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les absides des basiliques, tant de Rome que des pronnces.
Cinquième siècle, Cianipini place au début de ce siècle la mosaïque de Sainte-Âgathe-Majeure de JUvenne {Vet. monim. part. i. 184), représentant Jésus-Christ assis entre deux anges, dans l'attitude de l'enseignement : elle est due à Tévèque Eiupenntius (Y. ce monument à notre art. Anges^ p. 427). Galla Placidia, fllle de Théodose le Grand, a attaché son nom à celles qui décorent, dans la même ville, Téglise des Sainls-Celse-et-Nazaire, fondée par elle en 440, et qui depuis a porté son nom (Furietti, p. 68). Cette même princesse fit aussi exécuter à Saint -Paul-hors-des-murs de Rome la belle décoration de Tare triomphal appelé arc de Placidiet laquelle existe encore, mais avec des restaurations de Clément Xli (Giampini. op, laud. i, 228). On lut attribue en outre Téglise de Saint- Aquilin de Milan, primitivement de Saint- Gênés, et par conséquent la mosaïque de Tabside, qui cependant porte la trace de retouches postérieures (Allegranaa. Manum. ant Crût, di Milano, dissert. i). Celle delà chapelle de Saint-Satyre dans la basilique de Saint-Ambroise peut, d'après les indices archéologiques les plus sûrs, être aussi attribuée au cinquième siècle (Y. Ferrari. Monum. di S. Amhrogio, p. 24 et 25). On y voit, entre autres choses, le bubte du martyr S. Yictor dans un médaillon, au milieu des figures emblématiques des quatre évangéiistes (Y. ce médaillon à la fin de notre art. Mon(h gramme du C^»ri$t).
Sate m, de 432 à 440, fit exécuter, à Sainte- Uarie-Migeure, deux séries de tableaux dont les sujets sont empruntés à TAncien Testament, et dirent les attiques surmontant les colonnes de la nef principale (Id. ibid. p. 195).
A l'année 451 se rattachent les mosaïques de Saint-Jean in Fonte, soit du baptistère de Ravenne, dues à la munificence del'évèque Néon (ïbid. 178). En 462, le pape S. Uilaire décora la voûte de Saint-Jean rÊvangéliste, dans le baptistère de Latran, d'une mosaïque à fond d'or, au centre de laquelle l'Agneau de Dieu se montre dans une guirlande de fieurs (Anastas. In Uilar.). Nous ne saunons oublier celle de Sainte-Sabine, exécutée en 424 par Célestin I*', et où se lit une inscription métrique en lettres d'or, sur fond bleu lapis, dans une zone allongée, aux deux extrémités de liquelie deux figures de femme représentent les deux Églises, ex circyhcisione, et bx gertibvs (Ciamp. 1. tab. xlvii. xlviii. — Y. ce sujet gravé ' â notre art. Êgliêé), C'est vers l'an 465, sous le pape Simplicus, que fut exécutée celle de S. André in Barbara de Rome.
Divers passages de S. Sidoine Apollinaire (Carm. xiui In Fîarbon, — Epist, lib. n. ep. iO) attestent que, même dans les provinces, ce genre de luxe était usité pour leséditices sacrés et profanes. FuriPtti estime (p. 70) qu'on peut rapportera cette époque deux mosaï ]ues découvertes. Tune dans la cathédrale de Nimes, l'autre dans l'église de Saint-Remi de Reims.
L'an 472 vit exécuter à Sainte-Agathe in Suburra de Rome, par les soins du chef Goth Ricimer, un tableau de ce genre représentant Jésus-Christ assis sur un globe au milieu de ses apûtres (Ciamp. I. tab. lxxviu), monument offrant celte remarquable [circonstance que S. Pierre, qui est à la droite du Maître, porte une espèce de tiare, tandis que les autres apûtres ont la tète découverte (V. la reproduction et l'explication de cette mosaïque à notre art. S. Pierre ei S. Paul). On voit par là que ces Barbares ne dédaignaient pas les pratiques de la civilisation romaine , Théodoric donna de nombreuses marques de son goût éclairé pour les arts et en particulier pour la mosaïque (Y. Cassiodor. I. vu Variar. in for^ mui. curœ palat.), qu'il employa à profusion à la décoration du palais qu'il s'était bâti à Pavie ; son effigie figurée d'après ce procédé existait à Naples ; mais ce qui lui fait plus d'honneur encore, ce sont les mosaïques de Sainle-Marie in Cosmedin de Ravenne, représentant Jésus-Christ baptisé par S. Jean, et les apôtres rangés en cercle tout autour de lui (Ciamp. n. 78).
