‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 180 sur 281 · NATA · texte numérisé non relu

NATA

dire que < le narthex est hors de l^églisef » Si donc nous pesons attentivement les paroles de Paul le Silentiaire dans la description de la basilique de Sainte-^phie, nous nous convaincrons que le nnrtbex de celte église ne différait point du portique intérieur. < Après ces vestibules du cloître, dit-il, règne un espace de toute la largeur de Féglise, où l'on entre par de larges portes. Ce lieu est appelé par les Grecs narthex. De là on entend les louanges de notre bienfaiteur Jésus-Christ; de là, le peuple peut entrer dans Téglise par sept portes. Une de ces portes correspond au front de Tétroit narthex qui est au midi, une seconde s*ouvre au nord, les cinq autres donnent au couchant dans la dernière muraille du temple. » (Cf. Mamachi. CoêtumL I. âSO.) Ce passage ne signifie pas autre chose, sinon que de Vairium on passait par d'amples portes (POP) à un espace long de toute la largeur de Tégiii«, lequel espace s'appelait narthex, et duquel emuite on entrait dans la nef par sept portes, dont deux étaient latérales au narthex (iNN) et les autres s'ouvraient dans le mur occidental de la nef (ILKLL).

Le narthex était donc séparé de la nef de Téglise par une muraille, et non par une simple cloison, dont ni Eusébe, ni Procope, ni aucun autre écrinin ancien n'ont fait mention. C'est donc par erreur que plusieurs auteurs, même savants, s'isolant des témoignages des contemporains, ont supposé que les églises antiques étaient semblables à certaines églises grecques modernes, dont la nef est partagée par une coison en deux parties inégales, la portion la plus rapprochée de la poiie étant moins longue que l'autre, et appelée pour cela narthex.

Dès que la distinction des pénitents et des catéchumènes en diverses classes eut été établie, on dut assigner à chacune de ces classes une place spéciale dans Téglise.

Le narthex était destiné aux catéchumènes, aux énergumènes, et aux pénitents appelés écoutants, parce qu'il leur était permis d'écouter de ce lieu les hymnes et les psaumes qui se chantaient dans 1 église, et aussi les instructions que distribuaient les ministres de la parole divine (V. Fart. Pénitence publique). Aussi, selon les Constitutions apostoliques, était-il prescrit qu'après une ordination Yordonné adressât la parole au peuple, et que, quand il avait fini de parler, le diacre dit d'un lieu élevé : < Sortent les écoutants et les infidèles. » >'ous savons par l'auteur du dernier canon ajouté à la lettre de S. Grégoire Thaumaturge que Vaudition avait lieu en dedans de la porte du vestibule, dans le narthex, où pouvaient se tenir ceux qui avaient péché, jusqu'au renvoi des catéchumènes, et entendte la parole divine, après quoi ils sortaient. L.es écoutants appartenaient au second ordre des pénitents, puisque ceux de la troisième clabse appelés prosternés se plaçaient, non dans le narthex , mais en dedans de l'église, dans la nef.

On permettait aussi quelquefois, même aux païens, aux Juifs, aux hérétiques et aux schis-

matiques de pénétrer dans le narthex et d'entendre la prédication de la parole évangélique, afin qu'ils pussent se convertir, si Dieu leur faisait la grâce de toucher leur cœur.

NATALE 00 NATALIS. — Natalis, sousentendu dies, dans le style ecclésiastique des premiers siècles, et en particulier dans celui des martyrologes et des inscriptions funéraires, exprime, non pas la naissance selon la chair, mais la naissance à la vie éternelle. Les monuments sont tellement innombrables, qu'il est superfiu de citer. Soient seulement pour exemple, deux épitaphes :

SARCTIS MARTTRIBVS TIBVRTIO || BALERIANO ET MATIMO QVOBVM II (IATALB8 (natolis) EST XVUl KALENDAS MAIAS,

« aux Saints martyrs Tiburtius, Yalerianus et Maximus, desquels le natalis est le xvni des calendes de mai » {Mamachi. n, 250). — parbntcs filio

NBRCVRIO FECe || RVRT QVI VIIIT ANN. V. ET HESES VUI || NATVS IN PAGE IDVS FEBRV., C IcS parCOtS OUt fait (CB

monument) à leur fils Mercurius, qui a vécu cinq ans et huit mois, et qui est ni dans la paix aux ides de février » (Harangoni. Act, S. Vict. p. 88). C'était un enfant de huit ans dont la mort était la naissance à la véritable vie.

Pour les martyrs et pour tous les chrétiens qui atteignent le port du salut, la mort est la fin de l'exil, c'est-à-dire la naissance à une vie qui ne doit plus s^éteindre : Dum ingerit morti, dit S Eucher, genuit œtemitati (Homil. i. sub. nom. Euseb. Emiss.). Aussi le jour delà mort était-il célébré par les premiers fidèles comme un jour de fête; ils ornaient le vestibule de la maison mortuaire de couronnes et de guirlandes (Greg. Nazianz. Orat, xxxvm), ils en décoraient l'extérieur de verdure, de draperies et de flambeaux.

On a vu par deux inscriptions citées p^us haut, et il en est de même dans toutes celles de la plus ancienne époque, que l'on se bornait à y mentionner le jour du mois de la déposition ou natale, sans se préoccuper de l'année. C'est que la première indication suffisait pour le but que Ton se proposait, et qui n'était autre que de fixer le jour où devait se célébrer l'anniversaire, soit des martyrs, soit des simples chrétiens. La mort des Saints non martyrs est cependant désignée d'ordinaire par le mot depositio.

On rencontre assez souvent, dès le quatrième siècle surtout, des inscriptions chrétiennes où le jour de la mort est marqué par le natale d'un martyr ou d'un pontife. Ainsi, dans le recueil de 11. De* Rossi (p. 66. 1. 1), nous avons l'épitaphe de STVDE5TIA déposée au jour anniversaire du natale du pape Marcellus, qui tombe le xvii des calendes de février, c'e&t-à-dire le 16 janvier. Quelquefois aussi le mot atalis désignait des anniversaires d'une autre sorte, par exemple celui de l'invention des reliques de quelque saint, comme natalis reliquiarum sancti Stephani. Dans le calendrier de Polemius Silvius (Cf. Norttirat. Rom. subt.), la fêle du Saint-Sacrement est appelée natalis calicis et celle de la Nativité de Notre-Seigneur natalis Do-

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