Boissjeu.p. 545), gravé au bas de la page précédente, ne Doas parait pas beaucoup antérieur à cette époque.

Au temps de Gharlemagne, sans doute à raison de la faveur qu'avaient reprise les bonnes éludes et du goût renaissant pour Timitation des dioses antiques, le monogramme redevient en grand honneur. C'est ce qu'on peut voir notamment par lessouscriptions de quelques conciles tenus sous lempire de ce prince, et dont nous possédons les originaux (V. Mabillon. De re Diplom. 1. v. tab. liv. Lv. Lvu. edit. Paris, p. 452. seqq.). Il se montre alors très-fréquemment dans les diplômes et même dans les inscriptions sépulcrales. Nous donnons ici, comme spécimen, la souscription du fameux. Hincmar de Reims au premier concile de Pitres.

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Les deux autres signatures apposées au concile de SfMssons sont celles d'inginaldus de Poitiers

et de Dodo d'Angers.

î ^ DoDoXnD£gxv^ï/.s/5^5 ^.

m. — Voici les principales classes de monuments sur lesquelles le monogramme du Christ se trouve retracé.

i* Les églises et basiliques primitives étaient marquées de ce signe sacré, soit à l'extérieur (Boldelti. Cimit. p. 338), soit à Tintérieur, principalement dans les mosaïques qui en décorent l'abside ou l'arc triomphal, comme, par exemple, dans celles des Saints-Oôme-et-Damien à Rome (Ciampini. Yei. monin. t. ii. p. 60), et dans celle de Galla Pladdia de Raveune (Id. t. i. tab. lxv et un), soit sur les chapiteaux des colonnes, et enfin sur les murailles intérieures et sur le voile du sanctuaire (Mabilion. De re Diplom. I. n. c. 10. P- HO). En voici un d'une élégante forme, pris de l'abside de l'église de Qhalb-Louseh, dans la Syrie centrale (De Vogué, Syrie centrale, pi. 129).

-^u-dessus de la traverse sont tracées les sigles à ^^ «*, et au-dessous le nom du Christ en toutes ^^tres xncToc. Un des plus anciens exemples du

monogramme du Christ nous est offert par un« marbre conservé à Thôtel de ville de Sion ; il est de l'an 377 (Y. Mai. collée, vatic. t. v. ex sched. Marini. p. 375. n. i). Mais c'est à tort que Ton» avait attribué une destination religieuse au monument où ce monogramme est tracé : c'est un édifice civil.

2* Les baptistères. On peut conjecturer que lesigne du Christ y était reproduit, par un petit édifice de ce genre qui se trouve sculpté à côté d'une basilique chrétienne, sur un sarcophage antiquede Rome : le monogramme est tracé sur une petite tablette surmontant le toit de ce baptistère (V. le monument à l'art. Baptiêtères),

3* Les monuments funéraires. Depuis l'époqueconstantinienne jusqu'à celle où la croix fait son apparition, il n'est presque pas de pierres sépulcrales qui ne portent l'empreinte du monogramme du Christ. Dans les épitaphes, il est qu^'liuefoisappelé par antonomase sigrvm domi.ni (Boldetti. p. 345), ou simplement ^icnvii ^, ce qui revient à dire signvii cbristi {ïd. p. 309). Ainsi, par exemple, il est dit que le déjfunl repose ir signo ^, sous la protection du signe du Christ {Id. p. 273) ; ailleurs IN ^, in Christo (Lupi. Sev. epitaph. p. 133)»

Bosio (p. 215) donne un marbre où le monogramme est surmonté de la légende du labarum constanlinien, in hoc vinges, ce qui, par allusion à la vision de l'empereur, exprime certainement la victoire que sinfiVI^i et ses fils avaient remportéepar Li vertu du noni de Jésus-Christ, ou pt'ut êtreune exhortation aux chrétiens de se prévaluir de ce nom sacré pour triompher des ennemis deleur salut. D'autres moimments funéraires paraissent avoir le même sens Ainsi, sur une pierre sépulcrale des catacombes (Mamacchi. Origin. Christ. t. in. p. 62), on voit un personnage vêtu d'une pénule très-ample, tenant de la main droite un monogramme cruciforme dont la haste allongée repose à terre, absolument comme, au revers de leurs médailles, les empereurs chrétiens portent

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le tabarum. Quelques médailles bjunlines d'Anaslase 1" par ewmple, et de luslitiien I" {V. Sabalier. t. i. pi. tiii U. iir. 5), montrent i leur revers des Victoires, absolument aTec le même atlributet dans la même altitude que ce personnage. Nous iroUïonsdansHirangoni (Ad. S- Vicl. append. p. 98) celte inscription fort curieuse, inspirée probablement par une pensée analogue : Bi A^u Ti, bila pour vila, la ïie. Ksl-ce un nom propre ou un touciianl hommage rendu au nom de Jésus^Chrisl qui est la vie — ego tum vita ?

