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NATIVITÉ DE NOTRE -SEIGIVEUR

Nous ne connaissons pas de peinture antique représentant ce sujet ; nous ne ]e trouvons que sur des sarcophages, sur des pierres gravées ou des pâles de verre.

Plusieurs Pères de TÉgiise ont écrit que Notre- Seigneur était né dans une grotte naturelle. On a montré de tout temps et on montre aujourd'hui encore ce lieu vénéré, sur lequel, au témoignage d'Ëusèbe (De Vit. Constant, lib. m. cap. 45), Sle Hélène éleva une église. Mais les artistes de Tanliquité se sont constamment écartés de cette tradition, et ont basé leurs compositions sur le sentiment qui suppose qu'une pauvre chaumière, faite de main d'homme, a élé le théâtre de cet auguste mystère. En eflet, les bas-reliefs de plusieurs sarcophages font voir Tenfant-Dieu emmaillollé dans un berceau composé d'un treillis en forme de corbeille, en avant d'un tugurium (V. Bottari. I. tav. xxii. II. tav. lxxxvi). Ici, il est vrai, le mystère de l'adoration des Mages est réuni à celui de la naissance du Rédempteur, et si l'on adoptait l'opinion selon laquelle la visite de ces personnages n'aurait eu lieu que quelques jours après la nativité, on pourrait supposer que le Sauveur ne se trouvait plus alors au lieu qui l'avait vu naître; mais la présence du bœuf et de Tâne sur les deux urnes sépulcrales citées plus haut repousse cette supposition.

On remarquera sur le premier des deux basreliefs une double circonstance pleine de charme : près de la tête du Sauveur, S. Joseph se tient debout, portant de la main gauche quelque chose qui semble rappeler la tige de lis que Ticonographie lui a donnée plus tard, et étendant la droite vers le divin enfant; et en arrière de Joseph, paraît la Ste Vierge assise sur un rocher entre deux palmiers dont les branches se réunissent en berceau sur sa tète.

Deux autres sarcophages (Bottari. ii. tav. lxxxv. et m. xcm) représentent l'enfant Jésus couché sur une estrade ornée de voiles qui pendent sur le devant, sans ses parents, sans le tugurium, mais entouré seulement des bergers et des deux animaux traditionnels (V. l'art. Adoration des bergers). Dans le sarcophage de Sainl-Ambroise à Milan (V. la figure de Tart. Bœuf [Le] et Vâne), Notre-Seigneur est seul, sur une espèce de lit à têtière, entre le bœuf et Tàne et au-dessus de sa lêle l'étoile miraculeuse (Allegranza. Sacr. mon. di Mil. tav. v). Ceux de Rome le représentent la tète hors du berceau, sans appui, et on a voulu voir dans cette circonstance une allusion un peu forcée, selon nous, à ce texte de S. Luc (ix. 58) : Filius hominis non hahet ubi caput reclinet, « le Fils de Thomme n'a pas où reposer sa tête. » Tantôt la

tète du Rédempteur est nue, tantôt enveloppée conformément au récit évangélique (Luc. ii. 7. 12). Le diptyque de la cathédrale de Milan (Bugati. Mem. di S. Celso. in fin.) retrace cette intéressante scène avec un charme tout spécial (V. les art. Joseph [6'.J et Bœuf [Le] et Vâne).

Les pierres gravées et les pâtes de verre, bien que dans un espace infiniment plus restreint, produisent des circonstances plus caractérisques du mystère. Nous en citerons deux. La première, du musée Yettori (Num, cer. explic. p. 57), bien qu'elle ne remonte pas au delà du septième siècle, présente néanmoins beaucoup d'intérêt. Ici nous avons la crèche, où Jésus est couché, en-

veloppé de langes, et la tète ornée du nimbe crucifère ; à travers les montants de la crèche, le bœuf et l'âne sont vus de face. À droite, l'étoile des Mages, à gauche la lune, symbole de la nuit qui couvrit l'auguste mystère. Au-dessous de la crèche, Marie, voilée, à demi couchée sur un petit lit, et vis-à-vis de la divine mère, Joseph assis, l'un et l'autre portant le nimbre uni.

Philippe Venuti (Accadem. di Cortona. t. ni, p. 45) décrit une pâte verte du sixième siècle, où sont plus résolument abordées les difficultés que présente un tel sujet. C'est la moitié d*une espèce de camée de forme demi-circulaire (l'autre partie est perdue) qui probablement se pliait comme un diptyque. Au milieu, Marie, nimbée, est couchée

sur un lit, enveloppée dans une stola à la grecque, comme une femme après sa délivrance. A côté d'elle, dans un berceau, est l'enfant Jésus, relu d'une simple tunique, les bras enveloppés, la t^^ ornée du nimbre crucifère. Près du berceau, le bœuf et l'âne. Dans l'angle droit, formé par b section du cercle, Joseph assis, nimbé, t^u du pàllium^ le coude appuyé sur le genou, et la main à la joue, dans une attitude méditative. L'an-

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