En 468, le pape Simplicius embellit l'Église de Saint-André in Barbara d'images en mosaïque qui existaient encore du temps de Ciampini(i.tab. lxxvi. et p. 242) ; Anastase {In Sym,) en signale de fort remarquables, sous le pape Symmaque, à la date de 498; Basilicam B. Pétri marmoribiu ornavit... ei ex muêivo agnos, cruces, palmas fecit; ce pontifd en fit établir sur les murailles intérieures de la basilique de Saint-Pierre, représentant le Sauveur» S. Pierre et S. Paul et divers autres Saints (De Mcr. œdif, p. 83), et d'autres encore sur un autel dédié à l'archange S. Michel dans TÉglise de Saint-André ad B. Petrum (De tacr. cedif. p. 86). On croit que c'est à cette époque que se rattachent celles dont quelques vestiges se distinguent encore aujourd'hui à Saint-Félix d'Aquilée (Bertol. Délie antich. d'A^il. p. 340).
Sixième siècle. C'est aussitôt après la ruine de la domination des Goths en Italie que parurent les plus admirables mosaïques de Ravenne, ville si riche en monuments de ce genre; et d'abord celles de Saint-Yital, église fondée par Justinien en 541. Les plus remarquables sont celles qui sont établies dans le sanctuaire, des deux côtés de Tautel, et où sont mis en scène les arclievèques Ecdesius et Maximianus, l'empereur Justinien et l'impératrice Theodora, des prêtres et des officiers de la cour. Au centre était un vase surmonté d'une colombe faisant jaillir l'eau avec ses ailes. On peut voir dans Ciampini {Vel. monim. ii. tab. xxn) ces deux curieux groupes, infiniment précieiu pour l'étude des costumes de l'époque, et dont nous avons fait graver le premier à notre art. Penula.
Yers le même temps, l'archevêque Ecctesiiis convertit sa propre maison en une église dite de Sainte-Marie-Majeure, et dans la coquille absidale de laquelle les mosaïstes exécutèrent l'image de Marie avec une habileté admirable (Rub. Miit. Raven. p. 153. — Cf. Furietti. 74). Maximianus
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qui hii succéda sur le trône archiépiscopal, bâtit, au rapport d^Agnellus, Téglise de Saiiit-Élieane, et dans la tribune plaça 1 image du martyr, in tribuna cameris teiselHs vnriis elaboratam (Agnell. In. Vit. Maxim. — Cf. Furiet. ibid.). Agnellus, à son tour, archevêque de la même ville, orna les murailles de Téglise de Saint-Martin, dite cœlum aureum, d'images de martyrs et de vierges représentées d*après le même procédé (Murator. Aniiq. Ital. II. 5G2). Giampini (Yet. mon. ii. 65) parle d*un autre morceau exécuté en 345 dans la bibliothèque dépendante de Téglise de Saint-Michel archange.
Il fut découvert dans la ville de Tergeste (Furiet. 74), à Toccasion de la construction d'une nouvelle église, un magnifique pavé lithostrole, qu'une inscription attribue à cette époque, laquelle offre du reste d'autres exemples de pavés de ce genre dans des édifices profanes ; nous citerons uolammenl celui que Tarchevèque Victor fit établir en 546 dans un bain attenant à la basilique de Saint-Ursus de Ravenne (Ibid. 75).
Peu d'années après, deux autres églises de cette ville furent à leur tour enrichies d'images en mosaïque, celle de Saint-ÂpoUinaire in Classe, et celle de Saint-Apollinaire-Nouveau dans rintérieur de la cité. Dans la première (Y. Giamp. u. 79. 89) on remarque l'image de S. Apollinaire dans l'attitude de la prière et vê(u de la planète (l'un des plus anciens exemples de ce vêtement. — Y. l'art. Ckoiuble), et au-dessus, le mystère de la transfiguration figuré symboliquement (V. la gravure de Fart. Transfiguration),
Ce que Justinien avait fait pour l'église deSaint- YUal de Ravenne, il le renouvela et avec plus de uxe encore» à Constanlinople, pour Sainte-Sophie, dont les murailles, en grande partie, reçurent des revêtements en mosaïque, comme nous le savons par le témoignage de Paul le Silentiaire (Descrit. S. Soph. pars. i. vers. 230. — Cf. Furielti. 75). L'empereur employa le même genre de décoration dans son palais (Procop. I, i. De œdif. Justin, ibid,).