Oliïieri (Jtform. Pitaur. p. C6) a publié une épitaphe grecque, que quelques savants, nous devons le dire, regardent comme douleuse, mais qui ofrre celle singularité que tous les mois dont elle se compose sonl séparés par le monogramme, comme ailleurs ils le sonl par des espèces de cœurs ou de feuilles (V. l'art. Cœur). Le même signe se rencontre aussi sur qui^lques-unes de ces tuiles ou aulrcs ouvrages de terre cuite qu'on employait pour fermer les loculi (Fabretti. vu. vi). Celui-ci est détaché d'une tuiled'une sépulture du cimetière de Cyriaque (Boldelli. TiTil). M Hatt quelquefois, dans

ces sortes de monuments, eiéculé en mosaïque, comme Boldelli l'avait remarqué aux dmeliéres de Cyriaque et de Priscilte ; il en donne un exemple à la pag)* 558 ; d'autres fois il était furmé sur la cbaux par des cubes simplement juilaposés- Dans une crypte funéraire servant de sépulture à une vierge chrétienne, crypte récemment découverte au cimetière de Cyriaque, le monc^ramme tient la place de l'étoile des Mages (V. l'art. Adoration de* Maga).

Les sarcophages de marbre sont aussi très-souvent ornés du monogramme du Christ, ordinairement au centre de leur partie antérieure, soit simplement dessiné dans un cercle (Bottari. tiib. mm), soit gemmé et placé au milieu d'une licite couronne, ou au sommet d'une croii également gemmée. Dans ce dernier cas, il tient la place occupée ordinairement par Nutre-Seigneur en personne, et, comme lui, il est rnlouié des douze .npAIres (Bottari. tav. ix%). On connaît de ces tombeaux où le monogramme est tracé sur le fitl des colonnes ou des pilastres qui régnent â leurs eilrémités (Id. lav. cixxvi).

Une crypte découverte à Hitan, en 1845 (V. ce

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que nous en avons dit à noire article Martyre) Uix voir sur ses parois un monogramme d'une forme irr^ulière, et qui. en outre de Va et de I'h, r^i encore entouré de sepléloilps t)ans l'opininn df quelques archi'olngues.ces sept étoiles dont les monuments chrétiens offrent de nombreux eiemples^V.

noire art. Éloilet), figureraient en abrégé la Grande Ourse, et, selon les mêmes savants , seraient un symbole de l'indèfectibililédu bonheurdont les saints jouissent au cid: et la raison qu'ils en donnent, c'est que les étoiles dont se compose celte constellation ne disparaissent jamais de l'horiion, meluentet aquore lingi (Vii^il. Georg. I. i, 2*6). aquore immiam [Ovil Jfrfamorpft.iui.v. 295). C'est pourquoi les an ci^^ns en avaient fait, sur leurs monnaies, le symbolf de l'apotbéose et y avaient placé le séjour ilts âmes justes, oÙ,lanquam in loeo cœli lupfrion, <rvo œlemo fruerenlur, comme l'exprime Passen {Deite gemme attrifere, t. n, p. 36). Le monuntfnt qui nous occupe serait l'appUcalioD chrélirnae de cette doctrine, surtout si l'on admet, coiniiie l'indiquent les caractères les moins équivoque;, que nous avous affaire â une sépulture it

i' Les lampes d'argile ou de métal, tiré«s<lM cimetières chrétiens (V. l'art. Lampei dirétitmm]. Le plus souvent il s'y trouve isolé, raremnit associé à quelques autres symboles. On en [fut voir plusieurs dans le recueil de Barloli \U antick. Litcerne lepolcr. paît, lu, a. SS se;;;:.). Giorgi {De monogram. Christ, p. 10) en a pa^'i'f quatre où le monogramme eil tu sous dirersr^ formes, et dont lune est ornée du iabanm oniplet, entre deux soldats debout, ag^puyés dune main sur la lance, de l'autre sur le bouclier.

