ANTIQ. CHRÉT
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la traverse est tracé un X, qui, se combinant avec le P, exprime doublement le nom du Christ (De Vogué, pi. 31).
Celui-ci, qui se termine par un lemnisque gracieusement entrelacé, a été trouvé à Retourza, sur la porte d'une habitation à laquelle on a donné le nom de Maison du Sculpteur (Id., pi. 43).
8" Monnaie publique. On sait que Constantin faisait graver le monogramme sur les boucliers, sur les casques et sur les cuirasses de ses soldats (Prudent. Contra. Symm. 1. i. vers 487. — Lactant De mort^ penecut. xuv) :
Christus purpuream gemmant! textus in auro Signabat labarum. Clypeorum insignia Chrislus Scripserat : ardebal summis crux addita crisUs.
Nous avons des médailles de cet empereur oii il le porte lui-même sur ces trois pièces d^ son armure, et ses successeurs imitèrent son exemple. Il existe une monnaie de Majorien (Cohen, t. vi. p. 515) qui fait voir le buste de l'empereur avec une fibule au sommet du bras gauche, laquelle est ornée du monogramme.
11 est de tradition constante que Constantin le fit placer isolément sur la monnaie publique, et les pièces de cette espèce ne sont pas rares. Plusieurs savants les ont décrites, et en ont fait l'objet de travaux particuliers, entre autres M. Feuardent, dans la Revue numUma" tique en 1856, M. l'abbé Cavedoni, de Modène, dans un ouvrage spécial en 1858, et le P. Garrucci, dans son livre sur les verres dorés (p. 86suiv.). L'une d'elles montre d'un côté Constantin avec la légende coitsTAifTiiivs hax. avc, et au revers un serpent dont le ventre est percé par la haste du labarum, au sommet duquel est le monogramme de la forme accoutumée : et dans le champ l'inscription spes pvblic, pour marquer que la paix publique doit être le résultat de la destruction de l'ancien serpent par le régne victorieux du Christ (V. le monument à l'art. Serpent). Les tyrans Magnence, Décence, Vélranion, Népotien, adoptèrent eux-mêmes cet auguste signe sur leurs médailles (Du Cange. Famil. Byzant. tab. xu etxni). Tristan (t. m. p. 653) donne deux pièces de Vétranion dont l'une porte au revers le monogramme avec la légende hoc sig:io victor bris, et l'autre deux labara avec le même monogramme (V. notre art. Numismatique^ 11).
Des emblèmes de victoire accompagnent souvent le signe du Christ. Ainsi un chapiteau de colonne d'Arles (Millin. Midi de la France, pi. lxiv. 2) le fait voir enfermé dans une couronne de chêne et emporté dans les airs par l'aigle romaine. C'est
une belle et noble allégorie du triDm[)he duchristlanisme, dont (oui dans celte Tille antique de la Pruvence rappelle le^ glorieux dcbuU.
Le monogramme du Christ dut être déji trè»populaire qualorte à quinze ans après la lictoire de (^nslanttn, et élroJlement lié à son nom. En effet, nous le voyons figurer, quoique arec descirconstances assez bizarres, diin» le poetne que Porphjre (Publius Optacianus Porphyrius) adressa nu vainqueur de Uaxence pour obtenir son rappel de l'eiil. Par un de ces jeux d'esprit qui se produisent aux époques de décadence lilUraire, le poôte eut la singulière idée, dans un endroit où il compire le monde romain à un vaisseau et Constantin au pilote qui le gouvernail, de Iracer avec ses vers la Tigure d'un navire dont le gouvernail présentait la forme du monogramme. Le P. Garrucci a reproduit ce tour de force dans son ouvrage sur les verres dorés (p. 105).
9* Les meubles et ustensiles domestiques. On montre au monastère de Sainle-Croix de Poitiers, comme ayant appartenu à Sie Radegonde, femme de Clolaire l". Gis de Clovis, un pupitre en bois, sur lequel le monogramme de Noire-Seigneur est grossièrement sculpté dans une couronne, entre deux croix gemmées qui ne sont elles-mêmes que des monogrammes crucirormes (Mélange* iTarckéoi.,L ni. p. 15i>).