Pour revenir maintenant à Rome, parmi les mosaïques de cet âge que cite Anastase, nous devons mettre en première ligne celles des Saints- Côme-et-Damien, sous Félix lY, 526-550 (Anast. In Fel, /F). Il y a ici deux grandes compositions, dont l'une, dans l'arc triomphal, montre l'Agneau divin, dans les conditions de la vision de ï Apocalypse, tanquam occisus (Apoc. iv), placé sur un trône gemmé, entouré de quatre anges et de sept candélabres (Ciamp. Vet. mon. ii. tab. xv); l'autre, dans la voûte hémisphérique de l'abside (Id. ibid. xvi), Jésus-Christ debout sur des nuages, et dominant deux groupes de personnages : les plus rapprodiés du Sauveur de chaque côté sont S. Pierre et S. Paul, lui présentant S. Côme et S. Damien qui tiennent sur un pan de leur manteau la couronne du martyre; et aux deux exlréntités de ce magnifique tableau,' on voit S. Félix portant un édicule qui n'est autre que la basilique
même dont il est le fondateur» et S. Théodore tenant une couronne sur le pàn relevé d'une riche chlamyde (Y. le monument gravé et expliqué à notre art. Trinité).
Anastase mentionne une autre mosaïque dans réglise de Saint-Laurent in agro Verano, sous le pontificat de Pelage U (en 578), dont Tefiigie parait à l'extrémité gauche avec le modèle de la basilique sur la main (Ciamp. h. xxvui). On y voit Notre-iSeigneur assis sur un globe, ayant à ses côtés S. Pierre et S. Paul, S. Laurent, S. Etienne et S. Ilippolyte.
Dans notre Gaule, aux temps mérovingiens, l'usage s'était aussi introduit de décorer de travaux en mosaïque, soit les tombeaux, témoin celui de Frédégonde, épouse de Chilpéric I*', qui était autrefois à Saint-Germain des Prés (V. le monument gravé dans Grégoire de Tours, edit. Ruinart. p. 1277); soit lès églises : S. Grégoire de Tours (Hist. Fr. V. 46) signale pour cet objet celles d'une basilique bâtie à dirions par l'èvèque Agra?cula, du temps de Chilpéric; et encore de belles mosaïques sur fond d'or dans une église de Cologne, dédiée à cinquante des martyrs delà légion Thébéenne (De Glor. MM. i. 62.
Dans la seconde moitié de ce siècle, la cathédrale de Sainl-Eusèbe de Verceil fut aussi décorée, par les soins de l'évêque Flavien, d'une série de tableirux en mosaïque représentant les principaui faits des Actes des apôtres, à partir de la descente du Saint-Esprit. Chaque tableau est accompagné de deux vers explicatifs, qui paraissent postérieurs aux mosaïques elles-mêmes. L'abbé Gazzera en a reproduit quelques spécimens à la suite de son ouvrage sur les inscriptions du Piémont.
Septième siècle. Ce siècle vit éclore dans Rome beaucoup de mosaïques dont Anastase nous a transmis le souvenir, et Ciampini le dessin. Tout le monde connaît la belle image de Ste Agnès, debout, un livre à la main, couronnée d'un bandeau gemmé et couverte desplendides vêlements, image qui se trouve dans Tabside de la basilique de la jeune martyre sur la voie Momentané. C^est un ouvrage de l'an 626, dû à la piété du pape Honorius I'' (Y. Perret, n. 1. 1). Severinus, successeur d'ilonorius, restaura la mosaïque de l'abside de Saint- Pierre qui, depuis sa fondation par Constantin, avait subi de déplorables araries (Anastas. In Sevenn.) .
Les papes qui vinrent après ne restèrent pas en arrière du zèle de leurs prédécesseurs et dotèrent beaucoup d'églises de la ville de travaux de ce genre. Ainsi, en 641, sous Jean lY, l'arc et la voûte absidale de l'oratoire de Saint-Yenance, attenant au baptistère de Latran (Id. In Joan iV), et en 642 la voûte surmontant un autel de l'église de Saint-Étienne sur le mont Cselius, dédié aux SS. Prirnuset Felicianus (Ciamp. u. 109) et représentant les deux Saints debout, et au-dessus d'eux une main tenant la couronne du martyre (Y. fart. Dieu).