5' Les fonds de coupe de verre des premifrs siècles recueillis dans les catacombes rornainfs et ailleurs (V. HuoiiarruotL Velri. passim; et Carrucci Velri omali di fig. in on. tav. iï« elalH' Il se voit sur cette classe de monuments, nmût isolé (Boldetti. p. iU. flg. 4), laulAt enire S. Pierre et S. P.iul, sur une cul-mne, symt»le Je l'Église {/tiri. n. 2. — V. ce sujet à l'art. S. PrV"c et S. Paul), quelquefois entre deui étoiles, suf une tablette près de Notre-Seigneur [Buonarruoti. lav. viu, lig. I), ou entre deux époux dont li consacre les liens (ï. notre art. Uariagfitn&n derrière la tète d'un Saint, de S. Laurent j'-ir exemple, en guise de nimbe (Aringhi. t. u, I. >•• c. 21), pour indiquer que Jésus-Clirist soutient >f= Saints et habite dans leurs cœurs.

6* Les bijoux, les médailles que les prennes chrétiens portaient suspendus à leur cou en gii'*e

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d amulettes (Aringhi. I. ti. c. 33), et ces petites boites d*or ou d autre métal (Bosio. p. 105) destinées à renfermer, soit des reliques, soit le livre des ÉTangiles, soit des fragments du bois de la ^raie croix (V. les art. Amtdettes et Encolpia).

U parait qu*on faisait même des monogrammes isolés et portatifs, comme nos croix et nos médailieà. 11 existe au musée du Vatican un objet que d'Agi ncourt croyait être un moule d'argile destiné à en tirer des exemplaires. Hais nous apprenons de H. De* Rossi que le monogramme en question est en marbre palombino, qui ressemble à Targiie : ce n'était pas un moule, mais une pièce détachée d'un opu* te$$eUatrum ou marqueterie. Secondement, les anneaux. Il s'y trouve, ou seul (Boldelti. p. 302, n. 25), ou accosté des sigles A et «» (Veltori. Num. œr. explic. p. 52), ou accompagné de quelques autres symboles (V. Perret, vol. IV. pi. xvi). Sur une cornaline oti est gnré rixerc symbolique, le X, qui est la seconde leitre de ce mot, se combine avec un P pour fomier le signe du Christ (Hagioglypta, p. 255). On le retraçait aussi sur les sceaux, et Boldetti trouva sur la diaux d'un loculus des catacombes romaines une empreinte où se lisait la légende sPEs OEi, combinée de telle sorte que le P du monogramme y tenait lieu du P dans le mot spes (Boldetti. p. 336).

Aux objets d'art que nous ont laissés les premiers chrétiens, nous devons rapporter une statuette de S. Pierre (Bellori. Lucerne. ant, part, ui, n. 27), bénissant de la main droite, à la manière latine, et de la gauche tenant appuyé sur son épaule le monogramme cruciforme. Cela signifie sans doute que S. Pierre était appelé à porter jusqu'aux extrémités du monde le nom divin par la vertu duquel il avait guéri le boiteux à la porte du temple : m nomine Jetu-Christi Nazareniy surge et ambula {Ad. m. 6), et qui devait être dans sa main l'instrument de toute sorte de prodiges (V. le monument à l'art. Pierre (S.) et S. Paul).

7* Maisons. Plusieurs écrivains anciens, entre autres S. Chrysostome et S. Cyrille d'Alexandrie iCotdra. Jtdian, aug, 1. vi), attestent que les premiers chrétiens avaient coutume de tracer le monogramme du Christ dans leurs habitations. Le l'ait a été naguère vérifié, pour l'Orient, par H. le comte Helcbior de Vogué. Dans un grand nombre

de villes chrétiennes

des montagnes de la Syrie, ruinées probablement depuis l'inva^ion musulmane, ce savant a trouvé ce signe sacré sculpté en relief sur la plupart des portes. Cesmono-M grammes sont d'une singulière élégance.

yous en prenons deux exemples au hasard. Le premier^ d'une localité dite Serdjilla, présente cette paiticulanté intéressante qu'au-dessus de

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