On a ce même monogramme sur un vase de bronze qui paraît avoir servi de mesure l^ale (V. Le Blanl. hier. chrH. de la Gaule, t. i et pi. n- 2i*). Pignorio, cité par Botlari (t. i. p. 102), allesle avoir vu une strigile sur laquelle le monogramme était ainsi combiné avec le nom du possesseur de cet instrument : cresc :^ tmu. La même combinaison se remarque quelquelois dans les inscriptions sépulcrales : i^ghige (De' Rossi. Intcr. ChrUt. i. p. 111 n. 221). On trouve encore le signe du Christ sur des cuillers d'argent (id. Bull. 1868, p. 79-84 et tg75, p. 118), et jusque sur des colliers d'esclaves fugitifs. Gioi^i en publie plusieurs (p. 30. —Cf. Fabrelti. vu. 365) et entre autres celui de l'esclave d'un acolyte attaché apparemment à l'antique basilique de Saint-Clément à Rome ; i doiumcv clehkhiis. L'usage de ces colliers date de Constantin (Pignor. £;iitl. ixiv. — Spoa. MiiceUan. 301); ce prince, suivant les inspirations du cbristianisme, remplaça par cette pratique inoffensive la coutume barbare de marquer au front ces malheureux, et ordonna que le mo-
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iiogramme du Christ fût graté sur la plaque de métal qui était suspendue à leur cou, afin dïfjire comprendre a l'esclave que c'était à ce nom lit»;rateur qu'il était redevable de cet adoucissoDeiii
Le lecteur aimera sans doute à trouier ià k di'ssin d'un de cesobjets non moins rares qu'ialéressants. Nous l'empruntons au Su/letin de N.te' Rossi (17i. n. 1). L'esclave appartenait à an chrt' tien nommé Haximianus, dont la demeure èliil située au forum de Mars, et qui exerçait li jiroli^i sion d'anliguai'iM, ou Iranscripteur de livrer anciens (Y. l'arl. LrtrarJi]' L inscriptitm porte: • Arrèlei-moi (parce que je suis en fuili') et nmenex-raoi au forum de Hai-s chez NixiotianDS intiquarius *.
TENEMES:^
f'ETRîVOCAMEIN rokÔMÂRTISAD]
l¥. — Nous devons signaler encore quelque autres ciroonslances ou l'on employait le mouegramme du Christ dans l'antiquité chréli^iiM.
1* Les évèques avai'ent coutume de le Irjrerffl tète de leurs lettres dîtes formées ou paudiui* (V. l'art. LeUra eecléêiaêtitput); il est çrésiwA que quelques-unes des pierres anuulaires qui '" sont revêtues servirent à cel usage. QiuntiUsage lui-même, S. Jean Chrysostome y fait évidemment allusion dans celte phrase d'uK de ses homélies {Homil. i In. Epiit. ad Coloit.n ■■ • Nous mettons au commencement àt dos lettre' le nom du Seigneur. » Il est probable qu'un '^'' analogue est désigné dans une autre homélie ^ui l'adoration de la croix attribuée au ntéme r«re « tom. ti Opp- tjutd. edil. tloniraucon), el "ù i' f^' dit qu'on scellait ces lettres avec la croix. U n»noijramme était souvent en ce temps-là iW' croix, témoin le lexle de Prudence cité plus luoi où il est bien indubitablement question du figue constanlinien. On s'en servît plus m^ F"' les diplômes (Mabillon. De reDiplom.l vUl'"' On a vu plus haut qu'au temps de Charleffl'i-'' lesévêques adoptèrent de nouveau cet us.iseï^'^ leurs souscriptions aux conciles.
2* Un signe tout semblable au:gélaileinrH'' comme marque ou moiwnio pour noter wfl""' passages remarquables des auteurs qu'i» '^''
MONO — a
Ins. S. Isidore de Séritle et Cassiodore en font menlion et l'appellent chn'ainiut ou adiritimiu. Le premier {Origin. I. i. cap. 20) le dëfinlt ainsi : KilgiucT, hirc tola ex totunlale uniuteujuique ail aliquîd nolandum poititur, < ce signe est pincé pour marquer quelque chose, selon la Tolonlé de chacun ; * et il en donne la figure en marge.