Ciampini rapporte à l'an 682 l'image de S. Se-
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bastien que Ton montre encore à Saint-Pierre-ès- Uensde Rome (Ciamp. n, xiiiii. — Y. cette image à notre art. S. Sébastien)^ et à Tan 688 celle de Ste Euphémie, figurée en orante, entre deux serpents, monument fait par les soins du pape Sergius, dansTéglise de la Sainte (Ibid, xxiiv. — V. la figure à noire art. Couronne). Ce même pontife, au dire d*Anaslase, avait dt^jà restauré, en 687, la mosaïque de Vatrium de la basilique du prince des apôtres.
Huitième siècle. Le goût des travaux en mosaïque, loin de se ralentir en ce siècle, prit un nou- Tel essor, et on vit m^me se réaliser, dans la pratique de cet art, un véritable progrès. Le premier monument par ordre de date est une belle image de la Sie Vierge, dans la basilique Vaticane, du fait de Jean VU, en 705. En 1692, alors que Paul Y fil mettre la dernière main à la destruction de ce Té:.èrable temple, Timage fut transportée à Florence et placée dans la chapelle de Ricci, à Té- ^\i^ de ^aint'Marc : une longue inscription citée par Furietti (De musiv. 79) atteste le fait.
Nous savons par le livre pontifical que ce même pape, en 7 05, décora de mosaïques historiées les murailles de Toraloire de la Mère de Dieu à Tintérieur de Saint-Pierre. Torrigio (De crypi. Valic. u. il 7) nous en a conservé le détail. On y voyait trois fois l'image de S. Pierre, prêchant à Jérusalem, ciyitas muTSALKM, à Antioche, civitas antiochia, à Rome,' ciTiTAs ROUA. S. Pierre et S. Paul y étaient figurés au moment de leur dispute avec Simon le Magicien indiqué par le mot hagvs, et en présence de >'èron. Simon était vu précipité du haut deç airs où il s était élevé ; on y avait représenté, en outre, Tan- Donciation de Marie et la Visitation d*Éiisabeth ; la la nativité de Notre-Seigneur, Tadoration des Mages; la présentation de l'enfant Jésus aux mains du vieux Siméon ; la guérison d'un aveugle ; rentrée de Jésus-Christ à Jérusalem sur une Anesse; son crucifiement ; enfin, Marie, debout, recevant Toffrande de la chapelle des mains du pape Jean (Torrig. i. 117). Giampini rapporte que celte mosaïque fut sauvée de la destruction et transportée à Sainte-Marie in Cosmedin (De sacr, œdif, 7ô). On en montre encore à la sacristie un fragment qui faisait partie du sujet de Tadoration des Mages.
Au Latran, en 742, le pape Zacharie renouvelle le triclinium qui se trouvait au devant de la basilique et le décore de mosaïques (Anast. In ejus VU.), l'anvinio ( De iept urb, eccl, 42) et Paul de An- £:elis (Annoi, ad Peir, Mail. p. 16. ap. Furiet. 80) font mention d'autres embellissements de ce genre que Grégoire III, prédécesseur de Zacharie, avait ajoutés à Toratoire dans la basilique de Saint-Pierre. En 757, c'est le pape Paul qui construit et décore de mosaïques une église en Thonneur des SS. Etienne et Sylvestre, et embellit de même les murailles de l'oratoire de Sainte-Marie inler Turre», ainsi qu'une autre chapelle à l'intérieur de la Vaticane (Torrig. ap. Fur. ibid.). Les rois lombards tirent aussi paraître, vers la même époque, un goût prononcé pour les décorations en mosaï-
que. En 725 Luitprand bâtit à Olonna Téglise de Saint-Anastase (Warnfrid. ibid.)^ qui, comme nous le savons par une inscription du recueil de Gruter, en possédait d'assez remarquables (Cf. Murator. Ani, med, œv, u. 365). C'est ici que se placent, pense-t-on, celles dont, au siècle dernier, il fut retrouvé des fragments à Gemignano en Toscane (Furiet. ibid.).
On voit par là que cet art ingénieux était alors cultivé ailleurs qu'à Rome, et notamment dans plusieurs villes de l'Italie; et le décret du deuxième concile deNicée (act. vu) centre les iconoclastes, lequel accorde une mention spéciale aux images en mosaïque, ne contribua pas peu à le faire fleurir. Du reste, une époque dominée par des princes tels que Hadrien 1" et Charlemagne devait être pour les artS comme pour les lettres une ère de renaissance.
On peut placer ici la date d*un curieux manuscrit qui se conserve dans la bibliothèque des chanoines de Luccpies, dont Mabillon fait mention (Ad sœc. vui), que Muratori rapporte à Tempire de Charlemagne (op, laud. n. 366], et qui contient des recettes pour teindre les cubes destinés à la composition des mosaïques. Ces recettes, au nombre de trois, sont ainsi énoncées dans un langage barbare : De ticlio omnium musivorum, c de la teinture dr'S mosaïques, ■ — De inoralione musiborum, < de la dorure des mosaïques, — m De mosibum de argenlo, < des mosaïques d'argent. »
C'est à Kome que se rencontrent, à cette époque, les plus nombreuses mosaïques. Citons Saint-Mare en 774 (Ciamp. ii. 119), un. oratoire dans Saint- Jean de Latran, dû au zélé du pnpe Zacharie; les églises des Saint s-Nérée-e(-Achi liée, et de Sainte-Suzanne ad Duas Lauros^ décorées par les soins ds Léon 111 de mosaïques dont on peut voir la reproduction dans Ciampini.
En 797, Léon 111 avait orné d'une belle mosaïque une salle du palais de Latran, connue sous le nom de triclinium; elle se compose d'un arc et d'une voûte; on la voit aujourd'àui dans une sorte de tribune extérieure formant une des façades de la maison de la scala tanta- sur la place de Saint- Jean-de-Latran. Au côté gauche de l'arc, Jésus- Cliribt assis tient d'une main deux clefs qu'il présente à S. Sylvestre, de l'autre un étendard surmonté d'une croix qu'il remet à Constantin, couronné, armé d'une épée et serrant l'étendard sur sa poitrine. Au côté droit, et dans une disposition toute semblable, S. Pierre présente un pallium au pape Léon III et un étendard à Charlemagne. La composition de la voûte fait voir l'apparition de Notre-Seigneur aux onze apôtres après sa résurrection.
Charlemagne, qui avait, en 795, permis au pape Hadrien d'enlever et de transporter où bon lui semblerait les marbres et les mosaïques qui se trouvaient à Ravenne, tant dans les temples que sur les murailles et les pavés (Episl. xii. ap. Baron. ad. an. 795), fonda lui-même à Aix-la-Chapelle dans la même année, selon Muratori (t. n. Med. asv.
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p. 364) ou en 802, si l'on en croit Giampini (u. 429), une nouvelle église qu'il enrichit d'images en mosaïque.
Neuvième êiècle. Le zèle des premiers papes de ce siècle pour procurer à leurs églises ce genre de décoration ne fut pas moindre que celui des âges précédents. Le livre pontiûcal cite, sous Pascal 1*', l'église de Sainte-Marie in Dominica eu 815, la basilique du prince des apôtres en 81 7, comme ayant été pourvues de mosaïques. En 822, c'est Téglise de Sainte-Praxède; en 824, la chapelle de Saint-Zénon dans la même église ; vers 820, celle de Sainte- Cécile (Giamp. n. p. 140. 154). Anastase signale à la reconnaissance des amis des arts trois autres pontifes : Grégoire IV, qui en 827, dans la Yalicane, surmonta d'une voûte en mosaïque Tautel de S. Grégoire ; Sergius II, qui, en 844, décora de même l'abside des Saints-Sylvestre-et-Marlin ; Léon IV, qui, en 847, fonda aussi à Saint-Pierre un oratoire d'une admirable beauté, avec une abside revêtue d'une mosaïque à fond d'or. Ajoutons Benoit III, à qui est due en 856 la restauration et la décoration en mosaïque de la basilique de Sainte-Marie trans Tibenm,
Les autres villes de l'Italie ne négligèrent point cet art à la même époque. En 836, sous Louis le Débonnaire, la tribune de la fameuse basilique ambrosienne à Milan fut enrichie d'une belle mosaïque qu'a illustrée Puriccelli {Monum. btuilic, Ambros.). L'anonyme Salernitain (Cf. Furiet. 86) mentionne un insigne lithostrote de l'an 855exécuté dans une église que fonda à Salerne l'êvêque Bernard. Ciampini rapporte deux mosaïques qu'il croit être de la main d'un artiste grec : l'une qui avait été établie par Nicolas I*' en 858 dans l'église de Sainte-Marie-Nouvelle de Rome ; l'autre qui serait de la fin du neuvième siècle et qui se voyait encore du temps de ce savant dans la cathédrale de Capoue (n. 162. 166).