3' Dans certaines Eglises, le monogramme du Christ arec l'a et l'u était le premier texte d'initiilion des caléchuménes On leur présentait ces Mgtes (Y. l'art, i et a) pour les instruire des deux Dalures en Jésus-Christ, et de la rédemption consommée par la mort du Sauveur sur la croii. A lilan, on avait coutume de les tracer sur un linge grossier, eitidum, couvert de cendre, et placé en dedans de la porte orientale de l'église de Sainte- Thècle (Muratori. fer. liai, teript. t. iv. p. 66). où, après diverses cérémonies préliminaires, tes calédiumènes étaient introduits par les portiers et par le ;ous4iacre, pour entendre la doctrine et en suivre des yeux l'explication sur ces signes mys~
Y. — Tout ce que nous avons dit jusqu'ici concerne le sigle qui renferme, outre la figure déguisée de la croix, l'abrégé du nom du Chriât, IP1CI0C. A une époque moins ancienne, mais qu'il serait bien difficile de préciser, paraît un monoçrraoune du nom de Jé^us, nu (fhcoïc). Il est emprunté aux Grecs, bien que dans leurs peintures, qui sont aujourd'hui exactement ce qu'elles étaient àH le début de l'ère byzantine, l'usage ait prélahi de représenter ce nom sacré par deux lettres seulement : ïë. Ce monogramme est liybride, atlendii que la lettre grecque H est suivie de la kllre latine t. Mais on sait que les Grecs du basempire employèrent fréquemment celle-ci, comme on le peut voir dans beaucoup de leurs médailles. £n adoptant ces sigles, les Latins ne firent qu'ajouter une croix au milieu du h : i A s. On dit que S. Bernardin fut le principal propagateur de ce nouveau monogramme.
liais nous croyons qu'on n'en vint pas là sans Innsition, et que, étudiée attentivement, l'antiquité pourrait fournir des types attestant une transformation graduelle. Avant d'abandonner le premier monogramme pour le second, on commença par tes réunir. Nous en ^3^ avonsunlrés-curieuxeiempledans 'v'W) une inscription du recueil du P. Lupi [Epitapk. Ses. p. 137), marbre qui doit être Irès-ancien, car il est décoré d'une ancre, symbole des temps les plus reculés (V. les art. .-Incre et intcriplioni).
Voici le monogramme, ou plulAl tes deux monogrammes, non pas confondus, mais seulement rappro- J\ chés;^::^.
^^A^ Il existe un autre monument où
ils sont groupés. C'est une mosaïque du sixième siècle, dg la chapelle de Saint- Satyre à Sainl-Ambroise de Milan, oii se voit
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S. Victor, portant d'une main une croix et de l'autre le signe ci-contre (V. Ferrari. Monum. di S, Ambrogio. p. 175.) Voici le monument lui-même. Ce monogramme, d'une forme toute
nouvelle, fut sans doute imaijiné pour compléter l'ancien chrisme qui ne renfermait qua le nom du Clirist, par l'adjonction des inîtialesde celui de Jésus. En effet, nous avons ici d'abord la croix monograroma tique formée par la lettre mê:diale qui n'est autre que le P, et par une li^ne transversale faisant la croix. Hais le P est pourvu d'une liasle allongée représentant la première lettre du nom du Sauveur I ; et les deux lignes perpendiculaires flxées aux extrémités de la traverse forment évidemment la lettre H, qui est le second étément de ce nom sacré. Cette ingénieuse combinaison de lettres a donc pour résultat :
InCOTC XFICTOC, lESDS CBRISTDB.
HO?IOGRJVHHES. — L'usage de lier ensemble les lettres composant un nom, ou seul^nent quelques-unes d'entre elles, est très-ancien. Ou remarque en elTet de ces monogrammes sur les médailles consulaires : par exemple, le nom de Rome est ainsi abrégé sur une monnaie de la famille Didia, celui de Marcius et celui d'Ancus sur quelques pièces de la famille Harcia.