Le soin qu'a mis Ciampini à mentionner cette circonstance prouve qu'il la regarde comme exceptionnelle. Et en effet, les Italiens ne partagent pas l'opinion, assez généralement reçue ailleurs, qui confond sous le nom d'œuvres byzantines la plupart des mosaïques chrétiennes. M. Barbet de Jouy (Mosatq. chrél.Préî. p. xv) pense, lui aussi, que, pour la période comprise entre le quatrième et le neuvième siècle, rien n'est moins motivé que ces attributions, d'ailleurs très-vagues. Les mosaïques exécutées depuis Constantin jusqu'au ponliticat de Nicolas I** n'ont pas le caractère byzantin ; et cela s'entend non-seulement de Rome, mais de Milan et d autres lieux.
A Ravenne même où, par des causes historiques connues du lecteur, refluèrent incontestablement des influences orientales, le style du dessin des plus anciennes mosaïques n'est pas grec.
Nous mettons fin à celte rapide revue qui déjà a dépassé de beaucoup les limites de l'antiquité proprement dite. Du reste, il y a ici un point d'arrêt, au moins pour Rome, où il n'existe pas de vestiges de mosaïques exécutées de 868, qui est la
date de celle de Sainte-Françoise romaine, à Tannée 1130, qui vit paraître celle de la façade de Sainte-Marie in Trastevere,
MULCTRA (vase pastoral). — L'image du Bon- Pasteur, dans nos monuments antiques, est souvent accompagnée d'un vase à anses, suspendu tantôt à son bras (Buonarr. vi. 2), tantôt aux branches d'un arbre, près de lui (Perret, v. pi. Lxvni), ou bien encore déposé à ses pieds. C'est le vase à lait ou vase pastoral : il se remarque
dans un grand nombre de monuments, entre autres dans la sixième chambre du cimetière de Calliste, où il est attaché à un pedum (V. ce niol) que porte un agneau couché, lequel tient ici la place du Bon-Pasteur.
Ces vases pastoraux s'appelaient, dans Tantiquité, mulcirœ ou mulclralia (Servius. In egl. m), parce qu'ils servaient principalement à traire le lait. Du Cange (Gloss. Latin, ad h. v.) assigne à chacun de ces deux mots une signification spéciale : mulciray vas in quo mulgetur. — Mtddrûk, loctis in qtio coagulationes fiuni. Il y avait d'autres vases plus grands, et qui, à raison de l'usage différent auquel ils étaient employés, étaient désignés sous le nom de ^nus (Servius. In eglog. ru). C'était le vase à traire que S. Augustin et S. Isidore de Séville (V. Orig, vi) appellent aussi aleeui lactis. Ciampini avait dans son musée un de ces vases, au rapport de Buonarruoti, qui en donne le dessin (Velri. p. 51).
Un grand nombre de sarcophages présentent des bergers occupés à traire des brebis ou des chèvres (Boltari. xx. — MafTei. Veron, illusir. part. m. j9. 54), et on peut là se faire uneidéede la forme du vase à lait antique. Quoi qu'il en soit, quelques savants sont d'avis que, outre sa signification pastorale directe, le vase à lait renferme quelquefois une allusion symbolique au sacrement de l'Eucharistie, et à l'appui de cette interprétation ils citent les actes de Sle Perpétue et de Ste Félicité, où il est raconté que la première de ces deux martyres reçut (dans sa vision) de Notre-Seigneur du lait coagulé sur ses mains croisées, comme pour la réception de la sainle communion (V. l'art. Eucharistie^ III, 5'). Les nK^numents, et en particulier les fresques des catacombes, ne laissent pas le moindre doute à cet égard. Ainsi nous voyons dans les plus ancienne peintures du cimetière de Domitille l'agneau qui
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est la plus incontestable personnification du Christ ayant à ses côtés le vase à lail suspendu au bâton
pastoral. Ce même agneau divin est peint aux quatre angles d'une voûte du cimetière des SS. Marcellin-et-Pierre (fiosio.
Rom .soU . p . 365) portant sur le dos la muldra nimbée y comme on voit dans la crypte de S. Corneille le di- --— =r. ^^ poisson portant
aussi sur son dos la ciste renfermant le pain et le vin (V. Tart. Euchariitie, II, 3). Hais nous avons un monument où le symbole arcane du vase se montre plus évident encore (V. De* Rossi. Rom, sott. i, p. 349). Ici le vase est placé sur un autel, avec
l'accompagnement obligé du pedum, et entouré du troupeau, comme ailleurs le pasteur lui-même. 11 est clair que l'autel supportant le vase tient ici la place du pasteur qui est le Christ; et cet autel n*est autre que Tautel de Toblation mystique où le fidèle reçoit, non pas du pain et du vin, mais la chair et le sang du divin Pasteur.