11 est pi-ésumable qu'on commen;a par réunir au moyen de simples ligatures deux ou trois lettres ensemble (V. Gruler. p. clxix. 1. dcuixii. 3. HVEi. 3. >uxv. 10. aiciv. 1. elc) (les médailles consulaires en offrent de nombreux exemples), et que de là vint l'usage des monogrammes proprement dits. H en existe beaucoup sur les plus anciennes médailles grecques, exprimant les nornsde certaines villes (V. la Paléographie de Honlfaucon). Un médaillon de Uxonia à l'enigie de Trajan-Dèce présente à sa 'partie supérieure un monogramme absolument identique, quant à la forme, au monogramme du Christ (Mélange* d'Arehéol. t. m. p. 197). (V. celte médaille à l'art. Numitmatiqiie, 1, 3-.)
Cet usage continua et se développa beaucoup fcus te Bas-Empire-, on trouve le nom de Ravcnne ainsi exprimé sur des médailles frappées dans celte ville (Du Cange.FamiJf«t bytant. Maurice, p. IU4). Nous y ajoutons les monogrammes d'Arles et de
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MONO
Hilan. Fabretti (p. 523) donne le monogramme d*OIibrius sur une plaque destinée à être portée au cou
Arles.
Milan.
Ilavennc.
d*un esclave de ce Glaudius flermogenianus Olibrius. La numismatique byzantine, surtout à partir d'Ânastase I*', est vraiment le règne du monogramme. Dans les deux premières planches de son ouvrage {Monnaiet byzantines» Paris, 1862), M. Sabatier a réuni la plupart de ceux qui sont inscrits, tant sur les monnaies byzantines proprement dites que sur celles des princes ostrogoths ou vandales. £n voici trois exemples :
signifie aussi monogramme.
Théodoso II. Mcéphore l'hocas. Manuel II Comuéne.
Les monuments de Tépigraphie chrétienne antique en ont déjà un assez grand nombre. Nous citerons ceux d'Âurelia (Perret v. pi. xlix. 23), de Petrus (Muratori. p. 1923. 1), de Valentina (Boldetti. p. 361 . On lit les monogrammes de Pelegrina et de Turcius sur une cassette d'argent appar-
tenant à M. le duc de Blacas. La
TT^ T^ formule w pace est figurée en mo- U« La nogramme sur le iiiului de Yeni- I^VL ^'"^ Flaccus (Fabretti. p. 584.
^^"^ xcii), RI, et aussi au numéro suivant, sur la tombe d*une chrétienne nommée ireniana; ici le mot irene, qui
PAX, est écrit en
Le mot BEIfEME-
REicTi est aussi exprimé monogrnmmatiquement dans une inscription antique (Fabretti. p. 569.
n. cxxx). Celte abréviation, in- Amaie. terprétée amate , est une des
plus curieuses connues (Perret, v. pi. lvh. n. 10).
Celle-ci se lit : locvs rvhnae.
T Beaucoup de monogrammes tra-
W^k ces sur les marbres chrétiens sont
■^ antérieurs à l'époque de Con-
I ^^ stantin. M. De' Rossi atteste que le
^BmMmÊmmmm troisième siècle en fournit déjà
un assez grand nombre, et il en rapporte dans son Bulletin de 1865 (p. 34) un trèscurieux qui régne au centre d'un sarcophage représentant Ulysse devant les sirènes (V. la gravure de Tart. Ulysse). Les vieilles mosaïques de Rome, de Ravenne et autres portent ordinairement le monogramme de celui qui les fit exécuter ou même de celui qui fonda Téglise (V. Macarius. Hagioglypt, p. 41).
L^usage des monogrammes devint de plus en plus fréquent dans les bas temps. Le calendrier
imprimé par Lambéce porte à son frontispice un certain accouplement de lettres représentant, selon ce savant, le nom de l'empire romain d'Orient, et, selon M. De' Rossi, les mots : valektiîïb. FLonEAs. IN DEO. Le monogramme de Ciiildebert décore un marbre trouvé à la Chapelle-Saint-Éloi (Lenormant. Cim. méroving. p. 34) et ceux de Clovis I" et de Clotaire 1" au bis de deux chartes souscrites par ces princes en 497 et 526 {Ibid, p. 35).
Les souverains pontifes se servirent aussi de monogrammes pour exprimer leurs noms dans les mosaïques dont ils décoraient les basiliques romaines (Alemanni. De Lateran, parietin. c. m), ainsi que sur leurs monnaies (Yignoli. Aniiq. pontif. Rom, denar,) et sur leurs bulles, comme les empereurs, les rois et les princes dans leurs diplômes (Du Cange. Glossar. Latin, ad roc. Monogram.).