Le vase à lait était pris quelquefois comme symbole du printemps (V. Bottari. ni. 62). Le distique suivant, qui .fait allusion à cette interprétation, se trouve inscrit en tète du mois de mars, dans un ancien calendrier édité par le P. Boucher (De doctiin. iemp, p. 277) :
Tempus ver, hsdus petulans, et garruU hirundo Indicat, et sinus lactis, et herba virens.
« Le printemps est indiqué par le bouc pétulant, par la babillarde hirondelle, par le v€ue à lait, par l'herbe vei^ doyante. »
NAPPES DE L'AUTEL. — Tusage de recouvrir les autels de linges blancs, et de lin, remonte aux premiers siècles : cette pratique fut inspirée aux pasteurs par le respect dû à la sainte Eodiaristie.
I. — L*Église grecque, qui est restée en général plus fidèle que la latine aux anciens usages liturgiques, n'en use pas autrement à cet égard qu*elle ne faisait dès le commencement. Voici quelques détails curieux empruntés à Siméon de Thessalouique [De temple et mi$9a). On fixait aux quatre coins de la table de Tautel quatre morceaux de drap qu'on appelait évangélistest parce que les noms et les images des quatre évangélistes y étaient retracés, pour faire entendre que l'Église, représentée par la sainte table, est composée des fidèles que Jésus-Christ a appelés des quatre points cardinaux par la voix des quatre évangélistes.
Sur ces quatre pièces de drap on plaçait une première nappe, appelée, selon cet auteur, ad camem, parce qu'elle est la figure du linceul blanc dans lequel le corps de Notre-Seigneur fut enseveli. D'autres réservent ce nom au corporal qui est en contact plus immédiat avec la chair du Sauveur (V. Tart. Corporal). Cette nappe était recouverte d'une seconde d'un tissu plus fin, parce que, toujours d'après la même autorité, elle représente h gloire du Fils de Dieu assis sur l'autel, comme sur son trône. Enfin venait le corporal. Ainsi, sur les autels des Grecs il n'y avait à proprement parler que deux nappes, car les quatre évangélistes ne constituaient point une couverture.
IL — Les plus anciens documents concernant cette matière dans l'Église latine, et qui ne re-
montent pas au delà de S. Sylvestre, ne font mention que des corporaux. Car il serait difficile d'assigner une date à un décret faussement 'attribué à Pie I*', qui vivait un siècle et demi avant S. Sylvestre, décret qui suppose clairement l'existence de trois nappes, outre le corporal (Si per negligentiam. De consecrat, dist. n). La nappe dont, au témoignage de S. Optât de Milève, étaient couverts, de son temps, les autels de bois'sur lesquels on célébrait les saints mystères, étant unique, rien ne prouve qu'elle fût autre chose que le corporal lui-même, c Qui des fidèles ignore que pendant la célébration des mystères le bois des autels est recouvert d'un linge! » (L. vi. Deschism, Donatist.) Divers documents remontant au sixième siècle indiquent assez clairement que, du moins à cette époque, si ce n'est plus tôt, les autels, ainsi que les dons offerts en sacrifice, étaient couverts de voiles de soie ou d'autres étoffes précieuses. S. Grégoire de Tours le suppose dans le récit d'im songe qui lui fut envoyé : Cum jam altarium cum oblationibus pallio seiico opertum essety « comme déjà l'aulel, avec les oblations, avait été recouvert du manteau de soie » (Hist, Franc, xxii.). Nous voyons dans Anastase le Bibliothécaire divers dons de cette nature faits aux églises de Rome par des princes et par des papes. Le plus ancien exemple cependant date du septième siècle, c'est-à-dire du pontificat de S. Vilalien. Sous ce pape, l'empereur Constans étant venu à Rome, et ayant visité la basilique de Saint-Pierre, lui fit présent d'une pièce de drap d'or pour couvrir l'autel : Super altare pallium auro textile (In Vttalian. 155. 15). Au huitième siècle, Zacharie offrit au même autel une couverture de même étoffe, enrichie de pierreries
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et ornée de la représentation de la nativité de Noire-Seigneur :^Feci7 vettem iuper allare beati Pétri ex auro textam, hàhentem nativilatem Domini Dei et Salvatoriê Jesu Chistif ornavUque eam gemmis pretiosis (Anast. In Zach. 219. 5), et il en lut de même dans les siècles suivants.
Les expressions, in aliarif super altare^ dont se sert constamment le Bibliothécaire pour désigner ces sortes de tapis, témoignent qu'ils n'étaient pas simplement destinés à servir de parements au devant des autels, mais à recouvrir la table elle-même comme les nappes la recouvrent aujourd'hui, et à recevoir le corporal. Thiers pense que ces pièces d'étoffes précieuses (Autels, p. 165) servaient de nappes et de parements tout à la fois, se déployant tout autour de Tautel ou tout au moins sur le devant.
NARTUEX. — Dans certaines grandes basiliques antiques, il y avait deux narthex, le narthex extérieur et le narihex intérieur; ils étaient placés aux deux extrémités de Vatrium.
Pour rintelligence de cette matière, nous reproduisons ici le plan de Tarticle Atrium,
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I. Le narthex extérieur, qu'on a quelquefois appelé € vestibule, » rfoiruXaîcv (Procop. 1. v. c. 6), « propylée », «rpowuXo;, ou irpw7r< eia&^o;, c première entrée (Euseb. Hist. eccl. ix) », ressemblait aux portiques ou aux péristyles de quelques édifices modernes et mieux encore au chalcidicum des basiliques profanes de lantiquité. 11 régnait sur toute
la largeur de Vatrium (Y. dans le plan 12,.). L'anonyme dont l'ouvrage a été publié d*abord par Lambèce, puis par Combéfîs, et enfin par Banduri, après avoir dit que Sainte-Sophie avait quatre narthex tout à fait distincts de l'area, ajoute que l'un d'eux s'appelait narthex extérieur. Les quatre narthex qu'il mentionne étaient quatre portiques, dont deux sur la partie occidentale, c'est-à-dire du côté de la façade de l'église, étaient superposés l'un à l'autre, comme cela se voit aujourd'hui encore dans l'ancienne et très-intéressante église de Tournus (Saône-et-Loire) ; le Iroisième sur la partie septentrionale, le quatrième au midi; il n'y en avait pas à l'orient, selon la juste observation de Du Gange. Nais aucun de ces narthex n'était celui que l'anonyme appelle extérieur; car si, pour qu'on pût donner ce nom à un narthex, il suffisait qu^il fût en dehors de ia nef, il s'ensuivrait que tous devraient être tenus pour extérieurs. C'est en effet parce qu'ils n'étaient pas en dedans, que Justinien put les comparer aux quatre fleuves qui sortaient du paradis terrestre. Nais comme enfin il est dit qu'il y en avait un extérieur, il faut nécessairement que ce naKliex fût encore distinct des quatre autres. Or nous ne voyons pas à quoi ce nom pourrait convenir, si ce n'est au premier et extérieur vestibule de l'église, et que les Grecs modernes appellent encore narthex du dehors.
C'est sous ce narthex extérieur en forme de po^ tique soutenu par deux, cinq et jusqu'à sept colonnes, comme on l'observe dans le plan cité plus haut, que furent pratiquées les sépultures des Gdèles,dès qu'il fut permis d'ensevelir les morts daus l'intérieur des villes (Concil, ^annet. an, G58. can. vi). L'anonyme déjà plusieurs fois cité atteste encore que, par l'ordre de l'empereur Justinien. tous ceux qui, pour leurs crimes, avaient été séparés de la communion de l'Ëglise devaient se tenir dans le narthex extérieur, sans pouvoir avancer plus loin dans le lieu saint. C'était probablement aussi dans les églises de petites dimensions et dépourvues d'atrium et de cloître la place des pénitents de la première classe, auxquels il irétait pas permis de pénétrer dans le narihex intérieur; car autrement ils n'auraient pas été relégués eu dehors des portes dû temple, ce qui est formellement prescrit par le canon ajouté à la lettre canonique de S. Grégoire Thaumaturge : * Lei pleurants doivent se tenir hors de la porte de l'oratoire, » puisque les écoulants sont admis en dedans de la porte, dans le narthex.
II. — Comme nous l'avons dit, les deuxnarihei étaient séparés l'un de l'autre par Vatrium. Le narthex intérieur, ou ferula, était donc un portique intérieur séparé de la nef par un mur (UM), et non pas par une cloison de bois, comme quelques-uns l'ont pensé. £n elTet, s'il eût été dans la nef même de l'église, et distingué seulement par une cloison d'avec le lieu où se tenaient les fidèles^ ou baptisés, lesquels étaient admis à la communion des choses saintes, comment les auteurs anciens auraient-ils pu
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