On en trouve aussi fréquemment sur les diptyques, comme, par exemple, celui d'Areobindus publié par Donati {Dittici degli antidii, p. 83. pt. iv), et que nous avons reproduit à l'article Diptyques, Nous ne parlons ici ni du monogramme du Clirist, ni des monogrammes inscrits aiu bas des vêtements : ils font Tobjet de deux articles spéciaux.
MONOGRAIUMES SUR LES TÊTE- MENTS. — Les peintures et les mosaïques chrétiennes font voir souvent des vêtements marqués à leur partie inférieure de certaines lettres ou monogrammes. D'après le P. Garrucci ( Veiri. p. 112), cet usage parait n'être devenu ^êuéral que vers la fin du ni* siècle, ou le commencement du IV*.
Les antiquaires sont partagés sur le sens qui doit leur être assigné. Les lettres qui s*y trouvent le plus communément sont T, X, I, H, T. Les uns veulent que le T signifie la croix dite en tau ou commissa; le X la croix decussata; V\ le nom de Jésus; ril encore le nom de Jésus représenté [tar sa seconde lettre : incorc. Telle est Topinion de Bosio {Rama sott. I. iv. c. 5), d'Aringhi [ïiomatubt. H. 1. VI. c. 28). Mais les savants d'une critique pins sûre, tels que Ciampini {Vet. monim, pars. i. c. 13) et surtout Buonnrruoti (IWrt. p. 89), pensent qu'il ne faut chercher aucun mystère dans ces lettres, qui ne seraient autre chose qu'une marque de fabrique.
Boldetti (1. II. c. 58) ne se prononce pas, et Suarez, évêque de Vaison {Diatrib. de restib. litterat. p. 7), est d'avis que les ouvriers, les mosaïstes notamment, ont distribué ces lettres selon leur caprice, et seulement pour se conformer à un usage antique répandu parmi les patriciens et les citoyens considéi'ables, et consistant à inscrire ainsi sur leurs vêtements des noms, des titres, des vers, toutes choses qui leur donnaient beaucoup de prix.
Le fait est que la figure V dont les robes étaient quelquefois ornées s'appelait grammadia (M.icri. Hierolexicon ad h. v). Âllegranza (Monum, crist. di
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Mllano p. i i) adopte l'opinion de. Vettrri (De monogram. Chritli. p. 7), supposant que ces figles peuient représenter lantAt le nom. ou la pntri'', DU la marque de l'ourrier, tantdt le Christ, la cnit. les apdires, et quelquefois le nom ou la pairw du personnage lui-même dont le vêtement est itioti de ces lettres. Kn résumi-, beaucoup d'obscarilé règne d.ins cette matière. Comme spécimen de ces sortes de marques, voir à l'article Chaire le ili^in d'un fond de coupe représentant Nolre- ^i^'neur avec quelques martyrs (p. IbO), plus la îsure de la page 100, etc.
■OSAÏQLES CnitËTIEnnES. — L'usage
des revêtements en
iiM!.'iique comme dé-
(ontioa des nionu-
mmtb religieux el fu-
oÉraires exista, cbei
là premiers cliré-
i:'ns dés l'époque
te per.-écuUons. On
D>n Kaur.-iil douter
M présence dis nombreux Testiges d'ou-
irages àe celle nature
qui se rencontrent
din^i les catacombes
lie Rome : monogrammes, croix en fou et
autres signes ïynibo-
liques composés arec
de pt-lils fragments de pierre ou de verre. Boldetti
ip- 5S3) en reproduit quelques-uns qu'il avait
rmconlrês dans les cimetières de Calliste, de
Prétextât, de Sain te- Agnès.
ïnDngoni {Ad. S. Y. p. 09) mentionne la tombe
d'une enfant de sept ans du nom de trikouilli:!!,
oilourée d'une mosaiqiie de pierres blanclies. de terres coloriés et dorés, sur laquelle l'épitaphe était tracée par le même procédé.
Des fragments intéressants se sont révélés au P. Harclii (V. Monum. délie art. critl. Uv. xlvu) dans la crypte des SS. l'rotus et Ilyacintlie, au cimetière de Saint- Hermès. La mosaïque servait de décoration à un arcoiolium; on y dislingue encore la résurrection de Lazare, Daniel dai:s la f«D;se aux lions, et un personnage dont la tète a Xijparu, mais qu'à son attitude on doit reconr»ïilrepour le paralytique emportant son grabat. &-i tnus ajoutons à cela un petit fragment, reprê- !i entant un coq, qui était fixé à un tombeau chrét ^cn (ferrrt. v, pi. \ii, 3), nous serons au bout de rjûlre énuméralion pour les temps qui ontprér.êdé (JjnMaJitin (V. ce fragment à Tart. Coq).
Cette rareté s'explique par les difficultés de tout ;enre que rencontrait, en de pareils lieux et en des temps si agiles, un travail si long et si minuliriii. Nous devons tenir compte aussi des déprè- <laiiuns et du vandalisme dont tes cimetières sacrée des chrétiens et des martyrs furent l'objet à diurses époques. Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'au
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quatrième siècle que commence le règne véritable de ta mosaïque chrétienne-, c'est alors seulement qu'elle se déploie librement, en plein air, dans les basiliquesprincipalement.
Quatriime liécle. C'est cependant encore par un monument souterrain que doit s'ouvrir le rapide exposé que nous allons tracer des mosaiquesqui furent exécutées de l^ustantin à Ctiarlemagne. On a découvert à Rome en 1838 une catacombe qui eut, croit-on. pour fondatrice Sle lléléne, et à laquelle on a donné le nom de celte princesse. Or plusieurs des cubiada de ce cimetière sont pavés en mosaïques de l'époque constant inienne. mais exécutées dans le goût de l'antiquité. Elles sont remarquables par la variété et l'élégance de leurs compartiments et de leurs entrelacs; une seule montre à son centre une colombe tenant entre ses pattes un raraeau vert (V. Perret. H. pi. Lxiv). En voici la reproduc-
Kous devons citer encore ici, faute de données certaines sur sa date, une mosaïque d'un bon style qui ornait une crypte près de la cathédrale de Vérone, et qui fait supposer chei les chrétiens des artistes habiles, suivant la remarque de Maffei qui nous en a conservé le dessin {Hat. Veron. p. ccvm). Hais ce monument offre un intérêt tout spécial en ce qu'il prouve que, chei les clirétiens, comme chei les peuples de ranliquité, ces sortes de travaux furent quelquefois, surtout quand ib étaient considérables, oxécutés par cotisation, par souscription, comme nous dirions aujourd'tiui, ex. stipb, — lUE C0LI.1T0 : c'est la formule que font lire les marbres antiques. La mosaïque de Vérone i-enferme, dans trois encadrements de formes différentes, les noms des personnes qui avaient pris part à cette œuvre pie. en en faisant exécuter à leurs frais un certain nombre de pieds, l'un dix, les deux autres chacun cent vingt :
La haute Italie fournit plus d'un exemple d'inscriptions de ce genre.
Une des plus anciennes et la plus belle de toutes les mosaïques chrétiennes, aujugemenl des savants, est celle qui décore l'abside de l'antique église du litre de Pudens, connue sous le nom de Sainle-Pudentienne. Elle date de la première reconstruction de celle église, c'est-à-dire du pontificat de S. Sirice, vers la fin du quatrième
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siède. lïotre-Seigneur y est représenté au milieu de ses ApAires, doiil dix seulement sont aiyourd'bui visibles, les deux autres ajant été supprimés à l'occasion de tra¥am eséculés dans l'abside en 1588 par le cardinal Ufuri Gaelani- En dépit de quelques relouches malheureuses faites à cette époque, on regarde encore celle mosaïque, d'un style vraiment classique, comme un des cliefsd'œuTfre de l'art roma no-chrétien (Vilet, Journal dtt SatanU. Jantier 18G3). Par une négligence vraiment ineipMcable, Ciampini n'a point publié ce monument dans son ouiTage spécial sur la matière. H. De' Rossi est le premier qui l'ait fait connaître avec quelque détail (Baliel. Juillel. 1B67). Les décorations en mosaïque furent prodiguées dès le début dans la vénérable basilique de Saint- Pierre au Vatican. Il y eut des ornements de ce genre aux chapiteaux corinlhiens des colonnes (V. Ciampini. De lacr. œdif. p. 33) ; mais tes murailles intérieures, ainsi que les voûtes et la façade eilérieure de ce temple auguste furent enrichies de mosaïques représentant divers faits de l'Ancien el du Nouveau Testament (Ciamp. ibid. tab. iseqq). L'abside en eut de plus èléganles encore (Id. p, 43. — T. la gravure de notre art. Abàde), et le pavé fut composé d'une marqueterie des marbres les plus précieux (Id. p. 3S).
C'est probablement aussi k la munificence de Constantin que sont dues les deux belles compositions qui s'étalent au milieu des niches cintrées pratiquées dans le mur d'enceinte du baptistère de Sainte- Constance (Id.lab, iiiii), près de Sainte-Agnès sur la Toie Nomenlane :
l'une représente Notre-Seigneur conférant la mission i 8. Pierre et b S. Paul, l'autre le Sauveur livrant les clefs au chef de ses apôtres.
Le zèle de l'empereur ne fut pas moins vifen Orient :
de magnifiques ouvr^iges en mosaïque furent exécutés par ses ordres dans les basiliques que sa piété y fondait, à Jérusalem elà Constant inople particulièrement (Euseb. Vit. Cotatant. iv. 58). llans sa lettre à Haiimus au sujet de l'église de cette dernière ville, église fondée en 337, Constanlin fait même mention des artistes en mosaïque qui ï avaient été employés [V. Cod. Tkeodot. I. iH. til. i).
A Rarenne, l'évêque Ursus, qui vivait en 378, construisit vers le même temps une église qui porte
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son nom, et dont la coquille absidale fut décorée d'Images en mosaïque (V. Furietti. De naaitii. p. 68j. C'est le premier exemple apparaissant dam cette ville, qui bienlAt va rivaliser sous ce npporl avec Rome elle-même.
C'est i peu près à celle époque que nous croirions pouvoir altrilmer une belle mosaïque clirétienne découverte dans k- voisinage de CoiiM.inlinit et qui se trouve reproduite dans l'Annuaire de la Sociili archéologique de la province de Canilantint {année 1862, pi. iv). C'est un des plus remirquabies spécimens des débuts de l'art byzantin en Arrique. Au centre, dans un cadre à double \»guette, est inscrite une légende latine qui est une déHnition exacte de la conscience ; itetvs ski , LEX EST, < le juste est à lui-même sa loi. > Autour du cadre, sont disposés deux oiseaux, et à chacun des angles est un vase d'où s'écfiappe une élégante guirlande composée d'une brandie de cette Heur trilobée où quelques inlerpréies Toienl un symbole de la Trinité. L'inscription, où se remarque un lambda au lieu de l'L latine, se compose de cubes de marbre noir et blanc. Les vases. les Qeurs et les oiseaux offrent des couleurs na-n, TiTtes et jaunes empruntées à la nature, tandis que les demi-teintes sont obtenues à l'aide de dii de marbre gris, jaune clair et vert raat. Nous avons tenu à donner une courte descriplioD de cet intéressant (i- Ihoelrotnnt. parce qu'il n'existe plus que dans le dessin de VAnnuairt, auquel nous l'empruntons.
Nous avons aussi i déplorer la perl* d'une autre nugni- Oque mosaïque r[>3vage) de 1^ b.i^ilique de Tebessa, dont lieureu sèment H. le conunandant Séritial a rapiuné un beau et fidrie dessiu de son habile main- Ce qui rend le monument plus inléressant encore, c'est que quatre tombes y sont engagées, avec inscriptions en beaux caracliri's du quatrième siècle à peu prés, dont l'une est celle d'un évèque du nom de fuumis, et une autre rappelle un prêtre nommé flioom-i-
D'un passage de Symmaque (L. vm, r;nil. ii- Cf. Furiet. ibtd.) on peut conclure que ce tut dau= le même temps que s'introduisit un nouceau genre de mosaïque, où les pâles de verre colorié ou doré furent en partie substituées au narbre devenu rare : ce système fut surtout adopté pour
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